i -' 4f-> " '&£$* ^ L-rtAM 3> .*< 6 VJ r 4L . 7 ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE OPIE \J— cxx>oo- TOME V Année 1898-1879. BRUXELLES H. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Rue des Trois-Tétes, 12 (Montagne de la Cour). 1879 ANNALES DE LA r * SOCIETE UELGE DE M1CR0SC0P1E ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE ICROSCOf D E -«>C»C«^ TOME V. MEMOIRES. Année 1899. L1BRARY BOTA!^ I BRUXELLES H. MANCEAUX, IMPRIMEUR-ÉDITEUR, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIB Rue des Trois-Tétes, 12. 1879 N O T E SUR UN MODÈLE SIMPLIFIÉ nu NOUVEAU SYSTÈME DE SLIDE l'Ait Ernest VANDEN BROECK LIBRARY NEW YORK Séci7ice du 29 mai 1879 PI. I. BGTAMCAL QARDEN. Nous avons publié, dans le tome IV des Annales de- là Société belge de Microscopie, la description d'un nouveau système de slide destiné au montage à sec et particulièrement recommandable pour les collections d'étude de microzoaires, tels que Foraminifères, Ento- mostracés, etc. Une planche accompagnait cette notice et montrait le détail des pièces composant le slide. A la suite de cette description, nous avons mentionné, sans la décrire en détail et sans la figurer, une disposi- tion analogue, mais beaucoup plus simple et surtout moins coûteuse. C'est sur cette forme particulière du nouveau slide que nous désirons revenir aujourd'hui. Rappelons d'abord que le principe fondamental sur lequel repose la construction de notre système de slide consiste en ce que les objets sont placés sur une plaque mobile, formant le fond de la préparation et s'adaptant et s'enlevant avec facilité du côté de la face inférieure de la préparation. Cette disposition, que nous croyons 6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. avoir été le premier à proposer, offre le précieux avan- tage de permettre le déplacement et le remaniement des objets en cellule sans qu'il soit nécessaire de toucher ni au verre couvreur, ni aux étiquettes de la préparation. Dans la forme de slide que nous avons décrite et figurée précédemment, la plaque mobile était constituée par une lame de verre permettant l'éclairage par trans- parence. Mais cet éclairage est rarement nécessaire pour les préparations de microzoaires formant une collection ou série d'étude. Autant la lumière transmise est usitée pour l'étude des détails de structure des Foraminifères et des autres microzoaires montés au baume, autant la lumière réfléchie est nécessaire pour l'observation et l'étude des caractères spécifiques, pour les recherches de comparaison et de détermination de ces organismes montés en cellule sèche. Notre plaque mobile en verre peut donc, sans inconvénient, être remplacée par une plaque de substance opaque, telle que le bois ou le carton. Or, de cette modification, il résulte, comme on va le voir, une grande simplification dans la construc- tion du slide et par conséquent une diminution sensible dans le prix de revient. La figure I de la planche jointe à cette note repré- sente deux plaques rectangulaires de carton A et B, épaisses chacune d'environ l ,,,m et fixées l'une à l'autre. La plaque,!, inférieure dans la figure, mais destinée à devenir la face supérieure de la préparation, est percée au centre d'une ouverture qui peut être rectangulaire, ou bien ronde, comme nous l'avons représentée. Cette ouverture est destinée à former la cellule. Si celle-ci devait recevoir des objets très-volumineux il suffirait, sans changer de carton, de fixer ensemble deux plaques MÉMOIRES. 7 A à une plaque B, ce qui doublerait la hauteur de la cellule. La plaque B, de mêmes dimensions extérieures que la plaque A (1), est percée d'une ouverture rectangulaire assez grande, disposée comme le montre la ligure, et légèrement échancrée en x (2), sur la partie médiane de l'un des côtés transversaux. 11 est à noter que, avant d'être débitée en plaques, la feuille de carton lisse qui doit servir à obtenir les pla- ques B a été soigneusement recouverte d'une mince feuille de papier de couleur, dont la teinte peut varier suivant la nature des organismes à monter et suivant les goûts personnels du micrographe. Nous avons adopté le papier noir et lustré pour les objets à fixer sur le fond de la cellule et le papier bleu et mat pour les organismes à laisser libres. C'est la surface de ce papier coloré qui doit se présenter comme constituant le revêtement du fond de la cellule et c'est sur elle que se détacheront les objets. La figure II montre le fragment C — recouvert du papier coloré mentionné ci-dessus — enlevé, par l'em- porte-pièce, de la plaque B avant l'application de celle-ci au carton A. Ce fragment C entre donc parfaitement dans la cavité rectangulaire de la plaque B et, lorsqu'il y est placé, sa partie centrale apparaît sous le verre couvreur. (Voir fig. IV.) Celui-ci s'applique sur la face (1) Nous recommandons de préférence 76 inm sur 25 pour les dimen- sions des slide, mesures généralement adoptées par les micrographes et constructeurs anglais. (2) On verra plus loin le but de celle échancrure, que l'on produit au moyen d'un emporte-pièce circulaire, placé dans la cavité centrale du carton B, de manière à n'enlever qu'une minime portion du carton en x. Cette opération doit être faite avant le fixage de la plaque B sur la plaque A . 8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. extérieure de la plaque A, au-dessus de l'ouverture circulaire dont elle est nercée au centre. La figure III montre un fragment rectangulaire D de papier de soie très-légèrement gommé d'un côté et dont les dimensions, supérieures cà celles de la plaque C, n'atteignent cependant pas celles du slide, c'est-à-dire des cartons A ou B. Ce fragment de papier gommé sert à fixer et à retenir, solidement appuyé contre A et dans la cavité de B, le carton C chargé intérieurement d'organismes. C'est lui qui constitue le système de fermeture de la prépara- tion. Pour rouvrir le slide il sufïit, comme nous l'avons dit dans notre précédente notice, de passer légèrement un pinceau mouillé sur la feuille mince /), qui — à condi- tion de n'avoir pas été trop fortement gommée — se détache immédiatement et permet l'enlèvement du car- ton C, sans que la face supérieure de la préparation ait à souffrir en rien de cette manipulation si aisée. On peut facilement préparer soi-même le papier gommé D, de sorte que la fabrication du slide exige simplement la confection de deux emporte-pièces, l'un circulaire, l'autre rectangulaire et le découpage de deux plaques de carton A et B ; le fragment C provient de l'enlèvement de la partie centrale de B. A ces deux plaques de carton, il reste à ajouter, comme dans les préparations du modèle ordinaire, un verre couvreur, une enveloppe gommée recouvrante et des cliquettes adhésives. Les modèles du commerce, et spécialement ceux dc'fahrication anglaise, conviennent parfaitement, ainsi d'ailleurs que tous ceux de forme et de dimensions idenliques. Chacun pourra, de cette ma- MÉMOIRES. 9 nière, donner à ses slides l'aspect et la couleur qui lui plairont le plus. Quelques mots maintenant sur les manipulations né- cessitées par le montage des objets dans le nouveau slide. Les plaques A et H sont fournies fixées ensemble, par le cartonnier que l'on aura chargé de leur confection. Au dessus de l'ouverture circulaire de la plaque A on fixe par ses bords un verre couvreur, de préférence rectangulaire. Au-dessus du carton A on fixe ensuite une feuille de papier de couleur, gommée, percée au centre d'une ouverture correspondante à la cellule (1). (Voir fig. IV a.) Les bords de cette feuille ou couverture se replient sous le slide, mais de manière à ne pas atteindre ou dépasser l'ouverture rectangulaire du carton B. (Voir figure V a.) Les inscriptions et indications relatives aux orga- nismes montés peuvent, à volonté, s'écrire directement sur la feuille a ou sur les petites étiquettes adhésives ordinaires (voir fig. IV b) que l'on fixe alors de chaque côté du slide sur la couverture. Dans cet état et prête au montage des objets, la pré- paration, vue par dessus, a l'aspect représenté par la fig. IV, qui montre par transparence, derrière le verre couvreur, la face colorée de la plaque C, destinée à recevoir les objets. Pour le montage proprement dit, deux cas peuvent se présenter : les objets doivent rester libres dans la (1) Les plaques adhésives perforées employées en Angleterre pour la face inférieure des slides conviennent très-bien pour recouvrir le dessus de notre modèle. Elles reviennent à environ 0.75 le 100. On peut aussi employer des couvertures plus riches, ornementées et dorées. Celles-ci reviennent à fr. 1 25 le 100. 10 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. cellule ou bien ils doivent être fixés dans une position déterminée. Dans le premier cas, on retourne le slide de manière que le verre couvreur constitue temporairement le fond de la cellule. On y dépose les objets et l'on place la plaque C dans la cavité rectangulaire de li. On scelle ensuite à l'aide du fragment gommé D, préalablement humecté et la préparation est faite. Dans le second cas, à l'aide d'un mucilage composé de gomme arabique, très-légèrement glycérinée, (1) on fixe les objets sur la partie centrale de la plaque C, ou bien encore sur un fragment de mica indépendant du fond de la cellule, et d'où il puisse se retirer à volonté. Dansle cas où cette dernière disposition serait adoptée, il conviendrait de choisir la cellule rectangulaire. A. l'aide de ciseaux on découpe facilement de petites lamelles de mica de même forme et de mêmes dimensions que la cellule (2). Pour la manière d'employer le mucilage et de l'étendre, soit sur le papier mat ou glacé, soit sur la lamelle de mica, nous renvoyons aux indications données dans notre première note sur le nouveau système de slide. Lorsqu'on veut modifier la préparation, enlever, dé- placer ou ajouter des organismes, il suffit de retourner le slide et d'humecter à l'aide d'un pinceau le fragment de papier de soie I), qui se détache sans peine au bout de quelques secondes. m La glycérine introduite dans le mucilage a pour but d'empêcher sa dessiccation trop complète, laquelle pourrait endommager les orga- nismes fragiles. '- On peul se procurer chez les opticiens «le Londres des cahiers de touillas de mica, d'une admirable pureté et parfaitement appropr - MÉMOIRES. Il Si les organismes sont libres dans la cellule, ils reposeront alors sur le verre couvreur; ce qui fait que, introduisant l'ongle dans l'échanerure x (voir fig. I et Y), on enlève aisément, par un petit mouvement de bascule, la plaque C. On trouve alors les objets libres sur le cover, où on peut les manipuler aisément et même, si cela est nécessaire, les observer à l'aide de la lumière transmise. Si les organismes sont fixés, soit sur la plaque C, soit sur une lamelle de mica reposant sur celle-ci, on devra avoir soin, après avoir opéré le détachement du frag- ment D, de replacer le slide dans sa position normale; puis, on retire par dessous la plaque C chargée d'orga- nismes ou bien supportant la lamelle de mica. L'emploi de cette dernière, permet d'étudier aisément par transparence les objets fixés. 11 suffît pour cela de faire glisser la lamelle sur une plaque de verre, qui est ensuite portée sur la platine du microscope. Pour refermer la préparation on remet en place la plaque C et l'on applique un nouveau fragment de papier de soie D, dont on aura toujours a sa disposition une quantité suffisante, toute préparée. Rien de plus simple, comme on le voit, que la con- fection du slide et rien de plus aisé que sa manipulation, ainsi que celle des objets montés qui, tout en étant her- métiquement enfermés, peuvent s'enlever et se replacer avec la plus grande facilité, sans que le slide en soit le moins du monde endommagé. Le prix de revient du nouveau slide est très-minime. Il n'y a pas lieu de s'occuper du verre couvreur ni des étiquettes, qui sont ceux du commerce et que l'on peut donc se procurer aux prix ordinaires. 12 SOCIÉTÉ BELGE [tE MICROSCOPIE. Quant aux cartons A et /i, ce dernier comprenant C, ils peuvent être livrés, par un cartonnier bien outillé, à raison de fr. 12.50 le 1000. Ils nous sont fournis à ce prix dans d'excellentes conditions, découpés mécaniquement, fixés ensemble et prêts à servir, tels en un mot que le montrent les fig. I et II. Les fragments de papier de soie gommé D, sont découpés mécaniquement ou, plus simplement, à la main, dans de grandes feuilles qu'il faut avoir soin d'enduire régulièrement de gomme très-légère et en minime quantité. Si l'on n'observait pas cette recom- mandation, la plaque D du slide se détacherait difficile- ment de la face inférieure de celui-ci. Tout en conservant la disposition du modèle décrit ci-dessus on pourrait, lorsque cela serait nécessaire, arriver aisément à obtenir des préparations permettant d'une manière permanente l'éclairage par transparence. Pour cela, il suffirait de découper à l'emportc-pièce dans la plaque C un fragment correspondant à l'ouver- ture rectangulaire ou circulaire du carton A et qu'il serait bon alors de ne pas rendre trop grande afin de ne pas déformer la plaque (l sous le choc de rem- porte-pièce. Sous la cavité produite, on fixe un verre couvreur (voir la fig. YI, qui représente la plaque C vue par des- sous). Celui-ci, qui dépasse alors de toute son épaisseur la surface extérieure de la plaque B, doit être accom- pagné de deux petits fragments de carton b et b' de même épaisseur que le cover et servant à protéger celui-ci contre les chocs, et en même temps à bien MÉMOIRES. 13 équilibrer le slide lorsqu'il reposera sur la platine du microscope (1). Les objets à monter sont collés, ou simplement placés, sur ce cover qui, remplaçant la partie enlevée du carton C, forme le fond de la cellule. Le carton C ainsi modifié (fig. VI) étant placé dans la cavité correspondante de la plaque B, on scelle le tout comme précédemment, mais avec un fragment de papier de soie perforé au centre, de manière à laisser passer les rayons lumineux au travers du cover transformé en fond de cellule. La disposition qui vient d'être décrite pourrait, dans certains cas, être considérée comme un peu fragile au point de vue de la manipulation du slide. Aussi, lorsque la nature des objets à préparer exige l'emploi de la lumière transmise, donnerions-nous la préférence au dispositif décrit dans notre première note et dans lequel la plaque C, au lieu d'être en bois ou en carton, est constituée par une lame de verre. Il est très-facile — comme nous l'a montré notre collègue et ami M. H. Miller, qui nous a suggéré l'em- ploi de cette matière, — de découper soi-même, à l'aide d'un diamant de vitrier et de réglettes appropriées, les lames de verre nécessaires pour remplir la cavité rectangulaire de la plaque B. L'emploi d'une lame de verre pour la plaque C élève assez sensiblement le prix de la préparation ; mais, en (lj Les fragments de carton b et b' dont le principal but est d'empêcher la préparation terminée de reposer sur le cover inférieur, pourraient sans inconvénient être placés aux extrémités du slide, aux deux bouts de la plaque B par conséquent. Cette disposition offrirait même l'avantage de rendre plus facile l'adhésion du papier de soie D sur la surface extérieur dei?. 14 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. compensation on obtient l'avantage d'avoir une solidité beaucoup plus grande dans l'ensemble du slide et celui de pouvoir examiner les objets à l'aide de la lumière transmise. D'autres modifications pourraient encore être appor- tées à notre système de slide, mais nous croyons inutile de les signaler, chacun pouvant aisément les varier et les multiplier suivant ses propres nécessités. Le point capital de la construction du slide, qu'il ne faut point perdre de vue, consiste à respecter le principe fonda- mental exprimé dans notre première note et rappelé au commencement de celle-ci. Bruxelles, le 29 mai 1879. ! LES APPARENCES MICROSCOPIQUES Dl'S VALVES DES DIATOMÉES Julien DEBÎ Vice-Président de la Société belge de Microscopie, ete. — Séance du 28 août 4879. — La plupart des diatomistes modernes sont aujourd'hui d'accord pour considérer la diatomée comme un petit organisme recouvert d'une enveloppe protectrice sili- ceuse et bivalve. Chacune des deux valves est munie d'un rebord ou connectif (cingulum) formant un anneau qui l'entoure. L'un des connectifs est toujours légèrement plus étroit que l'autre, dans lequel il peut glisser par frottement. Les formes sectionnelles des connectifs sont aussi variées que celles des valves auxquelles ils sont attachés. Les valves une fois formées paraissent cesser de croître, tandis que les connectifs peuvent continuer à se développer en largeur, par accessions subséquentes, à leurs bords libres, de matière siliceuse. Dans une notice publiée précédemment (i) nous avons essayé de résumer, en aussi peu de mots que possible, (1) Ce que c'est qu'une daltonien? (Mémoire Société belge de Microsco- pic, vol. III, p. CXLVII.) ig SOCIÉTÉ BELGE IŒ MICROSCOPIE. nos connaissances générales relatives à la structure et au développement tics diatomées; nous n'y reviendrons donc plus aujourd'hui. Il est souvent difficile à première vue, de bien inter- prêter les apparences que présentent sous le microscope, certaines diatomées vues par transparence; un examen attentif des détails peut cependant donner l'interprétation de tous les faits observés. Les problèmes même les plus incompréhensibles se résolvent alors, comme par enchantement. Afin de faire bien saisir la signification de ces apparences, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de passer en revue l'organisation d'un certain nombre des formes qui paraissent spécialement difficiles d'inter- prétation, quoique leur simplicité soit, en réalité, toute aussi grande que celle des types les plus faciles. Notre première étude comprendra celle du genre : \itschia. De même que toutes les autres diatomées, les frustules du çenre Nitschia présentent deux valves et deux con- nectifs. Les valves plus ou moins allongées varient de l'ovalaire au linéaire ; chacune d'elles est de forme convexe, ou plutôt, représente la forme d'un toit de maison; c'est-à-dire, une section plus ou moins angu- laire ou pyramidale. Le faîte du toit porte une carène longitudinale formée de gros grains siliceux. Deux pans de valve, l'un situé à droite, l'autre à gauche de la carène sont apparents et ces pans sont pourvus de stries transverses en nombre égal ou dou- ble à celui des grains de la carène. La carène des Nitschia est fort rarement centrale, mais occupe d'habi- MEMOIRES. 17 C. carène. gp. grand pan pp. petit pan. Fi?. 2 Fis. 3 tude une position excentrique par rapport à la ligne médiane longitudinale de la valve. Il découle de cette excentricité de la carène, que l'un des pans de la valve est presque toujours plus large que le pan situé du côté opposé de cette même carène. Une section transversale, par le milieu d'une telle valve, est représentée à la fig. 1. L'excentricité de la carène peut varier de manière à produire d'un côté, comme ex- trême, la presqu'égalité des deux pans de la valve, et de l'autre côté, la disparition presque complète de l'un des pans. Les figures 2 et o montrent la section de deux Nitschia appartenant à ces types opposés. Chaque valve porte son connectif pendant la vie de la diatomée, et ne le perd que par l'action de violences ou à la suite de procédés chimiques tels que le traitement par les acides. La ligure 4 nous montre une section transverse d'une valve munie de son connectif : Le bord libre du connectif c c est tou- jours parallèle à la ligne imaginaire a b qui unirait le bord libre du petit pan de la valve au bord libre du grand pan au point qui lui est opposé. Dans une préparation que l'on exa- mine, l'on rencontre d'ordinaire les deux valves d'un frustule réunis et se tenant par les connectifs dont le plus étroit pénètre dans l'intérieur du plus large. — Nous nommerons pour plus de clarté 18 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. la valve portant le plus grand connectif, la valve supé- rieure et la valve portant le connectif le plus étroit, la valve inférieure. La section transverse diagrammatique par le milieu d'un frustule de Nitschia serait donc à celle repré- sentée par notre fig. 5. Dans la fig. G, les deux valves et leurs connectif's ont été séparés, et dans la fig. 7, le frustule se trouve analysé en ses quatre éléments constitutifs. Fig. 6. v. s. valve supérieure, v. i. valve inférieure. c. s. connectif supérieur, c. i, connectif inférieur. Une section longitudinale diagrammatique par le milieu d'un frustule de Nitschia serait approximative- ment la suivante fig. 8. L'excentricité de la ca- rène des Nitschia se repro- duit sur chaque valve d'un frustule, mais avec renver- sement, de telle sorte que le grand pan de la valve supérieure se trouve toujours du même côté que le petit pan de la valve inférieure et vice- versa. MÉMOIRES. I!) Lorsque l'on étudie les Nitschia sous le microscope, ce n'est malheureusement pas .en sections qu'on peut les observer, mais bien en plan, et vus par l'un ou l'autre des côtés du frustule. Celui-ci présente un côté liant, un côté large et un côté épais, comme tous les parallélipipèdes quelconques, mais en général, la posi- tion d'une diatomée sur le porte objet n'est réglée que par la situation de son centre de gravité qui la fait reposer sur son côté le plus large. Disons d'abord que l'angle du faîte d'un Nitschia, la partie qui porte la carène, peut être aigu, ou obtus et que les pans qui en dépendent de chaque côté, peuvent présenter ou bien une surface plane ou bien une surface courbe ou bombée. Ceci nous fournit les divisions sui- vantes : Fig. 9. Formes à angle : aiguë : à pans plans (fig. 9 a.); à. pans courbes (b.). — Obtus : à pans plans (c.) ; à pans courbes {d.). Chacune de ces quatre sections, peut à son tour se subdiviser en trois sous-sections, d'après la position plus ou moins excentrique de la carène par rapport à une ligne médiane longitudinale imaginaire de la valve. La carène peut être presque centrale et les deux pans par conséquent presque égaux : la carène peut être normalement excentrique, l'un des pans étant nota- blement plus grand que l'autre; enfin, la carène peut être submarginale, de manière à rendre presque obso- lète l'un des pans de la valve. Les fig. 10, 11 et 1°2 tu SOCIÉTÉ HELCK 1>E UICliOSCOPIE. donnent un exemple de chaeun de ces cas en section transversale. Fig.'lO. Fig. 11. Fie. 12. Par la combinaison des formes aiguës et obtuses, de celles à pans plans ou bombés, ainsi que par la position plus ou moins excentrique de la carène, nous obtenons 12 éléments propres à la classification des espèces en dehors des caractères que l'on peut tirer de la forme générale des frustules, des granulations des carènes et de la striation des valves, etc. Sans faire la monographie des Nitschia, il nous serait impossible de décrire toutes les variations de forme et de détail des valves qui s'observent dans le genre actuel. Nous nous bornerons donc aujourd'hui à prendre pour type des apparences microscopiques, un Nitschia de la section transverse que l'on rencontre le plus fré- quemment. Fin. 13. L'apparence d'une telle forme, couchée sur son cou- MKMOIRKS. 21 nectif supérieur, que l'on regarderait perpendiculaire- ment à cette position dans la direction de la flèche, se représente en projection comme nous tâchons de le montrer à la fig. I i. c. s. carène supérieure. g. p. s. grand pan supérieur. b. v. s. bord de valve supérieure. b. c. i. bord du connectif inférieur. b.c. s. bord du connectif supérieur. b. v. i. bord de valve inférieure. p.j). i. petit pan inférieur. c. t. carène inférieure. Une diatomée du genre Nitschia, couchée sur son connectif, montrerait donc en même temps à l'œil de l'observateur : 1. La carène supérieure et la carène inférieure I, II, L s , L,. 2. Un grand pan et un petit pan appartenant chacun à une valve différente a, b, a', b'. 5. Les lignes indiquant les bords libres des deux connectifs. La partie centrale ombrée de la fig. 14 indique la portion où les connectifs sont en recouvrement et où par conséquent le frustule est pourvu d'une double enveloppe, ou plutôt, d'un double anneau siliceux. Cette même valve, vue par dessus, nous fournirait une vue de sa carène dorsale en même temps qu'une vue en perspective de ses deux pans adjacents, fig. 1T>. 22 SOCIÉTÉ BELGE HK MICKOSCOP1E. Fis». 15. Dans toutes les espèces à carène excentrique, il est manifeste que le renversement de l'objet, doit causer le renversement relatif des pans, c'est-à- dire que si Ton examine le Nitschia par la face il, l'on y trouvera le grand pan et le petit pan dans la position inverse de celle qu'ils occuperaient, si l'on examinait le frustule parlecôté B. Les formes les plus extrêmes de Nitschia, par suite de l'excentricité poussée à l'excès, de leur carène, se signalent simplement par la plus grande différence relative de largeur entre les deux pans d'une même valve. Le fruslu.e vu de côté, en ce cas, nous exhibe souvent, l'un des pans d'une des valves ayant pris (rénormes pro- portions, tandis que l'autre pan, visible en même temps, sur l'autre valve, est devenu si exigu qu'on l'aperçoit à peine. Fig. 10. Fig. 16. Une simple inspection de celte ligure nous démontre qu'un Nitschia de cette section ne reposera pas sur le porte objet par sa région connective, mais que l'un des grands pans de l'une ou de l'autre valve lui servira de MÉMOIRES. 23 % Fig. 17. base. C'est donc en prenant la ligne qui représente la surface du grand pan, comme notre horizontale, et en lui élevant des perpendiculaires, que nous obtiendrons la vraie projection microscopique d'une telle diatomée. C'est ce que nous avons essayé de montrer dans la 17. Un Nitscliia de la conforma- tion ci-dessus, de petite taille, montrerait à peine son petit pan ; et vu par le dessus, son angle d'ouverture étant aigu n'exhiberait qu'une carène, munie d'un unique pan. L'ap- préciation de la valeur de l'angle formé par la jonction des deux pans de la valve d'un Nitschia, ainsi que la nature plane ou bombée de ces mêmes pans, ne s'effectue d'une manière certaine que par une vue prise par dessus la carène, au moyen d'objectifs puissants et à forte pénétration, ou ce qui vaut mieux encore, par l'emploi de binoculaires sté- réoscopiques, tels qu'on les construit pour les forts gros- sissements, en plaçant les prismes à l'intérieur du corps même de l'objectif et presque en contact avec ses len- tilles postérieures. Il arrive fréquemment qu'au lieu de rencontrer des frustules de Nitschia dans l'état que nous venons de décrire, on en récolte qui sont en voie de se multiplier par voie de déduplication, et qui, par conséquent, contiennent dans leur intérieur de jeunes valves, iden- 24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. tiques par la forme et la structure, aux valves extérieures qui les protègent. La complication des apparences microscopiques n'est ici encore une fois qu'apparente : un peu de réflexion nous faisant promptement com- prendre la structure que nous avons sous l'œil. La section transverse diagrammatique d'un Nilscliia du type ordinaire, au moment de la déduplicalion, nous donnerait la projection suivante, qui explique mieux que ne le ferait une longue description, l'apparence d'un tel frustule sous le microscope. Outre les initiales employées précédemment : m. bord de la valve supérieure et de sa jeune valve. n. petit pan déjeune valve supérieure. o. carène de nouvelle valve. q. bord de la valve inférieure et de sa jeune valve. c. région connective. Il arrive souvent que la carène interne de la nouvelle valve inférieure (x) se montre au travers de l'épaisseur même du frustule à un niveau plus bas que la carène interne o de la jeune valve supérieure qui lui est opposée, auquel cas, l'on aperçoit deux lignes de gros MÉMOIRES. -2S points, deux carènes parallèles au lieu d'une figurée, sises à côté Tune de l'autre, vers la partie centrale du frustule dans toute sa longueur. Les variations de section des valves mères, ainsi que le degré d'excentricité des carènes, produisant une foule de variations d'aspect des frustules en déduplication selon les espèces, il nous est impossible de les mettre sous les yeux du lecteur; mais nous pouvons l'assurer, que s'il a bien saisi le type de structure que nous avons figuré ci-dessus, il parviendra sans aucune peine à déchiffrer tous les autres cas qui pourraient se présenter à son observation. Dans tout JSitschia en voie de déduplication on retrou- vera : 1° deux carènes des valves mères; 2° deux carènes des jeunes valves (ces dernières carènes se recouvrant ou non); 5° deux pans à chaque valve mère; 4" deux pans à chaque jeune valve; 5° deux sutures indiquant le point de jonction des jeunes valves aux anciennes; 6° deux sutures indiquant le bord libre des connectifs supérieur et inférieur et appartenant aux valves mères, les jeunes valves n'en possédant pas encore de propres à cette période de leur existence. La situation relativedes sutures connectives varie selon le degré d'avancement du développement des jeunes valves qu'elles circonscrivent. Au moment de la séparation des valves mères, ou immédiatement après, les jeunes valves reculent de leur ligne de jonction avec la valve mère, pour se placer près du bord libre du connectif. En ce moment le nou- veau frustule n'est pourvu que d'un seul connectif, celui de la valve mère, et aucune suture n'est visible dans toute la région connective. Fig. 19. m SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Fis. 19. Le frustule à cette époque ne présente par le milieu qu'un seul anneau de silice. Ce n'est que postérieurement à sa mise en liberté que la jeune valve développe son connectif propre à l'intérieur du connectif de la valve mère. Le jeune connectif com- mence à croître à partir du bord de la jeune valve et finit par se dessiner à l'œil armé du microscope sous forme d'une fine v. m. vaive mère. s ( r i e unique, située dans la réeion con- c. connectif unique _ ; 7 .° . , sans sutures, ncctive. Fm. 20, s. ou la partie ombrée /. r. jeune valve. e * indique le recouvrement des connectits. Fis. 20. Le nouveau connectif de la jeune valve (valve inférieure), atteint enfin le bord de la valve mère, puis il com- mence à s'éloigner de celui-ci en glis- sant à l'intérieur du connectif de cette dernière. Dès ce moment, deux sutures deviennent visibles dans la région con- «. suture unique. ncctive, indiquant les bords libres de chacun des deux connectifs fig. 15. Bientôt après le phénomène de la déduplication commence à se manifester. Fa.- suite de ce qui précède l'on est porté à conclure qu'il e.^-1 nécessaire d'apporter plus de soin et plus de détails que par le passé dans la desciiption des nom- breuses «spèces, si difficiles à distinguer les unes des autres, du genre Nitschia. Dans le signalement de toute espèce il est devenu nécessaire de : 1. Décrire la forme générale du frustule et d'indiquer les relations de la longueur totale à la largeur des deux pans situés de chaque côté des valves; 2. Indiquer la position de la carène par rapport à une MÉMOIRES. 27 ligne médiane centrale imaginaire à la valve; c'est-à-dire indiquer la grandeur relative des deux pans île la valve ou le degré d'excentricité; 4. Déterminer le nombre de stries des pans, par rap- port aux nodules de la carène; 5. Compter les grains siliceux de la carène, les stries des pans et le nombre de points par strie, par micro- millimètre; 6. Indiquer si la valve forme un angle aigu ou obtus, et si ses pans sont plans ou à face bombée. Le lecteur qui serait désireux de s'instruire à l'égard de l'organisation interne des Nitschia pendant leur vie, organisation qui présente des caractères spéciaux bien marqués dus principalement à l'étroitesse de la capacité interne du frustule de beaucoup d'espèces, et à la perforation de l'endochrome, ne peuvent mieux faire que de consulter à cet égard les travaux conscien- cieux du professeur Pfitzer et ceux de notre ami et col- lègue M. Paul Petit, de Paris. Il existe plusieurs genres voisins des Nitschia pro- prements dits, tels que les Tryblionella de W. Smith, les Perryia de Kitton, etc., qui mériteraient d'arrêter notre attention, mais leur structure diffère si peu de celle du genre typique, que nous pensons pouvoir les passer sous silence dans un aperçu aussi général que celui-ci. Nous nous proposons d'expliquer successivement dans de prochaines communications les apparences microsco- piques de divers autres genres de diatomées dont l'inter- prétation semble au premier abord, présenter quelques difficultés. Les Amphora, les Epithemia, les Tiddulphia, les 28 SOCIÉTfi BELGE DE MICROSCOPIE. Isthmia, ainsi que quelques genres intéressants dont les rejetons par déduplication restent adhérents pendant la durée entière de leur existance, nous fourniront d'intéressants sujets d'étude et l'explication de quelques faits mal compris à ce jour. SUR LA MICROSTRUCTITRE OK QUELQUES PRODUITS DE FUSION DU QUARTZ PAR A. Renard, S. .1. Ces observations microscopiques sur la structure de quelque produits quartzeux vitrifiés furent faites en vue d'éclaircir l'origine d'un fragment pierreux recueilli à Tongres, il y a quelques mois, et auquel on attribuait une origine extra-terrestre. Je pense qu'il n'est pas bors de propos de faire connaître ici les circonstances, qui me déterminèrent à m'occuper de la soi-disant météorite de Tongres. Les détails dans lesquels j'entrerai permettront d'apprécier l'attitude que j'ai prise dans cette discussion; ils indiqueront quelle est l'interprétation à laquelle on doit s'arrêter relativement à l'origine et à la nature minéralogique de ces échantillons réputés cosmiques. Il y a quelques semaines, j'appris par M. Vanden Broeck qu'on avait recueilli à Tongres, deux mois aupa- ravant, des fragments de pierre auxquels on attribuait une origine cosmique. On assurait qu'après un orage des témoins de la chute de ce météore avaient ramassé les pierres au point où ils avaient vu tomber la foudre. 30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Désireux d'avoir à ce sujet des renseignements plus détaillés, j'écrivis à M. Lamine de Tongres, entre les mains duquel se trouvaient les fragments que l'on avait recueillis. Il eut l'obligeance de m'en faire parvenir une toute petite esquille, d'un centimètre à peine, tout juste ce qu'il me fallait pour en faire une préparation micros- copique en lame mince. En même temps. M. Lamine me fournissait des indications assez détaillées sur les circonstances dans lesquelles on avait trouvé les échan- tillons. La simple inspection de cet éclat, malgré l'affir- mation des témoins qui attestaient avoir vu tomber la pierre, me convainquit qu'elle n'avait point l'origine extra-terrestre qu'on lui prêtait. Elle ne montrait pas la moindre analogie de structure ou de composition avec les types de météorites signalés jusqu'aujourd'hui. Le fragment taillé en lame mince était exclusivement com- posé de grains de sable plus ou moins fondus sur les bords, criblés de bulles d'air et cimentés par une matière vitreuse, produit de la fusion partielle des grains de quartz. Je reviendrai bientôt plus au long sur ces détails de structure; il suffit de les avoir indiqués tels que je les observai sur le seul échantillon que j'avais à ma dispo- sition. Les renseignements que je possédais au moment où je fis ce premier examen étaient incomplets; mais il paraissait ressortir cependant de tout ce que j'avais appris que l'échantillon, que je découvrais être formé de grains de sable agglutinés par une fusion partielle, avait été incontestablement ramassé au point où on avait vu tomber la foudre. On me donnait ce détail avec des affirmations réitérées. Aussi, quoique j'eusse d'abord écarté l'hypothèse d'une origine cosmique, je pensai MÉMOIRES. SI un moment que les fragments de grès vitrifiés, dont je ne connaissais alors ni la dimension ni les caractères macroscopiques, avaient peut-être été fondus au passage de l'éclair. On connaît, en effet, de nombreux exemples de grès dont la surface est vitrifiée par la foudre, et les fulgurites, dont nous parlerons plus bas, sont à cet égard incontestablement les formations les plus intéres- santes. Si les fragments pierreux ne sont pas une scorie, me disais-je, peut-être pourraient-ils bien n'être que du sable agglutiné sous l'action delà chaleur de l'éclair. Mais pour me prononcer sur ce point il était indispensable de voir le> caractères macroscopique < d'échantillons beau- coup plus grands, que possédait M. Lamine; il était nécessaire aussi de voir si les conditions du sol, où l'on avait ramassé les fragments en question, permettaient l'interprétation à laquelle je m'arrêtai provisoirement, jusqu'au moment où je pus me rendre à Tongivs. Ajou- tons que l'étude microscopique m'avait montré de grandes analogies de structure et de composition entre l'esquille envoyée par M. Lamine et ces agrégations de matières quartzeuses fondues produites par l'action de la foudre qui, en pénétrant dans le sol, vitrifie et agglutine le sable sur son passage. Je m'abstins de formuler d'une ma- nière positive une opinion sur la question. Certains détails peu vraisemblables la rendaient d'ailleurs plus que problématique. Toutefois, il est un point que je n'ai jamais laissé indécis : celui qui est relatif à l'origine cosmique des fragments quartzeux. Les échantillons de la soi-disant météorite que je vis à Tongres, les renseigne- ments que M. Lamine eut la bonté de me donner, enfin l'inspection du lieu que l'on m'indiquait comme le point où la foudre était tombée, me convainquirent immédia- ;t-> SOCIÉTÉ BELGE DE MICR0SC0P1E. tement que je ne pouvais m 'arrêter un instant à l'idée de sable fondu sous l'influence de la chaleur de la foudre; car, d'après les personnes qui m'attestaient avoir assisté à la chute, la foudre était tombée sur un seuil de calcaire dans une rue de la ville; c'était à cet endroit et au milieu du pavé qu'on avait ramassé, le lendemain de l'orage, les fragments en question. Il est inutile d'insister sur l'invraisemblance de l'ori- gine extra-terrestre : cette origine ne nous est pas montrée par les circonstances qui accompagnèrent la chute ; et la composition de ces pierres ainsi que leur structure n'ont rien de commun avec celle des météo- rites. D'un autre côté, j'arrivais à la conviction que les échantillons recueillis ne pouvaient avoir été fondus par la foudre, et j'admis la conclusion que les frag- ments en question n'étaient autre chose qu'une scorie artificielle (1). Je viens d'indiquer les motifs qui me firent entre- prendre quelques recherches sur les caractères que pré- sentent au microscope les grains de quartz plus ou moins fondus, des scories artificielles, des fulgurites et des grès vitrifiés au contact des roches éruptives. (1) En relisant une notice publiée par M.Cohen, professeurà l'Univer- sité de Strasbourg, sur la météorite de Zsadany ( Verhandl. d. Natur. med. Vcrcins. Heidelberg, vol. II, l'asc. 2i, je fus frappé d'une singulière coïncidence : on avait confondu avec la météorite des fragments de scorie quarlzeuse. J'écrivis à ce savant qui eut l'obligeance de m'envoyer quelques éclats de ce sable fondu. Soumis au microscope, ils me mon- trèrent identiquement la même structure que la scorie recueillie à Ton- gres. M. S. N. Maskelyne, conservateur au British Muséum, me parlant un jour des pseudo-météorites, disait que les scories qu'on lui avait pré- sentées comme étant des météorites et qu'on affirmait quelquefois avoir vu tomber, formeraient à elles seules une collection plus nombreuse que les plus riches collections de météorites. MÉMOIRES. 33 Ces observations n'avaient d'autre but que celui de m'as- surer de la nature des fragments quartzeux de Tongres. Ces recherches, je l'avoue, n'amenèrent aucun ré- sultat bien saillant. En les publiant, je veux simple- ment exposer les raisons qui m'ont guidé dans mon appréciation sur les fragments quartzeux de Tongres, auxquels on avait cru devoir attribuer une origine cos- mique. Les divers échantillons que j'ai eu l'occasion de voir chez M. Lamine ou au secrétariat de l'Académie royale, mesuraient 5 ou 6 centimètres en moyenne. Examinée à l'œil nu ou à la loupe, cette masse pierreuse, de cou- leur grisâtre, se montre à grains fins avec structure scoriacée; on ne discerne aucun élément porphyrique et la pâte semble parfaitement homogène. Les surfaces de cassure et les fissures des échantillons sont revêtues d'une couche incolore vitrifiée de très faible épaisseur; cette espèce d'émail se retrouve aussi à la surface externe des fragments. La cassure de la scorie est plane. Un échantillon que j'ai vu entre les mains de M. Lamine pré- sente des plans de séparation réguliers qui donnent naissance à une cassure polyédrique imitant celle qu'on observe dans les plans de séparation des basaltes , du coake et des scories. Les minces esquilles sont légè- rement transparentes sur les bords, elles entament faci- lement le verre et sont difficilement fusibles au chalu- meau. Le poids spécifique est d'environ 2,5, mais le grand nombre de pores microscopiques qui criblent la masse peuvent rendre cette détermination incertaine. Il faut tenir compte en outre des différents états physiques du ' quartz qui compose cette scorie. Pour certaines plages, 34 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. ces grains sont presque entièrement fondus, dans d'au- tres ils sont encore cristallins. Or, on sait que Cli. St- Claire Deville (I) a reconnu que le quartz fondu et refroidi brusquement, a pour poids spécifique 2, 22, tandis que la densité moyenne du quartz atteint 2,656. Examinés au microscope, ces fragments scoriacés se montrent formes, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, d'une masse de grains de sable qui peuvent avoir en moyenne 0,5 mm. de diamètre. Ils sont généralement arrondis; ceux qui possédaient des contours polyédriques ont leurs angles émoussés par la fusion qui a effacé les contours primitifs de ces granules. Les caractères phy- siques doivent faire considérer ces sections comme appartenant au quartz : limpidité, transparence, polari- sation chromatique avec teintes vives, absence de cli- vage, etc. Je ne pus toutefois découvrir qu'exceptionnellement des inclusions liquides, telles que nous les montrent si fréquemment les grains de sable taillés, lorsqu'on les étudie sous de forts objectifs ; mais par contre la masse dans laquelle ils sont empâtés est criblée de vacuoles qui ne renferment pas de liquide visible et dont les pro- portions sont toujours plus grandes que les proportions ordinaires des enclaves liquides des sections quartzeuscs dans les roches. Ces bulles, qui abondent dans les plages produites par la fusion du quartz, diffèrenl seulement des enclaves liquides par leurs dimensions (elles peuvent atteindre I millimètre; en moyenne, elles n'ont (pie 0, 1 mm.). Ce qui ne permet point de les confondre avec les inclusions liquides, ee sont les larges traits noirs foncés dont elles sont entourées : (!) Comptes rendus, tome 40, p. 7(>:>, is:>:>. HÉMOIRES. caractère distinctif bien connu pour les pores ou les huiles gazeuses emprisonnées dans les minéraux. Ces pores sont généralement sphériques, ils appa- raissent à la lumière transmise comme des globules noirs avec un point brillant au centre. Lorsqu'ils sont entailles par le polissage, on observe que l'intérieur de la bulle est comme garni de matière pigmentaire, qui aug- mente l'opacité produite par la réfraction. Dès que la section a entamé la bulle sur les deux faces de la lame, on voit le pore se dessiner par un trait circulaire ou elliptique. On peut passer par toutes les transitions de grandeur depuis les bulles microscopiques jusqu'aux pores visibles à l'œil nu, qui donnent au fragment la structure scoriacée. L'abondance de ces pores constitue un trait distinctif de toute les matières quartzeuses fon- dues que nous avons étudiées : les fulgurites, les grès vitrifiés au contact des roches éruptives, le sable fondu à l'aide de chalumeau oxhydrique, ont leurs grains de quartz fondus criblés de ces bulles; et cette particularité permet de saisir les relations d'origine qui existent entre ces divers produits. D'un autre côté, je ne connais pas de roche, pas même les laves les plus celluleuses, qui montre au microscope ce fait d'une manière aussi pro- noncée (l). I 1 , Nous avons fait remarquer que les sections quartzeuses fondues ne contiennent pas les enclaves liquides si caractéristiques de ce minéral. Si l'on tient compte en même temps de l'abondance des pores que nous \enons de décrire, on pourrait peut-être interpréter ce fait de la manière suivante. Lorsque les grains de sable auront été soumis à la chaleur intense qui détermina leur fusion plus ou moins complète, le quartz passa par un elal de viscosité, et l'eau contenue dan;- les inclusions se transformant en vapeur, agit par expansion sur les parois île la bulle qui l'emprisonnait. Ces parois se dilatèrent et prirent des dimensions beau- coup plus considérables que celles des enclaves liquides. Lors du refroi- dissement de la masse fondue, ces pores conservèrent a peu près la forme qu'ils venaient d'acquérir. L'eau que renfermait la bulle s'étant ■Mi SOCIETE BEJbGE l>K MICROSCOP1E. Pour ! > i e 1 1 juger des modifications que la fusion a apportées à cet agrégat de granules quartzeux, pour se rendre compte de la nature et du mode de formation de la matière vitreuse qui les cimente, il faut étudier les préparations à l'aide de la lumière polarisée. On distingue alors nettement les fragments de quartz non altérés des parties fondues. Entre les prismes de nicol croisés, la base vitreuse s'éteint et reste obscure pour une rotation complète, les grains de quartz non altérés se détachent avec de vives couleurs. Mais on remarque qu'ils ont perdu la biréfringence sur le boni des sections; les teintes de la polarisation chromatique s'atténuent peu à peu sur le contour des grains et finissent par passer à la nuance noire de la masse vitreuse. C'est surtout par leur isotropisme qu'on peut discerner les plages pro- duites par fusion ; sans cette propriété on ne saurait les distinguer que difficilement du quartz cristallin; car à la lumière ordinaire, on ne peut pas discerner de structure spéciale pour la matière fondue. Elle présente tout à fait l'aspect du minéral dont elle dérive et condensée après que l'enclave eut pris sa nouvelle l'orme, resla empri- sonnée', mais elle devint invisible par suite du volume relativement con- sidérable que l'enclave a pris. Cette interprétation est, au fond, la même que celle suggérée par Walt, à la tin du siècle dernier, pour rendre compte des cavités lubulaires dans les fulgurites. Il les envisageai! comme étant «lues à l'expansion de la vapeur d'eau : la pluie qui accom- pagne l'orage pénètre le sable ei la vapeur qui se produit sous l'étincelle de l'éclair détermine la formation de la cavité. M. flarting (Mon. de l'Ac. néerlandaise, 1874, p. 15) signale aussi qu'il a observé, à la surface vitri- fiée i\r^ fulgurites, des fossettes arrondies, profondes, à bords relevés, ayanl un diamètre de (>,.'> a 2 mm. Il les considère comme de petits cra- tères par où la vapeur d'eau surchauffée s'est frayé un chemin en faisant éclater la paroi qui s'oppposait à son expansion. Je crois inutile d'ajouter que je n'attribue pas, dans la scorie recueillie à Tongres, la formation de tous les pores indislinctemenl a l'expansion de l'eau que pouvaient ren- fermer les enclaves microscopiques : l'interprétation que je donne s'ap- plique, dans ma pensée, aux pores \i si Itles au microscope, phi loi qu'aux cavités qui donnent la structure scoriacée à ces fragments. MÉMOIRES. 37 auquel elle est intimement associée. Toutefois, quelques particularités lui semblent propres; elles sont assez pro- noncées dans certains cas pour permettre de discerner l'élément vitreux, même à la lumière ordinaire : ce sont ces plages fondues qui fourmillent de bulles, dont nous avons parlé tout à l'heure. En outre, elles ne sont jamais crevassées; tandis que les fragments de quartz qui ont conservé leurs propriétés physiques sont très souvent sillonnés de fissures irrégulières, craquelures qui rap- pellent exactement celles du verre ordinaire refroidi brusquement. Ces plages vitreuses, enfin, montrent des traces de structure fluidale, indiquée surtout par des filaments de matière brunâtre ou noirâtre, ferrugineuse, qui colorent le verre et s'allongent dans le sens du mouvement qui animerait la masse vitreuse au moment où elle s'est figée. (La fig. 5 de la planche qui représente une coupe de la fulgurite de Starczynow montre les fila- ments brunâtres, qui suivent les étirements de la masse vitreuse dans laquelle ils sont empâtés. Voir pour toute cette description micrographique du fragment scoriacé la fig. 5 et l'explication de cette figure.) Quelques plages sont entièrement opaques, par l'accumulation de parti- cules noires qui nous paraissent ferrugineuses ou char- bonneuses. Si nous comparons maintenant la microstructure de ces fragments quartzeux, auxquels nous attribuons une vitrification artificielle, avec celle que présentent les produits de fusion naturelle du quartz, les fulgurites, par exemple, nous voyons immédiatement de profondes analogies de structure qui trahissent un mode de for- mation essentiellement identique. Ce que nous venons de voir tout à l'heure pour les lames minces de la scorie : j .8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. quartzeuse, se montre au microscope avec les mêmes caractères pour les préparations de fulgurites. Je me borne à indiquer rapidement ces rapprochements ([). Les échantillons de fulgurite que je lis tailler, pro- viennent du gisement de Starczynow, près d'Olkusz, en Pologne. M. F. Rômer, qui visita cette localité il y a trois ans, a donné une description détaillée des condi- tions dans lesquelles on rencontre ces tubes vitrifiés; je l'envoie à son travail publié dans les Neues Jahrbuch fur Minéralogie, etc., 1870, p. 53. La fulgurite qui a fourni la lame mince dont suit la description micro- graphique, est un fragment tubulaire d'environ 10 cen- timètres de diamètre. La forme du tube est irrégulière, la surface est mamelonnée, surmontée d'excroissances et de boursouflures comme on les observe dans les scories. La cavité tubulaire subit jusqu'à un certain point toutes les déformations qu'on remarque à la surface externe. (1) Lorsque j'ai communiqué ce travail à la séance du 38 Novembre 1878, je suis entré dans des détails assez étendus sur la microslructure des fulgurites. J'ignorais, à ce moment, qu'elles avaient été l'objet d'un travail spécial dû à un micrographe bien connu, M. Harting doc. cit.). Après la lecture de son mémoire, j'ai retranché de ma notice les observa- tions qui étaient signalées par ce savant. Son intéressant travail com- prend l'historique des recherches sur les fulgurites. La description générale de ces formes tubulaires et la partie micrographique sont. traitées de main de maître, comme on doit s'y attendre. A la suite de ce mémoire, il reste peu de chose à dire, car l'auteur a, sinon épuisé le sujet, au moins réuni un grand nombre d'observations importantes auxquelles on n'a pas de peine à se rallier, four un poinl seulement, je crois qu'on peul envisager la question autrement que ne le l'ail M. Harting; ce savant constate que la masse vitrifiée dans les fulgurites d'Elspret, réagil comme une substance biréfringente entre niçois croisés (Inc. cit., p. KM. S'ap- puyant ensuite sur des expériences qu'il lit relativement à la solubilité de la silice de ces fulgurites par les alcalis, il conclut que dans l.i fusion instantanée produite par la foudre ce corps ne passe pas de l'étal cris- tallin a l'étal amorphe, (les observations ne sont pas d'accord avec celles que Ton peul faire sur les fulgurites do Starczynow: la masse fondue es) parfaitement apolaire; et si des plages donnent encore les phénomènes de la polarisation chromatique, elles appartiennent à des sériions quart- yeuses qui u'onl pas été entièrement fondues. MÉMOIRES. 39 Le tube est encore recouvert à l'extérieur d'une couche de grains de quartz imparfaitement soudés à la masse vitreuse. On remarque dans la cassure transverse de la paroi circulaire que la fusion n'a atteint toute son intensité qu'à l'intérieur. La zone externe n'a subi qu'un commencement de fusion : les éléments vus à la loupe ne s'y montrent presque pas modifiés ; ils sont simple- ment attachés par un ciment vitreux à la zone interne, ou masse vitreuse qui forme la partie principale de la fulgurite. Dans cette partie interne du tube, les grains de quartz ont complètement perdu leur individualité, ils se sont fondus les uns dans les autres et ont formé un émail brillant, bleuâtre, qui raye le verre et possède la transparence et l'éclat du quartz. La partie vitrifiée que nous avons fait polir est entièrement isotrope, le quartz y est transformé en une masse homogène possédant les particularités que nous avons vues tout à l'heure, carac- térisant les plages fondues des scories. Si nous com- parons les figures 4 et 5 de la planche I, dont la se- conde représente une section de la zone interne vitrifiée d'une fulgurite de Starczynow, la première une plage de la scorie que nous avons décrite en premier lieu, nous remarquons au premier coup d'œil la grande analogie que présentent ces dessins. Des deux côtés on voit une masse vitreuse, amorphe, criblée de pores et de grandes vacuoles, parsemée de taches pigmentaires noires, bru- nâtres. Avec le nicol, la ressemblance est tout aussi frap- pante, on remarque seulement que la fulgurite a été soumise à une fusion plus intense; de là une structure fluidale mieux indiquée, et des sections quartzeuses presque entièrement effacées. 11 est inutile de répéter les détails de la description que nous avons donnée plus SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. haut : qu'il nous suffise d'avoir indiqué l'identité parfaite de microstructure que montrent nos deux figures, reproduction exacte des plages qu'elles représentent. Disons quelques mots de la préparation microscopique figurée par le dessin n° 2. Dans le but de reproduire expérimentalement la vitrification du quartz et d'exa- miner la structure microscopique du produit de fusion de ce minéral, du sable fut soumis à l'action du chalu- meau oxhydrique. Il se forma une masse vitreuse qui. taillée en lame mince et examinée au microscope, pré- senta l'aspect reproduit par la figure 2. Ces grains de quartz fondus nous montrent identiquement la même chose que les plaques taillées dans la scorie et dans la fulgurite. Les caractères du quartz fondu s'y retrouvent nettement indiqués ; toutefois, comme la figure l'in- dique, et comme on le voit mieux encore à l'aide de l'appareil de polarisation, la vitrification ne fut point aussi avancée dans cette expérience que dans les cas dont nous avons parlé plus haut. Les grains de quartz, s'ils n'ont conservé que leurs contours primitifs, sont assez nettement isolés de la masse vitreuse où abondent de nouveau les bulles et les pores comme dans les cas précédents. Les plages vitreuses isotropes et dont la teinte passe quelquefois au brunâtre assez foncé, sont intercalées entre les grains de sable dont les lignes ter- minatrices peuvent encore se distinguer aisément à la lumière ordinaire ainsi que le montre la figure 2. Cer- taines parties de la scorie de Tongres, et la préparation, taillées dans la zone externe de la fulgurite où la chaleur n'a pas agi avec la même intensité, offrent également l'aspect que nous venons de décrire. Signalons enfin un dernier rapprochement avec ces MÉMOIRES. 41 produits de fusion du quartz. Grâce à l'obligeance de M. le professeur Zirkel, je pus les comparer avec les préparations de grès vitrifiés au contact des basaltes; il les a décrit dans son Manuel de pétrographie microsco- pique et je renvoie pour de plus amples détails à cet excellent livre (i). Comme la scorie de Tongres, ces grès ont une cassure prismatique; ils sont recouverts comme d'un émail qui se montre surtout lorsqu'on les étudie au microscope. Taillés en lames minces, ils appa- raissent formés de grains de quartz incolore, anguleux ou arrondis, crevassés et cimentés par une masse vitreuse monoréfringente, quelquefois presque incolore, d'autres fois brunâtre. Ce qui différencie cette substance amorphe du verre des préparations décrites plus haut, c'est qu'elle renferme des cristaux microscopiques dont la détermination laisse encore place au doute. Mais à part ce détail, on doit la rapprocher du verre que nous avons décrite : son mode de formation, ses propriétés optiques, sa couleur, sa structure fluidale bien accusée indiquent un mode de formation semblable. M. Zirkel fait remarquer, en outre, qu'elle est criblée d'un grand nombre de pores circulaires ou ellipsoïdaux à bords foncés, dont il explique la formation par l'ex- pansion de l'eau emprisonnée dans la roche au moment de la vitrification. Ces rapprochements nous montrent d'une manière évidente que les fragments vitrifiés, auxquels on croyait devoir attribuer une origine cosmique, ne sont autre chose qu'une masse sableuse en partie fondue. C'est dans le but d'établir la nature véritable de ces échantil- lons de Tongres, dont la trouvaille offrait quelques (\) Mikroskopische Beschaffenheil de Mineratien und Gesteine, p. -48s. 42 SOCIETE BELGE DE M1CROSCOPIE. points problématiques, que j'ai été amené à examiner au microscope divers produits naturels ou artificiels déri- vant de la fusion du quartz. La similitude parfaite des caractères microscopiques des préparations que nous avons étudiées amène à conclure que les modifications qui ont été décrites sont ducs essentiellement à la même cause. SIR LA STRUCTURE MICROSCOPIQUE KT LA COMPOSITION MIXER ALOGIQUE DE LA MÉTÉORITE DE TOUBIMES 'BRABANT) PAR A. Renard, S. Jt. -T--c-''>^v^«r v-'^ Les circonstances qui accompagnèrent la chute de la météorite de Tourinnes ont été décrites dans les Bulletins det 'Académie royale de Belgique ( 1 ) et dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences de France (2). Nous devons, en outre, à M. Haidinger quelques observations générales sur sa nature (5) et M. Pisani en a fait l'analyse (-4). Cette note a pour but de faire connaître sa structure et sa composition minéralo- gique, telles qu'on peut les établir par l'analyse micros- copique. Je fais précéder cette description micrographique de quelques détails sur les caractères que présentaient à l'œil nu ou à la loupe les fragments de la météorite de Tourinnes, dont nous avons fait tailler des lames minces. Ces fragments sont recouverts à l'extérieur de la croûte (1) Bull, de l'Ac. roy. de Bcly., i. XVI, p. 021, \mr>. (2) Comptes rendus, i. L VIII, p. 74, 1864. (5) Bull. Ac. de Belg., t. XVII, i8G4. p. 1.". (A) Comptes rendus de l'Ac ,t. LVIII, p. 1G9, 1864. SOCIETE BELGE L»E MICROSCOIME. noire de fusion, commune aux aérolithes du type auquel se rapporte celui de Tourinnes. Dans la cassure, la roche est cà grains assez fins, d'une cohérence moyenne, blanc grisâtre. Examinée à la loupe, on découvre dans la masse fondamentale un nombre considérable de petits globules, brun grisâtre ou gris pâle, qui mesurent en moyenne moins d'un millimètre de diamètre. On voit aussi briller dans la cassure des points jaunâtres à éclat métallique, qui sont de la pyrite magnétique et de la troïlite. Celle-ci est plus jaune que la première. Le fer nickelifère natif, quoique très fréquent dans cette météo- rite, est à peine reconnaissable dans les cassures; on l'observe mieux sur des surfaces polies. La composition minéralogique et la structure que donnent les globules ou chondres, dont nous venons de signaler la présence, range la météorite de Tourinnes parmi celles du type le plus commun : les Chondrites de G. Rose (olégosidres de Daubrée). On pourrait la rapprocher, à cause de la finesse des chondres, des météorites d'Utrecht, de Pegu ou de Gopalpur. L'examen macroscopique fait encore découvrir qu'autour des points métalliques s'étend une zone d'hy- drate de fer. Ces taches de rouille, assez nombreuses, tranchent sur le fond gris bleuâtre de la pierre; elles proviennent du fer nickelifère dont l'altération, comme l'a montré G. Rose, est en général très-rapide (1). Au microscope, on voit que la masse fondamentale est très peu cohérente, quelle est formée par l'agglomération (1) Il faut tenir compte toutet'i i> sur ce poinl observations de M. Damour (Comptes rendus, Mars is"7i. <.c savanl a montré que l'altération du fer nickelifère est retardée en raison de la teneur en nickel. MÉMOIRES. 43 de particules où dominent des grains de péridot non cimentés et à contours irréguliers. Ce peu de cohérence des éléments constitutifs rend le polissage de cette météorite difficile. Au milieu de ces granules, on distingue des éléments de dimensions un peu plus grandes, dont la présence prête à la roche une structure microporphyrique. Ces sections, toutes très-irrégulières, appartiennent aux minéraux suivants : le fer nickelifere, la pyrite magné- tique, la troïlite, l'enstatite et le péridot. D'autres sections plus ou moins circulaires sont des chondres entaillés; nous les décrirons plus loin. Disons un mot maintenant des caractères qui permettent de distinguer les espèces minérales que nous venons d enumérer. Le fer nickelifere se montre sous la forme de parti- cules échancrées, quelque peu celluleuses; elles se modèlent sur les sections qu'elles entourent. Les parties métalliques ont de 1 mm. à 0,5 mm. et se reconnaissent aisément à leur couleur gris d'acier en lumière réfléchie et à la zone jaunâtre d'hydrate de fer qui les entoure et déteint souvent sur les minéraux voisins. On observe encore des grains de fer métallique enclavés dans des chondres. Les petites sections opaques à reflet plus ou moins bronzé, doivent être considérées comme de la pyrite magnétique, d'autres qui possèdent aussi l'éclat métal- lique, mais dont la teinte est plus jaune, peuvent se rap- porter à la troïlite. Je désigne sous le nom d'enstatite (1) les sections ili on pourrait peut-être ranger avec l'espèce bronzite le minéral que je désigne sous le nom (TEnstalite. Lorsque la bronzite est taillée en lame mince, elle perd souvent sa coloration caractéristique et peut être con- fondue avec rEnstatitc. 4(5 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. grisâtres ou incolores qui se distinguent par leur struc- ture bacillaire ou fibreuse. On trouve plus souvent ce minéral formant des chondres qu'à l'état de plage plus ou moins rectangulaire. Il ne devient discernable que dès qu'il atteint des proportions assez grandes pour que sa structure intime se traduise nettement. C'est ainsi que je ne puis le distinguer dans la masse fondamentale où il se confond avec les granules microscopiques de péridot. Les grandes sections d'enstatite sont toutes plus ou moins arrondies ; je n'en ai jamais trouvé, qui eussent les lignes terminatrices cristallographiques bien pronon- cées. Elles sont fibreuses ou bacillaires; les fibres sont subdivisés en petits tronçons plus ou moins irréguliers ; cette subdivision est provoquée par des fissures orien- tées perpendiculairement aux fibres accolées. Les sec- tions d'enstatite s'éteignent entre niçois croisés perpen- diculairement et parallèlement à l'allongement des fibres. Ce minéral renferme souvent des particules métalliques enclavées; et une matière noire brunâtre tapisse les plans de séparation entre les lamelles. Peut- être cette substance est-elle de nature vitreuse. Le péridot, qui paraît beaucoup plus répandu que l'enstatite, s'offre sous la forme de grains microsco- piques et constitue essentiellement ce que je désignerais sous le nom de masse fondamentale. Ce minéral offre les caractères qu'il nous montre dans les rocbes pérido- tiques : surface des sections légèrement chagrinée, teintes vives à la lumière polarisée, etc. Quand les individus ont de plus grandes dimensions, on distingue des fendillements qui doivent répondre au clivage ocPx ; les extinctions sont celles du système rhombique. Toutefois on n'observe pas pour ce minéral les pheno- M KM (MUES. \~i mènes d'altération qu'il montre si souvent dans les roches terrestres où il entre comme partie essentielle. Il ne me semble pas que l'irrégularité des grains micros- copiques de péridot doive nécessairement être attribué à une trituration et qu'elle soit le résultat d'une action mécanique. J'ai vu dans des roches péridotiques cristal- lines, la Dunite, par exemple, ou la roche de St-Paul (Atlantique), que les petites sections péridotiques se présentaient avec des caractères identiques à ceux que nous découvrons dans la météorite de Tourinnes. Pas plus que l'enstatite, le péridot ne se montre avec des contours critallographiques. Il reste à parler maintenant des globules ou chondres; ils sont composés des deux silicates que nous venons de mentionner. Ces chondres montrent une structure assez variée; toutefois, nous pouvons les grouper en deux catégories : les globules constitués de prismes ou de fibres d'enstatite et ceux qui sont fournis par l'agglo- mération de granules de péridot. Les sphérules à ensla- tite peuvent être formées par un individu de cette espèce dont les contours sont arrondis. Les petites lamelles qui les composent sont alors parallèles ; l'individu miné- ralogiquc ne montre d'autre particularité que les con- tours, qui se rapprochent de la forme circulaire. Les deux sections représentées à droite de la fig. 3, peuvent être considérées comme se rangeant avec les globules d'enstatite que nous venons de signaler. Une seconde forme affectée par les chondres à enstatite est figurée par le dessin n" 1. Ils sont composés de petits prismes tronçonnés, orientés d'une manière irrégulière. Le haut de la figure 1 représente cette structure d'un globule de cette matière; la forme de l'ensemble n'est pas 48 SOCIETE BELGE MF. MICROSCOP1E. bien prononcée à cause des nombreuses fissures et dislocations produites par le polissage de la lame mince. Souvent aussi ces sphérules bacillaires ont une struc- ture radiée, excentrique, avec un ou plusieurs centres d'où part la radiation. Les chondres à enstatite peu- vent enfin se montrer sous la forme de sphérules radiés, excentriques, à structure plus fibreuse. Vers le haut de la figure 3 la section plus ou moins circulaire, avec disposition en éventail, reproduit un de ces chon- dres a fines lamelles. Les sphérules péridotiques sont granuleux. Cette structure permet de la distinguer des chondres à ensta- tite. Entre niçois croisés, l'extinction de ces plages cir- culaires est uniforme pour toute la section. Elles sont ordinairement bordées par une zone noirâtre où domi- nent des granules de fer nickelifère. On observe aux particules péridotiques de ces chondres les mêmes caractères physiques qu'aux granules qui constituent la masse fondamentale. La teinte des chondres à péridot est légèrement verdâtre, un peu plus foncée que celle des globules pyroxéniques décrits en premier lieu. Vers le bas de la figure 5 est représenté un de ces sphérules composé de granules d'olivine. Ces formes globulaires à enstatite ou péridotiques enclavent des particules de fer nickelifère et de pyrite magnétique. Je n'ai pas découvert de section que je pourrais interpréter comme se rapportant au feldspath, dont la présence semble indiquée par les résultats de l'analyse publiée par M. Pisani. Peut-être que l'élé- ment feldspathique est recelé en particules microsco- piques dans la masse fondamentale ou dans les sphé- rules. MEMOIRES. 49 On voit par ces détails micrographiques que ces sphérules ont tout à fait la constitution de ceux que G. Rose a montré être si fréquents dans les météorites et caractéristique pour celles auxquelles il a donné le nom de chondrites. On sait que ces sphérules de sili- cates sont exclusivement propres à ces roches extra- terrestres et qu'il n'est pas possible de les confondre avec les formes sphérulitiques des roches qui forment la croûte de notre globe. Ce sont les chondres à struc- ture fibreuse qui montrent surtout les différences qui existent entre ces formes globulaires et celles des roches vitreuses terrestres. Dans les perlites, par exemple, les obsidiennes, les pcchstein, les sphérules sont fibro- radiés ; dans les météorites, les chondres n'offrent pas cette structure, et pour le cas où les sphérules météori- tiques sont radiés, le point d'où part la radiation n'est pas au centre des globules. On remarque une seconde différence : c'est que les chondres ont la même constitu- tion minéralogique que la masse dans laquelle ils sont empâtés. Dans les roches terrestres à sphérules, au contraire, les sphérules se montrent au microscope autrement constitués que la pâte ou matière vitreuse qui les entoure. Pour expliquer la forme problématique des sphérules météoriques, on a admis généralement qu'elle devait être attribuée à une trituration. Elle se serait pro- duite lors de la projection des matières volcaniques incohérentes dont l'agglomération formerait les météorites d'aspect tuffacé, auxquelles se rapporte celle de Tou- rinnes. Un récent travail de MM. Makowsky et Tschermak (1) (1) Bericht ùber den Mctcoritcnfall bel Ticschit* in Mahrcn. Mém. de i'Acad. des se. de Vienne, vol. XXXIX, pp. 11 et \2. 50 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. jette toutefois quelque doute sur l'interprétation que nous venons de rappeler. Ces auteurs ont observé que des ehondres ont souvent à la surface des impressions concaves, à peu près comme celles que l'on voit Mil- les cailloux impressionnés. Ils signalent, en outre, que quelques-uns des sphérules de plus grandes dimen- sions offrent quelquefois, à la périphérie, des espèces d'excroissances arrondies assez allongées. Ces savants ont remarqué, de plus, que ces excroissances ont un rapport intime de structure avec les globules; leur texture microscopique montre que les bourrelets de la surface ne se sont pas simplement accolés à la périphérie des ehondres; ils en font essentiellement partie. Ces deux phénomènes ne sont pas en har- monie avec l'explication de la formation des ehon- dres; celte interprétation doit donc èire modifiée. « Les sphérules, ajoutent-ils, doivent à cause de la nature luffacéc des météorites qui les renferment, être consi- dérés comme résultant d'éruptions volcaniques ou d'ex- plosions, mais leur forme semblerait plutôt indiquer qu'ils étaient alors à l'état plastique et qu'on ne doit pas les envisager comme produits par la trituration de parti- cules solides. » • v f==sz*S-s->- EXPLICATION DE LV PLANCHE. Fig. 1. —Météorite de Tourinnes. — Vers le haut, chondre à enstatite décrits p. 47. A la partie inférieure de la figure, granules de péridot. Fie. 2. — Sable fondu. — Cette figure est à rapprocher des figures 4 et 5. Des contours de quelques grains de quartz non fondus sont visibles à la lumière ordinaire, comme le montre le dessin. Fig. 3. — Météorite de Tourinnes. — La masse fondamen- tale granuleuse est essentiellement composée de péridot. Les plages grisâtres bordées de noir, ou noires, sont du fer nickelifère; les taches jaunes proviennent de l'hydratation de ce métal. Le sphérule granulaire (vers le bas de la figure), est un chondre péridotique. Celui avec structure en éventail, composé de fines lamelles (vers le haut), est un sphérule à enstatite. Les deux plages bacillaires, plus ou moins arron- dies, qui se montrent à droite du dessin, doivent être rap- portées à l'enstatite. Les parties blanches de la figure sont des solutions de continuité dans la lame mince ; elles furent produites lors du polissage. Fig. 4. — Scorie quartzeuse. — Ce dessin montre l'ana- logie qui existe entre la microstructure de ce produit de fusion du quartz et celle de la zone émaillée des fulguritcs. Fig. 5. — Fulgurile de Starczynow. — La préparation représentée fut taillée dans la zone vitrifiée interne du tube. On remarque dans la masse vitrifiée, qui constitue presque toute la plage, l'abondance des pores et des indices de struc- ture iluidale marqués par letirement des parties colorées par un pigment brunâtre. SUR LES PRODUITS DK DÉCOMPOSITION DES BRONZES ANTIQUES PAR 1W. Prinz. — Séance du 25 septembre 1879. 11 y a quel([ue temps, j'ai eu l'occasion d'examiner la belle collection d'antiquités provenant de l'ancien royaume de Quito, rapportées de la république de l'Equateur par M. Emile de Ville, consul belge à Quito. Cette collection se compose de poteries, d'ornements et d'armes en pierre et en bronze (1). En parcourant cette collection, j'ai été frappé de la diversité des produits de décomposition auxquels le bronze avait donné naissance, ainsi que de leur épaisseur sur certains objets. Grâce à l'emploi du microscope et des lames minces, j'ai pu remarquer dans quelques-uns de ces produits, des détails de structure non encore signalés. Leur description fait l'objet de la notice que j'ai l'honneur de remettre à la Société. Quoique depuis Sage, qui découvrit en 1779 des (I) Tous ces objets se trouvent actuellement dans une dépendance du Musée d'armures el d'antiquités; ils ont été donnés à l'Etat Belge par M. E. de Ville SOCIETE BELGE DE M1CROSCOPIE. cristaux de cuprite sur des bronzes antiques, bien des savants se soient occupé de cette question, j'ai pensé pouvoir rappeler utilement leurs observations sur la formation des produits de décomposition du bronze ; en effet, ces théories ont été à leur tour appliquées à la formation des mêmes minéraux dans la nature. Par l'étude des objets examinés, j'ai reconnu la présence de quatre substances minérales principales, provenant du bronze lui-même, ou dérivant les unes des autres par pseudomorphose. Ce sont, en allant de l'in- térieur à l'extérieur : la cuprite, la malachite et l'azurite. Quant au quatrième minéral, l'atacamite, je ne l'ai trouvé que sur les bracelets recueillis dans un tombeau à Inga Pirca (province de Cuenca) (1). Je décrirai d'abord en détail ces différentes substances et je rappellerai les théories émises sur le mode de formation de chacune d'elles. Cuprite. — Ce minéral se trouve à la surface du métal ou dans son intérieur, il semble le ronuer comme le ferait la rouille. Lorsqu'il est abondant, il a l'aspect d'une masse spongieuse, cassante, de couleur rouge carmin à éclat métallique et offrant une infinité de points brillants. La poudre examinée au microscope est transpa- rente, de couleur cochenille et sans action sur la lumière polarisée. Quelquefois le minéral examiné par transpa- rence offre une teinte brun-jaunâtre et polarise la lumière, indice probable de la présence de l'oxyde de cuivre (ténorite), donf j'ai rencontré quelques lamelles sur la malachite (fig. 6-fl). Les réactions par voie sèche cl humide indiquent un oxyde de cuivre. Vu au microscope, le minéral a une (I) Les haches proviennenl de rouilles faites a Azogues (Cuenca). MÉMOIRES. 5o structure cristalline, et paraît composé le plus souvent d'une quantité de cristaux microscopiques, opaques ou translucides sur les bords, de forme octaédrique ; leurs dimensions varient entre 0,1 et 0,0G m. m. en moyenne. J'ai aussi remarqué les formes composées suivantes : combinaison de l'octaèdre du cube et du rhombododé- eaèdre, avec l'octaèdre comme forme dominante (fig. 1); combinaison de l'octaèdre et du rbombododécaèdre avec ce dernier comme forme dominante (fig. 2); enfin, groupes présentant la combinaison de l'octaèdre et du cube avec développement égal des faces, ce qui, à première vue, fait croire à la présence de cristaux hexa- gonaux (fig. 5). Rome de l'isle (1) avait remarqué que tous les cristaux de cuprite découverts dans une statue en bronze trouvée à Lyon, affectaient la forme cubique ; mes recherches ne m'ont fait découvrir ni cette forme ni les tétraèdres signalés par Born. R. de l'isle considérait cette dernière forme comme des cubes fort engagés et ne laissant appa- raître qu'un de leurs angles, ce qui est très-probable, le tétraèdre n'ayant pas encore été rencontré dans la cuprite naturelle. Voyons maintenant quel a pu être le mode de forma- tion de ce minéral. Malheureusement je n'ai que fort peu de renseignements sur la nature du sol et l'état des tombeaux où les objets se sont trouvés. Ordinairement, les armes sont déposées à côté du cadavre sur le sol de la chambre funéraire creusée dans un terrain qui est souvent de nature volcanique. Le peu que j'ai pu recueil- lir de sable sur les haches, est de couleur jaunâtre, et composé en grande partie de fragments quartzeux ou (l) Cristallographie III, p. 332. — 1783. 56 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. feldspathiques. Je n'ai pas trouvé de sels solubles dans l'eau. On avait généralement admis que les agents destruc- teurs du bronze étaient l'oxygène et les eaux chargées d'acide carbonique qui auraient donné directement nais- sance aux oxydes de cuivre (cupritc et melaconite) et aux carbonates (malachite et azurite). Ce qui avait surtout fait prévaloir cette hypothèse, c'est la remarquable asso- ciation de la cuprite avec la malachite dans la nature et la transformation fréquente de la première de ces subs- tances en la seconde. On voyait de là dans le protoxyde (cuprite) la première phase de l'oxydation et dans les carbonates (malachite, azurite) on en croyait voir la der- nière. Davy (1) et plus récemment G. Rose (2) soutinrent aussi la théorie de l'oxydation. Ce dernier se fondait surtout sur les associations remarquables de cuivre natif, cuprite et carbonates de cuivre, superposés dans l'ordre que je viens d'indiquer et qu'il avait observées dans les mines de l'Oural. Plusieurs savants ont combattu la théorie de l'oxyda- tion en prouvant que souvent l'on rencontre de la mala- chite sur les bronzes antiques, sanscouche intermédiaire de cuprite (5). D'autre fois, comme le décrit Fellcnbcrg, de deux objets trouvés dans un même tombeau, l'un est complètement transformé en cuprite et l'autre en est presque privé, alors que tous deux offrent la même quantité de carbonate. Donc, il n'y a pas de relation entre les conditions de genèse de ces deux minéraux. (1) Froricps Notizen, XIII, p 183. — )826. (2) \>- la réduction par les métaux, lu seule applicable aux bronzes. 59 Cette expérience, on le voit, est décisive, et, comme le t'ait très bien remarquer M. Wibel : r là formation de cristaux de cuivre parait être le critérium de la vertu cette explication. » Plus loin, pour lever tou> les Joutes, il énumère toute la série de transformations que le bronze a dû subir pour produire la cuprite. v us Yi lion des taux plus ou moins chargées d'acide nique et de sels, la surface du bronze se transforme en une couche de car- bonate peu soluble. Les eaux traversent cette i poreuse, attaquent le met forment a lui une solu- f sysel de cuivre, dont une partie pénètre au del - ar diffusion. La solution intérieur! - saturant ai-us de plus en plus, bob; se. trouve j s les éditions de l'expérience de Bucholi. Si les eaux sont temenf chargées, les soin; - seront h - neenti es et il se d< - ra du cuivre métallique: si le contraire a lieu comme dans la plupart des as), la - lution ne produira qu'un dépôt de cupril 1 nation du dé] rodante dans les - isées par les eaux dans le métal, les solutions y étant plus et y trouvant le repos 1 — . la cristallisation. Q 'a marche j - ssive de la position, elle s'explique par l'écha gi mtinueJ dune partie de la solution èpuis ntre le liquide saturé venant de l'extérieur. Si l'absence d acide carbonique ou d'au: s ditions, empèchenl la formation de l'enveloppe diffi- cilemenl soluble. le pi ssus a lieu a la surface même du métal. Mais lorsque les solutions se renouvellent rapidement, p. v.mple - irante, s de saturation et de tranquillité man- quent, et le phénomène ne s il pas On comprend 60 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. maintenant comment les objets d'un même tombeau contiennent des quantités si différentes de cuprite avec une même teneur en malachite. » J'ai trouvé dans les produits de décomposition des bronzes équaloriens, une preuve certaine de la théorie de la réduction. A l'aide des lames minces que j'ai réussi à tailler, malgré les difficultés sans nombre résultant de la petitesse des échantillons et de leur fragilité, il m'a été passible de suivre la marche des différentes actions chimiques agissant sur le métal. Une des haches en bronze portant des traces évi- dentes d'un long séjour dans un endroit très humide, reposait à plat sur le sol. L'œil de la hache formait ainsi un véritable récipient à parois métalliques (I), et la terre qui lui servait de fond empêchait les eaux de s'é- couler trop rapidement. Cette situation avait dû fa- voriser la décomposition. En effet, la cavité était presque complètement obstruée par une croûte de mala- chite terreuse d'une épaisseur de 5""" et plus, sous laquelle se trouvait une couche de cuprite cristallisée de 7> à i""\ Les eaux charriant des fragments sableux (grains de quartz et de feldspath, etc.) déterminèrent dans cette cavité la formation d'une couche de carbonate, où les substances étrangères furent englobées. Il se forma au-dessous de la malachite un dépôt abondant de pro- toxyde de cuivre. Les eaux qui ont agi sur les bronzes de la collec- tion de Ville ne devaient pas cire fort chargées, car, malgré toutes mes recherches, je n'ai pu constater la (I) L'œil de ces haches ne se trouve pas dans une direction parallèle au tranchant, mais perpendiculairement à celui-ci. Elles ressemblaient donc à la houe qu'emploient les cultivateurs HÉMOIRES. 61 présence de cuivre natif. Les grains irréguliers de cou- leur roussâtre qui se trouvent quelquefois au milieu de la cuprite me semblent plutôt appartenir au bronze lui-même. Malachite. — Ce minéral est représenté par deux variétés. La première, que je nommerai malachite ter- reuse à cause de son aspect et de sa friabilité, est assez abondante, sa couleur est d'un vert émeraude clair. Taillée en lame mince, elle paraît plus jaune que la seconde variété, mais elle est plus transparente que cette dernière. On aperçoit alors les grains de sable et autres substances étrangères emprisonnées lors de sa forma- tion (fig. 12). Au chalumeau, elle donne les réactions de la malachite naturelle et dégage de l'eau dans le tube. Elle se dissout facilement dans les acides avec une forte effervescence et en abandonnant un résidu de sable et de grains translucides d'un vert sale. Ces grains ne sont autre chose que l'oxyde d'étain que l'on peut facilement réduire en un globule métallique à l'aide du chalumeau, en opérant sur le charbon avec la soude. Je ne reviendrai pas sur mes explications touchant l'origine de ce carbonate formé en premier lieu ; j'ajou- terai seulement que c'est la malachite terreuse que l'on rencontre le plus fréquemment sur les objets en bronze enfouis dans le sol et immédiatement en contact avec lui. J'ai donné à la seconde variété le nom de malachite tibro-cristalline. Elle diffère totalement de la malachite terreuse par son aspect et surtout par son origine. On la trouve dans les cavités de la cuprite, qu'elle recouvre d'un enduit réniforme. Le plus souvent, elle a la forme de petits mamelons hémisphériques d'un 6-2 SOCIÉTÉ BELGE l»E MICROSCOP1E. beau vert émeraude clair ou très foncé, répandus spora- diquement à la surface des objets en bronze. Ils ont souvent une forme allongée ou vermiculaire , leurs dimensions varient entre 0,5 et 3 ,l,m en moyenne. La fig. 7 représente un de ces nodules vu sous un faible grossissement. Leur surface est lisse et comme polie, on y remarque souvent des zones foncées ; leur dureté est beaucoup plus grande que celle de la variété terreuse et leur adhésion au bronze beaucoup plus intime. Au chalumeau les réactions sont les mêmes que celles de la variété terreuse; mais la dissolution dans les acides ne donne aucun résidu de sable et d'oxyde d'étain. Je don- nerai plus loin la raison de cette différence. Les nodules représentés tig. 8 et 9 sont également hémisphériques, mais leur surface plane est tournée vers l'extérieur. Ils sont ordinairement composés de deux ou plusieurs petits nodules soudés ensemble, offrant une sur- face extrêmement polie. En se développant, ils rencon- trèrent sans doute un corps à surface polie (grain de quartz ou de feldspath! qui, tout en limitant leur épais- seur, leur permit de croître en largeur: plus tard, l'obstacle venant à disparaître, leur surface plane devint visible. Ces exemplaires nous montrent très nettement des zones concentriques analogues à celles que l'on remarque sur les échantillons polis de malachite natu- relle; et comme celle-ci, leur structure est tibro-rayon- née ; on le constate par le moyen de la cassure dans le sens des fibres. Ces différents détails de structures se montrent beaucoup plus nettement lorsqu'on réduit en lame mince un nodule de forme extérieure quelconque (fig. 10 et 11); cependant la finesse des fibres est telle qu'on ne les aperçoit qu'avec de forts grossissements MÉMOIRES. 63 ^1200 diam.) et en employanl une lumière convenable- ment diaphragmée. Entre niçois croisés, si lapréparation est suffisamment transparente, chaque nodule montre une cro ix noire el le reste de la substance accuse une forte biré- fringence. Malgré mes recherches, je n'ai pu trouver des cristaux de malachite, quelquefois cependant les mame- lons sont couverts de fines aiguilles cristallines transpa- rentes, de couleur vert émeraude. Voyons maintenant quel a pu être le mode de forma- tion de la malachite cristalline et, pour nous guider, examinons d'abord comment les différents auteurs expli- quent sa formation dans la nature. G. Rose (I) a démontré (pie le cuivre natif donne naissance en premier lieu à la cuprite, puis que celle-ci se transforme en ma- lachite ; il pense même que le cuivre ne peut donner naissance à la malachite qu'en se transformant d'abord en cuprite. Blum émet la même manière de voir. Bis- chof (2) dit que la malachite parait s'être surtout formée par L'action du bicarbonate de chaux sur le sulfate de cuivre provenant de l'oxydation des sulfures. Contrairement à l'opinion de G. Rose et deHaussmann, d'autres auteurs pensent que le carbonate peut provenir directement du métal. M. Reuss (5) ayant examiné des bronzes trouvés à Sobénie, les trouva recouverts d'une ou deux couches de malachite. La couche inférieure était si intimement liée au métal, qu'il fut difficile de l'en arracher. Là où il y avait deux couches de carbonate, c'est la couche supérieure qui était la plus épaisse; elles se séparaient facilement l'une de l'autre. M. Reuss croit (1) Loc. cit. (2) Chemisette und Physikalischc Géologie, lit, 785. (3) Loc. cit. 6'* SOCIETE BELGE DE MICROSCOP1E. qu'elles sont dues à ses formations successives issues directement du métal. Il a quelquefois trouvé une fine couche d'oxyde de cuivre (Cu 0) séparant la mala- chite du métal; la cuprite manquait le plus souvent. Il observa aussi la malachite cristalline sous forme d'ex- croissances noduleuses de 2 à 5 lignes de hauteur, elles traversaient la couche supérieure pour s'épanouir à la surface de celle-ci. Cette malachite différait de la variété terreuse par son éclat gras, sa couleur émeraude foncé et sa texture homogène. La structure fibreuse, si commune dans la malachite naturelle, manquait. D'après M. Rcuss, les particules de malachite terreuse, entraî- nées par les eaux, auraient donné naissance à la mala- chite cristalline et à l'azurite. Becquerel, Senarmont, II. Rose et d'autres ont repro- duit artificiellement la malachite, soit par des actions électriques lentes, soit par décomposition chimique. H. Rose (1) l'a obtenue en mélangeant des solutions de sulfate de cuivre et de carbonate de soude dans l'eau froide. 1! se forma un précipité volumineux de couleur bleue, après trente heures il était devenu plus dense et de couleur verte. Sa composition ne différait pas de celle de la malachite naturelle. Celte expérience, ne saurait être appliquée aux deux variétés de malachite. On a vu, en effet, que la mala- chite terreuse est produite directement par le métal sous l'influence de l'acide carbonique. Mais la malachite cris- talline est si différente d'aspect et de structure, que cette interprétation n'a aucune valeur pour elle. On doit donc admettre, pour cette variété, l'explica- tion de M. G. Rose et considérer la malachite cristalline (I) PoQijcndorf's Annakn, LXXXIV, p. ICC et suiv. MÉMOIRES. 65 comme produite par la pseudomorphose de la cuprite. J'ai toujours rencontré dans le cours de mes recherches des preuves de cette transformation. En voici quelques- unes. Souvent quand on brise la malachite cristal- line on retrouve à l'intérieur un ou plusieurs noyaux globulaires de cuprite (fig. 5) bien reconnaissantes à l'éclat métallique à reflet carminé. Quelquefois la malachite retrace vaguement les contours du cristal primitif de cuprite (fig. 4). Ce cas est cependant plus rare que le précédent. Mais la preuve la plus certaine de la pseudo- morphose nous est fournie par l'examen des lames min- ces de cuprite. Une de ces préparations représentée fig. G montre très bien la marche de la transformation. Cette lame a été taillée dans un fragment géodique de cuprite recouvert de malachite. On remarque que la cuprite est attaquée de l'extérieur à l'intérieur et que là décomposi- tion s'effectue sous forme de fibres vertes plus foncées à leur extrémité, rongeant la cuprite et convergeant vers un même centre. Le résultat de cette décomposition est une structure mamelonnée à zones concentriques. Un de ces mamelons fortement grossi (fig. 18) nous montre les zones plus ou moins foncées, au centre, on voit un noyau de cuprite non décomposée, que de rares fila- ments relient seuls au reste du protoxyde. Si l'on se reporte maintenant aux fig. 8 et 9, on voit de suite une analogie profonde entre la structure de ces nodules à surface plane et celle que je viens de décrire. Dans l'échantillon représenté fig. 9, chaque noyau de cuprite, resté intact, est entouré d'une zone concentrique de malachite vert foncé ; toutes ces zones sont entourées d'une bande d'un vert plus pale. Le nodule double de la fig. 8 ne contient plus de noyaux métalliques; mais le 5 613 SOCIÉTÉ BELGE DE MICBOSCOP1E. centre foncé est conservé et on retrouve encore des traces decuprite à la base. On observe encore un reste de struc- ture zonaire avec noyaux de cuprite dans le nodule hémisphérique de la fig. 7. Enfin, les fig. 10 et 11 montrent les dernières phases de la décomposition. Ici la cuprite a disparu et l'identité s'est établie entre le carbonate vert et la malachite de la nature, dont celui-ci a revêtu tous les caractères. Cette pseudomorphose de cuprite en malachite n'est pas un fait isolé, j'en ai souvent rencontré les traces sur la malachite cristalline prise sur des objets différents ; seulement le phénomène présentait un aspect varié sui- vant les conditions qui présidèrent à la transformation. Bien des fois j'ai constaté l'absence de la couche exté- rieure de malachite terreuse recouvrant la cuprite et l'adhérence directe au métal de beaucoup de nodules cristallins; d'autres, au contraire, en étaient séparés par une couche de protoxyde plus ou moins épaisse. Le nodule fig. 10 se trouve dans le premier cas et celui de la fig. 11 dans le second; ils ont été détachés, à peu de distance, de la même hache, on ne saurait, par consé- quent, leur assigner un mode différent de formation. Si, dans les bronzes examinés par M. Reuss, on con- sidère la couche supérieure de malachite terreuse comme ayant la même origine que celle indiquée plus haut, on pourrait peut-être expliquer l'absence, presque complète, de cuprite par sa transformation totale en malachite (1), sauf une faible partie qui se serait pseudomorphisée en (1) Les bronzes de Sobénic ayant sans doute clé soumis à des agents de décomposition fort intenses, doivent cire beaucoup plus altérés que ceux de la collection de Ville, car ils sont beaucoup plus anciens que ceux-ci (celtiques). MEMOIRES. 07 oxyde de cuivre (mélaconite) comme cela se voit dans la nature. Un autre fait à l'appui de cette manière de voir, est l'absence d'oxyde d'étain. En effet, la cu- prite, provenant d'une solution exempte d'oxyde d'étain, ne saurait en contenir, et l'absence de cet oxyde dans la malachite cristalline est une conséquence de l'origine de celle-ci (1). La constance de ce fait, remarqué aussi par M. Reuss, m'a été démontrée par de nombreux essais. La plus grande quantité d'oxyde d'étain trouvée par moi ressortait en taches blanchâtres sur une hache qui, for- tement attaquée, offrait un dépôt abondant de cuprite. J'ai examiné plusieurs objets antiques du Musée des armures, ils m'ont presque partout montré la cuprite au-dessous de la malachite terreuse. Par contre, la mala- chite en nodules critallins manquait. M. Renard, pour- tant, en a vu, m'a-t-il dit, au Musée de Kensington sur les bronzes rapportés de l'ancienne Troie, par le docteur Schliemann. Comme les objets sont, le plus souvent, enfouis dans le sol, c'est surtout le carbonate terreux qui se forme; il englobe les corps étrangers avoisinants, et constitue avec eux une masse à l'aspect terne et inégal. Le séjour du métal dans l'eau courante rend impossible la forma- tion de solutions cuivriques et, par conséquent, de la cuprite ; le métal s'y recouvre d'une couche de carbo- (1) M. Daubréc a remarqué un fait analogue sur les objets recueillis à Bourbonne-les-Bains. Des médailles étaient recouvertes d'une couche blanchâtre, terreuse, consistant en oxyde d'étain faiblement coloré en vert par des traces de sels cuivreux. « 11 s'est donc produit dans ces pièces un véritable départ en raison de la différence des affinités chi- miques des métaux qui les composaient. Le cuivre est entré dans les combinaisons sulfurées tandis que l'étain s'y est refusé et a passé à l'élat d'oxyde (Géoloyie expérimentale, 1, p. 83, 1879). 68 SOCIÉTÉ BELGE DE MICIiOSCOPlE. natc excessivement luisante. Cette couche, d'un beau vert foncé, constitue la véritable patine antique (serugo nobilis des anciens), si estimée des amateurs, et que Ton reproduit maintenant artificiellement (I). Enfin, si le métal se trouve à la surface d'un terrain humide et sous faction d'un liquide se renouvelant très lente- ment, ces conditions favoriseront la production de la cuprite et sa transformation en malachite cristalline. C'était l'état antérieur des objets de la collection de Ville. Ils ont été recueillis dans des tombeaux creusés dans le sol, où l'air ne se renouvelait que difficilement; mais où l'eau pénétrait par infiltration lors des grandes pluies. L'eau, ainsi que l'air humide, ont pu exercer leur action, sans qu'un obstacle matériel empêchât le déve- loppement des produits de décomposition auxquels les agents atmosphériques donnaient naissance. Azurite. — J'ai toujours trouvé l'azurite a la surface de la malachite terreuse (2). La plus grande quantité que j'ai rencontrée s'était développée dans l'œil de la hache dont j'ai parlé plus haut. Elle a la forme de mamelons de 1 à 2 mm. de diamètre, d'un beau bleu d'azur, dont (1) La nature du sol a nécessairement une grande influence sur la nature et la couleur des dépôts. Becquerel (toc. rit.) cite quelques exem- ples. Dans les terrains volcaniques, la patine est vert émeraude et est formée par un sous-chlorure de cuivre qui domine. Dans le royaume de Naples, loin du Vésuve, elle est bleue, c'est le carbonate, dans les marais Pontin, jaune, du côté d'Agrigcnte, blanchâtre, etc. (2) En polissant une t'acc d'un fragment où se trouvaient réunis la cuprite, la malachite et l'azurite, je fus étonné de voir une seconde plage d'azurile, presque contre la cupritc(fig. 1G-W. Ce ne fut qu'en usant l'autre face que je vis que l'azurite parlait d'un point de la surface non loin du premier nodule (fig. \îi-a) suivait une tissure qui venait aboutir contre la cuprite. L'examen de la section achevée et passant par les deux traits noirs fig 16) aurait pu faire croire à une pseudomorphose directe de la cuprite en azurite. MÉMOIRES. 69 la structure est ordinairement terreuse, rarement cris- talline. Quelquefois l'intérieur du nodule est creux et se montre hérissé de petites aiguilles. Lorsqu'on trouve l'azurite à la surface de la malachite cristalline, elle n'y forme qu'un enduit. Ses caractères chimiques et ceux de la malachite ter- reuse sont les mêmes. Son traitement par les acides laisse le même résidu composé de grains sahleux et d'oxyde d'étain. Réduite en lame mince, l'azurite nous offre la même structure que la malachite terreuse, on y retrouve les mêmes impuretés consistant surtout en grains de quartz (tig. 12). Si le dedans du fragment est creux, il est en forme de véritable géode microscopique dont l'in- térieur est tapissé de petits cristaux transparents bleu pâle, groupés en éventail ou montrant la structure fibro- radiée si commune à l'azurite naturelle (1). Lors de l'ap- plication du verre couvreur sur une de mes préparations, un cristal assez grand (0,015""") se détacha, et nageant au centre de la petite cavité, me permit de le dessiner et de mesurer ses angles (tig. 15 et 14). 11 appartient à une forme simple que l'on rencontre quelquefois à Rhein- breitbach ou dans le Ranat. Les faces observées sont /; fi' et m. La mesure de l'angle plan m h' donne 140° (d'après Descloizeaux 139,46). Étant donnée la petitesse des cristaux, on peut considérer la concordance comme parfaite. Tous ces caractères nous prouvent donc bien l'identité de ce carbonate avec l'azurite de la nature. On a cherché pendant longtemps à reproduire artifi- ciellement l'azurite afin d'établir son mode de formation (1) L'azurite cristallisée avait déjà été observée par Chevfeul sur des statuettes égyptiennes en bronze, trouvées au Serapeum, mais il n'a pas décrit leur forme (Comptes rendus, 1856, 2« sem., pp. 733 et 98»). 70 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. et on avait cru voir d'abord le minéral cherché dans le précipité bleu qui précède la formation de la malachite artificielle (voir p. 64); mais comme on l'a vu plus haut, la couleur de ce produit n'est pas stable. Debray (1) avait essayé de changer la malachite en azurite, en la sou- mettant à l'action de l'acide carbonique sous pression, le résultat fut négatif. 11 obtint enfin le minéral en ver- sant de l'eau sur de la craie et de l'azotate de cuivre placés dans un tube soudé à la lampe. Il se forma d'abord un enduit vert qui était un azotate basique, de celui-ci sortirent des excroissances cristallines d'azurite. Dans le tube, l'acide carbonique développé avait une pression de 5 à -i alm. Cette expérience n'était cependant pas très concluante et la formation du minéral dans la nature restait encore un mystère. Le professeur Wibel (2), en faisant des recherches sur l'azurite pour trouver la raison des différences entre les résultats de l'analyse et les for- mules calculées, fut amené à faire l'expérience suivante : avant versé une solution de sulfate de cuivre dans un tube de verre contenant des fragments de marbre, il ferma le tube au chalumeau et le maintint longtemps à une température de 150° à 190° ; au bout de 2-4 heures environ de chauffage, le marbre était recouvert d'un enduit d'un beau vert et le liquide s'était décoloré. Croyant que le minéral obtenu était la malachite qu'il avait déjà souvent préparée, il abandonna le tube sans l'ouvrir. Mais huit jours après il constata la présence de petiis cristaux de gypse qui continuèrent à croître. En même temps l'eau disparaissait et il se forma de petits globules bleus cristallin s qui s'agran (Tirent jusqu'à former (I) Jahresber. f. Chou., 1859, p. 21 i et suiv. (-2) N. J. f. Min., 1S73, p. 245. MÉMOIRES. Il en certains points une couche compacte. Après neuf mois, le tube fut ouvert : il n'y avait pas de pression à l'intérieur. On soumit le minéral bleu à des essais et on reconnut que c'était un carbonate de cuivre. On peut résumer cette expérience de la façon sui- vante : l'azurite prend naissance de la malachite lorsqu'on enlève à cette dernière i molécule d'eau et qu'on y ajoute 1 molécule d'acide carbonique, ce qui arrive quand elle se trouve en présence d'acide carbonique sous pres- sion et d'une substance avide d'eau. 3 malachite = 6 Cu + 3 CCM + 3 Aq. (Cu C03+ H* Cu 0*) + 1 C02 — 1 Aq. 2 azurite = 6 Cu + 4 CO + 2 Aq. (2 CuCQs-f-HsCuOs) Dans ce cus-ci, la substance avide d'eau est le sulfate de chaux qui, se trouvant d'abord à l'état d'anhydrite, absorbe toute l'eau du tube pour se transformer en gypse et finalement en emprunte à la malachite sur la- quelle agit aussi l'acide carbonique libre. Cette expérience nous montre donc la possibilité de la transformation de la malachite en azurite, alors que la pseudomorphose inverse seule était généralement connue. L'examen fait par M. Wibel d'échantillons de Kolywan, Chessy, Saalfeld, etc., ne lui laisse aucun doute à cet égard et leur étude lui a prouvé que l'azu- rite était bien de seconde formation. Si on n'a pas trouvé de cristaux de malachite transformés en azurite, cela tient, suivant cet auteur, à l'excessive rareté des cristaux de carbonate vert. D'après M. Wibel, si le minéral bleu trouvé quelque- fois sur les bronzes antiques est bien de môme com- 1-2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICR0SC0P1E. position que l'azurite, sa formation ne peut guère être expliquée par le procédé qu'il décrit et qui ne s'ap- plique convenablement, selon lui, qu'au minéral de la nature. L'examen au microscope m'a montré que l'azurite des bronzes équatoriens doit cependant être considérée comme une pseudomorphose de la malachite. En effet, la masse verte se fond insensiblement en une substance bleue plus ou moins foncée, de même structure qu'elle et contenant encore les débris sableux de toute nature propres à la malachite terreuse. La transformation est quelquefois arrêtée par une zone de cupritc non décom- posée (1); elle se continue alors sur les deux côtés de l'obstacle, ou même le pénètre s'il présente des solu- tions de continuité. L'azurite présente encore souvent des plages vertes non transformées (fig. 12 et 15). Les essais m'ont dénoté la présence des grains d'oxyde d'étain réductibles au chalumeau. M. Reuss a également observé l'azurite finement grenue, associée à la malachite, sur les bronzes de Sobénic ; mais les rapports des deux carbonates étant excessivement variés, il ne put se prononcer sur son origine. Se fondant sur les travaux antérieurs, il pense que l'azurite s'est déposée en premier lieu et s'est insen- siblement pseudomorphisée en malachite. Je crois avoir établi que pour les bronzes équatoriens ce cas ne saurait être admis, pas plus que la pseudomorphose directe, (I) Il ne faut pas confondre la cupritc avec le minéral rouge-brun à la lumière transmise qui forme la sépara lion entre la malachite et l'azurite naturelle dans les pseudomorphoses inverses de celle décrite icifGEiMTZ, N. J. /. Min., 1X76, p. t8!). La cupritc est ordinairement opaque et sa surface rugueuse a des reflets métalliques carminés à la lumière réflé- chie. MEMOIRES. 73 observée parfois dans la nature, de la cuprite en azurite, puis de l'azurite en malachite. Sillem cite même un spé- cimen composé de deux cristaux de cuprite accolés, dont certaines faces sont transformées les unes en azu- rite et les autres en malachite (1). Si l'azurite se rencontre surtout sur la malachite ter- reuse, la cause en est sans doute dans sa porosité, qui la rend plus attaquable aux agents chimiques que h» variété cristalline. Après avoir pris connaissance du travail de M. Wibel, j'ai été amené à rechercher la présence du sulfate de chaux dans le carbonate terreux. En conséquence, j'ai dissous la malachite dans un acide, et la solution, traitée par l'eau de baryte, a effectivement donné un précipité faible, mais appréciable, de sulfate de chaux. Cet essai m'a donné une indication sur la nature probable d'un minéral, formé de fibres cristallines, qui s'est développé dans les cavités de la malachite cristalline. Ce minéral, représenté fig. G et 18, est d'un blanc verdâtre sale, sa forme est celle d'un éventail fermé. Il se présente ausi sous l'aspect de petites houppes soyeuses, formées d'aiguilles très délicates. Ce minéral était en trop petite quantité pour me permettre un essai; de plus, jamais je n'ai aperçu de forme cristallisée. Quel- ques-uns de ces bâtonnets soumis à l'acide chlorhydriquc étendu se dissolvent insensiblement et sans effervescence; ce caractère ne permet pas de les rapporter à la barytine, qui est insoluble. M. Renard a bien voulu les examiner au point de vue optique, il ne leur a pas trouvé les caractères du gypse, quoiqu'ils polarisent fortement la lumière. Une de ces petites houppes, détachée d'un (!) y J.f. Min., 1851, p. 386. 74 SOCIKIÉ liELGE DE MICROSCUI'IE. cristal de cuprite intact où elle s'était développée, a laissé échapper, lors du traitement par l'acide, quelques bulles indiquant la présence d'un carbonate. Le minéral serait donc un mélange de gypse et de plusieurs carbonates, connu sous le nom de malachite calcifère (gypsmalachit), et affectant la forme de concré- tions ou enduits fibro-rayonnés. Des petits fragments détachés d'un échantillon de Rheinbreitbach, sont de couleur vert très pâle, traités par l'acide, ils se dissol- vent lentement, en dégageant quelques bulles, comme les petits cristaux décrits plus haut, et dont je ne donne la détermination que sous toutes réserves. Je n'ai pu reconnaître, comme M. Wibel, l'action de cette faible quantité de sulfate de chaux sur la mala- chite. Son expérience a été faite dans des conditions différentes il est vrai ; mais il ne faut pas perdre de vue qu'elle n'a duré que des mois, alors que les bronzes séjournent dans la terre pendant des siècles. Le temps peut bien avoir opéré, à température et pression ordinaires, des réactions produites par le chimiste en peu de mois, avec le concours de la chaleur et de la pression. Alucamitc. — Je ne dirai que peu de mots de ce mi- néral, car il ne présente rien de saillant comme aspect et comme formation. Je ne l'ai trouvé que sur les bra- celets sur lesquels il forme une croûte terreuse de 1 à 2 mm. d'épaisseur, de couleur vert émeraude, plus ou moins foncé. Au chalumeau, dans la pince de platine, ii colore fortement la flamme en bleu, cl se dissout dans l'acide azotique sans effervescence. La solution donne avec l'azotate d'argent un précépité de chlorure. I! adhère faiblement au métal et il est très friable. Je MÉMOIRES. 78 n'ai pas rencontré de cristaux (1), et la cuprite manque le plus souvent. L'atacamite contient quelquefois du carbonate, qui est d'origine secondaire et provient du chlorure, par le remplacement de l'acide carbonique par l'acide chlorbydrique. Atacamite 2 CuO + C1H H- HO = HWCIO 3 Malachite 2 CuO + CO 2 + HO = CirCO'HO. Ces bracelets sont restés attachés aux momies, ainsi que le prouvent les cheveux et les fragments d'étoffe que j'ai retrouvés sous la couche de chlorure, et dont la présence s'explique par la position que l'on donnait aux cadavres. Ils sont ordinairement accroupis, les genoux ramenés sous le menton et les mains reposant sur les épaules. La momie est enveloppée d'une toile grossière, qu'une corde maintient autour du cou, amenant ainsi la chevelure et l'étoffe au contact des bracelets. Les eaux atmosphériques s'infiltrant dans un sol volcani- que, imprégné du sel marin, le dissolvent, et les eaux ainsi chargées forment un chlorure de cuivre qui empri- sonne tout ce qui se trouve contre le métal. Le liquide n'étant pas en repos, la cristallisation ne put s'effectuer. On voit, par cette étude, qu'il n'est pas possible d'as- signer un âge même approximatif à un objet par l'examen de la patine dont il est recouvert., son épaisseur dépen- dant surtout de l'action plus ou moins intense de diffé- rents agents chimiques. Beaucoup d'armes égyptiennes, (1) Observés par Chevreul, loc. cit. 70 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. grecques, romaines, etc., sont à peine corrodées par l'altération, alors que d'autres de la même époque, et môme plus récentes, sont presque complètement trans- formées en un amas spongieux de cuprite et de mala- chite. J'ai fait remarquer aussi que l'épaisseur des enduits, recouvrant les objets d'un même tombeau, varie de 1 à 10 mm., et plus, dans le cas le plus favorable. Il me paraît cependant certain que les bronzes équatoriens ont dû rester enfouis pendant un espace considérable, pour laisser aux différentes décom- positions, que je viens d'énumérer, le temps de s'effec- tuer. Qu'il me soit permis, en terminant, de remercier cordialement M. Emile de Ville, pour les matériaux qu'il a bien voulu me remettre, et pour tous les renseigne- ments qu'il s'est toujours empressé de me fournir. EXPLICATION DK LA PLANCHE. Fig. 1. — Cristal do cuprite; combinaison de l'octaèdre du cube et du rhombododéeaèdre. Lumière réfléchie, X 200. Fig. 2. — Cristal de cuprite ; combinaison du rhombododé- caèdre et de l'octaèdre. Lumière réfléchie, x 200. Fig. 3. — Cristaux de cuprite ; combinaison de l'octaèdre et du cube avec égal développement des faces. Lumière réfléchie, X 200. Fig. 4. — Groupe de cristaux de cuprite dont deux sont trans- formés en malachite. Lumière réfléchie, X 70. Fig. 5. — Malachite avec noyau sphérique de cuprite. Lumière réfléchie, X 85. Fig. 6. — Coupe à travers un fragment géodique de malachite cristalline. Transformation de la cuprite en malachite fibro-cris- talline, en mamelons à zones concentriques. Lamelles de teno- rite (a). Cristaux de malachite calcifère (b), X 50. Fig. 7. — Nodule de malachite cristalline avec noyau plus foncé, tels qu'on les trouve isolés ou associés à la surface du bronze. Lumière réfléchie, X 15. Fig. 8. — Nodules hémisphériques de malachite cristalline. La face plane et polie a été dessinée à la lumière réfléchie. Au centre d'un des nodules se trouve un grain blanc (quartz?). La cuprite a disparu à la surface, mais les nodules en portent encore les traces à la base. La cassure indique une structure iîbro-rayonnéc, X 15. Fig. 9. — Série de nodules de malachite cristalline avec noyaux de cuprite non décomposée. Chaque grain de cuprite est entouré de zones de malachite. La cassure indique une structure fibro- rayonnée. On voit un reste de structure analogue dans la bande foncée qui entoure le centre du nodule de la fig. 7. Lumière réflé- chie, X 15. Fig. 10. — Nodules de malachite cristalline zonaire réduits en lame mince, x 20. 78 SOCIETE IÎELGE DE MICROSCOP1E. Fig. 11. — Mamelon de malachite cristalline réduit en lame mince, montrant deux nodules zonaires complets, X 20 diam. Fig. 12. — Association de malachite terreuse et d'azurite. On remarque dans la malachite et dans l'azurite des fragments sa- bleux et des grains de cuprite non transformés. Deux de ces grains sont entourés de malachite cristalline pseudomorphique fibro- radiée (a b). L'azurite contient encore des plages de malachite non transformées. La pseudomorphose a été en partie arrêtée par une zone de cuprite non transformée. Au centre de l'azurite, on voit un espace en forme de V, dont l'intérieur est tapissé de petits cristaux, X 10 diam. Fig. 13. — Géode microscopique en forme de V (fig. précédente) vue sous un plus fort grossissement. On y remarque des cristaux groupés en éventail, et au centre de la préparation nagent des cristaux détachés. Traces de malachite non transformée, x 75 diam. Fig. 14. — Le plus grand des cristaux d'azurite de la figure pré- cédente, vu à un fort grossissement (longueur, 0,015), X 1000 diam. Fig. 15 et 16. — Figures demi-schematiques. Dans la fig. 15, on voit de l'azurite qui s'est formé en un premier point (a) au détri- ment de la malachite et à la surface de celle-ci. Un peu plus loin (b) la transformation a suivi une fissure existant dans la ma- lachite. De sorte que si l'on sectionne le fragment à l'endroit indiqué par les traits, la coupe présente l'aspect de la fig. 16, où l'azurite semble s'être formée directement de la cuprite. Fig. 17. — Faisceau de cristaux de malachite calcifère (?) (fig. 6, en bas à gauche), fortement grossi X 260 diam. Les détails ont été dessinés à 1000 diam. Fig. 18. — Groupe de cristaux de malachite calcifère sur un mamelon de malachite épigénique (fig. 6, au milieu à gauche). Cette figure montre très nettement la marche de la tranforma- tion de la cuprite en malachite fibro-radiée avec zones plus ou moins foncées. Au centre, noyau de cuprite non décomposé presque isolé du reste du protoxyde. r „ # BULLKT1N DES SEANCES DE LA SOCIETE BULLETINS DE LA E BELGE DE MIGROSGO A -*-O0O-4* TOME IV. Année 1878-1879. -O ~ï=5=^Srf%SX BRUXELLES B. MANCEAUX, 1MPRIMËUR-ÉD1TE1 R, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E, Rue des Trois-Tclcs, 12. 1879 BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Séance du 31 octobre 1878. Présidence de M. le D' Ledeganck, Président. Sont présents : MM. Bauwens, Bock, Colbeau, Coo- mans, Coppez, Delogne, Frère, Gravis, Leclercq, Ledeganck, Loin, Matagne, Michelet, Paternotte, Prinz, Vanden Broeck, Van Heerswinghels et J. F. Cornet, secrétaire. Les procès-verbaux des séances du 26 septembre et du 13 octobre, avec une rectification proposée par M. Michelet, sont adoptés. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Godefroy, professeur de sciences à La Chapelle St-Mesmin (France), adressant le montant de sa cotisation et réclamant le tome III des Annales. L'expédition du tome III destiné aux membres et aux sociétés de France, a eu lieu par l'entremise de la Com- mission internationale des échanges; ce volume ne tar- dera donc pas à être distribué. Une lettre de M. le Ministre de l'Intérieur, informant Vl SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. la Société qu'une somme de 500 francs lui est allouée à titre d'encouragement. Une lettre de M. G. Huberson, directeur d'une nou- velle publication de micrographie : « Brebissonia »,dont il adresse les deux premiers fascicules. La Société remercie M. Huberson de son envoi. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part de la Société Malacologiquc et de la Société Entomologique; de l'Aca- démie royale des sciences de Belgique; de la Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles; de l'Académie royale de médecine de Belgique; de la Société médico-chirurgicale de Liège; de la Société belge de géographie; de l'Association belge de photo- graphie ; de la direction du Musée de l'industrie de Belgique; de la direction de l'Athenœum belge; de la direction du Journal de photographie; de la Société française de photographie; de la Société Borda, à Dax; de la Société de médecine de Caen et du Calvados; de la direction de la feuille des jeunes naturalistes, Paris; de la Société d'études des sciences naturelles de Nîmes; de la Société des sciences physiques et naturelles de Bor- deaux; de la Société vaudoise des sciences naturelles; de la Naturforschende Gesellschaft in Zurich; du Essex- Institute à Salem; de la Microscopical Society of San- Francisco; de la direction du naturaliste canadien; de M. 0. Nordstedt, une collection du Botaniska notiser; de la Société d'études scientifiques de Lyon. Ouvrages offerts par : M. F. Chassagnieux, Sur cer- taines relations entre les plantes et les insectes; de M. (î. Huberson, Formulaire pratique de la photogra- BULLETINDES SEANCES. VII phie aux sels d'argent; de M. P. T. Cleves, Diatoms from the West Indian Archipelago ; de M. G. G. Wal- lich, On the radiolaria as an order of the Protozoa ; de M. Otto Nordstedt, De algis aquae dulcis et de Chara- ceis ex insulis sandvicensibus a Sr, Berggren 1875 reportatis; de M. Max Cornu, une série de mémoires formant la collection de ses travaux; de M. Valérian. V. Moeller, Die spiral g eivindeten Foraminiferen des Russisclien Kohlenkalks ; de M. Senoner, Gelehrte Ge- sellschaften, Revue des sciences naturelles. M. Delogne se charge de l'examen des travaux de de MM. Cleves et Nordstedt. M. E. Vanden Broeck analysera les travaux de MM. Wallich et Mœller. M. Gravis fera l'examen des travaux de M. Max Cornu. L'assemblée vote des remerciements aux donateurs. Présentation de membres. Le Conseil propose l'admission, comme membres effectifs de : M. Herrier, inspecteur des études à l'École militaire, présenté par MM. Cornet et Ledeganck. M. Foettinger, docteur en sciences naturelles, pré- senté par MM. de Borre et Cornet. M. W. Prinz, préparateur au Musée royal d'histoire naturelle, présenté par MM. Cornet et Vanden Broeck. M. Gravis, candidat en sciences naturelles, présenté par MM. Cornet et Ledeganck. M. J. Wauters, contrôleur du gaz de la ville de Bruxelles, présenté par MM. Cornet et Ledeganck. VIII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. MM. Herrier, Foettinger, Prinz, Gravis et Wauters sont élus membres effectifs. Le Conseil propose l'admission, comme membre associé de : M. Brouwez, étudiant, présenté par MM. Cornet et Ledeganck. M. Bronwez est élu membre associé. Lecture de rapports. M. Delognc, premier rapporteur, donne lecture du rapport ci-dessous sur le travail intitulé : le Thalle des Diatomées, présenté par M. le docteur Matteo Lanzi, membre correspondant, à Rome. Messieurs, J'ai In avec le plus grand attrait le travail intitulé : Le Thalle des Diatomées que M. le docteur Matteo Lanzi vient d'envoyer à la Société pour être publié dans ses mémoires. Ce travail se rapporte aux questions qui intéressent le plus le Diatomologue, entre autres la reproduction des espèces et la valeur de certains carac- tères considérés jusque dans ces derniers temps comme génériques. L'auteur définit le Thalle des Diatomées : une matière végétale, hyaline, albuminoïde et sans endochrome, jouant le rôle d'appui et de soutien, comme la tige des végétaux phanérogames et des cryptogames vaseulaires. Il distingue le Thalle indéfini, qui sous l'aspect de plasma retient les IVustules attachés aux parois humides des murs, des fontaines, etc., et le Thalle défini, ayant une forme particulière, simple ou rameuse, portant les frustules à son extrémité ou les renfermant dans son BULLETIN DBS SEANCES. IX intérieur. Le Thalle dos Diatomées a été étudié dans plusieurs espèces. Epithemia ventricosa. Cette espèoe adhérait aux parois d'une fontaine au moyen d'un plasma hyalin contenant une grande quantité de corpuscules d'un vert-jaune sem- blables à ceux renfermés dans l'intérieur des frustules de cette espèce. L'auteur est persuadé que la substance entière du Thalle et les corpuscules qu'il renfermait étaient sortis des frustules de Y Epithemia ventricosa. Sa conviction ici n'est fondée que sur la ressemblance des corpuscules renfermés dans le Thalle et dans les frus- tules. Mais dans une récolte deCymbella l'auteur a vu ces mêmes corpuscules grandir et prendre la forme des frustules d'où ils étaient sortis, les uns adhérents au Thalle les autres devenant libres. Gomphonema olivaceum a aussi été observé par l'au- teur dans toutes les phases de son développement. Il a vu les frustules de cette espèce libres, ou sessilcs sur le Thalle, ou placés sur un support simple ou rameux. Dans son travail intitulé : « Ce que c'est qu'une Diatomée, » notre savant vice-président, M. Deby, est amené à conclure qu'il existe chez ces végétaux un autre mode de reproduction que la conjugaison. M. Pfitzer avait déjà observé que le contenu des frustules quitte son enveloppe et produit un ou deux frustules plus grands que l'ancien et qui se subdivisent ensuite de la manière que l'on connaît. Ce curieux phénomène de rajeunissement n'est donc pas nouveau, mais le docteur .Matteo Lanzi n'en a pas moins le mérite de l'avoir observé de nouveau sur plusieurs espèces. Ses observa- tions sont illustrées d'une planche. L'auteur examine ensuite quelle est la valeur laxono- X SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. mique du Thalle défini, et décide qu'il ne peut servir qu'à limiter des espèces ou tout au plus à établir des sous-genres. En suivant une marche contraire on tombe dans le grave inconvénient de classer une même espèce dans des genres différents. J'adopte les réductions pro- posées par l'auteur et je vois avec plaisir qu'il abandonne le sentier de la routine pour prendre la voie déjà large- ment ouverte par la publication du Synopsis du profes- seur Hamilton L. Smith. Je propose donc de voter l'impression de l'intéres- sant travail de M. le docteur Matteo Lanzi dans les mémoires de la Société. M. Gravis, second rapporteur, se rallie' aux conclu- sions du rapport de M. Delogne. L'assemblée décide l'impression du mémoire et de la planche qui accompagne le travail de M. Matteo Lanzi et vote des remerciements à l'auteur. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 heures. REYIE ANALYTIQUE ET CRITIQUE l*roeéflé pour mesurer les angles solides des cristaux microscopiques. • Dans le Bulletin de la Société minéralegique de France (1), M. Thoulet indique la méthode suivante il) Bulletin de la Société mméralogique de France. Année 1878, n i. p. 68. BULLETIN DES SÉANCES. X! pour mesurer les angles solides des cristaux microsco- piques. Si, dans un tétraèdre, on connait les longueurs de six arêtes, on pourra obtenir les angles des faces entou- rant un même sommet et par conséquent résoudre le triangle sphérique dont les côtés sont respectivement les angles des faces du tétraèdre et dont les angles sont les angles dièdres des arêtes de ce même tétraèdre. La remarque précédente donne lieu à un procédé pour mesurer les angles solides des cristaux microscopiques. A cet effet, on placera le cristal d'une façon absolu- ment quelconque sous l'objectif d'un microscope, ce cristal peut d'ailleurs être isolé ou contenu dans l'épais- seur d'une lame mince de roche; on choisira quatre points remarquables disposés deux sur l'arête et les deux autres respectivement sur l'un et sur l'autre des deux plans dont il s'agit de mesurer l'angle. Au moyen de la vis à mouvement lent du microscope, on mettra successivement au point chacun de ces sommets et on mesurera pour chacun d'eux le déplacement vertical. Cette mesure sera très-facile à obtenir si l'on n'a eu soin préalablement de mesurer et de noter à quel déplace- ment vertical correspond un tour entier et par consé- quent une fraction quelconque de tour de la tête de la vis. Comme ces têtes de vis ont toujours leur bord exté- rieur garni de fines dents, on calculera à quel déplace- ment vertical correspond une de ces dents. Dans le microscope dont je fais usage, ce déplacement égale O""'O02916. Sans remuer la préparation, on remplace l'oculaire par une chambre claire et on dessine le cristal en notant très-exactement par une piqûre d'aiguille la position XII SOCIÉTÉ BELGE HE MICROSCOPIE. des quatre points considérés; puis on remplace la pré- paration par un micromètre objectif qui donne l'échelle du dessin. La façon la plus commode d'opérer consiste à tracer sur le dessin lui-même la ligne qui représente un dixième de millimètre du micromètre objectif vu à travers la chambre claire. On possède maintenant toutes les données nécessaires pour calculer l'angle solide. En effet, chacun des côtés du tétraèdre dont nous avons parlé plus haut, est déter- miné : 1° par sa projection horizontale donnée en vraie grandeur au moyen d'une mesure directe au double décimètre sur le dessin; 2° par la différence de hauteur verticale de ses deux extrémités fournie par la diffé- rence des lectures faites sur la tête de vis divisée au moment de la mise au point successive de ces deux extrémités. Le reste du travail se borne à un calcul trigonomé- trique de trois triangles rectilignes dont on connaît les trois côtés et dont on cherche un angle, et enfin, au calcul d'un triangle sphérique dont on connaît les trois côtés et dont on cherche un angle. Au lieu de dessiner le cristal en entier, il est évident qu'il suffirait de placer les quatre points essentiels ; le dessin complet permet une vérification subséquente souvent nécessaire, et en outre de se reconnaître pour les notations cristallographiques à donner à la face cristalline. En me servant de l'objectif 7 de Vérick, afin de donner plus de sensibilité au déplacement focal, et avec l'ocu- laire 1 dont est munie la chambre claire du même ar- tiste, il m'a été possible de mesurer à moins d'un degré près les angles solides de cristaux ayant des dimensions inférieures à 1/100 de millimètre. BULLETIN DES SÉANCES. Xlil Zeitfselirift fiïrMifltroskopie, Organder Gesell- seliaft fui* Mikroskopie zu Berlin. Dans le n° 9 d'octobre 1878, le docteur Kaiser publie la fin de son article sur le Développement et l'étal actuel de la microscopie en Allemagne. Cette étude embrasse une période de près de 500 ans (lo92 à 1877) et a dû nécessiter un travail réellement considérable de la part de son auteur. Le journal allemand donne au sujet de la prépara- tion des infusoires (1) quelques détails que nous repro- duisons ci-après. On verse à l'aide d'une pipette, dans une cellule au bitume, qui n'est pas complètement sèche, une petite quantité du liquide contenant les organismes à préparer (infusoires, diatomées, desmidiées, etc.) et on couvre avec le verre couvreur. Ensuite on fait pénétrer par capillarité entre le verre couvreur et la cellule quelques gouttes d'acide pyroligneux (acetum pyrolignosum recti- ficatum). Ce liquide tue immédiatement tous les orga- nismes sans altérer leur forme. Après avoir pressé le verre couvreur sur la cellule et enlevé soigneusement le liquide superflu, il ne reste plus, pour terminer la pré- v paration, qu'à repasser avec le bitume sur le bord de la cellule. Lorsque l'acide pyroligneux est devenu trouble, on le filtre avant d'en faire usage. On peut aussi à la fois teindre et préparer les organismes microscopiques (1)M. Klonnc a remis récemment à la Société une série de préparations de ce genre faites par M. Duncker et qui ont été examinées à la séance du mois de mai 1878. Tous les membres présents ont pu constater que ces préparations n'étaient pas irréprochables en ce qui concerne leur état de conservation, mais qu'elles constituaient néanmoins un progrès véritable. Quant au procédé employé, M. Duncker l'a tenu secret. XIV SOCIETE BELGE DE MICIlOSCOl'IE. en opérant avec le liquide suivant de la même façon qu'avec l'acide pur. On dissout 1 partie en poids d'une couleur d'aniline dans 200 parties d'eau distillée (les couleurs les plus convenables sont le bleu d'aniline ou la fuchsine) ; après avoir filtré cette solution on y ajoute 800 parties d'acide pyroligneux. Au bout de quelques heures, les objets ont pris une teinte très-uniforme, on les monte alors comme il a été dit plus haut, après y avoir ajouté encore un peu d'acide pyroligneux pur. Si la teinture est trop foncée on l'étend avec de l'acide. L'auteur de cette notice pense que son procédé est susceptible de perfectionnement, quoiqu'il en ait déjà obtenu d'excellents résultats. Mentionnons aussi la description d'un nouvel appareil inventé par P. Schônemann pour mesurer l'épaisseur des verres couvreurs. Cet instrument, qui représente ce que l'on a fait de mieux en ce genre jusqu'à présent, se compose simplement d'un triangle en laiton sur lequel se trouve un vernier; ce triangle se meut dans une glis- sière de même métal sur laquelle est gravée la gradua- tion. L'appareil ne possède donc aucun des organes ordinairement employés dans ces sortes d'instruments, tels que vis, engrenages, ressorts, etc., et, par consé- quent il ne saurait se déranger. Ces qualités, jointes à une grande sensibilité (il indique les centièmes de milli- mètres), en font un instrument précieux. Enfin, il nous reste à signaler une notice de M. C. Janisch sur la lévigation et la purification des matières diatomifères, ainsi que la description du procédé du docteur Arnold Lang pour la conservation des planaires. Voici la description de ce procédé : On place les sujets à préparer dans des capsules BULLETIN DES SÉANCES. XV plates remplies d'eau de mer et on retourne ceux-ci sur le dos. Cela fait, on enlève l'eau de mer et l'on verse sur la face ventrale des petits animaux une solution compo- sée de : 100 part, en poids. Eau dist. 6 — 10 » » Chlorure de sodium. 5 — 8 » » Acide acét. cristallisable. 3 — 12 » » Bichlorure de mercure. 1/2 » » Alun. Sous l'action de ce liquide, le ver se contracte, puis s'allonge et meurt dans cet état. S'il s'était produit quelques plissements dans la peau de l'animal, on les enlèverait à l'aide d'un pinceau. Après une demi-heure environ, on retire la solution et on la remplace d'abord par de l'alcool à 70 p. °/ , puis, deux heures après, par de l'alcool à 90 p. °j , et enfin, par de l'alcool absolu. Au bout de deux jours, tous les sujets sont durcis et l'on peut les teindre et faire les coupes. Pour la teinture on emploiera de préférence le picrocarminate en solution très-étendue. Afin d'éviter toute déchirure du parenchyme, l'auteur recommande de traiter les vers par la térébenthine et de les porter ensuite dans une forte solution de paraffine plutôt que de les entourer de paraffine fondue. W. P. Séance cUi 28 iiovemforc 18T8. Présidence de M. le D 1 Ledeganck, Président. Sont présents : MM. Bauwens, Bock, Casse, Colbeau, Coppez, Delogne, Fœttinger, Gravis, Herrier, Leclercq, XVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOIME. Ledeganck, Loin, Matagne, Miller, Paternotte, Prinz, Renard, Rntot, Vanden Broeck, Yanden Heuvel, Van Heerswinghels, Van Hoorde et J.-F. Cornet, secrétaire. Le procès -verbal de la séance du 51 octobre est adopté. M. Michelet informe la Société qu'une indisposition assez grave l'empêche d'assiter à la séance de ce soir. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Julien Deby, accompagnant la tra- duction d'un travail, sur les Diatomées, de M.F.KiUon. Une lettre de la Société d'histoire naturelle de Offen- bach S/Main, demandant l'échange. Cette demande, appuyée par le docteur A. Senoner, est accueillie favorablement. L'échange est accordé. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part de la So- ciété Malacologique et de la Société Entomologique; de- là Société royale des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles; de l'Académie royale de médecine de Belgi- que; de la Société médico-chirurgicale de Liège; de la direction du Musée de l'industrie de Belgique; de la direction de l'Athenseum belge ; de la direction du Journal de photographie; de la Société française de photographie; de la Société de médecine de Caen et du Calvados; de la direction de la Feuille des jeunes natura- listes, Paris; de la Société d'études des Sciences natu- relles de Nîmes; de la Microscopical Society of San- Francisco; de la direction du Naturaliste canadien; de la direction du Botaniska notiser; du Brebissonia; BULLETIN DES SÉANCES. XVII Bulletin scientifique du Nord; du Science-Gossip ; de la Société royale de microscopie de Londres; de la Société de microscopie de Berlin ; de h Société Géolo- gique de Belgique; de la Société des amis des sciences naturelles de Rouen ; du Naturwissenschaftlichen Ve- reins à Elberfeld ; de la Société d'horticulture et d'his- toire naturelle de l'Hérault ; de la Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique. Ouvrages offerts. Étude sur les granulations conjonclivales, par le docteur Herpain ; A quelles conditions de salubrité doivent satisfaire les hospices, hôpitaux, maternités, etc.? Rapport pré- senté au Congrès d'hygiène, par le docteur Herpain ; Petite Faune enlomologiq ue du Canada, par M. l'abbé L. Provancher. Die optischen Hùlfsmittel der Mikroskopie, von doc- tor E. Abbé. La Société vote des remerciements à MM. Herpain, Provancher et Abbé. Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission comme membres ef- fectifs de : M. S. Fraipont, à Liège, présenté par MM. Vanden Broeck et Cornet. M. Lejeune, avocat à la cour de cassation, présenté par MM. Cornet et Ledeganck. MM. Fraipont et Lejeune sont élus membres effec- tifs. 2 XVIII SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. Propositions des membres. M. Vanden Broeck, propose l'échange de nos publi- cations avec la Société des naturalistes de Norfolk et Norwïch. Cet échange est accepté. M. Cornet appelle l'attention des membres sur la nécessité qu'il y aurait, en vue de développer davantage la partie analytique du Bulletin, de distribuer, après chaque séance, les nombreuses publications que reçoit la Société, afin d'en faire l'examen et un résumé analytique plus ou moins développé selon l'importance des travaux. En second lieu, M. Cornet propose, en vue d'alléger les charges du secrétariat de la Société pour lesquelles ses nombreuses occupations ne lui laissent plus le temps nécessaire, de nommer, en attendant la révision des Statuts, un membre comme bibliothécaire et deux membres comme secrétaires adjoints. M. Vanden Broeck, tout en étant favorable aux propo- sitions faites par M. Cornet, croit devoir faire remarquer qu'il seraitutile de réunir les membres qui veulent bien s'oc- cuper de faire des résumés analytiques afin de s'entendre sur le caractère, la direction et l'étendue de ces analyses. Quant à la seconde proposition, elle est contraire aux statuts, ni le Conseil ni la Société ne peuvent être appelés à statuer sur cette proposition. Le président propose, vu l'urgence, de trancher la question en réunissant la Société en assemblée géné- rale, en décembre prochain, afin de modifier les statuts dans le sens de la proposition de M. Cornet. M. Vanden Broeck propose de comprendre parmi les attributions nouvelles celle de conservateur de la collec- lion et des instruments. BULLETIN DES SÉANCES. XIX. Le président désirerait savoir, avant de mettre la ques- tion aux voix, si ces nouveaux titulaires sont appelés à faire partie du Conseil. L'assemblée se prononce pour la négative. La proposition, mise aux voix, est adoptée à une grande majorité. En conséquence, la Société se réunira en assemblée générale extraordinaire le jeudi 28 décembre, à 8 heures précises du soir, pour s'occuper : 1° De changements à faire aux statuts en suite de la proposition de M. Cornet. 2° Éventuellement, de la nomination de deux secré- taires-adjoints, d'un bibliothécaire et d'un conservateur du matériel et des collections. Travaux des membres. M. Renard expose les résultats que lui a fourni l'étude microscopique de lames minces de fulgurite et de quel- ques produits de fusion de matières quartzeuses. II compare ces grains de quartz fondus et agglutinés par l'action de la foudre avec des produits de fusion artificielle. Il entre ensuite dans les détails de la structure intime de ces masses vitrifiées : il indique leurs caractères phy- siques, montre les rapprochements qu'on peut faire, au point de vue de la composition et de la structure intime, entre les fulgurites, les grès vitrifiés au contact des roches éruptives, les produits de fusion de roches sa- bleuses telles que certaines scories et les grains de quartz fondu au chalumeau oxyhydrique. Après avoir insisté sur les analogies de structure qui relient ces substances et qui leur assignent un même mode de formation, il fait ressortir les conditions dans lesquelles ces fulgurites XX SOCIÉTÉ BELGE DE M1CKOSCOPIE. se sont formées et expose les opinions émises sur ees corps et sur leur composition minéralogique, en particu- lier sur l'état de la silice, qui a été soumise à une haute température. Les détails dans lesquels entre M. Renard sont surtout pris dans l'étude des plaques minces d'une fulgurite de Starezynow. Il montre dans cette fiilgurite que des grains de quartz ont été soumis, sous l'influence de la chaleur, à un simple ramollissement, que d'autres furent transformés complètement en une substance vi- treuse homogène. Il insiste sur les transformations subies par les encla- ves liquides renfermées dans les granules quartzeux lorsqu'ils sont soumis à la température de fusion. Cédant à l'effort de la vapeur d'eau qui s'y forme au moment de la fusion, ces vacuoles se sont dilatées de manière à présenter l'aspect de grosses bulles. Il si- gnale la fréquence de ces bulles dans tous les produits de fusion du quartz. M. Renard rapproche ces faits de l'explication donnée par Watt pour expliquer la formation de la cavité tubu- laire des fulgurites, rappelle les travaux micrographiques d'Harting sur ces corps, il discute les opinions émises par ce savant, sur l'état physique de la silice qui les compose et sur la nature des minéraux qui lui sont associés. Une seconde note de M. Renard est consacrée à la description micrographique de la météorite deTourinnes- la-Grosse, près de Tirlemont. S'appuyant sur les carac- tères macroscopiques, sur la discussion des analyses, sur les détails que fournit l'étude des lames minces, il montre que cette aréolithe appartient aux chondrites, qu'elle est essentiellement formée de deux silicates ma- BULLETIN DES SÉANCES. XXI gnésiens dont l'un se rapporte au péridot l'autre à l'en- statite. La masse toute entière est composée de ees deux minéraux en grains fins ; elle renferme ces formes glo- bulaires auxquelles Gustave Rose a donné .le nom de chondrites. Ces formes plus ou moins circulaires sont quelquefois granuleuses, d'autres fois elles paraissent comme fibro- radiécs. Dans ce dernier cas, les propriétés optiques et tous les caractères des microlithes qui les composent semblent devoir faire considérer ces derniers comme des prismes d'enstatite. L'auteur examine les opinions émises par divers auteurs sur la formation des cbon- drites. A ces deux silicates que nous venons d'indiquer, viennent s'unir des plages de fer météorique et de troïlite. Une planche de 5 figures consacrées à représenter les caractères principaux des objets décrits dans cette com- munication, accompagne les deux travaux, dont on vient de lire l'analyse. Le président remercie M. Renard au nom de l'as- semblée pour ses intéressantes communications. L'assemblée décide l'impression du travail de M. Re- nard, ainsi que de la planche qui l'accompagne, aux mé- moires de la Société. Le Président avant à faire une communication rela- tive à l'histologie pathologique, M. E. Vanden Rroeck, vice-président, remplace M. Ledeganek au fauteuil pré- sidentiel. M. Ledeganck. Messieurs, le sujet dont j'ai à vous en- trenir est d'intérêt purement médical, et encore s'agit-il XXII SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. d'une question spéciale qui ressort du domaine de l'oph- thalmologie. Je. serai donc bref dans l'exposé du sujet, ne voulant pas abuser de vos moments précieux. Dans le courant de cette année, je fus mis en rapport avec un médecin distingué de Luxembourg, M. le doc- teur Herpain, attaché au pénitentier de Saint-Hubert. Le grand nombre d'ophtbalmies qui s'observent dans cet établissement avait poussé fatalement notre confrère vers l'étude de l'ophtbalmologie. L'observation journa- lière d'un grand nombre de cas de granulations pal- pébrales avait spécialement attiré l'attention de notre confrère. Il n'avait pas tardé à se convaincre de l'inanité de toutes les doctrines plus ou moins académiques qui avaient cours dans la science au sujet de la granulose, et il résolut d'approfondir la question. L'apparition ré- cente d'un ouvrage du docteur Paul Blumberg : « Du trachome au point de vue de la pathologie-cellulaire (1) » où il trouva un exposé clair et net de la question, en tout conforme aux faits qu'il observait journellement. Il résolu! de publier l'ouvrage, traduit en français et de le faire pré- céder de quelques considérations historiques sur les théo- ries émises depuis trente ans, au sujet de la nature intime de l'altération pathologique qui caractérise la granulation. L'exposé de ces théories surannées, auxquelles restent attachés les noms de ceux qui passaient alors pour des « sommités médicales » forme un tableau à la fois attris- tant et grotesque. On y voit une série de doctrines diamé- tralement opposées, dans lesquelles l'observation directe n'entre pour ainsi dire pas en'ligne de compte. La dissec- tion, l'examen microscopique sont dédaignés. Tout se traite (l) Ueber dos Trachom vom CeUularpathologischen Standpunkte, von D r Paul Blumberg, in Tiflis. Archiv fur Ophthalmologie. XV. I. BULLETIN DES SÉANCES. XXIII au courant de la plume. Un professeur, qui déclare ne pas pouvoir se servir du microscope, enseigne ex cathedra que toutes les granulations sont exclusivement compo- sées de cellules épithéîiales. Un autre, vient déclarer qu'il n'y a dans la granulation qu'une simple inflamma- tion. Un troisième déclare qu'il s'agit d'une hyper- plasie, et que l'epithélium n'y est pour rien. Plusieurs admettent l'existence de follicules clos, et considèrent comme granulations latentes ces organes qui existent à l'état normal. Un nouveau savant entre en scène et déclare que ces prétendus follicules n'existent pas. Un autre lui répond qu'il les a reconnus toutes les fois qu'il a examiné une conjonctive sous le microscope... Et ainsi de suite... Il est consolant, de penser qu'il ne serait plus possible, aujourd'hui, de traiter la science avec une telle désinvolture. Malheureusement, toutes ces théories en l'air avaient eu leurs partisans acharnés, le traitement médical avait subi toutes les fluctuations de cette crise scientifique et ce furent en définitive les pauvres oph- thal iniques d'alors qui payèrent les frais du procès. En homme consciencieux, notre confrère de Saint- Hubert voulut en avoir le cœur net. Il ne se contenta pas de faire ressortir l'inanité de toute cette science de cabinet, il voulut que le travail de Blumberg, qui lui semblait l'expression de la vérité, fut corroboré encore par quelque observation récente, faite sur un sujet connu et offrant toutes les garanties d'exactitude scientifique. Il s'adressa à la Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, dont le Rédacteur en chef nous fit l'honneur, bien immérité du reste, de nous désigner comme suffisamment compétent pour trancher la ques- tion d'histologie pathologique. Notre tâche se borna d'ail- XXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. leurs, à la simple étude anatomique des pièces; notre confrère à bien voulu reconnaître que nous en avons retiré tout ce qu'elles pouvaient produire dans l'intérêt de la science. Telles sont les circonstances dans lesquelles nous fûmes appelés à l'élucidation d'un problême, qui jusque- là, n'avait jamais fait l'objet de nos études. Le sujet de notre observation , dit M' Herpain , était âgé de 16 ans, d'une bonne constitution et d'un tempérament lym- pbatico-sanguin. Il n'a jamais été gravement malade, ni atteint d'engorgement glandulaire, ni d'aucune manifesta- tion de la scrofulose. Je lui ai, pour la première fois, découvert des granulations vésiculeuses vers la fin de 1875. Au printemps de l'année suivante, la conjonctivite s'était aggravée et les granulations étaient passées au deuxième degré. Après avoir traversé une phase d'amé- lioration de plusieurs mois, la blépharite reprit une nouvelle acuité l'année suivante et s'accompagna d'une sécrétion puriforme assez abondante. Lorsque, au prin- temps dernier, une maladie intercurrente enleva inopi- nément ce garçon, il conservait depuis trois ans des granulations sur les quatre paupières. » En visitant le cadavre, vingt-quatre heures après la mort, je fus vivement frappé de ne plus retrouver sur les muqueuses palpébrales les aspérités qui, la veille encore, me paraissaient évidentes. J'ai noté ce fait avec d'autant plus d'intérêt, qu'il confirme les observations que Blumberg rapporte plus bas. » Des lambeaux de la muqueuse des quatre pau- pières furent soigneusement détachés et remis à M. le docteur Ledeganck, Secrétaire de la Société des sciences médicales et naturelles, etc., fort avantageusement connu BULLETIN DES SÉANCES. XXV par ses travaux d'histologie pathologique. Ce savant con- frère ayant soumis ces pièces à un examen approfondi, a bien voulu me communiquer le résultat de ses recher- ches, résumées dans les lignes suivantes : » Les granulations examinées sur une coupe verti- cale, à un grossissement de 50/1, se montrent d'une manière remarquablement nette (fig. I). Elles sont moins affaissées que les auteurs ne les représentent, et, au lieu d'être englobées dans l'épaisseur de la muqueuse, ainsi qu'on les décrit habituellement, elles sont implantées à la surface libre de la paupière, où on les voit serrées les unes contre les autres à la manière des champignons sur leur couche. » Trois de ces granulations sont isolées pour être soumises à un plus fort grossissement. On distingue sur chacune d'elles (fig. Il), en procédant du centre à la circonférence : a) une couche opaque qui ne se laisse pas réduire en éléments histologiques; b) une ou deux séries de cellules lymphoïdes superposées ; c) une couche plus claire limitée par d) une dernière couche de cellules lamelleuses qu'il est impossible de différencier de l'épi- thélium normal. » Les études ultérieures portent sur la couche claire et sur la couche obscure. » La couche claire (fig. 111) renferme une quantité de cel- lules plasmatiques ou à prolongements anastomosés. Ces cellules laissent entre elles de nombreuses petites la- cunes, remplies d'un liquide clair, hyalin, incolore (lymphe). Çà et là on voit une cellule lymphoïde perdue dans la trame des cellules plasmatiques. M. Ledeganck est disposé à croire que ces cellules lymphoïdes ont été entraînées par le scalpel au moment de la coupe. XXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. » L'examen de la zone opaque (fig. IV) fournit les renseignements les plus positifs. Il montre d'une ma- nière évidente la coupe d'une glande lymphatique quasi- pédiculée. On voit en d) les éléments propres de la glande : les cellules adénoïdes; plus à l'intérieur, en c, se trouvent les trabécules du stroma auxquels adhèrent encore une foule de cellules lymphoïdes; d'autres en grand nombre ont disparu, entraînées par le scalpel ou le lavage au pinceau. » Ainsi donc, à M. Ledeganck comme à M. Blumbcrg, la granulation n'a présenté que les éléments du tissu adénoïde : elle est essentiellement composée d'une trame réticulée qui loge des cellules lymphoïdes. On y ren- contre, en outre, des cellules plasmatiquesetdela lymphe. » Tandis que Van Kempen n'a pas rencontré de vais- seaux sanguins dans la granulation vésiculeuse, Blum- berg décrit des vaisseaux capillaires qui rayonnent de la base vers le centre du follicule trachomateux à son premier degré de développement. » M. Ledeganck n'a découvert nulle part des vaisseaux sanguins, pas même des capillaires, dans l'intérieur de la granulation. Ce n'est qu'à la base du trachome folli- culeux (fig. IV, f), qu'il a rencontré çà et là un capillaire. Du reste, comme le fait judicieusement remarquer notre habile micrographe, la présence de capillaires sanguins dans le follicule lymphatique n'a pas de raison d'être. Le tissu plasmatique avec ses cellules anastomosées four- nissent à la lymphe des moyens de circulation bien suf- fisants. » Les faits et les observations que nous venons de rapporter conduisent logiquement aux conclusions sui- vantes : BULLETIN DES SÉANCES. XXVI! » A . Les granulations trachomateusesqui s'effacent sur le cadavre redeviennent visibles à l'aide de faibles gros- sissements (fig. I). Elles sont sessiles et tassées les unes contre les autres à la surface externe de la muqueuse pal- pébrale. » B. A un grossissement de 250/1, elles se présentent comme un amas de cellules lymphoïdes revêtues de cel- lules épithéliales. Ces amas celluleux rappellent les élé- ments du ganglion lymphatique et du follicule muqueux, dont l'analogie est pour ainsi dire complète (Frey, loc. cit., p. 510). » C. Soumis à un grossissement de 500/1 , le carac- tère glandulaire de la granulation devient évident. Elle est composée d'un noyau central de ces cellules plasma- tiques que beaucoup d'histologistes regardent comme les origines des vaisseaux lymphatiques. Tout autour se montre la zone des cellules tassées, que la plupart des micrographes ont décrite, en lui accordant une signifi- cation conforme à leurs vues sur la nature des granula- tions. Le dessin ci-contre (fig. III) montre que ce sont des corpuscules lymphoïdes adossés et disposés en cercle. Us sont compris entre deux couches de cellules lympha- tiques étoilées et sont serrés les uns contre les autres, par suite de l'afflux plus considérable de lymphe vers les cellules plasmatiques. Cet afflux localisé du liquide nour- ricier et l'augmentation pathologique des corpuscules lymphoïdes, constituent le processus caractéristique de la conjonctivite granulaire. » D. L'examen d'une granulation isolée à un gros- sissement de 600/1 ne laisse pas subsister de doute à cet égard. C'est bien une glande lymphatique, un ganglion, un follicule hypertrophié que nous avons sous les yeux XXVIII SOCIÉTÉ BKLGE DE MICROSCOPJE. (fig. IV). On distingue sûrement le caractère fondamen- tal de cet organe : le tissu conjonctif réticulé dans les mailles duquel sont logées des cellules lymphatiques. » En résumé, il reste acquis : » I. Que la granulation, que l'on découvre fréquem- ment depuis plusieurs années sur la muqueuse palpé- brale d'un grand nombre d'habitants de l'Ardenne belge, est une hyperplasie. » II. Qu'elle résulte du développement d'éléments préexistant dans la constitution normale de la conjonctive. » III. Qu'elle présente les caractères anatomiques du trachome folliculeux. » Là en était la question lors de la publication du tra- vail de M. Herpain. Des critiques se firent entendre à propos de notre oeuvre commune. L'exactitude de l'ana- lyse microscopique ne fut pas contestée; elle ne pouvait l'être d'ailleurs, cette analyse étant l'œuvre impartiale d'un micrographe naturaliste non intéressé dans la question pathologique. Des doutes furent émis quant à la nature de la lésion palpébrale analysée. On objecta que les vraies granulations conservent tous leurs caractères, et d'une manière bien évidente, sur le cadavre ; que les vraies granulations ne s'affaissent pas, après la mort, et qu'elles ont d'ailleurs une structure histologique qui explique cette résistance à l'abaissement; que l'on distingue, en pathologie spéciale, la granulation folliculaire friable, et la granulation fibro-cellulaire résistante, l'une de struc- ture adénoïde, l'autre de structure inodulaire, quasi- sclérosée. Nous désirons vivement entendre, sur ce point, l'avis de notre savant confrère, M. Coppez, dont la compétence en ophthalmologic n'est contestée par qui que ce soit et BULLETIN DES SÉANCES. XXIX qui s'est tenu au courant des derniers travaux publiés h l'étranger, sur la matière. M. Coppez reconnaît que M. Ledeganck vient de four- nir à la science une description magistrale des altéra- tions qui constituent la conjonctivite folliculaire. M. Le- deganck ne pouvait pas décrire les granulations véritables attendu que les pièces patbologiques provenant du péni- tentier de Saint-Hubert n'en renfermaient pas. Il suffit d'un simple coup d'œil jeté sur les dessins si clairs de M. Ledeganck pour se convaincre que ces petites élevures disposées par séries linéaires très régulières proéminant à la surface de la conjonctive palpébrale, ne sont autre chose que l'exagération d'un état anatomique ou mieux, d'un élément anatomique préexistant dans la muqueuse, c'est-à-dire le follicule. La granulation, qui est un néo- plasme, n'est jamais disposée avec cette régularité; si nous continuons l'examen des dessins de M. Ledeganck nous voyons que les vaisseaux s'arrêtent à la base même du follicule sans y pénétrer, tandis que la vraie granula- tion est parcourue par des vaisseaux, Le follicule, masse lymphoïde, englobé par très-peu de tissu cellulaire, se laisse écraser et vider très-facile- ment. La granulation traversée par du tissu cellulaire d'autant plus serré qu'on se rapproche de sa base d'im- plantation, ne se laisse ni vider ni écraser comme le fol- licule. La granulation, production maligne, laisse toujours après elle des cicatrices indélébiles, provoque dans la conjonctive des altérations de voisinage plus ou moins profondes tandis que le follicule guérit sans laisser de trace, avec intégrité parfaite de la conjonctive dans son voisinage. XXX SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. Il peut se faire que la véritable granulation (si fré- quente cà Bruxelles), par l'irritation qu'elle provoque, donne lieu à une hypertrophie des éléments normaux de la conjonctive, les papilles et les follicules, et on aura alors, ce qu'on rencontre très-souvent du reste, trois espèces d'éîevures ou de granulations dans la même mu- queuse : les granulations véritables, les granulations pa- pillaires et les granulations folliculaires; très-souvent même les vraies granulations sont masquées par l'hyper- trophie des éléments normaux de la conjonctive ce qui a fait croire à certains auteurs que la conjonctivite gra- nulaire, ophthalmie d'Egypte, ophthalmie militaire, était constituée anatomiquement par le développement exagéré d'éléments normaux préexistant dans la conjonc- tive. M. le docteur Coppez fait remarquer qu'il ne veut pas entrer dans de trop longues considérations sur l'oph- thalmie granulaire, sujet toujours brûlant, qui a besoin d'être encore soumis à de nouveaux débats, à de nou- velles recherches pour être complètement élucidé. La conjonctivite granulaire, a dit M. Coppez en ter- minant, mérite bien cet honneur quand on songe que son histoire est le véritable martyrologe de l'armée belge pendant bien des années et le tourment actuel pour bien longtemps encore, de la classe des déshérités de nos grandes villes belges. Le président remercie MM. Ledeganck et Coppez pour leurs intéressantes communications, dont l'assem- blée décide l'impression au bulletin mensuel. M. Ledeganck reprend place au fauteuil présidentiel. BULLETIN DES SEANCES. XXXI Le Secrétaire donne lecture de la note suivante, de M. F. Kitton, traduite par M. J. Deby : Notes sur quelques Diatomées, par F. Kitton F. R. M. S., Membre correspondant de la Société belge de microscopie. Aetinoeyelus. Ehr. Ce genre fut créé par Ehrenberg pour recevoir un grand nombre de formes discoïdes découvertes par lui dans diverses « terres fossiles » et principalement dans les dépôts si bien connus de la Virginie et du Maryland aux États-Unis. Les espèces de ce genre se distinguent des Coscinodiscus en ce que l'ornementation est distinc- tement moniliforme et qu'elle radie du centre. Toutes (?) les espèces possèdent près du bord des valves un pseudo- nodule ou pore plus ou moins apparent. Ehrenberg sépara les espèces connues par lui, d'après le nombre des rayons que présentait leur disque, caractère que nous savons aujourd'hui dénué de toute valeur spécifique. M. Ralfs, dans le Traité de Pritchard, réunit toutes les espèces d'Ehrenberg sous la dénomination d'A. Ehrenberg ii; qui se reconnaît à la petitesse de son pseudo- nodule (qu'Ehrenberg n'avait pas aperçu) et par la déli- catesse de ses granules. Cette forme n'a, je le pense, été trouvée que dans les dépôts fossiles cités plus haut. VA. Ralfsii, de Wm. Smith, diffère de l'espèce pré- cédente par ses granules plus gros et moins rapprochés et par son pseudo-nodule plus développé. C'est une espèce fort répandue, qu'on trouve non-seulement dans les récoltes de la surface, mais aussi dans celles pro- venant des profondeurs considérables sous les niveaux XXXII SOCIÉTÉ BELGE I>K MICROSCOP1E. de la mer. Sous un faible grossissement, les valves de eettc espèce sont très-irisées. LA. subtilis de Gregory, se distingue de YEhren- bergii par son nodule très-apparent et de l'A . Ralfsii par la délicatesse plus grande et le rapprochement plus considérable de ses granules. Cette espèce paraît varier beaucoup. La forme type est très-délicate et devient presque invisible dans le baume. LA. moniliformis (Ralfs) est une espèce rare et fort belle à gros granules espacés et à nodule distinct quoique petit. LV1 . Borlihji — Coscinodiscus Barklyi — Coscinodisr eus fuscus? Norman, est abondant dans un dépôt de guano de Yarra-Yarra, Melbourne, Australie. Ses granules sont petits et rapprochés et deviennent plus distincts à me- sure qu'ils approchent l'espace hyalin central. Le pseudo- nodule est très-petit et marginal et n'est visible que lorsque la surface convexe de la valve est tournée vers l'œil. N'ayant jamais pu examiner des échantillons au- thentiques du Cos. fusais je ne suis pas certain de l'identité de cette espèce avec VA . Barklyi. Mais, à en juger par la figure donnée dans les transactions de la Société royale de mieroscopie, je crois probable que les deux formes sont bien les mêmes. LA. Roperi — Coscinodiscus ovalis (Roper) et Eu- podiseus Roperi (Bréb.) fait sans aucun doute partie du genre Aetinocyclus, ainsi que XEup. ovalis, lequel ne m'est connu que par la figure. La description de M. Ro- per ne correspond pas à la forme généralement reconnue comme XEup. ovalis. Il affirme que la valve sèche est de couleur ardoise, devenant brune dans le baume (Cette altération de couleur est, je pense, propre au genre Ac- BULLETIN DES SÉANCES. XXXIII tinocylus dont les espèces sont incolores dans l'eau, brunâtres à sec, devenant beaucoup plus foncées dans le baume) tandis que toutes les préparations que j'ai examinées sont d'un jaune pâle à sec et parfaitement hyalins dans le baume. VEupodiscus ovalis (Norman) doit également être rapporté aux genre Actinocyclus, et si l'espèce est dis- tincte, ce nom doit être conservé. \À Eupodiscus sparsus de Grégory n'est autre chose qu'une valve récemment formée de VA. Ralfsii. L'A. tessellatus (Ralfs). — Eupodiscus tessellatus (Ro- per). M. Roper plaça cette espèce parmi les Actinocyclus à cause de la présence d'un pseudo-nodule. C'est là, je pense, une erreur, attendu qu'à l'exception de ce seul caractère il n'en possède aucun autre en commun avec les autres espèces du genre. Une apparence remarquable se présente chez cette forme quand la mise à point du microscope est soignée; le bord de la valve au dehors du nodule est crénelé, et les crénelures diminuent en intensité à mesure qu'on approche le bord opposé où elles disparaissent entièrement. Ceci se voit bien dans une photographie faite par M. Janisch, d'une variété ovalaire de cette espèce. Le pseudo-nodule ne parait pas être une élévation de la surface externe de la valve comme cela a lieu pour les processus des Aulacodiscus, mais je n'ai pu m'assurer si c'était un pore. J'ai pu voir dans une vue de côté de l'A. subtilis que ce nodule faisait l'effet d'un processus renversé (introverted) mais je ne saurais af- firmer si ce caractère est constant, n'ayant pas été assez heureux pour trouver d'autres frustules dans une posi- tion convenable pour l'observation. 3 XXXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Les nodules qu'on trouve sur les valves opposées des Aulacodiscus, Auliscus et Eupodiscus occupent toujours des positions intermédiaires; c'est ainsi que dans une frustule de A. formosus ayant huit processus, ceux de la jeune valve forment avec les autres des angles de 22 1/2 degrés. Cette disposition ne paraît pas tenir bon pour les Actinocyclus, car j'en ai trouvé où les nodules sur les deux valves étaient immédiatement opposés, d'autres où ils occupaient les diamètres opposés et d'autres, enfin, où toutes les positions intermédiaires étaient occupées. Ac4inosplBa*iiia Shadbolt. Ilsalionyx. Ehr. Le professeur H. L. Smith maintient ce dernier genre, avec raison, je pense; car il paraît y avoir des différences bien marquées entre ce genre et le genre Actinoptychus. J'ai détaché un grand nombre de valves tYHaliouyx sans avoir jamais pu découvrir de valves secondaires [Regenerationshûlle de Schmidt) si fréquentes chez les Actinoptychus et les Ifcliopclla. Eupodiscus Argus et E. Rogersii. Ces deux formes (si elles sont réellement distinctes) doivent être portées dans le genre Aulacodiscus. Un examen attentif, de la dernière espèce surtout, montre un processus étroit mais bien distinct au-delà du rayon; la valve est égale- ment quelque peu renflée (bullate) en-dessous du pro- cessus. Navicula tumens (W. Smith) est identique avec la N. sculpta. La N. bohemica n'en est qu'une variété. On trouve l'une et l'autre associée au Campylodiscus clypeus dans les eaux salées des fossés, à Breydon, près BULLETIN DES SÉANCES. XXXV de Great Yarmouth, Norfolk. J'ai trouvé la N. sculpta et le C. clypeus dans le dépôt de Santa Fiore de l'Italie; ils y sont très-rares, surtout le dernier. La grande rareté de la N. sculpta dans ce dépôt rend très- douteux que la .Y. vostrata soit identique avec la .Y. sculpta. Ehrenberg n'y trouva jamais le C. clypens qu'il n'indique pas dans cette, localité. La ligure que donne Kùtzing de la N. vostrata ressemble par son contour à la N. sculpta et sans doute, d'après un exemplaire trouvé par lui dans le dépôt de Santa Fiore (Ehrenberg ne le figure pas). II remarque, en outre, que les stries sont fines et ne se voient que sur les valves sèches, mais il ne parle pas de l'espace dénudé impair. W. Smith ne remarqua pas non plus cet espace sans gra- nules. N'ayant jamais eu sous les yeux des individus au- thentiques de la Nav. lumens, je suis enclin à douter de l'identité de cette forme, mais il est possible que Smith n'ait observé que des individus conservés dans le baume. Grùnow dans son travail intitulé : Ueber neue oclev ungenùgend gekannte Algen,j>. 540, renvoie avec doute la forme Bohémienne à la N. vostrata qu'il dit ne pas avoir pu trouver dans le dépôt de Santa Fiore. Je ne pense pas que cette forme ni le C. clypens soient indigènes en ce dépôt, car aucune autre forme marine ni d'eau saumâtre ne s'y rencontre. Suvivella cavdinalis. Kitton. — S. limosa Bailey et non Brightwell, n'est bien certainement pas la même espèce que la S. guatemalensis, Ehr. comme le suggère Smidt dans son Atlas; mais elle est sans aucun doute identique à la S. ovata Ehr. La seule diffé- rence appréciable réside dans la plus grande largeur de XXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOl'IE. la partie supérieure de la valve chez la S. ovata, tandis que la longueur correspond à celle de la S. cardinalis.. La S. guatcmalensis est une espèce beaucoup plus petite qui manque de l'apparence « en charnière » du sommet que présente la première espèce. Si mon appréciation est exacte, les noms donnés par moi et par Bailey devront faire place à celui d'Ehrenbcrg et la S. ovata de Kutzing deviendra à la S. minuta, qui n'en constitue qu'une variété. La S. limosa est identique à la S. elegans Ehr. FlG. 1. Surirclla ovata. Var. cardinalis F. Fttî. -2. Sur. gualemalensh. Ehr L'assemblée décide l'impression au bulletin mensuel du travail de M. Kitton et lui vole des remerciements. L'ordre du jour étant épuisé, In séance est levée à 10 1/4 heures. BULLETIN DES SÉANCES. XXXV11 REYIE ANALYTIQUE ET CRITIQUE Reproduction des Ascomjcètes (stylospores et spermaties), par M. Maxime Cornu, Docteur ès-sciences, aide naturaliste au Muséum. L'impossibilité de faire germer les spermaties avait fait regarder ces corpuscules comme les organes mâles de la reproduction sexuée. M. Cornu, en opérant avec un liquide nutritif, a provoqué la germination des sper- maties des Diplodia acerina et vulgaris, de plusieurs Valsa, du Massaria Platani et de bien d'autres encore. Après deux mois de culture, il a même obtenu les pycnides et les stylospores de YAglaospora profusa, dont il avait semé les spermaties sur des branches de Robinia. Les spermaties doivent donc être considérées comme une sorte particulière de spores très-petites, qui ne germent pas en général dans l'eau pure, mais seule- ment dans les milieux nutritifs que ces spores rencon- trent dans l'écorce crevassée des vieux arbres. Quant au caractère distinctif des spermaties, l'auteur cherche à l'établir par une étude comparative des sper- maties et des stylospores dans un grand nombre d'es- pèces. Il croit même reconnaître l'identité de certaines conidies avec les spermaties, et l'identité d'autres coni- dies avec les stylospores. Cette heureuse simplification permettrait de ne considérer, dans la reproduction si embrouillée des Ascomycètes, que deux sortes de spores asexuées : des stylospores et des spermaties, naissant KXXVII1 SOCIÉTÉ BELGE DE MICR0SC0P1E. librement ou dans l'intérieur de cavités, et existant seules on simultanément avec les périthèces. L'auteur avoue cependant que des recherches ulté- rieures sont nécessaires pour montrer si cette concep- tion a bien toute la généralité qu'elle paraît avoir. De la fécondât ion chez les algues et en particulier chez rtlothri* seriata. Un Ulothrix que l'on ne peut rattacher avec certitude à aucune espèce connue a été nommé par M. Cornu Ulothrix seriata. Voici les particularités observées sur cette plante. 1" Reproduction asexuée : Chaque cellule donne nais- sance à deux zoospores qui sont mises en liberté par la dissolution de la membrane de la cellule-mère; cette résorption est précédée d'un gonflement considérable de la membrane. 2° Reproduction sexuée : Deux masses protoplasmi- ques munies de chlorophylle occupent d'abord les deux extrémités d'une cellule; elles s'avancent ensuite l'une vers l'autre, et après une demi-heure environ, se réu- nissent au milieu de la cellule pour se confondre en une sphère qui s'entoure plus tard d'une membrane. Ce mode de fécondation est évidemment le plus simple qu'on puisse imaginer. Il rappelle l'accouple- ment des zoospores du Pandorina Morum décrit par M. Pringsheim; mais ici c'est le plasma d'une seule et unique cellule qui se sépare en deux parties, l'une mâle, l'autre femelle, dont la réunion nouvelle constitue un acte fécondateur à l'intérieur même de la cellule-mère. C'est peut-être à des phénomènes semblables qu'il BULLETIN DES SEANCES. XXXIX faut attribuer la production des chronospores que l'on rencontre chez certaines algues, notamment les Drapar- naldia et Chœtoplwra. Causes qui clétferii&inesîà la mise en libes*té des eorps agâ!es ehez les végélasix inférieurs. On connaît Faction de la lumière sur la déhisccnce des sporanges chez les algues : deux faits curieux mon- trent de quelle manière la lumière intervient dans ce phénomène physiologique. Des prothalles de Fougère mâle, conservés dans de l'eau pure en flacon bouché, demeurent plus de seize mois dans le même état : jamais la déhiseence des an- théridies ne peut s'y opérer. Mais vient-on à retirer quelques prothalles du flacon, aussitôt les anthérozoïdes s'échappent abondamment. — Lorsqu'on cesse de re- nouveler l'eau dans laquelle on cultive certains cham- pignons aquatiques, on voit parfois un nombre con- sidérable de sporanges bien conformés rester sans changement pendant plusieurs semaines. Il suffit alors de renouveler l'eau, pour provoquer immédiatement la déhiseence de tous les sporanges. Dans ces deux cas l'aération de l'eau donne aux zoospores et aux anthérozoïdes déjà formés l'énergie suffisante pour se mettre en liberté. On peut en con- clure que c'est l'oxygène dégagé par la chlorophylle sous l'influence de la lumière qui, chez les Algues, est la cause prochaine de la déhiseence des corps agiles. D'ailleurs toute cause capable d'augmenter l'activité des mouvements protoplasmiques favorisera la sortie des corpuscules agiles : c'est ainsi qu'une élévation de XL SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. température peut provoquer la sortie des zoospores des Algues plusieurs heures après-midi. Note sur Fantliraeuose et le Cladosporiiim vitieolum. L'anthracnose est une nouvelle maladie de la vigne observée en 1877; elle est causée par un champignon, le Phoma uvicola. — Une autre maladie, due au Clados- porïurh viticolum, n'est heureusement à craindre que dans les années humides qui favorisent son développe- ment. \oE MICROSCOPIE. Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission, comme membres effectifs de : M. Masquelin, à Liège, présenté par MM. Cornet et Vanden Broeck. M. Blavy, avoué licencié, à Montpellier (France), pré- senté par MM. Cornet et Ledeganck. M. Walker, industriel, à Lille, présenté par MM. Cor- net et Ledeganck. MM. Masquelin, Blavy etWalker sont élus membres effectifs de la Société. Le Conseil propose l'admission, comme membre cor- respondant de M. le docteur O.-E.-R. Zimmermann, de Chemnitz, proposé par MM. Ledeganck et Cornet. Le docteur Zimmermann est élu membre correspon- dant de la Société. Travaux des membres. M. Casse, donne lecture du rapport ci-dessous, au nom de M. Ledeganck. Messieurs, L'envoi dont le docteur Zimmermann à fait gracieu- sement hommage à la Société se compose d'une série de quarante-huit préparations, ayant trait, pour la plupart, à la mycologie et spécialement aux champignons infé- rieurs, tant parasites que saprophytes. Nous y remarquons tout d'abord la série si nombreuse BULLETIN DES SEANCES. LUI et si variée des « moisissures. » Les genres Pénicil- lium, Mueor, Aspergillus, Chœtocladium, etc., y sont représentés, dans leurs espèces les plus communes, par de magnifiques échantillons. Cette série de moisissures offre un intérêt pratique exceptionnel pour le médecin- légiste, souvent appelé, dans des cas d'empoisonnement par denrées alimentaires avariées, à préciser les espèces de champignons trouvés sur les matières saisies. La collection du docteur Zimmermann nous offre, sous ce rapport , ce que l'on peut appeler des échantillons- types. Nous remarquons ensuite une série de champignons épiphytes parmi lesquels une foule d'espèces rares et intéressantes. Nous citerons entre autres : Phytophthora infestons, le champignon qui produit la maladie de la pomme de terre; un genre très-voisin, Peronospora parasitica; le singulier A sterosporium Hoffmanni, pa- rasite du hêtre, et le non moins curieux Hirudinaria macrospora parasite de l'aubépine et dont les sporanges affectent la forme de sangsues entrelacées; le Lasiobo- tlirys lonicerœ, parasite du chèvrefeuille dont la fructi- fication simule un nid d'oiseau contenant des œufs; puis une série de genres moins rares et à espèce plus nombreuses : Melampsora; Phragmidium; Melanco- nium; Pueeinia; Mâcrosporium; Poronia; Aglaospora; Uropyxis (espèce exotique); Protomyces; Cephalotlie- rium; Bispora — représentés chacun par une ou plu- sieurs espèces. Mentionnons encore deux genres des plus intéressants quoique d'une organisation des plus élémentaires : Torula appartenant au groupe des fer- ments figurés, et Bacillus, champignon qui produit la décomposition caséeuse des œufs, et qui exige, pour LIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. être reconnu au microscope, un grossissement d'au •moins 1000 diamètres. Le docteur Zimmermann a ajouté à son intéressant envoi, une brochure portant pour titre : Les 'organismes qui produisent la décomposition des œufs. C'est un travail d'érudition, fort soigné en ce qui concerne la partie historique et bibliographique. Je propose, Messieurs, de voter des remercîments à l'auteur, et de lui décerner le titre de membre corres- pondant. L'assemblée adopte les conclusions de ce rapport. La parole est ensuite donnée à M. Alex. Fœttinger. l'n mot sur les Grégarines. Résumé de la Conférence. Après avoir exposé les caractères morphologiques et physiologiques des Protozoaires, et dit quelques mots sur leur classification, M. Fœttinger donne un aperçu de nos connaissances présentes sur les Grégarines. Il commence par faire l'historique de la question. Cavolini fut le premier qui observa ces animaux; il les découvrit dans les organes appendiculaires de l'es- tomac du Cancer depressus ; Dufour, en 1828(1), donna à ces organismes le nom de Grégarines parce qu'ils ont l'habitude de vivre en troupeaux. Depuis, nombre de savants se sont occupés de ces êtres inférieurs et ont résolu la plupart des questions relatives à leur organisation et à leur développement; "(1) Ami. se. nat., 1" série. I. XIII, p. 206, 1828. BULLETIN DES SÉANCES. LV cependant il reste encore quelques faits inexpliqués. Parmi les auteurs qui ont travaillé «à nous faire con- naître les Grégarines, on peut citer Dufour, Siebold, Hammerschmidt, Henle, Frantzius, Kcelliker, Stein, Bruch, Leydig, Leidy, A. Schmidt, Lieberkùhn, Leuckart, Rav-Lankester, Ed. Yan Beneden, Eimer et ■ A. Schneider. Les Grégarines sont des Protozoaires nucléés, possé- dant une symétrie monaxome, généralement cylindriques ou ovoïdes. Elles présentent à considérer une membrane cellulaire et un contenu fortement granuleux renfermant le noyau. Les deux extrémités du corps sont ordinaire- ment bien différenciées et montrent souvent des carac- tères particuliers. L'extrémité antérieure, qui peut être séparée de la partie postérieure par une cloison, possède parfois des appendices en forme de crochets, de trompe, etc. Chez certaines Grégarines on distingue sous la cuticule ou membrane cellulaire, une couche de fibrilles muscu- laires, de sorte que dans la description d'un de ces Pro- tozoaires, l'on doit passer en revue la cuticule, la couche de fibrilles musculaires, l'ectosarc, l'endosarc, le noyau; il faut y ajouter la ou les cloisons et les appendices du pôle céphalique. M. Fœttineer examine chacun de ces éléments. Revenant sur la forme du corps, il cite les étran- glements transversaux que celui-ci peut présenter. L'on distingue souvent près de l'extrémité antérieure un étranglement annulaire qui divise le corps en deux parties : l'une antérieure, l'autre postérieure; ces deux parties sont séparées .par une cloison. La chambre antérieure, ainsi qu'on peut le constater LV1 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. en suivant le développement embryonnaire, se forme aux dépens de l'ectosarc et les granulations que l'on y rencontre sont différentes de celles de la chambre posté- rieure. Celle-ci se constitue de l'ectosarc et de l'endosarc, dans lequel se trouve le noyau. Les dimensions de ces Protozoaires sont excessive- ment variables d'une espèce à l'autre; M. Ed. Van Beneden ' a découvert dans l'intestin du homard une Grégarine qu'il a désignée sous le nom de Gregarina gigantea et qui atteint jusqu'à 16 millimètres de long, et les grégarines sont monocellulaires! La cuticule, à simple ou à double contour, est parfai- tement transparente, sans structure; elle ne présente aucune trace de pore ; c'est une enveloppe continue qui entoure complètement le corps de l'animal. Quelquefois elle montre des stries d'ornement. De plus, la Grégarine ne possède ni pseudopodes, ni cils vibratiles. Sous la cuticule se trouve l'ectosarc ; c'est une couche d'une substance claire, assez résistante, homogène; lorsqu'elle renferme des granulations (ce qui arrive quelquefois), celles-ci sont excessivement ténues et ne ressemblent point à celles de la couche médullaire ou endosarc. L'ectosarc peut faire défaut. Cette couche ecto- sarcique est le siège des fonctions animales de l'orga- nisme; c'est elle qui est chargée de la sensibilité et de la motilité. Entre la membrane cellulaire et l'ectosarc, on trouve chez beaucoup de Grégarines une couche formée par des fibrilles parallèles entre elles et équidistantes, qui tantôt sont transversales, tantôt sont disposées en spirale; chez quelques espèces enfin, ces fibrilles s'anasto- mosent entre elles de façon à former une couche réti- BULLETIN DES SEANCES. LVII culée. Chez la Gregarina gigantea ces fibrilles circulaires ou spiraloïdes sont homogènes, transparentes, très-réfrin- gentes et font défaut en avant de la cloison qui sépare la chambre antérieure de la chambre postérieure. Que sont ces fibrilles? J M. Ed. Van Beneden, qui les observa le premier, les découvrit chez la Gregarina gigantea (1) et les considéra comme des fibrilles musculaires au même titre que celles des infusoires. Cependant, ces fibrilles ne peuvent produire les posi- tions observées chez la Gregarina gigantea , lorsqu'elle se plie plusieurs fois sur elle-même. Aussi, M. Aimé Schneider fait-il la réflexion sui- vante (2) : « Jusqu'à quel point ces fibrilles ne pour- raient-elles pas être considérées comme des organes de soutien est une question qui se laisse poser, bien qu'on ne puisse non plus prouver que cette vue soit exacte. » A cette remarque l'on peut répondre que la cuticule remplit déjà ce rôle d'organe de soutien, que ces fibrilles ne sont pas des dépendances de la cuticule, mais qu'elles se développent dans l'ectosarc, c'est-à-dire dans la couche musculaire de l'organisme; de plus, l'opinion que ce sont des fibrilles musculaires, s'accorde bien mieux avec ce que l'on connait aujourd'hui sur l'organi- sation des Protozoaires, "bien que cependant leur rôle chez les Grégarines soit encore une énigme que jusqu'à présent l'on n'a pu résoudre. L'endosarc ou substance médullaire est constitué par (1) Ed. Van Beneden. Note sur la structure des grégarines. (Bull. Acad. se. helg., & s érie, tome XXXIII, p. 210, 1873 ) (2) Aimé Schneider. Contribution à l'histoire des grégarines. (Archives de zoologie expérim. de H. de LaCaze-Duthiers, t. IV, p. j09). LVIII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. un liquide clair, visqueux, tenant en suspension une grande quantité de granulations de forme et de dimen- sions variables, et dont le nombre augmente avee la grandeur de l'animal. On distingue parfois une striation longitudinale qui peut disparaître et apparaître de nouveau, et qui pro- vient de la présence de cannelures à la surface de la couche médullaire. Les Grégarines ne présentent ni orifice buccal, ni solution de continuité dans leur cuticule ; aussi les sub- stances nutritives ne peuvent pénétrer dans leur corps que par voie d'endosmose. Le noyau, qui est situé dans l'endosarc, est ellipsoïdal ou sphérique ; sa surface est bien lisse et, par la com- pression, on peut s'assurer qu'il est vésiculeux; cepen- dant la membrane d'enveloppe est mince, car elle est susceptible de légers changements de forme quand une pression extérieure vient agir sur elle, ainsi que l'a montré M. Ed. Van Beneden (1). Certains auteurs par- lent de deux noyaux. On observe habituellement un ou plusieurs nucléoles, et, chose curieuse, ces nucléoles peuvent apparaître et disparaître spontanément comme cela a été observé chez la Gregarina gïgantea (2). On distingue chez certaines espèces (Actinocephaliis, HoplorhynchusoligocanthuSyStylorhynchusoblongatus, Stylorhyncus longirostris, Gcneiorhijncluis Monnieri (3)) (1) Ed. Van Beneden. Bulletin de l'Académie royale de Belgique; %<■ série, I. XXVIll, p. il!).) (2> Ed. Van Beneden. Bulletin de i 'Académie royale de Belgique, 2 e série, I . XXVIII, p. ii9.) (3) Aimé Schneider. Archives de zoologie expérimentale, vol. IV, page -496. BULLETIN LIES SÉANCES. LIX des appendices situés à l'extrémité antérieure du corps. Tantôt c'est une trompe plus ou moins allongée, dont l'extrémité est pourvue d'un petit plateau dentelé sur les bords, ou bien simplement arrondie; tantôt ce sont des dents très-fines disposées en séries multiples sur une trompe renflée en massue. La cloison qui sépare la chambre antérieure de la partie postérieure est complète et ne permet pas le passage des granulations d'une chambre à l'autre. Ordinairement, cette cloison est perpendiculaire au grand axe de l'animal ; mais parfois, comme dans le genre Bothriopsis, quoique insérée normalement à l'axe longitudinal de la Grégarine, cette cloison proémine à l'intérieur de la chambre antérieure pendant l'état de repos et peut, dans certains cas, se retourner comme un doigt de gant (1). M. Fœttinger passe ensuite à l'exposé du développe- ment embryonnaire des Gréçarines. Lorsque la Grégarine a atteint son complet dévelop- pement, elle s'enkyste, c'est-à-dire s'enroule sur elle- même, ou bien se dilate en un point de telle sorte que la dilatation continuant, elle a bientôt absorbé tout le corps du Prolozaire. Quel que soit le procédé, la Gréga- rine, après un certain temps, se trouve transformée en une masse sphérique, granuleuse, homogène, dans laquelle on ne distingue plus aucune partie différenciée; la cuticule, l'ectosarc, l'endosarc, le noyau, les fibrilles musculaires, etc., tout cela s'est fusionné en une seule substance granuleuse, qui prend la forme d'une sphère et s'entoure d'une membrane; la grégarine est dite alors enkystée. (i) A. Schneider. Arch. de zool. expér., t. IV, p. 515. LX SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. On a observé la conjugaison chez certaines espèces ; deux individus se rapprochent, se juxtaposent, exécutent certains mouvements, puis se confondent en une masse unique qui s'enkyste. Les kystes ont la forme de sphère; leur contenu granuleux se transforme à un moment donné en psoros- permies. Chez la Gregarina gigantea, ces kystes par divisions successives peuvent donner naissance à un plus ou moins grand nombre de kystes secondaires, qui eux produisent alors des psorospermies (1). Lorsque le kyste est constitué, la formation des pseu- donavicelles a lieu, soit par fractionnements répétés, soit par transformation de la partie périphérique de la masse granuleuse, en un nombre plus ou moins consi- dérable de petites sphères, qui deviennent plus tard des psorospermies. M. Aimé Schneider (2) relate deux faits particuliers à la formation des pseudonavicelles ou psorospermies encore appelées spores. Le premier a été observé dans des kystes de Stylo- ihynclius ohlongatus. A la périphérie du contenu kys- tique se forme des masses sporiques qui deviennent indépendantes, puis s'allongent et se mettent à exécuter des mouvements d'extension et de contraction. Ces mouvements s'arrêtent après une vingtaine d'heures, et les petites masses s'entourent d'une membrane pour constituer des spores définitives. Le second de ces faits consiste dans l'existence d'une (1) Ed. Van Beneden. Bulletin île l'Académie royale de Belyiq ne, 2, e sév'H\ t. 28, p. 454. (2) A. Schneider. Archives de zoologie expérimentale, t. IV, p. 526. BULLETIN DES SÉANCES. ' LXI phase spéciale de la formation des psorospermies chez certaines Grégav'ines (Clepsidrina .et Gamocystis), qui se caractérise par un « aspect de mosaïque ; » seulement, les observations n'ont pu être complétées sur le sort ultérieur de ces spores en voie de développement. Habi- tuellement, lorsque le kyste est suffisamment avancé en âge, il se rompt par suite de l'augmentation de volume du contenu et les spores deviennent libres. Chez le «S/;/- lorlujnclius oblongatus, où les spores présentent de si curieux mouvements, la masse centrale du kyste s'en- toure à un moment donné d'une membrane, devient un pseudokyste qui grandit peu à peu ; bientôt le kyste se rompt par suite de cet accroissement de volume et les spores, qui se sont formées entre la paroi du kyste pri- mitif et le pseudokyste, deviennent libres. Chez d'autres Grégarines encore •(ClepsidrinaetGamo- cijstis (1), on observe dans la zone superficielle des kystes, des tubes au nombre de trois, quatre, six, d'une couleur rouge-brique ou brunâtre, désignés sous le nom de sporoductes. Ceux-ci d'abord contenus à l'intérieur du kyste , font ensuite saillie à l'extérieur (phéno- mène qui est probablement dû à l'augmentation de volume de la masse kystique) et donnent passage aux spores. Les pseudonavicelles, encore désignées sous le nom de corps naviculaires, ont généralement une forme régu- lière ; elles sont simples ou concrètes ; dans ce dernier cas elles semblent résulter de la fusion de deux ou trois spores en une seule. Chez le Monocyslis du Lombric, les psorospermies sont ordinairement fusiformes, pour- vues d'un petit renflement à chacune de leurs extrémités (1) A. Schneider. Op. cit., p. 530. LX1I SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. et renferment un contenu granuleux ; ce dernier, après s'être éclairci et étendu dans toute, la longueur de la spore, se divise presque en totalité en ce que l'on a désigné sous le nom de corps falciformes; le reste du contenu forme le nucléus de reliquat (1). Si l'on comprime légèrement ces pseudonavicelles arrivées à ce moment du développement, elles se brisent et les corps falci- formes deviennent libres ; au 'moyen de réactifs appro- priés, on peut constater que ceux-ci sont pourvus chacun d'un noyau. Ces corpuscules croissent et deviennent de véritables Grégarines. Chez la Grcgarina gigantea le développement n'a pas lieu de la même façon. Yoici, en résumé, ce qui a été observé sur ce sujet par M. Ed. Van Bcneden (2). Dans l'intestin du homard, on trouve des corps moné- riens, formés d'une petite quantité de matière finement granuleuse, sans noyau ni membrane et doués de mou- vements amœboïdcs, Ces masses proviennent de psoros- permies. Après avoir mené pendant quelque temps ce genre de vie, ces corps cessent de se mouvoir, prennent une forme plus ou moins sphérique, et la couche péri- phérique de leur plasson devient plus consistante que la partie centrale. Puis, l'on voit apparaître deux pro- longements, l'un est presque dépourvu de mobilité; l'autre plus long, à contenu plus opaque, plus réfrin- gent que le premier^est très-mobile, exécute des mou- vements très-curieux et se distingue aisément de ce dernier. Ces corpuscules pourvus de bras sont désignés par le savant professeur de- l'Université de Liège sous le (1) A. Schneider. Op. cit., p. 537. (2) Ed. Van Beneden. Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 2 e série, t. 31. p. 525. BULLETIN DES SÉANCES. LXIII nom de cytodes générateurs. Lorsque le prolongement mobile s'est accru suffisamment, il se sépare du cytode, devient libre et se meut à la façon des Nématodes. Le bras rigide grandit peu à peu, se développe aux dépens du corps monérien, en absorbant petit à petit la substance de ce dernier, et prend de plus en plus les caractères du bras mobile. Ces filaments protoplas- miques sont doués d'une grande agilité; ils se meuvent dans l'intestin du homard et leurs mouvements anguilli- formes leur a fait donner par M. Ed. Van Beneden le nom de pseudofilaires. Ce même auteur a ainsi renversé expérimentalement cette opinion longtemps acceptée que les grégarines se rattachaient à l'évolution des Nématodes. Les pseudofilaires présentent une extrémité antérieure renflée contenant un amas de granulations très-réfringentes ; leur extrémité postérieure au contraire est effilée. Les pseudofilaires mènent pendant un certain temps cette vie active, puis deviennent immobiles, se raccour- cissent tout en s'élargissant, et une tache ronde, foncée, se montre au milieu du corps ; cette tache, d'abord mal délimitée, prend des contours de plus en plus nets, c'est le nucléole, autour duquel apparait plus tard une zone claire et transparente, qui deviendra le noyau de la gré- garine. Le pseudolilaire se raccourcit de plus en plus et prend une forme de biscuit. Le protoplasme proémine à l'extrémité antérieure du corps, l'ectosarc se délimite de l'endosarc, la partie postérieure croît beaucoup plus rapidement que la partie antérieure, une cloison se forme entre ces deux portions aux dépens de l'ectosarc ; puis une membrane cuticulaire prend naissance à la surface du corps; plus tard les fibrilles musculaires J.X1V SOCIÉTÉ BELGE DE BÛCROSCOPIE. apparaîtront à leur tour et la grégarine sera constituée. M. Ed. Van Beneden a donc montré que ces orga- nismes monocellulaires, les Grégarines, passent dans le cours de leur évolution, par la phase de cytode ; ce cytode donne lieu aux pseudofilaires qui ne sont qu'une forme cytodique particulière. Ensuite il se développe un nucléole, puis un noyau à l'intérieur de ce plasson comme ce savant appelle la matière granuleuse" de ces cytodes. Ce nucléole et ce noyau se forment aux dépens de substances qui se trouvaient antérieurement répandues dans la matière plassique. Les Grégarines sont douées de mouvements excessi- vement curieux. Si l'on examine un de ces organismes en vie, on le voit s'avancer lentement et uniformément sans aucune contraction apparente, sans que les granu- lations du corps se meuvent. Quelle est la cause de ce mouvement? C'est une question restée irrésolue jusqu'à ce jour. Ces Protozoaires exécutent, en outre, des mouvements de latéralité; l'animal se recourbe de façon à appliquer telle ou telle portion de son corps contre le restant ; du côté de la flexion se produit un pli, tandis que du côté opposé le contour est légèrement arrondi. Chez cer- taines espèces on observe des mouvements de projection et de rétraction d'une partie du corps. Enfin, dans le corps des Grégarines, on observe de plus des courants de la matière protoplasmique. Les Grégarines se rencontrent en parasites chez les différents groupes du règne animal. Chez les vertébrés il n'y aurait que les psorospermies oviformes, qui ne sont que des Grégarines d'une forme particulière, les BULLETIN DES SÉANCES. LXV psorospermies utriculiformes et les psorospermies des poissons (1). Chez les mollusques on trouve des formes analogues. Les arthropodes sont abondamment pourvus de ces parasites. Les vers en renferment également, du moins certains groupes, tels que les Annélides,les Tuniciers,les Turbel- lariées, les Géphyriens. On en a observé aussi chez les Holothuries. Les Grégarines se rencontrent surtout dans les organes digestifs. Chez le lapin on connait une affection du foie, dési- gnée sous le nom de tuberculose du foie, et qui est pro- duite par la présence de corps, qu'Eimer (2) a démontré être des Grégarines très-simples. Ces Grégarines affectent la forme de cellules rondes qui dérivaient, croyait-on jadis, des tissus du lapin chez lequel on observait cette maladie. Chez le lapin on connait une Grégarine de l'intestin grêle analogue à celle du foie. Ces parasites ont été trouvés également chez l'homme, où ils déterminent certaines affections appelées gréga- rinoses. Gubler (5) cite un cas où ces Protozoaires avaient envahi le foie de Phomme; Dressler et Vir- chow (4) en ont trouvé dans le même organe. Linde- man (5) a observé à Nivni-Nowgorod, dans le rein de l'homme, des Grégarines semblables à celles du foie du lapin. Le même auteur a trouvé une Grégarine dans les (1) A. Schneider. Op. cil., p. 561. (2) Eimer. Ueber die ei-oder Kugelfœrmigen psorospermien der Wir- bcUIxicrc. Wûrtzburg, 1870. (3) Comptes rendus et mémoires de la Société de biologie, 1858, p. 61 et 1859. (4) R. Leuckart. Die menschlichen Parasiten, Bd. I, p. 740. (5) R. Leuckart. Ibid., p. 741. 5 LXVI SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. cheveux d'une jeune fille, qui souffrait depuis quelque temps de maux de tête. R. Leuckart émet cependant des doutes sur la nature des parasites cités dans ce der- nier cas. Lebert (1) a observé une affection semblable du système pileux. Enfin, Eimer a vu deux cas où l'épi- thélium de l'intestin de l'homme fut entièrement envahi par ces organismes. M. Fœttinger termine sa conférence en faisant remar- quer, qu'il a simplement donné un résumé de nos connais- sances sur ces intéressants Protozoaires, et exposé d'une façon bien incomplète les découvertes et les opinions des différents auteurs qui se sont occupés de cette ques- tion. M. Fœttinger fait ensuite quelques démonstrations. Il indique la méthode employée pour se procurer les Grégarines du Lombric, et la façon dont on doit procéder pour observer les différents détails anato- miques, et les diverses phases du développement de ces organismes. L'assemblée décide l'impression au Bulletin du résumé de la conférence de M. Fœttinger. M. le docteur_H. Van Heurck adresse la communica- tion suivante : NOTES DE MICROGRAPHIE Par le D r Henri Van Heurck Professeur-Directeur du jardin Botanique d'Anvers, etc. IIÏ JLa chambre claire du D' J.-G. Hofmami. Le docteur J.-G. Hofmann (29, rue Bertrand, à (1) Lebert. Physiologie pathologique. BULLETIN DES SÉANCES. LXVII Paris) bien connu par les beaux appareils d'optique qu'il construit — et parmi lesquels ses spectroscopes à vision directe, ses polarimètres à franges et ses autres instru- ments pour la polarisation tiennent le premier rang — nous a envoyé dernièrement le premier exemplaire du modèle définitif de sa nouvelle chambre claire pour microscope. Depuis longtemps il poursuivait la réalisa- tion de cet appareil, qui est basé sur le même principe que sa chambre claire pour paysage ; mais il a fallu bien des tâtonnements pour mener l'instrument à la perfec- tion où il est maintenant. Nous pouvons parler en con- naissance de cause de ces nombreux essais, car M. Hof- mann nous a envoyé successivement des modèles bien différents, avant d'adopter celui dont il va être question dans les lignes suivantes. Cette chambre claire présente sur toutes celles que nous connaissons l'avantage de montrer le crayon avec la plus grande netteté, tout en donnant les moindres détails da l'image. Quiconque est obligé de se servir fréquemment de la chambre claire sait combien jsont ennuyeux les tâton- nements qu'exigent les appareils ordinaires, surtout quand il s'agit de reproduire des détails très-délicats, tels, par exemple, que les ponctuations des valves des diatomées. Aussi sommes-nous persuadés que ce nouvel instrument, qui supprime ces fatigants tâtonnements, sera accueilli avec la plus grande faveur par les micro- graphes. La chambre claire d'Hofmann, telle qu'elle s'applique à un microscope horizontal, est représentée dans la fig. 1 ci-jointe; la fig. 2 en montre une coupe transversale. Comme on le voit dans cette figure, elle consiste d'abord LXVIII SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. Fig. 2 L Fig.k. en une combinaison de lentilles C (et non pas une len- tille biconvexe comme l'indique la figure, qui avait été gravée d'après une combinaison antérieure reconnue, plus tard, défectueuse) qui fait fonction d'oculaire. De là, l'image reçue par la glace argentée A est renvoyée par la seconde glace, à faces parallèles, B qui la trans- met à l'œil placé en E et qui regarde directement en même temps le crayon, à travers cette glace. Deux BULLETIN DES SEANCES. LXiX verres légèrement convexes, à courbures inégales et pouvant s'employer chacun isolément, ou les deux réunis, permettent de régler la vision parfaite du crayon pour les diverses vues. Comme on le voit, cette chambre claire supprime l'oculaire ordinaire du microscope. Lorsque la chambre claire est destinée à un micros- cope vertical, ce qui est le cas le plus fréquent, on utilise les pièces fig. 5 et 4 que le constructeur joint à celle précédemment décrite. La fig. 3 est un tube coudé contenant en N un prisme à hypothénuse argentée, destiné à transformer le microscope vertical en microscope horizontal. La partie H se glisse dans le coulant du microscope tandis que la chambre claire vient s'appliquer sur la partie G du tube. Dans la partie H de cette pièce coudée s'adaptent à frottement douxles lentilles piano-convexes, à faible cour- bure, montées dans les tubes marqués 2 et 5. Ces lentilles ont pour fonction de diminuer le gros- sissement donné par l'objectif. Elles peuvent donner trois modifications graduées du grossissement. Une pre- mière diminution, d'un quart environ du grossissement primitif, est donnée en glissant la lentille n° 2 avec son tube dans la pièce H ; une deuxième (moitié du grossis- sement primitif) s'obtient en dévissant la lentille n° 2 et en glissant toute la pièce n° 3 sur le tube n° 2 (privé de sa lentille) et enfin une troisième diminution plus con- sidérable — car le grossissement n'est plus maintenant que le 1/4 de ce qu'il était primitivement — s'obtient en revissant la lentille n° 2 et en employant les lentilles 2 et 3 superposées. Toutefois ces pièces supplémentaires exigent qu'il LXX SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. reste une certaine distance entre elles et l'objectif. On ne peut (Jonc les utiliser quand le tube de tirage est complètement enfoncé. Comme dans toutes les chambres claires, l'éclairage du papier doit être proportionnel à celui du microscope et, comme il est parfois utile d'assombrir le papier, M. Hofmann joint à l'instrument une petite glace à teinte enfumée, pour remplacer à volonté la glace paral- lèle blanche. M. le docteur Hofmann construit deux modèles de cette chambre claire. Le grand modèle ne diffère du petit que par la grandeur des lentilles C, qui donnent un champ do vision plus étendu. L'assemblée adresse des remercîments à MM. Fœt- tingeret Van Heurck pour leur intéressantes communi- cations. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 heures. REVUE Ai\ALYTI(JLE ET CIUTIQLE l)v al;;-!* ;t<|u;<' «Inh-is h charaeeis ex insillis S;mil\ iiiB a Sw. ISci*£^i*«ii, 1SÎ5 ro- |>oHutf i*. Serigtsh OHo \orES SÉANCES. LXXXIII tle la Société Entomologique suisse; de la Société de Borda à Dax; de la Société de naturalistes de Modène; de la Société des sciences naturelles de Neuchâtel; de la Société helvétique des sciences naturelles, 60° session ; de la Société d'histoire naturelle de Berne; de la Société impériale des naturalistes de Moscou; de la Société cryptogamique italienne; de la direction du Zoologi- scher Anzeiger de Leipzig ; du popular Science Review ; du Quarterly Journal de Londres; du journal de Photo- graphie de Paris. Ouvrages offerts : Manuel d'histologie normale, (l re fascicule), par le docteur J. Pelletan. Notes micrographiques, par M. R.-H.Ward, de ïroy (New-York). La diabase de Chattes, par M. A. Renard. La Société vote des remerciements à MM. Pelletan, Ward et Renard. Propositions du Conseil : Le Conseil propose Tadmissron, comme membre ef- fectif, de M. Yaughan, présenté par MM. Vanden Broeck et Rutot. M. Yaughan est élu membre effectif. Le Conseil propose l'admission, comme membre as- socié, de M. Amb. Delacre, étudiant, présenté pur MM. Ledeganck et Cornet. M. Delacre est élu membre associé. Le président annonce à l'Assemblée que le Conseil est unanimement favorable à l'acceptation du local offert au Jardin botanique de l'État. LXXXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOP1E. La proposition du Conseil, soumise à la sanction de l'Assemblée, est adoptée à l'unanimité. En conséquence, le transfert de la Société dans les nouveaux locaux, aura lieu à bref délai. Le président propose d'adresser une lettre de remer- ciements à M. Dupont, directeur du Musée royal d'his- toire naturelle, ainsi qu'à la Société Entomologique de Belgique, pour la bienveillance qu'ils ont témoignée à la Société en lui donnant l'hospitalité dans leurs locaux. Cette proposition, appuyée par M. Michelet, est adop- tée par acclamation. Le président propose de voter des remerciements à M. Crépin, directeur du Jardin botanique de l'État et à M. Cornet, secrétaire de la Société, pour la part active qu'ils ont prise dans les démarches qui ont abouti à mettre la Société en possession d'un local. Cette proposition est adoptée à l'unanimité. Travaux des membres. M. Rutot donne lecture du travail suivant : Les diatomées terrestres Par Julien Deby, Vice-Président de la Société. Au mois de mai I8i8, Elirenberg présenta k l'Aca- démie des sciences de Berlin (I) une note sur la faune dcndrologique(Baumfauna) microscopique du Venezuela, d'après des matériaux récoltés par Karstcn sur des fou- gères parasites (Lomaria lineata et Cheilanthcs glabra Karst.) des montagnes de la côte près de La Guayra. (!) Bericlite,]i.2U. BULLETIN DES SÉANCES. LXXXV La liste des espèces renferme vingt-sept formes orga- niques vivantes, parmi lesquelles se trouvent dix espèces de rhizopodes (Arcelles et Difïlugies) et dix-neuf formes plus ou moins distinctes de diatomées, dont voici la liste : Discoplea dendrochaera (Sp. N.). Euiiotia monodon. Oallionella spiralis'l Himantidium gracile. — Arcus. Liparogyra dentrotères (Gen. et Sp. N.) — circularis — \a viciiia Formica ? — Semen — Silicula. Pinniilaria Borealis ce, a (f. n.).. — decurrens ? Porocyclia dendrophila (Gen etSp. N.). Staiironeis Fenestra? Stanvopteva, dendrobates (Sp. N.). Steplianosira epidendron (Gen. et Sp. N.). — Hamadryas — TaSiellaria trinodis. Les diagnoses des genres et des espèces nouvelles sont données dans cette notice d'Ehrenberg, mais les figures des types les plus intéressants ne furent publiées (sans aucun commentaire) qu'en 1871, dans le travail intitulé : « Ubersicht der seit 1847 forlgesetzten Unter- suchungen ûber dus von der Atmosphâre unsichtbar LXXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. getragene reiche organische Leben, etc. » Extr. »Abh. Kôn. Akad. z. Berlin (I). Au mois d'octobre 1848, Ehrenberg rendit compte de ses recherches sur les matières microscopiques portées par l'atmosphère et recueillies en divers endroits pour servir à l'étude des causes pouvant produire le choléra ainsi que comme complément à son grand ouvrage sur les poussières atmosphériques, intitulé : « Passât Staub und Blut Regen, » présenté à l'Académie en 18i7 (Abhandl.) et tiré à part avec suppléments en 1849. Ehrenberg (2) avait trouvé sur le toit de l'école vétéri- naire de Berlin YEunotia amphyoxis et la Pinnularia borealis, deux espèces qu'il avait déjà indiquées comme caractéristiques des poussières de toutes les parties du monde et de toutes les élévations au-dessus du niveau des mers. En lavant des prunes achetées par lui sur le marché public de Berlin, il retrouva dans les eaux de lavage ces deux mêmes espèces et il les obtint de nouveau en dépouillant des mousses rapportées parle docteur Peters de Mozambique. De la mousse prise sur un mur, à hauteur d'homme, à Beyrouth, en Syrie, lui fournit les mêmes espèces, ainsi que la mousse qu'il avait recueillie sur les fameux cèdres du Liban, en 182i. Il (1) Bericht, p. 379. (2) A la planche II, A. de ce dernier mémoire on trouvera : Fig. 1.2, «tauroptera dendrobates. — 5.4, IJparogyra (2) circularis. — 5 à S, — dendrotêres. — Article terminal du même. — 10.11, wiHcoplea dendrochacra. — 12 à lfi, J*tephaiioslra cpiitcndron. — 17 à 20, — Hamndryas. — 21 à 2.*>, Porocyclia dendrophila. BULLETIN DES SEANCES. LXXXVH les retrouva encore sur le sommet des tours de la place des Gendarmes, à Berlin. Dans un grand nombre des cas que nous venons de signaler et surtout parmi les derniers cités, ces diato- mées sont spécialement indiquées par Ehrenberg comme vivantes, c'est-à-dire renfermant de l'endochrôme et en voie de déduplication « lebend und in selbsttheilung. » Une nouvelle espèce trouvée sur la mousse des arbres aux environs de Berlin est ajoutée, par cet auteur, à. la liste antérieure des diatomées dendrologiques : c'est le Stephanosira europea (1). Dans son travail, publié en 1871, Ehrenberg rappelle le fait de la poussière météorique tombée en 1815 en Calabre, et qui contenait des exemplaires desséchés pen- dant la vie et au moment de la déduplication. La poussière tombée à Lyon en 1846 en renfermait également avec l'endrochrôme encore vert. Depuis cette époque, l'on a fréquemment retrouvé hors de l'eau YEunotia (Nitschia)amphyoxiset la Pinnularia borealis, avec leur contenu coloré. Dans les poussières récoltées en 1834 à la frontière russo-chinoise, en 1844 à Quito, en 1848 dans la basse Silésie et en diverses autres loca- lités, dont on trouvera la liste dans les travaux d'Ehren- berg, ce fait a été signalé. Le célèbre micrographe se demande, dans l'une de ses dernières publications (2), mais sans pouvoir y répondre, comment il se fait que parmi les quatre cents espèces de diatomées connues par lui des environs de Berlin, il soit possible que deux espèces parmi les plus (1) Un Liporogyraje L. spiralis de la Guyane, avait été figuré en 1851 dans la Mikrogeologie, p. 3-4, 5 A, f. 1.5. (2) Uebersicht, etc.,1. c, 1871, p. 102. LXXXV11I SOCIÉTÉ BELGE DE M1CU0SC0PIE. communes de celles qu'on rencontre dans les poussières atmosphériques (Passatstaub) et qui sont aussi celles que l'on rencontre le plus fréquemment dans les poussières qui se déposent à Berlin, soient de la plus grande rareté à Y état vivant au niveau du sol? Peu de naturalistes se sont occupés de la recherche des diatomées hors de leur habitat habituel dans les eaux douces, saumàtres ou marines, à l'exception de feu WalkerArnott, dans la collection duquel se trouvent deux récoltes faites par lui-même sur de la mousse recueillie sur des ormes, l'une près d'Ulverstone, l'autre à Paria-house dans le Pertshire. Une troisième récolte, en ma possession, en fut faite par C. Johnson à Ortner, Wyendale, près de Lancaster, en Angleterre, parmi YHypnum complexatum « from elm trees » et enfin une quatrième par leRév.Cresswell, près de Teignmouth, également sur la mousse des ormes. Les espèces déterminées par Walker Arnott sont, d'après ses propres annotations inédites, les suivantes : l/lverstone. Orlncr. Teignmouth. Pertshire Orthosira mirabilis -+- -4- + — — spinosa H- -f- -f" ~*~ Navicula mutica + -f- + -f- Syn. Stauroneis semen, Ehr. — Fusilla — — + I*iianulaE*ia borealis — 4- -+- + i^Iitscliia amphyoxis — — H- -f- Ainpliora a/finis — — H- — Aclinaiili«lÎBiiii coarctatum — — + — (Les croix indiquent la présence de l'espèce dans la récolte.) BULLETIN DES SÉANCES. LXXXIX Comme il y avait lieu de s'y attendre, la Nitschia amphyoxis et la Pinn. borealis existent ici en grande abondance et munies de leur endochrôme et, en outre, elles y sont accompagnées d'au moins deux des espèces décrites par Ehrenberg comme propres aux forêts du Venezuela, dans l'Amérique méridionale, car XOrthosira mirabilis W. Sm. (Syn. Brit. Diat., p. 65) reçue par cet auteur de M. Okedcn, qui l'avait rencontrée à Haverfordwest, dans le South-Wales, n'est, en réalité, que le Liparogyra dendrotères de Ehren- berg. D'autre part, XOrthosira spinosa de Grév. et de W. Smith est synonyme du Stephanosira epidendron d'Ehrenberg, mieux connu sous le nom de Melosira roseana, qui lui fut donné par Rabenhorst en 1852. Ralfs, dans Pritchard « Infusoria, » dit, en parlant de XOrth. roseana, « se trouve dans les cavernes et sur la mousse des arbres. Probablement commun. Malgré leur grande dissemblance apparente, feu le pro- fesseur Gregory croyait avoir tracé le passage du Liparo- gyra spiralis en cette espèce et un fait certain, c'est que ces deux formes sont presque invariablement asso- ciées. » Cette opinion est trop générale, car l'on trouve fort souvent XOrthosira sans son compagnon, surtout dans l'intérieur des grottes. Les plus beaux échantillons que nous possédons se rencontrent dans des récoltes faites par G. Dickie, dans une caverne située près de Skaterau, sur la côte de Kincardine qui ne contiennent pas le Liparogyra. En conclusion de ce qui précède, j'ai lieu de croire que les espèces de diatomées signalées plus haut et probablement un nombre assez considérable d'autres XC SOCIETE BELGE DE M1CROSCOPIE. doivent être considérées comme espèces essentiellement muscicoles, vivant habituellement sur les arbres et en d'autres lieux exposés aux vicissitudes atmosphériques et surtout hygrométriques. Je recommande, en consé- quence, à mes collègues micrographes, le lavage métho- dique des mousses de toutes les provenances, en vue de la formation d'une liste des bacillariées qu'elles renferment à Y étal vivant. La présence de ces espèces dans les mousses d'arbre explique aisément le fait de leur présence dans les poussières atmosphériques sans qu'on ait pu, en certains cas, les retrouver vivantes dans les eaux douces avoisinantcs. C'est la solution de la question que s'était posé Ehrenberg sans parvenir à la résoudre. 11 est fort possible que ces diatomées sont de celles où les phénomènes de la déduplication, de la conju- gaison et de la formation des spores, sont des plus actifs, rapides et faciles à suivre, car ces divers actes de la vie doivent entièrement dépendre chez elles d'averses ou de pluies passagères et cesser au retour des sécheresses. L'étude de ces espèces permettra sans doute aussi de corroborer les intéressantes observations faites par notre collègue Paul Petit sur la révivification des Diatomées. C'est surtout à ces points de vue physiologiques que l'étude des diatomées terrestres mérite notre considéra- tion et c'est dans ce but que nous attirons aujour- d'hui l'attention des naturalistes sur un sujet encore à peine ébauché, mais dont on peut attendre quelques résultats heureux pour la science. Au moment où nous terminons la notice ci-dessus, BULLETIN DES SÉANCES. XCI nous recevons une communication du Rév. Geo. Da- vidson, de Logie Coldstone, en Ecosse, diatomiste très- distingué et collectionneur persévérant de l'intéressante région qu'il habite et qui nous écrit : « Je connais fort bien ce que vous appelez les Diato- mées terrestres, ayant, il y a quelques années, fait des chasses diligentes pour en trouver. La mousse qui croît au pied des arbres, surtout des ormes, du côté exposé au Nord, en fournit le plus grand nombre. C'est là que j'ai rencontré le plus abondamment en grande pureté la Nav. borealis. Une autre source de ces diatomées est la mousse qui croît sur les toitures en terre, phénomène fréquent en Ecosse. » J'ajouterais que M. Davidson n'accepte mes conclu- sions relatives à la ressuscitation des diatomées qu'avec certaines restrictions, se basant sur le fait que les mousses retiennent fort longtemps leur humidité. Il oublie momen- tanément, sansdoute,que tous les climats ne ressemblent pas, par leur état hygrométrique presque permanent, à son pays si beau mais si brumeux, et que les montagnes de la Sierra élevée qui forme la oôte du Venezuela et que j'ai moi-même péniblement explorées il y a quelques années, sont soumises sous ce ciel brûlant à des périodes de sécheresse prolongées et excessives. Le réveil dans cette région des diatomées et des rhizopodes à coquille chitineuse qui les accompagnent presque constam- ment, semble ne pouvoir y être subit et devoir y corres- pondre au commencement de la saison des pluies tropi- cales. La Société décide l'impression du travail de M. Deby au Bulletin mensuel. XC11 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. M. Cornet, secrétaire, donne communication de la note suivante relative au microtôme de Rivet, dont il communique un exemplaire à la Société. Le microtôme de Rivet est d'une construction très- simple : il se compose d'un bloc prismatique, en bois dur, de 16 centimètres de longueur, de 6 de hauteur et de 6 de largeur. De chaque côté du prisme se trouvent deux rainures, dont l'une est parallèle aux arêtes longi- tudinales et l'autre, inclinée dans le rapport de 1 à 100; parallèlement à cette dernière rainure est placée une échelle de 10 centimètres, divisée en millimètres; chaque degré de cette échelle correspond par conséquent à une ascension de 1/10 de millimètre. La première de ces deux rainures est destinée à recevoir un bloc de bois, qui y glisse à frottement doux et sur lequel se trouve le rasoir destiné à faire les coupes. Le rasoir est solidement maintenu au moyen d'une vis. Dans la seconde rainure se meut un bloc, également en bois, portant une pince dans laquelle on place l'objet; ce bloc porte un trait servant de repère et au moyen duquel on peut mesurer l'épaisseur de la coupe. Le fonctionnement de cet appareil est d'une grande simplicité : après avoir placé le bloc portant l'objet à la hauteur voulue, on le maintient d'une main tandis que de l'autre on fait mouvoir le rasoir, on enlève une tranche, dont l'épaisseur est en raison inverse de la hauteur à laquelle l'objet est placé (1). Le docteur Grônland qui se sert du microtôme de Rivetdepuisde nombreuses années, dit qu'il est parvenu, (1) Voir la note du docteur Grônland, Dos Rivet'she Mikrotom und seine Hcmdhalung (Zeitsch. fur Mikroskopk, du docteur E. Kaiser, Heft I. III et VIII, 1877). BULLETIN DES SÉANCES. XCIII au moyen de cet appareil, à faire des coupes d'une incomparable beauté. Dans ces derniers temps on a construit en Allemagne des microtômes en cuivre ; mais toutes ces modifications n'ont, en général, apporté aucune amélioration à l'in- strument et de plus, elles ont le désavantage d'en aug- menter considérablement le prix sans utilité appréciable. Le docteur Grônland recommande de mouiller le rasoir pour faire les coupes ; il se sert de ce procédé depuis plus de dix ans sans que l'instrument ait subi la moindre déformation. Il est à noter que c'est surtout au point de vue de la botanique que le microtôme de Rivet rend les plus grands services. M. Cornet fait ressortir que le microtôme de Topping dont il se sert, lui permet également de faire des coupes végétales d'une grande finesse, mais qu'en général en histologie les microtômes ne rendent pas les mêmes services qu'en botanique; les histologistes les plus dis- tingués ne se servent que du rasoir. Le microtôme de Rivet est néanmoins un instrument des plus recommandables. La séance se termine par la projection d'une belle série de micro-photographies, mises à la disposition de la Société par notre collègue, M. Guinard, de Mont- pellier. Les membres ont pu apprécier, une fois de plus, les services que les projections peuvent rendre à la science, surtout lorsqu'il s'agit d'un auditoire nombreux. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 1/2 heures. XCIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPÏE. REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE Kcviic tles sciences naturelles de Montpellier. La Revue des sciences naturelles, qui se publie sous la direction du docteur Dubreuil, contient des analyses, faites avec beaucoup d'autorité, de tous les travaux scien- tifiques récents. Nous reproduisons, d'après cette intéressante publi- cation, les analyses suivantes, qui se rapportent aux études micrographiques. M. Hayem, dans une note (Compte vendu Aead., 12 novembre 1877) sur l'évolution des globules rouges dans le sang des Vertébrés ovipares, admet que ces glo- bules proviennent d'un élément particulier qui, dès ses premières phases de développement, est distinct des globules blancs. Ceux-ci, aussi bien chez les Vertébrés ovipares que chez les Vertébrés supérieurs, ne participent pas à la formation de globules rouges ; mais il est à remarquer que les globules rouges embryonnaires des premiers sont tout d'abord dépourvus d'hémoglobine, tandis que, quelle que soit leur exiguïté, les mêmes globules des derniers sont toujours colorés. Une deuxième note de M. Hayem (Compte rendu Acad. , 5 décembre 1877) relative au même sujet, mais dans les animaux supérieurs (Vertébrés vivipares), se termine par les considérations suivantes : « Les globules rouges » proviennent du développement plus ou moins régulier » de petits éléments incolores, délicats, très-altérables, » se modifiant rapidement dès qu'ils sont sortis des BULLETIN DES SEANCES. XCV » vaisseaux; 2° ces éléments passent par une phase » intermédiaire (dont l'étude est facilitée par l'anémie) » clans laquelle ils se perfectionnent, grossissent et se » colorent jusqu'à ce qu'ils acquièrent, souvent avant » d'avoir atteint leur diamètre normal, le caractère des » hématies. » D'après M. J. Renaut (Compte rendu Acad., 19 no- vembre 1877), « la striation musculaire est constituée » par une succession de disques épais, seuls contractiles, » et de bandes claires traversées chacune par un disque » mince et deux disques accessoires, analogues entre » eux au point de vue de la forme et jouant vraisembla- » blement un rôle identique dans la fonction ». L'œuf ( Compte rendu Acad., 19 novembre 1877) des Taenias (Tœnia pectinata et T. expansa) arrive, selon M. R. Moniez, par des divisions successives, à former une morula, pendant que la masse protoplasmatique, animée d'une vie propre, se partage en deux véritables cellules. Mais en même temps" que la division a com- mencé, une membrane vitelline s'est produite autour de l'embryon. La masse morulaire, par l'effet d'un glisse- ment sur ses deux côtés, finit par être entourée par les deux sphères deutoplasmatiqucs, qui ne se divisent pas davantage. Une grande partie de la matière qui les forme reste au pôle de l'œuf. Après plusieurs divisions successives, la morula se différencie en deux portions : l'une centrale, l'autre péri- phérique ou exoderme. Entre les feuillets existe une cavité, cavité du corps. Mais tandis que l'exodermc se XCVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. résorbe, la masse centrale conserve son caractère ; elle montrera pins tard les crochets caractéristiques. L'embryon finit par s'envelopper d'une membrane chitineuse propre, et apparaît avec les caractères qu'on lui connaît. Toutefois, les résultats énoncés ne peuvent servir à fixer la position des Cestoïdes. Ce qui est certain cepen- dant, c'est que rien, dans les faits décrits, ne rappelle ce que l'on observe chez les autres Annelés. Ce qui n'est pas moins évident, c'est que les Taenias sont des animaux relativement élevés, mais considérablement dégradés par leur parasitisme, qui est en effet le plus complet, et qu'ils ne peuvent être considérés comme de simples monda. — M. Cadiat (Compt. rend. Acad., 5 juin 1878) essaie de déterminer avec précision les caractères histo- logiques des nerfs chez les Invertébrés. La myéline, qui dans les nerfs des Vertébrés, est interposée au cylindre- axe et à la paroi du tube, les filets gris du grand sympa- thique exceptés, fait complètement défaut dans les nerfs des Crustacés, des Insectes et des Annélides ; la struc- ture des nerfs des Mollusques gastéropodes et acéphales est encore simplifiée : la gaine de Schwann manque clans presque tous les nerfs de ceux-ci. Les tubes ner- ,eux, uniquement représentés par des cylinder-axis, forment des faisceaux qu'il est difficile de dissocier. \ — Dans une Communication (Compt. rend. Acaû., 5 juin 1878) sur les relations existant entre le volume des cellules motrices ou sensitives des centres nerveux et la longueur du trajet qu'ont à parcourir les incitations qui en émanent ou les impressions qui s'y rendent, la BULLETIN DES SEANCES. XCV11 loi suivante est formulée par M. Pierret : « Les dimen- sions des cellules nerveuses sont en raison directe des distances que doivent parcourir les excitations motrices qui en partent ou les excitations sensitives qui y arri- vent. » — C'est en employant (Compt. rend. Acad., 15 juil- let 1878) à la fois la méthode des coupes et la dilacéra- tion des animaux frais que M. R. Monieza pu suivre en grande partie le développement des spermatozoïdes des Cestodes. « Les cellules primitives des follicules testiculaires, après être devenues graisseuses et avoir formé des noyaux à leur intérieur, bourgeonnent, sur un de leurs hémisphères, de petites cellules qui augmentent rapide- ment en nombre et en volume. On peut suivre très-bien le noyau soulevant la membrane cellulaire, augmentant sa saillie, puis se pédiculant à la surface. Les cellules- filles, en nombre qui varie entre 10, 15, et même plus, forment bientôt une sorte de calotte dont le volume peut égaler ou même surpasser celui de la cellule-mère. Celle-ci cependant s'est accrue et s'est multipliée pour son compte par voie endogène, en même temps qu'elle poussait des cellules à sa surface. » Les cellules-tilles, se détachant toutes ensemble, produisent la figure en rosette observée par Salenski chez YAmphilina. Toute- fois, contrairement à ce dernier auteur, M. Moniez, s'appuyant sur une observation suivie, est porté à croire « que ces cellules s'isolent sans étirement, s'arrondissent deviennent des cellules-mères primitives, qui à leur tour se comporteront comme celles qui leur ont donné naissance. » 7 XCV11I SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Toute différente est la destination de cette portion de la cellule primitive qui n'a pas bourgeonné. Aucune particularité dans leur membrane d'enveloppe ne se rencontre dans un grand nombre de cellules-mères, mais les autres rapports de celles-ci rappellent, en quelque manière, ce que nous venons de décrire. « La multiplication endogène fait encore soulever la mem- brane d'enveloppe, mais il n'y a plus maintenant de lieu d'élection, et la cellule-mère se trouve bientôt hérissée d'éléments plus ou moins serrés, plus ou moins sail- lants, qui finissent par se pincer à leur extrémité en contact avec la membrane. On voit encore très-nette- ment, sous ces cellules proéminentes, la membrane cel- lulaire intacte, continuant à enserrer les cellules-filles qui n'ont pas fait hernie. » Ce sont ces nouvelles forma- tions rayonnant de la cellule-mère qui sont les vrais sper- matozoïdes. — A la séance de l'Académie des Sciences du 22 juil- let 1878 s'est produit un incident dont personne. ne se dissimulera l'importance. La Revue scientifique a publié, dans son numéro du 20 juillet dernier, un article inti- tulé : Fermentation alcoolique; (lanières expériences (1877) de Claude Bernard. Cet article est mis au jour par M. Bertbelot. Claude Bernard y conclut que « la théorie de la fermentation est détruite : L° Ce n'est pas la vie sans air, car à l'air, comme à l'abri de son contact, l'alcool se forme sans levure; — 2° Le fer- ment ne provient pas des germes extérieurs, car dans les jus aplasmatiques ou inféconds (verjus et jus pourri) le ferment ne se développe pas, quoiqu'ils soient su- crés. Si l'on ajoute du ferment, alors ils fermentent; — BULLETIN DES SEANCES. XCIX 5° L'alcool se forme par un ferment soluble en dehors de la vie, dans les fruits mûrissants ou pourris; il y a alors décomposition du fruit et non synthèse biosique de levure ou de végétation. L'air est absolument néces- saire pour cette décomposition alcoolique; — 4° Le fer- ment soluble se trouve dans le jus retiré du fruit (jus pourri) ; l'alcool continue à s'y former et à y augmenter. Avec l'infusion de levure ancienne, sa démonstration devient encore plus facile. — 5° Il y a dans la fermenta- tion deux états à étudier : «, Décomposition; b, Synthèse morphologique. » M. Berthelot a écrit que les déclarations de Claude Bernard, quelques jours avant sa mort, étaient tout à fait conformes aux affirmations générales que nous ve- nons de rapporter, affirmations en opposition formelle avec la théorie de M. Pasteur. Aussi ce dernier discute- t-il sur le caractère et la valeur de ces notes, et se hâte- t-il de dire que si l'on voulait en faire une sorte de ma- nifeste contre ses travaux, prétendre que Claude Bernard ait été convaincu de la vérité des conclusions rappelées tout à l'heure, il dirait « franchement que Claude Bernard s'est trompé, que toutes l'es expériences dont il parle sont d'ailleurs, de son propre aveu, douteuses et incer- taines », et que, suivant lui, « celles qui sont vraies sont mal interprétées. » Après la réponse de M. Pasteur, M. Berthelot se borne à demander à l'Académie l'autorisation de reproduire dans les Comptes rendus les observations qui précèdent la publication des expériences de Claude Bernard et qui en fixent le véritable caractère ; il fait observer que les notes de Claude Bernard constituent un document im- portant et qu'il ne lui a pas paru permis de supprimer. C SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Revenant sur le même sujet dans la séance du 29 juil- let, M. Pasteur nous apprend qu'il a « eu la curiosité de voir le manuscrit même de Claude Bernard », et qu'il a « constaté que l'article de la Revue, sans doute pour les nécessités de l'impression, renferme des changements nombreux. Il en résulte que l'édition imprimée rend mal et d'une manière fort incomplète ce caractère de notes de premier jet, cette négligence de style, cet air enfin de programme d'expériences à entreprendre plu- tôt qu'elles ne sont entreprises, qui caractérisent ce manuscrit... Jusque dans les conclusions finales, la Revue a fait un contre-sens. La Revue dit : L'alcool se forme par un ferment soluble en dehors de la vie, dans les fruits mûrissants ou pourris; il y alors décomposi- tion du fruit et non, etc. Le manuscrit porte : L'alcool se forme par un ferment soluble en dehors de la vie. Dans les fruits pourris ou mûrissants, il y a alors dé- composition du fruit et non, etc. Enfin, la signature de Claude Bernard termine le texte imprimé, tandis qu'en réalité nulle part on ne la retrouve au fond des notes. » Quoi qu'il en soit, M. Pasteur dit en terminant qu'il est résolu à répéter les expériences de Claude Bernard, en se plaçant dans le courant même de ses idées pré- conçues. Der Organismus der Iiifiisionstlilere, von D r Friedrich Kitter von Stein III. Abthcilung, Leipzig, fol., 2i pi. Après un intervalle de onze années, la première partie du troisième volume du grand ouvrage de Stein sur BULLETIN DES SEANCES. Cl les infusoires, vient de paraître. Ce beau mémoire (1), résultat de patientes et longues recherches originales, renferme les généralités sur les infusoires flagellés, et constitue, comme le dit lui-même l'auteur, le tra- vail le plus laborieux qu'il ait produit. Aucun natu- raliste s'occupant de l'histoire naturelle des infusoires ne peut se passer de ce traité, dont nous ne pouvons aborder l'analyse détaillée dans les pages de notre bul- letin, tant le sujet est développé par Stein et tant il fourmille de faits intéressants et nouveaux. La deuxième partie, contenant les caractères des genres et la description des espèces, est annoncée comme devant prochainement suivre et terminer l'ouvrage. Voici la classification adoptée par Stein pour la divi- sion des infusoires qui se meuvent au moyen de fila- ments flagelliformes. On voit que, retournant aux tra- ditions d'Ehrenberg et de son école, il ramène au règne animal une foule d'organismes que la plupart des auteurs modernes considèrent comme de nature végétale. Infusoria flagellata. i. Monadina. Genres. Cercomonas. Monas. Goniomonas. Bodo. Phyllomitus. Tetramitus. Trepomonas. Hexa- mita. Lophomonas et, comme appendice, Platytheca. 2. Dendromonadina. Genres. Dendromonas. Cephalothamnium. Antho- physa. (i) Le prix élevé (75 marks) de ce volume rendra malheureusement trop rare sa présence dans les bibliothèques privées. Cil SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. 3. Spongomonadina. Genres. Gladomonas. Rhipidodendron. Spongomo- nas. Phalansterium. 4. Craspedomonadina. Genres. Codonosiga. Godonocladium. Codonodes- mus. Salpingœca. 5. Bikœcida. Genres. Rikœca. Poteriodendron. 6. Dinobryina. Genres. Epipyxis. Dinobryon. 7. Clirysomonadina. Genres. Cœlomonas. Rhopbidomonas. Microglena. Gbrysomonas. Uroglena. Syncrypta. Synura. Hymenomonas. Stylochrysalis. Cbrysopyxis. 8. Chlamydomonadina. Genres. Polytoma.Cblamydomonas.Ghlamydococcus. Pbacotus. Coccomonas. ïetraselmis. Gonium. 9. Volvocina. Genres. Eudorina. Pandorina. Stephanospbsera. Vol- vox. 10. Ilydromorina. Genres. Chlorogonium. Ghlorangium. Pyramidomo- nas. Chloraster. Spondylomorum. 1 1 . Crijptomonadina . Genres. Chilomonas. Cryptomonas. Nepbroselmis. 12. Ckloropeltidea. Genres. Cryptoglena. Chloropeltis. Phacus. 15. Euglenida. Genres. Euglcna.Colacium. Ascoglena.Ti'acbelomonas. 14. Astasiaea. Genres. Eutrepia. Astasia. Heteronema. Zygoselmis. Peranema. BULLETIN DES SÉANCES. CIII 15. Scylomonadina. Genres. Scytomonas. Petalomonas. Mcnoidium . Atrac- tonema. Phialonema. Spenomonas. Tropido- cyphus. Anisonema. Colponema.Entosiphon. Suit après ceux-ci, un second grand groupe, qui renferme les cilio-flagellés ou Peridiniens et leurs affiliés. Se basant principalement sur la présence d'une vési- cule contractile, comme le faisaient Claparède etLachman, mais d'une manière moins générale, Stein place les volvox, les eudorines, les pandorines, les euglènes, même le Chlamijdococcus pluvialis parmi les infusoires flagellés. Ses observations sur la multiplication des volvox et genres analogues confirment les belles re- cherches de Cohn. Stein accepte les vues de Clark sur la nature des éponges et donne des figures d'un grand nombre d'es- pèces nouvelles d'infusoires découvertes par lui, qui semblent établir des passages incontestés entre les in- fusoires flagellés et les vraies éponges. Nous ne citerons à l'appui de cette assertion que les figures du Rhipido- dendron{y>\. IV), des Spongomonas (pi. VI, f. 8-15), du Phalansterium (pi. VI, f. 14, et tab. VII). Dans le groupe des Craspedomonadina , Stein fait de grandes additions d'espèces, excessivement intéressantes et instructives. La famille des Monadina, dont l'étude est d'ailleurs d'une très-grande difficulté, paraît ren- fermer des êtres assez hétérogènes et peut-être quelques germes ou spores d'autres organismes. Stein ne paraît pas avoir vérifié les observations de Dallinger et Drysdale sur la biologie des monades et paraît avoir ignoré leurs travaux. CIV SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. La famille des Cryptomonadina, limitée aux trois genres qu'y laisse Stein, nous paraît laisser quelque peu à désirer, d'autant plus que, d'après nos propres observations, leChilomonasparamœeium d'Ehr. ne porte qu'un seul flagelle accompagnant une membrane hyaline en forme de raquette antérieurement, dont le bord libre fait l'effet du second flagelle. Cette espèce, remplie de grains de fécule, peut-elle, malgré sa vésicule con- tractile, être classée parmi les animaux; ne constitué-t- elle pas plutôt l'un de ces jalons intermédiaires placés par la nature pour aider au renversement des idées empiriques qui continuent, malgré l'impossibilité des preuves, à vouloir faire deux règnes dans la nature, là où il n'en existe en réalité qu'un seul ? J. D. Diatoms. Edited by P. -F. Cleve and J.-D. Môller, 111 part., n°* 109-168. La troisième demi-centurie de cette belle collection, dont la préparation ne laisse rien à désirer, a paru ré- cemment. Elle renferme 60 slides. Nous y remarquons aun° 112, YHyalodiscusmaximus de Kùtzing et au n° 115 YHyalodiscus maximus var., communiqué, ainsi que d'autres bons matériaux prove- nant de l'île Saint-Paul, par notre collègue M.Paul Petit. M. Cleve doit également à M. J. Deby plusieurs prépa- rations intéressantes. Cette collection contient la plupart des espèces nou- velles décrites par M. Cleve, dans son travail sur les diatomées des mers de Java, une longue liste d'espèces des îles Baléares, ainsi que des récoltes récentes et fos- siles d'une foule d'autres localités. BULLETIN DES SÉANCES. CV Diatoiuacearmn species trpieae. H.-L. Smith, cent. IV. Le professeur H.-L. Smith, de Geneva, New-York, vient de distribuer les volumes 15, 14, 15 et 16 de ses préparations de types de diatomées. Le vol. 15 contient (501-525) des espèces du genre Navicula, parmi lesquelles la Nav. Saugerïi, Desm., récoltée aux environs de Bruxelles, par notre collègue M. Delogne. Le vol. 14, continuation des Navicula (526-552) et (555-550) espèces du genre Nitschia. Le vol. 15 (551-575), continuation du genre Nitschia, parmi lesquels la N. minutissirna, Deby, des environs de Bruxelles, jolie petite espèce, distincte de la N. mi- nutissirna W.-S., dont H.-L. Smith fait son N. dis- sipa ta. Le vol. 16 (576-400) contient les Nitschia vitrea et vivax, sept espèces d'Odontidium, trois Omphalopelta, des échantillons originaux des rares Palmeria Hard- maniana Grév. et Pleurodesmium Brebissonii K. et douze espèces de Pleurosigma. Dans cette précieuse centurie, vingt-trois espèces sont des types provenant des collections authentiques des auteurs qui les ont les premiers décrites. Atlas cler Diatomaceen, par Ad. Smidt. Les livraisons 15 et 16 de cet important ouvrage ont été remises aux abonnés. Elles contiennent des figures de diverses espèces de Coscinodiscus, dont les belles CVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICR0SC0P1E. formes discoïdes sont si fréquentes dans tous les dépôts marins, récents ou fossiles. Nous sommes heureux d'apprendre par une note dans la dernière livraison, que la santé deM. l'archidiacre Smidt est devenue meilleure, ce qui lui permettra de reprendre son travail patient et ardu. Un calcul hase sur le nombre d'espèces de diatomées du catalogue de Hahirshow, établissait une période de 80 années, pour la terminaison du travail monographique de l'atlas, en supposant sa progression aussi lente que par le passé ! J. D. Cleve a publié récemment un travail sur les diato- mées de l'archipel des Indes occidentales avec bon nom- bre d'espèces nouvelles. Un résumé, mais sans les figures, en est donné par M. Kitton dans le dernier numéro du Grevillia. Prenons bonne note que MM. Hardwicke et Bogue, à Londres, annoncent la publication prochaine d'un ou- vrage intitulé : A manuat of the Infusoria, comprising a descriptive account of ail known Flagellate, Ciliate and Tentaculiferous Protozoa. By W. Saville Kent. F.L.S., F.Z.S., F.B.M.S. with numerous illustrations. 8°. Le nom de l'auteur suffit pour nous assurer que ce livre rendra de grands services et prendra la place de celui dePritchard, qui est un peu suranné. J. D. BULLETIN DES SÉANCES. CVII Journal de micrographie, du D [ J. Pelletait (3 e année, n° 1, janvier 1879) Revue, par le D r J. Pelletan. — Les muscles de l'œsophage, leçons faites au Collège de France, par le prof. Ranvier. — La spermatogenese étu- diée chez les Gastéropodes pulnionés, par le D r Mathias Dlval. — Ou- verture angulaire des objectifs de microscope, parleD r G.-E. Rlackham (suite). — Diatomées de l'archipel des Indes occidentales {suite), par le prof. P. -T. Cleve. — Préparation des champignons microscopiques, par M. Ch.-F.-W.-T. Williams. — Microscope ïiistologique de M. Ch. Collins — Sur la formation des spores des Mésocarpees, par M. Per- ceval Wright. — Bibliographie : Recherches de M. V. Tieghem sur les Mucorinées, notice par M. A. Faure. — Laboratoire de microscopie du Journal de Micrographie. — Avis divers. La Revue du docteur Pelletau contient plusieurs notes intéressantes d'intérêt général. Le docteur Pelletan constate, non sans une vive sa- tisfaction, que l'emploi du microscope tend à se généra- liser de plus en plus en médecine et en chirurgie pour la diagnose des différentes altérations pathologiques de l'organisme et que la médecine vétérinaire vient, égale- ment, d'entrer dans cette voie, féconde en heureux ré- sultats. Le dernier recueil de médecine-vétérinaire du docteur Boulay contient plusieurs travaux hases sur les recher- ches micrographiques. « M. Mégnin, très-connu du inonde scientifique, par ses travaux sur les sarcoptides, semble avoir ouvert la voie dans laquelle sont entrés plusieurs de ses collègues en médecine- vétérinaire. Ces travaux, il est vrai, ne portent généralement que sur l'étude des parasites dont les animaux domestiques hébergent de si nombreuses espèces. M. Pelletan constate que ces recherches révèlent en- core une certaine inexpérience dans les procédés d'étude CVI1I SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. et dans l'interprétation des faits mais lorsqu'on envisage les progrès qui ont été faits dans cette voie depuis quel- ques années par les vétérinaires, l'on est en droit d'at- tendre d'eux, dans un avenir prochain, des travaux d'une réelle importance. C'est ainsi que MM. Condamine et Drouilly ont com- plété dans le Recueil des recherches antérieures sur un helminthe reconnu par eux dans les boutons hémorrha- giques qui se développent, pendant les chaleurs, dans le tissu conjonctif sous-cutané chez un nombre assez considérable de chevaux d'origine hongroise, helminthe auquel ils donnent le nom de Filaria multi-papillosa. L'étude microscopique de ce Filaria a été bien faite par les auteurs, les dessins qu'ils donnent sont bons, mais les observations, justes matériellement, sont souvent mal interprétées. Aussi M. Mégnin s'est-il chargé de commenter le travail de MM. Condamine et Drouilly en rectifiant les erreurs et complétant les observations. Les auteurs n'ont pas trouvé de larves dans le sang des bou- tons héinarrhagiques et en ont conclu que ce n'est pas dans le but de rejeter ses embryons au dehors que le ver vient à la surface de la peau causer la petite hémor- rhagie que l'on connaît. M. Mégnin n'en a pas trouvé non plus ; mais les larves des filaires, comme du reste celles de la plupart des vers nématoïdes, sont anguilli- formes et, dans l'eau, qu'elles habitent ordinairement, ne peuvent se distinguer des véritables anguillules. De plus, ces embryons sont, d'après M. Cauvet, « doués d'une grande vitalité et peuvent être desséchés sans perdre la faculté de renaître sous l'influence de l'humi- dité. » Aussi M. Mégnin ne trouvant pas de larves dans le sang de l'hémorrhagie a gratté la petite plaque de BULLETIN DES SÉANCES. CIX sang desséché et, plaçant la poussière clans l'eau, n'a pas tardé à voir certains granules s'allonger et prendre la forme d'une anguillule. Ce sont autant d'embryons de fîlaire. M. Mégnin a commencé sur le développement de ces embryons des expériences dont il rendra compte plus tard. A la Société centrale de médecine vétérinaire, M. Mé- gnin a encore présenté une note sur d'autres parasites, le Syngamus trachealis qui cause une bronchite vermineuse etépizootiquedans les faisanderies, le Strongylus minutis- simus qui cause la pneumonie lobulaire vermineuse du mouton d'Afrique, le Strongylus filaria qui produit une bronchite mortelle chez les agneaux et le Strongylus micrurus qui cause la bronchite vermineuse des veaux. Il résulte de l'intéressante note de M. Mégnin que c'est le Strongylus minutissimus qui tue les moutons d'Afri- que en causant une véritable pneumonie lobulaire, tandis que c'est le Strongylus filaria qui tue les agneaux, en France, en obstruant les bronches, et que c'est le Strongylus micrurus qui décime les veaux par un mode d'action intermédiaire entre celui du Str. minutissimus et celui de S. filaria. Puis voici venir les lapins qui meurent de la psoros- permose hépatique, c'est-à-dire, d'une maladie causée par des psorospermies et qui a, par conséquent, des_ rapports avec la pébrinc des vers-à-soie, laquelle est produite aussi, comme on le sait, par des psorospermies (corpuscules vibrants, corpuscules de Cornalia , cor- puscules ovoïdes brillants, de Pasteur). » M. R.-H. Ward, membre honoraire de la Société belge de microscopie, directeur de la partie microgra- CX SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. phique de Y American Naturalist, adresse au Journal de micrographie la copie d'une communication envoyée à toutes les Sociétés micrographiques des Etats-Unis dans le but de leur demander une participation générale aux efforts qui sont faits pour arriver à établir un système uniforme et un étalon commun en micrométrie, question qui a été posée au congrès micrographique, tenu l'année dernière par les micrographes américains, à lndiano- polis et dont la solution est réservée au prochain con- grès, qui se tiendra à Buffalo l'été prochain. Les micrographes américains se demandent si le mo- ment est venu d'adopter un étalon en micrométrie et, dans l'affirmative, s'il convient d'adopter comme base le système anglais (le pouce) ou le système métrique. Au point de vue de la première question il serait à désirer que le choix des micrographes américains se portât sur l'étalon métrique. En Europe, l'Angleterre seule fait emploi du pouce, presque tous les autres états font emploi du système métrique, qui tend à se généraliser de plus en plus, et les autres états qui ne font emploi ni de l'un ni de l'autre système, ne sont pas assez nombreux pour faire adopter leur système per- sonnel. Il est évident que la question reste posée entre le système anglais (le pouce ou fraction du pouce) et le système métrique proprement dit. Bien que les micrographes européens n'aient pas voix au congrès américain , il serait à désirer que nos confrères des États-Unis aient connaissance de l'état de la question en Europe, et la Société belge de microsco- pie pourrait même, dans cet ordre d'idées, prendre l'ini- BULLETIN DES SÉANCES. CXI tiative d'un travail d'ensemble qui pourrait être utilement transmis à nos confrères des États-Unis. Chacun sait combien il est difficile, pour ceux qui, comme nous, font emploi du système métrique, de faire des réductions micrométriques. Cette difficulté a même été cause que l'auteur de cette note n'a pas entrepris la traduction d'un travail de grande importance du doc- teur Richardson, ayant pour objet une étude micromé- trique du sang des différentes races humaines. Quant à la seconde question, elle se présente avec les mêmes difficultés physiques, quel que soit le type adopté. Les travaux originaux du Journal de micrographie contiennent une étude très-savante du docteur Ranvier sur les muscles de l'œsophage. Ce travail fera l'objet d'une note analytique dès qu'il sera terminé. Un travail du docteur Mathias Duval sur la spermato- genèse étudiée chez quelques Gastéropodes pulmonés, la suite d'un travail sur l'ouverture angulaire des objec- tifs de microscope par le docteur G.-E. Blackham, pré- sident de la Société de Microscopie de Dunkerk (Ny.). Diatomées de l'archipel des Indes occidentales, par le docteur P. -T. Cleve, professeur à l'université d'Upsal. Séance du 2 7 février 1879. Présidence de M. le D 1 ' Ledeganck, Président. Sont présents : MM. Bauwens, Bock, Casse, Colbeau, J. Coomans, Coppez, Delogne, Leclercq, Lefèvre, Lede- ganck, Renard, Rutot, Yanden Broeck et J. F. Cornet, secrétaire. CXII SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. MM. Michelet, Prinz et Gravis font excuser leur absence. Les procès-verbaux de l'assemblée générale du 25 jan- vier et de la séance mensuelle du 50 janvier sont adoptés. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de la Société des naturalistes de Norfolk et Norwicb, annonçant l'envoi de ses publications. Une lettre de M. le docteur Pichardo, de Havane (Cuba), demandant à faire partie de la Société. Une lettre de l'Académie impériale des sciences de Vienne, annonçant qu'elle accepte l'échange avec les publications de la Société. Une lettre de M. Delacre, remerciant pour son admis- sion de membre associé. » Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part de la Société Entomologique de Belgique; de la Société Mala- cologique de Belgique ; de la Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles; de l'Académie royale des sciences de Belgique; de la direction du Musée de l'Industrie de Belgique ; de la direction de l'Athenseum belge; de la direction du Journal de photo- graphie de Paris ; de la direction du Moniteur industriel belge; de la direction de la Feuille des jeunes natura- listes; de la direction du Naturaliste canadien; de la direction du Botaniska Notiscr; de la direction du Zoo- logischer Anzeiger; de la Société de médecine de Caen BULLETIN DES SÉANCES. CXII1 et du Calvados ; de la Société d'études des sciences natu- relles de Nîmes ; de la Société française de photographie; du Croydon and Natural History Club ; de la Société des sciences, lettres et arts du Hainaut; de la Société d'his- toire naturelle de Toulouse; de la Société des sciences de Bordeaux; du Norfolk and Norwich Natural History Society. Propositions et communications du Conseil. Le Conseil propose l'admission, comme membre effectif, de M. le docteur Pichardo, de Havane (Cuba), présenté par MM. deBorre et Cornet. M. Pichardo est élu membre effectif. Le président informe la Société que MM. Prinz et Gravis ont été délégués par le Conseil pour remplir les fonctions de secrétaires-adjoints. Le quatrième volume des Annales étant terminé, les membres de la Société sont informés qu'il leur sera transmis dans le courant du mois de mars. Ceux des- tinés a la France, aux Pays-Bas et aux États-Unis seront remis à la Commission internationale des échanges. Communications des membres. Le secrétaire informe les membres qu'il se trouvera, ainsi que les secrétaires-adjoints, le jeudi de chaque semaine, à 7 1/2 heures du soir, au local de la Société. Travaux des membres. M. Renard, dans une communication verbale, résume les recherches sur les sédiments des mers profondes rapportés par l'expédition anglaise du Challenger. CX1V SOCIÉTÉ KELGE DE M1CROSCOPIE. M. L. Bauwens, après avoir rappelé que la question de l'étalon micrométrique se trouve à l'ordre du jour chez les micrographes américains depuis le Congrès d'Indianopolis, expose quelques considérations sur ce sujet. Il rappelle sommairement les moyens employés par les anciens micrographes pour mesurer les dimensions des objets ainsi que l'amplification des lentilles. M. Bauwens montre l'arbitraire des unités successi- vement proposées. Quelques-unes de celles-ci sont des plus singulières ; la plupart d'entre elles cependant se basent sur la subdivision de la mesure de longueur adoptée dans les divers pays. Les tableaux donnés par les auteurs, pour la compa- raison des unités micrométriques ainsi que pour la réduc- tion des diverses mesures, montrent, non-seulement les variations nombreuses de la ligne — l'unité de mesure la plus usitée, quoique différente suivant les pays — mais aussi le peu de concordance des calculs qui ont été établis pour la comparaison des mesures. M. Bauwens espère que l'adoption définitive par les micrographes de tous pays, des divisions décimales et d'une unité micrométrique uniforme : le centième ou le millième de millimètre, mettra fin au déplorable état de choses qu'il vient de dépeindre. Il voudrait que, dans le but de contribuer à cet utile progrès, la Société prenne l'initiative d'une adresse en pétition à présenter aux micrographes américains, qui doivent discuter la question au prochain Congrès de Bufïalo. M. Bauwens se propose d'ailleurs de revenir sur cette question, qu'il a étudiée depuis longtemps et sur BULLETIN DES SEANCES. CXV laquelle il a réuni des matériaux qui feront l'objet d'une communication détaillée, destinée à être soumise à la Société. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 9 heures. REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE Notes obi someof the Retienlarian Rhizopoiïa of the « Challenger » Expédition, by H. B. Brady F. R. S., with plates III, IV. V, Microsc. Journ., vol. XIX, new. ser.,On new or little Known Arenaceous Types. Un résumé succinct de ce mémoire préliminaire doit nécessairement présenter de l'intérêt pour les natura- listes, surtout pour ceux qui se livrent à l'étude des organismes microscopiques ; on sait la réputation incon- testée que s'est acquise pour ces travaux l'auteur du mémoire que nous allons analyser. M. Brady se propose de communiquer quelques-uns des faits les plus saillants et les conclusions auxquelles il est amené par l'examen des Rhizopodes d'un grand nombre de sondages du « Challenger ». Dans son mémoire il s'occupe des Rhi- zopodes les plus grands du type arénacé, sur lesquels, malgré les travaux de Sars, de Carpenter, de Norman, de Reuss, de Zittel et d'autres savants, il restait encore bien des doutes. L'auteur est parvenu à jeter beaucoup de lumière sur ces types au point de vue morphologique; car non-seulement il a classé un grand nombre de formes douteuses, mais il nous offre 8 genres nouveaux, coin- CXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. prenant \ i espèces et 17 espèces nouvelles, qui viennent se ranger dans des genres déjà établis. Avant d'aborder la question morphologique, M. Brady rend compte des recherches chimiques sur la composi- tion du test des foraminifères arénacés qu'il va décrire. Avec le concours de son ami, J. T. Dunn, il a entrepris une série d'investigations chimiques qui lui permettent d'établir quelques faits importants sur la composition des enveloppes de ces organismes. Ayant à sa dispo- sition une quantité suffisante de substance à'Hyperam- mina elongata et de Cyclammina cancellata, il obtint les résultats suivants : Hyperammina elongata* Perte au feu (matières organiques et Co 2 ) 2,9 Silice 92,5 Peroxyde de fer et un peu d'alumine. . 2,0 Chaux et magnésie 2,0 99,6 Cyclammina concellata. Perte au feu (matières organiques et Co,) 7,4 Silice 80,5 Peroxyde de fer et un peu d'alumine. . 8,9 Chaux - 2,9 99/T On remarquera au premier coup d'œil la teneur élevée en peroxyde de fer, c'est ce corps qui détermine la teinte brunâtre des tests de ces deux espèces de Fihizo- podes arénacés. Il résulte aussi de ces deux analyses que le calcaire est en faible quantité relativement à la silice, BULLETIN DES SÉANCES. CXVII ce qui est en opposition avec l'idée généralement admise que la silice dans ces enveloppes, est incorporée par le calcaire. En s'appuyant sur des recherches similaires faites sur d'autres types de foraminifères, M. Brady conclut : qu'il est évident, après les faits qu'il vient d'établir, que le carbonate de calcium et le peroxyde de fer, quoique sécrétés par un grand nombre de Rhizopodes arénacés, n'est pas nécessairement la matière que l'on doit consi- dérer comme ciment des enveloppes de ces organismes; qu'une enveloppe de chitine ou une couche externe de protoplasme altéré peut être la base à laquelle adhèrent les grains de sable, ou dans laquelle ils sont plus ou moins enchâssés. Il résulte enfin de ces faits que cer- tains foraminifères ont la propriété de sécréter de la silice au point de- former une enveloppe complète; ce qui permet d'expliquer pourquoi tant de tests composés ne sont pas désagrégés par l'action des acides, c'est que leurs enveloppes sont plus ou moins formées de silice. Il est évident aussi que la nature de l'enveloppe d'un bon nombre de types arénacés normaux dépend, en grande partie, des conditions externes et accidentelles. L'auteur passe ensuite à la description des formes, nous ne pouvons qu'effleurer cette partie du mémoire en relevant l'un ou l'autre fait qui nous paraît saillant. Nous jetterons un coup d'œil rapide sur les caractères généraux des nouveaux genres; qui connaît M. Brady sait d'avance que cette partie morphologique est traitée de main de maître. La Sorosphœra cou fusa, genre nouveau et la Psom- nosphœra fusca J. E. Schulze, que l'on rencontre dans les eaux profondes, amènent l'auteur à cette conclusion CXVII1 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. importante que l'emploi des mots « Perforés » et « Imper- forés » en usage pour distinguer deux classes de fora- minifères, doit être abandonné; car les types qui viennent d'être cités prouvent que des formes arénacées peuvent être perforées. Quelques foraminifères arénacés ont donc le test plus ou moins poreux, mais les irrégularités de la surface et leur texture rugueuse font qu'on peut difficilement ob- server les pores. Pelosina, gen. nov. P. variabilis n. sp. P. rotunda. Dans ce nouveau type le test est libre, à une ou plu- sieurs chambres et les septa sont formés d'une couche épaisse de vase, il se termine par un cou allongé en chitine. Le test est mou et il n'acquiert de consistance que par sa grande épaisseur, il n'est jamais assez com- pacte pour pouvoir lui appliquer la désignation de « coquille. » Jaculella Norman, nov gen. J. acuta nov. sp. Test allongé, droit ou presque droit, fermé et effilé à une extrémité, s'élargissant graduellement à l'extrémité op- posée où se trouve l'ouverture générale. Ce type atteint de grandes dimensions, on trouve souvent des spécimens qui ont 1/5 de pouce. On a discuté pour savoir si ce test arénacé sans septa appartenait à un animal à sarcode ou à uneannélide; tout semble devoir le faire considérer comme un test de foraminifère. Rhizammina. Gen. nov. R. algue formis, sp. nov. Test libre, tabulaire, ramifié, flexible, de dimension peu définie. Texture chitino-arénacée, à l'extérieur légère- ment rugueux, couleur brunâtre. Lorsqu'on l'étalé sur une surface de couleur blanche, on voit que la masse est composée de tubes ramifiés dont le diamètre varie BULLETIN DES SÉANCES. CXIX depuis 1/200 jusqu'à 1/80 de pouce. Il n'est pas certain qu'ils croissent attachés à un autre corps. La ramifi- cation ne présente pas un plan régulier. Des fragments de polyzoa et d'autres organismes semblables sont sou- vent emprisonnés entre ces branches. Sagenella. Gen. nov. S. frondescens. Test adhérent, formé de conduits allongés, finement arénacés, se rami- fiant ou formant comme un réseau à la surface de coquilles d'autres organismes. Il est bien probable qu'il n'existe pas d'autre exemple de foraminifère avec test réticulé d'une manière bien nette. Ascliemonclla. Gen. nov. A scabra Test libre, formé d'une ou de plusieurs chambres de forme et de dimen- sions irrégulières. La partie extérieure est souvent rugueuse et criblée de spicules de spongiaires. Ce type a des affinités et une nature qui sont très-difficiles a saisir; il est impossible de décrire la multiplicité de formes que prennent les chambres ; cette espèce n'est pas commune. Thurammina. Gen. nov. Test libre ou adhérent, consistant quelquefois en une chambre unique arron- die, quelquefois formée de deux ou plusieurs chambres, qui adhèrent l'une à l'autre et que l'on serait porté, en ne jugeant que sur l'aspect, à considérer comme indé- pendantes. La surface est recouverte de nombreuses pro- tubérances perforées de forme mamelonée. — Th. pa- pillata n. sp. Th. albicann. sp. Th. Compressa n. sp. Le nombre de protubérances et leur hauteur varie beau- coup. Elles sont probablement toutes perforées, mais les ouvertures ne se remarquent souvent pas très-bien. Cyclammina. Gen. nov. C. camillala n. sp. déjà décrite en partie par Carpenter et Carter. CXX SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. Les noms suivants sont ceux de genres décrits antérieurement et dont l'auteur indique de nouvelles espèces*: Hyperamminaramosa n. sp., //. Vagans. Mar- sipella granulosa n. sip.,Rhabdammina linearis n. sp., Astrorhiza cormita n. sp., Phacopsilina vesicularis n. sp., Reophax difflugiformis n. sp., Rh. nodulosa n. sp., Rh. membranaeea n. sp., Rh. spiculifcra n. sp., Tro- chammina trullissata sp. n., IV. ringens (très-rare) n. sp., 7V. paucilocalata n. sp., 7V. coronata sp. n., Tr. lituiformis n. sp., Hormosina globulifera n. sp., 7/. ovicula sp. n. — 11 nouvelles espèces proviennent d'une profondeur de plus de 1,000 brasses, 15 ont été dra- guées à 2,000 brasses, le reste vient d'une profondeur qui dépasse 500 brasses. Nous sommes persuadé que le mémoire préliminaire de M. Brady sera accueilli avec la même faveur que les travaux antérieurs de ce savant. La note que nous venons d'analyser doit nécessairement exciter le désir de voir paraître bientôt le grand travail sur les foraminifères du « Challenger ». Les planches chromolithographiées qui représentent les formes décrites, sont d'une excellente exécution. Nous avons pu en juger en comparant la des- cription et les dessins avec les formes types de Rhizo- pode arénacés du « Challenger » qui nous ont été com- muniquées et nous devons avouer que M. Hollick, le dessinateur, a rivalisé d'exactitude et de fidélité avec M. Brady. G. F. Nous extrayons du Bulletin de la Société Minera lo- gique de France, une note très-intéressante de M. J. Tnou- let sur le fer chromé (1) : (1) Bull, de la Société Miner . de France, t. II, n° 2, p. 34, 1879. . BULLETIN DES SÉANCES. CXXI Le fer chromé n'est pas, ainsi qu'on le pensait, un corps opaque; ce minéral est transparent quand il est taillé en lame mince analogue aux préparations habi- tuelles des roches à examiner au microscope. En lumière transmise, sa nuance est le jaune mélangé de rouge, sa surface est chagrinée, il offre souvent des plages losan- giques, sections plus ou moins parfaites de cristaux octaé- driques, il manifeste un nombre assez considérable de cassures droites ou courbes remplies par la roche envi- ronnante, tantôt serpentineuse comme dans la chromite de Rôros en Norwège, tantôt calcaire comme dans la chro- mite de Nègrepont ; les bords des cristaux avoisinant ces cassures sont fréquemment imprégnés sur une cer- taine profondeur par du fer oxydulé qui donne une teinte beaucoup plus foncée et même quelquefois entièrement noire. Cet aspect avait été attribué à la Picotite qui ne contient pas au-dessus de 7 pour cent de sesquioxyde de chrome et dont il y aura lieu d'examiner la réalité en tant qu'espèce minérale distincte et nettement définie. En lumière réfléchie, la chromite a une couleur rose- violacé ou grisâtre tandis que les endroits imprégnés de fer oxydulé ont leur reflet métallique bleu caractéri- stique. Réduit en poudre, ce minéral est très-lentement atta- qué par l'acide chlorhydrique. 11 semblerait résulter de travaux actuellement en cours d'exécution que cette attaque a lieu assez irrégulièrement avec dissolution de certains éléments chimiques de préférence à certains autres. L'analyse d'un fer chromé de Nègrepont aussi purifié que possible des matières étrangères, après trois semaines de digestion dans l'acide chlorhydrique chaud, a donné comme composition : CXXII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Sesquioxyde de chrome . . 670 Magnésie 4 Alumine 168 Protoxyde de fer .... 199 1041 Le protoxyde de fer a été dosé a l'état de sesquioxyde. On sait que la chromite appartient au groupe des spi- nelles où le rapport entre l'oxygène de la base et celui de l'acide est 1 : 5; mais dans le cas actuel, ce rapport étant 1 : 6,5 il est évident que l'acide a attaqué le mi- néral. Une autre chromite de Baltimore a donné 58 à 40 pour cent de sesquioxyde de chrome. Déjà M. Fischer de Fribourg (1) avait remarqué, en se basant sur d'autres considérations, le mélange du fer oxydulé dans le fer chromé. Sur l'échantillon que j'ai plus spécialement étudié, les grains même après leur longue digestion dans l'acide et qui étaient transparents au microscope, adhéraient au barreau aimanté d'une façon indiscutable quoique faiblement. J'avais été conduit à soupçonner cette translucidité du fer chromé par une série d'expériences ayant pour but la distinction des minéraux opaques dans les plaques mi- croscopiques de roches. Bien que ce travail que j'ai été forcé d'interrompre momentanément et que je compte reprendre sous peu, s'occupe d'une question étrangère à celle qui fait l'objet de la présente communication, je prendrai néanmoins la liberté d'en dire quelques mois afin d'expliquer la façon dont j'ai obtenu l'indice de réfraction de la chromite. (l) Kriiischemilcroskopiseh-mineralogisclie Studien clans les Berichte uber die Verliandlungen der nat. gesell. zu Freiburg in B. B. V. 1870. BULLETIN DES SÉANCES. CXXIII Cette reconnaissance des minéraux opaques se fait au microscope et en lumière réfléchie. Dans ce but, j'in- stalle verticalement au centre d'un goniomètre de Babi- net très-exact et à l'aide d'un appareil susceptible de prendre une série de mouvements horizontaux, verticaux et de rotation, la plaque polie à étudier. J'envoie sur cette plaque un faisceau de lumière monochromatique polarisée perpendiculairement au plan d'incidence c'est- à-dire ayant traversé un nicol polarisateur dont la petite diagonale est horizontale, enfin je reçois le faisceau après réflexion sur la plaque, dans un microscope muni d'un nicol analyseur pouvant tourner autour de son axe et, pour plus de netteté, d'une lame dite à pénombre, con- stituée par deux moitiés de spath polies l'une et l'autre suivant une face faisant le même angle de 4 ou 5 degrés avec l'axe. Cette dernière lame, décrite par M. Calderon dans le journal de Groth, offre dans ses deux moitiés une diversité de teinte qui rend aussi sensible et par conséquent aussi aisée que possible la détermination d'une extinction, laquelle est précisément déterminée par une égalité de teinte des deux moitiés. Ainsi examinés, les corps se diviseront en deux grandes catégories, les uns éteignant entièrement ou presque entièrement (fer spéculaire, chromé, titane, oxydulé, etc.), les autres n'éteignant jamais mais pro- duisant un minimum d'éclairement (pyrite de fer, mis- pickel, galène, etc.). Les corps de la première catégorie à laquelle appartiennent les corps transparents, mani- festent donc après réflexion la polarisation rectiligne, tandis que ceux de la seconde donnent lieu à une pola- risation elliptique. Les angles d'incidence sur lesquels s'effectue soit l'ex- CXXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPJE. tinction complète soit le minimum d'éclat, varient suffi- samment dans les divers minéraux énoncés plus haut pour constituer un caractère spécifique destiné à faire reconnaître chacun d'eux. Mais, dans les corps transpa- rents, on sait que la tangente de l'angle d'incidence pour lequel a lieu l'extinction est égale à l'indice de réfraction ; le fer chromé sur lequel j'ai expérimenté éteignant avec une remarquable netteté sous un angle de 64° 50' aurait donc un indice égal à 2.0965 et en outre se comporterait en véritable corps transparent. Cette transparence d'un corps supposé opaque et étei- gnant si parfaitement après réflexion un rayon de lumière polarisée rectilignement , ne pourrait-elle pas rendre compte de certaines anomalies constatées dans les phé- nomènes de réflexion métallique? Tlic Stiicfy of Rocks, an eleiiieutary text-book of Petrology, by Frank Rutley, F. G. S. H. M., Geolo- gical Survey. London, Longmans 1879. Les progrès rapides de l'étude de la structure et de la composition, minéralogique des roches sont dus incon- testablement à l'application de nouvelles méthodes à cette branche des sciences géologiques. L'Angleterre, qui avait vu naître l'analyse microscopique des roches, ne possédait point encore de manuel où fussent con- densées les découvertes que ce mode de recherche avait provoqué, et qui permît aux élèves et aux géologues, non familiarisés avec ce genre d'études, de s'initier aux tra- vaux pôtrographiques, tels qu'on les pratique depuis quelques années. Le livre de M. Rutley vient combler cette lacune et BULLETIN DES SÉANCES. CXXV nous ne saurions trop applaudir aux résultats du labeur qu' a dû s'imposer l'auteur pour mener ce traité à bonne fin. M. Rutley, auquel on doit des recherches originales importantes sur ces matières, a suivi avec soin ce qui s'est fait durant ces dernières années sur la branche qu'il cultive avec beaucoup de succès; il a condensé dans l'ouvrage qu'il nous offre, les publications qui se sont succédé avec tant de rapidité. Ces études réclamant des connaissances d'une nature très-spéciale et d'un abord assez aride, on peut apprécier tout ce qu'il a dû coûter de peine à M. Rutley pour retracer d'une manière nette et systématique les grandes lignes de la pétrographie telle qu'on la comprend aujourd'hui. Ajoutons toutefois que ce livre n'est point une simple compilation des travaux qui ont été publiés sur cette matière; l'auteur y a laissé une bonne place à ses observations et à ses recherches personnelles. Dans un chapitre préliminaire, sont exposées d'une manière critique les méthodes sur lesquelles on se base en lithologie pour la détermination des roches; après avoir établi la définition des roches et les distinctions fondamentales entre les divers groupes des masses minérales, l'auteur rappelle les notions de géologie rela- tives aux forces qui ont modifié la surface du globe; il expose les principes fondamentaux de la stratigraphie : l'allure des roches sédimentaires, éruptives et métamor- phiques. Suivent des détails pratiques sur la manière de recueillir les échantillons, sur l'examen macroscopique, des indications très-utiles sur le montage des lames minces et sur les microscopes spécialement destinés à l'étude des roches taillées. Les propriétés optiques et cristallographiques des minéraux que l'on reconnaît CXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. dans les préparations étudiées à la lumière transmise sont exposées d'une manière concise et suffisante pour le but que l'auteur se propose d'atteindre. M. Rutley, avant d'aborder la partie pétrographique proprement dite, s'arrête à la description des minéraux qui jouent un rôle important en lithologie; leurs carac- tères macroscopiques et microscopiques sont résumés avec soin et cette partie du livre, comme tous les autres chapitres du reste, est illustrée de bonnes gravures sur bois montrant les coupes de cristaux avec les particula- rités caractéristiques ; signalons, à ce sujet, d'excellents diagrammes, entre autres celui qui montre d'une manière très-nette les sections avec leurs clivages respectifs des groupes des minéraux pyroxéniques et amphiboliques. Quelques pages sont consacrées à exposer les diverses formes de minéraux que le microscope a fait découvrir et que l'on connaît sous les noms de microlithes, cris- tallites, etc. La seconde partie du manuel comprend la lithologie descriptive. L'auteur s'appuie, dans sa classification, sur la composition chimique des roches, sur leur constitu- tion minéralogique, leurs caractères physiques, leur mode de gisement et sur l'époque géologique à laquelle elles se sont formées ; nous donnons ici les termes généraux de la classification adoptée par M. Rutley, et dont chacun des types lithologiques est décrit au point de vue macroscopique et microscopique dans les chapitres qui terminent l'ouvrage. Roches éruptives. I. Roches vitreuses. IL Roches cristallines. BULLETIN DES SEANCES. CXXV1I a. Roches type : groupe du granité. groupe de l'eurite, etc. b. Roches dans lesquelles l'élément feldspa- thique n'est pas représenté. III. Produits volcaniques incohérents. IV. Roches éruptives altérées. Roches sédimentaires. I. Séries normales. Groupe arénacé (sables). Groupe argileux (argiles). Groupe calcareux (calcaires). II. Séries modifiées. a. Sans cristallisation apparente. b. Avec cristallisation sporadique. „ . . „. [a. Non feuilletées. c. Cristallines \ . „ .„ , . . .. , ( b. feuilletées et schistoides. III. Séries à grains et à fragments grossiers. Brèches et conglomérats. IV. Tuffs et dépôts de sources. V. Dépôts de minéraux constituant des roches. Cette dernière partie du livre contient, comme la pre- mière, une exposition claire et méthodique, une descrip- tion des particularités caractéristiques des roches groupées d'après l'ordre que l'on vient d'indiquer. L'auteur, fidèle au but de faire de son livre un manuel élémentaire, n'a donné à la pétrographie descriptive que les développements qu'exigeait le plan du travail et nous sommes persuadés que cet ouvrage réalisera le but qu'il s'était proposé. R. CXXV1II SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Embryogénie des Brrozaires Thèse pour le doctorat ès-sciences naturelles soutenue devant la Faculté de Paris, par M. J. Bahiîois. (Extrait de la Revue des sciences naturelles de Montpellier, sous la direction du docteur E. Dubreuil.) La morphologie des Bryozoaires a eu le privilège d'attirer, dans ces derniers temps, l'attention de quel- ques naturalistes qui, il faut bien le dire, n'ont pas tous interprété de la même manière les détails de structure de ces animaux. Des théories diverses ont été émises, théo- ries qui attendent encore leur vérification. Quoi qu'il en soit, personne n'a encore fait de tentatives pour grouper en un seul faisceau toutes les connaissances acquises sur la structure des larves, et les coordonner en un ensemble qui pût nous donner une idée de l'em- bryogénie de ce groupe important. On doit donc savoir gré à M. J. Barrois d'avoir été le premier à entreprendre ce travail, semé de difficultés sans nombre, ainsi que d'avoir déduit certaines propositions importantes, no- tamment l'origine endodermique du système colonial des Bryozoaires. Nous ne pouvons entrer dans le détail des observa- tions très-étendues auxquelles s'est livré M. J. Barrois, et qui ont eu pour objet plus de trente-cinq espèces de larves ; nous mentionnerons seulement les propositions émises par lui comme découlant de son travail. Il croit être en droit de conclure à la communauté des formes larvaires des Bryozoaires et de les ramener à un type unique « composé d'une gastrula à deux faces opposées séparées par la couronne, l'une (aborale) beau- BULLETIN DES SEANCES. CXXIX coup plus volumineuse, opposée à la bouche, et suscep- tible de se contracter en sphincter au-dessus de la pre- mière ; l'autre (orale) portant à son centre l'ouverture buccale, et susceptible d'être recouverte de manière à former le vestibule. Toutes les larves possèdent un feuillet moyen musculaire ou graisseux, et qui se com- pose généralement d'une portion formée par la face orale (mésoderme labial) et d'une portion dépendant de la face aborale : cette dernière est plus constante, plus volumineuse, et constitue la portion essentielle du méso- derme; elle dérive, dans la plupart des cas, d'une simple délammation de l'exoderme ; mais, chez les Entoproctcs, l'intestin paraît aussi prendre part à sa for- mation; il est même possible, chez la Pédicelline, qu'elle dérive d'un pincement du bout de l'intestin, ce qui permettrait de retrouver, chez les Bryozoaires, des traces d'entérocèle. » Tel est le type dont, suivant M. J. Barrois, dérivent : 1° les larves d'Entoproctes, par différenciation des masses mésodermiques allant se mettre en relation avec la peau en trois points différents, pour former la ventouse et les organes tactiles qui leur sont spéciaux; 2° les larves de Cyclostomes, par une extension de la couronne en forme de manteau sur la face aborale; 5" enfin, les larves de Chilostomes et de Cténostomes, par une division de la face aborale en deux parties (ventouse et partie infé- rieure), suivie du retrait de cette même face. Ce sont là les trois formes larvaires principales qui dérivent du type que nous avons décrit. Mais la troisième peut se modifier et donner naissance à quatre formes d'un ordre inférieur : l'une tirera origine d'une simple extension graduelle de la couronne à la surface du corps 9 CXXX SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. qu'elle recouvre complètement; quant aux trois autres, résultant d'un changement de temps dans le retrait de la face aborale, en dedans de la couronne, qui, par exception, se manifeste au début de l'embryogénie, elles auront pour caractère distinctif, soit une extension com- plète de la couronne au-dessus du corps, mais se pro- duisant plus brusquement; soit la transformation com- plète de la face aborale en ventouse, conséquence de l'exagération dans le rapprochement du sillon formateur de cette dernière; soit par la même exagération du même sillon, entraînant la disparition de la ventouse, le développement spécial de la face aborale, qui, n'étant plus affectée à cet organe, sécrète une coquille bivalve. Toujours, suivant M. Barrois, la comparaison de la couronne ciliaire de la forme larvaire des Bryozoaires nous suffît pour déduire leurs affinités. Ainsi, cette couronne peut être rapprochée, entre autres, du segment thora- cique (manteau) des Brachiopodes. Ce rapprochement est établi par M. Barrois dans les termes suivants : « Les formes larvaires des Brachiopodes se rattachent, d'après le travail de Kowalewsky, d'une manière extrê- mement intime, par les Thécidies et les Àrgiopes, à celle des Serpuîes, et par suite des Chœtopodcs, dont la couronne ciliaire divise le corps en tête et en corps, ce dernier portant l'ouverture buccale à sa portion anté- rieure. Les larves des Serpuîes, d' Argiopes et de Théci- dies sont en somme de simples larves d'Annélides dans lesquelles la seconde division (corps) s'est partagée en trois segments distincts (céphalique, thoracique, caudal), en même temps que la première (tête) a éprouvé une réduction; cette réduction de la tête, bien plus considé- BULLETIN DES SÉANCES. CXXXI rablo chez la Thécidie que chez les Serpules, finit enfin par aboutir à une disparition tout à fait complète, comme on le voit chez les Térébratules et Térébratu- lines ; à ce dernier état, les larves de Brachiopodes ne présentent plus de couronne ciliaire et ne nous offrent plus qu'une division en trois segments, dont le premier (céphalique) porte la bouche ; elles deviennent ainsi par- faitement comparables à la forme primitive des Bryo- zoaires : le segment thoraeique, transformé en manteau, joue tout à fait le rôle de la couronne ciliaire chez les Bryozoaires, tandis que les segments céphalique et caudal représentent les faces orale et aborale. Nous avons vu de même que, chez les Cyclostomes, la cou- ronne perdait ses cils vibratiles pour s'étendre en arrière en une espèce de manteau tout à fait comparable à celui des larves de Brachiopodes; les longs flagellums des larves d'Escharines rappellent également jusqu'à un cer- tain point les faisceaux de soies du segment thoraeique des Brachiopodes : les larves des Térébratules et Téré- bratulines présentent donc réellement une ressemblance étonnante avec la forme primitive des Bryozoaires. » Mais c'est surtout des Rotifères que M. J. Barrois rapproche les Bryozoaires, bien qu'il pense que, d'après l'embryogénie, des relations étroites avec les Brachio- podes susdits soient soutenablcs : « La ressemblance générale des larves d'Entoproctes, dit l'auteur en termi- nant, avec les Rotifères, me porte à conclure à une réunion plus intime avec eux. » Seize planches, dues au crayon de M. .1. Barrois, accompagnent la thèse. CXXXI1 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE. Séance du 27 mars 1879. Présidence de M. E. Vanden Broeck, vice-président. Sont présents : MM. Casse, Coppcz, Coomans, Gravis, Leclercq, Lefèvre, Michelet, Vanden Broeck, Van Hoorde, Rutot et J. F. Cornet, secrétaire. MM. Ledeganck, Renard et Prinz font excuser leur absence. Le procès-verbal de la séance du 27 février est adopté. Correspondance, La correspondance comprend : Une lettre du docteur Boecker, de Wetzlar, accom- pagnant une boîte de préparations de roches, dont il fait hommage à la Société. Une lettre de l'Académie royale des sciences de Turin, demandant l'échange de ses publications contre celles de la Société. Même demande de la direction der Gewerbeschule in Bestritz (Hongrie). Ces échanges sont adoptés. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part de la Société Entomologique de Belgique; de la Société Mala- cologique de Belgique; de la Société royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles; de l'Académie royale des sciences de Belgique; de la direction du Musée de l'Industrie de Belgique ; de la direction de l'Âthenseum belge; de la direction du Journal de photo- BULLETIN DES SEANCES. CXXXIII graphie de Paris ; de la direction du Moniteur industriel belge ; de la direction de la Feuille des jeunes natura- listes; de la direction du Naturaliste canadien; de la direction du Botaniska Notiser ; de la direction du Zoo- logischer Anzeiger; de la Société de médecine de Caen et du Calvados ; de la Société d'études des sciences natu- relles de Nîmes ; de la Société française de photographie; Zeitschrift fur Wissenschaftliche zoologie; Zeitschrift fur Mikroseopie, Berlin ; Bolletino de la Societa Àdriatica de scienze naturali in Trieste ; Naturforschende Gesell- schaft Graubùndens ; Société médico-chirurgicale de Liège; K. K. Geologischen Beichsanstalt, Vienne; Bulletin scientifique du Nord ; Association belge de pho- tographie ; Société royale de botanique ; Linnéenne du Nord de la France ; Microscopical Society of San-Fran- cisco; K. Akademie der Wissenschaften in Wien. Publications offertes par les auteurs : Floride Italiche, par Francisco Ardissone; Ueber Slephenson's System des homogenen immersion bei mikroskop objektiver; Ueber Blutkôrper-Zâhlung ; Index medieus, par le professeur Abbé. Des remercîments sont votés à MM. Francisco Ardis- sone et Abbé. Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission, comme membres effectifs de : M. l'abbé Mechin, à Vais, près Le Puy. M. Miquel, micrographe de l'observatoire de Mont- souris, Paris, proposés par MM. Ledeganck et Cornet. MM. Mechin et Miquel sont élus membres effectifs de la Société. CXXX1V SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Travaux des membres. M. le docteur Boecker fait hommage à la Société d'une série de préparations pétrographiques ; après examen, l'assemblée décide l'envoi pour rapport à M. Renard. M. Cornet, secrétaire, attire l'attention de la Société sur les inconvénients que présente le mode de publi- cation des Annales ; c'est ainsi que les mémoires, qui auraient le plus grand intérêt à la publication immédiate, ne parviennent souvent aux membres que dix à douze mois après leur présentation. Les volumes des Annales contiennent une reproduction du bulletin mensuel, reproduction coûteuse et inutile, dont la suppression serait de nature à faire réaliser une somme de bénéfices assez sensibles pour pouvoir accorder aux auteurs un nombre plus considérable de tirés à part. M. Cornet se propose de développer ces différentes propositions à la prochaine séance. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à \) heures. REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE Nous extrayons du Journal de micrographie, du docteur Pelletan, une conférence faite à l'École supérieure de pharmacie de Paris, par le docteur Léon Marchand, professeur agrégé chargé du cours de botanique eryptoga- mique. Celte conférence est intitulée : Des herborisa- i ions cryptogam iques. « Dans toutes les Sciences d'observation, la pratique BULLETIN DES SÉANCES. CXXXV doit féconder la théorie, l'une ne doit pas marcher sans l'autre ; après le cours, et comme complément, l'on doil trouver la démonstration. » En Botanique, cette démonstration se fait de deux manières : 1° au laboratoire, 2° à l'herborisation ; en botanique phanérogamique l'herborisation a le pas sur le laboratoire, en botanique cryptogamique, c'est l'in- verse. Cela se conçoit, la plupart de nos Cryptogames exigent pour être reconnus l'emploi du microscope ; il n'en est qu'un nombre restreint qui soient assez incon- naissables pour pouvoir être nommés à première vue comme les Phanérogames. Aussi presque tous les échan- tillons recueillis dans les herborisations doivent être rapportés au laboratoire pour être étudiés de près et nommés le lendemain de la promenade. Ceux-là seuls qui ignorent la Cryptogamie peuvent assimiler les herborisations cryptogamiques aux herborisations pha- nérogamiques. » Un laboratoire garni de microscopes, voilà ce qu'il faudrait avant tout pour compléter notre cours théo- rique. Je l'avais parfaitement compris dès la première année de mon enseignement et j'avais demandé qu'on mît un laboratoire à notre disposition ; ma demande ne fut pas accueillie parce que, me répondit-on, il existait déjà à l'École des travaux de micrographie et que l'in- stallation que je demandais ferait double emploi. J'eus beau objecter que les travaux pratiques ne concordaient en aucune façon avec les descriptions théoriques, qu'en sortant d'un cours où j'avais insisté sur la fécondation des Fucacées, l'élève était brusquement et sans transi- tion forcé de préparer les fibres de Chanvre, ou les globules du pus, et que, par contre, on leur montrait CXXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. ladite fécondation des Fucacées quand je décrivais les Fougères et les Lycopodes ; en vain j'objectai l'économie de travail que cela amènerait pour vous, l'on fut inflexible. » Après une seconde année de cours, je persiste plus que jamais dans ma manière de voir, et je suis certain que vous êtes tous de cet avis : l'enseignement de la Cryptogamie doit se faire par moitié au laboratoire et par moitié à l'amphithéâtre par le même professeur, ou, tout au moins, sous la même direction. » Vous vous êtes montré intéressés par l'histoire sèche et aride que je vous ai faite, sans aucun instru- ment ni objet de démonstration, de ces plantes infé- rieures dont les phénomènes biologiques servent à interpréter ceux qui se passent chez les êtres supérieurs ; par des efforts d'imagination inouïs vous vous êtes astreints à comprendre et à enchaîner toutes ces mer- veilleuses minuties d'un monde dont les représentants sont, pour la plupart, visibles avec le seul microscope; vous avez suivi avec moi les pérégrinations de ces Micrococcus aériens qu'on accuse d'être la cause de bien des maladies qui nous assaillent, vous avez par la pensée, et avec les yeux de la foi, assisté aux noces singulières de ces Algues, de ces Champignons et autres cryptogames; mais quel intérêt beaucoup plus grand n'eussiez-vous pas pris à tous ces sujets si l'on eût pu vous montrer ces coupables qui violent notre organisme pour nous tuer, avec quelle ardeur vous vous seriez mis à l'étude des phénomènes physiologiques si l'on eût pu vous montrer la copulation de ces Pcronospora , les des- tructeurs de la pomme de terre, et combien n'eussiez- vous pas été heureux de voir de vos yeux Y Oïdium, ce BULLETIN DES SÉANCES. CXXXVH fléau de la vigne, dont les horreurs ont été dépassées seule- ment par le phylloxéra, etc., etc. » Il m'eût certainement été bien impossible de tout vous montrer sur des échantillons frais, surtout pendant ces premières années, mais grâce à des projections sur le tableau avec la lumière oxyhydrique, je vous eusse montré les figures données par les maîtres qui ont sur- pris ces phénomènes. Voilà ce que j'avais rêvé pour ce cours, et lorsque j'acceptai la responsabilité de sa création, l'on m'avait promis de mettre à ma disposition tout ce qui pourrait aider à la réalisation de ce rêve. Vous avez vu comment les promesses faites ont été tenues. La craie et le tableau noir, voilà tout ce que l'École nous a octroyé dans sa générosité. Votre bien- veillance et votre intelligence ont suppléé à tout, et c'est pour cela que je n'ai point succombé au découragement qui me prenait parfois ; votre zèle et votre assiduité me donnaient l'exempleet me soutenaient. Aussi jeledéclare hautement : si jamais un cours de botanique cryptogamique SE CRÉE EN FRANCE, ON POURRA DIRE Qu'lL A ÉTÉ FONDÉ PAR LES ÉLÈVES DE L'ÉCOLE DE PHARMACIE DE PARIS. y> Hebborisations. Les herborisations en Cryptogamie pour être moins importantes que les recherches du labo- ratoire, n'en ont pas moins un intérêt de premier ordre et sont des exercices pratiques d'une urgence incontes- table ; aucune description, aucun dessin, aucune peinture, quelque splendidement exécutée qu'elle puisse être, bien mieux, aucun spécimen d'herbier ne peut donner l'idée d'une plante comme un simple coup d'œil jeté sur le plus piètre des échantillons en place dans la nature ; en un instant on a saisi son port, ses dimensions, sa couleur, ses relations avec les objets qui l'environnent; CXXXVHI SOCIÉTÉ BELGE HE MICROSCOPIE. ce souvenir se fixe dans la mémoire d'une façon indé- lébile. Les herborisations sont le complément indispen- sable du cours et c'est pour cela que je les ai fait figurer dans le programme et que je les ai inaugurées dès la première année de mon enseignement. » Je vous ai appris que les Cryptogames actuels sont comme les derniers reflets des végétations des premiers âges de la terre; pour chaque famille je vous ai indiqué les fossiles retrouvés; les herborisateurs cryptogamistes ne doivent donc pas se borner à explorer la surface du sol ; un grand intérêt, le plus grand peut-être, les solli- cite à rechercher dans les terrains les plus anciens les débris des espèces contemporaines des premiers jours de notre monde. — Les excursions scientifiques dans le passé ont des localités spéciales : ce sont surtout les mines de houille et nous en sommes privés dans les environs de Paris; mais je ne doute pas que dans un temps plus ou moins rapproché, il soit permis au pro- fesseur de Cryptogamie de diriger, chaque année, une de vos excursions dans les pays où l'on peut faire ample moisson de fossiles cryptogamiques. De même je vois d'ici venir un temps où, chaque année aussi, l'on cou- ronnera ce cours par une herborisation faite aux bords de la mer pour vous y faire recueillir les Algues marines les plus importantes. » Pour l'instant, restreignons nos courses à l'explo- ration de nos environs de Paris. Tout en excluant les Cryptogames visibles seulement au microscope qui encombrent l'air et les eaux; il nous reste d'assez bonnes récoltes à faire pour embarrasser les plus forts de nos cryptogamistes. Nous avons vu, en effet, que les bota- nistes se sont partagé le domaine de la Cryptogamie de BULLETIN DES SEANCES. CXXXIX telle façon que chacun , encore renfermé clans un domaine isolé, ignore, pour ainsi dire, jusqu'à l'exis- tence de ses voisins. Bien plus, dans certains cas, ce domaine est encore assez vaste pour se subdiviser lui- même en portions qui restent indépendantes les unes des autres. Or, chaque spécialiste, dans son terrain limité, avoue qu'il ne peut, tant à cause de la microsco- picité des caractères qu'en raison du polymorphisme des espèces, à première vue déterminer tel ou tel échantillon présenté; on conçoit que je n'affiche pas la pensée de vouloir être plus fort que chacun de ces spécialistes ; je me hâte donc de le déclarer, je ne suis ni assez fou, ni assez ignorant des difficultés qui hérissent l'étude des espèces Cryptogamiqucs pour avoir semblable préten- tion. » Des herborisations eryptogamiques faites pour l'instruction des élèves de l'École de pharmacie ne peuvent être que des démonstrations pratiques et fami- lières des enseignements théoriques professés au cours. Elles ne seront point de ces courses minutieuses faites en vue de la recherche de raretés qui sont, certes, d'un haut intérêt pour la Science, mais qui ne peuvent être d'aucune utilité pour vous ; la direction de telles excur- sions serait au-dessus de mes forces, l'honneur de les conduire revient, pour chaque branche, à des hommes spéciaux. Si j'ai bien compris ma mission, elle se réduit : 1° à vous mettre en état de reconnaître les cryptogames dont la connaissance s'impose an pharmacien; 2° à vous initier assez à la connaissance générale de chaque groupe pour développer en vous l'amour de cette Science, afin que, plus tard, quand vous aurez des loisirs, vous soyez portés à en poursuivre l'étude. En conséquence, j'ai CXL SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. abordé ces herborisations avec toute la timidité que commande le sentiment de ma faiblesse, mais enhardi par l'idée de vous être utile et par la certitude de vous retrouver, encore là, pour venir en aide à ma bonne volonté par votre bienveillance et votre ardeur au travail. Nous ferons pour nos herborisations ce que nous avons fait pour le cours, nous les fonderons par l'appui mutuel que nous nous apporterons. » Les herborisations eryptogamiques n'ont pour ainsi dire de commun avec les herborisations phanéroga- miqucs que le but et les lieux de recherches ; presque tout ce qui concerne la récolte, la préparation et la con- servation diffère assez pour que je me croie obligé d'insister et de vous faire une conférence sur ce sujet. Chaque groupe de cryptogames réclame des soins, des instruments de récolte, de préparation et de conserva- tion spéciaux. A. Récolte. » Il faut considérer plusieurs points. 1° Quels sont les lieux où doivent se faire les recherches? 2° Quelles sont les saisons les plus favorables à la récolte? 5° Quels sont les meilleurs moyens pour faire les récoltes de chacun d'eux et pour les rapporter au logis en vue de la préparation? » 1° Quels sont les lieux de recherche? » Les Lycopodes sont rares dans nos environs, ou les trouve à terre croissant au milieu des Mousses. Le L. clavatum se rencontre dans les bois de Versailles et de Meudon. — Les Fougères plus communes habitent les parties ombreuses des bois et les fissures humides des rochers abrités. — Les Prèles se trouveront dans BULLETIN DES SÉANCES. CXLI les lieux sableux inondés, leurs espèces sont peu abon- dantes. — C'est dans les eaux des mares et des fossés que croissent les Charagnes et les Algues, (nous ne par- lons pas des Algues marines) les Diatomées se trouvent dans les cours d'eau. — Les Mousses sont abondantes, à terre, sur les arbres, et sur les rochers humides, le Fontinalis anlipyretica est aquatique : les Hépatiques préfèrent les endroits humides ou un peu inondés, cependant quelques-unes viennent sur les rochers exposés au soleiî. — Les Lichens, les moins exigeants des cryptogames, vivent à terre, sur les arbres, sur les rochers, sur les murs, à l'ombre ou au soleil sur les débris de toute sorte. Enfin, les Champignons se trou- veront partout où il y a quelque matière organique à détruire, parasites sur les plantes, venant, coprophytes ou saprophytes, dans les endroits ombreux, les caves, les souterrains, partout, même dans les friches et au soleil. » La diversité de toutes ces stations et leur multipli- cité a un avantage pour le cryptogamiste, il peut her- boriser partout et s'il fait des excursions un peu éloignées, c'est autant pour prendre un exercice bien- faisant, que pour trouver des cryptogames. Un pot de fleur, une tuile d'un toit, le premier tronc d'arbre venu fournit au travailleur une moisson assez fructueuse pour occuper les loisirs de la semaine qui suivra. 2° Quelle est l'époque de la récolte? Règle générale. On doit récoller les plantes au mo- moment de la fructification, c'est-à-dire quand elles montrent tous leurs caractères. » Pour les phanérogamistes l'époque de l'herbori- sation commence à la mi-mai et finit fin-août; pour le CXL1I SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Cryptogamiste, ce sont là les mois où les courses sont les moins productives, excepté toutefois lorsque l'été est pluvieux; cependant il peut herboriser en tous temps, les objets de ses études étant tellement variés qu'il est toujours certain de rapporter quelque chose au labora- toire. — Nous pouvons donc herboriser en toute saison, les Lichens sont toujours aptes à être récoltés ; mais c'est en hiver à la fin des gelées, et par les premiers beaux jours du printemps que nous devons chercher les échantillons de Mousses et d'Hépatiques : c'est l'époque aussi à laquelle nous trouverons le plus grand nombre de Champignons charnus ; malgré cela, la fin de l'au- tomne rivalise presque avec le printemps pour ces derniers. — Les Lycopodes, les Fougères, les Prèles et les Charagnes, fructifient à la fin de juin et en juillet. Mais il n'en reste pas moins que, d'une façon générale, c'est l'hiver qui est la saison du Cryptogamiste ; s'il n'a pas toujours l'avantage de voyager en compagnie du soleil, il n'a pas les désagréments de la chaleur dont il grille parfois les Phanérogamistes. » 5° Moyen de récolter et de transporter les échan- tillons. » Règle générale. Il faut récolter les échantillons complets. Si cela est utile pour les phanérogames, cela est indispensable pour les cryptogames ; on doit rejeter tout échantillon incomplet parce qu'il est le plus souvent méconnaissable, impossible à dénommer; il est un embarras et ne peut être d'aucune utilité. Il faut excepter les cas peu nombreux où les plantes se présentent à état .stérile et état fertile avec des caractères différents, comme certaines Prêles; alors il faut récolter les deux états quoiqu'ils ne se présentent pas à la même époque. BULLETIN DES SÉANCES. CXLIII » Les Àcrogènes vasculaires se récoltent comme les phanérogames, on les arrache avec un pioehon ou un couteau, puis on les serre dans la boîte à herboriser ou dans le cartable. Chaque échantillon sera, aussitôt la récolte, muni d'une étiquette portant un numéro d'ordre. Les Charagnes exigent parfois l'aide d'un petit râteau en fer. Les Mousses sont en général faciles à détacher de leur support, le simple couteau suffît. Il n'en est pas de même des Lichens, à moins qu'une pluie ne soit venue les humecter la veille; pour les enlever on préférera un couteau à lame flexible. — Dans le cas où les Lichens sont saxicoles, il faut le marteau de géologue pour briser le rocher qui les porte. » Les Mousses et les Lichens demandent certaines précautions pour le transport; la plupart des échantil- lons sont petits, ils s'égarent facilement au milieu des autres plantes et perdent leur étiquette, salissent les autres échantillons, se désagrègent, etc., etc.; pour obvier à ces inconvénients on les enferme dans de petits sacs en papier assez fort, préparés à l'avance et portant chacun un numéro d'ordre. » La récolte de quelque Hépatiques se fait comme celle des Mousses, mais d'autres sont molles, friables, aqueuses, faciles à briser; les rapporter pêle-mêle avec les autres plantes dans la boîte, c'est vouloir les sacrifier, car elles se détruisent très-vite; on n'a même pas la ressource de les renfermer dans de petits sacs, car froissées, elles se collent au papier et ne peuvent plus être desséchées. C'est pour obvier à ces inconvénients que j'ai organisé un petit appareil qui permet de les rapporter en assez bon état, pour qu'il soit permis de les cultiver après l'arrivée à domicile. « Cet appareil CXLIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOIME. qui se porte avec un cordon est un tube cylindrique en f'er-blauc peint en vert, de 20 centimètres de hauteur et de 8 centimètres de diamètre, contenant six petites boîtes plates de 5 centimètres 1/2 de hauteur et tel diamètre qu'elles entrent un peu à frottement dans le cylindre. Cette précaution doit être observée, afin qu'une fois entrées elles ne puissent tomber du cylindre qui reste ouvert par sa partie supérieure. Ce cylindre est échancré à la partie inférieure de la largeur d'une demi- circonférence et de la hauteur d'une boîte ; il est fermé par un embout mobile échancré de la même façon. Cet embout tourne sur un pivot, en sorte que l'ont peut facilement mettre les deux éehancrures en rapport l'une avec l'autre. A ce moment l'appareil est ouvert, et l'on peut retirer la boîte qui se présente à l'ouverture. On y met l'Hépatique avec de la terre si l'on veut; on ferme la boîte, et on la place sur les autres par la partie supé- rieure du cylindre ; à son tour elle forme le couvercle. Chaque boîte porte un numéro, en sorte qu'il est facile sur le calepin de mentionner les particularités de tel ou tel échantillon, noms, localités, stations, etc. — Il va sans dire qu'on peut augmenter le nombre des boîtes en augmentant la longueur du tube, c'est une affaire de goût ou de besoin. On pourrait aussi augmenter leur taille, mais peut-être à tort, car celle indiquée plus haut est suffisante pour presque toutes les Hépatiques et le tube est peu gênant avec un aussi petit volume, ce qui est à considérer, surtout pour les excursions cryptoga- miques dans lesquelles on ne doit pas songer seulement à la récolte des Hépatiques (I). » (I) Veiu.ot. Guide du Botaniste lierborisant, 2 e édition, p. 263, chez J.-B. Baillière. BULLETIN DES SÉANCES. CXLV » Les Algues demandent d'autres précautions de récolte et de transport; il a fallu aussi inventer des appareils spéciaux. — Pour la récolte on se sert d'une sorte de cuiller-pochon qu'on fixe solidement à un bâton plus ou moins long : on plonge la cuiller dans l'eau et on la ramène avec les Algues qui y flottent ; on laisse reposer, puis on décante la partie superflue du liquide ; le reste est introduit dans des flacons. Ces flacons sont de taille diverses en rapport avec la récolte ou l'objet de la récolte. Les Diatomées se mettent dans des tubes. Cbaque flacon ne doit contenir que la récolle d'une seule localité, il porte, comme les tubes, un numéro d'ordre. » Les tubes à Diatomées ou les flacons à Algues plus considérables pourraient être rapportés dans la boîte à herboriser, mais outre qu'ils courent le risque de se briser, ils détériorent par leur contact tout le reste de la récolte. On a donc pensé à obvier à ces inconvénients. Certains ont proposé, pour les tubes à Diatomées, la ceinture-cartouchière des chasseurs, le tube remplacerait la cartouche ; mais avec ce système beaucoup de tubes se perdent, le botaniste étant sans cesse baissé. — M. Petit a fait transformer un sac de voyage en un sac fort com- mode à compartiments de grandeur variable suivant la grandeur des flacons ; c'est certes un moyen de transport de grande utilité. » Les Champignons qui viennent en parasites sur les feuilles, les tiges, les racines, sont recueillis suivant les cas dans la boîte, le cartable ou les sachets, mais on est bien embarrassé avec les Champignons de plus grande dimension, mous, cassants, glaireux comme les Bolets, les Agaricinées, les Clavariées, les Morilles, les Pé- 10 CXLVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICR0SC0P1E. zizes. etc., etc. Impossible de les placer dans la boîte où ils se cassent et sont salis par le reste de la récolte, impossible de les mettre dans le cartable; les envelopper dans des sacs n'empêche pas de les briser, à moins de s'astreindre à les porter à la main. Le plus simple est de les placer dans un grand panier et encore faut-il bien des précautions pour les ramener en bon état. En tout cas il ne faut pas oublier d'y placer une étiquette. » De ce que nous venons de dire, il ressort qu'un Cryptogamiste ne devrait sortir qu'armé de la formidable série d'appareils de récolte que nous résumons ainsi. A. Instruments de récolte : 1° une bêche ou un pio- chon ; 2° un couteau à lame flexible; 3° la cuiller-pochon, drague de M. Giraudy ou l'appareil de M. Petit, avec leur bâton ; 4° le petit râteau pour les Charagnes et les Algues profondes; 5° un marteau pour les Lichens saxi- coles, indispensable pour les excursions de paléontologie- cryptogamique. » B. Instruments pour serrer la récolte : 1° boîte à herboriser ordinaire ; 2° cartable ; 3° sachets ; 4° boîte à Hépatiques ; 5 n sac de M. Petit; 6° enfin un petit seau en toile pour le cas des récoltes spéciales d'Algues, en parti- culier d'Algues marines. » Il faut y joindre : » C. Pour reconnaître la récolte : 1° une loupe, soit la triloupe, la loupe Coddington, soit la loupe rodée de Brewster; 2° l'appareil Brébisson; 3"d'aprèsM.Nylander, deux petits flacons, l'un de chlorure de chaux, l'autre de potasse caustique pour certains Lichens; 4° une flore; 5° le Guide du Botaniste herborisant, de M. Verlot, qui, outre de bonnes indications générales sur les herborisa- tions, donne les listes des cryptogames que l'on peut BULLETIN DES SEANCES. CXLV1I rencontrer dans certaines herborisations des environs de Paris. » D. Pour enregistrer la récolte : » 1° Un crayon attaché par une ficelle solide de manière à être pendu après un bouton de paletot. » 2° Un carnet ou calepin de 5 ou 10 feuillets, réglés, divisés en 4 colonnes; la première contenant les numéros; la seconde réservée au nom, la troisième pour l'indica- tion de l'habitation et la quatrième pour l'indication de la localité. » 3° Des étiquettes collées d'avance sur les boîtes, les sachets, les bocaux, les tubes à Diatomées, et d'autres libres portant un fil double qu'on passe facilement autour des tiges ; toutes portent des numéros qui corres- pondent à ceux du carnet. Une plante recueillie est placée dans un sachet ou dans un bocal ou munie d'une étiquette libre, aussitôt on inscrit sur le carnet au numéro correspondant les indications que l'on a pu recueillir sur la plante, le nom si elle a^été reconnue, la localité et la station. Si ces indications sont incomplètes, il est facile de les compléter au laboratoire après examen sérieux. » Quand on herborise sans guide, il est bon en plus de se munir d'une carte routière. Dans les herborisations officielles, le soin de la direction revenant au professeur, celui-ci doit à l'avance explorer les localités afin d'éviter toute perte de temps et préparer une plus fructueuse récolte. » Ainsi qu'on peut en juger, le bagage du cryptoga- miste est autrement compliqué que celui du phanéroga- miste, aussi il est bon de s'associer pour se le partager. Tue herborisation à deux ou à quatre est très-profitable CXLV1II SOCIÉTÉ BELGE HE M1CR0SC0PIE. en ce sens. Dans les herborisations comme celles que nous avons à faire, il y a moins à s'inquiéter, chacun pouvant donner aide à ses camarades et leur prêter les instruments dont il est porteur. Il ne reste plus pour bagage que les divers appareils urgents pour rapporter les échantillons et le carnet à indications. — Le profes- seur et ses aides se chargeront de tout ce qui touche la reconnaissance des objets. B. Préparation. » La récolte rapportée au logis doit être préparée, c'est-à-dire mise dans des conditions indispensables pour prendre place dans la collection. » Règle générale. Il ne faut jamais séparer un échan- tillon de son étiquette; et il faut reproduire celle-ci pour chaque échantillon que l'on divise. » Toutes les plantes d'une récolte ne sont pas aussi exigeantes les unes que les autres. Il faut donc aller au plus pressé et préparer ceux des échantillons qui souffrent le plus de l'attente. » Les Lichens et les Mousses peuvent parfaitement attendre plusieurs jours; les Hépatiques rapportées dans l'appareil que nous avons indiqué, peuvent attendre une semaine et l'on peut même les faire végéter en ouvrant les boites et les mettant sous une cloche en maintenant un peu d'humidité. » Le reste sera préparé aussitôt que possible. Les Acrogènes vasculaires et les Characées seront séchées comme les phanérogames; disposées entre des coussinets de papier buvard, on les soumet à la presse. » Les Algues demandent des précautions très-grandes. BULLETIN DES SÉANCES. CXLFX On les retire de leurs bocaux en versant le contenu de chacun d'eux séparément, pour éviter les erreurs dans l'indication des localités, dans un vase rempli d'eau pure. On les lave, on les débarrasse des impuretés, on choisit les échantillons qu'on divise et qu'on pare sous l'eau, en retranchant certaines portions avec des ciseaux. Cela l'ait, l'échantillon ainsi paré est mis dans une cuvette faite de papier fort dont on a relevé les bords : cette sorte de cuvette est remplie d'eau, l'Algue y est étalée avec des aiguilles en épine de porc-épic et avec des pinces. Quand on lui a donné la forme voulue, on laisse écouler l'eau, puis on les fait égoutter. Alors on la porte à la presse comme les autres plantes, en ayant soin de mettre sur chaque échantillon une feuille de papier graissé de suif; sans cette précaution l'Algue se collerait au papier buvard. Ce procédé primitif est avec grand avantage remplacé par celui indiqué par M. Bornet, indispensable surtout quand il s'agit d'Algues marines. « L'échantillon à préparer étant plongé dans la cuvette fig. remplie d'eau, est nettoyé des corps étrangers qui lui sont adhérents ; puis on l'étalé grossièrement avec les doigts et l'on glisse au-dessous de lui une feuille de papier blanc et collé. On retire alors de l'eau le papier avec l'échantillon et on le place sur une planchette de bois ou sur une feuille de tôle vernie; saisissant alors la planchette de la main gauche, on l'incline doucement en divers sens en même temps qu'on arrose l'échantillon au moyen d'une petite éponge. La plante étant égouttée pendant quelques instants, on la place avec le papier qui la porte sur un coussin de papier buvard, on le couvre d'un morceau de calicot, d'un nouveau coussin et on la soumet à une pression modérée. Lorsque la récolte est CL SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. entièrement préparée on remplace les coussins mouillés par du papier suiffé et le tout est pressé assez fortement. Quelques heures après l'on change de nouveau les cous- sins sans toucher au papier suiffé et l'on continue ainsi jusqu'à ce que la dessiccation soit complète. » (Pour plus amples renseignements, voir : Instructions sur la récolte, l'étude et la préparation des Algues, par M. Ed. Bornet. Mém. Soc. des Sciences de Cherbourg, 2. IV, 1856.) » Pour les Champignons charnus l'embarras est bien plus grand, et l'on peut dire que pour les espèces char- nues on n'a aucun procédé convenable de préparation. S'il en est qu'on peut arriver à mettre en herbier en les laissant perdre un peu de leur eau, puis en les parta- geant par tranches, il en est un grand nombre d'autres pour lesquels toute tentative de ce genre échoue tant ils sont mous, fragiles, et d'altération facile. On a songé à les conserver dans des bocaux avec divers liquides, l'eau salée, l'eau vinaigrée, l'eau alcoolisée, l'eau additionnée d'acide salicylique, etc., mais ils perdront leur coloration, leur forme et par conséquent leurs principaux éléments de reconnaissance. Pour avoir quelque chose de complet, il faut y ajouter la reproduction par l'aquarelle. On représentera donc le Champignon dans ses différents états en montrant sa forme extérieure, la disposition de ses lames par rapport au pied et dans leurs rapports entre elles. Il faut représenter une coupe longitudinale, montrer si les lames sont égales ou inégales, etc; il faut bien saisir la couleur aux différents âges, examiner les spores au microscope et les dessiner en indiquant leur couleur et leurs dimensions. Enfin, laisser mûrir sur le papier légèrement gommé un chapeau tourné la BULLETIN DES SÉANCES. CLl face du côté du papier ; les spores en vieillissant tom- bent et dessinent sur le papier, la disposition des lames en restant adhérentes en des points d'où on pourra les retirer pour une étude ultérieure. » Les Lichens et les Mousses sont faciles à préparer; ils sont reviviscents et par conséquent on peut, en les mettant quelques heures dans un lieu humide, leur donner leur souplesse primitive. — Les Lichens fructi- culeux et les Mousses se sécheront alors comme des phanérogames, les Lichens crustacés devront être con- servés sur une portion de leurs supports. C. Conservation. » Il ne suffît pas de récolter les plantes, de les sécher et de les préparer, il faut les mettre en collection, la plupart en herbier. » Règles générales. 1° Il faut bien faire attention à ne point faire d'erreur d'étiquettes, et avant de coller celle qui restera à demeure, bien s'assurer des carac- tères de la plante ; 2° conserver les herbiers dans un endroit sec. » Je n'ai pas plus l'intention de vous parler de la confection d'un herbier que je n'ai eu celle de vous décrire la manière de faire le séchage des plantes. Vous trouverez les renseignements dans les livres spéciaux et en particulier dans le Guide du Botaniste herborisant, par M. Verlot; je ne veux vous en parler que parce que certaines de nos plantes cryptogames demandent des soins spéciaux et qu'il faut en être averti pour ne point se trouver pris au dépourvu. » Les Acrogènes vasculaires et les Charagnes, quand CLII SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. elles sont sorties de la presse et bien séchées, se dispo- sent comme les phanérogames et on les empoisonne de même pour les garantir des insectes qui, sans cela, les dévoreraient. — Les Algues se trouvent pour la plupart naturellement collées sur le papier à la suite de la pré- paration; si certaines n'adhèrent pas, on les retiendra avec de la colle de gomme adragante. » Les Mousses et les Hépatiques se conservent par- fois en masses ou gâteaux plus ou moins considérables sur la terre où on les a récoltées ; mais il vaut mieux diviser ces plaques en petites tranches verticales minces que l'on colle séparément sur le papier après que l'on a reconnu que les échantillons sont bien complets. Les échantillons sont en général petits et l'herbier peut être réduit à la taille du volume grand in-12 ou petit in-8°. » Quant aux Champignons, s'il s'agit de parasites de feuilles, de tiges, etc., on les conserve comme les Pha- nérogames qui les supportent. Mais s'il s'agit de ces Champignons charnus qui nous ont déjà donné tant d'embarras pour la préparation, nous retrouvons ici de nouvelles difficultés. Ceux séchés en entier sont épais et se tiennent mal en herbier; ceux fendus sont moins embarrassants, on les colle avec des bandelettes de manière à les pouvoir examiner sur leurs deux faces en soulevant et retournant l'échantillon. Ces préparations, nous l'avons dit, sont peu utiles, de plus elles se laissent facilement manger par les insectes et, pour comble d'ennui, on ne connaît guère de moyens de s'opposer à cette destruction. On a sans grand succès employé le camphre, le poivre, les infusions de tabac, de simarouba et le deutochlorure. L'acide arsénieux empêche bien BULLETIN DES SÉANCES. CLI1I les insectes, mais il détermine le développement des moisissures. » Les Lichens se mettent en herbier, toutefois, ils s'y cassent, s'y brisent, aussi les lichenologues préfèrent- ils les conserver dans de petits sachets ou dans de petites boîtes à compartiments. » Ces quelques aperçus suffiront, j'espère, pour vous donner une idée des différences de détail, très-grandes, qui distinguent les herborisations cryptogamiques des herborisations phanérogamiques, mais vous comprendrez en même temps comment elles se ressemblent par le but commun qu'elles se proposent, et par les attraits qu'elles offrent, et qui attirent chacun de nous. » Pour moi, je vois dans ces herborisations une récréation scientifique, où le sérieux de la Science doit s'unir aux agréments d'une partie de plaisir. Aussi ces excursions demandent-elles à être faites en famille, et vous tous, aussi bien que moi, tiendrez à en éloigner les gens étrangers à cette École, indifférents toujours, tapageurs souvent, dont les extravagances retombent sur nous tous, nous font perdre des privilèges que nous regrettons plus tard, sans compter qu'elles troublent la fête, en compromettant l'intimité, dans laquelle maîtres et élèves doivent aimer à se rencontrer. C'est dans ces excursions, qu'on ne saurait trop multiplier, que les uns et les autres doivent apprendre à se connaître, c'est dans ces moments d'expansion que le professeur doit, en la faisant facile et agréable, allumer ce « feu sacré » de la Science dans le cœur de ses élèves, pendant que ceux-ci, en retour, prouvent à celui qui dirige leurs efforts etallègeleurs travaux, qu'ils lui rendent l'affection qu'il a pour eux. CUV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. » Payer, mon maître, répondait, en se moquant, à ceux qui lui faisaient reproche de sa grande aménité, que la médiocrité seule est hautaine, et il prouvait chaque jour que c'est par l'affabilité qu'on fait le plus de recrues à la Science. J'ai toujours essayé de mettre ses leçons en pratique, j'ai fait mon possible pour l'imiter, il me sem- blait qu'ainsi je payais à sa mémoire la dette que j'ai con- tractée envers celui qui a dirigé mes premiers efforts et m'a, par conséquent, procuré l'honneur de professer ici. Du reste, nous sommes privilégiés entre tous vos maîtres, nous autres Botanistes, car ces herborisations nous procurent l'occasion de ces réunions familières dans des conditions exceptionnelles, les beautés de la nature dont nous essayons de surprendre les secrets prêtant un charme extrême à ces utiles délassements de l'esprit. C'est même probablement cela qui a valu à la Botanique la réputation d'être la plus aimable des Sciences. » Séance du 24 avril 1879. Présidence de M. le D r Ledeganck. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Coomans, De- logne, Gravis, Leclercq, Ledeganck, Lefèvre, Prinz, Butot, Vanden Broeck, Van Hoorde et J. F. Cornet, secrétaire. MM. Michel et et Benard font excuser leur absence. Le procès-verbal de la séance mensuelle du 27 mars est adopté. BULLETIN DES SÉANCES. CLV Correspondance. La correspondance comprend : Des lettres de MM. Miquel et Mechin, remerciant pour leur admission comme membres effectifs. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des sociétés : Entomotogique de Belgique, Malacologique de Bel- gique, Boyale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, de Médecine de Caenetdu Calvados, d'Études des sciences naturelles de Nîmes, Française de photo- graphie, Médico-chirurgicale de Liège, Royale de Bota- nique de Belgique, Belge de géographie, Vaudoise des sciences naturelles de Lausanne, de Borda à Dax, d'Histoire naturelle de Gratz, Microscopique de San Francisco, Boyale de microscopie de Londres, du Quekett, microscopical Club; des académies : Royale des sciences de Belgique, Boyale de médecine de Bel- gique, des Sciences de Turin; des directions : du Musée de l'industrie de Belgique, de YAtheneum belge, du Moniteur industriel belge, de la Feuille des jeunes naturalistes, du Botanika Notizer, du Zoologischer Anzeiger, de la Bévue des sciences naturelles de Mont- pellier, du Popular science Bevieiv de Londres et du Bulletin scientifique du département du nord. Publications offertes par les auteurs : Mineralogische Notizer, par M. A. de Lasaulx; Les Pestes, leur his- toire et leur prophylaxie, par le docteur van den Corput; Descriptionde l'Ovuledes environs de Bruxelles, par M. Th. Lefèvre; Élude sur les poussières organisées, par le docteur Miquel; A NewMicrolome, par S. W. Flet- CLV] SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. cher; On some neiv or imperfecllij known Podoph- thalmous Crustacea of the Leiden Muséum, by D 1 J. G. De Man; The structure of Eozoon canadense, compared wliitli that of Foraminifera by its own inves- tigations, by prof. Karl Môbius ; Môbius on Eozoon canadense, by J. W. Dawson. Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission de M. Heeg, d'Orsova (Hongrie) présenté par MM. Ledeganck et Cornet. M. Heeg est élu membre effectif. Propositions des membres. M. Cornet dit que par suite de critiques fondées faites au sujet de nos publications, il y aurait lieu d'exa- miner si pour le volume VI il ne conviendrait pas d'adopter un nouveau système qui fasse disparaître les inconvénients du système actuel. La partie la plus importante des publications : les Mémoires, attendent parfois plus d'une année avant d'être livrés à la publicité. C'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, que le travail de M. Matteo Lanzi a déjà paru depuis six mois dans d'autres publications, bien que ce travail ne soit pas encore officiellement publié par la Société. D'autre part, la reproduction des bulletins donne lieu à des frais inutiles et cette suppression donnerait lieu à une diminution d'environ 500 francs en impression et de plus 100 francs de port; ce qui porterait au minimum à 600 francs le bénéfice à réaliser sur l'impression seule. On pourrait également économiser près de BULLETIN DES SÉANCES. CLVII 200 francs sur le tirage des gravures, ce qui porterait à 800 francs le bénéfice à réaliser. Le Conseil pourrait étudier quel est le mode de publi- cation qui conviendrait le mieux; mais il est bon de signaler les publications de la Société royale de micros- copie de Londres, dans lesquelles figurent tous les travaux au fur et à mesure de leur présentation. Il est incontestable que notre Bulletin acquerra ainsi plus d'importance tout en donnant lieu à une certaine économie. Mais s'il convient de restreindre nos dépenses, il est rationnel et juste d'encourager ceux qui voudront bien honorer la Société de leurs travaux. Je proposerai donc à la Société d'accorder aux auteurs des tirés à part : Pour toute note qui ne dépasse pas une feuille d'im- pression, 50 exemplaires; au delà d'une feuille d'impres- sion, 100 exemplaires, avec couverture et titre. Cette dépense n'atteindra pas 300 francs; il restera donc un excédant d'économie sur le système actuelle- ment en usage. L'assemblée décide le renvoi de cette proposition à l'examen du conseil. La séance est levée à 10 heures. REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE Nous croyons que la lettre ci-dessous du docteur CLVII1 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CK0SC0P1E. Pelletan (1), sur les préparations microscopiques, a, en raison de son caractère général, un intérêt tout particu- lier, ce qui fait que nous la reproduisons en entier. a Vous vous plaignez dans votre lettre du peu de valeur scientifique de la plupart des préparations microsco- piques que l'on trouve dans le commerce; vous avez complètement raison. A l'exception d'un petit nombre de spécialités, ces préparations sont insignifiantes. Elles sont souvent fort jolies d'aspect, installées sur un verre de choix, dans une cellule irréprochable, avec des vernis de toutes les couleurs, des étiquettes de toutes les nuances; elles ont une tournure fort élégante, mais l'objet qu'elles contiennent est banal. Les préparations de Diatomées, seules, sont la plupart du temps satisfai- santes, souvent excellentes et quelquefois merveilleuses. Tout le monde connaît les préparations de Diatomées d'Edm. Wheeler, d'A. C. Cole et son, et surtout de J.-D. Môller dont les « Typen-platte » sont de véritables chefs-d'œuvre de patience et d'habileté. Certaines pré- parations de botanique cryptogamique ont encore quelque valeur; certaines coupes, dissections ou disso- ciations relatives à l'anatomie végétale, les coupes minces dans les corps durs, animaux, minéraux, végé- taux, principalement les coupes de bois sont assez instructives; mais parmi toutes les autres classes de pré- parations dont la nomenclature remplit les catalogues, ce n'est que tout à fait par hasard que l'on rencontre un slide intéressant. » D'après ce que vous me dites, je vois que vous vous occupez d'anatomic microscopique et plus particulière- (I) Journal de Micrographie du D* Pelletan, ô e année, n° 3, p. 139. BULLETIN DES SEANCES. CLIX ment, à ce que je crois, d'anatomie entomologique. Or, ce sont précisément les préparations d'histologie, nor- male ou pathologique, sur l'homme et les vertébrés et sur les invertébrés, qui sont les plus insignifiantes. Sur les Arthropodes, entre autres, les préparateurs se bor- nent à couper quelques pattes, quelques têtes, quelques antennes, quelques trompes, quelques aiguillons, etc., à les mettre dans le baume, et voilà! — Les plus habiles préparent d'immenses insectes ou des Arachnides énormes, tout entiers, après les avoir vidés; quelques- uns sont même sous ce rapport d'une habileté extrême et réalisent des préparations réellement magnifiques d'aspect. Mais malheureusement, le tégument est seul conservé et le peu qui reste des organes internes est remplacé par une masse uniformément transparente où le microscopiste ne trouve plus rien à étudier. Et pour tous les petits animaux, c'est ainsi à l'état de masse plus ou moins transparente contenant quelques petits amas plus ou moins opaques, le tout recouvert d'un tégument bien conservé, qu'ils sont réduits par le préparateur. On fait depuis quelque temps, en Angleterre, des prépara- tions, dites sans pression « (without pressure) », dans lesquelles on dépose les insectes au milieu d'une épaisse couche de baume après les avoir imprégnés d'essence pour les rendre transparents, et sans les comprimer, ce qui ne les déforme pas. On peut sur certaines de ces préparations quand elles sont bien réussies — et elles réussissent assez bien sur les araignées, — apercevoir encore quelques vestiges des organes internes, du sys- tème musculaire, par exemple; — j'en ai fait plusieurs ainsi, — mais si elles présentent, en effet, quelques avantages, elles sont encore insuffisantes parce que. CLX SOCIÉTÉ BELGE DE MICR.OSCOPIE. épaisses de plusieurs millimètres, elles ne peuvent être étudiées sous des objectifs de foyer un peu court. » Je ne veux pas dire que toutes ces préparations, que j'appelle banales, soient inutiles, bien certainement non; car si elles satisfont peu les savants elles intéressent les amateurs et leur apprennent encore bien des choses qu'ils ne savent pas. Elles sont surtout utiles en Angle- terre, où elles se vendent en effet beaucoup, parce que, chez nos voisins, le microscope est plus souvent un objet d'amusement et de luxe qu'un instrument de tra- vail. Les jeunes misses, dans un salon, se distraient mieux, et, je crois, plus utilement, à admirer le délicat petit peigne qui forme la griffe d'une patte d'araignée, ou les élégantes petites écailles qui émaillent l'aile d'un papillon qu'à regarder les fades images d'un keepsake. Ces « slides » qui, pour nous, n'ont plus guère d'in- térêt, ont donc, sous ce point de vue, leur utilité réelle; elles donnent aux gens du monde le goût des choses de la nature et leur fournissent, sur ce qui les entoure, mille petits enseignements acquis sans travail pour eux et en s'amusant. Il ne faut donc pas trop en médire. » Mais pour le naturaliste, l'anatomiste, l'homme, en un mot, qui travaille une branche quelconque de la micrographie, elles sont, pour le plus grand nombre, insignifiantes parce qu'elles ne lui apprennent rien; elles ne sont pas assez savantes, si l'on peut ainsi dire. » Pourquoi les préparations de Diatomées sont-elles presque toujours suffisantes? — C'est d'abord parce qu'elles sont, en réalité, plus faciles à faire. Les Diato- mées n'ont besoin que de manipulations relativement très-simples pour être prêtes au montage. Et ensuite, en BULLETIN DF.S SÉANCES. CLXI raison du charme tout particulier que présente l'étude de ces petites plantes, de l'extension qu'a prise cette étude, les préparateurs sont tous plus ou moins Diato- mistes; en faisant ces préparations, ils savent ce qu'ils font, ils savent ce que l'objet doit montrer. Certains organes végétaux sont souvent aussi assez bien présentés ; c'est qu'alors aussi le préparateur sait qu'il doit montrer ici des trachées, là des stomates, des ovules, des spores, des organes de fructification, etc. Mais quand il s'agit d'anatomie animale, soit chez les Vertébrés, soit chez les Invertébrés, quand il s'agit d'histologie normale ou pathologique, les préparateurs, à de très-rares exceptions près, ne savent plus ce qu'ils font ni ce qu'ils doivent faire voir, quel est le détail caractéristique qu'il faut mettre en évidence pour rendre la préparation instruc- tive. Ils s'imaginent qu'il suffit de prendre un morceau de tissu injecté ou non, de le durcir, d'y faire des coupes longitudinales et transversales, de tremper celles-ci dans le carmin et de les monter proprement dans une jolie cellule pour obtenir une préparation utile à quelque chose. C'est une grave erreur. Ainsi pour prendre seule- ment quelques exemples, j'ai sous les yeux diverses pré- parations « histologiques » du commerce, des fibres musculaires dissociées, un filet nerveux dilacéré, un lambeau de tissu conjonctif, des terminaisons nerveuses sur une fibre musculaire, etc. — Qu'est-ce qu'elles peu- vent apprendre? — Les fibres musculaires n'ont pas été tendues; je n'y vois, ni le sarcolemme mis en évidence, ni les noyaux, ni le moindre détail des stries, disques, espaces clairs. — Le filet nerveux me montre quelques petits rubans grumeleux, épars au milieu d'un petit nuage de tissu conjonctif; mais, de la gaine de myéline, il CLXH SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. du cylindre axe, des étranglements annulaires, du noyau des segments, des cellules endothéliales, (je ne parle pas des incisures), je ne vois rien du tout. Dans le tissu con- jonctif, je cherche vainement un élément distinct : les faisceaux connectifs et les fibres élastiques, tout est con- fus, et les cellules conjonctives sont absentes. Dans la terminaison nerveuse sur une fibre musculaire, je vois un petit paquet jaunâtre sur la fibre; c'est la plaque motrice; mais la gaine, l'arborisation, les noyaux des diverses espèces, tout est invisible. «Vous me direz que les préparations histologiquessont, de toutes, les plus difficiles et les plus longues à faire ; qu'il est le plus souvent impossible de montrer tous les détails de structure d'un organe sur une même prépara- tion. — Cela est vrai, mais ce ne sont que des raisons secondaires. On vient à bout de la difficulté et de la lon- gueur des manipulations avec de l'habileté et du temps ; et si l'on veut montrer tous les détails de structure d'un organe, il faut faire de cet organe des préparations mul- tiples. Étant donné un nerf, il faut faire des prépara- tions qui montrent les tubes dissociés avec la gaine de myéline, les étranglements et, si l'on peut, les noyaux, des préparations qui montrent le cylindre axe , le renflement bi-conique et les noyaux; des préparations qui montrent la membrane secondaire quand elle existe et son épithélium, d'autres qui fassent voir le tissu con- jonctif périfasciculaire, le tissu conjonctif intrafascicu- laire, les cellules endothéliales, les vaisseaux, etc., — puis faire des coupes transversales à différents niveaux sur le segment interannulaire..., et quand on aura ainsi fait, sur le même organe, cinq ou six préparations, on aura à peu près démontré la structure d'un nerf, et fait des préparations instructives. BULLETIN DES SEANCES. CLXII1 » Malheureusement, comme je vous le disais, les pré- parateurs, à de très-rares exceptions près, n'ont pas assez de connaissances histologiques et ignorent les méthodes et les procédés techniques nécessaires, ou bien ne veulent pas les employer parce qu'ils sont longs et délicats — et aussi peut-être parce qu'ils craignent d'être obligés, par suite de ce surcroît de travail, d'élever leurs prix à un taux qui effrayerait la majorité des acquéreurs. Pour ce qui est de cette dernière raison, je crois qu'elle est peu fondée ; je crois, et j'en juge par les demandes qui sont adressées chaque jour au bureau du Journal de Micrographie, que les préparations faites suivant ces principes trouveraient des acheteurs même à un prix relativement élevé, si elles étaient réellement instructives. Et j'en puis d'autant moins douter que je vois vendre couramment 5 dollars, c'est-à-dire 5fr. 75 c, les préparations les plus banales du Pediculus pubis, en Amérique, pays où cependant cet insecte n'est pas plus rare qu'en France, — au contraire. » Enfin, pour terminer cette trop longue lettre et pour répondre plus directement à votre demande, je puis vous annoncer que je m'occupe précisément de fonder dans mon laboratoire et au bureau du Journal de Micro- graphie un Institut de Microscopie, à la mode allemande, où mes correspondants pourront trouver non-seulement tous les instruments, les réactifs, les matériaux, les spé- cimens, les livres dont ils auront besoin, mais encore toutes les préparations et notamment des préparations histologiques exécutées comme je vous l'indiquais plus haut, sur l'homme, les autres Vertébrés, les Articulés (et particulièrement les Insectes) et sur quelques Mollusques ; ces préparations je les exécuterai moi-même d'après les CLX1V SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. méthodes les plus justement recommandées, et je m'efforcerai de les faire aussi instructives qu'il me sera possible. » Votre dévoué, D r J. Pelletais 7 . Recherches 1 h Biologiques sm* les Phthanites du calcaire carbonifère de Belgique, par M. A. Renard (1). La description de la structure et de la composition minéralogique des phthanites étudiés au moyen du microscope n'avait guère fait l'objet des recherches des géologues, et, sauf le mémoire que viennent de publier MM. Ed. Hull et Hardman, il n'existe pas de travail micrographique embrassant d'une manière spéciale le groupe de roches désignées sous le nom de phthanites. Les épreuves du mémoire de ces savants ont été commu- niquées cà M. Renard et il a constaté que l'étude qu'ils ont faite des roches siliceuses du calcaire carbonifère de l'Irlande les a conduits aux mêmes résultats qu'il a obtenus lui-même. Le point fondamental de ces recher- ches, faites à l'aide des plaques taillées, et sur lequel M. Renard est d'accord avec MM. Hull et Hardman, c'est que ces roches ont été formées par la silicification des éléments calcareux d'origine organique ou inorga- nique dont les calcaires sont formés et que cette infil- tration plus ou moins complète s'est effectuée à une époque où les sédiments, tout en jouissant encore d'une certaine plasticité, possédaient déjà la structure que l'on ^ (1) Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 2« série, t. XLVI, n os 9 Cl 10, 18/8. BULLETIN DES SÉANCES. CLXV observe dans le calcaire carbonifère normal. Après avoir rappelé en quelques mots la position stratigraphique des phthanites, et les rapports de ces roches avec les couches de calcaire qui les renferment, l'auteur démontre les points de ressemblance qui existent entre la struc- ture macroscopique des phthanites et celle des calcaires. Passant alors à l'examen détaillé des lames minces des phthanites, l'auteur démontre par l'analyse microsco- pique la proposition d'abord énoncée, à savoir que les calcaires, en subissant une silicification plus ou moins complète, ont donné naissance aux phthanites. « Lorsqu'on étudie ces roches, réduites en lames minces, on peut distinguer diverses phases de silicifica- tion plus ou moins avancée: » « 1° On trouve des phthanites où le calcaire n'est pas entièrement éliminé, où les grandes plages calcarcuses ont encore conservé leur matière et leur forme primitive. Les roches où la silicification n'est pas entièrement ter- minée ne sont, à proprement parler, que des calcaires ou des dolomies siliceux ; » « 2° Dans d'autres échantillons, la silice s'est entière- ment substituée à l'élément calcareux et dans cette pseudomorphose les structures externe et intime ont été conservées ; » « 5° Dans les phthanites où la silicification s'est faite d'une manière plus complète, le concrétionnement a effacé jusqu'à un certain point la structure de la roche primitive. » « Ajoutons toutefois qu'il existe entre les trois manières d'être de ces roches siliceuses toutes les transitions qui permettent de les rattacher les unes aux autres et de démontrer que les roches du dernier groupe, où la CLXVI SOCIETE BELGE DE M1CROSCOPIE. structure primitive est en quelque sorte entièrement voilée, doivent cependant avoir une même origine que celles dont la structure représente encore la roche cal- caire sur laquelle la silice gélatineuse s'est en quelque sorte moulée. » L'auteur commence sa description par l'étude d'une lame mince du premier type, dans laquelle le calcaire n'est pas complètement éliminé, car la roche fait encore effervescence avec les acides, quoique sa dureté trahisse l'imprégnation de la silice. On y trouve des fragments de mollusques, de crinoïdes, de coraux, etc. Les gra- nules plus ou moins irréguliers sillonnés de lignes de clivage que l'on observe souvent dans le calcaire y sont remplacés par des plages homogènes de silice qui s'est substituée à la pâte calcareuse qui existait autrefois. A la lumière polarisée, ces plages, d'apparence homogène, se résolvent en granules quartzeux fortement serrés les uns contre les autres, ayant chacun une orientation optique différente; les parties les plus transparentes sont formées de fibres rayonnantes comme on en observe dans la calcédoine. La silice est souvent colorée en brun, elle contient des enclaves de limonite. Mais les enclaves les plus remarquables sont des rhomboèdres qui ont la forme des rhomboèdres primitifs de la dolomie ou de la calcite. L'auteur pense que ces cristaux se sont déposés du résidu des carbonates qui composaient la roche. Ce résidu, mêlé à la silice gélatineuse, se sera isolé et aura cristallisé lors de la solidification de la matière. Les contours hexagonaux que présentent certaines de ces enclaves et que l'on pourrait confondre avec de l'apatite, sont des rhomboèdres dont l'axe principal est orienté parallèlement à l'axe de vision du microscope. Souvent BULLETIN DES SÉANCES. CLXVII ces petits cristaux renferment eux-mêmes des inclusions noires et opaques. Le quartz de cette roche ne contient pas d'enclaves liquides et il ne peut être rapproché à ce point de vue du quartz des roches anciennes, qui en est criblé ; il s'en suivrait donc que les conditions de température et de pression qui présidèrent à la formation des grains de quartz des granités, par exemple, n'existaient pas pour la silice colloïde infiltrée, se solidifiant dans le calcaire. L'auteur examine ensuite en détail l'aspect que pré- sentent les grandes plages calcaires qui ont échappé à une silification complète : « elles prennent sur les bords un aspect vague, leurs contours semblent s'effacer, la structure organique s'atténue; elles revêtent une teinte jaune-brunâtre, leur transparenceaugmente, ellesdonnent des couleurs assez vives avec l'appareil de polarisation ; en un mot, elles ont tous les caractères que nous indi- quions plus haut pour la silice des phthanites. L'impré- gnation s'est donc trouvée arrêtée sur les contours de ces sections dont le diamètre dépasse quelquefois plusieurs millimètres. » Les sections de crinoïdes montrent également cette silicification incomplète ; le bord et le centre de la sec- tion circulaire sont transformés en silice, tandis que l'espace annulaire intermédiaire possède encore tous les caractères des sections de crinoïdes telles qu'on les voit dans le calcaire normal. La préparation dont la description suit appartient au second type. C'est un phthanite dans lequel il ne reste plus de calcaire, la silice ayant tout pénétré, mais en conservant la forme des organismes microscopiques. On découvre dans cette préparation un grand nombre de CLXVIII SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. coquilles de foraminifères (Saccamina, Endothyra), dont les cloisons des chambres sont parfaitement indiquées par des traits foncés ; l'intérieur est rempli par de la silice fibro-rayonnée. Nous retrouvons encore ici les mêmes enclaves rhomboïdriques de calcaire; mais en si grand nombre qu'elles voilent la transparence des sec- tions siliceuses, qui semblent être parsemées d'une fine poussière. Lorsqu'on attaque la préparation à l'aide d'un acide, on remarque, au microscope, un dégagement de bulles à tous les points où se trouvent des enclaves rhomboèdriques non entièrement recouvertes de silice. Comme dans la roche précédente, les petits rhomboèdres contiennent souvent un pigment noir. C'est ce pigment (que l'on retrouve aussi sous la forme dentritique dans la masse siliceuse) qui retrace les contours des polypiers et autres organismes et permet ainsi d'attester l'existence antérieure des sections calcaires à structure organique. L'auteur termine cette étude par l'examen d'un phthanite du troisième type, dans lequel non-seule- ment tout le calcaire a disparu, mais la structure pri- mitive est complètement effacée. Les sections orga- niques sont devenues presque méconnaissables et la silice fibro-rayonnée domine. Ainsi qu'on le voit très- bien sur la planche accompagnant le travail de M. Renard, les fibres siliceuses partent de plages centrales circu- laires teintées en brun. Ces plages sont quelquefois concentriques, elles sont souvent accolées les unes aux autres et entourent comme d'un feston des grandes plages moins homogènes, dans lesquelles on retrouve les petits rhomboèdres décrits dans les deux premiers types. Ces enclaves n'existent plus dans les parties BULLETIN DES SEANCES. CLXIX incolores et transparentes qui sont composées de silice fibro-rayonnée pure. Nous ne saurions mieux terminer ce rapide exposé qu'en empruntant au travail de M. Renard les conclu- sions qu'il a tirées de ses recherches, ainsi que les vues qu'il a émises sur la façon dont la silicification du cal- caire s'est produite. « La silicification des roches calcareuses est incontes- tablement le résultat d'une action hydro-chimique, sur laquelle nous aurons à revenir bientôt lorsque nous étudierons d'une manière générale les conditions dans lesquelles les masses minérales de cet étage se sont déposées. Disons dès maintenant que cette pseudomor- phose de silice sur calcaire ne présente aucun rapport avec les imprégnations de silice observées quelquefois dans les couches de contact des roches érupti^es. La silicification de nos calcaires est la répétition sur une plus grande échelle d'un fait observé tous les jours, la transformation en silice des enveloppes calcaires des organismes. Nous avons ici à la fois cette pseudomor- phose des matières organiques en silice et celle des ma- tières minérales qui les empâtaient; la silice gélatineuse s'infiltrant dans un dépôt sédimentaire formé principa- lement de foraminifères, de crinoïdes et de coraux, a imprégné ces restes organiques en même temps que la masse fondamentale du calcaire. Il existe dans les for- mations sédimentaires des faits identiques à ceux que nous rappelons et qui nous montrent la silicification des calcaires s'étendant sur des bancs continus de toute une région (1). » (1) Les calcaires de la formation silurienne en Tenessec, Kentucky et Indiana sont souvent transformés en couches de hornstein ou de flint. CLXX SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. » Nous sommes donc amené à admettre, qu'à certains intervalles, les eaux de la mer carbonifère, tenant en solu- tion un dissolvant du calcaire, l'acide carbonique, par exemple, attaquaient les matières calcareuses; l'acide silicique s'infiltrait dans les sédiments calcareux et les imprégnait à mesure qu'ils se décomposaient. Cette imprégnation de silice s'est faite à une époque où les masses étaient plus ou moins à l'état pâteux et où elles possédaient cependant une disposition stratifiée. C'est ce que nous prouvent l'allure stratiforme que l'on recon- naît quelquefois aux phthanites, et la schistosité qui caractérise plusieurs de ces masses siliceuses. On ne peut pas admettre que cette infiltration se soit faite longtemps après le dépôt; car les bandes de phthanites occupent des horizons bien déterminés et ces zones sili- ceuses sont recouvertes de couches qui n'ont pas subi d'action pseudomorphique. Il est évident encore que la silicification a eu lieu avant la formation des joints et des fissures; car les crevasses, résultant des forces méca- niques en action sur les sédiments déjà solidifiés, ne sont pas remplis de filons quartzeux. La forme concré- tionnée qui caractérise quelques-unes de ces roches sili- ceuses semble nous indiquer à son tour que les éléments Près d'Herculanum, dans le Missouri, Featherstonhaugh observa que presque tout le système de couches est constitué par les mêmes roches calcaires transformées en silice. Au N. la silicification est moins intense et puis au Missouri on rencontre le calcaire ordinaire. Il est évident que ces couches étaient autrefois des calcaires, car elles contiennent les mêmes fossiles que le calcaire avec la seule différence qu'ils sontsilicifiés. Ce fait est encore démontré parce que le même auteur a trouvé en Wagne, au S. de l'État de Missouri, le calcaire oolithique entièrement silicifié et la forme des oolithes est conservée. {Gcol. Report ofan examination made of the elevalcd country between the Missouri and the Red River, 1835, pp. 42 et 55.) BULLETIN DES SÉANCES. CLXXI auxquels la silice se substituait ne formaient point encore des masses compactes et rigides; car l'attraction moléculaire en jeu dans la formation de ces nodules ne pouvait s'exercer qu'en admettant une certaine plasticité pour les matières au milieu desquelles elles se sont développées. Les détails de microstructure, dans lesquels nous sommes entré, prouvent aussi qu'il n'est pas pos- sible d'admettre, pour expliquer la formation des phthanites, comme on l'a si souvent répété pour le flint, que ces roches proviennent de l'accumulation d'or- ganismes à enveloppes siliceuses. Et d'abord l'examen des lames minces ne nous montre dans ces roches que très-exceptionnellement des sections de coquilles que l'on doive rapporter aux organismes à test siliceux, et si on les rencontre dans quelques cas, dans le flint, par exemple, ces enveloppes siliceuses y sont si bien conser- vées, qu'en admettant que la masse entière du nodule provienne de la transformation en silice gélatineuse de ces débris organiques, on ne comprend pas pourquoi quelques sections auraient échappé à cette transforma- tion et se seraient conservées intactes au milieu de ce fusionnement. Rien ne nous prouve que la silice infiltrée dans le calcaire dérive de la décomposition des spicules de spongiaires, des frustules de diatomées. Ajoutons enfin que nos phthanites ne présentent aucune analogie avec les dépôts d'organismes microscopiques siliceux signalés par Ehrenberg, spécialement en Bohême et en Sicile, ni avec les sédiments siliceux que l'exploration des mers profondes nous a montrés en voie de formation sur le lit de l'Océan. » P. CLXXII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Catalogue des Diatomées de M. Fr. Habirschaw, de New-York. Ce travail important n'a été tiré, au moyen de la plume Edisson, qu'à 50 exemplaires et distribué géné- reusement par M. Habirschaw lui-même aux principaux diatomistes qui lui étaient connus. Le docteur Pelletan se propose de donner prochai- nement une édition française de ce travail, si utile aux diatomistes. L'édition française, revue et corrigée d'après un nou- veau manuscrit de l'auteur, sera livrée aux souscripteurs au prix de fr. 10,50, port compris. Les membres de la Société qui désireraient souscrire à cet important travail peuvent adresser directement leur demande à M. Pelletan ou au secrétaire de la Société, qui a bien voulu se charger de transmettre les demandes. Sur une méthode de conservation des Infusoires; par M. A. Certes (1). « Malgré les travaux d'Ehrenberg, de Clarapède et Lachmann, de Balbiani, de Stein, etc., les micrographes n'ont jusqu'à présent à leur disposition aucun moyen d'obtenir des préparations permanentes d'infusoires. Ces préparations offriraient cependant de nombreux avan- tages : dessins plus exacts , possibilité de faire usage de la Photographie, facilités plus grandes de reconnaître, de mesurer et de compter les cils et les appendices les plus délicats des Infusoires, de saisir et de fixer dans (1) Comptes-Rendus Acad. Sciences Paris, n° 8S, 1879, p. 4-33. BULLETIN DES SÉANCES. CLXXIII leur forme et dans leurs diverses transformations les indi- vidus en voie de fissiparité ou de conjugaison, de faire voyager les préparations et de créer des collections qui font actuellement défaut dans tous les muséums de l'Europe. » Le procédé décrit ci-dessous repose essentiellement sur l'emploi des vapeurs d'acide osmique. Il ne paraît pas que cette méthode, bien connue en histologie, ait jamais été appliquée à la fixation et à la conservation des Infusoires (1). Je dois cependant mentionner deux Mémoires, relatifs l'un et l'autre aux Noctiluques et dans lesquels l'acide osmique es! signalé comme le réactif le mieux approprié à l'étude de ces organismes microscopiques, fort voisins des Infusoires. Le plus ancien (18GG) est de M. Schultze; le second, tout récent (1878), de M. Vignal (2). » Les Infusoires sont fixés instantanément dans leur forme par l'acide osmique; les moindres détails, eils, cirrhes, flagellum, armature buccale, peuvent être obser- vés avec les plus forts grossissements lorsque les prépa- rations sont réussies comme elles doivent l'être ; le plus souvent les Euglènes et les Paramécies vertes conservent leur couleur caractéristique. Le noyau et le nucléole, colorés artificiellement, se détachent nettement et mon- trent, lorsqu'il y a lieu, les curieux phénomènes si bien décrits par M. Balbiani dans le Mémoire couronné par l'Académie en 1862. » D'après les réactifs employés et les précédents his- (1) Voir an contraire : Pelcktan. Journal de Micrographie. 2 f; année, ii" i avril 187H. Voir aussi la Biologie de Huxley et Martin. (Note de la Réd. du Bull.) (2) Recherches histologiques et physiologiques sur les Noctiluques, par M. Vignal (Archives de Physiologie, 1878). CLXXIV SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. lologiques, on est en droit d'espérer que ces préparations se conserveront indéfiniment. » Je ne saurais affirmer que toutes les espèces d'In- fusoires sont susceptibles d'être préparées à l'acide osinique; je constaterai seulement que, parmi celles que j'ai rencontrées dans ces derniers temps, je n'en ai trouvé aucune que je n'aie réussi à conserver d'une manière plus ou moins parfaite. La principale difficulté parait être d'obtenir les Infusoires à tissu rétractile, tels que les Stentors, les Vorticelles, etc., dans un état de complète extension. » On peut se procurer chez KLônne et Mïdlcr, à Berlin, des préparations permanentes d'Infusoires faites d'après les procédés de M. Duncker, mais ce préparateur a gardé jusqu'à présent le secret de ses procédés. J'ai pensé, au contraire, qu'il y aurait grand intérêt à faire connaître une méthode de conservation simple, que chacun peut employer avec succès, et qui s'applique aux Rotateurs, aux Anguillules, à certaines algues,... aussi bien qu'aux Infusoires. » En ce qui concerne spécialement les bactéries et vibrions, on conçoit facilement, depuis les grandes découvertes de M. Pasteur, quel intérêt il y a à disposer de préparations permanentes, à l'aide desquelles on peut faire connaître ces ennemis invisibles de l'homme et des animaux. Je ne fais qu'indiquer ce dernier point de vue qui répond si bien à l'idée exprimée dans ces paroles de Claude Bernard : « On ne saurait trop encourager l'étude des orga- » nismes inférieurs; l'expérimentation portée sur ces » animaux offre le plus grand intérêt au physiologiste » et peut fournir à la Science les éléments de solution BULLETIN DES SEANCES. CLXXV » pour les questions générales les plus importantes. » » Procédés. — Pour la fixation des Infusoires, je fais usage d'une solution d'acide osmique (1) à 2 °/ - Le point important et de faire agir le réactif promptement et avec une certaine force. Deux moyens permettent d'atteindre ce résultat avec quelque certitude; le pre- mier, qui convient dans la plupart des cas, consiste à exposer aux vapeurs d'acide osmique les Infusoires préalablement déposés sur une lame de verre. En règle générale, cette exposition ne doit pas dépasser dix à trente minutes. » Pour les Infusoires très-contractiles, j'opère diffé- remment et j'obtiens le contact immédiat de l'acide osmique en déposant une goutte du réactif sur la lamelle elle-même, avant d'en recouvrir la goutte d'eau qui les renferme. » Quel que soit le procédé, il faut que les Infusoires ne soient soumis à l'action du réactif qu'après avoir repris leurs allures normales, qu'une secousse interrompt momentanément. » Une fois la lamelle posée, on doit éviter tout dépla- cement qui pourrait écraser des organismes aussi déli- cats. Pour atteindre ce résultat, on soutire, avec du papier Joseph, le liquide qui se trouve en excès. On amène ainsi un certain degré de compression que l'on peut graduer avec un peu d'habitude, et qui a l'avantage de rendre les Infusoires plus transparents. Ceci fait, on lute deux des bords parallèles de la lamelle, soit avec la (I) L'acide osmique est toxique; ses vapeurs peuvent déterminer une irritation et même une inflammation de la conjonctive. On doit donc le manier avec certaines précautions. Pour sa préparation et son emploi, consulter le Traité technique d'Histologie, par L. Ranvier (p. 5 et 55). CLXXVI SOCIETE BELGE UE MICROSCOPIE. paraffine, soit avec le baume du Canada. Ce n'est que lorsque la préparation est ainsi mise l'abri de tout acci- dent mécanique que l'on fait arriver la matière colorante et le liquide conservateur. » Les résultats obtenus avec le bleu soluble d'aniline sont loin de valoir ceux auxquels on arrive par l'emploi de l'éosine et surtout du picrocarminate de Ranvier. On peut colorer directement avec le picrocarminate les Infu- soires préalablement fixés par l'acide osmique; mais, lorsqu'il est employé seul, on n'est pas maître du degré décoloration, et souvent il arrive que les préparations deviennent opaques. Après plusieurs essais, je me suis arrêté à un mélange de glycérine et de picrocarminate avec lequel on obtient une coloration constante au degré voulu : Glycérine 1 partie. Eau 1 — Picrocarminate 1 — » Introduite brusquement, la glycérine, même diluée, produit le plus souvent un retrait anormal des tissus qui ne disparaît pas toujours avec le temps. Dans son Traité d'Histologie, M. Ranvier donne un moyen très- simple d'éviter cet inconvénient, moyen que j'ai employé avec succès pour les organismes les plus délicats, tels que les Oxytriches et les Stentors. Il consiste à placer dans une chambre humide les préparations lutées ainsi qu'il est dit ci-dessus et à déposer une goutte de glycé- rine carminée sur le bord de la préparation. L'eau s'éva- pore très-lentement et au bout de vingt-quatre heures se trouve remplacée par la glycérine diluée. On peut alors, par le même procédé, remplacer la glycérine BULLETIN DES SÉANCES. CLXXVII diluée par de la glycérine concentrée, qui assure plus efficacement la conservation des préparations. » Tous les modes de fermeture peuvent être appliqués aux préparations faites d'après les procédés que j'indique. Il y cependant avantage à se servir du baume du Canada desséché et dissous dans le chloroforme. L'infusoire que l'on veut examiner peut, en effet, se trouver sur le bord de la lamelle. Ce vernis, mince et parfaitement transparent, n'empêche nullement l'observation avec les plus forts grossissements (1). » De l'emploi du collodion humide pour la pra- tique des coupes mieroseopiques (2). L'emploi de la solution de gomme, solidifiée par l'ac- tion de l'alcool, est d'un usage bien connu pour fixer les parties sur lesquelles doivent être pratiquées des coupes, lorsque ces parties forment une masse relativement résistante et homogène, comme un fragment de moelle épinière, une portion des parois stomacales, etc. ; mais lorsqu'il s'agit déjeunes embryons, ou de portions d'em- bryon, et plus particulièrement encore de blastodermes; lorsqu'il s'agit surtout de pratiquer des coupes sur des organes embryonnaires creusés de cavités à parois minces et fragiles, la gomme doit être remplacée par une substance solide, sans être friable, et capable de former un milieu homogène dans lequel on plonge les petites pièces préparées pour les coupes, en même (1) Ces recherches ont été faites au Collège de France, dans le labo- ratoire de M. le professeur Ranvier, qui a bien voulu m'aider de ses conseils. (2) Cette note est le développement d'une communication faite à la Société de Biologie, le 1 er février 1872. Journal de l'Anatomie et de la Physiologie de l'homme et des animaux (publié par Robin et Pouc.het). CLXXV1II SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. temps qu'on s'efforce de faire pénétrer cette substance dans les cavités de la pièce anatomique, de manière à en maintenir la forme en en soutenant les parois. C'est dans ce but qu'on a employé successivement, sous le nom de masses à inclusions, des mélanges de cire et d'huile, de savon et d'huile, de savon, de géla- tine, etc., etc. (1) ; nous avons essayé tous ces mélanges, mais aucun ne nous ayant donné les résultats qui nous paraissaient désirables, nous avons pensé à essayer le collodion. Ce qui nous parait le plus désagréable dans l'emploi de la plupart des mélanges susindiqués, c'est d'abord le défaut de transparence, ne permettant pas à l'opérateur de se rendre exactement compte du niveau et de la direction selon laquelle il dirige sa coupe, quelque soin qu'il ait pris d'indiquer, par des points de repère, la situation et l'orientation de l'embryon ou du petit organe inclus dans la masse solidifiable ; c'est ensuite la nécessité de débarrasser de ce mélange la coupe obtenue, avant de pouvoir la monter entre lame et lamelle, ce qui nécessite des lavages compliqués dans la série des- quels les coupes les meilleures et les plus complètes conservent rarement leur intégrité. C'est enfin le peu d'adhérence de ces mélanges à la substance même de la pièce anatomique; de telle sorte que, si cette pièce est de très-petite dimension, si elle ne présente pas des saillies par lesquelles elle s'engraîne pour ainsi dire avec la masse solidifiable, le passage du rasoir déter- mine dans cette pièce de petits déplacements qui sont (1) Pour les indications détaillées sur ces mélanges, principalement au point de vue des études d'embryologie, voyez Forster et Balfour, Embryologie. Traduction française, 1S77, ]>. 296. BULLETIN DES SÉANCES. CLXXIX incompatibles avec la régularité nécessaire à une série de coupes successives. La ténacité, la transparence du collodion, devaient attirer sur cette substance l'attention des microtomistes; mais en même temps sa rétractilité et sa dureté à Yétat sec n'en indiquaient guère l'usage que pour les coupes à pratiquer sur des parties résistantes et relativement dures ; c'est ainsi qu'il a été employé par le D' Latteux pour l'étude des cheveux, sur lesquels il a permis de pratiquer des séries régulières de coupes, propres à démontrer la torsion qu'affectent chez certaines races ces productions épidermiqucs (1). Pour des parties aussi délicates que le blastoderme ou l'embryon de poulet dans les premiers jours de l'incu- bation, il ne saurait être question d'employer le collodion sec, c'est-à-dire auquel on laisse exercer toute sa force de rétractilité. C'est pourquoi nous avons cherché à utiliser cette substance à Yétat humide. Une expérience très-simple nous a montré, dès le début de nos recherches dans ce sens, combien cette condition était facilement réalisable : en laissant tomber dans une cupule pleine d'alcool à 36° une goutte de collodion, nous avons constaté que cette substance restait dans ce liquide sous la forme d'une petite sphère, ne changeant pas de volume, et présentant la consistance et l'élasticité d'un morceau de caoutchouc, en même temps qu'une transparence parfaite. L'éther diffuse dans l'alcool et s'évapore, et la partie solide du collodion (fulmi-coton) demeurant imbibée d'alcool forme, à la condition de ne point perdre cet alcool par dessiccation, la masse la plus (l) Voyez P. Latteux. Manuel de technique microscopique, p. 230. CLXXX SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. propre à l'inclusion des pièces délicates destinées à passer par le microtome. Déjà, dans un travail précédent (1), nous avions indiqué l'usage du collodion pour la pratique des coupes d'embryons, mais sans préciser les détails d'une tech- nique sur les éléments de laquelle nous n'étions pas complètement fixés. Nous pouvons aujourd'hui, après une pratique de six mois, poser les principes de cette technique. Les blastodermes avec embryons destinés aux coupes sont, après durcissement par l'acide osmique et l'alcool, ou après tout autre mode de durcissement, colorés au carmin, puis immergés de nouveau dans l'alcool; pour les placer dans le collodion comme masse à inclusion, on sort ces pièces de l'alcool et on les plonge quelques minutes dans de l'éther : on les place ensuite dans du collodion liquide (collodion normal, non riciné), où elles peuvent demeurer un temps plus ou moins considérable (de 10 minutes à 24 heures ou plus), selon qu'on désire voir la masse solidifiable pénétrer toute l'épaisseur de la pièce et en remplir les cavités. Retirée du collodion liquide, la pièce, si elle a une forme et un volume qui la rendent maniable sans adjonction de support, est jetée dans l'alcool; si elle est formée, comme un blasto- derme au premier jour de l'incubation, par une mince et délicate membrane, on l'applique sur la surface plane d'un fragment de moelle de sureau, et le tout est jeté dans l'alcool; dans l'un comme dans l'autre cas, la pièce est dès lors englobée dans la masse élastique du collo- dion, qui se solidifie sans se rétracter, et en lixe toutes les parties, de même qu'elle en fixe l'ensemble au frag- (1) Voyez Précis de technique histoiogique, p. 301. P.ULLETIN DES SÉANCES. CLXXXI ment de sureau, dans le cas où ce support a été jugé nécessaire. La pièce ainsi préparée, incluse dans le col- lodion, peut alors être coupée le jour même, ou con- servée indéfiniment dans l'alcool, pour être, à un moment donné, soumise aux coupes par le rasoir. Comme les coupes au microtome se font en mouillant rasoir et pièce avec de l'alcool, on voit que le collodion reste toujours à l'état humide, et nous n'avons pas à indiquer les détails de la pratique des coupes sur le microtome; par contre, nous devons insister sur la manière dont sont traitées ensuite les coupes obtenues, ou, pour mieux dire, montrer combien l'usage du col- lodion simplifie ou supprime toutes les manipulations ultérieures, si laborieuses avec les autres masses à inclu- sion. D'abord la coupe n'a pas été débarrassée de la lamelle de collodion avec laquelle elle a été enlevée par le rasoir, et dans laquelle elle est incluse : en recevant la coupe dans un godet plein d'eau, on peut aussitôt la faire glisser sur la lamelle porte-objet, et cette opération ne produit, quelque délicate que soit la préparation, aucune déchirure, les parties les plus fines, les portions même sans connexion les unes avec les autres, étant conservées exactement dans leurs rapports réciproques par la présence du collodion qui remplit tous les vides. — Sur la lame porte-objet, la coupe est recouverte d'une goutte de glycérine, puis d'une lamelle; examinée alors au microscope, elle ne traduit par aucune apparence optique la présence de la mince lame de collodion dans laquelle elle est incluse; ce n'est qu'en portant l'examen vers les bords de cette lame qu'on reconnaît sa pré- sence, absolument comme on ne constaterait celle d'un CLXXXII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. fragment de lamelle couvre-objet qu'en ayant l'image de ses bords. — On peut donc dire qu'en emprisonnant la pièce, et en laissant ses coupes emprisonnées dans le collodion, on a employé comme milieu une substance dont les propriétés optiques sont comparables à celles du verre, mais dont les propriétés physiques sont celles du caoutchouc : le collodion est, à ce point de vue, du verre élastique et très-facile à couper régulièrement au rasoir. On pourrait craindre que la lamelle du collodion, conservée dans la glycérine avec la préparation elle- même, entre lame et lamelle de verre, ne perdît sa transparence au bout d'un certain temps; il n'en est rien : du moins nous avons constaté que des prépara- tions de ce genre, datant de six mois, n'avaient rien perdu de leur transparence et de leur netteté. Mais ce n'est pas là le seul avantage du collodion humide employé comme nous venons de l'indiquer; cette masse à inclusion peut encore être utilisée pour des pièces qui n'auront pas subi la coloration avant d'être débitées en coupe, par exemple pour étude du cerveau de l'embryon. Nous avons principalement eu à nous louer de l'usage de cette substance dans des études sur le développement des hémisphères cérébraux chez les mammifères (lapin, mouton) : ces vésicules cérébrales sont constituées par une paroi très-mince circonscrivant une cavité relativement grande; aussi, avant d'avoir trouvé l'emploi du collodion, nous était-il presque impossible d'obtenir des coupes bien complètes, d'autant que ces parties sont très-délicates à durcir, et deviennent facilement friables. Après imbibition par le collodion, les hémisphères les plus minces et les plus friables se BULLETIN DES SÉANCES. CLXXXIII débitent régulièrement en coupes : c'est que la solidité donnée par cette substance aux pièces qu'elle pénètre est si grande, qu'on pourrait par son emploi arriver à fixer en place et à débiter en coupe une masse quel- conque formée de molécules très-peu adhérentes natu- rellement les unes aux autres, comme une tige de végétal calcinée, dont les cendres ont conservé la forme du fragment primitif. C'est assez dire comment nous avons pu obtenir par ce moyen, relativement à la dispo- sition des minces lamelles cérébrales de l'embryon, relativement à la formation des plexus choroïdes, rela- tivement à la détermination des parties intra et extra- ventriculaires, des résultats que nous avions vainement demandés à tous les autres procédés de recherche. Ces coupes, une fois obtenues, peuvent être colorées par le carmin, tout en restant maintenues par la mince lamelle decollodion, qui les maintient et les enchâsse : en effet, par l'immersion dans l'eau, le collodion, comme dans l'alcool, ne subit aucune rétraction; et tandis que la coupe du tissu animal exerce son élection sur le carmin, le collodion ne se colore que peu ou pas, et se décolore du reste ultérieurement quand la pièce est montée dans la glycérine. Dans le cas où le picrocar- minate est employé, la lamelle du collodion se colore un peu en jaune ; mais un léger lavage dans l'eau acidulée d'acide acétique, en fixant le carmin sur le tissu animal, rend au collodion son aspect primitif de lamelle transpa- rente et incolore. La pièce peut donc être montée tout entière, comme précédemment, dans la glycérine. Ces pièces peuvent aussi être montées dans des milieux qui leur donnent plus de transparence; mais il ne faut employer dans ce cas ni le baume du Canada, ni CLXXXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. le damar, qui rendent le collodion opaque et granuleux. Nous avons obtenu de très-bons résultats seulement avec l'essence de girolle : la coupe, rapidement déshy- dratée à l'alcool absolu, est placée sur la lame porte- objet; on y dépose une goutte d'essence de girofle, et on recouvre de la lamelle : l'essence dissout complète- ment la lamelle de collodion, dont il ne reste aucune trace. On lute la préparation avec la résine du Canada en dissolution dans le chloroforme. Nous avons insisté ici sur les avantages que nous a présentés cette technique pour l'étude des embryons et de divers organes en voie de développement; il est facile de prévoir les services qu'elle peut rendre dans les recherches sur certaines parties très-délicates de l'adulte, comme par exemple sur le globe de l'œil, l'oreille, et en particulier sur les éléments si délicats du limaçon et de sa lame spirale : c'est cette considération qui nous a décidé à donner avec quelques détails les indications techniques qui précèdent. Mathias DU VAL. Séance du 29 mai 1879. Présidence de M. le D r Casse, membre du Conseil. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Colbeau, Coo- mans, Delogne, Gravis, Leclercq, Lefèvre, Michelet, Miller, Prinz, Rutot, Vanden Broeck, Vandenhcuvel, Van Hoorde et J. F. Cornet, secrétaire. MM. Ledeganck et A. Renard font excuser leur absence. BULLETIN DES SEANCES. CLXXXV M.Vanden Broeck, vice-président, ayant diverses com- munications à faire, prie M. le docteur Casse, membre du Conseil, de bien vouloir prendre place au fauteuil présidentiel. Le procès-verbal de la séance du 2i avril est adopté. Correspondance. La correspondance comprend : 1° Une lettre de M. le Ministre de l'Intérieur annon- çant l'allocation d'une somme de francs 500 pour aider à la publication du tome IV des Annales. Un subside spécial de 1000 francs sera également mis à la disposition de la Société pour compléter sa collec- tion d'instruments. 2° Une lettre de la Société royale de microscopie de Londres, annonçant la nomination du président de notre Société comme membre honoraire (ex-offîcio). L'assemblée décide que des remercîments seront adressés à la Société royale de microscopie, pour l'honneur qu'elle a bien voulu nous faire dans la personne du président. 3° Le Bureau exécutif chargé de l'organisation des fêtes que la Belgique se prépare à célébrer en 1880, à l'occa- sion du cinquantième anniversaire de son indépendance, convie la Société à prendre part à l'exposition nationale et à désigner un délégué auprès du comité du groupe de l'Enseignement. Les suffrages de l'assemblée se portent unanimement sur M. le docteur Ledeganck, qui est ainsi chargé de représenter la Société auprès du Comité du groupe de l'Enseignement. CLXXXVI SOCIETE BELGE DE M1CROSCOPIE. Le principe d'adhésion de la Société à l'exposition projetée étant admis par l'assemblée, M. Vanden Broeck donne lecture d'un projet de réponse qu'il engage la Société à adresser au Bureau exécutif d'organisation des fêtes de 1880. Ce projet de réponse est adopté. M. Cornet entre ensuite dans quelques détails sur l'Exposition et donne certains renseignements sur la part que les membres de la Société pourraient prendre dans l'organisation d'une exhibition collective, faite au nom de la Société. Il communique diverses adhésions déjà acquises et fait appel au dévouement des membres. L'assemblée décide que cette question sera mise à l'ordre du jour de la prochaine séance. 4° Une lettre de M. Mauler, accompagnant une série de préparations de diatomées. L'assemblée charge M. Delogne d'examiner ces slides et de dresser la liste des espèces qu'ils contiennent. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des sociétés : Entomologique de Belgique, Malacologique de Bel- gique, Boijale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, de Médecine de Caen et du Calvados, d'Études des sciences naturelles de Nîmes, Française de photo- graphie, Médico-chirurgicale de Liège, Royale de Bota- nique de Belgique, Belge de géographie, Microscopique de San-Francisco, Boijale de microscopie de Londres, Belge de photographie, des Sciences de Semur, Phy- siques et climatologiques d'Alger, Linnéenne de Bor- BULLETIN DES SEANCES. CLXXXVII cleaux, Impériale des naturalistes de Moscou, d'Histoire naturelle de Brunn, de Microscopie de Berlin, Scienti- fique de Lyon; Française de photographie, des Amis des sciences naturelles de Rouen; des Académies : Royale de médecine de Belgique, des sciences de Vienne; des directions : du Musée de l'Industrie de Belgique, de YAthenœum belge, du Moniteur industriel belge, de la Feuille des jeunes naturalistes, du Botaniska Notiser, du Zoologischer Anzeiger, du Bulletin scientifique du département du Nord, du Journal de micro- graphie, du Naturaliste Canadien, Index medicus de New-York. 'Ouvrages offerts par les auteurs : Sur une méthode de conservation des Infusoires, par M. A. Certes. Extr. Comptes-rendus. Paris, 1869. Inflamation of the eye, by D 1 Jabez Hogg. Description de deux Solens nouveaux, par M. Th. Le- fèvre. Bruxelles, in-8°, 1878. Bulletin scientifique de Milan, par la Direction. Liste des Foraminifères recueillis dans la baie de Bourgneuf et à Pornichet, par M. G. Berthelin. Nantes, in-8°, 1868. Une série de préparations de Diatomées , de M. Mauler. Des remercîments sont votés aux donateurs. Communications du Conseil. M. Cornet annonce que le Conseil, dans sa dernière séance, ayant examiné la proposition qui lui avait été CLXXXVDI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. soumise au sujet de modifications à apporter dans le mode de publication des travaux de la société, s'est arrêté à soumettre à l'assemblée certains changements proposés par M. Vanden Broeck, de préférence à ceux formulés par M. Cornet dans le procès-verbal de la dernière séance. Voici en quoi consistent ces nouvelles propositions : I. Afin de réduire les frais de publication, actuelle- ment trop élevés, renvoyer à l'avenir les travaux et articles avec planches aux Mémoires : leur véritable place. Dans le volume IV, récemment distribué, sept planches, accompagnant des notices du Bulletin, ont été tirées en nombre double d'exemplaires : d'abord pour le procès-verbal et ensuite pour le volume d'Annales, où elles se trouvent reproduites. II. Restreindre l'étendue du compte-rendu critique et analytique qui, au lieu de reproductions pures et simples d'articles ou de compte-rendus parfois déjà publiés ailleurs, ne devrait contenir, sauf dans le cas de sérieuse utilité, que de courtes notices bibliographiques, des indications de titres d'articles et de mémoires intéres- sants, etc. III. Moyennant ces changements, maintenir dans leur mode actuel de publication, les procès-verbaux mensuels des séances, qui ainsi allégés, ne donneraient plus lieu qu'à une dépense très-minime. IV. Afin d'éviter le retard préjudiciable signalé par M. Cornet dans la publication des travaux insérés aux Mémoires, fractionner le volume d'Annales et l'envoyer en quatre fascicules au fur et à mesure du degré d'avan- cement du volume. Celui-ci, bien entendu, continuerait à contenir, comme maintenant, les bulletins réimprimés BULLETIN DES SEANCES. CLXXXIX c'est-à-dire tirés à nouveau en feuilles d'impression courantes. Reprenant en détail ces divers points, M. Vanden Broeck, auquel M. Cornet cède la parole, montre les avantages qui découleraient de l'adoption de ces mesures. Il croit que leur application, tout en laissant subsister les avantages du système actuel, en régularisera le fonc- tionnement et permettra en même temps d'arriver à une diminution de frais suffisante pour équilibrer le budget. M. Cornet défend le système proposé par lui et il montre par des chiffres que le système proposé par M. Vanden Broeck n'est pas de nature à équilibrer le budget. D'après lui, le système de M. Vanden Broeck, limité aux ressources de la société, ne permettra pas de dé- passer 20 à 22 feuilles d'impression, nombre qu'il ne serait pas possible de majorer sans dépasser le budget. Le système de M. Cornet, au contraire, permet de porter le nombre de feuilles d'impression à 56 et il offre de plus l'avantage de laisser espérer des res- sources nouvelles par suite de la mise en abonnement du bulletin. Le système de M. Cornet a en outre l'avantage de pouvoir offrir aux auteurs 100 exemplaires de leurs travaux, question de la plus haute importance. M. Cornet trouve que les observations de M. Vanden Broeck ont un caractère purement bibliographique et que le bulletin mensuel, tel que le public la Société royale de microscopie de Londres, est le meilleur mode de publication qu'il connaisse. M. Bauwens, trésorier, donne lecture d'un travail préparé par lui sur l'état des finances de la Société et CXC SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. sur la nature et le montant des dépenses effectuées en fait de publications depuis sa fondation. Il ressort de ce travail que la réimpression du Bulletin, dans les condi- tions où elle s'est faite jusqu'ici, a fortement dépassé les prévisions ; il en résulte que les dépenses affectées aux publications devront être absolument restreintes. M. Bauwens se rallie complètement à la proposition faite par M. Cornet, qu'il croit de nature à rétablir l'équilibre du budget, troublé par des réimpressions aussi coûteuses qu'inutiles. M. Vanden Broeck est parfaitement d'accord avec MM. Cornet et Bauwens sur la nécessité de réduire les dépenses; c'est là aussi, ajoute-t-il , le but des proposi- tions soumises à l'assemblée par le Conseil. Il montre ensuite les difficultés pratiques du système préconisé par M. Cornet et signale certaines dispositions des statuts qui se dresseraient contre l'adoption de la proposition de l'honorable secrétaire de la Société. Si celle-ci n'avait plus, en place de procès-verbaux mensuels et d'Annales, qu'une seule publication à offrir à ses membres, com- ment établir, ainsi que le veulent les statuts, une dis- tinction entre les membres correspondants et les membres honoraires, au point de vue de la nature et de la valeur des publications à leur envoyer? Une modification préalable des statuts serait donc nécessaire, en tout cas, avant de rien pouvoir décider dans le sens indiqué par M. Cornet. Après d'assez longs débats, auxquels prennent part MM. Michelet, Casse, Cornet et Vanden Broeck, M. Mi- chelet résume la discussion en faisant remarquer que c'est la question financière qui est surtout en jeu. Celle-ci ne peut être débattue que pièces en main, avec BULLETIN DES SEANCES. CXCI devis et chiffres bien établis de part et d'autre. M. Mi- chel et propose donc une réunion nouvelle du Conseil, à laquelle sont priés d'assister les membres de la Société désirant apporter leur concours à la discussion de ces intérêts si importants. Le Conseil formulera alors nettement la situation, ainsi que les projets en présence, s'il y a lieu, lesquels, portés ensuite à la connaissance des membres, seront soumis à l'assemblée. M. Colbeau émet l'avis que toute modification au budget ou à la forme des publications ne peut s'effectuer qu'à la fin de l'année sociale en cours et après ratification par une assemblée générale. Après avoir consulté l'assemblée, le Président constate que tous les membres présents à la séance sont d'accord pour adopter la proposition faite par M. Michelet. Travaux des membres. M. Prinz donne lecture du rapport de M. A. Renard sur la collection de roches offerte par M. Boeker. M. E. Vanden Broeck appelle l'attention de la Société sur la traduction faite par M. Bcrthelin d'un travail de M. David Robertson, ayant pour titre : Renseignements sur la manière de récolter les microzoaires marins. Ce travail qui, au point de vue du draguage proprement dit, forme en quelque sorte le complément des « Instruc- tions pour la recherche des Foraminifères vivants » publiée dans nos Annales par M. Vanden Broeck, pour- rait être utilement reproduit dans notre Bulletin. L'assemblée décide l'impression de cette note dans la partie analytique. CXCI1 SOCIETE BELGE DE MICROSCOP1E. M. E. Vanden Broeck dépose pour les Mémoires, une note accompagnée dune planche et intitulée : Note sur un modèle simplifié du nouveau système de slide. Il exhibe en même temps des spécimens de ce nou- veau modèle de slide et en signale les principaux avan- tages. Dans une prochaine séance, M. Vanden Broeck exhibera une série d'objets montés de diverses manières dans ce modèle, qui se prête à toutes les combinaisons du montage en cellule sèche, tout étant très-simple et fort peu coûteux. MM. Michelet et Miller sont désignés pour présenter un rapport sur ce travail . M. E. Vanden Broeck exhibe une belle série de dessins de Foraminifères des couches miocènes de Felso- Lapugy (Transylvanie), exécutés d'après nature par M. Ludwig Neugeboren, de Freck. Parmi ces dessins, très-soignés, il s'en trouve un certain nombre représen- tant des formes intéressantes : espèces et variétés iné- dites, dont les diagnoses en allemand accompagnent les dessins de M. Neugeboren. Celui-ci, que son grand âge et l'état de sa vue empêchent de s'occuper lui-même de la publication de ces Foraminifères, a bien voulu autoriser M. Vanden Broeck, qui lui en avait fait la demande, à publier en son nom celles des formes inédites ou peu connues qu'il y aurait intérêt à faire connaître. Dans le cas où la Société accepterait cette proposition, M. Vanden Broeck se chargerait volontiers de traduire de l'allemand les diagnoses des espèces nouvelles de M. Neugeboren et de surveiller l'exécution des planches renfermant les dessins de celles-ci. Cette proposition est acceptée et M. Vanden Broeck, après une étude préliminaire des dessins et des BULLETIN DES SÉANCES. CXCIH diagnoses à publier, dont M. Prinz a bien voulu se charger avec lui de la traduction, déposera, au nom de M. Neugeboren, le travail en question, destiné aux Mémoires. La série de Diatomées que M. Mailler vient d'envoyer à la Société renferme quelques espèces qui sont comptées parmi les plus jolies. Ce sont : Navicula lyra, Eupo- discus Rogersii, Heliopelta Mittii, Arachnodiscus japo- nicus et Craspedodiscus elegans. Ces cinq préparations présentent de un à trois individus triés. Les autres pré- parations renferment encore de très-belles espèces, telles que Cyclotella astraea et operculata, Lichmophora fla- bellata in situ, etc. Les préparations de M. Mauler sont parfaites et sur- tout remarquables comme netteté. Elles figureront avec avantage à côté de ce que la Société a de mieux dans ses collections. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 14 heures. COMPTE RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE I. ANALYSE DES PUBLICATIONS DÉPOSÉES A LA SÉANCE. Le fascicule 1-2 de l'année 1878 du Bulletin de la Société des sciences physiques naturelles et ciimatolo- giques d'Alger contient une étude du docteur Jaillard (p. 20-25 sur Les huîtres vertes. La coloration verte étant, suivant l'opinion la plus accréditée, provoquée par une maladie et étant accompagnée d'un accroisse^ ir, CXCIV SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. ment de cellules adipeuses qui modifient heureusement les qualités d'huître, la fraude s'en est mêlée. L'auteur signale un procédé employé par certains industriels peu scrupuleux qui, afin de produire la coloration verte, plongent les huîtres dans des bains chargés de sel de cuivre. Il constate que 15000 huîtres ainsi préparées ont été mises en vente à Alger et ont occasionné des accidents fâcheux. Pour reconnaître la fraude on verse sur le sujet soupçonné, débarrassé de son eau, une cuillère de vinaigre ; on le perce avec une aiguille et on aban- donne le tout pendant quelques heures. On retire ensuite l'aiguille, qui sera couverte d'une couche rougeâtre si le mollusque a été l'objet de la fraude dont il s'agit. Le même numéro contient un article (p. 29-30) du docteur Bertherand sur Le dragonneau en Afrique (Helminthologie). Le fascicule 3-4 de la même publication contient (p. 31-42), un article du docteur Boujot sur Les altéra- tions organiques et le Monde microscopique; il contient aussi (p. 44-47), un travail avec planches de M. Megnin sur la Pneumonie vermineuse des moutons d'Afrique. L'auteur montre que cette maladie est duc à un strongle, qu'il décrit et figure sous le nom de Strongylus minutissimus. Ce numéro contient encore la traduction par le doc- teur E. Bertherand, d'Alger, d'un mémoire du docteur Silva Aranjo, sur la Filaria immitis et la Filaria san- (juinolcnta au Brésil (Extrait du Lyon médical). La 3° livraison du tome II de la 4 e série des Actes de la Société Linnccnne de Normandie contient (p. 109- 115), une étude de M. Armand Glavaud Sur le véritable mode de fécondation du zostera marina. BULLETIN DES SEANCES. CXCV D'après l'auteur, il n'est pas exact, comme on le croit généralement, que les anthères d'une inflorescence fécondent les pistils enfermés dans la même spathe, l'aptitude de ces divers organes n'étant nullement con- temporaine. Il y a dichogamie et dichogamie protogy- nique. 11 n'est pas exact que l'extrémité de la cellule pollinique pénètre dans l'ovaire par un canal stylaire ouvert au sommet des branches stigmatiques. Cette ouverture terminale n'existe pas, et l'extrémité de la cellule pollinique reste extérieure et inerte. Le tube pollinique ne naît pas de l'allongement terminal du pollen ; c'est toujours une ampoule latérale, située à une certaine distance de cette extrémité, qui se développe dans le grain mûr et qui, s'appliquant à un point quel- conque de la surface stigmatique, y pénètre à la faveur d'une gélification notable des parois, laquelle amène plus tard la chute des stigmates. Le n° I de la l re année du Bulletin scientifique de Milan, contient (p. 6-8), un article (à continuer) de M. G. Cattaneo, sur les Rhizopodes. Le n° 74 de la nouvelle série du Quaterly Journal of Microscopieal Science, contient (p. 125-175), un article de M. E. Klein, intitulé : Observations on the structures of Cells and Nuclei (avec une planche). On the Apical and Oral Systems of the Echinoder- mata; par Herbert Carpenter(p. 176-206.) The development of the Earth Worm (Lumbricus Trapezoïdes Dugês); par N. Kleinenberg (p. 206-244, 3 planches). The Nematoid Hœmatozoa ofMan; par T. R. Lewis (p. 245-259, une planche). CXCVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Liste des Foraminifèrcs recueillis clans la baie de ffSoiirgneuf et a Pornichet ; par M. G. Berthelin. L'auteur de ce mémoire, après quelques données bibliographiques et des considérations générales sur la recherche, le montage et la nomenclature des Forami- nifères, énumère 76 formes recueillies par lui sur le littoral de la Loire Inférieure. Cette faune est comparée à celle des côtes d'Angleterre, de Norwège, de Bel- gique, à celle de Dunkerque, de Cherbourg, du Golfe de Gascogne et du bassin d'Arcachon. L'auteur passe ensuite en revue chacune de ces espèces, dont plusieurs donnent lieu à des observations intéressantes. Nous citerons par exemple : Ammodiscus incertus d'Orb. et A. charoides Carpenter, A. megaspira (sp. nov), Entosolenia Williamsoni Alcock et Placen- tula (Pulvinulina) Rerthelini (sp. nov.), Yanden Broeck in litt. 1877. L'auteur termine par la traduction, que nous repro- duisons ci-après, d'une note de M. D. Bobertson sur le draguage des microzoaires marins. II. REPRODUCTIONS ET EXTRAITS. Renseignements sur la manière de récolter les microzoaires marins ; par David Rorertson F. G. S. (1), traduit de l'anglais par Georges Berthelin (2). Pour recueillir les Microzoaires marins, on peut (1) Ilotes on the récent Oslracoda and Foraminifera oflhe Firth oj Clyde, wilhsome remaries on the Distribution of Mollusca, in : Traits, geol. Soc. Glasgow. Vol. V, part. I, IST.">. (2) Liste des Foraminifèrcs recueillis dans la baie de Bourgneuf et à Pornichet, suivie de la traduction, etc.; par G. Berthelin, in : Annales de la Société académique de Nantes, 1878. BULLETIN DES SÉANCES. CXCVII employer le tilet à main, qui sert à fouiller les fucus, le filet de surface et la drague ordinaire. Ce dernier moyen est de beaucoup le meilleur; mais la drague ordinaire est d'un volume si incommode et d'un maniement si difficile, que l'usage en est exclusivement restreint à certains circonstances, et il exige alors un matériel des plus embarrassants. Mais il n'est pas besoin d'un grand appareil pour saisir, au fond de la mer, les animaux microscopiques, et les ramener à la surface. Voici la description d'un instrument de petit volume, qui répond parfaitement à ce but spécial. Cette drague, avec une corde suffisamment longue pour une profondeur de quarante ou cinquante fathoms (i), ne pèse pas plus de dix ou douze livres (2); le tout peut facilement être emballé en ne formant qu'un petit paquet, ce qui est très-commode quand on n'a que quelques heures à passer au bord de la mer. Toute per- sonne en état de tenir un aviron peut, à la rigueur, suffire à la manœuvre; le résultat auquel on peut arriver en travaillant ainsi, seul et à loisir est véritablement surprenant. La drague, de la forme ordinaire, pèse quatre livres; l'ouverture a sept pouces (5) de long sur trois et demi de large; les bras, de quatre pouces de long, sont rattachés aux extrémités inférieures de la charpente métallique, de manière à n'avoir de mouvement que dans le sens transversal à l'ouverture, c'est-à-dire verticalement. Cette disposition est précisément le contraire de celle qui est adoptée dans la drague dont se servent ordinairement (1) Le fathomvauH m ,829. (2) La livre anglaise vaut Aoôe r ,oU. (3) Le pouce anglais vaut 0"',02oi. CXCVIII SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. les naturalistes et dont les bras se meuvent dans le sens de la longueur de l'ouverture, c'est-à-dire horizontale- ment, ce qui fait qu'ils peuvent exercer un mouvement de levier et soulever la drague de manière à empêcher le couteau de racler le fond. Cet inconvénient est sou- vent une cause d'insuccès et de désappointement dans les draguages. Le sac, ou poche, adapté à cette drague, doit être d'un tissu suffisamment serré pour retenir les petits animaux et laisser cependant à l'eau la liberté de s'échapper facilement. L'étoffe claire, connue sous le nom de clieesedotk (i), satisfait parfaitement à cette double condition. On en fait un sac dont l'ouverture puisse suivre tout le contour de la charpente métallique et qui n'ait pas moins de trente pouces de long. L'avan- tage de cette longueur, considérable par rapport aux autres dimensions de l'appareil, est facile à saisir : le contenu du sac courrait en effet risque de se répandre dehors, quand la mer est agitée, si le sac avait moins de profondeur; cette disposition n'est, du reste, pas moins convenable pour de plus grands appareils. L'extrémité inférieure de la poche n'est pas cousue; elle est seulement nouée avec une corde; on peut ainsi l'ouvrir et en retirer le contenu plus facilement que par l'ouverture supérieure. Une pierre de deux à trois livres, attachée au fond de la poche, la maintient dans une bonne position et lui permet de se remplir plus aisé- ment. On la renferme dans un petit sac, ou un petit filet qu'on fixe à l'extrémité de la poche par un nœud coulant, ce qui dispense pour celle-ci d'une autre fer- meture. Dès que la profondeur dépasse cinq ou six (1) C'est la grosse mousseline dont on garnit les moules à fromages. BULLETIN DES SÉANCES. CXCIX fathoms, ou que la mer est agitée, il est nécessaire d'attacher une pierre de la même manière à la corde qui tient la drague, à deux ou trois fathoms en avant de celle-ci, afin de contrebalancer la tendance à flotter qu'aurait une corde de la longueur exigée dans ce cas, et de maintenir à fond l'ouverture de la drague. Le poids de cette pierre doit, du reste, être réglé propor- tionnellement à la profondeur, ou à la force du cou- rant. Un appareil ainsi disposé s'est toujours montré par- faitement convenable pour la capture des plus petits objets; les coups de drague fournissaient souvent des récoltes d'une richesse étonnante. Tout léger et portatif qu'il soit, il est assez grand pour admettre, à l'exception d'un petit nombre de choses, qui sont précisément les plus grosses et les plus communes, presque tout ce que nos côtes présentent d'intéressant pour le naturaliste. Aussi a-t-il été maintes fois employé avec succès, pour toute espèce de recherches, de préférence aux grandes dragues. Pour moi, sachant ce qu'on peut faire avec une très-petite drague et le grand avantage qu'elle présente au point de vue du labeur matériel, je ne songerais même pas à en employer jamais une dépassant dix à douze pouces, avec un canot à rames, excepté dans certains cas particuliers. Pour le traitement des matières draguées, afin de séparer les organismes microscopiques, il est nécessaire d'avoir dans son embarcation un baquet ou un seau à demi rempli d'eau ; on y lave le contenu de la drague sur un tamis à mailles d'environ un huitième de pouce, qui laisse passer tous les Microzoaires. La plupart restent flottant sur le liquide; ce sont particulièrement les CC SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. Amphipodes, Copépodes, avec quelques Ostracodes à coquille légère : tout cela peut être recueilli expéditive- ment en versant l'eau qui le contient sur une mousseline suffisamment fine pour retenir les animalcules, après quoi on achève de les nettoyer en versant de l'eau claire. Il faute ensuite les transporter dans un flacon d'esprit ou de liqueur préservatrice, en ayant soin de mettre sur le flacon une étiquette indiquant la localité, la profon- deur d'eau et la nature de fond. Le dépôt qui reste au fond du baquet est immédiate- ment lavé dans un sac en mousseline (1), en pleine eau, par-dessus bord, jusqu'à ce que l'eau ne soit plus trouble. Ainsi nettoyée, la matière est renfermée dans un petit sac de calicot d'environ dix pouces de profon- deur sur sept de largeur, ce qui estime dimension très- commode. Lorsqu'on a laissé ainsi les produits de draguage un certain temps avant de les sécher et de les examiner, ce qui arrive quelquefois, on trouve presque toujours les parties molles des Ostracodes détruites, ce qui enlève les caractères qui seuls peuvent souvent con- duire à une détermination exacte des affinités ou de la nature des espèces douteuses ou nouvelles. D'un autre côté, il serait fort dispendieux et incommode de se servir (1) Le tissu à employer dans ce cas doit être un peu plus fin que celui qui sert pour la poche de la drague, afin de ne laisser échapper aucun des plus petits Foraminifèrcs. Une étoffe très-convcnahle est celle qui est connue sous le nom de scotch-lawn, ou linon d'Ecosse, de la finesse de vingt-six à vingt-huit fils sous le compte-fil. Ce sac peut avoir environ dix-huit pouces de profondeur et neuf de largeur, avec un fond arrondi : une garniture en solide étoffe de coton, de cinq à six pouces de haut et entourant le fond de ce sac, le rend d'un usage encore plus commode. On obtient une protection très-efficace pour le sac de mousseline en l'enfer- mant dans un autre sac, en étoffe plus résistante, de texture lâche : on peut ainsi opérer avec plus de sécurité et de liberté. Il est de même très- utile de recouvrir la poche de la drague avec un fort canevas à grosses mailles. BULLETIN DES SÉANCES. CCI d'alcool pour conserver des matériaux dont la quantité est souvent considérable. Le sel de table ordinaire permet de remédier à tous ces inconvénients : mêlé dans les sacs, avec les produits de la pêche, au moment où l'on vient de les y placer, il constitue un excellent préservatif. 11 a, en outre, un avantage : par suite de son mélange intime avec le sel, la vase, quand elle est sèche, se laisse facilement pénétrer et délayer par l'eau, elle se précipite et laisse flottants les Ostracodes et les Foraminifères, qui se recueillent alors aisément. Tandis que si la vase n'a pas été traitée par le sel, quand elle est sèche et qu'on la met dans l'eau, elle refuse de s'im- biber et reste flottante : on ne peut alors, sans de grandes difficultés, en séparer les Microzoaires. Ce traitement oblige à prendre certaines précautions pour l'étiquetage des sacs : ceux-ci devant souvent être emballés pour un certain temps, tout humides, ainsi que leur contenu, des étiquettes ordinaire seraient bientôt détruites, soit qu'on les plaçât à l'extérieur, soit qu'on les renfermât à l'intérieur. Pour obvier à cet inconvé- nient, on renferme chaque étiquette dans un petit étui à aiguilles en bois. (On peut s'en procurer à bas prix). Ce moyen ne m'a jamais trompé, même après plusieurs semaines de contact avec la vase humide. Le filet de surface est encore un très-bon ustensile de pêche, surtout après le coucher du soleil, mais non pas pour les Ostracodes ni les Foraminifères, sauf un petit nombre des premiers, appartenant à la famille des Cypri- dinidœ; en revanche, on obtient ainsi beaucoup d'Am- phipodes, Copépodes, etc. A l'inverse de ce qui se passe dans les draguages, où l'on peut réitérer l'exploration des fonds qui se sont CCII SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. montrés favorables, avec toutes chances d'obtenir de nouvelles et aussi bonnes récoltes, on est souvent, avec le filet de surface, déçu dans son attente en pareil cas; car les localités occupées par ces animaux sont si sujettes à changer, que souvent, c'est à peine si l'on en peut rencontrer un seul, lorsqu'on revient, même pendant plusieurs nuits, sur les points mêmes où on les a une première fois trouvés en abondance. Il arrive fréquem- ment aussi que, d'une nuit à l'autre, le contenu du filet se montre tout différent, quoique à la même place. Plus l'obscurité est profonde, plus la mer est phosphorescente, plus il y a d'espoir de succès. Il existe des filets de ce genre de différentes formes et de différentes grandeurs ; mais, quel que soit celui qu'on adopte, on doit se souvenir qu'il n'y a qu'un point essentiel : c'est que la quantité dont le filet plonge dans la mer soit telle, que le volume d'eau admis à l'intérieur ne soit pas supérieur à celui qui peut s'échapper à travers les interstices de l'étoffe; autrement, les objets qui y entreraient seraient presque aussitôt refoulés dehors par le remous. C'est probablement la négligence de cette condition qui a amené de. fréquents insuccès dans l'emploi de ce filet. Celui que j'ai trouvé le plus avantageux et le plus commode, pour manœuvrer avec un canot à rames, a environ dix pouces de diamètre et vingt de profondeur. Comme les animalcules qu'on rencontre dans cette pêche ne sont pas aussi petits que ceux que fournit la drague, l'étoffe n'a pas besoin d'être aussi serrée que celle qu'on emploie pour le sac à laver les draguages. Le même tissu, ou Scotch-lawn, mais plus gros, convient très-bien. Le filet est arrondi au fond; l'ouverture est montée sur un cercle en laiton, BULLETIN DES SEANCES. CCIII assez fort pour résister à l'effort de l'eau quand le canot est en marche. Ce cercle porte une douille par laquelle on le fixe à un manche. Il faut aussi avoir un vase métallique, n'ayant pas moins de six à sept pouces de diamètre et huit à neuf de profondeur, à moitié rempli d'eau de mer. On tient le filet, par-dessus le bord du bateau, en le plongeant de quelques pouces dans la mer, tandis que l'embarcation avance doucement, pen- dant quarante à cinquante yards (1); on le relève alors, et, saisissant le fond avec la main, on le retourne dans la vase d'eau de mer, de manière à y faire tomber le contenu. On remet alors le filet en état et on recom- mence l'opération. Quand on est rentré chez soi, le contenu du vase est versé dans un bassin de couleur blanche, ce qui facilite l'examen. On met de côté tout ce qui attire l'attention, le reste est ensuite lavé sur un tamis assez gros pour ne retenir que les corps étrangers, comme il a été dit pré- cédemment à propos des draguages. On peut encore obtenir de bons résultats en lavant dans un vase d'eau les herbes ramenées par la drague, ou les petits fucus qui garnissent les rochers, dans les flaques laissées par la marée, ou bien au plus bas niveau des marées. Le triage se fait comme précédemment. Les mêmes procédés de lavage et de tamisage peuvent encore être appliqués avec grand succès au sable et à la vase recueillis à la limite de basse mer : les ustensiles dont on se sert dans ce cas peuvent être moins grands que ceux qui sont nécessaires pour le traitement des fucus. Revenons maintenant aux produits de draguages qui (1) Le yard vaut l»',914i. CC1V SOCIÉTÉ FELGE DE MICROSCOPIE. ont été serrés dans des sacs. La première opération doit être de les bien dessécher ; on les met ensuite dans un vase avec de l'eau, et on agite fortement; on enlève tout ce qui flotte à la surface, c'est-à-dire la plupart des Microzoaires, et beaucoup de petites coquilles, etc., et on les place sur un tamis fin ; puis on ajoute dans le vase une nouvelle partie d'eau, on agite de nouveau, on en enlève encore les matières flottantes, et on continue ainsi jusqu'à ce que le sédiment traité ait abandonné tout ce qui peut être enlevé par ce procédé. On verse alors de l'eau claire sur le tamis, jusqu'à ce que toutes les impuretés soient parties; on sèche alors le résidu, qui se trouve prêt pour l'étude. Bien que, dans cette opération, on obtienne la plu- part des Microzoaires, il y en a cependant, comme les Ostracodes à coquilles épaisses, tels que C. Dulmensis et C. tubcrculata, qui ne flottent qu'imparfaitement. Il peut donc, dans certains cas, être nécessaire de sécher de nouveau le sédiment et de recommencer l'opération, ou même de l'examiner directement, en masse; mais ceci n'est guère possible qu'autant qu'on n'aura pas affaire à une quantité un peu considérable. Après avoir trié et nettoyé les objets flottants, il reste à les étudier. Pour cela, le mieux est de les passer à deux ou trois tamis, de numéros différents : le premier retient les objets les plus grands, ainsi de suite. Après cette séparation, l'examen est plus facile, les petits objets ne risquant plus autant d'être cachés par les gros. On étale ensuite une petite quantité du mélange sur une ardoise, et, avec une loupe et un petit pinceau de martre légèrement humecté, on enlève les différents objets, en les mettant à part, suivant les espèces. BULLETIN DES SEANCES. CCV Pour les objets très-petits, il faut les chercher sous le microscope, avec un faible grossissement. Ou facilite beaucoup cette opération en traçant des lignes parallèles sur une mince lame d'ardoise ou de carton noir (1), dont la grandeur est proportionnée à celle de la platine du microscope, et sur laquelle on étend les objets à exa- miner; les li^ies, dont l'écartement doit être réglé sur le champ de vision, guident l'œil et l'empêchent de repasser à la même place. La Revue myeologiqiie de M. Roumeguère contient (numéro d'avril 1879, 2 e année) le résumé d'intéressantes recherches faites par le docteur J. Muller sur la îMure des Lichens. Nous reproduisons ci-après les conclusions de cette étude : « Mon résultat a dépassé de beaucoup mon attente. Non-seulement j'ai pu constater les micro- gonidies dans tous les organes mentionnés plus haut, après les avoir soigneusement traitées successivement avec de la potasse caustique, de l'acide sulfurique et de la teinture de iode, mais aussi je les ai vues, avec mes excellents objectifs à immersion, sans aucune prépara- tion chimique préalable, et dans les cas favorables je les vois même avec le plus faible de ces objectifs de Hart- nack à sec. C'est surtout avec l'objectif Hartn. 15 que j'ai travaillé, qui, avec mon plus faible oculaire, et à une distance de 25 cm., donne un grossissement de 1000, et avec l'oculaire 5 de 2000 (le n° 18 va de 2500 à 5000 diam,, et par l'emploi d'une -ï mo lentille interne, cet objectif double encore ce dernier grossissement). » J'ai déjà constaté cette vérification dans le n° 51 de (1) Une lame de verre est aussi d'un usage très-commode. CCVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. la Flora de Ratisbonne, qui a paru le 1 er nov. de cette année. J'y ai émis l'hypothèse que les microgonidies, bien plus pâles que les gonidies ordinaires, disposées en série moniliforme dans l'axe des hyphse, d'un dia- mètre d 1/2 p. — 3/5 /a (p. = 1/1000 mm.), se montre- raient plus fortement colorées en vert dans les lichens provenant des pays tropicaux et qui auraient crû dans des lieux bien exposés à une lumière très-vive. Cette hypothèse s'est pleinement confirmée depuis quelques jours. J'ai vu les microgonidies de Parmelia prolixa v. erythrocardia Mùll. Arg., provenant du voyage du docteur Schweinfurth dans le pays des Nyamnyams, au nord-ouest du lac de Nyanza dans l'Afrique centrale, qui étaient tellement colorées en vert, qu'il y avait à peine une différence de couleur appréciable entre les gonidies et les microgonidies. Les séries des microgonidies étaient si visibles dans ce cas (le Pwmelia adpressa v. endsclirijsea Mùll. Arg. de la même provenance, les montrait tout aussi belles), que certainement le premier bon microscope ordinaire les aurait clairement montrées, même sans système à immersion et sans aucune prépa- ration chimique préalable. » L'existence des microgonidies est donc absolument sûre, et quant à leur transition en gonidies, j'ai vu qu'on peut assez facilement la constater en étudiant les hyphse qui se trouvent immédiatement sous l'écorce et en suivant les cellules les plus profondes de l'écorce elle-même. C'est-là qu'on trouve fréquemment des mi- crogonidies, encore enfermées dans les hyphse, qui présentent tous les degrés intermédiaires de grandeur entre les microgonidies ordinaires et les gonidies. » Il résulte de ces diverses observations, que les BULLETIN DES SÉANCES. CCVI1 gonidies ont une origine hyphoïdale, qu'elles ne sont pas des algues, que les hyphse des lichens sont absolu- ment différentes de celles des champignons, qu'il n'y a pas d'éléments fongoïdes dans les lichens, et qu'en con- séquence il ne peut plus être question d'un lichen comme d'un être composé d'une algue et d'un champi- gnon. Les lichens, si nombreux et si variés dans tous les pays, reprennent donc leur rang parmi les autres classes de Cryptogames thallophytiques. » L'existence des microgonidies tranche en même temps une autre question très-grave, celle des lichens incomplets (sans thalle), et surtout de ceux qui viennent en parasites sur d'autres lichens. Comme un thalle complet leur manque, ils n'ont pas de gonidies, ce qui, d'après les anciennes notions, aurait dû les faire classer parmi les champignons. Cependant, on a reconnu qu'ils ont généralement la même organisation des fruits que d'autres vrais lichens complets, et qu'il ne leur manque que le thalle pour se rapporter exactement à tel ou tel vrai genre de lichens; mais quelques-uns sont aussi dans le même cas, pour la conformité du fruit, vis-à-vis de certains vrais genres de champignons. Or, il suffira dorénavant, en semblables cas, de constater par exemple que les paraphyses ou les spores contiennent des micro- gonidies et l'on aura la certitude d'avoir un lichen devant soi. Si les microgonidies manquent, alors c'est d'un champignon qu'il s'agira. » Je viens d'appliquer ce nouveau principe à un fort petit lichen parasitique (Artlwpy renia Guineti Mùll. Arg.), que M. Guinet, de Genève, m'avait apporté du sommet du Reculet, où la plantule vit sur le disque des apothécions de YAmphiloma elegans. » CCVIII SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. Séance du 26 juin 1879. Présidence de M. le D' Casse, membre du Conseil. Sont présents : MM. Baûwens, Bock, Casse, Delogne, Leclercq, Prinz, Rutot, Renard, Vanden Broeck et J. F. Cornet, secrétaire. MM. Ledeganck, président, Michelet et Gravis font excuser leur absence. Le procès-verval de la séance du 29 mai est adopté. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des sociétés: Entomologique de Belgique, Malacologique de Bel- gique, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, de Médecine de Caenet du Calvados, d' Études des sciences naturelles de Nîmes, Française de photo- graphie, Médico-chirurgicale de Liège, Royale de Bota- nique de Belgique, Belge de géographie, Royale de microscopie de Londres, Belge de photographie, Fran- çaise de photographie, Zoologique et botanique de Vienne, Entomologique Suisse, Essex Institute, des Académies : Royale de médecine de Belgique, Boy aie des sciences, des directions : du Musée de l'Industrie de Belgique, de YAthenœum belge, du Moniteur indus- triel belge, de la Feuille des jeunes naturalistes, du Botaniska Notiser, du Zoologischer Anzeiger, du Journal de micrographie, du Naturaliste Canadien, Bibliographie médicale, Bulletin scientifique de Milan, du Science-Gossiv. BULLETIN DES SÉANCES. CCIX Propositions diverses . La participation de la Société à l'Exposition nationale de 1880 est décidée. Cette décision sera portée à la connaissance des mem- bres par une circulaire spéciale. Travaux des membres. Sur les iisierolithes des schistes CE*istalliiis. M. Renard montre à la Société une préparation mi- croscopique des microlithes des schistes cristallins; elle lui fut communiquée par M. Kalkowsky, qui vient d'in- diquer récemment la méthode d'isoler ces petits cristaux et permettre ainsi une détermination minéralogique complète, que l'on désespérait presque de pouvoir obte- nir (1). L'attention que les micrographes ont attaché à ces microlithes, et le rôle si considérable qu'ils jouent dans les phyllades et dans les roches feuilletées d'un grand nombre de formations géologiques engagent M. Renard à résumer les interprétations admises jusqu'ici sur ces cristaux restés si longtemps énigmatiques. Il indique le mode suivi par M. Kalkowsky pour les isoler et déter- miner avec une grande probabilité leur caractère miné- ralogique. Dans son travail sur les schistes argileux siluriens et dévoilions, publié en 1871, M. Zirkel décou- vrait qu'une bonne partie des éléments constitutifs de ces roches, au lieu d'être d'origine élastique, comme on le (1) Notes Jahrb. fur Min., 1879, 3 e et 4° fascicules, p. 382. CGX SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. croyait généralement jusqu'alors, était composée de cristaux microscopiques de dimensions infinitésimales (long. 0,05 mm. larg. 0,003 mm.). Les lames minces deces roches, étudiées avec de forts grossissements, lui mon- trèrent un nombre prodigieux de corps prismatiques, apparaissant comme de simples traits superposés les uns aux autres, et enchevêtrés en tous sens. On ne pouvait arriver à connaître exactement leur nature minéralogique aussi longtemps qu'on ne parvenait pas à les isoler de la masse dans laquelle ils se trouvent enchâssés; car par leur extrême petitesse ils échappaient presque à toute étude cris- tallographique et optique. Il importait cependant de préciser l'espèce à laquelle ils appartenaient, si l'on vou- lait jeter quelque lumière sur la question d'origine des roches feuilletées qui les renferment. On peut consi- dérer comme déterminations approximatives toutes celles que l'on a émises sur ces microlithes avant le travail que nous analysons. M. Zirkel, pour ne rien préjuger, les désigna sous le nom de microlithes des schistes argileux (T/ionscliiefernadelchen). R. Credner et Um- lauft avaient envisagé ces cristaux comme appartenant à la hornblende; M. von Lasaulx, sans se prononcer d'une façon positive, les rapportait aussi à la hornblende ou à l'épidole. M. Renard, qui les avait étudiés dans les phyl- lades salmiens, se fondant sur leurs propriétés optiques et cristallographiques ainsi que sur leurs màcles, les avait rapportés à un minéral du système rhombique et il exprimait l'idée qu'ils pouvaient bien être du chrysobéryl. Comme nous le verrons, l'auteur dont nous analysons le travail démontre que ces petits prismes doivent être en réalité rapportés à un minéral rhombique la Stauroîide. BULLETIN DES SÉANCES. CCXI Les phyllades des formations archaïques renferment ces microlithes tout aussi bien que les schistes argileux paléozoïques ; même dans les horizons supérieurs de la série cristallophyllienne ils sont identiquement sem- blables aux microlithes des roches schisteuses silu- riennes et dévoniennes. En descendant la série des ter- rains azoïques, les roches contiennent encore de ces corps prismatiques, mais leurs proportions augmentent de façon à permettre leur détermination macroscopique. Ces microlithes sont constitués d'une substance homo- gène de couleur jaune; une des extinctions se fait suivant les arêtes du prisme; on remarque une légère absorption de la lumière lorsqu'on fait tourner le nicol inférieur. L'indice de réfraction est très-élevé; on distingue dans ces cristaux des lignes de clivage ; quelques-unes des macles les mieux formées sont celles décrites et figurées pour la première fois par M. Renard dans son travail sur les phyllades salmiens, où ces microlithes sont quelquefois admirablement développés. Donnons d'une manière générale la marche que suivit l'auteur pour désagréger la roche et recueillir isolés les microlithes. 11 opéra sur des ardoises taunusiennes de Caub. Des lamelles de ce phyllade, d'un millimètre de large sur 1/4 de millimètre d'épaisseur, furent traitées à froid dans trois fois leur volume d'acide fluorhydrique concentré. Pendant l'attaque, l'acide fluorhydrique et l'acide fluosilicique absorbent de l'eau atmosphérique, ce qui provoque une ébullition si l'on ajoute de l'acide sulfurique concentré. On détermine ainsi une dernière désagrégation de la roche et une décomposition des éléments sur lesquels l'action de l'acide fluorhydrique ne se faisait plus sentir. Après une série de lavages, d'éva- CCXI1 SOCIETE BELGE l>F. MICROSCOPIE. porations, pour lesquelles nous renvoyons à la eommu- nieation de l'auteur qui en indique tous les détails, on obtient, après avoir brûlé les particules charbonneuses, un résidu jaunâtre tonne des mierolithes en question auxquels sont associes quelques petits prismes de tour- naline. Aux mierolithes étaient aussi mêlés des grains d'oligiste; car on n'avait pas traite le résidu à l'acide azotique. M. kalkowsky obtint ainsi dans sa première manipulation 0,0081 gr, de cristaux microscopiques dont un 7 't de milligr. servit à taire 7 préparations, parmi lesquelles compte celle qui vient d'être montrée à la Société. On peut parfaitement étudier sur ces petits cristaux leurs propriétés physiques. Ils possèdent une teinte jaunâtre prononcée et sont parfaitement homogènes: leurs formes, leurs propriétés optiques les rapportent au sys- tème rhombique. M. Kalkowsky fait remarquer, en parlant de leur teinte, qu'on ne doit pas attribuer à la pré- sence de ces mierolithes la coloration plus ou moins foncée îles phyllades. Ces cristaux n'apparaissent opaques que lorsqu'on les étudie à la lumière transmise avec de faibles grossissements: les rayons éprouvent alors une réflexion totale et leurs proportions infinitésimales les font apparaître comme un simple trait noir. La détermination chimique quantitative fut abordée avec les 0.008 gr. du résidu. Cette analyse donna SiO- 18.7 ARV 55,6 F e 2 (V 57, ;> p. •/.. Comme le fait observer l'auteur, malgré ce que ces chiffres peuvent avoir d'incertain, il n'en montrent pas moins, vu la teneur peu élevée en silice, la grande quantité d'alumine et île fer une partie doit en être rapportée à i'oligiste . qui 1 ces mierolithes ont une composition se rapprochant BULLETIN DES SÉANCES. CCXI1J * de celle de la staurolide. Si l'on tient compte en outre de la résistance qu'offrent ces petits prismes à l'action de l'acide fluorhydrique à froid et des caractères physiques qu'ils montrent au microscope, il n'existe pas de minéral duquel on puisse mieux les rapprocher que de la stau- rotide. Ces microlithes ne sont ni du rutile ni du chrysobéryl : La composition chimique que l'on vient d'indiquer ne permet pas de les rapporter à ces espèces. La fibrolite est toujours incolore, jamais on ne la rencontre mâclée. La zoïsite, l'épidote, la méïonite ou la scapolite ont une teneur en chaux et l'analyse n'a pas accusé la présence de cet élément constitutif. Les micas et les chlorites sont facilement attaquables à froid par l'acide fluorhy- drique. L'analyse n'ayant pas décelé de chaux, ces petits prismes ne peuvent être rapportés ni à la hornblende ni àl'augite. Us n'ont pas d'ailleurs Les propriétés optiques des minéraux clinorhombiques; en outre la hornblende présente, toujours d'après M. Kalkowsky, la teinte ver- dâtre dans les roches schistoïdes. Il paraît donc bien établi que nous avons affaire à des cristaux microscopiques de staurotide; la présence de microlithes de ce minéral dans les schistes cristallins paléozoïques relie donc ces roches avec celles de la série cristallophylienne. On trouve ces microlithes dans des schistes argileux et dans des argiles des formations récentes, tandis que certains phyllades archaïques ne les offrent point. Il s'ensuivrait que leur présence doit être attribuée avant tout à la constitution chimique des matières minérales au milieu desquelles ils se sont déve- loppés. CCX1V SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 9 5/4 heures. COMPTE RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE Le Bulletin scientifique de Milan (N° 2 de la 1"' année; mai 1879), contient, p. 25, la continuation de l'article de M. G. Cattaneo intitulé : Intorno ai Rizopodi. L'auteur termine sa revue générale de la classification des Rhizopodes et passe au chapitre (à continuer) de l'anatomie comparée de ces petits organismes. Le même numéro du Bulletin scientifique contient la fin d'une étude du docteur Grassi, intitulée : Di un inso- lita sede delT oidium albicans (Syringospora Rohinii Qu). Cet article a rapport à l'envahissement du corps humain par ce parasite. Le numéro d'avril 1879 (68 vol. 57 e année) du Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacologie, publié à Bruxelles, contient, p. 556-557, un extrait du Journal de pharmacie et de chimie relatif à un article de M. Nuesch sur les Bactéries lumineuses sur la viande fraîche. L'auteur rappelle des faits analogues signalés précédemment, donne quelques détails sur la phospho- rescence, ainsi que sur les observations curieuses qu'il a faites sur de la viande fraîche couverte de bactéries lumineuses et en mouvement ;| il annonce un travail complémentaire sur ce phénomène. Le numéro du 20 juin 1879 (vol. VI, n° 18) du Moni- teur industriel belge reproduit, p. 274-275, d'après le Moniteur du chemin de fer, ^un résumé fort intéressant BULLETIN DES SÉANCES. CCXV du mémoire que M. Frémy vient de présenter à l'Aca- démie des sciences de Paris, sous le titre de : Recherches chimiques sur la formation de la houille. Le numéro de mai 1879 (n° 5, vol. III) du Journal de micrographie du docteur Pelletan contient, outre l'intéressante Revue mensuelle, les articles suivants : De l'utilité de l'étude des cryptogames au point de vue médico-pharmaceutique, par Léon Marchand (pages 211-220). La fécondation chez les vertébrés (suite), par le pro- fesseur Balbiani(p. 221-228). La trichine aux États-Unis, par H. T. Àtwood et docteur W. T. Belfield (p. 229-235). La question des huiles à la Société royale microsco- pique de Londres, par le docteur Pelletan (p. 254-237). Instructions pour la récolte des Foraminiféres vivants, par E. Vanden Broeck (p. 257-242). Sur une méthode de conservation des infusoires, par A. Certes (p. 245-245). La tribu des Nuclées (Étude de mycologie) ; par le docteur L. Quelet (p. 246-247). Plus d'autres notes moins importantes. La note de M. Vanden Broeck est extraite des Annales de notre Société et la communication de M. Certes a déjà été reproduite par nous — d'après les Comptes-rendus, où elle a été primitivement insérée — dans l'un des derniers numéros de notre Bulletin. Le n° 4 du tome 47 du Bulletin de l'Académie royale des sciences de Belgique (avril 1879) contient, p. 409- 415, une Note sur le sang du homard; par M. L. Fre- dericq. On sait que le sang du homard comme celui des CCXYI SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. crustacés en général, des céphalopodes et des gastéro- podes, possède la curieuse propriété de bleuir au contact de l'air. L'auteur ayant étudié avec soin la substance qui donne lieu à cet effet a trouvé qu'elle consistait en un corps nouveau, à propriétés caractéristiques : lliemocijanine. C'est une substance album inoïde se rapprochant de l'hémoglobine des vertébrés ; mais au lieu de fer elle contient du cuivre. Aucune autre substance albuminoïde n'entrant dans la composition du sang de ces animaux, il en résulte que c'est à l'hémocyanine seule que sont dévolues les deux grandes fonctions du sang : la respiration, ainsi que la nutrition des tissus. M. Fredericq avait déjà établi ces conclusions pour le sang du poulpe. Il les vérifie aujourd'hui pour celui du homard. Le même fait sera sans doute bientôt établi d'une manière tout aussi décisive pour les mollusques gastéropodes. On sait que chez les vertébrés il en est tout autre- ment : la fonction respiratoire y appartient exclusive- ment à l'hémoglobine des globules, tandis que la fonction de nutrition s'opère grâce aux substances albuminoïdes du plasma. Le n° i (du vol. II, juin 1879) du Journal de la Société royale de microscopie de Londres contient les articles de fond suivants : On the developmcnt and Retrogrcssion ofthe Fatçell, by G. Hoggan and F. E. Hoggan (p. 555-588), avec une planche. On some applications of osmie acid to microscopie Purpose, by T. J. Parker (p. 581-585). BULLETIN DES SÉANCES. CCXV11 Is not the Rotiferous genus Fedalion ofHudson syno- mjmous with Hexarthra of L. Schmarda, by Julien Deby (p. 384-583). Note on M. Deby Paper, by C. T. Hudson (pages 380-387). An IUuminating Traverse-lens, by Robert B. Toiles (p. 388-389). On the occurence of Récent Heteropora, by A. W. Waters (p. 390-305) avec une planche. Note on Homogenous Immersion Object-Glasses, by F. H. Wenham (p. 594). Le chapitre Notes and Memoranda, conforme au nouveau plan dernièrement exposé par la rédaction du journal, comprend, réunis dans environ 80 pages, une centaine d'articles, de résumés, d'analyses, de nouvelles de toutes espèces relatives à la microscopie. Les matières traitées sont classées en trois sections : Zoologie, Bota- nique et Microscopie en général. Nous ne saurions trop attirer l'attention de nos col- lègues sur cet intéressant recueil d'observations et de nouvelles, paraissant tous les deux mois et mettant le lecteur au courant des progrès de la microscopie dans les applications les plus diverses. Une bibliographie détaillée et disposée d'une manière très-pratique termine le journal et donne le titre de toutes les communications relatives à la microscopie, contenues dans les publications parvenues à la Société. Sept numéros du Science-Gossip viennent de par- venir à la Société, qui, à l'avenir, recevra mensuelle- ment cette excellente publication. Nous ne pouvons résumer ni même mentionner les nombreuses commu- nications, nouvelles, etc., contenues dans ce journal de CCXVI1I SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. vulgarisation scientifique; mais nous citerons rapide- ment quelques articles pouvant plus spécialement inté- resser les membres de la Société. Le n° 168 (décembre 1878) contient entre autres, sous la rubrique Microscopie : A New collecting box (fig.), Neiv Diatoms, Diatoms in coal, Varnich for glycérine Mounts. A collecting stiek (fig.). Dans le n° 169 (janvier 1879) nous trouvons un bon article avec figures, intitulé : On mounting micro-fungi, et sous la rubrique Microscopie : The germ theory of Infections Diseases. A new lamp for microscopie Moun- ting. Section cutting. Dans le n° 170 (février 1879), on peut citer un article avec figures, intitulé : Hints for the young Microscopist, et un autre, également avec figures, de M. Alex. Me Al- dowie : On the colours of animais, and the arrange- ment of pigment in lepidoptera. Sous la rubrique Microscopie : A Life box (avec figure d'un appareil aisé à faire soi-même en un instant). Le n° 171 (mars 1879) contient : 1° la traduction d'un article de M. du Plessiz, de Lausanne : Note on prepa- ring and preserving délicate organisms; 2° la suite d'une étude, avec figures, de M. R. Vine, intitulée : Physiological Character of Fencstrella. Sous la rubrique Microscopie : Cavities in Quartz. How lo remove Canada Balsam from slides. New forms of Caméra lucida (avec diagramme de la chambre claire d'Hofmann). Dans le n° 172 (avril 1879) nous trouvons sous la rubrique Microscopie : Cernent for glycérine. Mounting Polyzoa. Cells for dry objects. Hemoving Air bubles. Le n° 175 (mai 1879) contient un article de M. H.-M.-J. BULLETIN DES SEANCES. CCXIX Underhill: The préparation ofinsects for microscopical examination (à continuer), et un autre de M. E.-T. New- ton : A new metliod ofpreparing a dissected model of an insect's brain from microscopical sections (nom- breuses figures). Sous la rubrique Microscopie, nous trouvons : Pollen. A new metliod of preserving Infusoria. Le n° 174 (juin 1879) contient la continuation de l'article de M. Underhill : The préparation ofinsects for microscopical examination, et une note détaillée de M. C.-H. Dymond : On mounting seeds. La rubrique Microscopie contient les articulets sui- vants: Mounting in Canada Balsam. Microscopie Orga- nisais in Blood. The colour of S 1 -Paul' s Cathedral. The American Quarterlij Journal of Microscopy . Eu- glena viridis and Hydratina Senta. The Fur on the Tongnc. On cleaning old slides mounted in Balsam. Séance du 31 juillet 1879. Présidence de M. D' Casse, membre du conseil. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Colbeau, Coo- mans, Delogne, Gravis, Lefèvre, Miller, Prinz, Rutot, Van Hoorde et J. F. Cornet, secrétaire. MM. Michelet et Vanden Broeck font excuser leur absence. Le procès-verbal de la séance du 26 juin est adopté. CCXX SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E, Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. le Ministre de l'Intérieur, en date du 5 juillet, annonçant à la Société qu'une somme de mille francs vient de lui être accordée à l'effet de com- pléter sa collection d'instruments scientifiques. L'Association française pour l'avancement des sciences tiendra sa huitième session à Montpellier, du jeudi 28 août au 4 septembre 1879. M. Stevenson, membre correspondant à Philadelphie, remercie la Société pour l'envoi du tome IV et annonce l'envoi, par l'intermédiaire du Smithsonian Institution, d'une boîte de préparations. M. le docteur Pichardo remercie pour sa nomination de membre effectif. Une lettre de M. G. Beckx, consul général de Belgique à Melbourne, relative à l'échange de publication avec la Société de Microscopie de Victoria. (Australie.) Une lettre de la Société Malacologique de Belgique informant la Société qu'elle est disposée à nous céder une des armoires de la bibliothèque royale mises à sa disposition par le M. le Ministre de l'Intérieur. Une lettre de M. le docteur Blankenhorn, de Carls- ruhe, exprimant le désir de faire partie de la Société. La Société décide d'adresser des remerciements à M. le Ministre de l'Intérieur, à la Société Malacologique de Belgique, à M. G. Beckx et à M. W. Stevenson. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des sociétés : BULLETIN DES SEANCES. CCXXI En tomo logique de Belgique, Malacologique de Bel- gique, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, de Médecine de Carnet du Calvados, d'Études des sciences naturelles de Nîmes, Médico-chirurgicale de Liège, Royale de Botanique de Belgique, Belge de géographie, Royale de microscopie de Londres, Belge de photographie, Française de photographie, de la Société de Borda à Dax, Société royale des sciences de Liège, Néerlandaise de zoologie; des académies : Royale des sciences de Turin, Impériale des sciences de Vienne, Royale des sciences de Belgique, des direc- tions : du Musée de l'industrie de Belgique, de YAthe- neum belge, du Moniteur industriel belge, de la Feuille des jeunes naturalistes, du Botaniska Notiser, du Zoolo- gischer Anzeiger, du Bulletin scientifique du départe- ment du nord, du Journal de micrographie , du Natu- raliste Canadien, de la Revue mycologique, du Popular science Bevieiv, du Quarterly journal of microscopical science, Essex institute, de la Revue des sciences natu- relles de Montpellier, American Quarterly Journal, Science -Gossip, Bibliographie médicale belge, (avec demande d'échange). L'échange est accordé. De la part des auteurs : On some species of the genus Palaemon (Fabr.). with descriptions of tivo new forms. by doctor J. G. De Man. Onze brochures se rapportant toutes à la destruction du Phylloxéra, par le docteur A. Blankenhorn, prési- dent de la Société allemande de viticulture; Guide dans l'examen microscopique des tissus ani- maux, par le professeur S. Exner de Vienne. Traduit de l'allemand par le docteur F. Schiiïers de Liège; offert par M. le docteur SchifFers; Note sur la recherche CCXXII SOCIÉTÉ BELGE OE MICROSCOI'IE. des micrococcus dans l'intérieur des organes, par le docteur Ch. Firket, don de l'auteur; des Caractères distinctifs de la Dolomite, par M. A. Renard; Note sur rotlrélite, par MM. A. Renard et De La Vallée-Poussin. La Société vote des remerciements à MM. De Man, Blankenhorn, Schiffers, Firket et A. Renard. Proposition du Conseil. Le Conseil propose l'admission, comme membre effectif, de M. le docteur A. Blankenhorn, de Carlsruhe, présenté par MM. Ledeganck, président et Cornet, secrétaire, et de M. Achille Tillier, architecte à Mons, présenté par MM. Rutot et Cornet. MM. le docteur Blankenhorn et Tillier sont élus membres effectifs de la Société. Le Conseil propose la nomination d'une commission chargée de présenter un projet de dépense de la somme de 1,000 francs, allouée par le gouvernement pour compléter la collection des instruments. L'Assemblée désigne MM. Ledeganck, président, Michelet, Miller, Rutot et Cornet, pour faire partie de cette commission. M. Casse appelle l'attention des membres de la com- mission sur l'achat de certains instruments, tels que le saccharimètre et le micro-spectroscope, — qui sont de nature à rendre des services réels aux membres qui s'occupent d'analyses. Travaux des membres. M. Cornet, secrétaire, entretient l'assemblée d'un petit livre nouveau, intitulé : Guide de l'examen micros- BULLETIN DES SÉANCES. CCXXIII copique des tissus animaux, parle professeur S. Exner, de l'Institut physiologique de Vienne, traduit de l'alle- mand par le doeteur F. Schifièrs, de l'Université de Liège. Le livre du professeur Exner, spécialement destiné aux histologistes, a été écrit dans le même ordre d'idées que eelui de Thomas Davies « llie Préparation and Mounting of Microscopic Objets » livre auquel l'Angle- terre est redevable du grand nombre de préparateurs micrographes qu'elle possède aujourd'hui. Le livre du professeur Exner, moins étendu que celui de Davies, qui s'occupe de la préparation générale de tous les objets micrographiques, est un véritable petit chef-d'œuvre, fruit de vingt-cinq années d'expérience, dans lequel le commençant, aussi bien que l'histologiste consommé, trouveront un guide sûr et des renseigne- ments utiles. L'auteur expose les procédés avec beaucoup de luci- dité; il ne décrit que les méthodes dont il a constaté l'efficacité et évite les détails inutiles. Des tables analy- tiques faites avec soin permettent de se guider sûrement au milieu de cette immense quantité de procédés de durcissement, de coloration, d'éclaircissement d'injection, d'inclusion et de fermeture. Ce livre, dont il ne serait pas possible de donner une analyse sans se perdre dans des détails sans fin, est d'un mérite réel et, à ce point de vue, devrait se trouver sur la table de tout histologiste, d'autant plus que son prix, très modeste, le rend accessible à toutes les bourses : il ne coûte que 3 francs. CCXXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Tryblionella ovata l^agcrstedt par C; H. Delogne. Dans ma liste des Diatomées des environs de Bruxelles, j'ai signalé Tryblionella ovata, Lag. dans une serre au Jardin botanique. J'ajoutais : Cette espèce n est jusque maintenant indiquée qu'au Spitzberg. En écrivant ces mots, j'étais persuadé que je découvrirais d'autres sta- tions. En effet, je la retrouvais bientôt à l'entrée du déversoir de l'étang de Groenendael et, à peu près à la même époque, dans les rocailles aux bords du lac du bois de la Cambre. La même année, je la récoltais encore contre les parois intérieures, d'une fontaine cou- verte, à Fraban (province de Luxembourg). Ces stations offraient une certaine ressemblance, en ce sens que la récolte y avait été faite dans un endroit plus ou moins sombre, ne recevant qu'une lumière diffuse. Aussi pensais-je d'abord que le Tryblionella ovata, Lag. ne se rencontrerait que dans ces conditions. On le trouve cependant aussi dans des endroits bien éclairés, exposé à la lumière directe, ainsi qu'il résulte d'une nouvelle récolte faite au Jardin botanique de Bruxelles et d'une autre faite contre un rocher humide au sommet de la côte qui domine la Semoy, près du village de Rochehaut. Je puis aussi signaler le Tryblionella ovata, Lag. en Angleterre, où il n'est pas encore indiqué, du moins à ma connaissance. En examinant chez notre confrère. M. le D 1 H. van Heurck, d'Anvers, une préparation faite du n" 8ii (provenant de Rylands) de la collection Walker-Arnott, j'y reconnus aussitôt l'espèce en ques- BULLETIN DES SÉANCES. CCXXV tion. Dans son catalogue, Walker-Arnott la rapporte aussi au genre Tryblionella (Lagerstedt n'est pas certain qu'elle doive se rapporter à ce genre). Je ne relèverai pas le nom spécifique écrit au crayon par Walker-Arnott dans l'espace laissé d'abord en blanc. Ce nom, quoique antérieur à celui de Lagerstedt, n'ayant pas été publié, ne pourrait être qu'un synonyme. Le TrijblioneUa ovata, Lag. vit en société avec plusieurs autres Diatomées, du moins si j'en juge d'après mes récoltes. Mais il me paraît qu'on le trouvera sou- vent avec des espèces du genre Diadesmis. Dans deux de mes récoltes il est associé avec des formes apparte- nant à ce genre. Dans le n° 844 de Walker-Arnott il est associé au Diadesmis gallica. Sm. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 1 4 heures. COMPTE RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE I. ANALYSE DES PUBLICATIONS DÉPOSÉES A LA SÉANCE. Les N os 52 et 33 (7 et 14 juillet 1879) du Zoologis- cher Anzeiger, contiennent des renseignements biblio- graphiques sur un certain nombre d'ouvrages et de mémoires parus récemment sur les invertébrés et parti- culièrement sur les Protozoaires, les Cœlentérés, les Echinodermes et les Vers. * * * Le N° 11 du vol. III (New séries) du Popular science Review (juillet 1879) contient une intéressante étude du 1o CCXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. professeur Martin Duncan intitulée : Some Faits and and Tlwiights aboal Light-emitting Animais, (p. 225- 242; pi. VI). Le N° de juin 1879 des Annales de la Société Médico- Chirurgicale de Liège, contient, p. 248-255, un article du docteur Ch. Firket, sur la recherche des Micro- coccus dans l'intérieur des organes. * * Le N° 5 (mai 1879) du T. 47 du Bulletin de l'Aca- démie royale des sciences de Belgique, contient, p. 541- 565, un mémoire, avec planche, de M. A. Renard, intitulé : Caractères distinctifs de la dolomite et de la calcite dans les roches calcaires et dolomitiqucs du calcaire carbonifère de Belgique. * * Le N° de juin 1879 du Bulletin scientifique du dépar- tement du Nord, contient (T. II de la 2 e série, p. 197- 206), un bon catalogue ft Algues marines observées à Wimereux, par M. R. Moniez, catalogue qui sera utile- ment consulté lorsque des recherches analogues seront faites sur la côte belge. * * Sous la rubrique Microscopie, le N° 175 (I e ' juillet 1879) du Science Gossip, contient les notes suivantes : Euglena viridis and its Sucker-bulb — Microscopie Clcanliness. — Another method of Staining Microsco- pical Spécimens — « Centerer » for Slides. * * * Parmi les articles du dernier N° c!c la Bévue Mycolo- gique du docteur Roumeguère (N° 5, 1" année, juillet 1879) nous citerons : Des herborisations Cryptogame BULLETIN DES SEANCES. CCXXVI1 ques, par L. Marchand. — Sur le Chœnocarpus hypo- tricho'ides, Lev., par Baiuier. — Observations de M. Dutailly, sur la nature des lichens (réponse à l'étude du docteur Mùller). — Le Sclerotium du Topi- nambour, par M. Saint-Gai. — Remarques sur les Gonidies et sur leurs diverses formes, parW. Nylander. * * * Le N° du 15 juin 1879 (2 me série, 8 me année) de la Revue des sciences naturelles de Montpellier contient, parmi les mémoires originaux, une note de M. Mathias Duval sur l'emploi du collodion, comme matière à inclusion pour la pratique des coupes microscopiques, et, sous la rubrique Revue scientifique, une soixantaine de pages d'analyses de travaux français récents sur la zoologie, la botanique et la géologie, parmi lesquels il en est un certain nombre se rapportant à la micros- copie. * * Le N° 2 du I er vol. (janvier 1879) de Y American Quarterly Microscopical Journal, contient comme arti- cles de fond : New Rkhopods, by W. S. Barnard, p. 83-85, pi. V11I. — A study of One of ' the Distomes, by C. H. Stowell, p. 85-93, pi. IX. — On the probable error of Micrometrie Measurements, by E. W. Morley, p. 95-97. — Standard Measures ofLenght, by W. A. Ro- gers, p. 97-102. — On the fissure-inclusions in the fibrolitic gneiss of New Rochelle, N Y, by A. A. Julien, (avec figure et pi. X). — The classification of the Algae, by A. B. Hervey, p. 116-122 (à continuer), pi. XI. — The Ampulla of Vater and the Pancreatic Ducts in the Domestic Cals, by S. H. Gage, p. 123-151, pi. XII. — Practical Hints of Preparing and Mounling Animal CCXXVIU SOCIETE BELGE DE MICROSCOP1E. Tissues, by Cari Seiler, p. 151-156. (A continuer.) — Observations on Several. Forms of Saprolegnicœ, by F. B. Hine (suite), p. 156-146. — Classification of the Simplest Form of Life, by B. Eyfert, p. 146-155. Le N° 5 (avril 1879) du même Journal contient comme articles de fond : The Ampulla of Vater and the Pan- creatic Ducts in the Domestic Cat, by S. H. Gage (suite), p. 169-180, pi. XIII, XIV.— A Typical case of Tuber- cular Meningilis, by J. N. Danfortb, p. 180-185, pi. XV. — The formation of the Paraboloid as an Illumi- nator for the Microscope, by F. H. Wenbam (figures), p. 186-191. — The structure of Ophioglossum, by M. Harrington. — A Few Remarks on Angular Aper- ture and Description of a « Universal Apertomeler, » by H. L. Smith, p. 194-205, pi. XVII. — Dubious Forms of Fresh water Algae, by F. Wolle, p. 205- 208, pi. XVIII. — Two Forms of comparators for Mea- sures of Length, by prof. W. A. Rogers, p. 208-220 (figures.) — Praclical Hintson Preparing and Mounting Animal Tissues (suite), by C. Seiler, p. 220-225. — The Simplest Forms of Life, by B. Eyfertb, p. 225-254. * * Le N° 75 (juillet 1879) du Quartcrljj Journal of Mi- croscopical Science contient comme articles de fond : Notes on Some of the Reticularian Rhizopoda of the « Challenger » Expédition, by H. B. Brady, p. 261- 299, pi. VIII. — The Morphologij of the Vertébrale Ol/acloru Organ, by A. M. Marshall, p. 590-510, pi. XIII, XIV. —On the Brain of the Cochroach (Blatta orientais), by E. T. Newton, p. 540-556, pi. XV, XVI. — TheMicrophytes which hâve been fourni in the Rlood, BULLETIN DES SÉANCES. CCXXIX and their Relation ta Discase, by T. R. Lewis, p. 556-404?, pi. XVII et nomb. fig. dans le texte. — Observation on the Glandidar Epithelium and Division of Nnclei in the Skin of the Newt, by E. Klein, p. 404-520, pi. XVIII. — On the Early Development of the Lacer- tilia, etc., by F. M. Balfour, p. 421-450, pi. XIX. — On Certain Points in Anatomy of Peripatus Capensis, by F. M. Balfour, p. 431-473. II. REPRODUCTIONS ET EXTRAITS. Le fascicule 1-2, série II e de la XIII e année de l'An- nuaire de la Société des naturalistes de Modène contient une étude très-développée du docteur C. Bergonzini, sur les bactéries. Après quelques mots sur l'importance attribuée à la théorie parasitaire, pour l'étiologie des maladies, l'au- teur passe à des généralités sur les bactéries et à l'examen des principales classifications. Il adopte à peu de chose près celle de Colin, généralement admise aujourd'hui, bien que, dit-il, elle ne soit guère naturelle, basée comme elle l'est sur la forme d'êtres que tout porte à croire polymorphes. Ensuite il décrit les diverses espèces des genres Micro- coccus, Bacterium, Bacillus, Vibrio, Spirillum et Spiro- chaete. La partie du travail consacrée à la nutrition rend compte de plusieurs expériences intéressantes à ce sujet. Le docteur Bergonzini s'étend assez longuement sur la reproduction des bactéries et ne manque pas de mettre en présence panspermistes et héterogénistes, sans toute- fois se prononcer sur leurs théories. CCXXX SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Après cela on trouve une série d'expériences sur l'ac- tion de divers agents physiques et chimiques, de la cha- leur surtout, sur les bactéries. Les dernières parties du travail sont consacrées aux bactéries des fermentations, à celles des putréfactions, enfin aux relations des bactéries avec les maladies infec- tieuses et les maladies contagieuses. L'auteur termine par les conclusions suivantes : Les bactéries sont des végétaux qui vivent et se repro- duisent surtout dans les liquides organiques en décom- position ou simplement altérés. Leur emplacement taxinomique est jusqu'à présent incertain. Elles peuvent se reproduire par scission et par spores et ont toutes besoin d'oxygène pour vivre. Dans l'état de scissiparité, une température de 50°, la dessiccation, la privation d'oxygène, souvent la putréfac- tion, les tuent. A l'état de spore, elles peuvent résister à une température supérieure à 100" (?) et à la majeure partie des agents qui les tuent à l'étal adulte. Les tem- pératures de 50° à 75° favorisent leur première appari- tion dans les liquides appropriés. La température de 0° s'oppose à leur production, mais une température plus basse encore ne peut les faire périr une fois développées. C'est chose incertaine si les bactéries peuvent se pro- duire par génération sponlanée. Dans les fermentations, et peut-être aussi dans les pu- tréfactions, elles paraissent jouer un rôle important, mais en tout cas moindre que celui qu'on leur attribue ordinairement. Aucun fait bien constaté ne prouve qu'elles soient cause ou agent principal dans aucune maladie. Il en BULLETIN DES SEANCES. CCXXXI existe beaucoup au contraire tendant à prouver que leur apparition dans les maladies seraient seulement un phénomène concomitant. Procès- verbal de la séance du 28 août 1879. Présidence de M. Vanden Broeck , vice-président. Sont présents : MM. Bauwens, Bock, Casse, Coppez, Gravis, Lefèvre, Miller, Prinz, Rutot, Vanden Broeck, et J. F. Cornet, secrétaire. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de la Société Malacologique de Belgique annonçant la mise à la disposition de la Société d'une armoire en chêne destinée à servir de bibliothèque. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des sociétés : Entomologique de Belgique, Malacologique de Bel- gique, Boyale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, de Médecine de Caen et du Calvados, Médico- chirurgicale de Liège , Royale de microscopie de Londres, Belge de photographie, Française de photo- graphie, Impériale des naturalistes de Moscou, Lin- néenne de Bordeaux , Hollandaise des sciences de Harlem , des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne, du Quekett microscopical Club, Impériale zoo- CCXXX11 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. logique de Vienne, Comité géologique d'Italie; des académies : Royale des sciences de Belgique, Royale de médecine de Belgique, Impériale des sciences de Vienne, Royale des sciences de Turin, Impériale des sciences de Saint-Pétersbourg ; des directions : du Musée de l'in- dustrie de Belgique, de Y Atlieneum belge, du Moniteur industriel belge, de la Feuille des jeunes naturalistes, du Botaniska Notiser, du Zoologischer Anzeiger, du Bulletin scientifique du département du nord, du Natu- raliste Canadien, de YEssex institule, de Y American Quarteriy Journal, du Science - Gossip , de la Biblio- graphie médicale belge, de Y Index medicus, du Zeil- sc/irift fur Wisscnscliaftliclie zoologie et de la Revue bryologique. De la part des auteurs : Note sur l'ottrelite, par MM. A. Renard et Ch. De La Vallée-Poussin; des Carac- tères distinetifs de la Dolomite, par M. A. Renard; Alcune parole in riposta al sigr Paolo Petit et / Funglii délia provincia di Roma, par le docteur Matteo Lanzi; Quelques mots sur le quaternaire et Explorations paléontologiques et straligrapliiques aux environs de Tongres, par MM. Vanden Broeck et Rutot; Diluvium et Campinien, par MM. Vanden Broeck et Cogels. La Société vote des remerciements à MM. Renard, Lanzi, Vanden Broeck et Rutot. Proposition du Conseil. Le Conseil propose l'admission, comme membre effectif, de M. le major du génie E. Dusart, présenté par MM. Weyers et J. F. Cornet. BULLETIN DES SÉANCES. CCXXXHI M. E. Dusart est élu membre effectif de la Société. Publications de la Société et Exposition de 1880. 31. Cornet, secrétaire, communique, au nom du Conseil, les résolutions prises par celui-ci au sujet des modifications à apporter dans le mode de publication des travaux de la Société. Après examen des propositions émises par MM. Cornet et Vanden Broeck et énoncées dans les procès-verbaux des 24 avril et 29 mai, le Conseil a cru qu'il convenait de ne prendre pour le moment aucune résolution chan- geant dans son essence le système actuel. M. Vanden Broeck ayant démontré que l'adoption des amendements proposés par lui donnerait lieu à une économie notable et permettrait, tout en laissant subsister les avantages du système actuel, d'équilibrer convena- blement le budget, ces amendements, tels qu'ils se trouvent exposés dans le procès-verbal de la séance du 29 mai, ont été adoptés par le Conseil et seront mis en vigueur dès l'exercice prochain. M. Cornet annonce ensuite que le Conseil a désigné MM. Rutot et Vanden Broeck pour s'occuper des ques- tions soulevées par la participation de la Société à l'Ex- position nationale de 1880. D'autres collègues pourront encore être adjoints à MM. Rutot et Vanden Broeck pour compléter la com- mission qui devra être nommée à cet effet. M. Cornet engage les membres de la Société à envoyer sans retard leur adhésion et à indiquer, en même temps que la surface qu'ils prévoyent devoir occu- CCXXX1V SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. per, la nature des objets qu'ils se proposent d'exposer. Sur la proposition du président, il est décidé qu'une circulaire sera envoyée aux membres à ce sujet. Rapports. M. Cornet présente, au nom de la commission spé- ciale, le rapport sur le projet de dépense de la somme de 1,000 fr. allouée par le gouvernement pour compléter la collection d'instruments. Ce rapport, adopté par l'assemblée, conclut à l'acqui- sition de divers instruments pour la somme de 608 fr. et celle de microphotographies pour projections pour la somme disponible. M. Miller donne lecture de son rapport sur le mé- moire avec planche présenté à la séance du 29 mai der- nier par M. Vanden Broeck, sous le titre : Note sur un modèle simplifié du nouveau système de slide. M. Michelet, second commissaire, ayant fait savoir qu'il adhérait aux conclusions du rapport qui propose l'insertion du mémoire de M. Vanden Broeck dans nos Annales, la Société adopte ces conclusions et vote l'im- pression du travail ainsi que de la planche qui raccom- pagne. Travaux des membres. Le secrétaire effectue le dépôt d'un mémoire présenté par J. Deby sur les apparences microscopiques des valves des Diatomées. L'assemblée désigne MM. Delogne et Gravis pour faire un rapport sur ce travail. BULLETIN DES SÉANCES. CCXXXV L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 6 heures. COMPTE RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE I. REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES DÉPOSÉES A LA SÉANCE. Le Bolletino ciel R. Comitato geologico d'Italia (1878, anno IX) contient, p. 498-518, un article de M. E. Stôhr, intitulé : Sulla posizione geologica ciel tufo et del tripoli nella zona sol fi fera cli Sicilia, con- tenant l'énumération de 115 espèces de Foraminifères rencontrés dans le tuf de Stretto et l'énumération de 109 espèces de radiolaires observés dans le tripoli de Grotte. Cet article est suivi d'un travail de M. Conrad Schwager (p. 519-529 et pi. I), intitulé : Nota su alcuni Foraminiferi nuovi ciel tufo di Stretto presso Girgenti. Le Bulletin de l'Académie royale des sciences de Bel- gique contient (n° du t. LXVII, 2 e sér.) un article de MM. L. Fredericq et Yandevelde : Physiologie des mus- cles et des nerfs du homard (p. 777-797). Voici les con- clusions de ce travail : 1° « 11 paraît y avoir identité complète entre les mus- » clcs du homard et ceux de la grenouille ; 2° » Les nerfs moteurs du homard présentent, au » point de vue physiologique, de grands points de res- » semhlance avec ceux de la Grenouille. La différence » la plus caractéristique consiste dans la lenteur avec CCXXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. » laquelle l'excitation motrice chemine le long des nerfs » moteurs chez le homard (6 m. par seconde chez » le homard; 27 m. chez la grenouille). La propa- » gation de l'excitation motrice éprouve chez le homard » un ralentissement considérante dans les terminaisons » musculaires du nerf moteur. » Le même numéro du Bulletin de l'Académie royale de Belgique contient (p. 797-810, avec pi.) une étude de M. Jules Mac-Leod Sur la structure de la glande de Barder du canard domestique, et (p. 81 1-825) Nou- velles communications sur la cellule cartilagineuse vivante, par M. W. Schleicher. Le n° 7 (juillet 1879) du même Bulletin contient (p. 45-69) une étude de MM. Masquelin et A. Swaen, intitulée : Premières phases du développement du pla- centa maternel chez le lapin. Dans le fascicule 4 du 52 e vol. du Zeitschrif fur Wis- senschaftliche Zoologie, nous trouvons les mémoires suivants, relatifs à la Microscopie : Untersuchungen iïber den Bau und die Entwicklung der Spongien. Siebentc Mittheilung , Die Famille der Spongidae, von F.-E. Schulze (p. 595-060, p. XXX IV- XXXVIII). Typhloscolex Mûlleri W. Burch. Nachtrag und Ergânzung zu : Ueber pelagische Anneliden von der Kïiste der canarisclien Insein, von R.Grcef(p. 601-672, pi. XXXIX). Les n os 5 et 4 du vol. I de Y Index Medicus (Recueil mensuel de littérature médicale) contiennent, sous la rubrique : Microscopie, diverses indications hihliogra- phiques relatives aux derniers travaux parus sur les ap- plications de la Microscopie aux recherches médicales. BULLETIN DES SÉANCES. CCXXXVII Le tome XXXII des Aetes de la Société linnéenne de Bordeaux contient une étude très-intéressante de MM. de Montaugé sur Les ennemis et les maladies de l'huître dans le bassin d'Arcachon. Parmi les végétaux ennemis de l'huître, les auteurs citent le Moussillon (Zostera marina, L.), l'Herbe à per- ruque [Ceramium rubrum, Ag.), le Maerle (Ulva lae- tura, L.), les Conferves {Ceramium diaphanum, Roth), et Cladophora laelevirens, Kg.) et les Diatomacées. Dans les animaux ennemis de l'huître, nous trouvons deux classes : les broyeurs et les perceurs ou parasites. Parmi les broyeurs se trouvent les Crabes (Polybius Ilenslowei, Leach.) et (Carcinus Maenas, Penn.), le Thouy (Carcharias glaueus, Cuv.), la ïere (Trygon pastinaca, Cuv.), la Vieille (Crenilabrus viridis, L.) Parmi les Perceurs et les Parasites, sont rangés le Cormaillot ou Bigorneau perceur (Murex erinaceus, L.), le Cornichon (Massa retieulata), l'Étoile de Mer (Aste- rias rubens, Gmel.), les Crevettes ou Chevrettes et les Pucerons de mer (Palaemon squilla, Edw. et Tali- trus saltator, Edw.), la Moule (Mytilus edulis, L.), les Vers marins (Arenieola piscatorium,Lk.,eic.). Le Cra- quoy ou Polype, les Ascidies, etc. Des détails intéressants sont donnés sur chacun de ces ennemis du précieux mollusque et sur leur mode d'action. La deuxième partie du travail, non moins intéres- sante, est consacrée aux Maladies de l'huître. Le n° 7 de la 2" année (juillet 1879) de la nouvelle série du Bulletin scientifique du Département du Nord contient un article dû à un des internes les plus distin- gués des hôpitaux de Paris et intitulé : A quoi sert le CCXXXVIII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Microscope en médecine? Nous reproduisons plus loin cet article, qui sera lu avec intérêt par nos collègues. Le n° 176 (1 er août 1879) du Science-Gossip contient, sous la rubrique Microscopie, les articulets suivants : Cclls for dry Objects. — Englena (?) viridis and its Bu lied Flagellum. — How to makea Compressorium. Le n° 4 du vol. I de X American Quartcrly Microsco- pical Journal contient : On some Sensory Structures of Young Dog-Fisches, by Prof. S. A. Forbes. — Spores, ivith a Spore Glossary, by D r C. L. Anderson. — The Oblique Illuminator, by D' J. J. Woodward. — Des- cription of a New Apcrtometer, by T. H. Wenham. — Measuring Aperture, by J. Mayall. — Aperturc, An- gular and Numerical, by R. Hitchcock. — The Struc- ture of the Tangue of tlie Honey-Bec, by J. D. Hyatt. — Oleomargarine and Butter, by Thomas Taylor. — Hâclid vs. Virchow, by Walter C. Hubbard. — The Origin and Death of the Bcd-Blood-Corpuscle, by Prof. C. H. Stowcll. — The Simplest Forms of Life, by B. Eyferth. Le n° de juillet 1879 du Bulletin de la Société fran- çaise de Photographie contient une Notice de M. G. Re- naud sur les Projections considérées comme moyen d'enseignement. Nous reproduirons prochainement cet article, extrait lui-même des Instructions pratiques sur l'emploi des appareils à projection de M. Molteni. Le n° d'août 1879 (vol. II, n° 5) du Journal de la Société royale de microscopie de Londres contient les articles de fond suivants : On a nciv Spccies of excavating Sponge (Alcclona Millari) and on a new Spccies of Bhaphidothcca (R. afïinis), by H. J. Carter, p. i95-ï99, 2 pi. BULLETIN DES SÉANCES. CCXXX1X On a new Gémis of Foraminifera (Aphrosina informis) and Spiculation of an unknown Spongc, by H. J. Carter, p. 500-502, 1 pi. On the Theory of IUuminating Apparatus employée ivith the Microscope, Part 1, by D 1 H. E. Fripp, p. 503- 5-29. Observations on Notomala Wernecki and its Parasi- tisrn in the Tubes of Vauchcria, by Prof. Balbiani, p. 530-544, 1 pi. Le recueil analytique des recberebes courantes sur les Invertébrés, la Cryptogamie, la Microscopie, etc., comprend, comme d'habitude, plus d'une centaine d'ar- ticles et forme une véritable mine de renseignements sur toutes les branches des sciences naturelles dans leurs rapports avec la Microscopie. II. ANALYSES ET REPRODUCTIONS. Nous extrayons du n° de juillet 1879 du Bulletin scientifique du Département du Nord l'intéressant article suivant : A quoi sert le mieroseope en médeeiiie. « A quoi sert le microscope? A quoi bon toute cette histologie pathologique? A quoi cela mène-t-il? Ce n'est pas de la médecine, ces recherches sont futiles, dignes seulement des laboratoires, elles n'exercent aucune influence sur la clinique; ce n'est pas là de la saine pra- tique. » Que de fois n'entend-on pas répéter, par des prati- ciens en renom, ces paroles ou d'autres semblables. CCXI. SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. Persuadés de l'inutilité du microscope en médecine, ils s'efforcent de détourner les élèves de ces études qu'ils considèrent comme purement théoriques, de jeter le discrédit sur l'histologie pathologique. L'on pourrait, et ce serait peut-être le plus sage, leur répondre que le microscope se défend assez par lui-même. Le nombre et l'importance des travaux d'histologie pathologique publiés dans ce siècle, la haute valeur des médecins qui s'oc- cupent d'anatomie pathologique, le nombre toujours croissant des élèves et des laboratoires, la disparition lente, mais fatale, dans le personnel de l'enseignement médical, de l'école qui, repoussant comme nuisible et inutile la médecine scientifique, porte le nom, aussi prétentieux qu'usurpé, d'école des « cliniciens purs » suffiraient pour répondre à leurs objections. Mais dis- cutons sans parti pris et recherchons quels sont les ser- vices rendus à la médecine par l'histologie pathologique. Et d'abord, plaçons-nous à un point de vue absolu- ment pratique; commençons par cette histologie d'usage journalier, au point de vue clinique, histologie patho- logique que tout praticien doit connaître, dont il ne peut se passer sous peine d'errer dans ses diagnostics. C'est à elle que nous devons la connaissance d'une foule de maladies cutanées parasitaires, dont la nature, et partant le traitement rationnel, avaient échappé jusque-là aux dermatologistes. C'est elle qui, après nous avoir montré la nature parasitaire des teignes, sert tous les jouis, dans nos hôpitaux, au diagnostic de leurs variétés. C'est au microscope que nous sommes souvent obligés de recourir dans le diagnostic des différents exsudais des stomatites, des angines. C'est lui qui a découvert le champignon du muguet. BULLETIN DES SÉANCES. CCXLI De quel secours n'est-il pas clans l'examen des liquides de l'organisme? Il nous montre les altérations du sang de la leucocythémie, des anémies (numération des glo- bules), il nous montre la bactéridie du charbon, ouvrant ainsi un horizon des plus vastes sur l'origine et la nature des maladies infectieuses. Grâce à lui, le médecin reconnaît dans l'urine des débris épithéliaux, du pus, du sang, du sperme, des cylindres de variétés diverses, dont l'importance pronostique et diagnostique est sou- vent considérable. Souvent, comme le fait remarquer M. Dieulafoy, le liquide pleurétique semble de bon aloi, il est clair, non purulent. Seul l'examen microscopique pourra permettre de se prononcer sur l'avenir de la pleurésie. Si, en effet, le nombre des globules rouges dépasse un certain chiffre, on pourrait, d'après cet auteur, affirmer que la pleurésie, séreuse pour le moment, deviendra purulente et agir en conséquence. La présence de grandes cellules à plusieurs noyaux dans du liquide péritonéal, pleuré- tique, a parfois permis de présumer la nature cancéreuse de l'affection dont était atteinte la séreuse. On tend de plus en plus, et avec raison, à utiliser le microscope dans l'études des crachats. Il arrive que le médecin le plus expérimenté hésite à poser un diag- nostic entre une bronchite chronique simple et une tuberculose pulmonaire; l'existence de fibres élastiques dans les crachats permettra d'affirmer qu'il y a destruc- tion du parenchyme pulmonaire, que l'on a affaire à une phthisie. La présence de cristaux d'acides gras dans les crachats annoncerait une affection pulmonaire grave. Grâce au microscope nous pourrons reconnaître par- ie CCXL11 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CKOSCOPIE. fois l'origine hydatique de certains liquides, la présence de sarcines dans les vomissements, distinguer des tophus de simples boutons d'acné (ce qui n'est pas toujours facile), reconnaître la nature de certaines taches, etc., en médecine légale, où il joue un si grand rôle. Nous ne ferons que rappeler le rôle important que joue le microscope dans le diagnostic des tumeurs ; il n'est plus de chirurgien sérieux qui le mette en doute. Les faits ne manquent pas où l'examen histologique d'une tumeur a été du plus grand secours au chirurgien au point de vue du pronostic de ladite tumeur, de l'in- dication et de la contre-indication de l'opération. Nous nous bornerons à rappeler un cas dont nous fûmes témoin et qui nous semble très-instructif : Une jeune femme de moeurs faciles entre dans un service spécial pour une vaginite. Quelque temps après son admission, il lui vient à la cuisse une tumeur présentant tous les caractères d'une gomme cutanée à la période de crudité et considérée comme telle par le chef de service, syphi- liographe des plus expérimentés et des plus connus. On allait instituer le traitement anti-syphilitique, il était même déjà commencé, quand le chef de service eût l'idée d'ouvrir cette tumeur, dont le centre s'était légè- rement ramolli. Il en sortit une sorte de bourbillon, absolument semblable comme aspectà celui d'une gomme et l'origine spécifique de la tumeur paraissait donc cer- taine, quand l'examen histologique vint montrer que le prétendu bourbillon n'était autre chose que de la matière sébacée. On avait donc eu affaire à une sorte de kyste sébacé et non à une gomme cutanée. L'examen histolo- gique seul évita à la malade un traitement antisyphili- tique énergique. BULLETIN DES SÉANCES. CCXL11I Mais les services que rend tous les jours le microscope dans la pratique de la clinique ne sont que bien peu de chose en comparaison des services qu'il a rendus, qu'il rend et qu'il est appelé à rendre en pathologie, dans la compréhension de la nature et de l'évolution des mala- dies. Le temps n'est plus, en effet, où l'on étudiait les symptômes d'une façon abstraite, où l'on considérait la maladie comme un être indépendant, sorte de parasite attaché à notre organisme. Vésale, Morgagni, Bichat, Corvisart, Laënnec, Broussais, Andral, Bouillaud, Cru- velhier, Magendie, Rayer et tant d'autres maîtres, ont montré d'une façon éclatante qu'il ne peut y avoir d'alté- ration dans les fonctions des organes sans une lésion correspondante de ces organes, que les symptômes n'étaient que l'appel des organes souffrants. Comment, en effet, comprendre une affection, si l'on n'en connaît les lésions; comment en comprendre les symptômes, les rapports qui unissent ces différents symptômes, la marche, les terminaisons, si l'on ne con- naît l'évolution de ces lésions. C'est la gloire de l'école anatomo-pathologique d'avoir en quelque sorte transformé la médecine, d'avoir conduit (comme le dit si bien le professeur Charcot), le médecin à « penser anatomique- ment. » En effet, quoi qu'en puisse dire l'ennemi le plus acharné de l'anatomie pathologique, quand il pose un diagnostic il doit avoir présente à l'esprit la lésion anatomique, il pense anatomiquement. Mais il ne suffit pas de décrire les modifications super- ficielles des organes, on ne peut se borner à l'étude de leurs altérations macroscopiques ; il faut pénétrer plus profondément, il faut suivre le processus pathologique dans ses lésions intimes, le localiser plus spécialement CCXL1V SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. sur tel ou tel système, le poursuivre jusque dans les éléments constitutifs de tissus, jusque dans la cellule. c< Ainsi fut créée par l'histologie, comme le remarque le professeur Charcot, une sorte de physiologie patho- logique intime, qui suit, pour ainsi dire, pas à pas, dans chaque partie élémentaire, les diverses phases du processus morhide et saisit jusqu'aux moindres transi- tions qui relient l'état pathologique à l'état sain. » C'est encore à l'histologie pathologique que nous devons ce fait considérahle, si bien mis en relief par J. Mùller, Virchow, Corail et Ramier, que la maladie ne crée aucun tissu, aucun élément, qui n'ait son type dans un tissu de l'organisme, à l'état embryonnaire ou à l'état de développement complet (d'où une admirable classification des tumeurs); que les éléments cellulaires d'un tissu nouveau dérivent d'anciens éléments cellu- laires de l'organisme. Enfin, fait d'une importance capitale, avec l'histologie pathologique, on vit se réduire notablement le nombre des maladies dites : « sine matéria. » Il est une branche de la pathologie, branche d'ail- leurs des plus importantes, sur laquelle l'histologie pathologique a jeté la plus vive lumière; nous voulons parler des affections du système nerveux. Que d'affec- tions du système nerveux étaient, avant leur étude histo- logique, rangées dans les « maladies sine malcria! » Duchenne de Boulogne, l'école de la Salpétrière, avec Charcot et Vulpian, créent, pour ainsi dire, toute la pathologie médullaire. MM. Charcot et Bouchard décou- vrent les anévrysmes miliaires, M. Magnant montre les lésions de la paralysie générale, affection qui, comme ses autres sœurs de la pathologie mentale, avait été con- BULLETIN DES SÉANCES. CCXLV sidérée si longtemps comme un véritable type des maladies « sine materia . » MM. Vulpian, Ramier, dans une série de recherches des plus importantes, exposent les phénomènes succédant aux sections nerveuses. Tout récemment, un jeune et savant histologiste, M. Déjerine, montre que la paralysie diphtéritique provient d'une lésion des cellules des cornes antérieures de la moelle. Mais il nous faudrait des pages pour énumérer les services rendus par l'histologie a la pathologie nerveuse. C'est encore au microscope que nous devons des ren- seignements plus précis sur les maladies du foie et surtout sur celles du rein. N'a-t-on pas, avant des recherches anatomiques sérieuses, considéré la phthisie laryngée comme une affection purement inflammatoire et non tuberculeuse par elle-même, produite sous l'in- fluence de l'irritation, par les crachats, de la muqueuse laryngée? De pareilles erreurs nous étonnent mainte- nant, et pourtant elles ont été commises par des hommes comme Trousseau et Belloc, par Cruvelhier lui-même; le microscope n'était pas là pour les guider, pour leur montrer la nature tuberculeuse de la lésion. Grâce à l'histologie, l'étude de la tuberculose pulmo- naire a fait un grand pas avec les remarquables travaux de MM. Thaon, Graneher, etc. C'est elle qui a permis à Grancher de prouver anatomiquement que la phthisie pouvait guérir, qu'elle guérissait même souvent, de montrer comment, dans ce cas, évoluait le tubercule et quelles étaient les principales conditions de cette évolu- tion favorable. C'est le microscope qui nous a donné des connais- sances plus exactes sur les prétendues métastases viscé- rales de la goutte en en décrivant les lésions anatomo- CCXLVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. pathologiques et en montrant que les cas de mort subite, survenant chez les goutteux, devaient être attribués le plus souvent à l'urémie ; c'est lui qui a éclairci le mode de formation des abcès métastatiques, l'absorption des néoplasmes par les lymphatiques, qui nous a montré les embolies capillaires. Terminons en rappelant les services qu'a rendus le microscope dans l'étude des maladies des os; rachitisme, tumeurs blanches, périostites phlegmoneuses diffuses et ostéomyélites, etc. Tout récemment encore des travaux des plus importants entrepris en Allemagne, puis en France, nous apprenaient que les morts subites surve- nant à la suite d'une fracture et expliquées jusqu'ici par le fameux « choc chirurgical », ce qui en somme ne veut rien dire, provenaient d'embolies graisseuses qui, parties du foyer de la fracture, allaient remplir les capillaires des différents viscères, du poumon en parti- culier. Tels sont, mais énumérés d'une façon très-incomplète, les services rendus par l'histologie à la médecine. Elle est appelée à en rendre davantage encore. Nous nous croirons donc en droit de répondre à ceux qui nous diront si spirituellement en parlant de l'histo- logie : « De quoi cela guérit-il ? » que le microscope en lui-même n'est pas un médicament, qu'il n'a pas de pro- priétés spécifiques, mais qu'il guérit par cela même qu'il a contribué pour une puissante part à la connaissance de la nature, de la marche, de l'évolution des maladies. Si donc les « praticiens » dont nous parlons, sans pour cela déroger à leurs principes et, oh! horreur! faire de la médecine scientifique, veulent bien admettre que la connaissance de la nature d'une maladie et de son évo- BULLETIN DES SÉANCES. CGXLVIt lution leur est de quelque utilité dans l'indication d'un traitement rationnel qu'ils devront appliquer à leur patient, il nous semble que ledit patient et le médecin qui le soigne devront bien quelque reconnaissance à ce pauvre instrument si méprisé. Prenons exemple sur nos voisins d'Outre-Rbin, ne repoussons pas de parti pris un mode d'enseignement si bien entendu et si bien développé cbez eux ; nous avons trop vu, bêlas! il y a quelques années, à quoi nous menait le mépris systématique des étrangers. Il ne faut pas que le même fait se produise en médecine. N'ou- blions pas que les Allemands, après avoir fait d'abord uni- quement de la médecine scientifique, de la médecine de laboratoire, grâce à leur solide mode d'enseignement, menacent de nous dépasser même au point de vue cli- nique. On ne saurait donc trop le répéter, la médecine ne peut se passer de l'histologie, car sans anatomie patho- logique, toute étude médicale sérieuse est impossible. Aussi, au lieu de détourner les élèves des laboratoires, faut-il les pousser vers ces lieux de travail, où ils com- plètent, par des études anatomo-pathologiques, les con- naissances qu'ils ont acquises le matin au lit du malade. Qu'ils prennent eux-mêmes, sous la direction des chefs de clinique et des chefs de services, des observations complètes, qu'ils suivent le malade depuis son entrée à l'hôpital jusqu'à la table de l'amphithéâtre, que là ils recueillent avec soin la leçon que leur fera un anatomo- pathologiste sérieux et ayant le temps d'enseigner; qu'ils aillent ensuite étudier au laboratoire les lésions intimes de la maladie. C'est ainsi seulement qu'ils connaîtront leur pathologie de visu, qu'ils apprendront à se rendre ÇCXLVHI SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. compte des faits par eux-mêmes, qu'ils feront un véri- table travail pratique et non une œuvre de perroquets, en apprenant par cœur des ouvrages d'anatomie patho- logique sans en comprendre le premier mot. C'est ainsi seulement qu'ils deviendront des médecins sérieux, connaissant à fond les symptômes et l'évolution des maladies, de véritables praticiens, et, disons-le, de vrais cliniciens, non en parole, mais en fait. » Séance du 25 septembre 1899. Présidence de M. le D r Ledeganck, président. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Colbeau, Delogne, Ledeganck, Michelet, Miller et J. F. Cornet, secrétaire. Le procès-verbal de la séance du 28 août est adopté. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Certes, inspecteur des finances de la ville de Paris, accompagnant une série de prépara- tions d'infusoires. Une lettre de M. Saint Quentin, officier supérieur du génie, pensionné à Douai, exprimant le désir de faire partie de la Société, comme membre effectif. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des sociétés : BULLETIN DES SÉANCES. CCXL1X Emtomologique de Belgique, Malacologique de Bel- gique, Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, de médecine de Caen et du Calvados, Royale de botanique de Belgique, Belge de photographie, Française de photographie, Adriatique des sciences naturelles de Trieste,Cryptogamique d'Italie ; des aca- démies : Royale des sciences de Belgique, Boy a le de médecine de Belgique, Royale des sciences de Turin, Institut national genevois; des directions : du Musée de l'industrie de Belgique, de VA theneum belge, du Moni- teur industriel belge, de la Feuille des jeunes naturalis- tes, du Botaniska Notiser, du Zoologischer Anzeiger, du Naturaliste Canadien, du Science-Gossip, de la Biblio- graphie médicale belge, de la Revue Bryologique. De la part des auteurs : Grevillea, n os 58 à 42, offerts par M. Th. Curtis, à Londres; Sobre le Elephantiasis do Escroto, par le docteur Manoel de Assis Sousa de Bahia ; Nuovi denti fossili di Notidanus , par M. Roberto Lawley; Diatomeen der Torfmoore, par M. K.-J. Taranck, à Prague; On the Paléozoic Bivalved Entomostraca , n os XII et XIII , par le professeur T. Rupert Jones F. R. S. ; Le Schinzia alni Woronine, par M. A. Gravis; Sur la meilleure disposition à donner aux caisses et cartons des collections d'insectes, par M. Preudhomme de Borre. La Société vote des remerciements à MM. Curtis, doc- teur Manoel de Assis Sousa, Roberto Lawley, Taranck, Rupert Jones, Gravis et Preudhomme de Borre. Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission , comme membre CCL SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. effectif, de M. Saint Quentin, présenté par MM. Lede- ganck et Cornet. M. Saint Quentin est élu membre effectif de la Société. Lecture de rapports. M. Delogne, donne lecture du rapport ci-dessous : Sur les apparences microscopiques des valves des diatomées, par M. Deby. Rapport de C. H. Delogne, 1 er commissaire Dans le tome III des Bulletins de la Société, M. Deby a publié une notice intitulée : Ce que c'est qu'une dia- tomée. Cette notice qui, soit dit en passant a été haute- ment appréciée, ne pouvait donner que les généralités se rapportant à la structure et au développement de ces curieux petits végétaux. Plusieurs points d'une interprétation difficile ou même controversée ont, faute d'espace, été omis. L'auteur se propose de les reprendre en particulier dans une série d'études qui promettent d'être fort intéressantes. La l ro étude porte sur le genre Nizschia. Je crois inutile de l'examiner en détail. Je dirai seulement qu'on y remarque aussitôt la méthode et la clarté qui distinguent les écrits de l'auteur. Il me permettra cependant d'observer qu'il eût pu être plus complet dans l'indication des auteurs qui ont écrit sur ce genre et qu'il aurait rendu son étude plus pra- tique en désignant les espèces qui présentent certains cas particuliers qu'il examine. BULLETIN DES SÉANCES. CCLI Je propose donc à la Société de voter l'impression dans ses Mémoires du nouveau travail de M. Deby, sur les apparences microscopiques des valves des Diatomées. M. Gravis se ralliant à ce rapport, les conclusions sont mises aux voix et adoptées. Travaux des membres. M. Cornet, présente au nom de M. Prinz, empêché d'assister à la séance, un mémoire avec planche colo- riée, sur les produits de décomposition des bronzes antiques. L'assemblée désigne MM. Renard et Rutot pour présenter un rapport sur ce travail. Le restant de la séance est consacré à l'examen d'une série de préparations histologiques achetée récemment à Paris, par M. Michelet. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 9 1/2 heures. Assemblée générale annuelle «lu 1<5 octobre 1879. Présidence de M. le D r K. Ledeganck, président. Présents : MM. Bauwens, Delogne, Gravis, Leclercq, Ledeganck, Miller, Vanden Broeck et J. F. Cornet, secrétaire. CCLI1 SOCIÉTÉ BIÏLGR 1>E MICROSCOP1R. M. le docteur Ledeganck, président, donne lecture du rapport ci-dessous : Messieurs, Nous venons vous présenter, selon l'usage établi, le rapport annuel sur la situation de la Société. Laissant à notre honorable trésorier le soin de vous faire le compte détaillé de notre situation financière, nous nous proposons de vous exposer les comptes moraux de la Société, pour l'exercice annuel qui vient de s'écouler. Au moment où vous me fîtes l'honneur de m'appeler au fauteuil présidentiel, la situation de la Société était prospère. Le nombre des membres qui, à l'époque de la fondation était de 52, s'était élevé progressivement à 158, nombre considérable, que nous fit connaître dans son rapport de fin d'année, et aux applaudissements de l'assemblée, mon honorable prédécesseur M. Michelet. Nous sommes heureux de vous annoncer que la pro- gression ne s'est pas ralentie pendant l'année sociale qui vient de finir et que le chiffre actuel est de 150. En cinq ans, le nombre est triplé. Ces 150 membres se subdivisent comme suit : Honoraires ... 9 Effectifs. ... 97 Correspondants . 82 Associés ... 12 TscT BULLETIN DES SÉANCES. CCMII Les mutations se sont effectuées : En moins .- par le décès d'un membre effectif, le regretté collègue Morton Alport. . 1 par la démission de 6 membres effec- tifs 6 par la démission d'un membre associé. 1 Nomination de 2 associés , comme effectifs 2 En plus : Nomination d'un membre correspondant. 1 — de membres effectifs . 19 — de 2 membres associés . . 2 ~22 Ce qui fait une différence en plus de 12 membres. A la fin de l'année 1878, la Société se trouvait en relations d'échange avec 77 Sociétés scientifiques. Aujourd'hui ce nombre s'élève à 100. Nous sommes heureux de vous signaler cet indice de prospérité croissante, et nous nous empressons de payer ici notre juste tribut de gratitude à ces nombreux corps savants qui nous honorent de leur bienveillante confra- ternité. Parmi les travaux de nos membres, nous signalerons spécialement : Un travail sur la fulgurite de Tourrines-la-Grosse, par M. A. Renard; Un travail sur un slide nouveau, par M. E. Vanden Broeck; Un travail sur les apparences des valves des dia- tomées, par M. J. Deby; CCL1V SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Un travail sur la décomposition des bronzes antiques, par M. W. Prinz. Quant aux travaux parus au Bulletin mensuel, les voici dans leur ordre d'apparition : 1° Rapport, par M. Delogne, sur un travail du doc- teur Matteo-Lanzi « le Thalle des Diatomées. » 2° Note, par M. Renard, sur l'examen microscopique de la fulgurite et de quelques produits de fusion des matières quartzeuses ; 3° Note sur quelques diatomées, par M. F. Kitton, membre correspondant; 4° Exposé de la question des granulations palpébrales, par les docteurs Coppez et Ledeganck ; 5° Un mot sur les Grégarines, par M. Foettinger ; 6° Notes de micrographie, par M. Van Heurck; 7° Rapport sur les préparations micrographiques de M. le docteur Zimmerman, par le docteur Ledeganck; 8° Les diatomées terrestres, par M. Julien Deby ; 9° Note de M. Cornet, sur le microtome de Rivet; 10° Communication de M. Renard, sur les sédiments des mers profondes rapportés par l'expédition du Chal- lenger; 11° Rapport, par M. Renard, sur la collection de roches offerte par M. Boecker; 12° Note, par M. Renard, sur les microlithes des schistes cristallins ; 15° Compte-rendu, par M. Cornet, de l'ouvrage du professeur Exner : « Guide de l'examen microscopique des tissus animaux. » Toutes ces communications, d'un intérêt incontestable, ont contribué à mitiger la sécheresse et la monotonie inévitables dans une série de bulletins qui n'ont d'autre BULLETIN DES SÉANCES. CCLV but que de tenir les membres au courant de tout ce qui concerne le ménage intérieur de la Société. Des accroissements considérables se sont faits dans notre bibliothèque, ainsi que dans nos collections d'instruments et de préparations. Parmi ces dernières nous citerons : 1° Une collection de 48 préparations, offertes par le docteur Zimmerman, presque toutes relatives aux Cham- pignons microscopiques ; 2° Une série de préparations pétrographiques, offertes par le docteur Boecker ; 3° Une série de préparations de diatomées, offertes par M. Mauler ; 4° Une série de préparations d'infusoires, offertes par M. Certes. Toutes ces préparations ont été examinées avec soin par des membres de la Société, qui ont fait leurs rap- ports en séance ordinaire, ou les ont transmis au comité de rédaction pour être insérés au bulletin. Notre bibliothèque s'est enrichie de dons nombreux. Nos principaux donateurs ont été MM. Senoner, Guinard, Chassagnieux, Huberson, Cleves, Wallich, Nordstedt, Cornu, Moeller, Herpain, Provencher, Abbé, Zimmerman, Kitton, Pelletan, Ward, Renard, Ardis- sonne, Delasaulx, Vanden Corput, Lefèvre, Miquel, Fletcher, Deman, Dawson, Certes, Jabez Hogg, Berthelin, Blankenhorn, Schiffers et Firket. Des remercîments ont été votés aux auteurs de ces différents envois. Nous réitérons l'expression de notre reconnaissance à tous ceux qui, par l'envoi de leurs travaux, ou de leurs préparations ont contribué à enri- chir notre dépôt scientifique. CCLVI SOCIETE BELGE DE MICR.OSCOP1E. 1! me resterait à vous donner un aperçu succinct de notre situation financière, mais je préfère laisser cette partie de ma tâche à notre honorable trésorier qui vous donnera tout à l'heure le détail de nos recettes et de nos dépenses pendant l'année écoulée, ainsi que nos prévisions budgétaires. Terminons par un coup d'oeil rétrospectif sur les pé- ripéties que la Société a traversées durant l'exercice 1878-1879. Pour autant que nos souvenirs sont fidèles, la Société n'a pas connu de jours mauvais. Les Parques ne nous ont pas été trop cruelles : sur 150 membres dont se composait notre Association, un seul nous a été enlevé; par contre 12 associés nouveaux sont venus se joindre à nous. Une modification apportée aux statuts, par suite de justes revendications de notre zélé secrétaire dont la besogne était devenue de plus en plus absorbante, est venue rehausser l'éclat des fonctions de ce dernier, par l'adjonction de trois secrétaires-adjoints, dont un faisant office de bibliothécaire et de conservateur. Nous avons eu le bonheur d'être mis en possession d'un nouveau local où nous sommes enfin chez nous, faveur qui a été complétée par la mise à notre dispo- sition d'un beau meuble en chêne qui servira de biblio- thèque. Nous avons obtenu fr. 1500 de subsides, dont 1000 pour achat d'instruments et 500 pour abonnements de l'État au volume IV de nos Annales. Ce dernier chiffre, personne ne le contestera, n'est pas en rapport avec les lourdes charges qui pèsent sur notre caisse du chef de frais d'impression. Nous nous entendrons avec les mem- BULLETIN DES SEANCES. CCLVH bres du conseil à l'effet de multiplier les démarches pour obtenir l'augmentation de ce subside. Après bien des retards, nous avons pu distribuer à chaque membre le diplôme si longtemps attendu et dont nous devons l'exécution définitive au talent remarquable de M. Van Zeverdonck. Nous avons eu l'occasion de témoigner à l'artiste éminent, au nom de la Société, toute notre gratitude pour son précieux concours, lors- qu'aux agapes fraternelles qui nous réunissent tous les ans, nous eûmes l'honneur de siéger à ses côtés. Enfin, Messieurs, le gouvernement a fait bon accueil à nos offres de participation à la grande manifestation nationale de 1880. Votre président actuel, à qui vous avez confié le mandat de délégué, a été installé dans ses fonctions auprès du comité directeur, et constamment tenu au courant, par le secrétaire-général, M. Buis, de tout ce qui touche aux intérêts de nos futurs exposants. Nous lui en témoignons ici notre vive reconnaissance. Et puisque nous sommes amenés à vous parler de l'Exposition, permettez-nous, Messieurs, de terminer par un appel pressant au bon vouloir de tous, en vue de la réussite de la Fête nationale qui se prépare. Certes, nous sommes les premiers à rendre hommage à tous ceux qui ont participé d'une manière quelconque au dé- veloppement de la Société. Parmi ceux-ci, il en est un, notre vaillant secrétaire, qui fut le premier sur la brèche pour mettre l'œuvre en mouvement, et qui est encore aujourd'hui l'ouvrier de la dernière heure, sans que jamais son dévouement à la Société se soit un instant démenti. (Applaudissements.) A côté de lui, plusieurs de nos collègues ont fait preuve de zèle en fournissant de remarquables travaux à nos publications. Toutefois, 17 CCLVIII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Messieurs, il est un aveu que nous pouvons sincèrement nous faire entre nous : c'est que la Société belge de Microscopie n'a pas encore donné la pleine mesure de ses forces, et que, pour elle, l'occasion de se faire connaître au public ne s'est pas présentée jusqu'ici. Aujourd'hui qu'une occasion unique nous est offerte, mettons nous à l'œuvre, faisons un commun effort, utilisons nos apti- tudes diverses et par l'union de ces forces convergentes, tâchons d'arriver à un résultat qui soit digne de la noble Science dont nous sommes les adeptes convaincus, et qui nous réserve, si nous le voulons , aux assises solen- nelles de la Patrie en fête, une place d'honneur parmi les pionniers de l'intelligence ! (Applaudissements pro- longés.) M. Bauwens donne lecture du rapport ci-dessous : Messieurs, J'ai l'honneur de vous rendre compte de nos recettes et de nos dépenses durant l'année sociale 1878-79. Nos recettes, durant cet exercice, se sont élevées à fr. 5,875 45 y compris une somme de mille francs, reçue du Gouvernement pour achat d'instruments. Et pour dépenses, à fr. 3,078 (35 Ce qui donne un r boni de . . . . fr. 1,552 90 mais en déduisant de cette somme ce que la Société doit pour solde de 4 e volume de nos annales et les frais du 5 e volume, savoir fr. 2,562 12 notre situation ne vous paraîtra plus aussi favorable, car nous trouvons un déticit de fr. 1 ,229 22 BULLETIN DES SÉANCES. CCHX Réprimant notre zèle, diminuant quelque peu les dépenses dans nos publications et confiants dans l'avenir, nous avons néanmoins formé un projet de budget pour 1879-80; nous espérons, messieurs, que voudrez bien lui donner votre approbation. Grâce à l'accroissement du nombre de nos membres ainsi que des subsides que le Gouvernement voudra bien continuer à nous octroyer, nous travaillerons à équilibrer nos recettes et nos dépenses. Le projet de budget est adopté. L'assemblée fixe au dernier jeudi de chaque mois le jour des assemblées mensuelles. Nomination des membres du conseil. Nomination d'un vice-président en remplacement de M. Julien Deby, résidant à l'étranger. M. le docteur H. Van Heurck, est nommé vice- président. MM. Cornet, Bauwens et Casse, sont respectivement élus : secrétaire, trésorier et membre du conseil. L'assemblée exprime ses regrets unanimes de ne pouvoir comprendre au nombre des dignitaires élus, notre honorable collègue, M. Julien Deby, qu'une absence à long terme à l'étranger, tient éloigné de nos travaux. Résidant parmi nous, l'honorable collègue eut été, sans aucun doute, unanimement appelé au fauteuil de la vice-présidence. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à t w 2 1/4 heures. COMPOSITION DU CONSEIL ADMINISTRATIF POUR L'EXERCICE 1879-1880. M. le docteur K. Ledeganck, Président. M. le docteur H. Van Heurck, Vice-Président. M. E. Vanden Broeck, M. J. F. Cornet, M. L. M. Bauwens, M. le docteur Casse, M. Leclercq, M. H. Miller, M. A. Kutot, Id. Secrétaire (1), Trésorier. Membre. Id. Id. Id. (1) Secrétariat, chaussée de Wavre, 259, IxcUes-Bruxelles. Il LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ LISTE GENERALE des MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE AU i"2 OCTOBRE 4879 Membres honoraires. MM. Barnes, J. K., docteur, chirurgien en chef de l'armée des États- Unis, à Washington. Jabcz Hogg, docteur, 1, Redfort square, London. Jones, Rupert, prof. F R S. Fosse bank West-Camberley, Surrey (Angleterre). Kaiser, E., docteur, 27, Fricdenstrasse, Berlin. Lawley, Roberto, à Monteechio, près Pontedera, Italie. Smith, H. E., prof. Hobart Collège, àGeneva N. Y. (États-Unis). Sorby. Broomfield (Sheffield). Ward, R. H., directeur de PAmerican Naturalist , Troy New York (États-Unis). Woodward Col., D r médical staff U S. Army, Washington (États Unis). Alembres correspondants. MM. Andrews, R R, I» [) S. Braille square, Cambridge Classa). Archer, William, F R S. Dublin. Bieler, président de la Société vaudoise des sciences naturelles, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse). Boecker, docteur, Welzlar. Bionte, rev. J. H. C, correspondant secrelary lo the Agassiz Institule, Sacramento (Etats Unis). BULLETIN DES SEANCES. CCLXV MM. Cox, C. F., Grand Central dépôt, room, 43, New York city (États-Unis). Crosier E S, M D, Louisville Ky. (États-Unis). Curlis, Thomas, membre de la Société royale de Microscopie, 244, High Holborn Londres. de Castracane, abbé, Comte François, Rome. de Man, docteur J.-G., Leyde (Pays-Bas). Dod A P., 279 i[a, Main street, Memphis (Etats-Unis). Guîoard, E., Montpellier. Harrisson, docteur W. G,, (i9, Centre street, Baltimore (Etats- Unis). Heerstein, Maurice. Hunt, J. Gibbons. M D, Philadelphie (Etats-Unis). Kingdon, J. B. Kinne, C Mason, 42-2, California street, San Francisco, Cal. (Étais-Unis). Kitton, Frédéric, Norwich (Angleterre). Lanzi, docteur Matleo, Rome. Lockwood, rev. Samuel, Ph. D., New Jersey (Étals-Unis). Mauler, E., Travers (Suisse). Oliver, docteur O.-C, 508. W Congres street, Chicago, (États- Unis). Kosenbusch, professeur de minéralogie à l'université de Wurtz- bourg. Senoner, docteur, bibliothécaire de l'Institut I, R, géologique d'Autriche, 3, SchOltelstrasse Leopolstadt. Vienne. Stevenson W C, 182b, Green street, Philadelphie, Pens (États-Unis). Stidham Rev. J F, Colombus Ohio (États-Unis). Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut royal des sciences, Palais ducal, à Venise (Italie). Van Brnyssel, consul général de Belgique à la Nouvelle Orléans (États-Unis). Von Lasaulx, professeur de minéralogie à l'université de et à Bi eslau Ward, James W., Buffalo (Etats-Unis). Zimmerraann, 0. E. R., docteur, Chemnitz (Allemagne). Zirkel, Ferdinand, professeur de minéralogie à l'université de Leipzig. CCLXVI SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. Membres effectifs (1). MM. Araujo, Silva, docteur en médecine, 5, rua directo do Com- mercio, Bahia (Brésil). Barrow, directeur du bureau Veritas, 85, rue Royale Sainte- Marie, Saint-Josse-ten-Noode. * Bauwens, L. M., receveur des contributions, Koekelberg. Blankenhorn, Adolphe, docteur, Carlsruhe (Allemagne). Blavy, Alfred, avoué licencié, rue Barallerie, Montpellier (France). * Bommer, J. E., professeur à l'Université, rue de la Chancel- lerie, 18. Bruxelles. * Carpentier, docteur, professeur à l'Université, place de la Chan- lerie, Bruxelles. * Casse, J., docteur, rue Saint-Michel, il, Bruxelles. Charles, E., rue Joseph II, 49, Bruxelles. ' Chalon, Jean, professeur de sciences naturelles, Namur. Colbeau, Emile, rue d'Orléans, 41, Ixelles. * Colbeau, Jules, rue d'Orléans, 41, Ixelles. Coomans, pharmacien, rue du Poinçon, 62, Bruxelles. * Coppez, docteur en médecine, 24, boulevard du Jardin Bota- nique, Bruxelles. * Cornet, J. F., chaussée de Wavre, 2a9, Ixelles-Bruxelles. Craven, Alfed, Brookfield house Folkestone Kent (Angleterre). * Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'Espla- nade, 8, Bruxelles. * Davreux, Paul, ingénieur, rue Ducale, 26, Bruxelles. " Deby, Julien, ingénieur, 3, Lombard street, Londres. * de Blochouse, ingénieur, rue Keyenveld, 178, Ixelles. De Bonnier, négociant, rue de la Blanchisserie, Bruxelles. ' de Borre, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, Bruxelles, de Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Bahia (Brésil). * Delecosse, docteur, échevin de la ville de Bruxelles, rue de l'Hôpital, 14, Bruxelles. Delogne, C. H., aide-naturaliste au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles. ¥ Delstanche, Chai les, docteur, rue du Commerce, 11, Bruxelles. Depaire, J. B., professeur à l'Université de Bruxelles, rue Boyale, 54, Bruxelles. (l) Le nom des membres fondateurs e pïtges et tig. 2,00 — Le microscope, son emploi et ses applications? Paris, IsTO. iri-8°, 780 pages avec 278 flg. et 4 pi. 16,00 Duval et Lereboullet. Manuel du microscope dans ses applica- tions au diagnostic et à la clinique. 2 e édition. Paris, 1877, in- 18. cartonné» 6,00 RomN (Gh-.). Traité du microscope et des injections. Paris, 1877, in-8°. 2 e édition, cart., 1100 p. avec tig. et planches. 20,00 Anatomie microscopique. Des tissus et des sécrétions (anato- niie et physiologie comparées). Paris, 1869,in-8°, 123 p. 4.50 - Anatomie microscopique. Des éléments anatomiques. — Des épithéliums (anatomie et physiologie comparées). Paris, 1868. in-8°, 425 pages-, 4,50 Raxvier (L.). Traité technique d'histologie l re partie. Paris, 1875- 1878. 30,00 Paraîtra en 7 fascicules de 160 pages et ligures. Frey (H.). Traité d'histologie et d'histochimie. Deuxième édition française, traduite de l'allemand sur la 5 e édition, par le doc- teur'p. Spillmann. Paris, 1875. in-8° de 800 pages avec 600 Jig. 16,00 Van Heurck. Synopsis des diatomées de Belgique. Paraîtra en 6 livraisons de planches et un volume de texte. Prix : frs 7.50 le volume et frs 0,75 la planche. Les 2 premières livraisons sont en vente. — Le microscope, sa construction, son maniement et son applica- tion aux études d'anatomie. 3 e édition, considérablement aug- mentée. Bruxelles, 1878, in-8°. 10,00 — Notions succinctes sur l'origine et l'emploi des drogues simples de toutes les régions du globe. Catalogue systématique de la collection de matière médicale, commerciale et industrielle, laisant partie du Musée botanique de l'auteur. Bruxelles, 1876, in-8'-', 260 nages. 3,50 ii '.ino. Traité d'ii: -■ comparée de l'homme et des animaux. rraduit pa r I.ahillonne. Paris, 1866. in-8°. 15.00 Hf'.i-.u (Pa K.\ ni* la circulation du sang dans tes orga- nes isolés. lui : ni à une étude sur les effets des substan- ces toxiques par la méthode des circulations artificielles. Bruxelles, 1875. 2,00 ANNALES DE LA SOCIETE B Eu PI? Lm E MICROS J PIE TOME VI. Année flttttO. BRUXELLES H. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR IMPRIMEUR DE LA SOCIETE BBCGÈ DE MICROSCOPIE l'.uc des Trois-Téles, 12 (Montagne de la Cour). 1882 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCO D IE TOME VI. MEMOIRES. Année 18 Ml. LIBRARY NEW YORK BOTAN1CAL UARUBN. BRUXELLES H. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Hue des Trois-Têles, M (Montagne de la Cour). 1880 LES APPARENCES MICROSCOPIQUES DES VALVES DES DIATOMÉES PAR Julien DEBY LIBRARY Membre de la Société belge de Microscopie NEW YOR* boTamcal II GaRDEN. Étude du genre Amphora. Nous rencontrons dans le genre Amphora une appa- rence spéciale et curieuse produite entièrement par l'ex- centricité très grande qu'on y observe dans la structure des valves. Nous pensons ne pouvoir mieux faire com- prendre cette disposition que par l'emploi de quelques coupes et de projections diagrammatiques similaires à celles que nous avons fournies précédemment pour le genre Nitzschia. Une section transversale par le milieu d'une valve isolée d'Amphora présente un contour convexe et ar- rondi, en grand segment de cercle. Cette valve est mu- nie à sa surface d'une ligne ou raphé longitudinal lisse et excentrique. Ce raphé porte au milieu un nodule central ou bien un stauros (épaississement linéaire per- pendiculaire à l'axe longitudinal de la valve) et généra- lement aussi un nodule plus petit près de chaque extré- mité. Cette ligne longitudinale est, chez les Amphora, SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. tantôt droite, tantôt arquée ou bi-ondulée, variant selon FlG. I. les espèces. Du côté ex- térieur de cette ligne se trouve un grand pan très convexe avec un dévelop- pement excessif, et du côté intérieur ou médian un pe- tit pan exigu. La fig. I. Il montre cette disposition I en coupe et en projection. Le petit pan est toujours ES I de largeur relativement M I minime et sa courbure [ton I considérable. Suivant son I contour de contact avec le raphé, il est ou arqué, Coupe et vue supérieure d'un ,4 mphora. OU bi-Olldulé, OU droit à Sa AB. Ligne de section. • ,. p.p. Petits pans. partie externe, tandis que o.p. Grands pans. i i , r. Rapnés. son bord oppose est tou- jours droit ou simplement légèrement arqué. La fig. Il exhibe quelques-unes des formes les plus ordinaires du petit pan des Amphora. Sa surface est lisse ou bien elle porte des dessins géné- ralement différents de ceux qui ornent le grand pan. Dans un frustule complet, mais fort jeune, les deux pe- tits pans se tou- FlG. II. Petits pans d' 'Amphora. a. Nodule central. t>. Nodules terminaux du raphé. MÉMOIRES. chent étroitement par leurs bords libres, tandis que du côté opposé les deux grands pans se joignent également par une ligne de contaet unique. Ceci est cause que si l'on regarde un Amphora, placé bien au foyer du micros- cope, sous un fort grossissement, et reposant sur le dos, c'est-à-dire sur la ligne de jonction des grands pans, l'on aperçoit en même temps ses deux lignes longitudinales (raphés) et ses deux petits pans parallèles. Si l'on renverse le frustule, il ne montre plus que les deux grands pans ou plutôt que la partie postérieure de ceux-ci, ainsi que leur suture de contact souvent très difficile à distinguer. Aucune trace de raphés, ni de petits pans, ni de nodules n'est alors visible, à moins que ce ne soit par transpa- rence à travers toute l'épaisseur du frustule, sous un ob- jectif dont le pouvoir pénétrant est considérable, ce qui a lieu assez fréquemment chez les petites espèces diaphanes. Chez les Amphora adultes, comme chez toutes les au- tres diatomées, chaque valve porte un connectif qui l'en- cercle par tout son pourtour, de sorte qu'un peu d'atten- tion ne peut manquer de faire découvrir ses bords à l'observateur, surtout s'il examine des frustules quelque temps avant le commencement de la déduplication. La section diagrammatique d'un frustule d'Amphora adulte et sa projection peuvent se représenter de la manière suivante (fig. III). Il arrive fréquemment que, dans les préparations qui ont été bouillies à l'acide, les valves se trouvent isolées l'une de l'autre et qu'elles ont perdu leurs connectifs. Elles reposent en ce cas généralement sur leur côté le plus convexe du grand pan, et l'on aperçoit alors sou- vent en même temps, en position plus ou moins obli- que : 1° un petit pan ; 2° le raphé avec ses trois nodules ; 8 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. 5° la partie supérieure du grand pan; 4° une partie de la surface intérieure du grand pan qui dépasse le fig. m. bord libre du petit pan. En d'autres termes : l'on voit simultanément , dans ce dernier cas, une partie supérieure du grand pan, externe au raphé, et une portion, de largeur varia- ble et inférieure, de la sur- face interne de ce même pan, ce qui produit quelque- fois des apparences qui, à première vue, sont assez difficiles d'interprétation. La figure IV nous exhibe un cas de ce genre. Quand le connectif est resté adhé- rent à la valve, l'apparence se complique par l'addition de lignes représentant son point de jonction à la valve, ainsi que son bord libre. Un peu d'attention suffit pour débrouiller tous ces dé- tails, qui ne sont compliqués que pour celui qui n'a pas bien saisi l'organisation générale du frustulc diatomique. Notons encore en passant que beaucoup d'Amphora, ainsi que cela se remarque chez divers autres genres de diatomées, présentent des connectifs 'qui se fissurent circula ire ment , de façon à présenter, au lieu de simple- ment un unique anneau de silice adhérent au bord de la valve, un véritable cerceau portant des stries fines Coupe à' A mphora mature en section et de face. g.p. Grands pans. p.p. Petits pans, es. Connectif supérieur. ci. — inférieur. r. Raphé. a. Nodule central. MEMOIRES. Fie. IV. multiples et parallèles. Certaines espèces montrent des points ou des dessins réguliers sur les zones conneetives. La vie végétative par dédoublement se manifeste de la même manière que d'ha- bitude chez ces diatomées; par la forma- tion de deux nouvelles valves à l'inté- rieur des connectifs des anciennes. Les figures diagrammatiques suivantes (fi- gure V) donnent l'aspect d'un Amphora en voie de subdivision. Au commence- ment du phénomène, par suite du peu valve isolée $Am- d'étendue du glissement des connectifs a.p- £ r ?. nd pan. D p.p. Petit pan. l'un dans l'autre, et aussi à cause de l'es- a'- p'- Fa Y tie inté : neure du grand pace restreint qui existe entre les valves i» n dépassant le r t petit pan. mères, il arrive assez souvent que les c. Bords libres du 1 connecta. jeunes valves prennent une position quel- que peu oblique et que leur forme en paraisse plus ou moins aplatie. Ces effets de la compression disparaissent peu à peu, de sorte qu'au moment de la libération, les frustules nouveaux ont acquis tout à fait l'aspect de leurs progéniteurs. La valve d'un Amphora ne diffère essentiellement de celle d'une Navicula que par l'excentricité extrême de son raphé, ce qui se saisit aisément si l'on se figure dans ce dernier genre un déplacement unilatéral suffisant de la ligne médiane et de ses nodules, et l'augmentation néces- saire de sa convexité, pour porter cette ligne, devenue ex- centrique, sur le côté extérieur ou coiinectif du frustule. Le passage des naviculées aux amphorées se fait par les cymbellées (voir fig. VI). L'excentricité de structure des Amphora diffère beau- 10 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. P'P. f:P. ! PP. P'P. coup par sa nature de celle des Nitzschia de notre der- nière communica- tion, en ce que les deux petits pans du même frustule sont en contact dans le cas présent, tandis que chez les Nitz- schia c'est toujours un grand pan de l'une des valves qui se trouve faire face au petit pan de l'autre valve. L'ab- sence de la ca- rène, la présence d'un raphé et de nodules, ainsi que la nature de l'endo- .3.P.J PP PP d'ailleurs bien loin l'un de l'autre les Section ei pian a'JLmpnora en voie de deduplica- chrome , éloignent tion. y. p. Grands pans. g.p.j. Grands pans jeunes. p.p. Petits pans. p'.p'. Petits pans jeunes. . , k. Ligne de jonction des petits pans anciens et genres AmptlOra Ct jeunes. c. s. Connectif supérieur. c. i. — inférieur. a. Nodule central. Fig. VI. le genre Nitzschia dans toute classifi- cation naturelle. La structure in- time des valves chez es Amphora varie selon les types, de- 3. de A>»phora. nnio la mpmhranp Montrant en a la position de nodule central dans P" 1 » 1A inciiiumuc délicate qui résiste Section d'une valve 1. de A ameuta 2. de Cymbella les trois genres. MÉMOIRES. 11 à peine au traitement par les acides, même dilués, jus- qu'aux formes présentant un degré de solidité qu'on pourrait appeler polycistinique à cause de son aspect massif et cristallin. Les espèces de ce genre sont très diversement ornées par la nature, leur sculpture étant très variée et généralement caractéristique pour cer- tains groupes. Ceux que le sujet intéresse trouveront dans le journal américain The Lens une bonne mono- graphie de ce genre par le professeur H.-L. Smith, qui le premier paraît avoir entrevu la structure de la valve des Amphora, et dans Y Atlas des Diatomées de Ad. Smidt les figures d'un grand nombre de belles et rares espèces découvertes plus récemment. Feu le doc- teur Gregory, clans son travail sur les diatomées de la Clyde, avait précédemment décrit et dessiné bon nom- bre d'espèces marines nouvelles. Depuis lors, M. Gru- now, M. Cleve et divers autres naturalistes ont considé- rablement grossi la liste des espèces. Le précieux catalogue des diatomées d'Habirshaw fournira la liste complète des nombreuses espèces d'Am- phora décrites et figurées dans tous les auteurs jusqu'à une date récente, avec indication de la page du texte de ces ouvrages et le numéro des planches et des figures qui s'y rapportent. Nous ne pouvons que renvoyer le lecteur désireux d'approfondir l'étude de ce genre inté- ressant aux consciencieux travaux de tant d'habiles spé- cialistes. DESCRIPTION LITHOLOGIQUE DES RÉCIFS DE SAINT-PAUL PAR A.. Renard, S. .1. (Lat. 0° 55'. 36" N. — Long. 29°. 22'. 32". 0.) L'objet de ce travail est de donner la description lithologique des échantillons de roches recueillis dans l'île de Saint-Paul (Atlantique) par l'expédition du Chal- lenger. Ces échantillons nombreux et bien choisis me furent remis par Sir Wyville Thomson pour les sou- mettre à un examen lithologique détaillé. Ils étaient accompagnés d'une série complète de lames minces pour l'étude au microscope, préparées au Challenger Office par les soins de M. J. Murray. On me donnaen même temps les analyses des principaux échantillons faites à la demande de Sir Wyville Thomson par M. Brazier, professeur à l'université d'Aberdeen. Ces analyses sont insérées dans ce travail et désignées par la lettre [B] (1). L'étude de ces récifs isolés au centre de l'Atlantique mérite à tous égards l'attention du géologue. L'isole- (1) Après avoir terminé l'étude de ces roches j'ai voulu confirmer les conclusions auxquelles j'étais arrivé en faisant analyser un des échantil- lons dontje m'étais servi dans mes recherches. Mon ami le docteur L. Si- pôcz, chimiste de la ville de Carlsbad, voulut bien me prêter le concours de son talent si hautement apprécié. L'analyse que je dois à ce savant a été insérée dans le texte avec celles de M. le professeur Brazier. ii SOCIETE BELGE DE MICROSCOP1E. ment de cet ilôt, loin de toute terre, comme perdu au milieu de l'océan, a fait penser que les rochers de Saint- Paul étaient les dernières traces de vastes continents submergés. Dans l'hypothèse d'une Atlantide, l'île de Saint-Paul est un des restes des masses continentales qui existaient autrefois entre l'ancien et le nouveau monde, reliant les îles de l'Atlantique séparées aujour- d'hui, et que des relations de faune et de flore avaient conduit certains naturalistes à considérer comme ayant autrefois formé un continent. En faisant revivre l'idée des Grecs et des Phéniciens sur l'Atlantide, on admet- tait, toujours en se fondant sur la distribution géo- graphique des organismes, qu'il avait existé au nord de l'équateur des terres dont les îles de cette région étaient les derniers vestiges. On admettait aussi que plus près de l'équateur une grande surface continen- tale affleurait entre l'Amérique méridionale et l'Afri- que (1). Mais, comme Sir Charles Lyell le fait justement observer(2), les spéculations et les théories des zoologis- tes et des botanistes pour expliquer la manière dont ces îles peuvent avoir été peuplées doivent nécessairement demeurer imparfaites aussi longtemps que nous ne pos- sédons pas de données exactes sur leur structure et leur constitution géologique. Or, les recherches des géologues tendent à établir que ces îles de l'Atlantique, considérées comme ayant été autrefois unies, sont essentiellement de nature vol- canique ; et le savant que je viens de citer affirme que (1) Voir BouÉ, Uber die Rolle der Verdnderungen des Unorganischen im grosscnMaasta.be inder Natur, Sitzung, der wien. Akad. der Wiss.; 1866, pp. 12-14. (2) Lyell, Principles of Geology, 11" 10 éd., vol. ii. p. -iOC>. MÉM01KES. Vô nulle part à Madère et aux îles Canaries il n'a pu décou- vrir de traces d'abaissement, ou même d'émergence temporaire d'anciens continents. Les récifs de Saint-Paul doivent-ils leur origine à l'action volcanique, ou doivent-ils être considérés comme roches schisto-cristallines? Telles sont les questions que soulève l'étude de ces roches. Elles sont d'autant plus difficiles à résoudre que nous n'avons pour nous guider que l'examen de quelques échantillons, et qu'il est impossible de faire entrer en considération les rela- tions que la roche de Saint-Paul peut avoir avec des roches adjacentes. Ce qui augmente encore la difficulté du problème c'est que le type de roche que nous allons décrire se montre quelquefois avec les caractères des masses éruptives et dans d'autres cas avec ceux des schis- tes cristallins. On a vu plus haut que dans l'hypothèse d'une Atlan- tide Saint-Paul est considéré comme ayant appartenu à ce continent (1^. La position isolée de cet ilôt, ainsi que l'aspect et les caractères lithologiques des roches qui le composent, sont de nature à lui prêter cette origine. A première vue, elles n'offrent que très peu d'analogie de structure et de composition minéralogique avec les produits volcaniques, qui forment avec les îles coralien- nes presque toutes les petites îles océaniques. Darwin, auquel on doit tant d'observations importantes relati- vement à la formation des îles océaniques, frappé par- les caractères spéciaux de ces récifs, refuse de croire qu'ils sont d'origine volcanique. Dans son Voyage of a Naturalist (2), il dit parlant de Saint-Paul : « C'est un (1) BouÉ, toc. cit. p. li. (2) Darwin, Voyage of a Naturalist, p. 8. 16 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. « fait remarquable que toutes les petites îles du Pacifi- « que, de l'océan Indien et de l'Atlantique soient volca- « niques ou coralliennes. Je ne connais d'autre exception « à cette loi que les Seychelles et ces petits récifs. La « nature volcanique de ces îles océaniques est évidem- « ment l'extension de la loi, l'effet de la même cause « chimique ou mécanique par laquelle la grande ma- « jorité des volcans actifs sont situés sur les bords « de la mer ou sur des îles au milieu de l'océan. » Darwin a exprimé ailleurs cette même opinion d'une manière formelle; il dit dans son ouvrage sur les îles volcaniques (1) « que Saint-Paul n'a point une origine volcanique et que cette particularité remarquable devrait à proprement parler exclure de ce livre la description de Saint-Paul. » Il y a des raisons de penser que les passa- ges du naturaliste anglais que nous venons d'indiquer ont été le point de départ de l'interprétation qui tend à considérer les rochers de Saint-Paul comme ayant ap- partenu à une masse continentale abaissée sous la mer (2). La composition minéralogique et la structure micros- copique de cette roche n'est pas moins intéressante pour le lithelogiste que son mode de formation pour le géolo- gue. Comme on le verra elle est presque exclusivement composée d'olivine, on peut la considérer comme un des types les plus remarquables de roche péridotique (5). Avant les recherches qui ont démontré l'existence de (1) Ibid., Volcanic Islands, p. 32. (2) Boue, toc. cit. p. 12. (3) Ce n'est pas la première fois que l'on découvre une roche pérido- tique plus ou moins altérée dans les îles de l'Atlantique. Darwin ( Vol- canic Islands, p. 18) indique qu'à Sl-Jago et à l'île de Quail (Cap Vert) MEMOIRES. 17 masses minérales essentiellement composées de péridot, on connaissait ce minéral dans les basaltes, les méla- phyres, et d'autres roches ignées. On l'avait observé aussi dans des calcaires saccharoïdes, des talc-schistes, etc. Mais c'est seulement depuis les observations de Da- mour et de DesCloizeaux sur la lherzolitc, et de Hochs- tetter sur la dunite (péridotite compacte de la Nouvelle- Zélande), que les péridotites ou roches essentiellement formées d'olivine ont été reconnues comme un type li- thologique bien caractérisé. Les recherches faites ces dernières années ont montré que ces roches sont plus fréquentes qu'on ne l'avait sup- posé d'abord. La roche de Saint-Paul vient à son tour nous offrir un type de péridotite remarquable pour la pureté de sa composition et le peu d'altération qu'elle a subi . Avant de donner la description lithologique, je résu- merai rapidement la position de' ces récifs et les dé- tails qui s'y rapportent. Je les emprunte principale- ment aux rapports préliminaires de l'expédition du Challenger. il a trouvé des masses considérables de wacke. Il décrit celle roche comme étant formée d'une substance argileuse verdâlre, devenant onc- tueuse quand on la mouille. Lorsque cette matière est pure elle montre une belle tcinlc verte, elle est transparente sur les bords et présente quel- quefois des traces indistinctes d'un clivage primitif. Il lui sembla d'abord que celle roche dérivait d'un minéral augitique décomposé. Cette inter- prétation était fondée sur les caraclères pyrognostiques de la wacke el sur la présence de l'augilc dans le basalte associé à la roche en question. Mais ayant examiné les diverses phases de décomposition de l'olivine du basalte, il observa qu'on pouvait trouver toutes les transitions entre ce minéral non altéré et la substance verte qu'il désigne sous le nom de wacke. Les réactions pyrognostiques servirent à confirmer cette interpré- tation. Ce qui frappa te plus Darwin, c'est qu'un minéral infusiblc donnait un produit de décomposition parfaitement fusible. 2 18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. L'Ile de Saint-Paul est située presque sous l'équateur, par lat. 0°55'. N et long. 29°22'0. Elle est à 540 milles environ des côtes de l'Amérique méridionale et à 550 milles de l'Ile Fernando Noronha, à peu près à mi-che- min entre l'Afrique et l'Amérique du Sud. (I) 780 \ 1 ,' Rochers de i Saint-Paul / q «« 60 brasses. / 510 475 Ces rochers forment cinq pics, groupés en quatre masses principales, séparées par trois petits canaux. Ils affectent une disposition en fer à cheval et renferment une baie. Au pied, ces récifs sont noirs, leurs sommets (1) La petite carte représentant les Rochers de St-Paul est la copie de l'une de celles qui seront publiées dans les Rapports sur l'Expédition du Challenger. Les chiffres sur la ligne de parcours du navire indiquent la profondeur en brasses. L'échelle est en milles marins. MÉMOIRES. 19 sont jaunâtres. Ils sont excessivement escarpés (1). On a visité Saint-Paul pendant le voyage du Beugle, en 1832, et Sir James Ross y aborda pendant le voyage deïErebus, en 1859. Enfin l'expédition du Challenger s'y arrêta le 25 août 1875. Ces récifs mesurent pas même un quart de mille d'une extrémité à l'autre. Ces dimensions si res- treintes frappèrent tous lesobervateurs. Le point le plus élevé n'atteint que 60 pieds. Darwin dit: «ils s'élèvent à pic » du fond de la mer, et, sauf à l'ouest, on ne put sonder » même à une distance de moins d'un quart de mille » des récifs (2). u La stérilité de ces roches est frappante, on n'y voit pas de plantes, pas même un lichen. Remarquons en pas- sant que cette stérilité est comme un caractère des mas- sifs péridotiques ou serpcntineux. Darwin et Sir Wyville Thomson font observer que la faune de Saint-Paul est presque aussi pauvre que sa flore. Darwin, parlant des caractères lithologiques de ces rochers, les décrit de la manière suivante : « ils sont » formés d'une roche que je n'ai jamais rencontrée ail- » leurs et que je ne puis caractériser par un nom. L'une » des variétés les plus fréquentes est très compacte, » pesante, noir-verdàtre, avec cassure anguleuse et vive, » assez dure pour rayer le verre. Quelques échantillons » ont une couleur verte, moins foncée, mais leur struc- » ture cristalline est mieux marquée, ils sont transpa- » rents sur les bords et fusibles en émail vert (5). » Il rapporte la roche, qui forme le rocher situé au nord, (1) Darwin, Yolcanic Islands, p. 52. (2) Ibid. (3) Sir Wyville Thomson Voyage of the Challenger, vol.ii. p. 106 ;Mo- seley, Notes of a Naturalist on the Challenger, chap. iii. 20 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. à une variété de harsli stone. Cette pierre se brise en fragments réguliers que l'on prendrait pour des blocs d'orthose altérée. Darwin signale aussi des veines de serpentine, qui traversent la roche en tous sens. Les explorateurs de l'expédition du Challenger ont, comme Darwin, classé la roche de Saint-Paul parmi les serpen- tines. Nous verrons bientôt qu'en la désignant ainsi, ils l'ont placée très près de la position qu'elle occupe dans la classification lithologique. Sir Wyville Thomson in- siste sur la ressemblance qu'il y a entre cette roche et les serpentines des Cornouailles et d'Ayrshire ; mais il fait observer cependant que par bien des caractères la roche de Saint-Paul se sépare de ces serpentines. Il ajoute qu'elle ne ressemble pas aux roches volcaniques modernes. J. Y. Buchanan(l)a constaté durant l'expédi- tion du Challenger que la roche en question contient de la magnésie, de l'alumine, du peroxyde de fer, et que beaucoup d'échantillons donnent de l'eau dans le tube. Les naturalistes qui ont visité cette île ont attiré l'atten- tion sur les rochers situés au sud. Ils sont recou- verts par une substance qui leur donne un aspect brillant, lorsqu'on les voit à une certaine distance. Ce revêtement est dû en partie aux excréments d'une im- mense multitude d'oiseaux de mer, qui se réunissent sur ces rochers, et à une couche d'un enduit blanc as- sez dur et sur lequel nous aurons à revenir. Ayant résumé sommairement les faits signalés par les naturalistes qui ont visité Saint-Paul, nous allons en- trer dans la description détaillée de la roche. On remar- quera, en lisant ce travail, que plusieurs des caractères (l) Sir Wyville Thomson, Voyage o/ the Challenger, vol, ii, p. 106. (-2) J. Y. Bichais'AN, Proc. Roy. Soc , evii. p. 013. MÉMOIRES. *2\ lithologiques, sur lesquels nous aurons à nous étendre, ont été déjà indiqués par les auteurs qui viennent d'être cités ; mais on ne pouvait les établir d'une manière défi- nitive et complète que par un examen microscopique dé- taillé et par l'analyse chimique d'un certain nombre d'échantillons. Un des caractères saillants de cette roche péridoti- que c'est qu'elle est très peu décomposée. On s'atten- drait à ce qu'une roche formée d'un silicate facilement altérable présentât des traces profondes de décompo- sition, d'autant plus qu'elle est exposée d'une manière exceptionnelle aux agents d'altération les plus énergiques. Non seulement l'action des vagues, comme le fait remar- quer Sir Wyville Thomson, s'y exerce avec une violence extraordinaire, mais l'influence des agents atmosphéri- ques doit y être très puissante à cause des variations de température aussi grandes que brusques (1). Le plus grand nombre des échantillons ne montrent pas de signes d'altération excepté le long des fissures. Les fragments détachés des échantillons sont frais et compactes; ils ressemblent à première vue àunquartzite à grains fins tel que nous en montrent les terrains anciens. A l'œil nu la roche massive non altérée apparaît par- faitement homogène; elle diffère de toutes les roches péridotiques avec lesquelles je l'ai comparée ; elles ont toutes un grain moins fin que la péridotite de Saint-Paul; (l) On doit observer cependant que L'altérabilité des roches péridoti- ques n'est peut-être pas aussi grande qu'on l'a souvent avancé. Quand ces roches sont aussi compactes et aussi massives que celies de St-Paul, elles se décomposent assez difficilement. Cependant les fissures qui (ra- versent cette péridotite et la font briser en fragments plus ou moins ré- guliers doivent avoir facilité l'action désagrégeante des vagues et réduit les dimensions primitives de ce massif. 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. sa couleur est gris noirâtre tirant sur le vert, quelque- fois elle est noire. Les échantillons sont souvent recou- verts d'une couche de vernis blanchâtre auquel nous avons fait allusion plus haut. A l'œil nu et à l'aide de la loupe on ne découvre aucun élément porphyrique ; ce- pendant on voit quelquefois briller sur les surfaces de cassure des particules noirâtres avec éclat métallique, qui n'ont pas plus de 0,5 mm. de diamètre. Ces grains ont l'éclat de la magnétite ; mais comme on le verra, on doit les considérer comme du fer chromé. Les éclats de la roche sont transparents sur les bords avec teinte ver- dâtre. Les surfaces fraîches ont un éclat sub-vitreux ou résineux; les esquilles rougissent au chalumeau et sont infusibles. La roche est en partie soluble dans l'acide chlorhydrique comme le montrent les analyses qui sui- vent ; sa dureté est inférieure à celle du feldspath , la rayure est verdâtre ou vert-grisâtre, la cassure est plane. Souvent les fragments sont angulaires à arêtes vives. L'analyse I a été laite par le professeur Brazier; le fragment analysé était dur et compacte, très peu altéré, donnant une poudre verdâtre. i h. Soluble dans HCl = /O.i)^ Insoluble dans HCl = 25,97 Perte au feu 0,50 Oxyde de fer traces Proloxyde de fer 9,56 Sulfate de chaux 0.29 Magnésie 51,43 Silice 32,25 Alumine 0,90 Oxyde de fer 3,40 Chaux 1,51 Magnésie 5,20 Silice 1 i.90 100,00 MÉMOIRES. 23 Nous faisons suivre les résultats d'une analyse de la même roche laite par le D r Sipôcz, à l'Université de Vienne, au laboratoire du professeur E. Ludwig. Le poids spécifique de la péridotite à 20°, 4 C. est de 5,287. 1° 1,0586 gr. de substance fusionnée avec les carbo- nates de potasse et de soude donna 0,0115 gr. d'eau (H 2 0). • 2° 1,0855 gr. de substance fusionnée avec les carbo- nates de potasse et de soude donna 0,4758 gr. de silice (Si0 2 ), 0,1061 gr. d'oxyde de fer (Fe 2 3 ), 0,0124 gr. d'alumine (A1 2 3 ), 0,0046 gr. d'oxyde de chrome (Cr 2 3 ), 0,0014 gr. d'oxyde de manganèse (Mn 3 4 ), 0,0056 gr. de protoxyde de nickel (NiO), 0,8186 gr. de chaux (CaO) et 1,5555 gr. de pyrophosphate de magnésie (P a 7 Mg 2 ) répondant à 0,4801 gr. de magnésie (MgO). 5° 0,71 40 gr. de substancefut traitée par l'acide fluorhy- drique et sulfurique pour la détermination du protoxyde de fer (FeO); on employa 10,7 ce. de permanganate de po- tasse (1 ce. de permanganate répondant à 0,004547 gr. de fer ou à 0,085846 gr. de protoxyde de fer), ce qui ré- pond à 0,1058 gr. de protoxyde de fer (FeO). 4° 1 ,0024 gr.de substance fut traitée par l'acide chlor- hydrique, la silice (SiOi) fut dissoute par le carbonate de soude (Na 2 C0 3 ); le résidu obtenu après cette opération était de 1,2850 gr.; donc 28,50 "/ de la roche péridoti- que resta insoluble. 24 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC01ME. IL Silice 43,84 Alumine 1,14 Oxyde de chrome 0,42 Protoxyde de fer 8,76 Protoxyde de manganèse 0,12 Protoxyde de nickel 0.51 Chaux 1,71 Magnésie 44,33 Eau 1,06 101,89 En calculant les chiffres fournis par l'analyse précé- dente on trouve que la roche doit être composée d'envi- ron 75 °/o d'olivine et 25 °/ d'enstatite. L'examen microscopique confirme à son tour les ré- sultats de l'examen macroscopique et des analyses. Les préparations taillées dans des échantillons peu altérés font voir que la roche est composée d'une masse fonda- mentale souvent exclusivement constituée de petits grains incolores d'olivine transparente de forme irrégulière et qui ne dépassent pas 0,1 mm. L'étude de ces lames minces décèle en outre la présence de l'enstatite, de l'ac- tinolite et du fer chromé. Dans les préparations que j'ai examinées, les grains d'olivine [constituent essentiellement ce que l'on peut appeler la masse fondamentale de la roche, ils lui don- nent généralement une structure microgranitoïde. Il est très rare de trouver que les granules depéridot affectent des dimensions assez grandes pour provoquer la structure microporphyrique. On voit souvent aussi des petites sec- tions vert-clair, répandues sporadiquement dans la masse fondamentale, et des grains de couleur brun-jau- nâtre, transparents et isotropes. MEMOIRES. *2o Fig. I. Cette figure représente l'aspect général d'une section microscopique de la péridotite de St-Paul. Les grains incolores plus ou moins allongés formant la masse fondamentale sont de l'olivine. Les petites sections irrégulières noires, ou avec hachures verticales sont de la chrcmite. --- i a o Dans les préparations microscopiques où l'on observe la structure microporphyrique, les minéraux qui la pro- voquent sont elliptiques ou circulaires, ils ne possèdent jamais de contours cristallograpluques. Cette structure microporphyrique passe presque toujours à la structure bandée, qui se dessine lorsque certains éléments, inter- posés entre les bandes, prennent des dimensions plus grandes que les grains de la masse entourante. Dans quelques préparations, cette structure ne peut pas tou- 20 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE. jours être observée bien visiblement, surtout lorsqu'on étudie en lumière ordinaire, mais quelques échantillons la possèdent bien marquée. L'explication de cette struc- ture pourra servir plus tard à élucider quelques anoma- lies présentées par les plus grands cristaux qui donnent à la roche la structure microporphyrique. Lorsqu'on étudie sous de faibles grossissements des préparations avec structure bandée, on les voit traver- sées par des lignes parallèles, ayant en général une lar- geur de 0.1 mm. Ces bandes sont ondulées, presque opaques, elles alternent avec des zones plus transpa- rentes. Celles-ci et les bandes ont essentiellement la même constitution minéralogique ; la seule différence qu'elles présentent et que l'on peut constater à l'aide d'ob- jectifs plus forts, c'est qu'elles sont formées d'une masse plus compacte de grains d'olivine, mêlés à une grande quantité de particules de fer chromé. Ces bandes con- servent en général leur parallélisme : lorsqu'on observe un changement de direction, la déviation est la même pour toute la largeur de la zone. On constate le mieux cette structure lorsque de grandes sections de cristaux se trouvent dans la bande : elle se bifurque. La bande divisée se reconstitue en reprenant l'allure et l'épaisseur qu'elle avait d'abord. Il en résulte une disposition lenti- culaire qui ressemble beaucoup à la structure dite gneis- sique,qui caractérise certains schistes cristallins. Lessec- tions des minéraux ont leur axe allongé dans le sens de la direction des bandes, lorsqu'ils atteignent 2 ou 5 mm., elles sont arrondies ou elliptiques, terminées par des con- tours cristallographiques très vagues, et le minéral pa- raît se confondre sur les bords avec la masse fondamen- tale. Le professeur Bonncy a observé la même structure MKMOIItKS. 27 spécialement dans les roches serpentineuses de Lizard (I). Elle peut être provoquée par des causes variées, et nous reviendrons plus loin sur ce point. Les sections microscopiques sont traversées en tous sens par de nombreuses fissures, indiquées par des lignes noires qui s'intersectent sous des angles plus ou moins constants, et divisent la préparation en plages rhomboï- dales (2). Ces fissures n'ont guère plus de 0.1 mm. de largeur, quelquefois elles sont remplies d'une matière vert-jaunâtre, souvent elles apparaissent comme de sim- ples traits noirs. Les roches de ce type présentent d'ail- leurs fréquemment des fissures analogues. Un grand nombre de préparations microscopiques sont recouvertes comme d'un réseau de lignes produites par ces joints qui sont souvent tapissés de granules noirâtres. Lorsque ces solutions de continuité sont bien marquées, la pâte s'égraine sur les bords de la fissure. Lorsqu'elles sont très larges, elles sont souvent remplies d'une substance serpentineuse jaunâtre et de grains noirs opaques. Voyons maintenant la description détaillée de chacune des espèces minérales qui constituent la roche. Comme nous l'avons dit, l'examen microscopique montre que la masse fondamen taleest exclusivement composée de péridot en grain. Si l'on examine des sections taillées dans des échantillons compactes, avec un grossissement d'environ 200 diamètres, on découvre que la pâte est formée par une agrégation de granules péridotiques, à contours ir- (1) Bonney, On tke Serpentine and the Associated Rocks of thc Lizard District, p. 920. (2) Ces joints réguliers, ressemblant a des lignes de clivage, peuvent avoir induit Darwin en erreur, lorsqu'il décrit certains échantillons comme des fragments de feldspath altéré. On voit à l'œil nu ces cassures régulières sur un grand nombre d'échantillons. 28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. réguliers, quelquefois légèrement allongés, quelquefois si intimement soudés qu'ils semblent former une masse homogène. Ces grains, beaucoup plus petits que ceux de la dunite, sont tout-à-fait incolores et tranparents, leur surface est légèrement rugueuse, comme le sont d'ordinaire les sections de péridot. On voit à la lumière polarisée que ces granules sont parfaitement individua- lisés et présentent la polarisation d'agrégat, chaque parti- cule de péridot se détachant avec les teintes brillantes caractéristiques de cette espèce minérale. Outre ces grains microscopiques constituant la pâte, on trouve dans la masse fondamentale des sections de ce minéral dont le diamètre est d'environ 0,5 m,n et qui provoquent la structure microporphyrique. Ces gra- nules sont arrondis ou ellipsoïdaux, jamais ils n'of- frent de contours cristallographiques. En lumière po- larisée ces grandes sections de péridot revêtent des teintes brillantes, elles contiennent des inclusions qui sont peut-être des vacuoles avec liquide. Elles sont sou- vent traversées par des fissures et dans quelques cas on y distingue des traits parallèles répondant au clivage suivant le brachypinacoïde; mais jamais les lignes mar- quant les clivages ne sont pour l'olivine aussi distinctes ni aussi nombreuses que celles des sections d'enstatite dont nous parlerons tout à l'heure. Souvent cette pre- mière direction de clivage est traversée à angle droit par une autre série de lignes qui répondent à l'orienta- tion du clivage macrodiagonal, ce clivage est toujours faiblement indiqué. Il arrive que pour bon nombre de sections on n'observe aucune trace de clivage. Lorsque les clivages sont bien marqués, et que l'on peut alors rechercher les valeurs des extinctions à l'aide de l'appa- MÉMOIRES. 29 reil de polarisation, on trouve que les sections plus ou moins réticulées possèdent les propriétés optiques des cristaux du système prismatique. Quelquefois les grandes sections de péridot sont formées par l'agglomé- ration d'un grand nombre de petits granules, qui pré- sentent une mosaïque brillante avec les prismes de Nicol. On observe souvent ces sections lorsque la masse fon- damentale est composée de très petites sections et que la roche possède la structure bandée. Le minéral le plus fréquent après le péridot est le fer chromé. On en voit briller des grains sur les surfaces polies de la roche lorsqu'on l'examine à l'œil nu ou à la loupe. Ils n'ont pas plus de 0,5 mm., mais d'ordinaire ils ont de 0,1 mm. à 0,05 mm. Ces sections de chro- mite sont opaques à moins qu'elles n'aient été très amincies par le polissage. Lorsqu'elles sont transparen- tes leur couleur est brun marron, rarement elles ont une teinte verdâtre et ressemblent beaucoup à des lamelles microscopiques de biotite. A première vue on pourrait les considérer comme étant ce minéral ou même la hornblende, mais un examen attentif n'y fait découvrir ni structure lamellaire, ni clivage, ni dichroscopisme, et toutes ces sections restent éteintes pour une rotation complète entre les prismes de nicol croisés. Ce caractère optique démontre que le minéral en question appartient au système cubique. Les contours irréguliers de ces sec- tions pourraient à vrai dire faire douter si on doit en réalité les rapporter à ce système cristallin, car au lieu d'être limitées par des formes rappelant celle des minéraux cubiques, elles s'offrent souvent sous la forme de fuseau, ou de bâtonnets allongés s'amincissant aux deux extré- mités, avec leur grand axe aligné dans la direction de 30 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. la structure bandée. Cette forme allongée et cette orien- tation des particules de chromite dans la roche de Saint- Paul rappellent vivement ce que l'on voit pour les cris- taux de fer magnétique , dans les schistes aimantifères de Deville, dans les Ardennes françaises. Cette élonga- tion des grains de chromite, qui semble si peu en rap- port avec les formes du système cristallin delà chromite, est une anomalie que l'on rencontre souvent pour les minéraux du système cubique : la cuprite, entre autres, offre des exemples frappants de ce que nous venons de dire. Dans les grandes sections de chromite on peut voir des fissures dont la direction semblerait correspondre à celle du clivage cubique; mais ce ne sont pas autre chose que des points microscopiques communs à la masse fonda- mentale et aux cristaux de fer chromé, on peut les voir traversant ceux-ci aller se poursuivre dans la pâte en- tourante. La chromite renferme ici des enclaves noirâ- tres qui paraissent du fer magnétique : ces inclusions font que les granules de fer chromé sont attirables à l'aimant. Si l'on pulvérise un fragment de la roche et que l'on examine au microscope les particules extraites à l'aide du barreau aimanté, on voit qu'elles sont for- mées très souvent d'un nucleus opaque et noir, en- touré d'une zone transparente brun jaunâtre et res- semblant tout à fait aux sections microscopiques de chromite. Ce minéral est-il de la chromite ou doit-il être consi- déré comme de la picotite? C'est comme picotite que l'on a déterminé généralement jusqu'ici les grains noirs presque toujours associés à l'olivine. Faisons remarquer que ces deux espèces minérales ont de grandes analogies MÉMOIRES. ?.l dans leurs caractères microscopiques, et que ces rela- tions entre leurs propriétés physiques montrent parfai- tement celles qui les unissent au point de vue de la com- position chimique. On sait que la composition chimique de la picotite trouvée dans les lherzolites et autres roches péridotiques, ainsi que dans les roches serpentineuses, se rapproche beaucoup de la composition du fer chromé. La picotite de la dunite, désignée par Petersen sous le nom de chrompicotite, contient 56 pour cent et plus d'oxyde de chrome et seulement 12 pour cent d'alumine, 14 pour cent de magnésie et 18 pour cent de protoxyde de fer. On trouve la même proportion dans un grand nombre dechromites. Celle de Freudenbach par exem- ple, analysée par K. von Hauer, donna 49 à 52 pour cent d'oxyde de chrome, 10 à 12 pour cent d'alumine, 18 à 21 pour cent de magnésie et de 4 à 6 pour cent de silice. On voit que la différence entre la picotite, la chrompicotite et la chromite n'est pas bien considérable, ils ont une formule, chimique commune peut-on dire, ils cristallisent dans le même système, et comme je vais le montrer les sections microscopiques de picotite ont les mêmes caractères que celles de chromite. On a admis, pour différencier ces deux minéraux au microscope, que des lames minces de picotite deviennent transparentes par le polissage tandis que celles de chromite demeurent toujours opaques. Cette distinc- tion est due à Fischer, qui dans l'étude qu'il fit de la chromite de Cassin, département du Var, n'avait pas trouvé de sections transparentes de ce minéral (1). (1) Zirkel, Mikroskopische Beschaffenheit, etc., p. 246; Roscnbusch, Mikroskopisclie Physioyraphie lier Mineralien, etc., vol. I, pp. 159, 160. 32 SOCIETE BELGE DE MICROSCOIME. Cependant dans un travail postérieur (1) revenant sur le même sujet, ce savant fait remarquer que des grains de chromite examinés sous un grossissement .de 1080 dia- mètres sont translucides et même transparents, avec teinte rougeàtre ou rouge. Depuis cette seconde notice de Fischer, Dathe (2) a montré que la transparence de la chromite ne dépendait ni de la petitesse des sections, ni de la force des objectifs. D'après Dathe, des fragments de chromite de Baltimore, triturés en poudre assez gros- sière et examinés sous des grossissements de 90 et même de 20 diamètres, se. montrent parfaitement trans- parents et isotropes. J'ai comparé les sections des pré- parations de la péridotitedeSaint-Paul, que je considère comme des grains de chromite, avec de la poudre obte- nue par trituration d'un échantillon de fer chromé de Kisnikeff dans les Monts Ourals. Ces particules mon- trent, sous un grossissement de 80 diamètres, les mêmes caractères que la chromite de Saint-Paul. J'ai trouvé que ce minéral devient transparent dès que les grains atteignent moins de 0,1 mm. d'épaisseur. La chromite triturée vue sous le microscope ressemble beaucoup pour l'aspect et les propriétés physiques à de l'obsidienne brunâtre. Après ce qui vient d'être dit je ne vois pas qu'il y ait lieu de séparer la picotite et la chromite en s'appuyant sur les seuls caractères que peut fournir l'examen micros- copique. En étudiant une lame mince taillée d'un échantillon de dunite type, que M. le professeur Maske- (1) Dathe, Olivinfels, Serpentine und Eklogite des saclmsclien Gra- nulilgetrirges, Xeues Jahrbuch, etc., 1876, p. 2i7. (2) Fischer, Kritische mikïosk. minerntoijisehc Sludien, II, Fortset- zung, 1873, p. ii. MEMOIKES. 33 lyne a eu l'obligeance de mettre à ma disposition, j'ai pu constater que la chrompicotite de cette roche possède es- sentiellement les mêmes propriétés caractéristiques que la chromite de Saint-Paul. La seule différence consiste en ce que les grains de fer chromé de la dunite ont des contours plus réguliers que la chromite de la roche de Saint- Paul. Quant à la présence du chrome, on peut la démontrer facilement par les réactions pyrognostiques et M. Sipôcz en a déterminé la teneur dans l'analyse citée plus haut. Fig. 2. La figure représente une lame mince où se montre la structure micropor- phyrique. La masse incolore fondamentale est du péridot. Les grandes sec- tions striées horizontalement sont de l'actinolite. Celle à gauche du dessin montre les clivages de 124». Les granules noirs et les plages pointillées sont du fer chromé ~- 34 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Parmi les minéraux qui jouent un rôle secondaire dans la roche de Saint-Paul, soit qu'ils n'apparaissent que rarement ou qu'ils ne se montrent avec une certaine constance que dans certains échantillons, on peut signa- ler une variété d'amphibole et un pyroxène rhombique. La substance que nous rapportons à un minéral am- phibolique présente des sections verdâtres ou incolores ; ses contours sont vagues, elle se fond dans la masse en- tourante dont elle se distingue à peine par la faiblesse de sa teinte. Toutefois les sections même les plus inco- lores peuvent se distinguer facilement de la masse fon- damentale, lorsqu'on lesétudie à la lumière polarisée. Quel- ques-unes de ces plages amphiboliques sont des sections parallèles à la base, elles sont traversées par un réseau de lignes s'intersectant suivant des angles de 124 '5'. Souvent les clivages sont nettement marqués et donnent un moyen bien sûr pour déterminer l'espèce minérale. D'autres sections du même minéral sont allongées ou plus ou moins lamellaires, mais ce clivage prismatique n'est pas toujours bien marqué quoiqu'on puisse le dé- couvrir à l'aide de forts grossissements. En orientant les sections, on en trouve qui éteignent sous des angles de 15° environ. Ce minéral est donc clinorhombique et les angles de clivage, ainsi que ses propriétés optiques doi- vent le faire rapporter à une variété d'amphibole. La structure fibreuse et la couleur que revêtent quelquefois ces sections pourraient faire penser à l'ouralite; mais je n'ai pu découvrir nulle part dans les plaques des preuves qu'elles dérivent de cristaux de pyroxène augite. Si c'est de l'ouralite, la paramorphose est complète; dans tous les échantillons que j'ai examinés, nulle part je n'ai pu constater des restes d'augite. Ce qui rend en- MÉMOIRES. 35 core cette interprétation plus incertaine, c'est que les contours des plages sont très vagues et qu'elles ne mon- trent jamais des angles que l'on pourrait rapporter à un pyroxène clinorhombique. Ces sections, grâce à leur co- loration peu intense, sont bien faiblement dicroscopiques. La présence d'un minéral amphibolique, dans une roche péridotique, n'est pas un fait isolé ; il a été déjà constaté par Tschermak, dans les éclogites qui accom- pagnent les granulites de la Basse-Autriche. Ce savant rapporte cette amphibole à la smaragdite. Il trouva en outre de la hornblende dans des roches à olivine du Groenland. L'échantillon de Simmetak, que possède le Cabinet de minéralogie de Vienne, est un agrégat d'oli- vine, de hornblende, de bronzite et de biotite. Si le mi- néral amphibolique, dont nous parlons, était plus fré- quent dans la péridotite de Saint-Paul, on pourrait rapprocher cette roche de celle de Varolo où Stelzner signala de l'olivine, de la bronzite et delà hornblende (1). Je rapporte ces sections d'amphibole à l'actinolite; elles en possèdent les propriétés les plus essentielles (2). Quelques plages ne les montrent pas d'une manière ca- ractéristique, car elles n'offrent pas de traces de clivage et ressemblent à un produit de décomposition chloriteux. Mais, même lorsqu'elles paraissent ainsi altérées, les propriétés optiques sont encore les mêmes que dans les sections où la décomposition ne se montre pas. On voit en outre dans toutes les sections de ce miné- (1) Stelzner, Zeitschrift d. cl. g. Gesell, 1876. p. 623. (2) Quelques préparations des roches de la Grèce, décrites par Becke sous le nom de roches serpcntineuses péridotiques, nous ont montré le même minéral amphiholique, que cet auteur rapporte aussi à l'actino- lite (Becke, Gesteine von Griechenland, Tschermak, Min. Mittli., 1878 et 1879) 36 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPE. rai des inclusions d'une nature spéciale , orientées suivant l'axe cristallographique principal. Ces inclusions microscopiques sont probablement des microlithes in- colores, très allongés : leur axe principal est parallèle à l'axe vertical du cristal qui les renferme. Us sont souvent opaques sur une partie de leur longueur. Quelques-unes de ces enclaves apparaissent comme des cylindres creux, dont l'intérieur serait tapissé de grainsnoirs. J'avouequ'il est assez difficile de se prononcer sur leur nature. Si ces enclaves étaient simplement des inclusions gazeuses ou liquides, je les comparerais volontiers à celles signalées par Dathe (1) dans les enstatites des roches péridotiques de Saxe, et par Wiegand dans la bronzite de Starc- kenbach (2). Elles atteignent rarement 0.008 mm. de largeur et 0.04 c. de longueur. Zirkel (5) a observé des enclaves à peu près semblables et orientées de la même manière dans la hornblende de certains granités et de quelques diorites. J'ai remarqué que l'amphibole est plus abondante dans la section où la masse fondamentale est à grains fins, et où les grandes sections de péridot sont assez rares. Les sections ellipsoïdales assez grandes, qui furent (1) Dathe, Neues Jakrbuch. etc. Loc.cit., p. 235. (2) Wiegand, Tschermah, Min. Mitth , 1875, III, p. 195. (3) Zirkel, Mikroskopisclic Beschafl., p. 104. Rosenbisch, Massif Ge- steine,p. 261, a fait la même observation pour quelques diorites renfer- mant de grands cristaux de hornblende. Il découvrit dans ce minéral des grains brunâtres transparents ou de petits prismes assez semblables à ceux décrits tout à l'heure. Il en signale d'autres disposés suivant la base du cristal. Il ne croit pas que ces enclaves aient été formées au moment de la cristallisation du minéral; mais elles sont dues, d'après lui, à une action postérieure. Ce qui l'engage à admettre cette interprétation, c'est que les cristaux de hornblende renfermant les enclaves étaient plus fibreux et de couleur moins foncée que ceux qui n'avaient pas d'in- clusions. MÉMOIRES. 37 mentionnées plus haut comme plus fréquentes dans les préparations où se montre la structure bandée, doivent être rapportées surtout à l'enstatite (1). Elles n'ont ja- mais de contours cristallographiques; elles sont incolores ou légèrement vert jaunâtre. Leur structure est lamello- fibreuse, les lamelles conservent leur parallélisme sur toute l'étendue de section ; ces lamelles sont souvent droites, sauf quelques cas exceptionnels, dont il sera question tout à l'heure. Ce minéral se distingue de l'hy- perthène par l'absence des inclusions que l'on considère comme distinctives pour cette espèce(2) et par son man- que de dichroïsme. On distingue les lamelles en lumière ordinaire; mais elles apparaissent beaucoup mieux en lumière polarisée, et l'on observe alors que ces cristaux sont polysynthétiques. Ils offrent un aspect qui rappelle beaucoup les sections de feldspaths tricliniques. Ces la- melles sont parallèles au macropinacoïde. Si elles sont placées de manière à ce que suivant la longueur, elles coïncident avec les fils du réticule, une série alternante s'éteint, tandis que d'autres, moins nombreuses, et sensiblement moins larges, ne s'éteignent que pour une rotation de 40° environ. On est donc amené à considérer ces cristaux polysynthétiques comme étant composés (1) Je n'attache pas une valeur spécifique au mot enstalite. dont je me sers dans ce passage. La bronzitc et renstatite montrent plus de différen- ces au point de vue macroscopique, qu'ils ne le font dans les lames tail- lées où un cristal de bronzite peut devenir incolore, vu la minceur à la- quelle il a été réduit par le polissage. (2) Peut-être devra-t-on attacher désormais moins d'importance à la présence de ces enclaves pour déterminer l'hypersthène ou la diallage. Kos- man a admis que ces inclusions étaient de formation secondaire (Nettes Jahrbuch, 1869, p. 5 53). Trippke. dans un travail plus récent (Nettes Jalirbuch, 1878, p. 676) reprend la même manière de voir. Si cette inter- prétation est la vraie, la diagnose microscopique de l'augite et de la dial- lage n'en deviendra que plus difficile. 38 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. de lamelles d'un pyroxène rhombique, entre lesquelles en sont intercalées d'autres, qu'il faut rapporter à un py- roxène clinorhom bique. Sauf que celles-ci sont généra- lement moins larges que les premières, on ne peut les distinguer en lumière ordinaire; elles ont la même teinte et possèdent toutes un dichroïsme très faible. On connai t des associations de diallage avec un pyroxène rhombique dans les roches de Volpersdorf, de Hausdorf et d'Elfdalen (1). L'enstatite de Harzbourg, et l'hyper- sthène des norites (2) montrent la même structure poly- synthétique, lorsqu'on les étudie avec les prismes deNicol. Trippke (5) a découvert récemment des associations ana- logues de diallage et d'enstatite dans la roche péridotique de Grolizburg. Une section d'enstatite de cette localité, taillée parallèlement au brachypinacoïde, montre des lamelles dont les unes s'éteignent entre niçois croisés lorsqu'elles coïncident suivant la longueur avec les fils du réticule ; tandis que d'autres n'éteignent que pour une rotation d'environ 58". Des sections parallèles au ma- cropinacoïde s'éteignent parallèlement et perpendiculai- rement à l'axe cristal lographiq ue principal. J'ai pu voir dans les préparations des roches péridotiques serpenti- neuses de l'Eubée, décrites par F. Becke, des sections offrant à leur tour des màcles polysynthétiques sem- blables à celles que nous décrivons. Dans les lames minces à grands cristaux d'enstatite on trouve aussi des grains d'olivine d'assez grande di- mension. Ils sont elliptiques comme les sections pyroxé- niques, dont ils diffèrent d'ailleurs en bien des points, (1) Rosenbusch, Massige Gesteine, p. 463. (2) Rosenbusch, Massige Gesteine, p. 178. (3) Trippke, Neues Jahrbucli, etc., 1878, p. 073. MÉMOIRES. 39 surtout parce que la structure lamellaire fait complète- ment défaut. Ils contiennent en outre de nombreuses enclaves, qui paraissent des vacuoles avec liquide, elles sont alignées ou réparties irrégulièrement dans la sec- tion. Je n'ai jamais noté ces inclusions dans l'enstatite. Après avoir décrit les caractères distinctifs généraux de chacun des minéraux qui constituent cette roche, examinons en détail quelques-unes des particularités que nous montrent les sections de péridot et surtout celles d'enstatite. Nous nous acheminerons ainsi vers la ques- tion relative à l'origine de la roche envisagée au point de vue des données fournies par la microstructure. Nous avons à examiner si certaines déformations des sections d'olivine et d'enstatite doivent être interprétées comme produites par l'action du magma igné en mouvement (structure fluidale) ; ou si les formes plus ou moins anormales de ces sections sont analogues à ce que l'on observe dans les schistes cristallins. Si l'on pouvait ad- mettre la première interprétation, celle de la struc- ture fluidale, elle fournirait un argument d'une force incontestable pour prouver l'origine ignée des roches de Saint-Paul. Il y a tant de points de ressemblance entre la structure dont nous avons à parler et si souvent con- statée dans les roches éruptives qu'on pourrait à pre- mière vue être porté à les identifier. Dans certaines préparations des roches de Saint-Paul, spécialement dans celles à structure bandée, les grandes sections d'olivine et d'enstatite sont alignées suivant la direction des bandes. On dirait voir des cristaux qui na- geaient autrefois dans une masse fluide, et qui auraient été orientés et entraînés par le courant. Ce qui pourrait encore appuyer cette interprétation c'est que sur les bords 40 SOCIÉTÉ BELCE HE M1CR0SC0PIE. ces cristaux semblent se fondre insensiblement dans la masse entourante. FiG. 3. Cette figure représente une section de la péridotite avec structure bandée. La masse incolore est de l'olivine; les bandes sont produites par l'étirement des granules péridotiques auxquels viennent se mêler de nombreuses particules de fer chromé, représentées par un pointillée noir. La grande section courbée et brisée, vers le haut à droite du dessin, est celle d'un cristal d'enstatite avec lamelles polysynthétiques décrit pp. 28 et 29. ~ La figure 3 montre des particularités plus remar- quables. Le grand cristal d'enstatite représenté vers le haut à droite est fracturé, les fragments sont déplacés dans le sens des bandes, la section est repliée sur elle- même. On dirait qu'il a été comme ramolli en partie et qu'il gisait avec son grand axe perpendiculairement à la MÉMOIRES. M direction d'un courant, que celui-ci en l'entraînant l'au- rait courbé en forme de U. Toutes les lamelles formant la section sont repliées en demeurant parallèles. Seule- ment elles se sont brisées au sommet de la voûte, les bords de ces fractures correspondent exactement et s'em- boîtent; l'espace entre les fissures est rempli par la masse fondamentale dont les bandes ondulent autour du cristal recourbé et brisé. Le fragment d'enstatite plus ou moins arrondi et strié représenté sur la même figure à gauche, près de celui qui vient d'être décrit, paraît être aussi un débris du grand cristal (1). On doit constater ici que des sections présentant le même aspect se montrent bien souvent lorsqu'on exa- mine au microscope des lames minces des schistes cris- tallins, et nous verrons à la fin de ce travail que bon nombre de péridotites doivent être classées dans cette caté- gorie de roches. Parmi les analogies que nous offre la structure microscopique des roches schisto-cristallines et celle de Saint-Paul, signalons aussi la forme ellipsoï- dale des sections, leur alignement dans le sens des ban- des de la masse fondamentale, la fracture et le ploie- ment des grands cristaux. La forme ellipsoïdale à contours vagues du péridot et de l'enstatitc des roches de Saint- Paul, la disposition rubanée de la pâte rappellent à beaucoup d'égards la structure feuilletée des schistes cristallins avec leurs petits lits de substance phylla- (1) On doit remarquer que bien souvent des cristaux macroscopiques de bronzile sont ondulés et courbés; ils affectent naturellement cette dis- position. Dans les préparations des roches péridotiques de Grèce, décrites par Becke, et que j'ai eu l'occasion d'examiner, j'ai pu voir de beaux exemples de déformation analogue à celle que je signale ici. Becke admet pour les interpréter qu'elles ont été provoqués par des actions mécani- ques. 42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. dense, qui renferment des grains ovoïdes de quartz et de feldspath alignés et souvent fracturés. Cette struc- ture gneissique ne manque pas d'analogie d'aspect avec la texture zonaire de quelques obsidiennes. Ajou- tons que bien souvent les roches schisto-cristallines renferment des cristaux repliés et courbés dans la masse qui les entoure. On en voit des exemples dans la tour- maline des chlorito-schistes, dans les feldspaths des porphyroïdes, et cependant personne ne voudrait expli- quer ces derniers faits en les attribuant à l'action d'un magma en fusion. On ne doit pas attacher une impor- tance exagérée à l'absence d'une base vitreuse dans la roche de Saint-Paul et tirer de là des arguments contre l'origine ignée. La présence d'une substance amorphe et isotrope n'est pas un critérium infaillible quant au mode de formation d'une roche, car on l'a découverte même dans des schistes. Les faits sur lesquels nous ve- nons d'insister ne sont donc pas assez concluants pour faire reposer sur eux seuls un argument décisif relative- ment à l'origine de la roche. On devrait avoir plus de preuves pour trancher cette question sur laquelle nous reviendrons d'ailleurs (1). (1) Au moment où j'étudiais cette roche de Saint-Paul, je communiquai par lettre les résultats de mon examen préliminaire au professeur Rosen- busch. Celte communication a paru dans le Neues Jahrbuch fur Min., 1879. Je m'y suis exprimé d'une manière bien positive sur l'exis- tence de la structure fluidale dans la roche en question, et des litho- logistes éminents auxquels j'avais soumis la préparation (fig. 3) dans laquelle je pensais que celte structure était bien marquée, n'hésitèrent pas à admettre cette interprétation. Si je parle aujourd'hui avec plus de réserve, c'est que les recherches récentes tendent de plus en plus à montrer que, dans la majorité des cas, les péridotites sont associées aux séries des roches schisto-cristallines avec lesquelles elles ont alors une origine commune. . MÉMOIRES. 43 Comme nous l'avons dit, la roche est en général peu altérée, quelques échantillons toutefois sont plus ou moins décomposés. Nous allons les décrire, ainsi que ceux imprégnés de phosphate de chaux. Les échantillons les moins altérés sont gris verdàtre avec éclat vitreux. L'examen microscopique montre que la masse fondamentale est parfaitement granulaire. Le long des fissures capillaires, la cohésion diminue et un produit secondaire noirâtre se dépose entre les granules. Lorsque la décomposition est plus avancée les fissures s'élargissent ; on y découvre une substance serpenti- neuse, en partie isotrope, parsemée de grains noirs qui doivent se rapporter à la magnétite. Il n'est pas néces- saire de nous arrêter ici à cette altération du péridot en serpentine, qui a été si souvent étudiée par les microgra- phes. Enfin les échantillons les plus décomposés ont pris l'aspect terreux, leur teinte est jaune verdàtre, ils sont traversés en tous sens par des lignes opaques noires avec éclat lustré. Ces échantillons sont tout à faitserpentinisés. Sur certains spécimens peu décomposés, on voit des vei- nes noires qui remplissent les fissures, quelques autres ont les crevasses tapissées de phosphate de chaux. Sou- vent ces échantillons ont l'aspect bréchiforme ; quelques parties sont encore du péridot, mais la masse générale est déjà serpentinisée. Lorsque la décomposition est plus avancée des veinules noires ressortent en relief de la masse serpentineuse, et la roche prend un aspect cellu- laire. Ces veines sont souvent recouvertes d'un enduit de phosphate de chaux mamelonné, qui pénètre aussi dans les fissures et dans les creux. C'est à cette dernière substance que certains échantil- 44 SOCIÉTÉ BELGE DE MJCROSCOPIE. Ions doivent un aspect stalactitique ressemblant assez à ce que l'on observe pour certaines variétés de mine- rais de zinc ou certaines phosphorites. D'autres échan- tillons sont formés de fragments de serpentine cimentés par des veines de phosphate de calcium qui atteignent 5 ou 6 millimètres de largeur. Ces veines sont compac- tes ; à l'œil nu ou mieux à la loupe on y distingue une structure concrétionnée; les formes plus ou moins cir- culaires qui se dessinent dans la substance offrent des bandes zonaires jaune ou rose -blanchâtre, rappelant l'aspect des agates rubanées. Entre ces concrétions on voit des cavités, qui donnent à la pierre une apparence qui a beaucoup d'analogie avec l'aspect des phthanites du calcaire carbonifère; dans ces derniers on sait que les cavités sont généralement dues à la disparition de fossiles calcaires. Ces cavités et la compacité du grain ainsi que d'au- tres caractères macroscopiques, pourraient aisément faire prendre ces blocs pour des fragments de chert (1). Ils se décomposent en une poudre fine blanc-rosâtre. Ce phosphate est d'aspect terreux faiblement résineux sur les surfaces fraîches, sa cassure subconchoïdale; sa dureté est supérieure à celledelafluorine. Les éclats sont opaques, leurs bords seuls sont faiblement transparents. Des esquilles chauffées dans le tube décrépitent avec bruit. Ces caractères ajoutés aux points déjà men- tionnés, montrent qu'il existe beaucoup de ressem- blance entre la substance phosphatique de Saint-Paul et celle décrite par Shepard sous le nom de pyroclasite. (i) Darwin fait bien probablement allusion à ce phosphate lorsqu'il écrit : « Certaines parties de la roche sont de nature siliceuse (çherty nature) » loi. cit., p. 8. MÉMOIRES. 45 Les particules de phosphate qui restent dans le tube noircissent et dégagent de l'eau en petite quantité. Les esquilles assez grandes pour être maintenues dans la pince blanchissent au chalumeau, les bords sont diffici- lement fusibles en émail blanc et la flamme se colore en jaune pâle. Fondu avec le borax, cette matière donne un verre incolore. Je n'y ai pas décelé de fluor. Ce phosphate montre au microscope des caractères analogues à ceux que j'ai décrits pour la silice concré- tionnée des phthanites du calcaire carbonifère; toute- fois on ne voit jamais les phénomènes de la polarisa- tion chromatique aussi intenses que pour le quartz du chert. La structure agatoïde est très bien marquée ; les concrétions plus ou moins circulaires sont accolées ou fondues les unes dans les autres. Les zones externes sont brun foncé ou jaunâtre ; au centre elles sont géné- ralement incolores. Lorsque les concrétions circulaires se touchent, en laissant des vides entre elles, ces inter- valles sont remplis d'une substance noirâtre. Quelques- unes sont fibro-radiées, et en lumière polarisée mon- trent la croix noire comme la calcédoine. Les zones concentriques sont formées par des lignes d'une délica- tesse extrême qu'on ne distingue qu'à l'aide de forts grossissements. Les zones externes ne contiennent pas d'inclusions de matières étrangères, mais au centre on remarque une accumulation de filaments grisâtres enche- vêtrés. Examinés sous de forts objectifs cette matière affecte une disposition dendritique ressemblant beau- coup à une structure végétale. Ces filaments résistent plus longtemps à l'action de l'acide chlorhydrique que la masse entourante. A la lumière réfléchie on voit aussi, au milieu des concrétions, des sections microscopiques 46 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPJE. couleur gris d'acier, ressemblant à des enclaves de calcite. Des lignes plus larges brun- jaunâtre intercalées entre les concrétions sont produites par les hydroxydes de fer et de manganèse. On a soumis à l'analyse plusieurs des échantillons montrant les caractères d'altération dont il fut question plus haut, ou imprégnés de phosphate de calcium. En indiquant les résultats de ces analyses, je donnerai quel- ques remarques lithologiques sur chacun d'entre eux. Le spécimen dont la composition est exprimée par l'analyse suivante est un fragment de péridotite dont une partie est altérée en serpentine. La masse fondamentale est traversée par des veines noires un peu en relief et plus dures que la masse entourante. Ces espèces de cloi- sons qui surplombent, sont revêtues de phosphate de chaux concrétionné. Le fragment analysé est un échan- tillon que nous considérons comme faiblement altéré. III. (B). Perte au feu à 230° Fahr. 4,20 Soluble dans HC1 = 85,00 insoluble dans HCl = 10,80 Alumine . 0,58 oxyde de ter traces Phosphate de chaux 0,28 Protoxyde de fer 8,01 Sulfate de chaux 0,96 Carbonate de chaux 0,47 Magnésie 38,20 Silice 56,70 Alumine fortes traces Oxyde de fer 1,92 Magnésie 0,28 Silice 6,80 100,00 L'analyse IV est celle d'une brèche formée dans une fissure de la péridotite. Cette brèche est composée de fragments de roche à olivine, qui ont de 2 à 3 c. de longueur, et de débris d'ossements très décomposés, MEMOIRES. 47 dont la structure organique est presque voilée. Dans cet échantillon, on voit quelques fragments qui ont l'air de cailloux roulés. Le caractère le plus saillant de ces blocs bréchiformes est la présence de fragments plus ou moins arrondis. Ils sont toutefois en leur lieu et place et ont été formés in situ dans les fissures, qui s'élargissant par décomposition, se sont remplies de matière serpentineuse et de phosphate de chaux unis à des noyaux plus ou moins arrondis de péridotite en voie de décomposition. Le phosphate est peu compacte, il s'égraine en une poudre blanchâtre. C'est ce phosphate plus ou moins impur qui a été analysé. IV. (B). Perte au feu à 230 Fahr. 4,40 Oxyde de fer 1,42 Phosphate de chaux 82,65 Protoxyde de fer traces Oxyde de manganèse traces Sulfate de chaux 4,76 Carbonate de chaux 4,86 Carbonate de magnésie 1,41 Résidu 0,50 100,00 L'analyse V est celle d'une brèche d'un caractère par- ticulier; on y remarque des fragments de coquilles et d'ossements de vertébrés, empâtés dans une masse ter- reuse grisâtre. V. (B.) Perte au feu à 250° Fahr. 4,90 Oxyde de fer 1,45 Phosphate de chaux 58,40 Protoxyde de fer traces Oxyde de manganèse 0,50 Sulfate de chaux 2,90 Carbonate de chaux 55,38 Magnésie 9,57 Silice 7,70 Résidu insoluble 1,40 100,00 48 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Les parois de cette brèche sont revêtues d'une croûte noire de 7 à 8 millimètres d'épaisseur, présentant les caractères minéralogiques du manganèse. Sir Wyville Thomson dans le Voyage of the Challenger (1) décrit une brèche semblable à celle dont on vient de voir l'analyse. « Chaque face de la crevasse, dit-il, est recouverte par un enduit noir d'une épaisseur d'un quart de pouce. » Moseley rappelle que Mac Cormick (2) avait déjà attiré l'attention sur cet enduit noir des fissures des roches de Saint-Paul. Sir Wyville ajoute que cette substance triturée est une poudre vert-grisâtre sale, faisant effer- vescence dans l'acide chlorhydrique dilué, laissant un résidu brunâtre insoluble; traitée avec l'acide chlorhydri- que concentré elle dégage du chlore et colore l'acide comme le fait le protoxyde de manganèse. M. Bucha- nan (5) a trouvé en outre dans ces brèches avec enduits noirs, du phosphate et du carbonate de chaux, du car- bonate de magnésie, des traces de cuivre et de fer; l'enduit dégage de l'eau dans le tube. Quoique rien ne soit plus commun que des enduits de manganèse déposés par infiltration dans les crevasses de roches ou des conglomérats gisant même à la surface, comme on peut le constater dans les dépôts superficiels modernes; cependant avant l'expédition du Challenger on n'avait pas d'idée du rôle important que joue ce minéral dans les sédiments des grands océans actuels. Sans nous arrêter ici à la formation des nodules de manganèse, auxquels nous venons de faire allusion, disons (1) Sir Wyville Thomson, Voyage of the Challenger, vol. II. p. 100. (2) Moseley, A naturalist on the Challenger ; Mac Cormick, Voyage (Rossas) to the Antarclic and Southern Régions, vol. I, p. 14-18. (3) Buchanan, Proc. Roy. Soc., vol. XXIV, n° 170, 1870, p. 613. MÉMOIRES. 49 seulement que l'un des traits caractéristiques de cet hy- droxyde est de former des dépôts concrétionnés dans les fissures des roches silicatées dont la décomposition a mis cette substance en liberté. J'ai pu constater au chalumeau des traces de manganèse dans des spécimens inaltérés de la péridotite de Saint-Paul. L'analyse VI fut faite sur un fragment d'aspect sco- riacé, ressemblant à une lave, mais qui n'est autre chose en réalité qu'un bloc de phosphate celluleux. Le spé- cimen est recouvert de limonite. Les fragments de roche péridotique, enduits de phosphate, sont tellement altérés qu'on peut les rayer à l'ongle. VI. (B). Perle au feu à 230° Fahr. 5,23 Oxyde de fer 8,47 Phosphate de chaux 70,46 Oxyde de manganèse traces Sulfate de chaux 4,88 Carbonate de chaux 6,51 Magnésie 1,71 Si fiée 1,41 Résidu insoluble 1,50 100,00 Il reste à dire quelques mots sur l'émail blanchâtre qui donne au rocher situé au sud du groupe de Saint-Paul cette surface brillante décrite par Darwin. Il attribue la coloration de ces roches en partie aux excréments des oiseaux de mer qui viennent s'y réunir, en partie aussi à un vernis lisse qui recouvre toute la surface. Des échan- tillons examinés à la loupe lui firent voir que cet enduit est formé de lamelles très peu épaisses, qui se superpo- sent pour former une couche, n'atteignant pas plus d'un dixième de pouce. Il rapporte cette substance au phos- 4 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0P1E. phate de chaux et il ajoute qu'elle renferme beaucoup de matière organique. Il mentionne à cette occasion, qu'il a découvert à l'île de l'Ascension et aux Abrolhos des matières ramifiées, qui doivent avoir été formées de la même manière (1). Darwin a montré des spécimens de ces incrustations à des géologues qui ont tous admis qu'elles avaient une origine volcanique. Sans nous arrê- ter à énumérer les opinions émises au sujet de cet en- duit, ou à examiner les analogies de structure et de composition qui existent entre quelques substances mi- nérales et les parties dures de certains organismes, re- marquons que Darwin et M. Buchanan (2) considèrent ces incrustations comme étant dues à l'accumulation des excréments d'oiseaux, dont le résidu insoluble aurait été exposé pendant de longues périodes à l'action du soleil et des vagues. Cette matière s'est concrétionnée et la roche a été recouverte de cette espèce d'émail. Je considère que c'est l'interprétation qu'il faut don- ner à ce fait et elle doit s'appliquer non seulement à cet enduit, mais à tous les petits filons de phosphate formés dans les fissures de la roche de Saint-Paul. Je n'ai trouvé dans les échantillons qui me furent remis qu'un seul petit fragment recouvert de cette espèce d'émail. 11 possède un éclat vitreux et ressemble jusqu'à un certain point à la croûte de quelques scories artificielles. Mais on ne peut pas admettre qu'il a une origine ignée (3). (1) Darwin, Voyage ofthe Beagle, ch. I, p. 8. (2) Sir Wyville Thomson, Voyaye of the Challenger, vol. Il, pp. 107, 108. (5) Phipson (Joum. Chem. Soc, XXV, p. 277 et Ain. Journ. of. Se. and Arts, XXXVI, p. 425), a donné le nom de sombrérile à une roche phosphalique, qui doit avoir de grandes analogies avec la substance que nous décrivons. 11 envisage la sombrérite comme étant composée de MÉMOIRES. ol L'examen microscopique montre que l'enduit en question ne possède aucun des caractères des verres naturels ni de roches ou des minéraux fondus. Il est incontestable que cette matière s'est formée par concrétionnement. Son aspect rappelle assez bien cer- tains enduits d'hyalite ou d'autres silicates colloïdes ; mais elle n'a pas l'éclat brillant de l'hyalite, ni sa trans- parence. Darwin en a donné une description parfaite- ment exacte. Il dit qu'elle est composée de lamelles très fines, étalées à la surface de la roche, dont elle suit toutes les irrégularités et qu'elle recouvre de petits ma- melons, à structure concentrique, rappelant les concré- tions orbiculaires de silice (Orbicules siliceux de Bron- gnart). Elle s'applique et adhère parfaitement à la roche. Sauf la couleur blanche et l'éclat brillant tous les ca- ractères sont les mêmes que ceux du phosphate de cal- cium décrit et analysé plus haut. Les caractères pyro- gnostiques sont les mêmes que pour la masse jaune-rose constituant les veines phosphatiques et les brèches. Leur structure microscopique est identique et l'analyse chimi- que prouve que cet enduit est du phosphate de chaux(l). phosphate de chaux et d'alumine « Elle paraît un phosphate amorphe, gélatineux, qui a été soumis à l'action d'une haute température. » Julien ( Am. Journ. of Se. and Arts, p. 242) a démontré que les raisons invo- quées par Phipson, pour établir l'espèce minérale sombrérite, ne sont pas fondées. 11 a démontré que ce n'est pas autre chose qu'un calcaire moderne, formé au fond de la mer, renfermant un peu de guano, et qui, dans certain cas, contient de 75 à 90 % de phosphate de chaux et de 3 à \ °/o de calcaire. (1) Piggot (Proc. Amer. Phil. Soc. Pliilad., VI, 189: Amer. Journ Se. and Arts, 2 e sér., 1856, n° 22) a décrit une matière pierreuse trouvée à Los Mongos, à l'entrée du golfe Maracaybo, et en d'autres endroits, le long de la côte de la mer des Antilles. A Los Mongos, cette matière forme un enduit très mince, recouvrant les dépôts de guano. Cet enduit atteint quelquefois un pouce d'épaisseur, ailleurs, il n'a souvent que quelques 52 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. J'ai détaché de la roche un petit fragment de cette ma- tière incrustante pesant environ 0,0175 gramme, et je l'ai analysé. La quantité dont je pouvais disposer étant très minime je n'ai dosé que l'acide phosphorique = 35, Cl °/ et la chaux =50,51 % J'ai décelé en outre du fer, de la magnésie et de l'acide sulfurique. La com- position de cette matière est donc essentiellement le phosphate tribasique de calcium, uni avec du sulfate de chaux, peut-être aussi du carbonate de chaux, de la magnésie et du fer. La description lithologique des roches de Saint-Paul étant terminée, il reste à nous demander maintenant si toutes les observations que nous venons de signaler sont suffisantes pour en faire découler des conclusions positives relativement au mode de formation de la roche. Nous examinerons d'abord cette question au point de vue lithologique. C'est ce point de vue, en effet, qui nous fournit dans ce cas le plus d'arguments positifs pour la discussion. Nous devons avouer franchement, tout d'abord, que la constitution lithologique ne peut pas toujours à elle seule décider la question d'origine. On voit le doute s'augmenter à mesure que l'on dé- couvre de nouveaux gisements de roches péridotiques ; presque chaque nouvelle trouvaille vient, jusqu'à un certain point, modifier les idées qu'on avait autrefois sur leur origine. Il nous paraît utile de jeter un rapide coup d'oeil sur les caractères des principales péridotites con- nues, et sur les interprétations auxquelles a donné lieu millimètres. L'analyse, qu'en ont faite Higgin et Bickcl, prouve que la substance est un phosphate de chaux et de magnésie. Je suis porté à croire que cette matière de Los Mongos est identique, quant au mode de formation, avec l'émail des récifs de Saint-Paul. MÉMOIRES. 53 le mode de formation du minéral, qui en est l'élément essentiel (1). On peut admettre d'une manière générale qu'on ne saurait élever d'objection a priori contre l'origine ignée pure et simple d'une roche péridotique. L'olivine ap- partient à cette classe de silicates magnésiens , qui cristallisent artificiellement avec grande facilité par fusion sèche, comme le démontrent les produits des hauts fourneaux et les expériences de Daubrée (2). L'origine ignée du péridot est démontrée encore par la présence de ce minéral dans les laves des volcans mo- dernes et dans des roches anciennes auxquelles tous attribuent une formation pyrogène. On ne peut voir de plus bel exemple de ce fait que dans les fragments de verres volcaniques basiques, dragués par le Challenger dans l'océan Pacifique ; ces lapilli renferment des sque- lettes de cristaux de péridot (5) avec enclaves de la base vitreuse et en si grand nombre que la roche pour- rait dans certains cas être désignée sous le nom de (1) Nous ne voulons pas affirmer ici que l'on peut dire d'une manière absolue que l'olivine esl un minéral pyrogène, car on le trouve dans les calcaires cristallins, dans les talc-schistes et dans d'autres ro- ches dont le mode de formation esl encore objet à discussion et qui ne paraissent dans aucun cas devoir être considérées comme purement et simplement pyrogènes. A ce point de vue l'olivine est à peu près comme l'amphibole et le pyroxène. Quoiqu'on trouve généralement ces miné- raux dans des roches volcaniques, il n'en est pas moins vrai, qu'on les rencontre aussi dans des masses minérales qui ne peuvent être considé- rées comme ayant une origine ignée. (2) Daubrée, Comptes rendus, t. LXIII; Bull. soc. géol. de Fr., 2 e série, t. XXIll, 1866; Rapport sur les progrès de la géologie, expérimentale, 1867, p. 122- (3) Ces cristaux sont identiques à ceux décrits par Penck (Studien uber lockere vulkanische Auswiïr (linge, Zeitscli. d. d. geol. Gesell., 1878, p. 8); et par Van Werveke {Neues Jahrbuch fur Min., etc., 1879, p. 184, 48b). 54 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. péridôtite; plus de la moitié de la masse étant composée d'olivine. Ces cristaux y sont tellement nombreux qu'ils voilent par leur accumulation la masse fondamentale. Non seulement l'olivine en tant que minéral, s'observe dans des conditions, qui démontrent à l'évidence son origine ignée ; mais le péridot en roche ou les péridoti- tes elles-mêmes présentent des caractères incontesta- bles d'éruptivité, à en juger par les recherches de sa- vants de grande autorité. Von Hochstetter admet que la dunite (1) doit être rangée parmi les roches éruptives. D'après Bonney, des serpentines du Lizard District dérivées par décomposition des péridotites, sont in- (i) La dunite à laquelle, il est fait allusion, fut découverte par F. von Hochstetter en 1859 (Zeitsclirift d. d. geol. GeselL, 186-4, p. 342), près de Nelson, à la Nouvelle-Zélande. Cette roche y constitue un puissant massif dans la Dun Mountain, dont le sommet atteint 4,000 pieds. La dunite y est caissée dans une immense veine de serpentine de un à deux milles de longueur. Cette roche est exlusivement composée de péridot granulaire, couleur vert-grisâtre et possédant tous les caractères indiqués dans la description de la roche de Saint-Paul. Le fer chromé est aussi repré- senté dans la dunite, il s'y montre en assez grandes plages. Le professeur Hochstetter croit que l'éruption de cette péridôtite remonte à la période mésozoïque. Comme on n'a pas, à ma connaissance, donné de détails microscopiques sur les lames minces taillées dans des spécimens types de cette roche, je dirai deux mots des caractères principaux qu'elle présente au microscope. Dans la préparation de du- nite, que j'ai eu l'occasion d'étudier, grâce à l'obligeance de M. le pro- fesseur Maskelyne, on voit, à la lumière ordinaire, qu'elle est composée d'une masse homogène de péridot, dont les grains se détachent les uns des autres, lorsqu'on examine la plaque avec l'appareil de Nicol. Ces grains de péridot sont beaucoup plus gros que ceux formant la péri- dôtite de Saint-Paul. A part cette différence, tous les caractères mi- croscopiques sont les mêmes dans les deux roches, fissures plus ou moins régulières et marquées par des lignes noires, polarisation chroma- tique intense des sections d'olivine, rugosité de leur surface, etc., etc. Les sections de chromitc sont plus grandes dans la dunite que dans la péridôtite de Saint-Paul, mais à part cette différence la chromile des deux roches est identique. MÉMOIRES. 85 trusives (1). Le même géologue, ayant étudié récemment les lherzolites de l'Ariège (2), admet qu'elles ont été épanchées au travers de calcaires cristallins. Les obser- vations de Zirkel sur les roches péridotiques d'Islande doivent être signalées ici (5). 11 fait remarquer, qu'alors que les basaltes et les anamésites de cette ile, sont pau- vres en olivine, on trouve cependant sur la côte nord, près de Melstadr, de Hnauser et de Hofsos des lits épais de roche intercalés dans la lave ; ces bancs sont presque exclusivement composés de péridot; l'augiteyest à peine représentée. Naumann(4) ajoute que ce fait tend à prou- ver que cette masse de roche péridotique fut éjaculée à l'état fluide et étalée à la manière des laves. Une autre variété de roche où domine le péridot est celle désignée par Tschermak sous le nom de picrite ; il la découvrit en Moravie et dans la Silésie autrichienne, où elle apparaît dans le néocomien. Dans les picrites, le péridot forme à peu près la moitié delà masse, il est asso- cié à la diallage, à la hornblende et au mica. Ces roches ont souvent l'habitus des gabbros. Non seulement leurs relations stratigraphiques indiquent une origine ignée; mais l'étude de la microstructure conduit à la même conclusion. Dans les échantillons types recueillis par Tschermak on observe une base vitreuse. Quant aux pa- léopicrites (5) découvertes par Sandberger dans les for- mations anciennes, il ressort de ses recherches et de (1) Bonney, On the serpentine and associated Rocks of the Lizard dis- trict, Quart. Joum. geol. soc, vol., XXXIII, p. 884-924. (2) Bonney, The Lherzolite of the Ariege, Geol. Mag. Décade II, vol. IV, pp. 59-64. (5) Zirkel und Preyer, Reise nach Istand, p. 292. (4) Naumann, Lehrbuch der Geognosie, vol. III, p. r>6o. (5) Voir Oebbeke, Ein Bcitrag zur Kenntniss des Palaeopikrits, 1877. 56 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. celles de Gùmbel qu'elles sont à leur tour éruptives. Parmi les expériences que l'on peut invoquer, pour prouver l'origine ignée des roches péridotiques, vien- nent se mettre en première ligne celles de Daubrée. Ce savant reproduisit artificiellement la Iherzolite en fon- dant des météorites chondritiques ; prouvant ainsi d'une manière incontestable que la nature peut avoir suivi la même voie , pour produire les roches qui ont même composition minéralogique et même structure. Tout en admettant que les roches qui viennent d'être mentionnées sont éruptives, il n'en reste pas moins vrai que certaines masses péridotiques offrent des caractères qui ne peuvent guère se concilier avec ce mode de for- mation (1). Les raisons qui commandent cette restriction ressor- tiront d'elles-mêmes, par un résumé succinct des résul- tats obtenus par bon nombre d'observateurs, qui ont décrit les péridotites régulièrement interstratifiées dans diverses formations. La première roche péridotique fut signalée par Le- lièvre, en 1787; de la Métherie (2) la désigna sous le nom de Iherzolite, et la considéra comme essentielle- ment formée de pyroxène ; Damour(5) montra, en 1802, qu'elle était composée pour les deux tiers de péridot. (1) Rosenbusch, (Massige Gesteine, p. 526). Col auteur a senti l'incon- vénient de grouper ensemble toutes les péridotites; il confesse qu'une analogie de composition ne permet pas toujours de conclure à une ana- logie d'origine. Il admet que l'origine ignée de beaucoup de péridotites n'est pas prouvée, et que pour cette raison il eût peut être mieux fait de ne pas traiter dans son livre sur les roches massives, de quelques pérido- tites interstratifiées régulièrement dans les schistes cristallins. (2) de la Métherie, Théorie de la Terre, vol. II, p. 281. (5) Damour, Bull Soc. gc'ol. de Fr., 2 P sér. vol. XIX, 1862. Aeues Jahrb., 186.3, p. 95. MÉMOIRES. 57 D'après Charpentier (1) et Marrot (2), cette roche est en- clavée dans un calcaire liasique, qui devient cristallin au contact du granité. Les observations de Zirkel (3) sur la lherzolite laissent quelques doutes sur la ques- tion d'origine, Sandherger (4), au contraire, n'hésite pas à nier son origine éruptive. Des Cloizeaux (5) a relevé quelques Iherzolites intercalées dans le cal- caire silurien, aux Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées) et à Beyssac (Haute-Loire), où elles se trouvent dans le ter- rain granitique. La roche péridotique de Seefeld Alp, dans l'Ultenthal (6), au sud-est de Meran en Tyrol, est interstratifiée dans des schistes cristallins. Les pérido- tites découvertes par Sandherger (7), à Conradsreuth, près de Hof, sont comme celles d'Ultenthal, intercalées dans la série cristallophylienne. Tschermak (8) démon- tra ensuite que les péridotites de la région de Karlstât- ten et d'Aggsbach, dans le terrain granulitique de la Basse-Autriche, sont à leur tour interstralifiées dans des schistes cristallins. Kjerulf a découvert des pérido- tites en Norvège, et Pettersen (9) a démontré que des roches à olivine sont intercalées dans des couches ap- partenant- au groupe des mica- schistes de Tromsô. (1) Charpentier, Essai sur la constitution géologique des Pyrénées, 1825, p. 245. (2) Annales des mines, 2 e sér. vol IV, 1828, p. 207. (3) Zirkel, Zeitschr. d. d. g. GeseU, 1867, p. 156. (i) Le travail de Bonney, cite - plus haut, tend au contraire à prouver que cette roche est éruptive. (5) Des Cloizeaux, Bullet. Soc. géol. de Fr., vol XIX, p. 48. (6) Les échantillons de la roche d'Ultenthal ressemblent beaucoup a ceux de la roche de Saint-Paul, sauf que le grain de celle-ci est plus fin. (7) Sandberger, Neues Jahrb. fur Min. etc , 1866, p. 391. (8) Tschermak, Sitzungsberichle der K. K. wien. Akad. der Wiss. vol. LVI, 1867. (9) Pettersen, Neues Jahrb /tir Min , 1876, p. 615. 58 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Becke (1) ne considère pas les péridotites de Grèce comme éruptives. Gùmbei, dans sa description géognos- tique du Fichtelgebirge (2), admet que les roches ser- pentineuses, intercalées dans les gneiss de cette région, sont des péridotites altérées. D'après Axel Erdmann (5) les eulysites, si semblables en tout à des péridotites gneissiques, se trouvent en Suède associées aux gneiss des environs de Tunaberg (4). Un grand nombre des roches serpentineuses, décou- vertes ces dernières années, sont incontestablement dé- rivées des roches péridotiques. Ce fait montre combien ces dernières doivent avoir été fréquentes dans les for- mations schisto-cristallines. Les serpentines n'apportent (1) Becke, Tschermak, Min. Mitth., loc cit. (2) Gumbel, Geognosliche Beschreibung des Fichtelgebirges, Gotha, 1879, p. 148. (3) Neues Jahrb. fur Min , 184-9, p. 857, et Zirkel, Lehrbuchder Pé- trographie, vol. Il, p. 335. (4) Il est important de signaler une communication de Brôgger {Neues Jahrb f'ilr Miner., 1880, pp. 187-192), dans laquelle il démontre l'existence de roches péridotiques schisloïdes, dans la région de Sônd- môre. (Voir aussi H H. Beusch,Z)û5 Grundgebirge im Sùdlichen Sôndmôre und in einem Theile vonWordfiord, Knsliava, 1877). Dans la même li- vraison du Neues Jahrb. fur Min. E. Cohen donne un compte-rendu d'un travail de Tôrnebohm (Mikroskopiska bergartes Studies, Geol Foren, i. Stockholm, Fôrhandl , Bd. III n° 9) Tôrnebohm y décrit la péridotite de Keiillsfjall. A juger d'après cette description, elle doit ressembler beau- coup à la roche de Saint-Paul; elle est intercalée régulièrement dans les quarzites et les mica-schistes, qui sont à la base dans cette région, et elle est recouverte en concordance par un mica-schiste granulaire, Cohen fait remarquer que celte disposition stratigraphique n'exclut pas la possibilité d'un filon couché (Lagergang) ; il ajoute toutefois que le nombre des péridotites offrant un caractère franchement éruptif semble se restreindre, à tel point qu'on peut se demander s'il en existe vraiment qui possèdent les caractères de masses éruptives. Après celte remarque, l'éditeur du journal ajoute une note, qui semble une revendication dou- teuse de l'origine éruptive des lherzoliles : « Fur die Lherzolithe dùrfte der éruptive Character doch wohl nicht zweifelhaft sein ! » MÉMOIRES. 59 pas dans tous les cas la démonstration incontestable de la roche dont elles dérivent, mais il n'en est pas moins vrai qu'un grand nombre de lithologistes sont portés à ad- mettre que la roche primitive était intercalée et non sous la forme de filon (1). Alors même que des doutes pourraient être soulevés relativement à la structure et au mode d'origine de quelques péridotites, on doit admettre, après ce qui vient d'être dit, que souvent elles ne sont pas injectées. Ajoutons que le nombre des roches, réputées autrefois comme éruptives, parait plutôt tendre à diminuer, et qu'elles sont souvent considérées aujourd'hui comme des intercalations régulières dans la série schisto-cristal- line. Il est inopportun de discuter ici le problème tant agité du mode de formation des roches cristallophyl- liennes ; mais nous n'hésitons pas à dire que leur origine doit être bien différente de celle des roches éruptives. On doit conclure des faits exposés que l'on peut ad- mettre pour les péridotites deux modes d'origine ; mais que cette question d'origine doit être plutôt tranchée par la manière d'être de la roche en relation avec celles aux- quelles eHe est associée, que par les données de compo- sition et de structure, lorsque ces caractères n'offrent pas de particularités spéciales indiscutables d'où l'on peut déduire le mode de formation. En d'autres mots, la question stratigraphique joue ici incontestablement le rôle important. Malheureusement, dans le cas des ro- ches de Saint-Paul, cet élément de discussion fait dé- faut, nous ignorons les rapports de la péridotite avec les roches avoisinantes. Ces récifs sont isolés au milieu (1) A. Geikie a trouvé une série de belles roches serpentineuses schis- toïdes, intercalées dans les calcaires et les schistes du nord de l'Ecosse. 60 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOP1E. de l'océan et nous ne pouvons soupçonner les contacts. Si nous mettons en présence les deux hypothèses que soulève la question de l'origine de ces roches et que nous pesons les probabilités de l'une ou de l'autre alternative, quelles sont les raisons qui plaident en faveur de l'ori- gine éruptive ? D'abord la loi d'analogie. Nous savons en effet que toutes les petites îles océaniques sont corallien- nes ou volcaniques. Les observations de Darwin, qui le premier a attiré l'attention sur cette loi, ont été confir- mées de tout point par les naturalistes qui se sont livrés à l'étude de ces îles. Pourquoi les rochers de Saint- Paul feraient-ils exception a cette règle? Cette péridotite ne peut-elle pas être assimilée aux roches cristallines re- présentées par les syénites, les diabases et les mélaphy- res qui sont la base sur laquelle s'élèvent plusieurs des îles volcaniques de l'Atlantique? (1) Nous savons que ces masses plutoniques, qui ne présentent cependant pas les caractères de régions continentales submergées, forment des rides sur lesquelles les produits volcaniques des îles de cette mer se sont étalées (2). Un autre argument se présente en faveur de l'origine (1) Hartung, Geologisclie Beschreibung der Inscln Madcira und Porto Santo, p. 175. (2) Cohen, (Uebcr die sogenannle Hijpcrstenite von Patma; Neues Jahrb., 176, p. 717) décrit quelques roches de l'Ile de Palma, qui sont, recouvertes ou traversées par des roches plus récentes. Il les envisage comme anlé-tertiaires. 11 n'y reconnait pas d'hypersténite et il les classe dans les diabases, diabases péridotiques, cliorit.es et syénites, etc. Van Wcrveke a décrit récemment une limburgite de la même île (Neues Jahrb., 1879, p. 482). Enfin S. Calderon, dans un travail lu à la Société géologique de Londres, en juin 1879, distingue deux types de roches à Palma; l'un, plus ancien, caractérisé par la présence de la hornblende, l'autre, plus récent, où domine le pyroxène augite. Si la roche de Saint- Paul devait être rangée parmi les roches cristallines massives, tout porte h croire qu'elle appartiendrait au groupe ancien ou anlé-tertiaire. MÉMOIRES. 61 volcanique, lorsqu'on tient compte que le fond de l'océan Atlantique a été depuis des siècles en différents points le théâtre de manifestations volcaniques. La région dont les roches de Saint-Paul forment le centre, a été à une époque qui n'est pas bien éloignée le siège de phénomè- nes éruptifs. D'après Scrope(l), Daussy (2) et après lui Darwin (5) ont réuni un certain nombre de traditions qui paraissent indiquer l'existence d'une vaste région volca- nique au centre de l'Atlantique entre le cap Palmas, sur la côte ouest d'Afrique, par lat. 4° N., long. 10°0 et St- Roque dans l'Amérique du Sud, par lat. 50°5, long. 57°57'0. Saint-Paul occuperait donc le centre de cette région volcanique. L'isolement de ces roches pourrait être apporté à son tour comme preuve de leur origine éruptive. Les sonda- ges entre Saint-Paul, les continents et les autres îles de l'Atlantique tendent à montrer que les récifs pos- sèdent un caractère local en parfaite harmonie avec la théorie qui leur assignerait une origine volcanique (4). Après avoir exposé les raisons qui pourraient militer en faveur de la première hypothèse, l'origine volcani- que, résumons ce que l'on peut faire valoir pour appuyer l'interprétation qui rangerait cette péridotite dans la série schisto-cristalline. Puisque la première alternative n'est pas absolument concluante, la seconde peut être maintenue. Et, en effet, nous avons fait remarquer qu'un grand nombre de péridotites appartiennent aux roches cristallophylliennes et qu'on ne peut séparer (1) Scrope. Volcanoes, p. 237. (2) Daussy, Note sur l'existence probable d'un volcan sous-marin, situe par 0°20' lat. S. et L'2° long. 0. Comptes rendus, 1838, avril, p. 512. (3) Darwin, Geological observations ou votcanic Islands, 1844, p. 02. (4) Voir la note pp. 32 et 53. 62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. leur mode de formation de celui des masses miné- rales avec lesquelles elles sont intimement associées. Dans la péridotite de Saint-Paul, la structure bandée, la disposition des cristaux dans la masse, leur forme, en un mot toutes les particularités sur lesquelles nous avons insisté plus haut, sont essentiellement les mêmes que dans les schistes cristallins. Si, après tout, cette manière de voir est la vraie comment doit-on se rendre compte de la présence de ce massif péridotique isolé au milieu de l'océan Atlantique? En supposant que ces récifs appartiennent aux roches schisto-cristallines on doit supposer nécessairement un soulèvement des couches. Les masses d'une épaisseur plus ou moins considérable, dans laquelle la pérido- tite était intercalée obéissant à un soulèvement, dont on voit tant d'exemples dans des roches analogues, se sont élevées au dessus du niveau de l'océan, elles auront été attaquées alors et désintégrées par l'action érosive des vagues ; les parties externes qui recouvraient la pérido- tite auront été démantelées, de manière à ne laisser du massif primitif que les récifs que nous voyons affleurer. Il est important de ne pas perdre de vue le fait sur lequel nous avons insisté relativement à la résistance op- posée à l'érosion par une roche aussi compacte que cette péridotite. Quoique les roches de ce type ont souvent subi une transformation en serpentine, il ne s'ensuit pas qu'elles sont aussi altérables qu'on l'a souvent dit, ou que leur résistance aux agents mécaniques n'est pas plus forte que celle qu'elles offrent aux actions chimiques. Rien ne s'oppose à admettre, nous paraît-il, qu'au- tour du point occupé aujourd'hui par ces récifs il s'éle- vait autrefois une masse de roches anciennes, dont les MÉMOIRES. 63 dimensions primitives doivent avoir été réduites dans le cours des temps par les agents physico-chimiques. Cette interprétation n'est pas en opposition avec l'histoire géo- logique de cette île, ni contraire à la nature de la roche, ni aux détails, d'ailleurs bien incomplets, que nous avons sur sa structure géologique. On pourrait citer à la sur- face des continents bien des exemples de modifications analogues. Il est à peine nécessaire d'ajouter que l'opinion qui tendrait à voir dans les rochers de Saint-Paul, un affleu- rement de roches anciennes, ne contredit pas celle qui assigne aux bassins océaniques une constance dans leurs traits principaux maintenue durant de longues périodes géologiques. Pour ce qui concerne l'existence, à des périodes assez rapprochées, d'une grande masse conti- nentale au sein de l'Atlantique et à laquelle l'île de Saint-Paul aurait été reliée, on doit avouer que les son- dages n'en dévoilent pas de trace positive et que ces ré- cifs eux-mêmes ne montrent pas de preuves de subsi- dence. On n'y trouve pas, comme dans certaines îles de l'Atlantique, des formations sédimentaires lacustres, ou marines,, qui indiquent une extension plus considérable des terres aux périodes géologiques antérieures. Enfin l'absence de faune et de flore sur ces rochers ne vient pas compliquer la question de problèmes biologiques, comme c'est le cas pour d'autres îles moins arides, que celle que nous décrivons. On sait que Lyell (1) en réfutant l'opinion soutenue par plusieurs naturalistes et en particulier par Edward Forbes, que les Azores, l'île Madère et les Canaries sont (I) Lyell, Principles of Geology, vol. Il, p. 410. 64 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. les derniers restes d'une aire de terrain continue, qui reliait autrefois les îles et l'ouest de l'Europe et le nord de l'Afrique, fait ressortir les grandes dépressions qui existent entre ces diverses régions. « Ces dépressions, « dit-il, nécessitent un ensemble de modifications telle- ce ment considérable depuis la fin de l'époque miocène, c< qu'il semble impossible de les admettre, si l'on tient ce compte de ce que l'on sait sur la constance des conti- cc nents et des bassins océaniques durant de longues ce périodes géologiques. » Il faut bien avouer que cet argument ne peut pas être appliqué dans toute sa rigueur à l'île de Saint-Paul, parce que la période de son éruption ou du soulèvement qui l'éleva au niveau de l'Atlantique nous est inconnue. Mais il existe, entre Saint-Paul et les terres voisines, des dépressions aussi grandes que celles mentionnées par Lyell et les sondages, en particulier ceux de Chal- lenger, n'ont découvert nulle part aux approches de l'île des traces de submergence (1). Octobre, 1880. (1) Les sondages laits aux abords de l'île par le Challenger, sont de 104 brasses (station 109), -i75 brasses (station 109 a), 500 brasses (station 1096), 780 brasses (station 109 c). A quelque distance des récifs, suivant une ligne tracée au nord de File, la profondeur atteint 1900 brasses (sta- tion 108), 1500 brasses (station 107), 1850 brasses (station I06J et à la sta- tion 105 la zone profonde de plus de 2000 brasses commence. En suivant une ligne de sondage au sud, les profondeurs sont bientôt tirs grandes, à la station 110, on atteint 2275 brasses. On voit donc qu'au nord de Saint-Paul le fond de la mer suit uncpenlc graduelle, et l'atlas de Stieler, carte n° 12 (1880) indiapeur, en voyageant suivant leurs trajectoires en zigzag, heur- tent les parois de leur prison, dont l'une d'elles est la surface du liquide, ou bien elles rentrent sous l'action de groupes qui les retiennent quand elles arrivent à cette surface. La saturation arrive donc au moment où la vapeur formée est assez abondante pour rendre au liquide autant de molécules qu'elle en reçoit par l'évapo- ration. L'expérience vient démontrer les conséquences d'une BULLETIN DES SÉANCES. MA théorie édifiée pour expliquer d'autres phénomènes el pour cela ajoutons quelques considérations bien simples aux principes qui précèdent. D'après ces principes il y a d'assez grandes inégalités entre les molécules, l'agitation dans les unes peut être supérieure à la moyenne et inférieure dans d'autres. De plus, toutes les directions sont admissibles pour leurs excursions. Essayons d'apprécier les conséquences de cette irrégularité en voyant ce qui se passe dans une petite région superficielle, un carré microscopique, par exemple, découpé par la pensée sur la surface libre du liquide. Si des molécules possédant de grandes vitesses sont dirigées vers l'extérieur, le liquide perdra rapide- ment de sa masse en cet endroit, mais il y aura aussi des instants où ces vitesses seront trop petites et alors le liquide ne perdra rien. Dans les conditions ordinaires, l'observation ne pourra constater cette conséquence, parce que dans le voisinage du carré il y aura d'autres carrés dont les irrégularités compenseront les premières. Ce que nous disons de la surface libre, doit se dire également de toute autre surface considérée dans le liquide; ainsi les parois du vase qui le contient, la surface d'un corps solide plongé dans son intérieur, sont fort inégalement bombardées par les molécules oscillantes. Ces inégalités se compensent toujours sur une portion quelque peu étendue de ces surfaces. Les chocs moléculaires, malgré leur irrégularité, semblent n'avoir pour effet que de leur appliquer une pression parfaitement uniforme, comme si le liquide était une masse uniforme et continue. Cette pression est évidem- ment une moyenne entre toutes celles qui sont appli- quées aux éléments infinitésimaux de la surface. XI/VI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Cependant l'irrégularité de l'évaporation ou de la pression n'en subsiste pas moins dans chaque partie suffisamment petite des surfaces considérées. C'est ainsi que la statistique révèle de plus en plus l'inconstance et l'irrégularité de bien des phénomènes sociaux, quand au lieu de l'appliquer à toute une nation, on descend à une province, une ville, ou un village. Il devra donc suffire d'isoler des portions de plus en plus petites des sur- faces d'évaporation ou de pression pour arriver enfin à des étendues incapables d'assurer la compensation des irrégularités et alors les effets de la discontinuité et de l'agitation thermodynamique du liquide devront se faire sentir. Ces réflexions si simples auraient dû faire partie, dès l'origine, de la théorie thermodynamique des liquides; cependant, elles ne sont nées que plus tard sous la pression des faits observés ; on les trouve dans des notes publiées de juin à octobre 1874, par le P. Car- bonelle, à qui le P. Renard avait montré le phé- nomène des libelles. Ce phénomène des libelles fit naturellement conclure au théorème suivant : d'après la théorie mécanique de la chaleur, toute particule de matière librement suspendue dans un liquide doit osciller sans cesse, si elle est suffisamment petite. Pour bien établir ce théorème, supposons un petit corps solide suspendu dans l'eau. Pour qu'on puisse le considérer comme soumis à une pression uniforme sur toute sa surface, il faut que celle-ci ait une certaine étendue. Les chocs moléculaires, causes de la pres- sion, le sollicitant alors dans toutes les directions, ne produiront aucun ébranlement parce que l£ur ensemble sollicite le corps dans toutes les directions. Mais si BULLETIN DES SÉANCES. XLVII la surface est inférieure à l'étendue capable d'assurer la compensation des irrégularités, il n'y a plus lieu de considérer une pression moyenne, il faut reconnaître des pressions inégales et continuellement variables de place en place, et dont la résultante ne sera pins nulle mais changera continuellement d'intensité et de direc- tion. Le centre de gravité du corps sollicité par cette force devra, par conséquent, osciller. D'après la même loi, les inégalités deviendront de plus en plus apparentes à mesure que l'on supposera le corps plus petit et, en même temps, les oscillations deviendront de plus en plus vives. Si, au lieu d'un corpuscule solide, on considère un globule visqueux ou huileux, qui ne se mêle pas avec le liquide dans lequel il est suspendu, ou enfin, une bulle gazeuse, le théorème s'y applique également. Dans ce cas, cependant, il ne suffit pas d'invoquer la pression pro- duite par les chocs moléculaires, il faut recourir à la théorie donnée de l'évaporation. Si la sphérule est assez grosse, elle restera parfaitement immobile, mais si les dimensions, sont assez petites, il faudra tenir compte des inégalités de l'évaporation. Dans tel endroit le liquide gagnera plus qu'il ne perd; dans tel autre il perd au même instant plus qu'il ne gagne, il y aura donc un hémisphère dont la surface liquide s'avancera vers le centre de la sphérule et un autre où elle s'éloignera. D'où il semble que la bulle gazeuse doit se déplacer sui- vant un certain sens. Mais bientôt ces inégalités se reproduisant en d'autres points, la sphérule se déplacera dans un autre sens. Elle oscillera donc comme les corpuscules et les globules considérés plus haut, et pour la même raison, parce que les inégalités se pro- XLVIII SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. noneent de plus en plus quand les dimensions dimi- nuent; enfin la sphérule sera d'autant plus vivement agitée qu'elle sera plus petite. Pour démontrer les mouvements dans les liquides, il suffit d'examiner, par exemple, le lait, une goutte d'huile agitée et divisée dans de l'eau, le pétrole divisé dans l'alcool puis étendu d'eau, le vinaigre de Bully, etc. Les plus petits des globules de l'émission oscillent très-rapide- ment. Le P. Carbonelle, à qui nous devons la théorie des mouvements dans les liquides, en a compté, dans ses expériences, qui avaient 7 à 8 millièmes de milli- mètre de diamètre et qui oscillaient encore. Pour les corps solides, l'expérience est plus facile encore. La plupart des poudres impalpables, l'encre de Chine, le bleu de Prusse, la gomme-gutte, toutes les couleurs de l'aquarelliste, etc., et enfin le blanc d'argent donnent des résultats très-remarquables. Le procédé qui réussit le mieux pour les gaz, consiste à introduire un peu d'eau et de savon dans un flacon contenant un gaz; on agite pendant quelques minutes et l'on décante; on obtient ainsi mille à deux mille bulles oscillantes par millimètre cube. Pour qu'il soit impossible d'attribuer tous ces mouve- ments au courant du liquide, il importe de prendre quelques précautions. C'est ainsi que le verre couvreur doit reposer sur deux minces bandes de papier pour éviter que la goutte de liquide soit inégalement étalée entre les deux lames et de manière à ne toucher en aucune façon ces bandes. M. le docteur Henri Van Heurck montre les 1/1:2 et 1/18 e immersion à essence de cèdre de M. Zeiss. Notre BULLETIN DES SEANCES. XLIX confrère montre successivement avec ces objectifs, d'abord, les stries transversales de YAmphipleura, ensuite les stries longitudinales découvertes par M. Abbe sur les Pleurosigma angulatum et enfin la fine ponctuation qui couvre les grosses mailles hexagonales du Tricera- tium Favus. L'existence de cette fine ponctuation est généralement inconnue des micrographes. — La séance est levée à 10 heures. COMPTE-RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE I. ANALYSE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES DÉPOSÉES A LA SÉANCE. Bulletin Scientifique du département du mord, novembre 1879, 2° année, n° 11, p. 569-584, figure. Sur la structure de l'Anomia ephippium, par Th. Barrois. Publications de riustitut royal Grand Du- cal de Luxembourg (Sciences naturelles), t. XVII, mémoires, p. li 1-148. Considérations sur la composition de l'eau des pri- sons et de celle de la conduite qui alimente la ville de Luxembourg , par F. Renter. Science Gossip, n° 181, janvier 1880. — The Freshwater Sponge, p. 5-5. — Notes on some of our L SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. smaller Fungi by G. E. Massée, p. 7-9. — Microscopy ; Live-Box and Compressorium by Th. Richard son, p. 16, fig. — N° 182, février 1880. — The Sting of a Bee by T. J. Briant, p. 51-54. — Microscopy : Mounting microscopic Fungi by G. Clinch. — Cheap Polariscope by E. Holmes, etc., p. 58-59. Revue des seienees naturelles. Montpellier, 8 e année, 15 décembre 1879. Note anatomique sur quelques Pomatias, par A. de Saint-Simon, pp. 554-555. Anzciger «1er Kaiserliehen Aeademie der Wissensehaften, Wien, n os XXVII de 1879 et I et II de 1880. — Ce dernier contient. Histologische Untersuchung der traumalischen Hir- neutzùndung, D r L. Unger. Untersuchung uber die Bildung der Kuorpelsubstanz, D r Spina. Zooiogiseher Anzeiger de J. Vietor Carus, n° 45 de 1879. — Preliminary Abstract of Observations upon the Développement of the American Oijslcr, W. K. Brooks. — Fur Embryologie der Bowerbankia, W. Repiachoff. — Die Wickersheimer sclie Conservi- rungs-Methode. — N° 4G de 1880. — Eigenthùmliche Slruclurverhallnisse im Schwanze erwachsener Uro- delen, D r P. Fraisse. — Uber die Entwickelung des Erdsalamanders (Salamandra maculosa Laur.), B. Be- necke. — Uber Tristomum Molae Blancli. D r 0. Ta- schenberg. — Uber die Auflôsung der Fier und Spermatozoen in dvn Gescfilechts organen, Prof. BULLETIN DES SÉANCES. Ll À. Schneider. — N° 47. — De l'existence d'un appareil vasculaire à sang rouge dans quelques crustacés, Prof. E. Van Beneden. — Quelques mots sur les Orthonec- tida, Prof. A. Giard. — Beitrâge zut Kenntniss des anatomisclien Banes der Geschleclits organe bei den Phalangiden, H. W. de Graaf. — Fur lehre ùber Insec- tenkranklieiten, E. Metschnikoff. II. COMPTE-RENDUS ET EXTRAITS. Bulletin de l'Académie royale des sciences de Belgique, 2 ,ne série, 748, n° 11, novembre 1879. Sur un moyen propre à distinguer le beurre artificiel du beurre naturel, par M. Donnez. Nous résumons ci-dessous cette note, à cause de son utilité pratique très-grande et de la certitude de la méthode employée. Beurre artificiel. Beurre naturel. Le beurre artificiel, lorsqu'on le Le beurre naturel chauffé vers 150 chauffe à 150 degrés, produit une quan- degrés, produit une mousse abon- tité insignifiante de mousse avec ébul- dante, les soubresauts sont beaucoup lition irregulière et des soubresauts moins prononcés, la masse brunit violents qui tendent à projeter une mais d'une façon différente, portion du b?urre hors du vase. La masse brunit de manière à lais- Une bonne partie de la matière co- ser la partie grasse conserver sensi- lorante brune reste en suspension blement sa couleur naturelle. C'est la dans le beurre, de telle sorte que la matière caséeuse qui seule brunit et masse totale conserve un aspect brun se sépare assez nettement sous forme caractéristique, de grumeaux pour s'attacher aux pa- rois du vase. Un nouveau liquide conservateur. Le n° 45 (1879) du Zoologisclier Anzeiger de Victor Carus donne la formule d'un liquide conservateur com- posé par M. Wickersheimer. Ce liquide est appelé à I II SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IK. rendre de grands services aux anatomistes, aux entomo- logistes et même aux botanistes puisqu'il conserve, d'après l'auteur, aux cadavres, plantes, etc., toute leur souplesse, leur fraîcheur et même leurs couleurs. On le prépare de la manière suivante : On dissout dans ô,000 gr. d'eau bouillante, 100 gr. d'alun, 25 gr. de sel marin, 12 gr. de salpêtre, 60 gr. de potasse et 10 gr. d'acide arsénieux. On laisse refroidir et l'on filtre. La liqueur ne doit pas avoir d'odeur ni de couleur. On ajoute à 10 litres de la solution filtrée, 4 litres de glycérine et 1 litre d'alcool méthylique. Si l'on se propose de sécher les animaux ou végétaux à préparer, il suffit de les faire macérer de 6 à 12 jours, suivant leur volume, dans le liquide conservateur, puis de les sécher à l'air. Les tendons, muscles, etc., ainsi que les crustacés, insectes, etc., conservent leur sou- plesse et peuvent être ployés en tous sens sans se rompre. Les organes tels que poumon, intestins, etc., seront au préalable remplis de liquide puis déposés dans le bain. A leur sortie, on les vide et on les gontle en y insufflant de l'air. Les objets devant conserver leur couleur ainsi que les plantes ne seront pas séchés mais conservés dans la liqueur. Si les cadavres doivent séjourner à l'air pendant un certain temps avant d'être employés, il suffira de les injecter avec le liquide conservateur. L'épiderme brunit un peu, il est vrai, et il perd de sa fraîcheur; mais ces inconvénients peuvent cependant être évités. 11 suffit de frictionner extérieurement le corps avec la solution et de le conserver dans un vase hermétiquement clos. En un mot, l'emploi du liquide conservateur varie suivant BULLETIN DES SEANCES. LUI le résultat que l'on se propose d'obtenir, mais sa compo- sition reste toujours la même. Séance du -1 mars 1880. Présidence de M. E. Vanden Broeck, Vice-Président. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Coppez, Gravis, Leclercq, Lefèvre, Matagne, Prinz, Rutot, Vanden Broeck et Delogne, ff. de secrétaire. Le procès-verbal de la séance du 2 février est adopté. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Brun, accompagnant un travail inti- tulé : Noie sur une pluie de sang. Une bonne prépara- tion est jointe à ce travail. Une lettre de M. Van Heurck, informant la Société que le 1 ■'' -fascicule de son Synopsis des Diatomées de Belgique paraîtra d'ici à peu de temps. Ce fascicule com- prendra toutes les planches des Raphidées avec la légende en regard. Le texte paraîtra quand toutes les planches auront paru. Notre confrère se propose d'en- voyer les planches à la Société au fur et à mesure de leur achèvement et de publier eu même temps dans le Bulletin, en attendant le texte définitif, un résumé suc- cinct de celui-ci donnant les principales lignes de la classification et le tableau, avec indication des localités, des espèces belges. Liv SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Une lettre de M. Ulhworm acceptant l'échange des publications de la Société. Une lettre de M. Romyn Hitchcock, éditeur de The Journal American Montly Microscopical demandant l'échange de cette publication avec celles de la Société. — Cet échange est accordé. Une lettre de M. A. Certes accompagnant des bro- chures. Dons cl envois reçus. Publications reçues en échange de la part des Sociétés : royale hongroise des sciences naturelles; d'étude des sciences naturelles de Nîmes; française de photogiw- phie; belge de photographie ; royale de microscopie de Londres; des Amis des sciences naturelles de Rouen; Linnéenne de Bordeaux ; hollandaise des sciences natu- relles, à Harlem; belge de géographie ; des naturalistes de Zurich; des naturalistes de Modène; des sciences naturelles de Neufchatel; impériale des naturalistes de Moscou; de microscopie de Sun-Franciseo ; royale de botanique de Belgique; Enlomologiquc de Belgique; des Académies : royale de médecine de Belgique; impé- riale des sciences de Vienne; des directions : du Bulle* tin scientifique du déparlement du Nord; du Musée de l'industrie de Belgique; du Moniteur industriel; de YÂthenœum belge; du Journal de médecine, de chi- rurgic et de pharmacologie; àaZoologischer Anzeiger; du Botaniska Notiser; delà Feuilledes jeunes naturalistes; du Botanisches Cenlralblalt; de la Revue mgcologique; du Science-Gossip ; de YInstitut géologique d'Autriche. BULLETIN DES SÉANCES. LV Publications offertes par les auteurs. — De la part de M. Senoner : Untersuchungen ueber plionolitliisehe Gestc'uic des Canariscken Insein, von Ad. Sauer; Xylo- logischen Stndicn ,von C. v. Gernet; Die microscopische Untersuchung der Gesteine, von Oskar Friedrich; On tfie microscopical structure of cristuls, by H. C. Sorby. — De la part de MM. Barnes etWoodward : The mé- dical and surgical histortj of tlic war of the rébellion, part. ÏI, vol. I, Médical liistory. Des remerciements sont votés à MM. Senoner, Barnes et Woodward. Travaux des membres. Personne ne demandant la parole sur la question du mouvement brownien, si remarquablement exposée dans la communication de M. le docteur Casse, M. E.Vandcn Broeck soumet à l'appréciation de l'assemblée le fait suivant, qu'il a eu parfois l'occasion d'observer. Lorsque l'on maintient en vue sous le microscope, pendant un certain temps, un infusoire mort, on ne tarde pas à voir se produire une sorte de désorganisation qui se manifeste par la mise en mouvement de petites parti- cules paraissant provenir de la matière animale décom- posée et qui, dans leurs vibrations, rayonnent autour de celle-ci. Il résulte des, observations échangées entre plusieurs des assistants que ce phénomène ne doit pas, au moins dans certains cas, être rapporté au mouvement brow- nien, notamment lorsque les infiisoircs observés sont des rotateurs. LYi SOCIÉTÉ BELCE DE MICROSCOPIE. Il y aurait lieu de tenir compte, dans certaines obser- vations, des organismes encore vivants qui peuvent se trouver dans les cavités intérieures des infusoires observés et subitement tués peu après l'absorption de leur nourriture. M. E. Vanden Broeck présente une nouvelle disposi- tion de chambre claire construite, d'après ses indica- tions, par M. Prazmowski. Elle est destinée aux grossissements faibles, ainsi qu'au dessin en grandeur naturelle et en réduction. L'instrument soumis à l'examen des membres n'est pas entièrement achevé au point de vue mécanique, mais il permet de se rendre compte des qualités opti- ques de l'instrument, lesquelles sont très remarquables. Le problème de la reproduction par la chambre claire des images faiblement grossies a pu être résolu grâce à la perfection des lentilles employées par M. Prazmowski. L'image peut être obtenue en réduction de moitié, en grandeur naturelle ou bien grossie de 1 à 10 fois, avec tous les passages entre ces diverses échelles. L'achromatisme est parfait et en aucun cas on ne con- state la moindre aberration de sphéricité ni de défor- mation quelconque dans l'image, dont toutes les parties sont également visibles. Des objets de grande taille, atteignant de 12 à 15 cen- timètres de diamètres, peuvent être reproduits grandeur naturelle. Lorsque l'appareil sera définitivement construit et terminé, M. Vanden Broeck en donnera la description détaillée, ainsi que la figure. En attendant, quelques essais et expériences permet- BULLETIN DES SÉANCES. LVII tent aux membres présents de se rendre compte des qualités très réelles de cet instrument. M. Delogne donne lecture du travail suivant de M. le professeur J. Brun : Note sur une pluie E MICROSCOPJE. Bulletin «le la société Impériale «les natura- listes «le Moscou, 1879, n° 2. — Ueber den Ba uvon Trombidium von A. Croneberg, p. 234-252, avec une planche. Bulletin scientifique «lu département «lu Nord, 2" série, 2" année, n° 12. — Sole sur les Tetrarhyngues, par R. Moniez, p. 393-398. — Recher- ches sur le rôle des corps gras dans la germination, par Ladureau, p. 400-517. Archives Néerlandaises des sciences exactes et naturelles, Haarlen, 1879, T. XIV. — Sur les premiers phénomènes de la germination des spores des cryptogames , par Rauwenhoft, p. 347-569, avec une planche. Science Gossip, Microscopy, p. 65-64, compre- nant : Mounting Micro-Fungi. — Rock Sections Pond Life. The American monthlv Jlicroscopical jour- nal, vol. 1, n° 1. — ^1 riew Specics of Ophrydium . — Mémorandum on the Amplifiées of Zeiss. — Notes on Fresh-Water Algae. — A Method of rnahing sections of insects and their Appcndages. — New Microscopes and Accessorics — Classification of the lihizo- pods, etc., etc. Journal <»l ûhv Boyal Mi«*ros«*opital MO«*ietv, vol. III, n° 1, february, 1880. — On a Séries ofExpe- riments made to détermine the thermal Death-Voint ofKnown Monad Germs when the Heal isendured in a BULLETIN DES SÉANCES. LXUI Fluid by Rev. W. H. Dallinger, p. 1-16, avec deux planches. — On a Part of the Life-cijele of Clathro- cystis acruginosa by Prof. Martin Dunean, p. 17-19. — Some Remarks on the Apertomeler by Prof. Àbbe, p. 20-51. — .4 further Contribution to the Knowledge of Bristich Oribatidae (Part 1) by A. D. Michael, p. 52-45, avec deux planches. — The Classificatorij Signi- ficanceof Raphides in Hydrangea by G. Gulliver, p. 44. — On a simple Revolving Ohject-Holder, p. 45-46. — Reeord of Mieroseopy , etc., p. 47-149. Séance du 25 mars f 880. Présidence de M. E. Vanden Broeck, Vice-Président. Sont présents : MM. Bauwens, Coppez, Gravis, Prinz, Rutot, Vanden Broeck et Delogne f.f. de secrétaire. Le procès- verbal de la séance du 4 mars est adopté. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Cornet annonçant que sa santé s'amé- liore et qu'il espère revenir prochainement. Une lettre de la Société médico-chirurgicale de Liège annonçant que, par suite des nouveaux arrangements qu'elle a dû prendre avec son éditeur, elle se voit dans la nécessité de renoncer à l'échange de ses annales avec le bulletin de la Société de microscopie. LXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Une lettre de M. C. Steveson annonçant l'envoi de préparations microscopiques. Une lettre de M. Ward remerciant pour sa nomina- tion de membre correspondant et annonçant l'envoi de terres à diatomées fossiles. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des Sociétés : Belge de photographie; Malacologique de Belgique; Entomologique de Belgique; Boyale linnéenne de Bruxelles; Royale de botanique de Belgique; Royale des sciences médicales et naturelles de Bruxelles; Fran- çaise de photographie; de microscopie de Berlin; de microscopie de San Francisco; de l'Académie royale de médecine de Belgique; des directions : du Musée de l'industrie; du Moniteur industriel ; de l'Athenœum belge; de la Feuille des jeunes naturalistes; de la Revue bryologique ; du Bulletin scientifique du département du Nord de la France; du Journal mensuel de micros- copie Américain ; du Zoologischer Anzeigcr; du Quec- kett microscopical Club; du Bulletin scientifique (italien). Publications offertes par les auteurs : Die einheimis- chen, f'rei in der reinen Erde und in sùssen Wasser lebenden Nematoden monographish bearbeitet, von D r J. J. De Man. Précis de microphotographie, par M. Huberson. Des remerciements sont votés à MM. De Man et G. Huberson. BULLETIN DES SÉANCES. LXV Travaux des membres. Sur les apparences microscopiques des valves des diatomées genre Amphora, par M. J. Deby. M. Delogne, premier rapporteur sur ce travail, en fait un rapport oral élogieux concluant à l'impression dans les mémoires de la société. M. Gravis, second rappor- teur, présente la même conclusion qui est adoptée par l'assemblée. Le suite de la séance est employée à l'examen d'une série de récoltes de diatomées vivantes laites dans le courant de la journée, en grande partie dans les eaux du jardin botanique de Bruxelles. Ces récoltes, sans être bien nombreuses, fournissent cependant plusieurs genres et beaucoup d'espèces. Quelques unes des plus grandes espèces attirent plus particulièrement l'attention ; parmi elles il faut citer Nitzschia linearis, sigmoidea et Pinnularia cardinaiis. Cette dernière espèce paraît être assez rare et n'avait pas encore été indiquée en Belgique. Les espèces précitées sont en voie de déduplication. On remarque aussi des individus de Nitzschia sigmoidea presque tout couverts d'une autre diatomée : Amphora minutissima. A l'occasion de l'examen de ces récoltes M. Vanden Broeck demande si chez les diatomées les espèces per- sistent dans les mêmes stations. M. Delogne répond que, en général, les espèces sont fugaces et ne persistent pas longtemps dans des stations qui cependant ne paraissent pas avoir subi de modi- fications. Il cite quelques espèces qui ne se sont pas maintenues dans des stations ne présentant, en appa- LXV1 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOIPE. rence, du moins, aucune transformation ; entre autre le Cymbella Piscicidus Greg, qui, inconnu d'abord dans les eaux du jardin botanique, s'y est trouvé pendant deux ans en grande abondance dans un bassin, puis en a dis- paru complètement. M. Delogne ajoute que l'observation régulière et mé- thodique des diatomées d'une même localité fournit un nombre relativement grand d'espèces stables dans les mêmes stations, soit qu'elles y existent toute l'année, soit qu'elles n'y apparaissent que pendant une partie. Cette question de la persistance de l'espèce chez les diatomées dans une station donnée est d'une certaine importance, parce qu'elle pourra faciliter les recherches sur les modes de reproductions de ces curieux petits végétaux. Aussi M. Delogne espère-t-il pouvoir la reprendre plus tard pour la traiter avec les développe- ments qu'elle comporte. Il cite encore un certain nombre d'espèces que l'on pourrait appeler persistantes, parce qu'elles se main- tiennent en abondance dans les mêmes stations. Cepen- dant, jusque maintenant, il ne les a pas vues dans l'état de conjugaison. M. Vanden Broeck engage les membres qui s'occu- pent de l'étude de la Flore ou de la Faune microsco- pique des environs de Bruxelles à apporter leurs récoltes aux séances de la société. Ce serait, dit-il, un moyen facile de rendre les séances intéressantes et instructives. — La séance est levée à 9 heures et demie. BULLETIN r»ES SÉANCES. LXVI1 Séance du 29 avril ÎSSO. Présidence de M. Casse. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Delogne, Errera, Gravis, Leclercq, Prinz, Rntot et J.-F. Cornet, secrétaire. Le procès-verbal de la dernière séance est adopté. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Ravet accompagnant un envoi de microphotographies destinées à l'Exposition et généreu- sement offertes à la Société. De chaleureux remerciements sont votés à M. Ravet. Des lettres avec demande d'échange, de la part de la Société d'études des sciences naturelles de Beziers, de la Société royale de la Nouvelle-Galles du Sud. Ces demandes d'échange sont accordées. M. Léo Errera propose de demander également l'échange des publications de la Société avec la Société d'histoire naturelle d'Iéna. Des lettres annonçant la mort de nos collègues : M. le docteur Semai et de M. de Saint-Quentin. M. Cornet annonce à l'assemblée que sa santé étant à peu près rétablie, il pourra reprendre les fonctions de secrétaire. Il propose d'adresser à M. Delogne des re- merciements pour le dévouement dont il a fait preuve envers la Société pendant les trois mois d'absence de son secrétaire. I.XVJI1 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. M. le docteur Casse dit qu'il croit être l'interprète de l'assemblée en félicitant notre honorable secrétaire de son heureux rétablissement ; il espère que maintenant qu'il nous est revenu en bonne santé, il continuera comme par le passé à se dévouer à la Société avec tout le zèle dont nous le connaissons capable, et qu'il a prodigué dans tant de circonstances. Il se joint à M. Cornet pour pro- poser de chaleureux remerciments à M. Delogne. Adhésion et applaudissements. Dons et envois reçus. Publications reçues en échange de la part des So- ciétés : Moniteur industriel ; Société d'étude des sciences naturelles de Nîmes; Académie impériale des sciences de Vienne; Science Gossip; Bulletin scientifique (ita- lien); Académie royale de médecine; Société de micros- copie de Berlin ; Société entomologique ; Musée de l'In- dustrie; Tijdschrift der Nederlandische Dïerkundige Vereeniging ; Zoologischer Anzeiger ; Bulletin delà Société académique de Brest; Botanisches Centralhlatl; Association belge de photographie; Bulletin de la So- ciété française de photographie; Naturaliste canadien; Bulletin scientifique du département du Nord; Société malacologique de Belgique; Journal de micrographie; Académie royale de médecine; Journal of the Royal Microscopical Society; Bulletin de la Société de borda à Dax ; Mittheilungen des Nulurwissenschuff lichen Vereines fur Steiermarck, 1879; Das chemischc Insti- tut der li. h. Universitât Graz von Leopold von Pebol; Feuille des jeunes naturalistes; Athenœum belge; So- ciété belge de géographie. BULLETIN DES SÉANCES. LX1X De la part de's auteurs : Untersuchungen ùber die Entwickelungsgeschichte und Fermentwirkung einiger Bactérien Artcn, von A. Prasmowski. Travaux des membres. M. Rutot donne lecture du rapport suivant : J'ai lu avec beaucoup d'intérêt le travail de M. Prinz relatif à l'examen microscopique des produits d'altéra- tion superficielle recouvrant, en enduit assez épais, des objets d'un âge très reculé, confectionnés en bronze et recueillis dans la partie équatoriale de l'Amérique du Sud. Ces produits de décomposition sont intéressants, car au lieu de former une patine hétérogène et peu définis- sable, comme on pourrait le croire à première vue, l'exa- men microscopiques y a fait découvrir des produits de composition bien définie, qui se rencontrent fréquem- ment dans la nature minérale et qui affectent une struc- ture intime, identique à celle que présentent les miné- raux de même constitution chimique. M. Prinz a reconnu trois phases successives dans l'altération du bronze dont étaient confectionnés les objets examinés. Ces trois phases sont, d'abord une oxydation au mi- nimum, changeant le cuivre métallique en oxydule, puis une combinaison avec l'acide carbonique, donnant lieu au carbonate vert de cuivre, bien connu des minéralo- gistes sous le nom de malachite; puis enfin une déshy- dratation en proportion définie de cette même mala- chite, donnant naissance à l'azurite. l.XX SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. Ces différents produits n'ont, ainsi que nous l'avons dit plus haut, pas seulement la même composition chi- mique que leurs analogues dans la nature, mais ils en prennent aussi la couleur, l'aspect et la structure intime. C'est ainsi que l'oxydulc ne prend pas seulement la teinte rougeâtre ou rosée caractéristique, mais elle affecte aussi ordinairement des formes critallines définies appartenant au cuivre oxydulé naturel, aussi appelé cu- prite. La malachite formée aux dépens du bronze ou plutôt de la cuprite se présente également en petites masses vertes, mammelonnées, dont la coupe montre la struc- ture zonaire concentrique, avec nuances plus ou moins foncées. Enfin, l'azurite forme, à la surface et dans les inter- stices de la malachite, des petits amas cristallins d'un beau bleu d'azur, entièrement semblables à ceux que présente en plus grand l'azurite naturelle. Tels sont les résultats auxquels notre collègue est arrivé après une étude très-attentive. Ces résultats sont, théoriquement, plus importants qu'on pourrait le croire et ils seront certainement utilisés plus tard dans des théories sur la formation des minéraux dans la na- ture. Dans tous les cas, tels qu'ils sont, ils peuvent être classés parmi les documents dans lesquels on peut avoir confiance et dont on se servira comme arguments cer- tains et exacts dans les discussions à venir. En conséquence, je prie la Société de voter l'impres- sion du travail de M. Prinz, cl de la planche qui l'ac- compagne. BULLETIN DES SÉANCES. LXXl Les conclusions de M. A. Renard étant également favorables, l'assemblée décide l'impression du travail de M. Prinz au tome V des Annales. M. L. Errera montre à la Société plusieurs prépara- tions microscopiques relatives à la division des cellules végétales. A ce propos, il rappelle les progrès que l'on a faits récemment dans l'étude intime de la division cellulaire. Avant ces toutes dernières années, l'importance du noyau des cellules était encore très-discutée et très-di- versement appréciée. Mais les recherches nouvelles d'Auerbach, de Bùtschli, de Fol, d'Ed. Van Beneden, de R. et 0. Hertwig, de Balbiani, de Frommann, de Schïeicher, de Flemming, etc., pour les cellules ani- males; de Stràsburger,deTreub, de Hanstein, de Schmitz, de Baranetzky et d'autres pour les cellules végétales, ont réhabilité le noyau. Le noyau est, dans la grande majo- rité des cas, une partie bien distincte du reste du pro- toplasme : il en diffère par ses caractères chimiques et par ses propriétés morphologiques. Il est, si l'on peut s'exprimer ainsi, le chef d'orchestre de la division cellu- laire : c'est lui qui donne l'impulsion, c'est lui qui bat la mesure, c'est lui qui dirige et oriente sans doute les autres parties de la cellule. M. Errera décrit sommairement les modifications que le noyau subit. 11 insiste sur ce point que la divi- sion des cellules nous apparaît aujourd'hui comme un phénomène très-compliqué. Non-seulement le proto- plasme se groupe à nouveau et le noyau traverse des phases nombreuses, mais le nucléole lui-même peut se différencier (comme M. Errera l'a observé, par exemple, LXXII SOCIÉTÉ BELGE HE MICBOSCOP1E. chez certaines Spirogyres) et enfin M. Baranetzky vient de décrire des cas où l'on reconnaît encore une structure définie dans les fils nucléaires. A certains égards, il y a la même différence entre le noyau au repos avant la division et le noyau en activité pendant la division, qu'entre un barreau de fer doux ordinaire et ce même barreau aimanté. M. Errera si- gnale comment cette idée est susceptible de développe- ments mathématiques. 11 indique enfin une relation entre les phénomènes de la division des cellules végé- tales et le principe énoncé par Sachs sur la section rec- tangulaire des jeunes cloisons. L'assemblée vote des remerciements à M. Errera pour son intéressante communication. M. Gravis présente une nombreuse série de figures et des préparations montrant les différentes phases de développement du C/ilamydococcus pluvialis. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 heures. COMPTE-RENDU AiNALYTIQUE ET CRITIQUE I. ANALYSE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES DÉPOSÉES A LA SÉANCE. Précis de microphotographie, de M. G. Huberson. — M. Rutot donne de cet ouvrage l'analyse suivante : M. Huberson vient de faire paraître un petit travail sur la microphotographie, qui résume très fidèlement la partie historique et pratique de cette importante ap- plication de la photographie. BULLETIN DES SÉANCES. LXXI1I Après avoir rendu compte de tout ce qui s'est fait jusqu'ici dans cette branche, et montré l'utilité de la microphotographie, sur laquelle je ne crois pas avoir à insister ici, l'auteur décrit successivement les diverses dispositions d'appareils usitées ainsi que celles recon- nues les plus pratiques et les plus recommandables. Il donne ensuite des renseignements fort utiles sur les diverses sources de lumière employées par les différents opérateurs, en fait connaître les avantages et les incon- vénients, et il entre enfin dans des considérations générales relatives à l'éclairage des objets dont on désire conserver l'image. Grâce au petit traité de M. Huherson, on peut recon- naître que la microphotographie n'entraîne nullement des difficultés insurmontables pour un amateur et les meilleures preuves sont tirées des travaux de notre Société et de nos sociétaires, où le nom de M. Ravet brille d'un vif éclat. Nous avons tous pu nous convaincre ici que les hommages adressés à notre honorable collègue n'étaient que très mérités. Le travail de M. Huherson est donc un excellent petit résumé constitué par la quintessence des connaissances acquises et qui doit se trouver sous la main de toutes les personnes qui s'intéressent à la microphotographie. Ici aurait pu se terminer ce compte rendu succinct si M. Huherson ne m'avait fait l'honneur de parler de moi dans son ouvrage. D'abord je n'ai pu m'occuper aussi activement de mi- crophotographie que je l'aurais désiré et que l'a cru M. Huherson; de plus, je ne suis pas aussi hérétique qu'il le pense. LXX1V SOCIÉTÉ BELGE ME M1CROSGOPJE. Lorsque j'ai fait à la Société la description du procédé employé par M. Hempel, les observations que j'ai ajou- tées avaient uniquement en vue le genre de sujet auquel s'adonnait cet opérateur. Or ces sujets étaient presque toujours des insectes, qu'il suffit le plus souvent d'am- plifier et non de résoudre. C'est pour cette raison que j'ai dit qu'avec un tort tirage et un objectif relativemont faible, on pouvait ob- tenir des images très amplifiées. Evidemment dans mon esprit il ne s'agissait nulle- ment de photographie des diatomées ou des test qu'il ne suffit, pas d'amplifier, mais encore de résoudre. J'espère que cette simple explication suffira à M. Hu- berson pour qu'il interprète plus exactement ma pensée dans les prochaines éditions de son excellent petit tra- vail. Si cette observation se confirmait, elle pourrait ser- vir de base à l'explication de la motilité des diatomées. A la séance du 28 mai 1878 de la Société Lotos, de Prague, M. Weiss a annoncé qu'il a observé chez les grandes diatomées des filaments contractiles émis au debors par le protoplasme. Séances du 29 mai et du 24 juin ISHO. Présidence de M. le D 1 Ledeganck. Sont présents : MM. Bauvvens, Casse, Delogne, Gravis, Ledeganck, Leclerq, Piinz, Rutot, Vandeo Broeek et J. F. Cornet, secrétaire. BULLETIN DES SÉANCES. LXXY MM. les ingénieurs Roussel et Cammerman assistent à la séance. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre annonçant la fondation, à Dînant, d'une Société scientifique appelée : « Société des naturalistes dinantais. » L'assemblée décide d'adresser les publications à cette nouvelle Société. Le secrétaire annonce la mort d'un des membres fon- dateurs de la Société, M. Nyst, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle. Une lettre de M. le Ministre de l'Intérieur demandant le prix réduit de la collection des cinq volumes des Annales. Ce prix est fixé à 25 francs pour les cinq volumes parus. Dons et envois reçus en échange de la part des Aca- démies : Royale des sciences, lettres et beaux-arts de Belgique, Royale de médecine de Belgique, des Sciences, arts et belles-lettres de Dijon. Des Sociétés : royale des sciences médicales et natu- relles de Bruxelles , Entomologique de Belgique, Mala- cologique de Belgique, Belge de photographie , Royale de Botanique de Belgique, a" Étude des sciences naturelles de Beziers et de Nîmes, Quekelt microscopical Club, d'Histoire naturelle de Gratz, Française de photographie , Adriatique des sciences naturelles de Trieste, Belge de géographie, de Microscopie de Berlin, Royale de micros- copie de Londres, Vaudoise des sciences naturelles, LXXYl SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. des naturalistes de Modem, Cryptogamique de Milan, d'Agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, de Zoologie et de Botanique de Vienne, Entomologique suisse, Linnéenne de Bordeaux. Des directions : Moniteur industriel, Athenœum belge, Bulletin du Musée de l'industrie, l'Année médi- cale de Caen, Revue bryologique , Botaniska notiser, Zoologischer Anzeiger, Botanische Centralblatt, Bul- letin scientifique du département du Nord, American microscopical Journal, Feuille des jeunes natura- listes, Naturaliste canadien, Journal de micrographie, Science Gossip, Revue des sciences naturelles de Mont- pellier et Essex Institute. De la part des auteurs : / Funghi délia provincea di Roma, par le docteur Matteo Lanzi. L'assemblée vote des remerciements à M. le docteur Lanzi . Travaux des membres. M. Bauwens communique un oculaire auquel il a fait ajouter un micromètre, cette disposition permet d'ôter et de remettre le micromètre à volonté; une disposition analogue a déjà été adoptée, depuis assez longtemps, par quelques opticiens de Londres. M. Prinz présente à la Société quelques préparations de roches réduites en lames minces. Parmi celles-ci on remarque une belle coupe de Nummulites complanata, mesurant plus de 5 centimètres de diamètre; la section pratiquée suivant le diamètre d'une de ces nummulites, BULLETIN DES SEANCES. LXXVII qui ont environ 5 mm. d'épaisseur, montre très bien la superposition des loges rangées en spirale. M. Prinz insiste sur la difficulté dont est accompagné le polis- sage des substances peu cohérentes, telles que les roches volcaniques très poreuses et contenant beaucoup d'éléments cristallisés, ou bien les fossiles formés de loges ou de cellules. Dans ces cas, il faut faire bouillir les fragments dans un vase avec du baume de Canada et quand ce dernier commence à brunir sous l'influence de la chaleur, on laisse refroidir le vase et on ne retire les objets que lorsqu'ils cessent de rejeter des bulles. Le baume remplit les pores et fait l'office de ciment, il em- pêche le fragment de se désagréger lors du polissage. Ce procédé n'est pas toujours applicable, la nummu- lite dont nous parlions plus haut n'a pu être traitée ainsi, toutes les loges étant comblées par de la calcite. Dans ce cas, la cohésion des éléments est assez grande pour per- mettre le polissage; mais il faut toujours éviter de transporter la lame mince sur un autre porte-objet et même de clore la préparation en chauffant fortement le baume. Le plus souvent, en effet, un simple ramollisse- ment du. baume suffit pour désagréger la préparation dont les parties constituantes se séparent lors de l'ap- plication du verre couvreur. M. H. Van Heurck, vice-président de la Société, fait hommage à la Société du premier fascicule de son travail sur les Diatomées de Belgique, comprenant 10 planches, gravées avec le plus grand soin. M. Cornet, secrétaire, se propose d'examiner cet important travail en détail et de communiquer ses obser- vations dans la séance de juillet. LXXVIII SOCIÉTÉ BELGE IÏE MICROSCOPIE. Diatomées «les Alpes et du Jura, par M. le professeur J. Brun, de Genève. M. le professeur Brun a publié récemment, sur les Diatomées des Alpes et du Jura, un travail consciencieux fait avec intelligence et surtout avec soin; M. le profes- seur Brun a consacré une grande partie de son existence à récolter, pendant ses excursions avec le Club Alpin, les matériaux qui ont servi à ses études. L'auteur de cette note a eu le plaisir de faire la con- naissance personnelle du professeur Brun et d'admirer sa riche collection de Diatomées et surtout sa série de lentilles, qui est supérieurement belle. Nous croyons être agréable à nos membres en repro- duisant, clans notre Bulletin, les notions préliminaires de son travail. Les conseils de sa grande expérience pour- ront être utiles aux Diatomologues : « Leur place dans la nature. » Les diatomées sont toutes microscopiques et appar- tiennent au règne végétal. — Lors des premières études qu'on en fit, elles furent considérées comme appartenant au règne animal. — Ehrenberg, à cause du curieux mouvement dont elles sont douées, les avait classées, en I8i2, parmi les Infusoires. Mais les nombreux tra- vaux faits depuis, au moyen du spectroscope et de la lumière polarisée, leur analogie frappante avec certaines algues filamenteuses, les Hyalotheca, Zygnema, Spiro- gyra, etc., leur endochrôme, leur respiration et leur mode de reproduction, les mettent indubitablement dans la grande famille des Algues, où elles forment une classe à part et bien définie. BULLETIN DES SÉANCES. LXXIX » Leur abondance. » Ce sont vraiment là de singuliers végétaux. Plus on les étudie, plus on est étonné de voir avec quelle abondance ils sont répandus dans la nature. — Il s'en rencontre presque partout où se trouve de l'eau. Que cette eau soit stagnante ou courante, limpide ou trouble, chaude ou glacée, même dans la neige fondante, des hautes Alpes. Partout l'œil armé du microscope, dé- couvre dans les dépôts de ces eaux, des Diatomées et presque toujours en nombre immense. Leurs germes invisibles sont si ténus (je ne dis pas leurs spores), qu'ils restent flottants dans l'air, passant ainsi d'une contrée à l'autre. Dans les Alpes, ces germes peuvent rester sans périr, des semaines, des mois, sur des rochers arides exposés au soleil, ou dans les glaciers exposés aux plus grands froids, et viennent un rayon de soleil et quelques gouttes d'eau, on les voit apparaître par milliers, par milliards! — (Voir la note que j'ai publiée dans le Bulletin de ta Société belge de Mieroseopie (février 1878) et celle sur le Prolococcus nivalis (Annuaire du Club Alpin suisse, 1875). » Leur clissémi nation a la surface du globe. » C'est l'atmosphère et l'eau qui les disséminent, et ce sont les vents et les pluies qui rendent leur diffusion constante. Une fois sèches, leur excessive ténuité per- met aux tourbillons de l'air de les balayer et de les répandre au loin dans d'immenses étendues de pays et même d'un continent à l'autre. L'air redevenu calme, elles retombent. Les pluies délayant alors partout sur le LXXX SOCIETE BELGE OE MICROSCOPIE. sol et même jusque sur les plus hauts sommets des Alpes cette poussière organique, l'amènent dans les ruisseaux, les marais, les tourbières et les lacs, et là. en toute saison, elles commencent bientôt à vivre. » Cette diffusion distribue assez également les espèces d'eau douce à la surface du globe. Ainsi nous avons en Suisse presque toutes les espèces qui sont indiquées en Saxe, par Rabenhorst; aux environs de Paris, par P. Petit; dans le midi (espèce d'eau douce), par M. Gui- nard ; en Autriche, par M. Grùnow, et dans le haut Tatra des Carpathes, par Schuhmann. » Cependant il y a des espèces qui exigent des condi- tions spéciales. Les unes veulent l'eau salée, ou l'eau calcaire, ou l'eau siliceuse; d'autres exigent une eau par- faitement stagnante et chaude ; d'autres préfèrent l'eau courante et fraîche; d'autres enfin ne viennent en para- site que sur certaines espèces de plantes aquatiques. C'est ce qui fait qu'une même contrée, bien qu'elle reçoive les germes de toutes les espèces, ne permet pas à toutes leur développement; c'est ee qui fait aussi que les Alpes, avec leurs différences si variées d'altitude, de chaleur, de pression et d'humidité, offrent relativement beaucoup d'espèces. J'ai pu récolter en huit ans six cent quatre-vingts types et variétés, et je n'ai pas la pré- tention de les avoir toutes trouvées, bien que j'ai été beaucoup aidé, dans ces actives recherches, par mes amis du Club alpin. Parmi ces espèces, six sont nou- velles. On compte actuellement en tout, dans le inonde exploré, environ six cents espèces d'eau douce bien défi- nies. MI.LETIX l»ES SEANCES. LXXXI » Leur petitesse. » Ehrenberg estimait que dans un pouce cube il pou- vait y avoir quarante et un millions de carapaces de Diatomées. — J'ai trouvé que pour nos espèces il pou- vait y en avoir en moyenne huit mille dans un millimètre cube. D'autres mensurations exactes m'ont montré qu'un millimètre cube pouvait contenir 27 millions d'exem- plaires de la Navicula pelliculosa et quarante millions d'exemplaires de VA chnanth idium delicatulum. Ce sont nos deux plus petites espèces. » Leur Eiidoehrôme. » On nomme Diatomine ou Endochrôme la substance qui se trouve dans l'intérieur de la carapace siliceuse (frustule). Elle est translucide, d'aspect huileux, rétracte fortement la lumière et sa couleur est brune, fauve ou dorée; elle correspond à la Chlorophylle des autres algues vertes. L'endoehrôme, sous l'influence de la chaleur, de l'alcool ou des acides, prend une belle teinte vert-éme- raude. — - Il est épais et visqueux comme du proto- plasma et sa répartition naturelle dans le frustule a lieu tantôt sous forme de plaques chez les Diatomées Plaeo- chromatiques, tantôt sous forme de granulations chez les Coccochromatiques ; voir là-dessus le beau travail de M. Petit et les excellents caractères qu'il a tiré de l'en- doehrôme pour la classification des genres (Bulletin de la Société botanique de France, janvier I S 7 7 , tome xxiu, Pi. 4). » L'Endochrôme est ordinairement immobile ; très rarement on le voit se mouvoir sous forme de granules IAXXII SOCIÉTÉ BELGE LIE H1CROSCOPIE. qui semblent doués d'un mouvement Brownien lent. » Il contient passablement de fer qui se retrouve à l'état de peroxyde quand on calcine les Diatomées vivantes. — 11 résiste longtemps à la putréfaction. — Les espèces que j'ai récoltées dans le Sahara, en 1875, et conservées dans leur eau d'origine avaient encore, quatre ans après, leur endochrôme en bon état. Il était resté translucide et jaune, mais sa forme primitive avait changé et s'était contractée. J'ai vu des Diatomées fos- siles, provenant d'un dépôt considérable en Hollande et enfouies par conséquent depuis bien des siècles, offrir çà et là des exemplaires dont l'endoehrome était encore jaune et transparent quoique devenu plus épais et plus plastique. Ehrenberg, en étudiant le Kieselgùhr du Hanovre , a observé le même fait que cite Kûtzing (Baccilarien, page 15). J'ai pu me convaincre que ceci n'avait lieu que pour les exemplaires arrivés à parfaite maturité et dont les deux valves étaient encore exacte- ment fermées. » Respiration. » Les Diatomées, comme toutes les Algues, respirent (se nourrissent) au moyen du gaz acide carbonique que toutes les eaux exposées à l'air contiennent en dissolu- tion (nutrition gazeuse). — Point d'acide carbonique, point de Diatomées. — Elles s'assimilent le carbone de ce gaz, puis l'oxygène est éliminé et s'échappe peu à peu sous forme de petites bulles. Le carbone sert à la for- mation et au développement de toute la partie molle et extanguible du végétal appelée Thalle. En même temps qu'elles y respirent, elles prennent aussi à l'eau une BULLETIN DES SÉANCES. LXXXIH partie des substances minérales qui y sont en dissolu- tion : du fer, de ['alumine, de la chaux et surtout beaucoup de silice qui vient constituer leur carapace vitreuse, dure et transparente. Si dans une fiole conte- nant de l'eau potable et beaucoup de Diatomées vivan- tes, on fait arriver par un petit tube un courant très lent de gaz acide carbonique et si l'on récolte le gaz qui s'échappe sous l'influence de la lumière, l'expérience prouve que ce dernier gaz est plus riche en oxygène que l'air atmosphérique. » Dépôts calcaires dus aux Diatomées. » Presque toutes les eaux contiennent du calcaire (carbonate de chaux). Le calcaire, il est vrai, est com- plètement insoluble dans l'eau chimiquement pure; mais dès que l'eau contient de l'acide carbonique, ce gaz rend le calcaire légèrement soluble. — Au fur et à mesure que les Diatomées décomposent ce gaz, le calcaire dis- sous se sépare et alors, ou bien il se précipite, ou bien il incruste l'enveloppe mucilagineuse au sein de laquelle ces Algues se développent. Ce sont surtout les sphères gélatineuses, où les Epithemia et quelques Synedra se forment, qui offrent au microscope de jolis groupes de cristaux de calcaire. — Là où l'eau est tranquille, le cal- caire séparé va au fond et forme partiellement la vase des eaux stagnantes; mais si l'eau est courante, les par- celles calcaires sont alors balayées immédiatement avec le courant. » N'oublions pas qu'au fur et à mesure que le gaz acide carbonique de l'eau est décomposé, la même eau dissout à nouveau de ce gaz qu'elle emprunte à l'atmos- phère, gaz qui sert à son tour à dissoudre une nouvelle LXXX1V SOCIÉTÉ BELGE HE M1CROSCOPIE. dose de calcaire. Ces infiniment petites plantes entre- tiennent donc dans les eaux un mouvement constant de molécules minérales et de gaz. Ce rôle est incessant et a lieu l'hiver comme l'été, et M. le comte de Castracane a raison lorsqu'il tend à prouver dans sa brochure (Kome, 1872) que les Diatomées, non-seulement coopè- rent directement par les résidus siliceux qu'elles laissent après leur mort, à former des couches géologiques, mais aussi indirectement par le calcaire qu'elles éliminent constamment du sein des eaux. » Leur carapace siliceuse. » Je ne crois pas qu'il y ait dans la nature des incrus- tations plus merveilleusement organisées que l'enveloppe siliceuse des Diatomées. Aussi leur étude est-elle pleine de charmes. » Ce n'est qu'avec les objectifs à immersion les plus puissants et donnant un grossissement linéaire considé- rable (+ 1000 ou 1500 que l'on est parvenu à résoudre les plus fines stries de certaines espèces. Mais pour la détermination des espèces, un grossissement linéaire de + 500 à 400 est presque toujours suffisant, surtout en employant l'éclairage oblique. Tous les ouvrages traitant du microscope donnent là-dessus les renseignements nécessaires. » Cette enveloppe siliceuse résiste indéfiniment à la putréfaction et reste intacte au fond des eaux une fois la Diatomée morte, formant ainsi dans beaucoup de (outrées des dépôts (Kieselgùhr) considérables et qui ont exigé bien des milliers d'années pour se former. Cette silice résiste aux acides, résiste même à une chaleur BULLETIN DES SÉANCES. LXXXV rouge sombre; mais au rouge-blanc intense elle se ramollit et donne une masse demi-fondue et un peu vitreuse. » Voici trois analyses qui donnent la composition chimique exacte de la carapace fixe des Diatomées. Analyse du Kiselguhr du Hanovre par M. Ziegler (1862) Silice 84,15 Alumine 1,40 Oxyde de 1er 0,70 Manganèse traces Carbonate de chaux 1,75 Carbonate de magnésie 1,10 Potasse 0,25 Eau 10,40 Perte 0,25 100,00 Analyse du Kieselgùhr de Franzenbad par Rob. Hoffmann (1865) Silice "",000 Alcalis 0,401 Magnésie. ... - 0,049 Chaux traces Oxyde de fer et alumine 0,910 Acide phosphorique ...... 0,190 •Eau 6.000 Perte (en partie organique). . . . 15,450 100,000 Analyse d'un Kieselgùhr de Hollande par L. Lossier (Genève, 1878) Silice 84,37 % Phosphate de fer et d'alumine. . . 2,55 Chaux 0,55 Magnésie 0,07 Alcalis 0,60 Eau et matières organiques. . . . 12,68 100/i2 G LXXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MJGROSCOPIE. » Leur mouvement. » On sait maintenant que les spores de toutes les algues sont douées de mouvement dans l'eau, ceci avant qu'elles se soient fixées pour commencer la reproduction d'un nouvel individu ; mais chez les Diatomées c'est l'individu lui-même, c'est le Frustule qui se meut. Ce mouvement a lieu en ligne droite dans le sens de la longueur des valves ; il y a alternativement avancement et recul. — Chez les Navicules, ce mouvement est dû à un courant externe qui s'établit entre le nodule central et l'un des pôles, puis qui change subitement et passe toujours du nodule central à l'autre pôle. Ce courant fait pression contre l'eau ambiante. On s'en rend très bien compte en délayant dans l'eau du carmin ou du bleu d'indigo. On voit les fins granules de ces couleurs courir sur la valve avec le dit courant (L. Smith, Bulletin belge de Microscopie , novembre 1877). J'ai vu ce curieux phénomène sur le Staurorieis Phœnicenteron. — Une chose est certaine, c'est que l'endochrôme ne coopère pas à ce mouvement et que les valves vivantes et mobiles n'ont extéru urement aucun organe, fils ou lamelles, servant à la locomotion. J'ai pu établir que les appen- dices qu'on aperçoit quelquefois à la surface des valves et que plusieurs naturalistes ont pris pour des nageoires ne sont qu'un parasite. » lueurs parasites. » Il n'y a presque pas d'être vivant qui n'ait ses para- sites! Les Diatomées, toutes petites qu'elles sont, ont aussi les leurs. Tant il est vrai que chez les êtres infini- BULLETIN L)KS SEANCES. LXXXWI ment petits on retrouve encore « te combat de la vie » et « la lutte pour l'existence, » et si les gros en généra! mangent les petits, bien souvent aussi, les petits, réunis, tuent les gros. Chez les Diatomées, ces parasites sont toujours d'autres algues. » Cinq Diatomées communes : les Nitzschia lïnearis et sigmoidea, la Synedra splendens et les Cymbella maculata et cymbiforme se trouvent quelquefois chez nous recouvertes d'un parasite filamenteux ayant l'aspect de gros poils transparents, droits, rigides et d'un jaune verdâtre très pâle. Fortement éclairés et à un grossisse- ment considérable (+ 1200) ils apparaissent comme une suite de vésicules réunies en chapelets. C'est le Leptotrix rigiclula Kg. Le frustule vivant n'en est pas gêné dans ses mouvements et lorsque (sous le microscope) il heurte un obstacle au sein de l'eau, on voit ces fils se plier par leur base, puis se redresser et se roidir aussitôt que /'obstacle a passé. L'ébullition dans l'eau, l'action de l'acide nitrique enlèvent ces fils qui ne sont donc pas de nature siliceuse. D'ailleurs la potasse les distend et l'al- cool ne les verdit pas, ce qui prouve aussi chez eux l'absence de Diatomine. » C'est évidemment ce parasite qu'Ehrenberg (PI. 21 , fig. 11, édit, 1858) et dernièrement d'autres natura- listes ont pris pour des cils moteurs (organes fonction- nant comme des rames). Ce que dit Kùtzing (Baccil., page 2(3, et ses fig. Gl, pi. 5 et fig. Il, pi. 7) semble indiquer qu'il estimait aussi que ces appendices faisaient partie de la Diatomée. J'ai une préparation à l'eau où ce même Leptotrix adhère en même temps sur la Synedra parrula et sur l'algue filamenteuse (Zignema) sur Inquelle cette Synedra est elle-même parasite; puis une I.WWIII SOCIÉTÉ ItELGE l>E M1CR0SCOP1E. autre préparation où il adhère à la fois, el sur la Stan- rosira para s il ira et sur la Nitzschia linearïs qui le porte, offrant ainsi le curieux phénomène de trois para- sites superposés dans un espace de cinq à six centièmes de millimètres ! » !,«'»£ r développement. » Toute Diatomée prend naissance dans l'eau et au milieu d'un mucilage peu coloré, translucide et souvent difficilement visible. — Que le point de départ soit un germe, une spore ou le dédoublement par scissiparité, le premier état vital est toujours une masse gélatineuse amorphe au sein de laquelle apparaissent les jeunes frustules. — Les frustules n'ont pas alors leurs stries aussi nettes que lorsqu'elles sont parfaites et libres. Ceci est important à noter et a été la cause de bien des erreurs pour la fixation des espèces, surtout lorsque l'intensité de ces stries donne un des caractères spéci- fiques. » Leur reproduction. » Une fois fixées dans un lieu qui leur convient, leur développement et leur multiplication marchent avec une étonnante rapidité. De nombreuses observations ont établi que leur reproduction a lieu : I" par germes (spo- rules), 2" par dédoublement direct, ci 5° par sacs repro- ducteurs (spores) qui résultent de ce dédoublement. Les sporules sont si ténues qu'elles ont échappé jusqu'à pré- sent à l'œil des observateurs armés des meilleurs lentilles à immersion, comme celles de Spencer, Moss. Powell et Lealand, Zeiss, Hartnack et Prazmowki, etc. (voir le BULLETIN IH-:S SEANCES. LXXMX travail que j'ai communiqué à la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève en mars 1878). Ehrenberg croyait qu'en une heure leur division par cloison pouvait se faire et qu'ainsi en quatre jours une Diatomée pouvait en donner cent quarante billions. — Vne Diatomée, en effet, se dédouble en une heure, mais seulement lors- qu'elle est arrivée au degré de développement voulu pour pour que son dédoublement puisse se faire, car les tra- vaux de W. Smith, Thwait, de Brebisson et mes propres observations ont prouvé qu'il faut en moyenne six à dix jours pour que, de l'état de (ferme, elles arrivent à pou- voir se reproduire. » Leur récolte. » C'est au bord des étangs ou des ruisseaux là où l'eau est peu profonde et bien éclairée que se trouvent surtout ces Algues microscopiques. On reconnaît facile- ment leur présence aux grandes taches glaireuses, jaunes, fauves ou brunes qu'elles forment au fond de l'eau. — Souvent aussi elles constituent cette écume organique, molle, brunâtre ou dorée qui Hotte à la surface des eaux stagnantes. — On les trouve aussi en grande abondance adhérentes sur les surfaces immergées des plantes aqua- tiques. Elles constituent ce mucilage fauve, ou d'un brun clair, ou verdàtre , qui recouvre les pierres sub- mergées, I s piliers des digues, les jetées des lacs, les bois tlottés, etc. — Elles abondent sur les rochers humides des Alpes et du Jura; et là où ii y a des sources permanentes et des cascades ; ou bien là où fondent en permanence les glaciers et les neiges des hauts Névés au contact du rocher chauffé par le soleil. M. SOCIÉTÉ BELGE l>E MICROSCOPIE. » Pour l'étude, il suffit de recueillir ces croûtes, ces écumes mucilagineuses et de les mettre eu fioles avec la désignation du lieu d'origine. Les rochers humides, les cailloux des ruisseaux ou les plantes aquatiques, sont brossés légèrement avec un petit pinceau que l'on secoue dans uue fiole à demi remplie d'eau ou bien on passe délicatement le pinceau sur le limon des étangs, sur le feutre organique, délayant chaque fois dans la fiole ce que le pinceau ramène. A domicile, on laisse reposer le liquide qu'on décante pour n'observer que le dépôt (Voyez plus loin la manière d'en faire des préparations pour le microscope). » A Genève, il n'est pas rare de voir apparaître dans les vases à eau abandonnés dans les appartements , la Nitzschia fusidium et la Navicula pelliculosa. L'eau des bouquets se charge souvent de la Tabellaria floccu- losa et de différents Gomphonema, etc.. Dans le fond du réservoir à eau de nos maisons se trouvent presque toujours Cyclotella Kùtzingniana cl operculata avec différentes Cymbella, pêle-mêle avec beaucoup d'autres espèces de notre lac. » Dans lu plaine, c'est pendant les mois de mais, avril et mai (en un mot à la fin de l'hiver et au prin- temps) que les courses pour les recueillir vivantes sont le plus fructueuses. Au gros de l'été et en automne leur développement cesse partiellement. » Dans les rayions élevées et froides des Alpes, on en trouve encore abondamment au milieu de l'été, surtout dans les lacs alpins, ou dans les hautes tourbières du Jura. — C'est lorsque les torrents des hautes Alpes en hiver s'écoulent limpides des glaciers, qu'ils sont les plus riches en Diatomées, même dans l'eau recouverte BULLETIN DES SÉANCES. XCI de glace. — En été, lorsque la fonte des neiges devient rapide et que leur eau est troublée par le limon qu'ils charrient, cette richesse végétale diminue considérable- ment. — Ceci résulte d'observations que j'ai pu faire lors de nos ascensions d'hiver avec le Club alpin. » Quelquefois, lorsque je voulais recueillir une espèce là où je l'avais trouvée, elle avait disparu, et une autre espèce lui avait succédé. Mais la plupart du temps les espèces peuvent se développer simultanément et en grande abondance sans se nuire mutuellement. — C'est en général au printemps et lorsque toutes les conditions vitales se réalisent le mieux qu'on trouve les espèces bien séparées. — Plus tard, en été, on trouve souvent, au même endroit et à la fois, jusqu'à vingt, trente et même quarante espèces différentes. » Détermination des espèces recueillies. » Premier examen. — Pour déterminer une Diato- mée , il faut d'abord l'observer telle qu'on l'a recueillie et à l'état normal dans une gouttelette étendue sous le couvre-objet au microscope. Un grossissement de 4- 200 ou + 500 linéaire est suffisant. — Toute la partie molle et mucilagineuse, les enveloppes membra- neuses ou bien les filaments, les coussinets, les points tY attache cndroclirôme, etc., sont visibles et fournissent d'importants caractères. Il est bon , pour cet examen des Diatomées vivantes, de les changer de position en appuyant légèrement et par saccades (avec une petite pointe de bois ou de plume) sur le cover qui recouvre la gouttelette qui les contient. On arrive ainsi très bien à en apprécier la forme exacte et le relief des différentes faces. XC1J SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. » Deuxième examen. — On en chauffe ensuite quelque peu au rouge sombre sur une lamelle de fer, de porce- laine ou de platine. La matière organique (endochrôme et choléoderme) qui gêne beaucoup l'observation des valves se charbonne et se brûle. Il ne reste qfle l'enve- loppe siliceuse que l'on nomme Frustule. Ce n'est qu'après cette opération qu'apparaissent alors nettement les belles stries et les dessins variés qui donnent eux aussi d'utiles caractères spécifiques. Il faut pour cela un grossissement d'environ + 100 ou 000 (rarement 1000). )> Manière fie faire le* préparai ion* mieroseo- pique*. » Celui qui voudra se faire un herbier de Diatomées ou autrement dit une collection de préparations toutes prêtes pour l'examen microscopique et conservant indé- finiment leurs caractères distinctifs, devra procéder comme suit : » A. Procédé rapide. » De tous les procédés employés, voici le plus rapide : il faut tout d'abord séparer avec le plus grand soin les Diatomées d'avec la vase ou les débris organiques qui les encombrent. Ceci se fait avec une forte loupe et un très petit pinceau. » On les dessèche (après addition de quelques gouttes d'acide nitrique) dans une petite capsule de porcelaine ou mieux de platine, puis on les chauffe jusqu'à une température inférieure au rouge sombre et on maintient cette chaleur cinq à dix minutes pour que toute la BULLETIN DES SÉANCES. XCIII matière organique s'incinère complètement. Comme cette incinération marche quelquefois difficilement, on l'accé- lère beaucoup en laissant refroidir; ajoutant quelques gouttes d'acide nitrique, puis séchant lentement et chauffant de nouveau ceci deux ou trois fois dans un local bien aéré pour que les vapeurs acides et corrosives ne gênent pas l'opérateur et n'atteignent pas le micros- cope. Le résidu est ordinairement jaune-blanc ; quel- quefois couleur rouge-ocre ta cause du peroxyde de fer provenant de l'endochrôme et des enveloppes gélati- neuses. — On l'arrose d'acide chlorhydrique, on chauffe (mais pas jusqu'à ébullition) et on jette le tout dans un vase de verre à bec, puis on remplit d'eau. Une première décantation sépare le sable qui se précipite rapidement. Une fois que les Diatomées se sont ensuite déposées sous forme d'une légère couche blanche et poudreuse, elles sont lavées à l'eau bouillante par décantation, puis lavées à Veau distillée très pure. — La pureté de l'eau distillée s'essaye en en évaporant quelques gouttes sur une lame de verre parfaitement propre; elle ne doit y laisser aucune trace de dépôt. — On laisse un peu d'eau au dépôt blanc des Diatomées et on l'étend sur la petite plaque de verre dite couvre-objet fcover) et on l'y laisse sécher. » Pour les préparations dites sèches, on fait d'abord sur le verre porte-objet un cercle de bitume mou (cellule) qu'on chauffe, et l'on ne met le couvre-chef (cover) que quand le bitume est très sec; autrement, avec le temps, l'évaporation de l'essence du bitume couvrirait la surface interne du cover de très petites gouttelettes huileuses gênant beaucoup l'observation. Il faut des cover minces ayant en moyenne '/ l0 et au plus 2 /io de millimètre. XC1V SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. » L'adhésion du cover avec le bitume sec de la cellule s'obtient en chauffant près du rouge sombre un morceau de fer et le promenant sur tout le pourtour du cover; il faut appuyer légèrement. L'œil suit facilement le ramol- lissement du bitume et son adhésion immédiate et suc- cessive sur tout le bord du cover. » Pour les préparations dites au baume, il faut (une fois les Diatomées du cover parfaitement sèches) les imbiber tout d'abord avec très peu d'essence de térében- thine et ajouter une goutte de baume Canada demi-vis- queux; puis on applique ce cover sur le slide qu'on chauffe avec soin à la lampe à esprit de vin jusqu'à ce que le baume commence à entrer en ébullition. A ce moment, on enlève immédiatement la flamme. Le baume est alors suffisamment desséché pour adhérer fortement. — L'essence de térébenthine a pour but d'enlever (par la tension de sa vapeur) les bulles d'air qui restent sou- vent dans l'intérieur des valves siliceuses (1). Ce procédé donne des préparations très pures et d'une grande beauté, mais il faut éviter avec soin une chaleur trop forte, car il y a des Diatomées dont les valves sili- ceuses sont si minces que même la chaleur rouge sombre les ramollit et les déforme. Telles sont par exemple les valves de YAmphipleura pellucida, celles des Navicula pelliculosa, oculata, levissima, Baccilum, et appendi- culata ; celles du Synedra gracilis et tenera et celles des Nilzschia Pectcn, Palea etparvula, etc. » Si donc un premier examen au microscope a dénoté la présence des espèces délicates précitées, il faut agir de la manière suivanîe : (1) Au lieu d'essence, M. P. Petit préfère une dissolution filtrée de gomme Damar dans le chloroforme. BULLETIN HF.S SÉANCES. XCV » B. Procédé lent. » Les Diatomées sont légèrement chauffées (au soleil ou sur un fourneau chaud) avec de l'acide ehlorhydrique auquel on ajoute peu à peu de petits cristaux de chlorate de potasse. On laisse agir le chlore plusieurs jours (en agitant souvent) jusqu'à ce que les Diatomées aient viré au fond au blanc. Si l'endochrôme ne se détruit pas ainsi entièrement, il faut enlever par décantation le liquide acide et faire agir l'ammoniaque caustique aqueux (alcali volatil) pendant un ou deux jours. Cet alcali est décanté, puis on intervient encore pendant quelques jours avec de l'acide nitrique concentré froid. (L'action de l'alcali vis-à-vis de l'acide fonctionne au travers de la silice des valves par endosmose, et ce courant interne détruit très bien l'endochrôme et le coléoderme.) — Les lavages et la dessiccation se font ensuite comme il est dit en A. — Je recommande ce procédé : il est long, mais il est excellent, et en le suivant exactement il donne des préparations remarquablement belles. >> G. Préparations types. » Une fois les Diatomées bien lavées et séchées sur le slide, on peut les trier et choisir les plus beaux exem- plaires de manière à faire des préparations ne contenant qu'une seule espèce type. Ceci se fait au prisme redres- seur, à un grossissement de -f 100 ou 150, avec un poil de pinceau servant à les détacher et à les transporter une à une sur un cover, au centre d'un petit cercle préala- blement dessiné au vernis rouge, bleu ou noir. — Ce cercle se met facilement au point et permet ainsi de les retrouver rapidement (E. Mauler, P. Petit). Le slide doit XCV1 SOCIETE bel«;e de microscopie. préalablement être recouvert d'une couche excessivement mince de glycérine servant à fixer les Diatomées qu'on y dépose (Van Heurck). Une légère chaleur volatilise ensuite cette glycérine. Les préparations faites ainsi sont nettes et fort commodes, mais elles demandent du temps et beaucoup d'adresse. Obs. Le procédé de fusion avec le nitre n'achève pas aussi bien la destruction des matières organiques que l'action de la chaleur alternant avec celle de l'acide nitrique ; puis le nitre fondu se fissure en se solidifiant et brise ainsi beaucoup de valves. — D'autre part, le traitement à chaud avec l'acide sulfurique à chaud et une solution de chlorate de potasse altère les valves et les cor- rode lorsqu'elles sont riches en silicate d'alumine ou de chaux. Séance du 29 juillet 1880. Présidence de M. le D 1 Casse, Membre di Conseil. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Delogne, Gravis, Lefèvre, Prinz, Ravet, Rutot et J. F. Cornet, secrétaire. Le procès-verbal de la dernière séance est adopté. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de remerciments de la Société des natura- listes dinantais. Une lettre de M. Jabez Hogg, accompagnant un travail destiné aux Annales de la Société. BULLETIN DES SÉANCES. XCV11 Dons et envois reçus en échange : De la part des Académies : royale des sciences, lettres et beaux-arts de Belgique, royale de médecine de Belgique, des sciences de Saint-Pétersbourg , /. et R. des sciences de Vienne, de Borda à IJax, des sciences, arts et lettres du Hainaut , I. et R. de géologie de Vienne, diffusion des sciences naturelles de Vienne, géologique de Rome, impériale des naturalistes de Moscou. Des Sociétés : royale des sciences médicales et natu- relles de Bruxelles, Entomologique de Belgique, Mala- cologique de Belgique, belge de photographie, royale de Botanique de Belgique, d'étude des sciences naturelles de Nîmes, Microscopical Society of Victoria, d'histoire naturelle de Cassel, française de photographie, des sciences naturelles de Brunn, royale de microscopie de Londres, sciences naturelles de Harlem, des natura- listes de Berne, Linnéenne de Bordeaux, sciences phy- siques et naturelles de Bordeaux. Des directions : Moniteur industriel, Athenœum belge, Bulletin du Musée de l'industrie, Revue bryolo- gique, Zoologischer Anzeiger, Bolanische Centralblatl, Feuille des jeunes naturalistes, Naturaliste canadien, Journal de micrographie, Science Gossip, Revue des sciences naturelles de Montpellier, Bulletin de la Société médico-chirurgicale de la Havane. De la part des auteurs : Recherches sur l'appareil excréteur des Trématodes cl des Cesloides, par M. Julien Fraipont. Proboscis o( the house-jly, par M. G. Macloskie, brochure offerte par M. S. Lookwood. XCV11I SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPfE. De la part de M. ï. C. Winkler, de Haarlem : a) Mémoire sur les poissons fossiles des lignites de Sieblos. b) Sur quelques dents de. poissons fossiles de iOligo- cêne inférieur du Limbourg. c) Description de quelques restes de poissons fossiles des terrains triasiques des environs de Wurzbourg. L'assemblée vote des remercîments à MM. Fraipont, Lookwood et Winkler. Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission, comme membres effectifs : a) De M. Roussel, ingénieur, présenté par MM. Rutot et Cornet. b) De M. Lammens, docteur en médecine, présenté par MM. Casse et Cornet. MM. Roussel et Lammens sont élus membres effectifs de la Société. M. le docteur Casse, président, prend la parole en ces termes : Messieurs, je suis heureux de vous ap- prendre que notre excellent collègue, M. Gravis, vient de recevoir aujourd'hui le diplôme de docteur en sciences naturelles avec acclamations du jury. Au nom de la Société, je félicite de tout cœur notre ami Gravis du magnifique succès qu'il vient d'obtenir. Nous devons être heureux et fiers, Messieurs, de voir nos membres se distinguer d'une façon aussi éclatante que vient de le faire M. Gravis; je vous propose de l'acclamer à notre tour. (Applaudissements.) BULLETIN DES SEANCES. XC1X M. Gravis remercie l'assemblée des paroles sympa- thiques que vient de prononcer l'honorable président; il assure, aujourd'hui qu'il a des loisirs, tout son concours à la Société. M. le docteur Casse : Messieurs, Au dire de nos compatriotes et des étrangers , l'exposition de la Société belge de microscopie est certes l'une des plus intéressantes parmi les expositions scientifiques de notre Exhibition Nationale. Ce succès, Messieurs, nous le devons pour la plus grande part à notre infatigable secrétaire, qui a consacré à sa réussite et son temps et ses peines. Je saisis cette occasion pour le féliciter du succès que nous obtenons en ce moment et je joins à ces félicita- tions nos remerciments les plus sincères pour la manière dont il a organisé, malgré toutes les difficultés, cette exposition. Nous avons toujours vu notre secrétaire sur la brèche lorsqu'il s'agissait de défendre les intérêts delà Société de microscopie; il a montré une fois de plus qu'il était digne de toute notre confiance et qu'il a droit à notre entière reconnaissance. M. Cornet, secrétaire, remercie l'assemblée des paroles bienveillantes que vient de prononcer M. le docteur Casse et propose à l'assemblée, afin de conserver le sou- venir écrit de l'exposition, de procéder à la rédaction d'un travail complet sur les objets exposés. Cette proposition est adoptée par l'assemblée; M. Cor- net est chargé de rédiger ce travail. M. Casse, président, croit qu'il y aurait utilité à or- ganiser, à l'exposition, le jeudi de chaque semaine, une série de conférences, ainsi que des démonstrations, sur i; SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. des sujets micrographiques, auxquels seraient conviés les membres les plus assidus de la Société. M. Cornet adhère à cette proposition si un nombre suffisant de membres veulent bien lui prêter leur con- cours; il s'engage à prendre des mesures immédiates et de commencer les conférences à bref délai; il fait appel à la bonne volonté des membres. — Adopté. Travaux des membres. M. Cornet présente, au nom de M. le docteur Jabez Uogg, un travail avec planche sur le Cercaria. Ce travail est envoyé, pour traduction et rapport, à MM. Miller et Cornet. M. Cornet donne lecture de la note ci-dessous, relative au Synopsis des diatomées de Belgique du docteur H. Van Heurck. Notre honorable vice-président, M. H. Van Heurck, dont la réputation, comme diatomologue, est solidement et universellement établie, vient de faire paraître le pre- mier fascicule de son Synopsis des diatomées de Bel- gique. Ce premier fascicule contient 10 planches; un second, contenant 17 planches, paraîtra en octobre et terminera les Raphidés. Tous ceux qui s'occupent de l'étude des Diatomées se souviennent des difficultés dont a été entouré leur début ; un travail classique faisant défaut. Notre collègue vient de combler remarquablement cette lacune. BULLETIN DES SÉANCES. Cl Il manquait jusqu'ici un travail permettant au débutant et même au diatomologue exercé d'identifier, d'une façon certaine, la plupart des types que l'on rencontre le plus souvent. Le travail de William Smith pourrait seul faire exception, mais il est aussi cher que difficile à trouver et n'est plus au courant de la science. Les ouvrages de Kutzing et d'Ehrenberg, faits avec des objectifs défectueux, sont de véritables dédales où le micrographe le plus exercé se perd. Grâce à de vastes collections originales de Kutznig, Eulenstein, Walker-Arnott, etc., surtout de ce dernier; M. Van Heurck a pu concevoir le projet de débrouiller le chaos dans lequel se trouvait l'étude des diatomées ; grâce à son infatigable persévérance et. au concours pré- cieux de l'illustre diatomologue Grùnow, il a pu mener son travail à bonne fin. Pour parfaire l'utilité complète de l'ouvrage, l'auteur a figuré non-seulement toutes les espèces de Belgique, mais encore toutes les formes des pays voisins qui peu- vent être rencontrées en Belgique. Pour les groupes très difficiles ou très embrouillés tels que les Radiosées, Gomphonemées, Synedrées, etc., l'auteur a figuré les espèces connues du monde entier. A tous les points de vue, ce travail se recommande aux diatomologues, il est appelé à rendre d'immenses services à cette branche si importante et si instructive des sciences naturelles. M. Cornet donne lecture de la note suivante : M. Saville Kent, le savant membre de la Société de microscopic de Londres, si connu dans le monde scien- tifique pour ses travaux remarquables sur les organism< s 7 Cil SOCIÉTÉ BELCE DE M1CR0SC0P1E. inférieurs, annonce la publication prochaine d'un Traité complet sur les infusoires en général. Ce travail contiendra 800 pages de texte et i8 planches gravées avec le plus grand soin, contenant plus de 2000 figures. Les derniers travaux d'Ehrenberg, de Dujardin, de Prittchard, etc., datent déjà de longtemps; un travail complet sur cette matière s'imposait impérieusement. M. Saville Kent vient de combler cette lacune ; il n'est pas de doute que, avec le talent que nous lui connaissons, il ne l'ait fait avec cette supériorité de vue qui caractérise les travaux de cet éminent naturaliste. M. Cornet signale à l'attention de l'assemblée un travail important et les photographies de M. J. J.Wood- ward qui sont exposés, desquels il résulte que les sculptures des P. angulatum et formosum sont bien réellement des élévations et non des dépressions. M. Prinz montre à la Société quelques préparations taillées dans les produits de décomposition d'une hache en bronze trouvée dans le district de Preanger, île de Java. L'auteur pense qu'un examen approfondi de ces lames minces lui fournira la confirmation des faits qu'il a énoncés dans le travail présenté à la Société (tome V). Il insiste sur les différences existant entre ces produits et ceux décrits précédemment. Dans les fragments examinés , la cuprite manque à peu près complètement. A part quelques petits fragments répandus dans la malachite terreuse, tout le protoxyde a déjà subi la transformation en mala- chite fibro-cristalline. Ce dernier élément ne se montre pas sous la forme de nodules isolés, à surface lisse, dé- crits dans la note précitée: il est presque totalement BULLETIN DES SÉANCES. C1II changé en azurite radiée. Chacun des bâtonnets dazu- rite se termine par un pointement de cristal et, à l'inté- rieur, on voit encore des couches concentriques de mala- chite fibro-radiée non transformée. Cette transformation de la malachite fibreuse n'avait été observée que rare- ment sur les bronzes équatoriens. C'était la variété ter- reuse qui avait surtout subi le changement en carbonate bleu. Les transformations successives paraissent donc s'être faites dans le même ordre que celles observées sur les bronzes de l'Equateur. Un élément accessoire, la tenorite (CuO), s'est déve- loppé en beaucoup plus grande quantité. Les excrois- sances vert brunâtre trouvées sur le bronze de Java sont formées de particules terreuses cimentées par la tenorite et des carbonates de cuivre. L'ordre du jour étant épuisé, la, séance est levée à 9 1/2 heures. COMPTE-RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE I. ANALYSE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES DÉPOSÉES A LA SÉANCE. M. Willems, correspondant de l'Académie royale de médecine de Belgique, a donné lecture d'une note sur l'inoculation préventive de la plcuropneumonie conta- gieuse des b'tes bovines. Il résulte d'un rapport, au sujet de l'application de la loi du 18 août 1878 qui rend l'inoculation obligatoire en Néerlande, que le fléau a tellement diminué dans le royaume des Pays-Bas qu'il n'n plus été constaté que 157 Cl\ SOCIÉTÉ BELGE I>K MICROSCOI'IE. cas de maladie, dans 27 communes, pendant le cours de l'année 1879, ce qui donne une diminution sur l'année antérieure de 554 sujets malades; 24,390 bêtes bovines ont été inoculées en 1879 aux environs de Schiedam. Il serait à désirer, dit M.Willems, que l'inoculation fut rendue obligatoire en Belgique, comme cela se pra- tique en Hollande. L'existence du microbe de la pleuropneumonie ne peut plus aujourd'hui faire l'objet d'aucun doute; un grand nombre d'observateurs l'ont constaté et M. Pas- teur écrit que lui aussi a vu le corpuscule germe dans les produits de la pleuropneumonie exsudative. Le microbe de la pleuropneumonie exsudative a été cultivé avec succès par MM. Verriest, Bruylants et Cousot, et c'est avec ce liquide de culture que M. Wil- lems a inoculé, cbez MM. les distillateurs de la ville de Hasselt, 00 animaux de l'espèce bovine. MM. Bruylants et Verriest, professeurs à l'Université de Louvain, ont soumis à des cultures successsives le micrococcus observé dans le tissu pulmonaire enflammé de bêtes atteintes de pleuropneumonie. Les liquides de culture dont ils se sont servis de pré- férence sont du bouillon de muscles de bœuf, du bouillon de poumon et une solution d'extrait de Liebig. Ces liquides, ensemencés et soumis à une température de r>8 à i0°, ont donné une abondante multiplication au bout de vingt-quatre heures. Les liquides cultivés, inoculés à un grand nombre de bœufs, ont donné des pustules absolument semblables à celles obtenues par l'inoculation directe du sérum re- cueilli par incision du poumon. 11 est à remarquer (pie ces inoculations sont restées BULLETIN DES SÉANCES. CV exemptes de complications phlegmoneuses, qui se pré- sentent assez fréquemment dans l'inoculation directe, ce que les auteurs croient dus à un mélange de matières septiques. MM. Bruylants et Verriest poursuivent leurs expé- riences et leurs études; ils sollicitent l'appui du gouver- nement à cette fin. Spirojg^ri'a «les environs «le Paris par M. P. Petit. Paris,' Jacques Lechevalier, issO. Broch. de (Op. in-8» avec 12 planches. « L'étude et la détermination des Spirojijm ne sont pas toujours choses faciles, à cause de la nombreuse synonymie de presque toutes les espèces et des difficultés que l'on rencontre à se procurer les ouvrages dans les- quels sont répandues les figures. » M. P. Petit qui, depuis une quinzaine d'années, s'oc- cupe avec succès de recherches algologiques, a publié en 187 i des observations critiques sur les genres Spirogyr'a et Rhynchonema, ainsi qu'une liste de 26 espèces (1). Récemment, il vient de réunir en un seul fascicule les descriptions et les figures de toutes bs espèces qu'il a rencontrées aux environs de Paris. Ces espèces sont actuellement au nombre de 56 et com- prennent, par conséquent, presque tous les types connus en Europe. Après l'énoncé des caractères du genre et un tableau de la classification des espèces, l'auteur donne, pour chaque espèce en particulier, une synonymie complète, (l , Bull. Soc. bot. de France, i. XXI, 1*71. CVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. une description précise, l'indication de la station et de la date de la récolte, et enfin des observations sur l'ha- bitat, les particularités, etc., du type et des variétés qui s'y rattachent. Pour chaque espèce aussi, il a figuré à la chambre claire et d'après des préparations microscopiques, un filament à l'état végétatif et un autre à l'état de conju- gaison. Toutes les figures sont dessinées au grossisse- ment uniforme de 200 diamètres, ce qui rend les com- paraisons faciles. Ajoutons que M. P. Petit fait usage, comme unité micrométrique, du micro-millimètre et qu'il fixe de la manière suivante le rapport de cette unité aux autres mesures employées : (j, = 0" '001 - 0000598" = 4 " -2-254 France. Angleterre Allemagne et Amérique, (Olim). Il est vivement à désirer que l'emploi du fj. comme unité micrométrique se généralise rapidement. En résumé, nous croyons que la monographie du genre Spirocjyra par M. P. Petit sera utile à tous ceux qui s'intéressent à l'étude des algues d'eau douce et qu'elle peut servir de modèle aux travaux de ce genre. ■>c reiiclocliroiiic «le* l>iaE M1CR0SC0P1E. quelque raison pour voir dans le Cicer une forme anees- trale par rapport aux autres Viciées; mais l'auteur si- gnale aussi une difficulté : le suspenseur du Cicer com- porte moins de cellules que les suspenseurs de plusieurs autres Viciées ne renferment de noyaux libres; ceux-ci ne représentent donc pas simplement un développement abrégé de celui-là. L. Errera. ï ne nouveau liquide eoiiservateiu*. Le n° 45 (1879) du Zoologischer Anzeiger de Victor Carus donne la formule d'un liquide conservateur com- posé par M. Wickersheimer. Ce liquide est appelé à rendre de grands services aux anatomistes, aux entomo- logistes, et même aux botanistes puisqu'il conserve, d'après l'auteur, aux cadavres, plantes, etc., toute leur souplesse, leur fraîcheur et même leurs couleurs. On le prépare de la manière suivante : On dissout dans 5,001) grammes d'eau bouillante, 100 gr. d'alun, 25 gr. de sel marin, 1*2 gr. de salpêtre, 00 gr. de potasse et 10 gr. d'acide arsônieux. On laisse refroidir et l'on filtre. La li- queur ne doit pas avoir d'odeur ni de couleur. On ajoute à 10 litres de la solution filtrée, 4 litres de glycérine et I litre d'alcool métbylique. Si l'on se propose de sécher les animaux ou végétaux à préparer, il suffit de les faire macérer de 6 à 12 jours, suivant leur volume, dans le liquide conservateur, puis de les sécher à l'air. Les tendons, muscles, etc., ainsi (pie les crustacés, insectes, etc., conservent leur sou- plesse et peuvent être employés en tous sens sans se rompre. BULLETIN DES SÉANCES. CXVH Les organes tels que poumons, intestins, etc., seront au préalable remplis de liquide, puis déposés dans le bain. A leur sortie, on les vide et on les gonfle en y in- sufflant de l'air. Les objets devant conserver leur couleur, ainsi que les plantes, ne seront pas séchés mais conservés dans la liqueur. Si les cadavres doivent séjourner à l'air pendant un certain temps avant d'être employés, il suffira de les in- jecter avec le liquide conservateur. L'épiderme brunit un peu, il est vrai, et il perd de sa fraîcheur; mais ces inconvénients peuvent cependant être évités. Il suffit de frictionner extérieurement le corps avec la solution et de le conserver dans un vase hermétiquement clos. En un mot, l'emploi du liquide conservateur varie suivant le résultat que l'on se propose d'obtenir, mais sa composi- tion reste toujours la même. Séanee du 2G août 1S80. Présibence de M. le D' Casse, Membre du Conseil. Le procès-verbal de la séance du 29 juillet est adopté. Le secrétaire annonce la mort de M. Paul Brouez, membre associé. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Brun, membre correspondant à Ge- nève, présentant quelques observations en réponse aux CXVI11 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOIPE. critiques formulées par M. Grûnow, dans le Centralblatt, au sujet de son travail sur les Diatomées des Alpes et du Jura. Une lettre de M. le docteur Matteo Lanzi, membre correspondant à Rome, au sujet de sa demande d'échange de publications avec l'Académie pontificale die Lincei. Dons et envois reçus en échange : De la part des Académies : royale des sciences, lettres et beaux-arts de Belgique ; royale de médecine de Belgique. Des Sociétés : royale des sciences médicales et natu- relles de Bruxelles, Entomologique de Belgique, Mala- cologique de Belgique, belge de photographie, royale de Botanique de Belgique, d'étude des sciences naturelles de Nîmes, française de photographie, royale de mi- croscopie de Londres. Des directions : Moniteur industriel, Athenœum belge, Bulletin du Musée de l'industrie, Revue bryolo- gique, Zoologiscber Anzeiger, Botanisclie Centralblatt, Feuille des jeunes naturalistes, Naturaliste canadien, Journal de micrographie, Science Gossip, Renie des sciences naturelles de Montpellier, Bulletin de la Société médico-chirurgicale de la Havane; Bulletin scientifi- que du Nord. L'assemblée vote des remercîments à M. J. Thoulet, Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission comme membre de : M. D'Allemagne, étudiant en médecine, présenté par MM. Errera et Casse. M. D'Allemagne est élu membre associé. BULLETIN DES SÉANCES. CXIX Propositions de membres. M. Cornet propose de demander l'échange et, an be- soin, de prendre un abonnement aux Archives de Bio- logie de MM. Van Beneden et Van Bambeke. Cette proposition est adoptée. L'assemblée charge M. Casse de demander l'échange avec les Annales de médecine vétérinaire. Travaux des membres. M. le professeur Brun nous adresse la note suivante : « J'ai vérifié les observations que M. Grùnow a publiées, dans la Botanisclic Centralblatt (pages 248 à 254), sur mon ouvrage des Diatomées des Alpes et du Jura. Ses critiques sont approfondies et bien faites, je le reconnais. Elles se basent surtout sur un manque de précision dans les synonymies, mais je crois que c'est là un défaut qu'il est impossible d'éviter complètement. Du reste, son point de vue, relativement à l'étude des diatomées, est autre que le mien. » Pour. ma part, je me suis efforcé de vulgariser cette étude avec un petit ouvrage bon marché. J'ai surtout désiré le mettre à la portée des étudiants, et pour cela, j'ai cherché à réduire utilement le nombre des genres et des espèces. Peut-être ai-je exagéré cette tendance! » Il est certain qu'il est bien difficile d'établir la synonymie exacte des espèces décrites et nommées par les premiers auteurs : Ehrenberg, Brebisson, Kùt- zing, etc., du moins, je n'y suis pas parvenu; car leurs descriptions ne parlent pas de plusieurs caractères actuel- lement admis. J'ai considéré comme synonymes les espèces qui, dans le champ d'un microscope d'étudiant, CXX SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE. à un grossissement de 250 en moyenne, n'offrent pas de différences bien sensibles. Il est vrai que de très fortes et bonnes lentilles augmentent beaucoup le nombre des caractères distinctifs ; mais les étudiants et le plus grand nombre de ceux qui travaillent au microscope, n'ont pas de lentilles à immersion, ni de condensateurs, et ne peu- vent observer quedifïicilement ces derniers caractères. J'ai observé aussi qu'en général, l'obscurité du champ visuel de très fortes lentilles, ou bien des descriptions très longues, les découragent. C'est pour cela que j'ai fait mes descrip- tions courtes et que je n'ai pas décrit, ni indiqué (avec fi- gures à l'appui) les différences qu'offrent entre elles les espèces que je considère comme synonymes. Ces utiles mais minutieux détails m'auraient amené à donner à mon ouvrage un beaucoup trop grand développement, et en auraient fait un ouvrage beaucoup plus coûteux. » Quiconque voudra approfondir l'étude des diato- mées (espèces d'eaux douces et marines réunies), fera bien d'acheter des ouvrages plus complets que le mien, et sous ce rapport, je suis convaincu qu'il ne pourront mieux faire que de se procurer le bel ouvrage que MM. Van Heurck et Grùnow publient actuellement sur les diatomées de Belgique. » M. Cornet donne quelques nouveaux détails au sujet de l'inoculation de la pleuropneumonic exsudative, inoculation qui semble devoir prendre une extension telle que l'on peut prévoir, dès aujourd'hui, que dans un avenir peu éloigné, l'on découvrira le vaccin propre à préserver l'humanité, aussi bien que les animaux domestiques, des maladies épidémiques qui causent par- fois de si grands ravages. BULLETIN DES SEANCES. CXX1 Il y a longtemps que le docteur Salisbury, de Cleve- land, a émis cette opinion que la plupart des maladies, qui atteignent l'homme, sont dues à des germes caracté- ristiques à chacune d'elles. Cet honorable savant, dans son travail sur le traite- ment des affections pulmonaires, affirme pouvoir dia- gnostiquer, par l'examen microscopique du sang, la maladie, bien avant que celle-ci présente le moindre symptôme de lésion organique, et il apporte à l'appui de son opinion des microphotographies qui ne permet- tent pas de mettre en doute l'existence des germes. Le docteur E. Cutter, un de ses plus zélés partisans, est parvenu à reproduire, au moyen d'un objectif de 1/75 de pouce, du célèbre opticien Toiles, des images de nombreux parasites microscopiques du sang. Il est à regretter que l'usage de la microphotographie ne soit pas encore répandu en Europe pour ce genre de recherches. Son emploi jusqu'ici a fourni la preuve incontestable qu'elle peut rendre d'immenses services à la science médicale. C'est Pasteur qui, le premier, a formulé l'opinion que l'on pourrait, au moyen d'inoculations préventives, se préserver des maladies épidémiques, tout comme on se garantit aujourd'hui de la variole par la vaccination. Bien que la question soit à peine posée, déjà de toutes parts l'on est en pleine expérience. M. Bouley, directeur de la célèbre école d'Alfort, d'une part, M. Toussaint, professeur à l'école vétéri- naire à Toulouse, et M. Pasteur à Paris, rivalisent de zèle, d'intelligence et d'activité. M. Toussaint vaccine les moutons, et les rend com- plètement réfractaires au charbon. CXXII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. M. Pasteur est parvenu, par des vaccinations, à l'aide d'un virus atténué, à mettre les gallinacés à l'abri de la maladie contagieuse, connue sous le nom de choléra des poules. La parole est ensuite donnée à M. A. Fœttinger. Après avoir exposé d'une façon sommaire les connais- sances actuellement acquises sur la structure des mus- cles, des fibres et des fibrilles musculaires, M. Fœttinger fait part à l'assemblée de ses recherches sur les termi- naisons des nerfs dans les muscles striés des insectes (i). En voici le résumé : Lorsque l'on étudie des fibres musculaires enlevées à un insecte tué par l'alcool (tel que Chrijsomela cœrulea, Lina tremulœ, Passalus glaberrinus, etc.), l'on observe à la surface des faisceaux primitifs de petits amas proto- plasmiques, coniques, d'où partent des fibres nerveuses. Ces amas granuleux sont les plaques terminales des nerfs moteurs, ou cônes de Doyère. Ces plaques sont si- tuées à la surface du faisceau en nombre plus ou moins considérable et disséminées sur tout le pourtour de la fibre. On rencontre jusque neuf cônes nerveux sur une longueur de 1 millimètre. Ceux-ci sont placés plus ou moins loin l'un de l'autre; parfois l'on rencontre deux plaques situées aux extrémités d'un même diamètre transversal de la fibre musculaire. L'observation a fait voir que la contraction commence toujours au niveau des plaques terminales et seulement en ces points. Quelques auteurs avaient déjà fait entrevoir ce fait, (1) A. Foettinger. Sur les terminaisons des nerfs dans les muscles des insecles {Archives de biologie, de Ed. Van Dcncden et Ch. Van Bambeke, vol. I, 1880, p. 279, pi. X). BULLETIN DES SEANCES. CXXIIt mais ils n'étaient pas suffisamment explicites. Pour eux, la contraction commence dans le voisinage de la plaque terminale. Or, la contraction débute immédiatement en dessous du cône nerveux ; c'est-à-dire que les points qui sont en contact direct et immédiat avec la plaque ner- veuse se contractent les premiers. Lorsque, par l'alcool ou l'acide osmique, on tue une fibre musculaire, si celle-ci commence à se contracter, l'action de ces agents chimiques sera de fixer la fibre au début de sa contraction, et l'on obtiendra ce que l'on a appelé onde latérale. Celle-ci n'est qu'une portion plus ou moins étendue de la fibre musculaire ayant subi la contraction. Dans ces ondes latérales, la striation transversale prend un aspect rayonné, et les points les plus contractés correspondent au centre de la plaque terminale; ce maximum de contraction se trouve au point le plus culminant de l'onde latérale. Lors de la production de cette dernière, la fibre musculaire se gonfle, en effet, plus d'un côté que de l'autre, de là aussi le nom d'onde dissymétrique ou onde partielle. Si la contraction n'était pas enrayée par l'alcool ou l'acide os- mique, cette onde latérale deviendrait onde totale. Dans l'onde totale, la contraction est la même dans toute l'épaisseur de la fibre; celle-ci est gonflée en un certain point de son trajet et cela d'une façon assez uniforme. Au milieu de cette onde complète se trouve le cône de Doyère. Entre deux plaques terminales, il n'existe pas d'onde latérale, ce qui est surtout prouvé par ces cas où l'on a deux plaques terminales très voisines l'une de l'autre et séparées seulement par un petit nombre de cases mus- culaires. CXXIV SOCIETE BELGE DE MICROSCOIME. II faudrait aussi prouver que partout où il y a une onde latérale, il y a une plaque nerveuse. Mais la dé- monstration ne peut être rigoureuse, car la dilacération par les aiguilles doit enlever un assez grand nombre de plaques. Toutefois, dans l'immense majorité des cas où Ton s'adresse à des fibres peu dilacérées et entourées d'une petite quantité de trachées, le doute n'est pas pos- sible, et l'on reconnaît que toutes les ondes latérales possèdent une plaque nerveuse. Une des questions à l'ordre du jour de la physiologie des muscles, la contraction idio-musculaire, pourra peut-être être élucidée en se basant sur ce fait que la con- traction commence au niveau des plaques terminales, mais les essais tentés jusqu'à présent n'ont pas donné de résultat. Pendant la contraction, le strié transversal de la fibre musculaire change, et l'on peut étudier ces changements soit en observant dans le sens de sa longueur une fibre contractée, soit en observant une onde latérale. Dans certains cas, en effet, l'onde partielle montre de droite à gauche, par exemple, tous les passages, depuis l'état de repos jusqu'à l'état de contraction complète. Les plaques terminales chez les insectes (hydrophile notamment) possèdent certaines particularités intéres- santes. L'étude de ces plaques chez un insecte tué par injection d'acide osmique à 1 p. c, et durci à l'alcool, fait voira leur intérieur des stries plus ou moins nettes qui, partant du point (Centrée de la fibre nerveuse, vont aboutir aux disques intermédiaires. Ces stries ne sont pas dues à des trachées. Car, bien que les troncs trachéens se divisent au sommet des cônes de Doyère et envoient leurs branches sur toute la surface BULLETIN DES SEANCES. CXXV des plaques terminales, les ramifications trachéennes ont un double contour, un trajet onduleux, un aspect et un éclat tout différents de ceux de ces stries. Celles-ci ne sont pas dues non plus à des plis de la membrane qui enveloppe la plaque, plis qui seraient produits par suite de traction latérale de la fibre ner- veuse. Le nombre de cas observés et la régularité de ces stries ne s'accordent pas bien avec l'hypothèse de plis. Enfin, on observe parfois plusieurs plans de ces stries. Ces stries sont les fibrilles terminales du cylindre- axe. Elles sont parfois remplacées par des traînées de granulations, comme si le réactif employé les avait dé- composées, et elles partent du point d'entrée de la fibre nerveuse dans la plaque pour converger vers les disques intermédiaires. Dans les diverses phases de la contraction où les dis- ques intermédiaires ont disparu, ces fibrilles arrivent aux disques qui remplacent les disques intermédiaires de l'état de repos. Le nombre des fibrilles est souvent inférieur à celui des disques intermédiaires couverts par la plaque. Lorsque l'on traite une fibre musculaire par certains agents chimiques, tels que la potasse caustique en solu- tion faible, les solutions de chlorure sodique, l'eau dis- tillée, etc., on parvient à détacher les plaques de la fibre musculaire. Mais cette séparation n'est pas complète; certains points de la plaque restent reliés à la fibre mus- laire par des traînées granuleuses qui vont des disques intermédiaires à la plaque nerveuse. Le cylindre-axe semble se diviser en fibrilles qui vont innerver les dis- ques intermédiaires. Ily a donc continuité directe entre le muscle et lenerf. CXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. L'hypothèse d'un réseau nerveux à l'intérieur de la fibre musculaire ne peut évidemment plus subsister. L'irritation se transmet directement des fibrilles ner- veuses aux disques intermédiaires, et de là se propage dans toutes les directions, à partir des points excités pris comme centres. M. Cornet présente quelques observations sur l'unité micrométrique : Les micrographes américains, dans le dernier Congrès tenu à Bufïalo, se sont occupés de rechercher une solu- tion à l'importante question de l'unité micrométrique. Tandis que dans la plupart des États européens il est fait usage du & pour les mesures micrométriques, nos confrères de l'Angleterre et des États-Unis continuent à employer les subdivisions du pouce anglais. L'unité géodésique, tant anglaise qu'américaine, est le yard, avec ses subdivisions en trois pieds, le pied en douze pouces et le pouce en douze lignes ; l'étalon métal- lique de cette mesure est conservé à l'Echiquier de Westminster. Le yard a pour unité théorique la longueur d'un pen- dule battant la seconde dans ses oscillations isochrones, étant données des conditions spéciales de température, d'altitude, de lieu, etc. Aussi le grand défaut du système anglais et américain n'est-il pas dans le choix de l'unité fondamentale mais dans l'absence d'une unité micrométrique uniforme; c'est ainsi que l'on pourrait dire que chaque auteur pos- sède une unité spéciale, variant du cinquantième au douze centième de pouce ; M. le docteur Pelletan, le savant directeur du Journal de micrographie , signale BULLETIN DES SEANCES. CXXVII un auteur qui avait pris pour unité le 1 ( t ' S6 ) de pouce! La confusion est complète, aussi les micrographes anglais et américains se plaignent-ils amèrement de cette situation ; c'est là une preuve évidente que le système, qu'ils ont suivi jusqu'aujourd'hui, est mauvais. Il y a plusieurs années que la Société royale de microscopie de Londres a préconisé, comme unité micro- métrique, le 1/100 de mm. L'opinion de cette savante Société est que cette unité est peut-être trop grande; le docteur Pelletan a égale- ment émis cette opinion, il y a déjà longtemps, et c'est aussi la nôtre. Pourquoi ne pas adopter le & (1/1000 mm.)? L'unité est un peu petite, mais, malgré ce léger défaut, je n'ai jamais entendu formuler la moindre plainte. Aussi, je crois que, dans l'état actuel de nos connaissances, c'est celle qui s'imposera, par la force même des choses, dans un avenir peu éloigné, précisément parce que c'est une unité fixe, attendu qu'il est possible de se procurer un terme sensiblement invariable du millimètre. Le dernier congrès des micrographes américains n'a pas tranché définitivement la question de l'unité micro- métrique; comme leurs confrères anglais, ils semblent pencher vers l'adoption du centième de millimètre. Toutefois, il paraît y avoir une hésitation, bien natu- relle du reste, dans l'adoption d'une unité basée sur les subdivisions du mètre, auquel ils reprochent de n'avoir pas de base naturelle invariable. En effet, le mètre est une unité artificielle, qui n'a rien d'immuable ; ce n'est qu'en souriant que l'on dit qu'il représente les 10,000,000 du quart du méridien terrestre ! CXXVIII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. La terre n'étant pas un sphéroïde régulier, il y a évi- demment des variations d'un méridien à un autre et il est constaté que la mesure du méridien de Paris, com- porte plus de 200 mètres d'erreur. Mais le yard anglais est-il bien une unité naturelle invariable? nul ne peut le soutenir, surtout au point auquel nous nous plaçons ; il y aura toujours des correc- tions à opérer, d'abord le frottement du balancier contre l'air ambiant, qui agira toujours comme force retarda- trice dans les deux oscillations, la résistance sera beau- coup moindre dans le vide; mais le vide absolu ne peut être obtenu? Il aura toujours de la résistance, donc des cor- rections à opérer. Il y aura frottement au point ou à l'axe de suspen- sion ; ce frottement sera toujours d'une valeur appré- ciable, variant d'un instrument à un autre. Cette mesure présente des variations dans la longueur du pendule dans les différents points de la surface de la terre; cette longueur devrait donc être prise dans des conditions spéciales de lieu de température d'altitude, elle présenterait l'inconvénient, comme pour le mètre, de ne pouvoir être reproduite ni contrôlée sur aucune autre partie du globe. Le yard n'est donc, pas plus que le mètre, une unité naturelle invariable. « Où trouver un type invariable, accessible à tous? écrit M. J. C. Houzeau, l'éminent directeur de l'Obser- vatoire royal de Bruxelles (I). La base de la grande Pyramide d'Egypte? Les arêtes en sont émoussées, mal définies, sujettes à de plus grands délabrements. La distance mutuelle de deux montagnes? Quels sommets d'accès facile pourraient garder des repères immuables? (1) Ciel cl terre, liv. du I e avril, 1880, p. 51. BULLETIN DES SÉANCES. CXXIX Cette distance est-elle absolument fixe? Bien des géolo- gues croient à des déformations constantes de l'écorce du globe. » Bernardin de Saint-Pierre a proposé pour mesure universelle le diamètre apparent du soleil « à l'équinoxe du printemps, à l'heure du midi, lorsque l'astre est tout à fait élevé au-dessus des vapeurs de l'horizon qui en grossissent l'image. » L'étalon naturel invariable existc-t-il dans l'état actuel de nos connaissances? Oui, répond le P. Secchi, dans son Système des ondulations, et avec lui MM. Sainte-Glaire Deville et E. Mascart. Ces deux derniers auteurs, dans un mémoire Sur la règle géodésique internationale, lu à la réunion de cette commission à Hambourg, le 5 septembre 1878, indi- quent, comme le P. Secchi, la longueur d'onde, d'une lumière parfaitement définie, comme résolvant le pro- blème d'une façon invariable. Je crois ne pouvoir faire mieux que de reproduire les conclusions du rapport de MM. Sainte-Claire Deville et E. Mascart, afin que chacun puisse apprécier, en con- naissance de cause, l'état de la question. « L'unique longueur dans la nature, disent MM. Sainte- Claire Deville et E. Mascart, qui paraisse absolument invariable et qui est à la portée de tous les expérimenta- teurs, est la longueur d'onde d'une lumière parfaitement définie. Il y a longtemps qu'Arago a indiqué ce moyen pour comparer l'unité de mesure à une grandeur que toutes les perturbations qui peuvent se produire sur la terre ne sauraient modifier. Les progrès de l'analyse spectrale de la lumière, dans ces dernières années, ren- CXXX SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. dent aujourd'hui très facile ce genre de comparaisons. » Les principes que nous venons d'établir, en effec- tuant le travail qui nous a été confié par l'Association géodésique internationale, nous paraissent devoir être adoptés dans toutes les opérations qui concernent la métrologie ou, si l'on aime mieux, la micrométrie. » Dans cette partie de la science, rien ne peut être admis sans détermination précise, directe et indépen- dante de l'emploi de tout instrument ayant une valeur individuelle. Rien ne peut donc être considéré, en micro- métrie, comme évident. » Cependant nous admettons, comme axiome, que la température de la glace est invariable avec le temps. D'après les travaux de sir William Thomson, il n'en pourrait être autrement que si la pression atmosphérique ou l'accélération due à la pesanteur changeait de telle façon que les conditions de la vie humaine cesseraient d'exister sur la terre. Nous avons prouvé, par un pro- cédé dont l'exactitude dépasse tout ceux qui ont été employés jusqu'ici, que la température de la glace fon- dante, produite par la glace longtemps conservée dans une glacière, est rigoureusement invariable. » Nous admettrons comme axiome que la densité de l'eau est invariable avec le temps, et cela pour les mêmes raisons et sous les mêmes conditions que la fusion de la glace. » Nous admettrons que la densité du mercure à zéro ne varie pas avec le temps et que ce métal peut servir indé- finiment à mesurer les pressions des gaz qui servent de matières thermométriques. En employant le mercure seulement pour constater l'identité des pressions de deux rraz, dont l'un est confiné dans un espace invariable, BULLETIN DES SÉANCES. CXXXI nous nous affranchissons des mesures du baromètre, et, par suite, des corrections qu'il faut apporter à la mesure des hauteurs pour annuler l'influence delà température, de la latitude et des variations de la pesanteur. » Nous admettrons qu'une masse de platine iridié ne perd aucune partie de sa substance par volatilisation à la température ordinaire. A la rigueur, ce principe, qui peut paraître évident, devrait être démontré ; mais il est clair qu'aucun procédé de mesure ne pourrait aujour- d'hui être appliqué à la détermination de la tension de vapeur du platine iridié au dessous de 100 degrés. Cependant, nous croyons utile, mais aussi pour d'autres raisons, de renfermer, dans une enveloppe de verre vide d'air et fermée à la lampe, la masse de platine iridié qui doit servir de témoin pour constater la variabilité ou la permanence des propriétés physiques de la règle géo- désique. » Enfin, nous admettrons que la longueur d'onde du ravon rôuee de la lithine ou vert du thallium est inva- riable avec le temps, de sorte qu'au moyen du millimètre dont la longueur aurait été exprimée par le nombre de franges qu'on peut compter entre les deux traits extrêmes, les indications de notre micromètre seront indépendantes de toute valeur individuelle de l'instrument. » Ainsi, rien n'est laissé à la pure appréciation : tous nos instruments devront pouvoir être reproduits, perfec- tionnés, sans que rien manque au contrôle absolu des opérations. Les unités choisies sont invariables avec le temps; et il sera toujours possible de répéter nos expé- riences, tant qu'on aura du platine, de l'iridium, de la clace, du mercure et les instruments nécessaires à la production des phénomènes d'interférence. » CXXX11 SOCIÉTÉ BELGE L'E MICROSCOP1E. Comme chacun pourra s'en convaincre, il y a là tous les éléments d'une solution définitive. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 heures et demie. COMPTE-RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE I. ANALYSE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES DÉPOSÉES A LA SÉANCE. Technique microscopique. — Préparation et montage des objets à deux couleurs (1). Il n'y a pas de procédé plus remarquable et plus intéressant pour le microscopiste que celui qui consiste à décolorer et recolorer les tissus végétaux. Par aucune autre méthode le merveilleux processus de la croissance des plantes n'est aussi bien dévoilé sous le microscope. Aussi, quelques considérations tendant à simplifier le procédé et à en rendre l'application plus générale seront- elles de quelqu'intérêt pour tous ceux qui s'occupent de préparations miscroscopiques. En expérimentant sur les doubles colorations, j'ai trouvé que les différentes couleurs, ou, au moins les différentes teintures, varient beaucoup quant à l'activité ou le pouvoir pénétrant avec lequel elles affectent les tissus végétaux. Ainsi, un objet préparé par la colora- tion peut être laissé dans une solution forte de carmin (I) Travail lu par M. Merriman au Congrès de la Société Microscopisles américains, à Buflalo, en 1879. Voir Journal de micrographie, novembre 1S"9, page 490. BULLETIN DES SEANCES. CXXXII1 pendant un jour sans que toutes ses parties soient colorées, tandis que dans une solution de eampêehe ou d'aniline, de même force, il sera coloré et complètement opaque en moins d'une heure. On peut tirer parti de ce fait et plonger les objets, d'abord, dans la couleur qui a le moins d'action, puis, dans une autre de plus grande activité, et on peut ainsi teindre en deux et même plusieurs nuances, par un procédé simple et facile, au lieu de la méthode difficile et compliquée qui a été publiée dans les Revues. Je vais donner les détails généraux de l'opération telle que je la pratique maintenant, et depuis quelque temps. Je n'affirme pas que la même formule con- viendra exactement à tous les échantillons de toutes les espèces de plantes, ou que les teintures dont je vais parler doivent être employées dans tous les cas; je donnerai seulement une formule générale, que chaque opérateur pourra trouver utile de varier quelque peu, suivant les indications de son expérience. Si je réussis à stimuler d'autres personnes à entreprendre un travail plus détaillé, en montrant combien le procédé est simple, dans la plupart des cas, j'aurai rempli le but que je me suis proposé. Toutes les préparations végétales, parties de feuilles ou coupes de tige, doivent d'abord être complètement décolorées dans une solution de chlorure de soude ordi- naire, liquide vendu par les droguistes comme désinfec- tant. Ce résultat sera atteint, dans la plupart des cas, en une journée environ. Alors, après avoir été parfaite- ment lavées dans l'eau pure, les préparations seront placées dans une solution de carmin à peu près de la même épaisseur que l'encre carmin ordinaire. Elles y CXXX1V SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. resteront pendant une journée. Le carmin pur se dissout facilement dans l'eau à laquelle on a ajouté quelques gouttes d'ammoniaque. Après avoir été lavés à deux ou trois reprises avec de l'eau pure, les objets seront ensuite placés dans une solution un peu plus faible d'extrait de bois de campêche dans l'eau alunée. Une petite quantité d'alun dans l'eau suffit à opérer, au moins à l'aide de la chaleur, la disso- lution de l'extrait de campêche. La liqueur doit être filtrée et employée récente, d'une force moitié moindre environ que l'encre ordinaire à écrire. Les objets reste- ront dans cette solution de 15 à 50 minutes, suivant la délicatesse des spécimens. Si la coloration paraît trop foncée ou opaque, on peut l'enlever en partie en chauf- fant la pièce dans l'eau alunée pure. Puis, après les avoir lavés dans plusieurs eaux pour enlever toute trace d'alun, on place les objets dans l'alcool pendant un court espace de temps, et de là dans une solution faible de bleu d'aniline, dans laquelle ils resteront une heure ou deux, ou jusqu'à ce que toutes les parties, qui n'étaient pas colorées auparavant, prennent la couleur. — Si, à l'examen, la couleur paraît trop foncée, on peut l'enlever partiel- lement en chauffant pendant un instant l'objet dans l'alcool pur. 11 arrive quelquefois que le bleu d'aniline lui-même ne colore pas toutes les parties des substances végétales, telles que les gros poils glandulaires ou étoiles. Dans ce cas, une immersion, d'une minute ou deux, dans une solution très faible de vert d'aniline dans l'alcool termi- nera l'opération. Le vert est la matière colorante la plus énergique que je connaisse ; aussi , faudra-t-il l'em- BULLETIN DES SÉANCES. CXXXV ployer avec précaution, car il peut détruire rapidement une préparation colorée. De l'alcool, les objets peuvent être portés directement dans la térébenthine. Je n'aime pas l'action de l'essence de girofles. Elle ratatine les tissus tendres et les fait paraître comme brûlés. En outre, il n'est pas nécessaire de l'employer comme intermédiaire entre l'alcool et la térébenthine. Après un jour d'immersion dans la téré- benthine, les préparations seront prêtes à être montées dans le baume du Canada. Les préparations végétales ont presque toutes une épaisseur appréciable, et, si l'on n'en prend pas un soin particulier après les avoir montées dans le baume, on trouvera que, très souvent, l'air pénètre sous le cover. Aussi, dès qu'une préparation dans le baume est assez sèche pour que le baume en excès puisse être nettoyé, autour du verre mince, avec une pointe de canif, c'est- à-dire au bout de deux ou trois jours, particulièrement si l'on s'aide de la chaleur, une légère couche de vernis à la gomme laque, coloré avec du bleu ou du rouge d'aniline (mais pas de vert ni de jaune), pourra être étendue avec un pinceau en poils de chameau, tout autour du bord du couvre-objet; le lendemain, on don- nera une autre couche, et peut-être même encore une troisième, le jour suivant. De cette manière, le cover sera solidement fixé, et l'on pourra le nettoyer. La pré- paration sera ainsi rendue permanente en moins de temps que si on laissait simplement le baume sécher jusqu'à durcissement, et il n'y a pas de danger que l'air pénètre pendant la dessiccation du baume. Le baume du Canada est de beaucoup le meilleur et le plus sûr milieu pour monter les préparations colorées f.XXXVI SOCIETE BELGE DE MICROSCOP1E. qui peuvent être montées de cette manière. Mais il y en a beaucoup — comme celles qui présentent des poils déli- cats ou des glandes, ou qui offrent de fins dessins cellu- laires — qu'il n'est pas avantageux de monter dans un milieu aussi réfringent que le baume. On peut les retirer de l'alcool pour les mettre dans l'eau contenant trois ou quatre gouttes d'acide phénique, par once d'eau. Il sera nécessaire aussi de les monter avec le même liquide, dans une cellule. On peut employer les cellules au vernis de laque, bien sèches; et si les bords en sont parfaitement nive- lés, en passant au-dessus un morceau de papier de verre fin pendant qu'on les fait tourner sur la tournette, le verre mince s'adaptera exactement, en chassant au dehors l'eau en excès, que l'on pourra enlever avec un pinceau en poils de chameau. Lorsque la préparation sera bien sèche, on pourra appliquer sur les bords du eover un peu de mixtion des doreurs (gold size) avec une parfaite sûreté et sans qu'elle pénètre dedans. J'ai employé récemment une cellule très simple, presqu'universellement applicable et préparée de la ma- nière suivante : Mon ami, M. W. Struter, contre-maître dans les ateliers de Sargent et Greenleaf, de Rochester, a fabriqué, avec soin, un petit emporte-pièce double, dans le but d'enlever d'étroits petits cercles dans les feuilles de cire, mince et colorée, dont se servent les fabricants de fleurs artificielles. Ces cercles peuvent être fixés sur le slide, soit avec du vernis à la gomme laque, soit simplement en chauffant le slide. Alors, sur toute la cellule, en dedans et en dehors, une couche de « gold size » ou de glu marine est étendue avec un pinceau en poils de chameau. Lorsque cette couche est sèche, on a BULLETIN DES SÉANCES. CXXXVH une cellule agréablement colorée et à l'épreuve de tous les liquides dont on peut avoir occasion de se servir dans le montage des préparations. En outre, la cellule est toujours assez molle pour que le verre mince y adhère par la pression, en contact exact sur toute la cir- conférence, ce qui est le point particulièrement requis pour toutes les préparations dans les liquides. On peut ensuite terminer à l'extérieur, avec du vernis au noir de Brunswick, ou à la gomme laque, pour assujettir davan- tage le couvre-objet. Le microscope appliqué à la recherche des falsifications dans les écritures. Notre honorable membre honoraire, M. le docteur R. H. Ward, vient d'adresser à la Société le compte rendu du Congrès des micrographes américains, tenu à Buffalo, en avril 1870. M. le docteur Ward, président sortant, signale à l'attention des micrographes dans son adresse présiden- tielle, "l'emploi précieux du microscope appliqué à la recherche des falsifications dans les écritures. Nous empruntons au Journal de micrographie du docteur Pelletan, la traduction qu'il a faite de celte partie de l'adresse présidentielle du docteur Ward, persuadé qu'elle sera agréable à la plupart de nos membres. « L'examen de l'écriture à la main, en vue de recon- naître son auteur, son authenticité, sa date, de déter- miner si elle a été ou non altérée et détournée de sa forme originale et de sa signification, constitue une des applications les plus nouvelles du microscope et une de CXXXVHI SOCIÉTÉ BELGE DE M1CUOSCOPIE. celles dont l'importance, l'autorité, en même temps que la fréquente utilité n'ont été que récemment reconnues, et même sa réalisation n'est pas encore complète. Peut- être, faut-il en chercher la cause dans ce fait qu'une grande expérience générale, du jugement, du tact dans l'emploi de l'instrument, de l'habileté dans son manie- ment, quoique nécessaires à cette étude particulière, ne sont cependant pas une préparation suffisante. Une étude et une pratique spéciales sont indispensables, avant qu'on puisse arriver à quelque chose d'utile et atteindre un résultat important. Mais à la personne qui est réellement familiarisée avec l'étude de l'écriture, avec ou sans microscope, cet instrument fournit un moyen facile pour une analyse approfondie. Ceux qui sont mus, non par le respect des droits d'autrui, mais par la seule appréhension des conséquences que leurs actes peuvent entraîner pour eux-mêmes, ne sauraient être trop tôt ni trop bien persuadés de ce fait, que l'écriture ne peut guère être si adroitement modifiée, après son exécution première, que le microscope ne puisse découvrir la falsification. La surface du papier, lorsqu'elle a été endommagée par le changement de posi- tion des fibres, ne peut plus être réparée; ainsi, toute égratignure ou toute éraillure, quelque consommée que soit l'habileté avec laquelle elle a été faite, sera recon- naissable, mais non par d'autres moyens. Les encres qui, à l'œil nu, paraissent semblables, se distinguent, sous la lentille, par des différences marquées dans le ton ou la couleur, dans la densité, la pureté ou dans la composition chimique. Les lignes qui paraissent simples et franches peuvent laisser voir qu'elles ont été retou- chées ou altérées parla même main, la même plume, la BULLETIN DES SÉANCES. CXXXIX même encre, ou par une main, une plume, ou une encre différentes. Les lignes tracées sur un papier quanti il est neuf peuvent paraître différentes quand le papier est vieux. Le microscope ne peut donner une information directe quant à « l'âge » précis d'une écriture ; mais, s'il est employé avec un soin suffisant (non pas aussi facile- ment qu'on pourrait le supposer et non sans un certain travail), il peut donner l'âge relatif et plus récent de lignes qui croisent ou touchent celles de l'écriture; et il peut, en général, établir si des lignes ont été tracées avant ou après des éraillures, des égratignures, des plis du papier, avant ou après que celui-ci a été chiffonné. Dans une circonstance importante, mon ami, M.W. E. Hagan, de Troy, qui avait étudié, avec une grande atten- tion et beaucoup de succès, l'écriture, et particulièrement l'écriture imitative, et avec qui j'ai fait, en collaboration, beaucoup de mes recherches sur cette matière, pendant ces douze dernières années, a établi la date d'un docu- ment en reconnaissant, dans le papier, des fibres qui n'avaient été employées que récemment à la fabrication du papier, et qui, jointes à d'autres preuves corrobo- rantes, auxquelles cette constatation même conduisait, démontra que le papier avait été fabriqué à une date plus récente que celle dont l'écriture qu'il portait faisait foi. Pour traiter la question des écritures imitées, il fau- drait disposer d'un volume et non d'un fragment de dis- cours; beaucoup de considérations d'une importance reconnue, sur ce sujet, sont encore en voie d'étude et ne sont point mûres pour la publicité. Mais on peut donner, relativement à ces points, quelques indications qui sont bien établies et d'une application très générale. CXLII SOCIÉTÉ BELGE OE M1CROSCOPIE. comme la paralysie, peuvent présenter aussi des diffé- rences ou des coïncidences. Toutes ces investigations sur l'écriture peuvent être poursuivies à l'aide du microscope et quelques-unes sont absolument sous la dépendance de cet instrument. Pour l'examen général des mots, un objectif de o ou i pouces de foyer est le plus utile ; pour l'étude des lettres, il faut un objectif de 1 pouce 1/2; et pour l'examen délicat de la nature des traits ou des ca- ractères de l'encre, il faut un objectif de 2/3 ou 4/10 de pouce. Les objectifs, excepté dans le dernier cas, doivent être de la plus large ouverture, donner un champ plan et la meilleure définition possible. Le stand doit avoir une platine large et plate, quoiqu'il soit, en général, préfé- rable d'employer un petit microscope portatif que l'on peut mouvoir librement sur le papier et mettre au foyer sur un point quelconque sans se servir de platine. Dans ce but j'ai quelquefois employé un microscope à réservoir, mais plus souvent un microscope de poche dontlctube se prolongeait à travers la platine de manière qu'on pût la mettre au point directement sur le papier. Un instrument de la taille de 1' « Histological, » de Zcntmayer, peut même être employé avec avantage, bien qu'un stand de forme plus légère et de taille plus petite soit beaucoup plus convenable et bien assez solide pour ce travail. Une loupe de moyenne grandeur est suffisante pour l'éclairage; et un bon jugement est plus important que l'emploi d'un appareil exagéré et inutilement com- pliqué, avec lequel il est souvent incompatible. Comme exemple de l'application du microscope à l'étude critique d'une écriture dans des cas d'une impor- tance pratique, et pour montrer combien dépend de sa valeur l'appréciation et la comparaison des faits, je BULLETIN DES SÉANCES. CXL1I1 citerai un seul et simple cas d'écriture falsifiée qui s'est présenté il y a quelques années. Une certaine note, dont la signature était admise comme authentique et vraie, et dont dépendait une forte somme d'argent, ainsi qu'un intérêt moral bien plus considérable encore, portait la date du 16 d'un certain mois. Le nombre représentant l'année était imprimé sur le papier, excepté un seul chiffre, 1, qui avait été rempli par une écriture à l'encre. 11 y avait aussi un chiffre 1 écrit au-dessous, dans le corps de la note. Ce dernier 1 était légèrement et égale- ment écrit, et de telle grandeur, couleur et forme qu'il devait avoir été tracé en même temps que le reste de la note et par la même personne. Mais les chiffres 16 et 1 de la date étaient écrits grossièrement, deux fois aussi grands que l'autre 1, avec une plume différente et une encre d'une couleur et d'une densité différentes aussi. Cette particularité relative à ces trois chiffres était bien expliquée par le réclamant, qui faisait valoir cette circon- stance, d'une évidence très plausible, que la date avait été laissée en blanc quand la note avait été écrite, et remplie seulement plus tard, en même temps qu'elle avait été signée, et avec plume et encre suffisantes pour cet objet. Une personne qui avait grand intérêt à ce que la note eût été signée plus tôt que la date ne l'indiquait, et qui savait bien si, oui ou non, elle avait été primitive- ment datée à ce jour, affirmait que la date vraie devait être antérieure de plusieurs jours, bien qu'elle ne pût établir exactement ce jour. Une autre personne qui était admise comme ayant écrit la date et qui avait eu facilité entière de la changer si clic l'avait désiré, très inté- ressée, d'ail leurs, qu'elle était à ce que la note n'eût pas de date antérieure à celle qu'elle portait ostensiblement, CXL1V SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. assurait que cette dernière était la seule et véritable. A première vue, et plus encore après une étude patiente, on semblait devoir désespérer d'arriver à une solution de la question par le microscope ou tout autre moyen. Les traces du crime, s'il y en avait un, n'avaient jamais été mieux cacbées. Les chiffres contestés étaient fermes et fortement caractérisés; ils ne trahissaient aucune tentative pour imiter le reste de l'écriture et n'of- fraient ainsi aucun défaut venant de l'effort fait pour accomplir cette imitation; leur caractère était bien marqué et d'un aspect satisfaisant. La surface du papier était microscopiquement intacte et n'avait subi aucune atteinte pour masquer un grattage. Jamais une ligne ne s'est mieux uniformisée à la vue avec le reste de l'écri- ture. S'il y avait quelque trait sous les chiffres visibles il devait être pâle, léger et à peine perceptible, même au microscope, sous la lourde couche d'encre épaisse cl trouble, qui les couvrait et le cachait. Cependant, la lumière étant faible et diffuse sur la face supérieure, mais, en même temps, fortement con- densée sur la face inférieure du papier, il apparut quelque chose qui disparut aussitôt par un très petit changement dans l'éclairage, mais que l'on put retrouver en dispo- sant la lumière avec beaucoup de soin. Confusément mêlée à chacun des trois chiffres contestés, apparut une figure, mais non également distincte dans chacun d'eux, ayant une forme particulière, en coin, ou en triangle, large et plate en haut, fine eu bas, et exactement en rap- port, comme taille et position, avec le reste de récriture et avec l'autre chiffre I figuré dans le corps de la note. Mais ce dernier était large et carré par en bas, et par conséquent complètement dissemblable des 1 triangu- BULLETIN DES SÉANCES. CXLV laires de la date. En examinant un grand nombre d'écri- tures reconnues pour être de la main du même auteur, on vit que ce singulier 1 triangulaire était précisément une forme caractéristique, propre à l'auteur, et que le 1 non triangulaire et qui n'avait pas été altéré dans la note reconnue de son écriture, était, au contraire, pour lui, une forme sortant de ses habitudes, une singularité rare, et dans ce cas, embarrassante. Il devint évident que la date avait été écrite : 11, et que le 10 avait été écrit postérieurement par-dessus. Et que le 1 de l'année, quoique ce chiffre fût bon, avait été élargi en même temps pour le rendre semblable aux autres chiffres. Séance «lu 30 septembre 1880. Présidence de M. le D' Casse, Membre du Conseil. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Coppez, Delo- gne, Gravis, Lammens, Leclercq, Prinz, Proost, Rutot et J. F. Cornet, secrétaire. Le procès-verbal de la séance du 20 août est adopté. Correspondance. La correspondance comprend : Une lettre de M. Tridelle, étudiant à Angers (France), demandant à faire partie de la Société, comme membre associé, se réservant, ses études terminées, de se faire admettre comme membre effectif. Une lettre de M. le docteur E. Cutter, de Boston, CXLVJ SOCIETE BELGE DE MICROSCOP1E. annonçant l'envoi à la Société d'une série de micro-pho- tographies offertes en son nom et en celui du docteur Merriman, son collaborateur. Une lettre du docteur J. J. Woodward, de Washing- ton, annonçant l'envoi d'une série de micro-photogra- phies, illustrant deux notes parues dans les Annales de la Société royale de microscopie de Londres. Dons et envois reçus en échange : De la part des Académies : Royale des sciences , lettres et beaux-arts de Belgique. Des Sociétés: Royale des sciences médicales et natu- relles de Bruxelles, Entomologique de Belgique, Mala- cologique de Belgique, Belge de photographie, d'Etude des sciences naturelles de Nîmes, française de photo- graphie, Royale de microscopie de Londres, des Natu- ralistes de Modène, Quekelt microscopical club et Belge de géographie. Des directions : Moniteur industriel, Alhenwum belge, Bulletin du Musée de l'industrie, Bévue bryolo- gique, Zoologischer Anzeiger, Botanische Centralblatt, Feuille des jeunes naturalistes, Naturaliste canadien, Science Gossip, Bulletin de la Société médico-chirurgi- cale de la Havane; Bulletin scientifique du Nord, An- nales de médecine vétérinaire, Botaniska notiscr, Archi- ves de biologie, Ciel et terre, American monthly microscopical journal . Desautcurs : Clinical microscope, bydocteurE. Cutter, de Boston. Pratical uses ofthe microscope, by docteur R.H. Ward , de New- York. BULLETIN DES SÉANCES. CXLVil Proceedings of the national microscopical congress and oflhc American Society of Microscopists, brochure offerte par lePrésident du congrès, le docteur R. A. Ward. Anatomie microscopique, par le docteur L. Mand. livre offert par M. le professeur Lookwood, de Freehold. L'assemblée vote des remerciements à MM. E. Cutter, R. H. Ward et Lookwood. Propositions du Conseil. Le Conseil propose l'admission, comme membre asso- cié, de M. Tridelle, étudiant à Angers, présenté par MM. Cornet et Casse. M. Tridelle est élu membre associé. Travaux des membres. M. Cornet secrétaire, présente au nom de MM. [les docteurs Cutter et Meriman de Boston, deux albums con- tenant des micro-photographies du sang, tant à l'état normal qu'à l'état pathologique. L'assemblée décide le renvoi de ces pièces pour étude et rapport à M. le docteur Casse. M. Cornet fait le dépôt de son travail sur l'exposition de la Société. M. A. Renard empêché d'assister à la séance, a chargé M. Prinz d'informer l'assemblée que le travail qu'il des- tine aux Annales de la Société sera envoyé ultérieu- rement. M. Cornet donne au nom du docteur H. Van Heurck, lecture de la note ci-dessous : CXLVIH SOCIÉTÉ BELGE l)E M1CROSCOPIE. f Etude des diatomées dans la naphtaline monohroinée. Dans un intéressant article publié au mois d'août der- nier, dans le Journal o( llie Royal microscopical Society, M. J. W. Stephenson a démontré que la visi- bilité des très fins détails de structure des corps, est pro- portionnelle à la différence qui existe entre l'indice de réfraction de l'objet et celui du milieu où il se trouve. Il en résulte que plus l'indice de réfraction du liquide dans lequel on plongera des diatomées, sera différent de celui de la silice dont sont faites les valves, plus on verra facilement et nettement les stries et les détails quelcon- ques de ces valves. Les liquides proposés par M. Stephenson sont : le sulfure de carbone et le soufre et le phosphore dissous dans le sulfure de carbone. L'indice delà silice des diatomées est admis parM. Ste- phenson comme étant 1.43; celui du baume de Canada étant 1,54 il en résulte que 11, différence entre ces deux chiffres exprime la visibilité des diatomées dans ce baume. Dans le même ordre d'idées l'eau (indice 1,55) donne 10, le sulfure de carbone (indice 1,68) donne 25, la solu- tion de soufre (indice 1,75) égale 52 et celle du phos- phore (indice 2,10) donne 07. Ces dernières solutions sont cependant peu commodes à manier, celle de phos- phore surtout, à cause de son inflammabilité. Le sul- fure de carbone lui-même par suite de sa volatilité laisse encore beaucoup à désirer. M. C. Zeiss vient de me communiquer un échantillon d'une nouvelle substance, qui ne présente pas les mêmes BULLETIN DES SÉANCES. (ALIX inconvénients que les précédentes, et dont l'essai m'a donné les meilleurs résultats. Cotte substance est la naphtaline monobromée. Les diatomées que j'ai étudiées dans la naphtaline monobromée, se sont montrées excessivement belles; les stries de YAmphipleura pcllu- cida, entr'autivs, étaient tellement nettes que je ne les vis jamais ainsi auparavant. Des objectifs, d'ailleurs de pre- mière classe, qui ne m'avaient jamais montré ces stries par le simple éclairage de la lampe me les ont fait voir ainsi, immédiatement. L'emploi de la naphtaline monobromée sera donc très- utile toutes les fois que les détails délicats des diatomées ne seront pas suffisamment visibles dans les prépara- tions ordinaires. La naphtaline monobromée se présente sous forme d'un liquide incolore, oléagineux, rappelant l'odeur de la naphtaline, ayant une densité de 1,555, et, soluble dans l'alcool et l'éther. L'indice de celte substance est 1,658 donnant donc comme visibilité 22, soit le double du baume de Canada. La naphtaline monobromée n'est pas volatile, on peut donc facilement étudier les diatomées. M. Ptinz résume une note de M. le docteur L. van Wer- veke (l), dans laquelle cet auteur insiste sur la présence fréquente du rutile dans les roches cristallines ancien- nes, où il a été souvent confondu avec le zircon. Il énu- mère quelques cas où il a pu déterminer sûrement la présence du rutile. Ayant examiné des lames minces de schiste à ottrélite d'Ottrez, son attention fut attirée sur des microlithes et 50°,44 pour le rutile — IL) à 115° et 54 à 56° pour les microlithes). M. Werveke a aussi examiné les microlithes des phyl- lades salmiens décrits par M. Renard (I) et rapportés d) Renard. Sur la structure et tacomposïtion m'mérologique du coli- cule, p. ôi. BULLETIN DES SÉANCES. CLI récemment à la staurotide par M. Kalkowsky. (Voir bul- letin de la séanee du 26 juin 1879). Après les avoir étudiés au point de vue optique et chimique, il a été amené à les rapporter, également au rutile. Ce résultat semble concorder en effet avec une analyse de M. Pufal, com- muniquée dans le mémoire de M. Renard, analyse accu- sant une teneur en acide titanique de 1,17 °f . Des me- sures précises de l'angle des mâcles en cœur contenues dans le coticule ont démontré à M. Wervekequela valeur de 60° donnée par M. Renard est, en général, un peu trop élevée. Nous citons ici le passage du mémoire sur le coticule ayant trait à la détermination du type cristallin auquel ces mâcles appartiennent. « Les angles de ces rhomboïdes, à juger par les éva- luations approximatives telles qu'on peut les faire au mi- croscope, sont respectivement de 60°, 90° et 120°; en d'autres termes, ce sont les angles qui présentent les hémitropies des cristaux du système rhombique, qui ont une arête d'environ 120°, et pour lesquels l'hémitropie s'effectue suivant le principe cristallonomique : Plan d'hémitrôpie — une face du prisme d'environ 120°, c'est-à-dire un dôme, par exemple 5Poo • Les axes prin- cipaux des deux individus forment un angle d'envi- ron 60°. » M. Prinz a fait une série de mesures des mâcles qui se trouvent en quantité prodigieuse dans le coticule d'Ottrez. La majorité des mâcles présentent en effet des angles compris entre 54 et 56° ; mais cet observateur a aussi trouvé toutes les valeurs intermédiaires entre 50 et 60°. Un des angles a même dépassé ce dernier chiffre. Il existe donc un écart d'au moins 5" en moyenne entre CLII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE. les màcles des microlithes et celles des grands cristaux de rutile. Il sera d'autant plus difficile d'établir une con- cordance entre les microlithes décrits par M. Kalkowsky, (qui ont 60°) et ceux du rutile en se basant uniquement sur des mesures angulaires dont les termes extrêmes peuvent varier de 10°. La rigueur de toutes ces mesures est du reste contestable, puisqu'on ignore le plus souvent la valeur de l'inclinaison du cristal par rapport à l'axe du microscope. M. Werveke a aussi observé les microlithes maclés dans les schistes de Weiler (Vosges); et, à ce sujet, il rappelle la description des petits cristaux de schistes des Wurzelberg (Thuringe), donnée parUmlauft, et dont les angles moyens sont de 56°, 22 et 115°, 10, valeurs cor- respondant à celles des microlithes de rutile. M. Prinz montre ensuite deux préparations de miné- raux. La première de ces préparations a été taillée dans un cristal de quartz, enclavant de petits cristaux rhom- boèdriques. On remarque, sur un échantillon présenté, que ces inclusions ne se trouvent que sur un seul côté des cristaux de quartz et près de la surface de ceux-ci. Les faces opposées sont exemptes de toute impureté. Si Ton dirige la section de façon à entamer quelques uns de ces petits rhomboèdres, et qu'on humecte la lame avec de l'acide chlorhydrique étendu, on remarque qu'ils se dissolvent avec une légère effervescence. L'acide doit cependant être plus fort que celui qui sert à dissoudre la calcite. Les plus grands de ces cristaux ont environ 0,2 mm. Ils sont ordinairement opaques au centre cl quelquefois composés de zones concentriques; les cli- vages sont faiblement marqués. Les faces extérieures sont bombées, ce qui rend incertain la mesure de l'an- BULLETIN DES SÉANCES. CL1U gle (entre 100 et 108"). Ces rhomboèdres doivent être l'apportés à la dolomie, qui est moins soluble que la ealeite et offre beaucoup plus fréquemment la forme du rhomboèdre (1). Souvent certaines faces des cristaux de quartz sont ternes et rugueuses. Examinées au micro#- cope, elles apparaissent creusées de petites excavations rhomboèdriques , qui sont les empreintes des cristaux de dolomie dissous par les agents extérieurs. Ces échan- tillons proviennent des quartzites d'Opprebais (Brabant). Grâce aux indications de M. le professeur de Lavallée, qui avait déjà observé une carie analogue sur des cris- taux de quartz de Nil-Saint-Vineent, M. Prinz a pu retrouver les rhomboèdres de dolomie dans un échan- tillon de cette localité (2). La seconde préparation contient des cristaux de chrome métallique, préparés par la réduction du chlo- rure de chrome violet par le zinc, en employant un flux composé de chlorure de sodium et de chlorure de potassium. On fond le tout dans un creuset et on traite le culot par l'acide azotique, qui dissout le zinc et aban- donne une poudre grisâtre, composée de cristaux de chrome-. Les plus grands ont environ 0,025 mm. de diamètre. Ils appartiennent, comme de Senarmont l'avait indiqué, au système cubique (3). Leur forme est celle du cube pyramide ou tetrakishexaèdre. Par suite de la posi- (1) A. Renaud. Des caractères distinctifs de la dolomite et de la calcite. Bail. del'Acad. des sciences de Belg., t. XLVII, n° .'i. (2) Los inclusions de rhomboèdres de calcite el do dolomie dans le quartz ont élé observés par différents ailleurs, cités dans le travail de ('•. Leonhard. Haarlem Xat. Yerh. Maatschappy, IX, 1854. (."») Fremy. Noie sur le chrome cristallisé et ses alliages. Jourh. de pharmacie, t. XXXI, p. 7>-2\. Woehler avait mentionné des agrégats cris- lallins, montrant quelques rhomboèdres très aigus à grand éclat métal- lique (Annales de chim. et de phys., t. LVI, p. 501). CL 1V SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. lion de quelques-uns de ces cristaux , l'inclinaison des deux faces de la pyramide a pu être mesurée sur l'arête du cube. La valeur de cet angle étant égal à 152°, la forme du cristal peut être exprimée par le signe oc -f de la notation de Naumann. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 40 heures. COMPTE-RENDU ANALYTIQUE ET CRITIQUE I# _ ANALYSE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES DÉPOSÉES A LA SÉANCE. Archivesde Biologie, publiées par M. E. Van Beneden, professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'uni- versité de Liège et Charles Van Bambeke, professeur à l'université de Gand. (Tome, fasc. 1, 2 et 5). Gand et Leipzig, librairie Clem.m, H. Engelcke, successeur; Paris, G. Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Ger- main. Cette publication est dédiée à M. P. J. Van Beneden, professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'uni- versité de Louvain, dont les découvertes et les travaux, dans le domaine des sciences zoologiques, ont si large- ment contribué aux progrès de la biologie. La table des matières de ces trois premiers fascicules, contient les travaux suivants : 1" fascicule : Physiologie des muscles et des nerfs du Homard, par MM. Frédericq et G. Yandevelde. Premières phases du développement du placenta ma- ternel chez le lupin, par MM. Masquelin et A. Swaen. lil'LLETIN DES SÉANCES. CLV Sur la structure de la Claude de lfarder du Canard domestique, M. Jules Mac Leod (avec 1 planche). Note sur le squelette cartilagineux de la Glande de Harder du Mouton, par le même. Un mot sur l'irradiation, par M. J. Plateau. Nouvelles communications sur la cellule cartilagi- neuse vivante, par M. W. Schleicher. Recherches sur l'ossification du Maxillaire inférieur et sur la constitution du système dentaire chez le Fœtus de la Balaenoptera rostrata, par M. Charles Julin (avec 2 planches). Recherches sur l'embryologie des mammifères. — La formation des feuillets chez le lapin, par M. Edouard Van Beneden (avec 3 planches). Bacillus Leprœ. — Etude sur la bactérie de la Lèpre, par M. Armauer Hansen (avec 1 planche). 2 e fascicule : Contribution à l'étude de la structure de l'ovaire des Mammifères, par M. Jules Mac Leod. Sur la terminaison des nerfs dans les ynuscles des Insectes, M. Alex. Fœttinger. Nouvelles recherches sur l'embryologie des Batra- ciens. — I. Enveloppes ovulaires et transformations embryonnaires externes des Urodèles. — II. Fraction- nement de l'œuf des Batraciens, par M. Charles Van Bambeke. Recherches sur le système nerveux des Arthropodes. — Constitution de l'anneau œsophagien, l re partie, par M. Valère Liénard. 5 e fascicule : Note sur les noyaux des cellules végé- tales, par M. Melchior Treuh (avec 1 planche). Sur l'existence de l'Hémoglobine chez les Echino- dennes, par M. Alex. Fœttinger (avec I planche). CL YI SOCIÉTÉ BELGE 1>E M1CROSC01PE. Recherches sur l'appareil excréteur des Trématodes et des Cestoïdes, par M. Julien Fraipont(avec 2 planches). Contribution à la connaissance de l'ovaire des Mam- mifères, par M. Edouard Van Beneden (avec 2 planches). Observations sur la maturation, la fécondation et la segmentation de l'œuf chez les Chéiroptères, par MM. Edouard Beneden et Charles Julin(avec 2 planches). Nous nous proposons d'étudier en détail la plupart de ces travaux, qui se rapportent pour la plupart aux scien- ces micrographiques, et d'en donner des résumés ana- lytiques. Un fait certain, c'est que, étant donné le talent si connu de MM. E. Yan Beneden et Ch. Van Bambeke, cette publication prendra avec éclat une place a côté de celles du même genre qui se publient en Allemagne et en Angleterre. Nous lisons dans le Bulletin de la Société des scien- ces physiques, naturelles et climatologiqw d'Alger, un excellent article sur la Trichine et la Trichinose, par M. Mégnin, vétérinaire militaire. La découverte de la Trichine date de 18-28, elle fut signalée par le docteur Peacock qui constata au moment où il préparait un muscle, pour une leçon d'anatomie, qu'il était farci de kystes trichincux ; ce n'est qu'en 1855 que le célèbre naturaliste Owen la décrivit. Cet entozoaire fut placé, par ce naturaliste dans l'ordre des Nématoïdes et constitue à lui seul le genre Trichina. M. Mégnin signale l'apparition de la Trichinose en Algérie, fait l'historique des travaux de Leuckaert et Yirehow qui, par des expériences directes, firent con- naître la genèse, les métamorphoses et le mode de trans- BULLETIN DES SÉANCES. CLV1I mission de la Trichine, et de Zenker, qui le premier signala la présence de Trichines et de kystes trichineux dans les muscles d'une femme morte en 1859, à l'hôpital de Dresde. Zenker connaissant les travaux de Lcuckaert et de Virchow, n'eut pas de peine a déterminer la cause de la maladie mortelle de la femme: en effet, un porc avait été tué chez elle un mois auparavant. Comme on le voit, le point de départ des recherches et des observations fut le cas clinique de Zenker qui permit de déterminer l'origine de la Trichine chez l'homme, et d'établir la vraie physiologie pathologique de la trichinose. La description zoologique de cet entozoaire ne pré- sente que peu d'intérêt. A l'état adulte il atteint 7 milli- mètres, il est ovo-vivipare. La Trichine offre anatomiqucment et physiologique- ment trois phases : 1° La phase embryonnaire ou lar- vaire, pendant laquelle s'effectuent les migrations; 2° la phase nymphéale ou musculaire, pendant laquelle le ver non sexué reste enfermé dans un kyste au milieu des faisceaux- musculaires ; 5° La phase de l'évolution sexuelle ou d'adulte, qui se passe dans l'intérieur de l'intestin ; les deux sexes deviennent distincts dans cette période ; la femelle mesure alors de 2 à 4 millimètres et le mâle la moitié de cette longueur environ. C'est cette dernière phase qui est la plus importante ; Leuckaert, Yirchow, Fuchs, Pagenstccker et Colin, ont étudié le développement de la Trichine chez une foule d'animaux. Chez les mammifères, le kyste se dissout dans l'estomac sous l'influence du suc gastrique et met l'animal en liberté; d'autres fois le kyste passe intact dans (XVII I SOCIÉTÉ BFXGE HE M1CROSCOP1E. l'intestin où se fait la dissolution de ses enveloppes; d'autres fois il est expulsé tout en conservant la faculté de se développer dans un autre organisme. Les femelles, à l'état adulte, sont dans le rapport de six pour un mâle, qui meurt après la fécondation. Ce n'est que le sixième jour, et pendant une série de plusieurs semaines, que commence la ponte; d'après Leuckaert, une seule femelle peut fournir 10,000 em- bryons. Les oiseaux et les vertébrés à sang froid ne fournis- sent pas aux Trichines un milieu propre à leur déve- loppement. Dans ces circonstances, elles périssent ou sont expulsées. 11 résulte de nombreuses expériences que, de tous les vertébrés à sang chaud, c'est surtout chez les mammifères qu'elles peuvent parcourir toutes les phases de leur évolution et qu'elles peuvent sortir du tube digestif pour se fixer dans le système musculaire. C'est à l'état d'embryon, ayant à peine 1/50 de milli- mètre de long, que les jeunes Trichines quittent l'intes- tin pour aller se fixer dans le tissu musculaire, elles tra- versent les tissus en séparant les fibres et sans laisser de trace perceptible de leur passage; leur migration est si rapide que le docteur de Piétra-Santa a constaté la présence de Trichines dans les muscles du lapin, huit jours après l'administration de la viande trichinée. Quoi qu'il en soit, l'on n'est pas encore parvenu «à se mettre d'accord sur la voie suivie par les jeunes Trichines dans leur migration de l'intestin au muscle. M. Mégnin donne une description des différents travaux relatifs aux migrations, à l'état enkysté, et au nom- bre vraiment incroyable de kystes que peut contenir un muscle infecté. BULLETIN DES SÉANCES. CLIX La ténacité de la vie chez les Trichines est vraiment extraordinaire ; leur vie semble être aussi longue que celle de leur hôte ; la putréfaction de la viande, le froid à — G ne les tuent pas; il faut une forte saumure pro- longée, l'enfumage à chaud et la cuisson pour les faire périr; de là la nécessité de ne jamais manger de la viande de porc crue. À la suite de nombreuses épidémies, qui ont désolé surtout l'Allemagne ces vingts dernières années, la Trichinose est entrée dans le domaine de la pathologie. Je ne m'arrêterai pas à refaire la forme clinique, la dia- gnose ni le traitement de la maladie ; ceux qui désirent de plus amples détails devront consulter les traités spéciaux ou mieux encore l'excellent livre du docteur Mégnin. Je terminerai ce court résumé en indiquant quelles sont les mesures prophylactiques propres à préserver l'homme et les animaux de la Trichinose. Il est constaté aujourd'hui que c'est par la viande de porc crue, ou peu cuite, que l'homme contracte la Tri- chinose. Le premier but à atteindre c'est de faire connaître aux agriculteurs le mode de développement de la Trichinose chez le porc; vulgariser la connaissance des précautions à prendre pour éloigner autant que possible les chances de contracter la maladie, à laquelle les pores sont expo- sés pendant leur élevage et leur engraissement. Je voudrais pouvoir reproduire en entier les dernières pages du travail du docteur Mégnin, tant elles sont inté- ressantes et instructives ; elles intéressent plus particu- lièrement les autorités. Le point de vue spécial qui nous occupe c'est l'examen microscopique. CLX SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOI'IE. L'examen microscopique a été rendu obligatoire par le gouvernement de l'Allemagne; Fuchs le considère comme étant le seul moyen de garantir les populations des accidents que peut causer la Trichine. Ce savant a été chargé, par le grand duc de Bade, de parcourir le pays, de donner des conférences dans les communes les plus importantes, d'exercer les vétérinaires à l'examen de la viande trichinée ; il est arrivé ainsi à organiser un service qui fonctionne parfaitement, dans tout le grand duché, grâce au concours empressé de l'administration et des bouchers eux-mêmes. Le fils de M. Fuchs est chargé d'examiner tous les porcs tués dans la ville de Mannheim, et il peut en voir facilement 500 par semaine. Les barbiers, dit M. Mégnin, qui sont tous un peu chirurgiens en Allemagne, sont exercés à l'examen de la viande de porc; cela n'a rien d'étonnant attendu que c'est là une opération d'une grande simplicité. Dans le district d'Erfuhrt, où il a été constaté en 1865 les premiers et les plus nombreux cas de Trichinose, l'on n'a plus observé un seul cas depuis que l'examen microscopique y a été introduit. L'examen facultatif n'est considéré que comme une demi mesure. Dans quelques pays de l'Allemagne, l'inspec- tion microscopique n'est pas seulement prescrite et exé- cutée, mais encore encouragée pécuniairement et punie en cas de négligence. On récompense de 15 à 20 marks le premier observateur qui découvre un porc trichine, et on punit celui qui introduit un pore, atteint de trichi- nose, dans la consommation. Un inspecteur de bou- cherie, payé pour faire l'inspection d'un porc abattu, fut condamné, en 187 i, à six semaines de prison pour n'avoir BL'LLËTIN DES SÉANCES. CLXI pas signalé la présence de Trichines dans un animal soumis à son inspection ; ce porc ayant infecté une famille de cinq personnes, un nouvel examen micros- copique démontra la négligence du premier opérateur. L'Italie s'est préservée de la Trichine par l'examen microscopique et par la prohibition surtout des viandes salées d'Amérique, qui sont paraît-il fréquemment tri- chinées. Le travail si intéressant de M. Mégnin, se termine par quelques considérations propres à se préserver de l'in- fection trichineuse. Il ne faut jamais, dit-il, manger de la viande de porc crue ; la cuisson prolongée tue la Tri- chine. Il est assez probable que la Belgique a été pré- servée de la Trichinose parce qu'on y a peu l'habitude de manger de la viande crue. Quant à l'examen microscopique, c'est là une opéra- tion toute élémentaire, il suffît de dilacérer un fibre mus- culaire ou de faire une coupe mince dans le sens des libres et de la placer sous le microscope. Pour les viandes fumées, toujours plus opaques que les viandes fraîches, on peut se servir soit d'acides acétique, chlorhydriquc ou de glycérine; l'on obtient ainsi des coupes d'une trans- parence parfaite. J. F. Cornet. Le numéro 9, du mois de septembre, du journal The American monthly microscopical journal, de M. Romyn Hitchcock, contient le compte-rendu du 5 e congrès tenu par les micrographes américains, le 17, 18 et 19 août dernier, sous la présidence du professeur H. L. Smith de Geneva , membre honoraire de la Société belge de microscopie. Les travaux de ce congrès sont assez nombreux : CLXT1 SOCIÉTÉ BELGE l)E M1CROSCOPIE. M. Geo. E. Tel],deBuffalo,communiqued'abord, tout on en faisant la description, une série de belles planches coloriées montrant la structure et le développement d'une molaire humaine. Le professeur D. S. Kellecot, de Buffalo, lit un mé- moire relatif à un Lernéen parasite nouveau qu'il désigne sous le nom de Lerneocera tortua. W. G. Lapbam, de Northville, communique une note intitulée : The relation of médium power objectives to microbiologie, il ressort de cette communication qu'avec un objectif de 4/10 de pouce, d'une bonne construction, l'on peut voir autant qu'avec n'importe quel objectif de grande puissance, et que l'on peut voir tout ce qui est nécessaire d'être vu dans les recherches biologiques. Cette théorie, quelque peu paradoxale, a trouvé des contradicteurs très sérieux dans le docteur Seiler, le professeur Tuttle et le président Smith. M. C. M. Vorce, de Cleveland, lit ensuite, pour ter- miner la première journée, une note fort intéressante sur la pénétration des objectifs. L'auteur discute les images que forment les objec- tifs qu'il appelle: penetrating et non pénétra ting ou défi- nissant. Il est certain que la pénétration est une propriété spéciale aux objectifs de grande puissance , que M. C. M. Vorce définit comme suit : La pénétration est cette qualité par laquelle un objectif est capa- ble de présenter une image des différents plans d'un objet, comme si cet objet était vu directement par l'œil, de manière à pouvoir établir la relation qui existe entre les différents plans ; les objectifs définissants peuvent fournir une image plus correcte, plus exacte, mieux BULLETIN DES SÉANCES. CLXllI définie d'un plan , mais présentent le défaut de ne pouvoir, au moyen de la vis micrométrique, établir les rapports existant entre les différents plans. Ce sont donc là deux propriétés bien distinctes. L'auteur dit qu'un objectif, et cela des plus exact, peut posséder ces deux propriétés, qu'il considère comme essentielles ; il cite un objectif de 1/35 de pouce de Po well et Lealand, qu'il dit posséder à un haut degré ces deux importantes propriétés. La seconde journée comprend un nouveau travail de M. G. M. Vorce, sur l'examen microscopique au point de vue de la falsification des écritures. Nous renvoyons nos lecteurs à l'excellent article du docteur R. H. Ward, Bulletin de la Société belge de microseopie, n° XI, 26 août 1880. Le docteur Cari Seller, présente ensuite quelques con- sidérations sur l'emploi du baume de Canada et de !a glycérine pour le montage des préparations histologiques. Les micrographes, dit M. le docteur Seiler, sont divisés sur la question de l'emploi de ces deux matières conservatrices ; les uns se servent exclusivement de baume et lt?s autres de glycérine. Le docteur Seiler est d'avis, et c'est là aussi l'avis de la plus grande masse des micrographes européens, que les coupes des tissus durcis, et surtout ceux qui sont teints, doivent être montés au baume; la glycérine, à cause de son acidité, décolorant les tissus. Il est vrai aussi que pour certains autres tissus, non colorés et d'une grande délicatesse, qui doivent conserver leur état naturel de malléabilité, la glycérine doit être [tréférée. Cependant, là encore il y a à tenir compte de l'indice de réfraction et de la transparence des tissus. CLXIV SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Le seul inconvénient réel que présente le baume c'est de resserrer et de racornir les tissus lorsqu'ils sont secs. Le docteur Seiler termine sa communication en pro- posant une substance, dont il ne formule pas la composi- tion ; il dit que le dammar remplit également la condition de présenter les propriétés respectives du baume et de la glycérine, tout en ne présentant pas les inconvénients que l'on peut reprocher à ces deux liquides conservateurs. Le docteur D. C. Hawxhurst communique et décrit une méthode pour l'observation de la circulation du sang chez l'homme; il n'est pas à notre connaissance que des essais de ce genre aient été faits. L'auteur se sert de la lèvre inférieure. Le reste du congrès ne présente plus rien de bien intéressant au point de vue des micrographes européens. Il n'a pas été question de l'unité micrométrique pen- dant cette session. J. F. Cornet. The clinical microscope, tel est le titre d'un petit tra- vail descriptif que vient de faire paraître, à Boston, le docteur E. Cutter. L'auteur se demande ce que c'est qu'un clinical mi- croscope^ C'est, dit-il, un petit microscope composé destiné aux médecins pour l'usage et l'analyse au lit du malade. Cet appareil est des plus simples et il en donne trois modèles : le premier est composé de deux tubes à frot- tement doux, le tube intérieur portant l'objectif et l'ocu- laire et le tube extérieur immédiatement attaché à une petite platine munie de deux ressorts fixes pour rece- voir le slide ; on s'en sert directement à la lumière comme d'une lunette ou d'une longue-vue ; le deuxième BULLETIN DES SÉANCES. CLXY est composé, comme Stand, de deux planchettes recou- vertes de velours, dont l'une est verticale et l'autre placée transversalement à la première au 2/3 de la hauteur, dans une direction oblique telle qu'elle fasse pied avec la première; le microscope est adapté à la planchette trans- versale au moyen d'un pignon ; la table et le miroir sont également mobiles; le troisième, destiné à l'examen des objets opaques, ne diffère guère du premier que par des attaches qui soutiennent le tube et la platine. Ces microscopes sont accompagnés d'une petite série de lentilles, variant selon l'usage spécial auquel est des- tiné l'instrument. Mais ce n'est pas là, à beaucoup près, l'intérêt de ce petit livre ou plutôt du petit manuel du docteur Cutter. Ce livre est surtout intéressant au point de vue de la pratique, le docteur Cutter très familiarisé avec le mi- croscope donne une série de définitions technologiques très courtes et très exactes. 11 est à remarquer, et M. Cutter est aussi de cet avis, que bon nombre de praticiens ne sont point familiarisés avec les termes et les définitions des différentes parties de l'appareil dont ils se servent ; à ce point de vue le tra- vail du docteur Cutter, présente un intérêt tout spécial. Cette courte étude se termine par quelques conseils pratiques, relatifs aux préparations cliniques extempo- ranées, fruit d'une longue expérience dans ce genre de recherches. J. F. Cornet. Die cmhcimisclien fret in der reinen Erde und susse» Wasser lebeden Ncmalodcn ; monographisch bearbeitet Vorlânfiger Bericht und Description sijslematiscfier CLXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Thcil. Em : Tijdschvift der Nederl. Dierk, verecniy deel V, aft. I et II, Leide, 1880. Notre bulletin mensuel du mois d'octobre 1877, con- tient une première analyse des travaux du docteur de Mail, sur les Turbellariés et les Nématodes libres. Il y a près de cinq ans que M. de Man, conservateur au musée de Leide, publia son premier travail sur les Nématodes libres terrestres; depuis cette époque il a continué ses recherches avec persévérance; nous lui devons la diagnose de 15 genres nouveaux et de 72 espèces nouvelles, ce qui porte à 141 le chiffre des espèces aujourd'hui connues. L'auteur se propose de continuer ses recherches; il résulte de ses dernières investigations que le sol, aussi bien que les eaux douces et saumàtres, révèlent sans cesse la présence de nouvelles formes et que la science est loin d'avoir dit son dernier mot sur les résultats que l'on peut attendre dans ce champ si vaste et encore si inexploré. Le docteur de Man publiera, d'ici à quelques temps, une monographie complète des Nématodes libres. Dans ce travail, l'auteur se propose, non-seulement de faire la description et les ligures des espèces observées, mais aussi les résultats de ses études sur la morphologie, l'anatomie, l'embryogénie et la distribution géographi- que de toutes les espèces connues. J. F. Cornet. BULLETIN DES SÉANCES. CLXYU Assemblée générale asinsielie «lai 14) octobre I88O. Présidence de M. le D 1 Ledeganck, Président. Sont présents : MM. Bauwens, Casse, Delogne, Le- clercq, Ledeganek, Miller et J. F. Cornet, secrétaire. MM. Michelet, Prinz, Rutot et Vanden Broeck, font excuser leur absence. M. le docteur Ledeganek donne, au nom du Conseil, lecture du rapport ci-dessous : Messieurs, Nous avons l'honneur de vous présenter le rapport annuel, qui rend compte de la situation de la Société. La Société belge de microscopie termine aujourd'hui son sixième exercice annuel et nous sommes heureux de constater que la situation s'est maintenue à la hauteur des années antérieures. Le nombre de nos membres a légèrement diminué. De 150 qu'il était à la clôture de l'exercice 1879-80, il est descendu à 1 4:2. Nous avons à regretter la mort de trois de nos membres effectifs. MM. Nyst, Saint-Quentin et Van Hoorde, et d'un membre associé M. Brouwet. Neuf membres nous ont donné leur démission, sept membres effectifs et deux associés. Le nombre actuel des membres se répartit comme suit : Membres honoraires .... 9 » correspondants ... 52 » effectifs 91» » associés 10 1 42 CLXVI1I SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. La Société se trouve en relations d'échanges avec 112 sociétés, 12 de plus que l'année dernière. Le tome V de nos Annales est en préparation. Parmi les travaux y destinés, fnmrent : A. Mémoires. 1° Un travail sur (es apparences des valves des dia- tomées, par M. Julien Deby, 2° Sur le Cercaria, par M. Jabez Hogg. 5° Un travail de M. A. Renard, dont le titre ne nous est pas encore connu. •4° Un travail sur la participation de la Société à l'Exposition nationale, par M. Cornet. Le bulletin des séances contient : 1° Une note de M. Fœttinger, sur les préparations d'infusoires, offertes par M. A. Certes. 2° Une note sur la brochure intitulée : Les diato- mées des Alpes, par M. Brun, par M. H. Van Heurck. 5° Note sur le mouvement moléculaire et le mouve- ment brownien, par M. le docteur Casse. 4° Note sur une pluie de sang observée au Maroc, par M. J. Brun. 5° Rapport de M. Rutot, sur le travail de M. Prinz, relatif aux altérations du bronze. 6° Note sur la division des cellules végétales, par M. Errera. 7° Note sur quelques produits de décomposition d'une hache en bronze, originaire de Java, par M. Prinz. 8° Sur l 'inoculation préventive delajdeuro-pneumonic exsudalive, par M. J. F. Cornet. 9" Note sur les terminaisons des nerfs dans les mus- cles des insccter,~\K\Y M. Fœttinger. BULLETIN DES SEANCES. CLXIX . 10° Observations sur l'unité micrométrique , par M. Cornet. 11° Etude des Diatomées dans la naphtaline mono- bromée, par M. H. Van Heurck. % 12° Notices minéralogiques, par M. W. Prinz. Notre bibliothèque s'est acerne par des dons remar- quables de MM. Petermann, von Lasaulx, Bieler, Brun, Morren, Pelletan, Senoner, Ad. Sauer, Gernet, Frie- drich, Sorby, Barnes, Woodward, de Man, Huberson, Prasmowski,Matteo Lanzi, Fraipont, Lookwood,Winkler et Thoulet. Des préparations nous ont été offertes par M. Steven- son et Mauler, une belle série de microphotographies par M. E. Ravet, et deux albums par le docteur Ephraim Cutter. La publication du tome V de nos annales, a subi quelque retard par suite de l'absence du secrétaire. Le grand événement de l'année a été l'Exposition nationale. Notre Société y a pris une part proportionnée à ses moyens d'action , et a marché de pair avec les sociétés scientifiques les plus importantes de la capitale et du royaume. De l'avis d'un grand nombre de spécia- listes compétents, la Société belge de Mieroscopie a bien fait les choses : nous aurions voulu faire plus; nous avions conçu le projet d'initier le public aux merveilles du monde invisible, par des séances de mieroscopie tenues dans la salle des Sociétés scientifiques, malheu- reusement, le défaut d'éclairage dans la salle est venu mettre obstacle à notre projet. C'est une revanche à prendre dans une prochaine occasion. Somme toute, nous pouvons dire que notre exposi- tion a été un succès. CLXX SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0PIE. Avant de quitter le fauteuil, il me reste, Messieurs, un devoir à remplir : c'est de vous remercier, vous tous qui êtes ici et tous ceux que d'autres occupations ont empêché de se joindre à nous, c'est, dis-je, de vous remercier des excellents rapports qui ont présidé à toutes nos relations mutuelles pendant la période bien- nale de ma présidence. La direction des séances, la sur- veillance de nos intérêts pécuniaires, la publication régulière de nos bulletins, tout cela a été pour moi une véritable sinécure, au point que lorsque la maladie m'a tenu éloigné temporairement de vos réunions, rien n'a été changé dans la marche toujours prospère et croissante de notre Société. L'honneur en revient, Messieurs, d'abord à notre zélé secrétaire, ta qui j'en rends ici un hommage publie de gratitude, ensuite à notre sympathique vice- président, qui, pendant une grande partie de l'année a bien voulu se charger de me suppléer dans mes fonc- tions. (Applaudissements.) M. le docteur Casse adresse les paroles suivantes : Messieurs, Je crois être l'interprète de tous les membres de la Société, en exprimant à notre excellent Président tous nos remerciments pour le zèle et le dévoûment dont il n'a cessé de donner des preuves pendant tout le temps de sa présidence. Nous regret»- ■, s que la maladie, dont il a été atteint, l'ait tenu longtemps éloigné de nous, mais nous espé- rons que, maintenant qu'il nous est revenu, il conti- nuera à donner à la Société de nouvelles preuves de tout l'intérêt qu'il lui porte. BULLETIN DES SÉANCES. CLXX Je le répète, messieurs, je suis heureux de pouvoir témoigner à M. Ledeganck tous nos remerciments, en même temps que tous les regrets que nous éprouvons de le voir quitter un fauteuil qu'il a si bien occupé et que les dispositions formelles des statuts le forcent à quitter. (Applaudissements.) M. Bauwens trésorier, donne lecture de son rapport sur le budget 1879-80. Ce rapport est approuvé. Le projet du budget de 1880-81, est également approuvé. M. le Président propose de voter des remerciements à M. Bauwens, trésorier, pour les soins qu'il apporte clans la gestion des intérêts de la Société. (Applaudis- sements.) L'assemblée fixe au dernier samedi de chaque mois le jour de la séance annuelle de la Société. 11 est procédé ensuite à l'élection des membres sor- tants du Conseil. 1° D'un président, en remplacement de M. le docteur Ledcganek, non rééligible. M. le docteur H. Van Heurck est élu président. 2° De deux vice-présidents. a) De M. E. Yanden Broeck sortant, rééligible. b) De M. le docteur H. Van Heurck, nommé prési- dent. MM. E. Yanden Broeck et le docteur J. Casse sont élus vice-présidents. 5° De quatre membres du Conseil : CLXXII SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. MM. Coomans, Leclercq, Michelet et Rutot, sont élus membres du Conseil. MM. Gravis et Prinz sont nommés secrétaires-adjoints, pour l'année 1880-81. L'ordre du jour étant épuisé la séance est levée à midi. II LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ COMPOSITION DU CONSEIL ADMINISTRATIF . POUR L'EXERCICE 1880-1881. M. le docteur H. Van Heurck, Président. M. le docteur Casse, Vice-Président. M. E. Vanden Buoeck, Id. M. J. F. Cornet, Secrétaire (1). M. L. M. Bauwens, Trésorier. M. Coomans, Membre. M. Leclercq, Id. M. Michelet, Id. M. A. Rutot, Id. (1) Secrétariat, chaussée de Wavre, 259, Ixelles-Bruxelles. LISTE GENERALE des MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE AU 10 OCTOBRE 1880 Membres honoraire*. MM. Barnes, .T. K., docteur, chirurgien en chef de l'armée des États- Unis, à Washington. Jabez Hogg, docteur, 1, Redfort square, London. Jones, Rupert, prof. FUS. Camherley, Surrey (Angleterre). Kaiser, E., docteur, 27, Friedenstrasse, Berlin. Lawley, Roberto, à Montecchio, près Pontedera, Italie. Smith, H. E., prof. Hobart Collège, à Geneva N. Y. (États-Unis). Sorby. Broomfield (Sheffield). Ward, R. K., directeur de l'American Naturalist, Troy, New York (États-Unis). Woodvvard Col., D r médical staff U S. Army, Washington (États-Unis). Ulembres correspondants. MM. Andrews, R R, I» D S. Brattle square, Cambridge (Massa). Archer, William, F R S. Dublin. Rieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse). Boecker, docteur, Wetzlar. Bronte, rcv. J. H. C, correspondant secretary to the Agassiz lnstilute, Sacramento (Etals Unis). BULLETIN DES SEANCES. CLXXVII MM. Cox, C. F., Grand Central dépôt, room, 43, New York city (États-Unis). Crosier E S, M D, Louisville Ky. (États-Unis). Curtis, Thomas, membre de la Société royale de Microscopie, 244, High Holborn Londres. de Castracane, abbé, Comte François, Rome. de Man ; docteur J.-G., Leyde (Pays-Bas). Dod A P., 279 i[», Main street, Memphis (Etats-Unis). Guinard, E., Montpellier. Harrisson, docteur W. -G,, 09, Centre street, Baltimore (Etats- Unis). Heerstein, Maurice. Hunt, J. Gibbons. M D, Philadelphie (Etats-Unis). Kingdon, J. B. Kinne, C Mason, 42-2, California street, San Francisco, Cal. (Étals-Unis). Kitton, Frédéric, Norwich (Angleterre). Lanzi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome. Lockwood, rev. Samuel, Ph. D., Fnehoold (Étals-Unis). Mauler, E., Travers (Suisse). Oliver, docteur O.-C, 508, W Congres street, Chicago, (États- Unis). Rosenbusch, professeur de minéralogie à l'université de Heidel- berg. Senoner, docteur, bibliothécaire de l'Institut 1, R, géologique d'Autriche, 14, Landstrasse, Kriegelgasse, Vienne. Stevenson W C, 1523, Green street, Philadelphie, Pens> (États-Unis). Stidham Rev. J F, Colombus Ohio (États-Unis). Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut royal des sciences, Palais ducal, à Venise (Italie). Van Bruyssel, chargé d'affaires de Belgique à Carracas. Von Lasaulx, minéralogisschc institut der universitat, Kiel. Ward, James W., Buffalo (Etats-Unis). Zimmermann, 0. E. R., docteur, Chemnitz (Allemagne). Ziikel, Ferdinand, professeur de minéralogie a l'université de Leipzig.. CLXXVIH SOCIÉTÉ BELCE DE M1CR0SC0PIE. Membres effectifs (1). MM.Araujo, Silva, docteur en médecine, 5, rua directe do Com- mercio, Bahia (Brésil). Barrow, directeur i\u bureau Veritas, 85, rue Royale Sainte- Marie, Saint-Josse-ten-Noode. * Bauwens, L. M., receveur des contributions, Koekelberg. Blankenhorn, Adolphe, docteur, Carlsruhe (Allemagne). Blavy, Alfred, avoué licencié, rue Barallerie, Montpellier (France). * Bommer, J. E. , professeur à l'Unir site, rue de la Chancel- lerie, 18, Bruxelles. * Casse, J., docteur, rue de Ligne, 29, Bruxelles. Charles, E., rue Joseph II, 49, Bruxelles. * Chalon, Jean, docteur en sciences naturelles, Namur. Colbeau, Emile, rue d'Orléans, 41, Ixelles. * Colbeau, Jules, rue d'Orléans, 41, Ixelles. Coomans, pharmacien, rue du Poinçon, 62, Bruxelles. * Coppez, docteur en médecine, 24, boulevard du Jardin Bota- nique, Bruxelles. * Cornet, J. F., chaussée de Wavre, 259, Ixelles-Bruxelles. Craven, Alfed, Brooklield house Folkestone Kent (Angleterre). ' Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'Espla- nade, 8, Bruxelles. * Davreux, Paul, ingénieur, Musée de l'Industrie, Bruxelles. * Deby, Julien, ingénieur, 7, Holland road, Kinsington, Londres. De Bonnier, négociant, rue de la Blanchisserie, Bruxelles. " de Boire, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, Bruxelles, de Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Bahia (Brésil). * Delecosse, docteur, échevin de la ville de Bruxelles, rue de l'Hôpital, 14, Bruxelles. Delogne, C. H., aide-naturaliste au Jardin Botanique de l'Étal, Bruxelles. * Delstanche, Charles, docteur, rue du Commerce, 11, Bruxelles. Depaire, J. B., professeur à l'Université de Bruxelles, rue Boyale, 54, Bruxelles. (t) Le nom des membres fondateurs est précédé d'un astérisque. BULLETIN DES SÉANCES. CLXXIX MM.de Pitteurs-Hiegaerls, Ch., docteur en sciences naturelles, à Zepperen (Limbourg). de Selys-Longchamps, baron Edm., sénateur, 34, quai de la Sauvenière, Liège. ' Dupont E., directeur du Musée royal d'hist. naturelle, Bruxelles. Dusart, E., major du génie, rue du Châtelain, 7, Bruxelles. Errera, Léo, docteur en sciences naturelles, rue Royale, 6, Bruxelles. Fœtlinger, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, Bruxelles. Fraipont, docteur en sciences naturelles, rue Sainte-Croix, Liège. Giesbers, ingénieur, rue de la Bonté, 3, Saint-Gilles. Godefroy, abbé, professeur au petit séminaire de la Chapelle Saint-Mesmin, Loiret (France). Gravis, docteur en sciences naturelles, rue de Naples, 22, Ixelles. Hallez, Paul, rue Rogier, 199, Bruxelles. Heeg, M., Circus gasse, 53, Vienne (Autriche). * Ileger, Paul, docteur, profes. à l'Université, rue des Drapiers, 53. Houzeau de Le Haye, professeur, Hyon (Mous). Janson, Paul, avocat, place du Petit Sablon, 18, Bruxelles. * Joly, A., professeur à l'Université, rue Marie-Henriette, 5, Ixelles. ' Joris, docleur, rue des Alexiens, 19, Bruxelles. Kirkpatrick, R. S., ingénieur, rue de la Croix, GG, Ixelles. Lammens, F., docteur en médecine, rue Dupont. 63, Bruxelles. * Leclercq, ingénieur, rue Vauthier, 36, Bruxelles. * Ledeganck, K., docleur, rue Berckmans, 88, Bruxelles. Lefèvre, Th., rue du Pont-Neuf, 10, Bruxelles. Lejeune, J., avocat, chaussée d'Ixclles, 119, Ixelles. Leuduger-Fortmorel, docleur, à Saint-Brieuc (France). * Mahaux, docteur, professeur à l'Université, rue Thérésienne, 8, Bruxelles. Masquelin, docleur en sciences naturelles, rue Enlre-deux- Ponls, 36, Liège. Matagne, docteur, rue Terre Neuve, 177, Bruxelles. iMechin (abbé), S 1 Reuno's collège N r S* Asaph, Norlh Wales. Angleterre. * Mercier, J., pharmacien, chaussée de, Wavre, 98, Ixelles. * Membre fondateur. CLXXX SOCIÉTÉ BELGE t)E MICROSCO['3E. MM. Micault, rue Fardel, Saint-Brieuc (France). * Michelet, G., ingénieur, rue Pascale, 6, Bruxelles. * Miller, Henry, professeur, place de l'Industrie, 59, Bruxelles. Miquel, chef du service micrographique à l'Observatoire de Mont-souris, rue Monge, 12, Paris. Negri, F. ( avocat à Cassale, Monlferrato, Italie. Olive, G., rue Montgrand, 14, Marseille. Petermann, A., docteur en sciences naturelles, directeur de la station agricole de l'État, Gembloux. Pichardo, Gabriel, docteur, O'Reilly, 51, Ilabana (Cuba). Petit, Paul, pharmacien, rue des Quatre-Venls, 16, Paris. Picard, Edmond, avocat, avenue Toison d'or, 47, Bruxelles. * Pire, Louis, professeur, rue Keyenveld, 111, Ixelles. Prinz, W., chaussée de Wavre, 259, Bruxelles. Proost, secrétaire de la Société royale d'agriculture, place Royale, Bruxelles. Provencher (l'abbé), directeur du Canadian Naturalisa Cap rouge, Québec (Canada). Ramy, Albert, rue Dupont, 56, à S^haerbeek. Ravet, notaire a Surgères, Charente-Inférieure (France). Renard (le père A.), conservateur au Musée royal d'histoire na- turelle, Bruxelles. Roussel, ingénieur chimiste, à l'arsenal de Malines. * Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, rue du Chemin de Fer, 51, Bruxelles. Schlumberger, ingénieur, 4, rue du Plat, Lyon. Simon, docteur, boulevard Central, 35, Bruxelles. Tillier, Achille, architecte, rue de la Coupe, Mons. Townend Waller, ingénieur, 54, Prescot street, Halifax (Angleterre). * Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'histoire naturelle, rue Terre-Neuve, 124, Bruxelles. ' Van den Corput, docteur, professeur à l'Université, avenue de la Toison-d'Or, 19, Bruxelles. Vanden Heuvel, Em., docteur en sciences naturelles, 118, rue de Laeken, Bruxelles. * Van Heurck, Henry, docteur en sciences, directeur du Jardin Botanique, rue de la Santé, 8, Anvers. * Van Volxem, T., docteur, professeur à l'Université, rue Bel- liard, 1, Bruxelles. BULLETIN DES SÉANCES. CLXXXI MM. Vaughan , E., homme de lettres, boulevard Central, 46, Bruxelles. Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France). Wauters, J., contrôleur du gaz, rue du Parnasse, 4, Ixelles. Wchenkel.doct., professeur à l'Université, rue d'Allemagne, 89, Bruxelles. Weissenbruch, Paul, rue Vanderkindere, 22, Molenbeek-St-Jean. * Weverbergh, docteur, place des Martyrs, t8, Bruxelles. Weyers, Joseph, rue de Laeken, gl, Bruxelles. * Wilmart, docteur, prosecteur à l'Université, rue d'Assaut, 26. Bruxelles. * Membres fondateurs. Membres associés. MM. Bock, étudiant en médecine, rue T'Kint, 27 Bruxelles. Brouwet, étudiant, rue d'Idalie. 9 Ixelles. Delacre, Ambroise, étudiant, rue de l'Arbre-Bénit, 106, Ixelles. Désirée, étudiant, 49, rue au Beurre, 49, Bruxelles. Frère, Emile, étudiant en médecine, rue Delannoy, Bruxelles. Loin, étudiant en médecine, rue du Méridien, 42, Bruxelles. Manceaux, étudiant, rue des Trois-Tètes, 12, Bruxelles. Paternolle, Jean, étudiant en médecine, rue Alphonse Vanden Peereboom, 23, Bruxelles. Benson, G., docteur en sciences, r. de la Poste, 192, Bruxelles. Rouffard, étudiant en médecine, rue Impériale, 21, Bruxelles. Sweerts, étudiant, rue Traversière, 84, Bruxelles. Van Heerswinghels, étudiant en médecine, rue du Persil, 4, Bruxelles. Van Leynzeele, étudiant en médecine, rue de Laeken, 94, Bruxelles. 12 III ACADÉMIES, SOCIÉTÉS & INSTITUTIONS ACADÉMIES, SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS avec lesquelles LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E EST EN RELATIONS D'ÉCHANGE. Belgique. Académie royale des sciences, arts et belles-lettres, de Belgique, Bruxelles. Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles. Annales de médecine vétérinaire, M. Thiernesse, directeur de l'Ecole vétérinaire, à Cureghem. Archives de Biologie, M. le prof. Van Beneden, Liège. Association belge de Photographie, M. Géruzet,rue de l'Ecuyer, 27B, Bruxelles. Alhenseum belge, 26, rue de la Madeleine, Bruxelles. Bibliographie médicale, Jemeppe. Ciel et Terre, observatoire royal de Bruxelles. Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. le prof. Morren, a Liège. Moniteur industriel belge, Bruxelles. Musée de l'Industrie de Belgique, M. Gaudy, directeur, Bruxelles. Société des Naturalistes dinantais, Dinant. Société royale des sciences, M. le docteur Candèze, Glain, Ans, près Liège. Société royale des sciences médicales et naturelles, M. le prof. Vanden Corput, 19 avenue de la Toison d'Or, Bruxelles. Société royale de Botanique, au jardin Botanique, Bruxelles. Société bel gedeGéographie, M. Dufief, rue de la Limite, 112,Bruxelles. Société Entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu- relle, Bruxelles. Société Géologique de Belgique, N. G. Dewalque, Liège. Société Malacologique de Belgique, M. Lefevre, rue du Pont Neuf, 10, Bruxelles. Société médico-chirurgicale, docteur, F. Putzeys, Liège. CLXXXVI SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mons. Société scientifique de Bruxelles, 21, rue des Ursulines, Bruxelles. Université de Bruxelles. Université de Gand. Université de Liège. Université de Louvain. Allemagne. Botanisches Centralblatt, D r Uhlworm, Cassel. Gesellschaft fQr Mikroskopie, D r E. Kaiser, 27, Friedenstrasse, Berlin. Medicinisch naturwissenschaftliche Gesellschaft, M. 0. Hertwig, secrétaire, Jena. Offenbacher Verein fur Naturkunde, Offenbach S/M. Naturhistorische Gesellschaft, D r Buttenweyser. Nllrenberg. Naturwissenschaftliche Gesellschaft, Chemnitz. Naturwissenschaftlieher Verein, Elberfeld. Physikalisch-œkonomische Gesellschaft, Kœnigsberg. Société d'histoire naturelle de Colmar, docteur Faudel, secrétaire. Société d'histoire naturelle., rue de l'Evêché, 25, Metz. Verein fur Naturkunde, D r Akermann, Cassel. Zoologischer Anzeiger, professeur Carus, Querstrasse, 30, Leipzig. Autriche. K. Akademie der Wissenschaften, Vienne. Botanisch-zoologische Gesellschaft, Vienne. Institut I. et R. Géologique d'Autriche, Vienne. Naturforschender Verein, M. Stadhoff, Briinn (Autriche). Naturwissenschaftlieher Verein fur Steiermark, M. Max Buchner, Gralz. Société royale hongroise des sciences naturelles, M. A. Helterm, Buda-Pesth. Société adriatique des sciences naturelles, Trieste. Verein zur Verbreilung naturwissenschaftlicher Kenntnisse, Vienne. France. Académie des sciences, lettres et beaux arts de Dijon. BULLETIN DES SÉANCES. CLXXXVII Bulletin scientifique du nord de la France, prof. Giard, Lille. Feuille des jeunes naturalistes, M. Dolfus, 29, avenue Montaigne, Paris. Journal de Photographie, M. Huberson, directeur, 2, rue Laromi- gnière, Paris. Journal de Micrographie, docteur Pelletan, rue Lallier, Paris. Revue des sciences naturelles, M. le prof. Planchon, Montpellier. Revue bryologique, M. Husnot, à Cahan, par Athis, Orne. Société Borda, secrétaire, M. de Lataulade, à Dax. Société des sciences physiques, naturelles et cliraatologiques, M. le docteur Berlherand, secrétaire général, rue Bruce, à Alger. Société Linnéenne du nord de la France, M. René Vion, rue Voi- ture, 8, Amiens. Société des sciences physiques et naturelles, hôtel des Facultés, Bordeaux. Sociélé Linnéenne de Rordeaux. Société de médecine de Caen et du Calvados, M. le docteur Fayel, ]>rof. à l'Ecole de médecine, Caen. Société d'étude des sciences naturelles, 16, rue Rourdaloue, Nîmes. Sociélé d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts, M. Loiselin, secrétaire général, à Orléans. Société française de Photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris. Sociélé des amis des sciences naturelles de Rouen. Société d'histoire naturelle, M. H. Miot, seercaire, a Toulouse. Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier. Société des sciences naturelles, M. Miot, secrétaire, Semur (Côte d'Or). Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Auxerre. Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cherbourg. Société d'histoire naturelle de Beziers. Société d'études scientifiques, 85 rue Pierre Charron, Paris. Société linéenne de Lyon, place Sathomay, Lyon. Grande- B r et agne . Brighton and Sussex natural history Society, Brighton. Croydon Microscopical and natural history Club, M. B. Sturge, 20, the Waldrons, Croydon. Norfolk and Norwich naturalist Society, Norwich. Royal Microscopical Society, King's Collège, London. Quekett Microscopical Club, London. CLXXXVIII SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Science Gossip, M. Bogue, S' Martin's street, Londres. Hollande. Société hollandaise des sciences de Harlem. Société néerlandaise de zoologie, D r P. P. C. Hook, Leyde. Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam. Italie. Académie des sciences de l'Institut de Bologne. Académie des sciences, lettres et arts de Modène. Académie royale de science, Turin. Aleneo de Brescia. Bolktino scientifico, Pavie. Comité géologique d'Italie, Rome. Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise. Société des naturalistes de Modène, D r Paolo Renardi, secrétaire. Société cryptogamique italienne, Milan. Luxembourg. Institut royal Grand-ducal, M. Laym, secrétaire de la section des sciences naturelles, place Guillaume III, Luxembourg. Russie. Académie impériale des sciences, St-Pétersbourg. Société impériale des naturalistes, maison Arkarkhanoff. S. E. le D r Renard, vice-président de Moscou, Moscou. Suède* Botaniska notiser, D r Otto Nordstedt, Lund. Suisse. Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à Genève. Naturforschcnde Gesellschaft Muséum, Basel. Nalurforschende Gesellschaft, prof., Alb. Munfler, secrétaire, Bern. Naturforschcnde Gesellschaft, prof., Weilenman, Zurich. BULLETIN DES SÉANCES. CLXXXIX Gesellschaft Graubundens, ChUr. Schweizerische Entomologische Gesellschaft, 95, rue des Gen- tilshommes, Berne. Société des sciences naturelles, M. L. Coulon, Neufchatel. Société vaudoise des sciences naturelles, M. Bieler, vice-président, avenue Âgassiz, Lausanne. Canada. Naturaliste canadien, Québec. f Etats-Unis d'Amérique. Académie des sciences naturelles de Boston. Academy of sciences of Saint Louis ( Missouri). Academy of sciences, D r L. Elsberg, 614, Fifth avenue, New York. Academy of science, Rochesler (New-York). Académie des sciences de Philadelphie. American Journal of Microscopy and popular sciences, Park row, 57, New- York. American Quarterly microscopical Journal, R. Hitchcock, Maiden Lane, 31-55, New-York. Boston Society of natural history, Boston. E>sex Inslilute, Salem (Mass). Microscopical Club, M. James VVard, Buffalo. Microscopical Society of Boston (Mass). State microscopical Society of Illinois, 265, Wabash avenue, Chi- cago. Cuba. Société medico-chirurgicale de la Havane. Nouvelles Galles du Sud. Microspical Club, Victoria. TABLE GENERALE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE TOME VI DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPSE MEMOIRES Les apparences microscopiques des valves des Diatomées, genre A mphora, par J. Deby . . 4 Description lithologique des récifs de Saint-Paul, par A. Renard 13 BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ . I Séance du 30 octobre 1879 V Note de M. Fœttinger sur les préparations d'In- fusoires de M. A. Certes. . .• VI Séance du 27 novembre X Proposition du D 1 ' Casse en vue de reprendre la lecture des publications reçues XII Notes on some of the Reticularian Rhizopoda of the « Challenger » Expédition by Brady. . . XVII Séance du 8 janvier 1880 Diatomées des Alpes et du Jura, par M. Brun. . XXVII Séance du 2 février Mouvement moléculaire et mouvement Brownien, par M. le D r Casse XXXVI Présentation des objectifs 1/1 2 e et 1/1 8 e à immer- sion dans l'essence de cèdre de M. Zeiss, par M. Van Heurck XLIX CXC1I SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Beurre naturel et beurre artificiel LI Nouveau liquide conservateur LI Séance du 4 mars Rapport de M. Vanden Broek sur une nouvelle chambre claire LVI Note sur une pluie de sang, par J. Brun. . . . LVII Séance du 26 mars Rapport de M. Delogne sur le travail de M. Deby, intitulé : Sur les apparences microscopiques des valves des Diatomées, genre Amphora. . . . LXV Examen de Diatomées recueillies au Jardin Bota- nique LXV De la stabilité des Diatomées, par M. Delogne. . LXVI Séance du 29 avril Rapport de M. Rutot sur le travail de M. Prinz, concernant les produits d'altération des bronzes antiques LXIX Division des cellules végétales, par M. L. Errera. LXXI Compte-rendu du précis de microphotographie de M. G. Huberson, par M. Rutot LXX1I Séances du 29 mai et du 24 juin Oculaire à micromètre de M. Bauwens. . . . LXXVI Considérations sur les coupes de roches peu cohérentes, par M. Prinz LXXVII Notions sur les Diatomées, par M. Brun. ... LXXVIII Séance du 29 juillet Considérations sur le Synopsis des Diatomées de Belgique, par M. Van Heurck C Note de M. Prinz sur les produits de décomposi- tion d'une hache en bronze antique. ... Cil Note de M. Willems sur l'inoculation préventive de la pleuropneumonie contagieuse des bêtes bovines CIII Syprogyra des environs de Paris, par M. Petit. Analyse de M. D r Gravis CV De l'Endochrome des Diatomées, par M. Petit. Analyse de M. le D r Gravis CVI BULLETIN DES SÉANCES. CXCill Sur les cellules végétales à plusieurs noyaux, par M. Treub. Analyse de M. Errera Ueber aus Mehrkernigen Zellen aufgebaute Di- cotyledonen Keimtrœger. F. Hegelmaier. Rap- port de M. L. Errera CXIIl Un nouveau liquide conservateur CXVI Séance du 26 août 1880 Inoculation de la pleuropneumonie exsudative, par M. Cornet CXX Terminaison des nerfs dans les muscles striés des insectes, par M. A. Fœttinger CXX II Observations de M. Cornet sur l'unité micromé- trique CXXVI Technique microscopique, préparation et mon- tage des objets à deux couleurs, par M. Merre- man (analyse) CXXXII Le microscope appliqué à la recherche des falsi- fications dans les écritures, par le D r R.-H. Ward ' CXXXVII Séance du 30 septembre CXLV Etude des Diatomées dans la naphtaline mono- bromée. . . CXLVIII Rapport de M. Prinz sur une note du D r Van Werveke ayant pour sujet la présence du rutile dans les roches cristallines anciennes. . . . CXLIX Observations de M. Prinz sur certains cristaux de quartz et sur des cristaux de chrome métal- lique CLII Analyse de l'article de M. Megnin sur la trichine et la trichinose, par M. Cornet CLVI Compte-rendu du 3 e Congrès des micrographes américains CLXI The clinical microscope, par E. Cutter . . . CLXIV Les nématode libres, par le D r de Man, analyse de M. Cornet CLXV Assemblée générale du 10 octobre Rapport annuel. . . , CLXVII CXC1V SOCIETE BELGE DE M1CR0SC0PIE. Liste générale des membres CLXXVII Académies, sociétés et institutions avec lesquelles la Société belge de microscopie est en relation d'échange CLXXXV Table générale des matières contenues dans le tome VI CXC EN VENTE A LA MEME LIBRAIRIE. Dumortier (B.-C). Mémoire sur l'anatomie et la physiologie des polypiers composés d'eau douce, nommés Lophopodes, 2 e édi- tion. Tournay, 1866, in-8°, 84 pages et 2 planches. 2,50 Pelletan (J.). Manuel pratique du microscope appliqué à la séri- culture (procédé Pasteur).. Paris, 1875, in- 18, 130 pages et fig. 2,00 Robin (Ch.) Traité du microscope et des iûjections. Paris, 1877, in-8°, 2 e édition, cart., 1100 p. avec lig. et planches. 20,00 — Anatomie microscopique. Des tissus et des sécrétions (anato- mie et physiologie comparées). Pans, 1869, in-8", 123 p. 4,50 — Anatomie microscopique. Des éléments anatomiques. — Des épithélium (anatomie et physiologie comparées). Paris, 1868, in-8°, 125 pages. 4,50 Van Heurck. Le microscope, sa construction, son maniement et son application aux études d'anatomie. 3 e édition, considéra- blement augmentée. Bruxelles, 1878, in-8°. 10,00 — Notions succintes sur l'origine et l'emploi des drogues simples de toutes les régions du globe. Catalogue systématique de la collection de matière médicale, commerciale et industrielle, faisant partie du Musée botanique de l'auteur. Bruxelles, 1876... in-8°, 260 pages. 3,50 Leydig. Traité d'histologie comparée de l'homme et des animaux. Traduit par le docteur Lahillonne. Paris, 1866, in-8°. 15,00 Van Tieohem. Traité de botanique, in-8°, 1500 p. avec 800 fig. 30,00 De L\pparent. Traité de géologie, in-8 ,' 1200 p. avec 500 ligures. 24,00 • 'i.aus. Traité de zoologie, 2 e édition française, in-8°, 1400 pages avec 500 figures. 30,00 De Lanessan. Traité de zoologie. Protozoaires, in-8°, 350 pages avec 300 figures. 10,00 — Sous presse : 2 e partie : Les œufs et les spermatozoïdes des Métazoaires. Les Cœlentérés. 3 e , 4 e et 5 e partie : Les Vers et les Mollusques. 8 e , 9 e et 10 e partie : Les Proto-Vertébrés et les Vertébrés. ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE >î$33:>*cO=îS^ TOME VIT. Année ISHO-ISSI. BRUXELLES H. MAXCKAÏ X, LIBRAIRE-ÉDITEUR IMPRIMhTR DE LA SOCIÉTÉ BÉLOB ]>K MICROSCOPIE Rue des Trois-Tètes, 12 (Montagne de la Cour). 1883 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE ANNALES DE LA SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE TOME Vil. LIBRARV NEW YORK Année 1880-1881. boTanical GARD6N. BRUXELLES H. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE Rue des Ïrois-Tétes, 12 (Montagne de la Cour). 1883 MEMOIRES. FURTHER OBSERVATIONS ON THE MOVEMENTS OF DIATOMS BY Jabez HOtiti, L. L. D., F. R. M. S., M. R. C. S., Hon. Fellow of the Belgium Microscopical Society, etc. ^Mémoire présenté à la Société belge de Microscopie, à la séance du 30 décembre 1882). Some few years before Schultze published his obser- vations on the movements of Diatoms I had devoted at- tention to the subject. In 1855 I contributed a brief résumé of my investigations to the Quarlerly Journal of Microscopical Science (London) *. The late Professor Smith stated that Diatoms werc endowed with motive povver of some kind. He refers to the subject in his Synopsis, Vol. 1, page XXIII, in the following terms : « Although motion may be delected in the frustules of attached species, as those of Gompho- nema, when forcibly separated from their stipes, and in which there is an ardent tendency to change their position, I am constrained to believe that the ' See : Quarterly Journal of Microscopical Science, p. 235. 1835. Also, my work on the Microscope, 3 d Edition, p. 307, 1836. H SOCIÉTÉ BELGE 1»K MICROSCOPIE. movements of others of the Diatomacea? are owing to the forces operating within the frustule, and are probably connected with the endosmotic and exosmotic action of the cells. The fluids which are concerned in those actions must enter and be emitted through the minute foramina at the extremities of the siliceous valves. » Other références are made to the subjecl, but from the conclusions drawn it is évident that Professor Smith had not bestowed sufficient time and attention upon the movements of Diatoms, otherwise he cou Ici not hâve failed to perceive that the elastic power possessed by the external tubular sheath of either Gomphonema, or Schi- zonema, in no way explains the movements exhibited by the frustule as it leaves the tube. When a separated frustule is ejected through the ruptured opening, from the open extremity of the tube, it does not, as Professor Smith supposed, leave the tubular sheath by any motive power acquired from the elastic nature of the walls of the tube ; but having acquired some other and indepen- dent impetus, for as it approaches the open extremity it sharply jerks itself out and swims off with increased speed, quite prepared for a more active stage of exist- ence. It is perfectly certain also, that the stipulate pro- cesses in one genus, and presumably in ail, are émana- tions from the frustules, ancl not the frustules from the stipes. In the sheath of Oocconema I observée! a young brood of frustules, very minute in size, closely aggre- gated in a transparent subglobose plasma; not far re- movcd, were a number of larger, probably older frus- tules, many of which had délicate stipes attachée!, and thèse, although free, exhibit no sign of motion of any kind. It is probable, therefore, that the formation of the MKMOIHES. 9 stipes is concurrent with that of the silex, or siliceous skeleton of thc Diatom. Be this as it may, it is an undoubted offset of the frustule, and fpom which the frustnle can detach itselfatany moment after it lias fulfilled its purpose in the process of development. In the genus Cocconema, the stipes are of a compa- rative^' large size; notwithstanding this, from their great transpareney there is much diffîculty in demonstrating their présence; and the attennated contractile filament of even larger frustnles can in no way he seen. When high powers are employed, it is manifest to the prac- ticed eye, that the rapid movements performed by the free valves of Diatomaeea? are not to be explained upon any endosmotic and exosmotic theory. If taken at a period of the year favourable to the conditions of Diatom life, they will be seen to move aboutwith considérable rapi- dity over the field of the microscope often moving against the current of the water in which they exist. They will avoid organisms, or impediments lying in their way and separate themselves from a mass of minerai or vegetable matter. Motivity of this nature is certainly deserving of a betler description than that giventoit by someauthors : « a languid roll » ; and which only occnrs when the frustule is either dying, or in a state of exhaustion from want of oxygen. Before l proceed fnrther, it will be as well to notice, en passant, other théories of thc movements of Diatoms. First, that of an undulatiog protoplasmic membrane; second, that ofciliaarrangcd in numerical ordcr through- ont the suturai Une of the frustule; third, cilia project- iug from the openings, « foramina », at the extremities of the frustule. Nâgeli's modified endosmose and exos- lO SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOP1E. mose movement, scarccly merits separate mention. Et is of too ambiguous a nature to furnish data for the motile agency observed in Diatoms. The movements of the endoehrome referred lo bv Nâgeli, are necessarily confined to the interior of the valve, and althongh globules are occasionally seen to move languidly along the marginal portions, in some species, they are never seen to pass to the extremity, nor make a complète circuit of the frustule. Nothing approaching to cyclosis, as seen in Desmids, takes place at the extremities of Diatoms. Siebold's theory is equally unsatisfactory. By attentively following a Diatom, under high power magnification and careful illumination, its movements are seen to be under its own control. It will attack a body relatively larger than itself ; it will force the sharp or taper end of its frustule into a mass of matter, and receed from it, with a jerky motion. This action it will repeat many times over or until it bas opened a way for itself. Sueh movements will be explained by the alter- nate extension and retraction of a delicately constructed préhensile organ, or organs, contractile préhensile fila- ments, protruding through an opening or operating on the external surface of the siliceous frustule. It is but necessary to hâve préhensile filaments capable of exten- sion, in the transverse direction of each half of the frustule, to which they may be attached, to further coirï- prehend the foi'ward and backward movements perform- ed by the Diatom. For a nearly parallel example I may refer to the pediculate Rotifer : the pedicle of which consists of a highly contractile spiral style. This the Rotifer alternately expands and contracts at will ; and MEMOIRES. li performs as is well known many very active movements. Take another example from amongst the simpler forms of life, — cryptogamic plants, whose spores, possessing contractile filaments, hâve considérable powers of exten- sion and contraction, and are otherwise employed as motile agents. We may then without further argument assume, that Diatoms are furnished with a somewhat similar agencv, whereby their movements are effected, We hâve diversity ofform, structure and means employed to ensure the same end, but it has been observed, that there is nevertheless a « reign of law » throughout ail Nature 's opérations and works. Somewhat conclusive évidence of the préhensile con- tractile filamentous theory, is, I believed, furnished by the addition of a minute quantity of colouring matter to the contents of the cell, in which the Diatoms are con- fined.When a particle or two of colouring matter cornes within reach of a filament, it is seized upon, and follows the subséquent movements of the Diatom. Oceasionally a coloured particle will be seen to bc affected in the following manner. At a point equal to the length of the frustule, it is grasped en passant ; or it may be seized at some intermediary distance of the extrême lirait of the préhensile filament, when it is instantly drawn towards the frustule with a jerky motion, and secured. On more than one occasion, a cell of Palmo- glœa was seized in the way described, and seen to travel along the longitudinal suturai aspect of the valve, and in a contrary direction to that of progression, the progress of the frustule being at the moment percept- ibly slower and somewhat more jerky. When not so engaged it appeared to be occupied in securing points 155 SOCIÉTÉ BELGE [IE MICHOSCOPIE. d'appui on the slide and coverglass. Any and every inovement however, must be perfbrmcd at some disad- vantage in so eonfined a space as that afïbrded by a very shallow cell : a succession of normal movements is scarcely possible under the circumstances. Another disturbing élément of even more importance cornes into play during the microscopical investigation of minute organisais. The siliceous skeleton of Diatoms belonging to the filamentous order, although enve- loped in a nearly structureless protoplasm, is found to greatly interfère vvith the interprétation of structure, while it increases the difficulty of arriving at the précise nature and distribution of organs of préhension and progression. Diffraction phenomena, it shouldberemem- bered, are not eonfined to lined objects, nor to opaque, semi-opaque or transparent éléments ; in short they are universal whenever the strictly uniform propagation of luminous waves is disturbed by the interposition of any élément of unequal refraction. Diffraction phenomena bave alwavs been a créât stumbling block in the way of the interprétation of structure of every kind, especially of the siliceous valves of Diatoms. In the présent case, however, it appears to me to be simply necessary to limit the action of the préhensile filaments to the boundary of the plastic envelope, or a very little beyond it, and the difficulty in the way of comprehending the movements of the Diatomaeea 1 disappears, although they cannot always be satisfactorily demonstiated. It bas been contendcd that the movements of Diatoms areeither produced bycilia numeiïcally arranged through- ou t the ventral longitudinal Une of the valve or pro- jeeting from the « foramina » at theextremity. For some MÉMOIRES. 13 time I shared in this view but further observations hâve changea* my opinion. The very gênerai distribution of cilia and flagella among the lower as well as higher organisms, is, liable to affect one's judgement; that exquisite example amongst unicellular plants, the Volvox globator, the enveloping membrane of which is perfo- rated in every direction by an endlcss number of cilia, being a noteworthy example. In once again entering upon the investigations of the movements of Diatoms, I bave been anxious to divest myself of ail preconceived opinions, of either cilia or other organs, and having obtained during the past sum- mer a bountiful supply of lively spécimens, I at once made them the subject of careful and prolonged study. Portions taken from the bulk, together with cells of Palmoglœa, were transferred to a growing slide, the last named being arranged in groups of from two to a dozen or more primary cells. By expansion of the trans- parent outer membrane thèse cells soon displayed the phenomenon of self-division ; but neither in the com- pound state, nor as single cells did any of them exhibit any other kind of motivity. The Diatoms on the conlrary were incessantly on the move, passing to and fro, over the field of the microscope. Now and again they would seize upon a Palmoglœa and carry it off. Any retraction of the contractile filament of the Diatom pro- duced a sudden jerky movement of the cell; but as soon as it relinquished its hold it retumed to a state of perfect rest. Occasionally a fresh attack was made and the cell was scen to follow in the track of the Diatom. The movements were so remarkable, that no one obser- ving them, could, I venturc to think, refer them to 14 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. pther motilc organs than that of préhensile filaments or other voluntary contractile bodies under the perfect control of the frustule. At another time a minute organism belonging to a différent genus would dart across the path of a Diatom or corne into contact with it, vvhen it was at once seized and for a moment arrested. Two Navicula would cross each other, and the résultant action would be of an inlermediary or restraining character, and on suddenly relinquishing their hold of each other they would scparate with a bound. At another lime the motive action of a Diatom was seen to be ofa halting nature, as if waiting to gather up its contractile organs before attempting any advance. Light did not appear to exert any appréciable in- fluence on the movements of the frustules; in fact it appearcd to me that they rather avoided the sunlight thrown uponthem. The application of heat, raising the température of the slide some eight or ten degrees F., seemed to arrest their movements, which gradually became slowcr and ultimately ceased altogether. Their movements wcre indeed, entirely stopped, for on trans- ferring the contents of the slide to a watch-glass and ad d in g a drop or two of frcsh water to it, then standing it aside for twenty-four hours, the frustules on further examination were found perfectly motionless and their endoehromc shrunkeu and disorganised. This was pos- sibly caused by coagulation of eitlier the internai albumi- noïd matter, or the external protoplasmic envelope. The Palmoglœa on the contrary were cven more lively, and actively engaged in the process of cell-division. Among the contents of one cell were some fine MÉMOIRES. 15 spécimens of Pinnularia which présentée! an unusual appearance. Each frustule had two large colourless con- traelile vesicles on either side of the médian nodule, and a central nucleus in each. The outermost, peripheral portion, of the vesicles was retlexed, turned inwards upon itself; the intermediary space hetween the two being occupied hy a fine granular mass. The othea portion of the frustule was packed closely with a rich brownish-yellow coloured endochrome , iuterspersed amongst which ahout the médian line were a few oil globules *. The phenomenon of cyclosis, as I hâve hefore said, was not seeii to take place in any of the many spé- cimens of Diatoms examined. Ehrenherg, with objectives inferior to those of the présent day, satisfied himself that the movements of Diatoms were due to a twofold action : that of a retrac- tilc foot, and of retractile ciliary processes. I hâve not heen able to confirm his conclusions. 1 hâve occa- sionally seen bodies closely resembling cilia, sometimes many snch protruding from certain portions of the frus- tules, but I do not believe them to be associated with any external movements. « A retractile foot », or rather an extension of protoplasm beyond the margin of the frustule, as in that of certain Rhizopods, is demonstrable, but it requires considérable inagnification, well managed illumination, and a staining fluid to differentiate tins. In some of the larger frustules I hâve observed a slight protrusion and retraction of an irregularly shaped mass moving in a limited space about the central nodule, also a swarming or rolling motion among the albuminoïd or * Drawings of thèse frustules were submitted to the Socictc belge de Microscopic. le SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOIME. oily particles which fill-up the central space, while the cndochrome remains in a perfectly fixcd position, through- out the length of the frustules and bcneath the plasmie mass. i hâve partially succeeded in demonstrating the présence of a protoplasmic envelope by nsing various magenta stains ; but I bave not obtained constant results. On adding a drop of magenta stain to the spécimen under the microscope, a délicate rose-pink colour is qnickly communicated to the marginal portions of the frustules, but neither the endochrome nor albuminoïd globules are at ail affeçted by the stain du ring the life of the Diatom. A number of brackish water Diatomace», Pleurosigma ballicum, angulatum and quadratum, Swirella splen- clicla, JSilzsckia, etc., readily took a simple stain of the kind mentioned, and were thus rendered more attrac- tive objects. The elongated wand-like bodies, which serve to distinguish Bacillaria from most otbcr gênera, take the stain, and the plasmie band which unités its frustules together into a compact family is made more évident. This genus exhibits a spécial modifica- tion of another kind. The contractile Connecting fila- ment is seen spread out into a broad band, which completcly encloses the aggregate linear séries and at the same lime becomes an intermediary layer of contrac- tile tissue between each pair of frustules : at once an example of cause and efî'ect, being the chief agent of pro- gression and also of that remarkable sliding to and fro motion, the counter part of the gliding movement per- formed by Amœba. The greater buoyancy of some Diatoms, is possibly owing to the larger quantity of oil globules contained in MÉMOIRES. 17 their cells. In Surirella splendida, they are very nu mé- rous, and the smaller globules exbibit an active rotatorv motion throughout ihe central portion of the valve. To thèse tVagmentary observations, I bave only to add tbat tbey were eonducted under a magnification of f'rom one to two tbousand diameters. Tbe objectives employed were respectively, n° 8 Hartnack, l / l0 ib Ross, '/, 6 U ' Gund- lacb, water immersions. A y,, 1 * bomogenous immersion lens was also used, but in no way did it materially assist my observations. Tbe illumination was lamp-light and a Ross achromatie-eondenser ; day-light, sun-ligbt, when it eould be got, modified and toned down by interposing eoloured glass and monocbromatic fluids. FLORE CRYPTOGAMIQUE DE BELGIQUE, par t.-H. im.mm.m;. PREFACE. Natura maxime miranda in minimis. Linné. La distribution des Phanérogames dans notre pays est aujourd'hui suffisamment connue; mais il n'en est pas de même des Cryptogames. Si l'étude de ces der- nières, malgré son utilité incontestable, n'a pas avancé dans la même proportion, cela tient à plusieurs causes, notamment à la difficulté plus grande de leur étude, et surtout à l'absence d'une Flore cryptogamique qui puisse permettre au commençant de déterminer ses récoltes et d'en apprécier le degré de rareté. Comparée aux contrées voisines qui, depuis long- temps, possèdent des Flores cryptogamiques complètes, la Belgique est, sous ce rapport, dans un état d'infé- riorité qu'il importe de faire disparaîtreau plus tôt. C'est le but que nous nous proposons par la publication de ce travail. Nous ne méconnaissons aucune des difficultés qu'il nous faudra surmonter pour le mener à bonne fin. Cette considérai ion que des provinces entières sont encore presque inexplorées ne nous a pas arrêté davantage, •40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. parce que nous avons la preuve que les amateurs ne feront pas défaut ; ce qui manque , c'est un ouvrage qui puisse guider les premiers pas et aplanir les plus grandes difficultés. L'administration du Jardin botanique de l'État avait déjà compris les besoins de la Cryptogamie en acbetant, pour l'usage des botanistes belges , plusieurs grands herbiers cryptogamiques, parmi lesquels il faut citer par- ticulièrement : celui de M"° Libert, de Malmédy, qui récolta des Cryptogames toute sa vie, jusqu'à l'âge de 80 ans ; celui du Comte de Limmingbe, qui y dépensa toute sa fortune; celui de l'abbé Coemans, enlevé trop jeune à la science, mais suffisamment connu par ses tra- vaux sur les Lichens et les Champignons. Dans sa pensée, ces richesses devaient servir de base à la rédac- tion de la Flore cryptogamique du pays. Nous y avons largement puisé, tout en complétant nos renseignements à l'aide de nos observations personnelles, qui datent de plus de vingt ans, et des travaux divers, publiés principa- lement dans les Bulletins de la Société royale de botanique de Belgique, qui vient d'ajouter à son programme , des herborisations annuelles, spécialement consacrées à la Cryptogamie. En outre, nous avons utilisé les indications fournies par nos correspondants, dont nous avons eu soin de citer les noms à la suite de leurs découvertes. Nous espérons qu'ils voudront bien nous continuer leur utile concours et nous nous faisons un devoir de leur en témoigner ici toute notre reconnaissance. Si notre travail a quelque mérite, il leur en revient une grande part. En ce qui concerne spécialement l'Embranchement des Muscinées qui ouvre notre travail, nous avons été large dans l'admission des espèces et des genres qui MÉMOIRES. ai n'ont pas encore été trouvés en Belgique, mais qui pourraient s'y rencontrer. Nous avons agi ainsi parce que l'expérience nous a appris que souvent on laisse échapper certaines espèces faute d'avoir été prévenu. C'est le même motif qui nous a engagé à traiter quelques genres monographiquement. Nous avons suivi la classification et la nomenclature du Synopsis Muscorum de Schimper, nous en écartant cependant en plusieurs points. La liste des ouvrages consultés et l'étymologie des noms de genres paraîtront à la fin des Mousses, avec la table. Mais nous croyons utile de citer ici les principaux travaux qui ont paru sur la Bryologie en Belgique. J.-J. Kickx. Flore cryptogamique des Flandres. F. Gravet. Flore bryologique de Belgique. Pleuro- carpes. L. Pire. Recherches bryo logiques. A. Cogniaux. Essai d'analyse des Mousses pleuro- carpes. El. Marchai. Les Muscinées des environs de Visé. H. Verheggcn. Mousses, Hépatiques et Lichens des environs de Neufchâteau. C.-H. Delognc. Contributions à la flore cryptoga- mique de Belgique, etc. C.-H. Dclogne et Th. Durand. Les Mousses de la flore liégeoise. C. Roemer. Beitràge zur Laubmoos-Flora des oberen Weese- und Gôhlgebietes. Bruxelles, l or février 1885. 22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICP.OSCOPIE. MUSCINEES. Les Mjiscinées doivent être considérées comme for- mant un Embranchement dans le règne végétal. Elles comprennent trois Classes, savoir : Les Mousses, les Sphaignes et les Hépatiques. Nous plaçons ci-dessous en regard les principaux ca- ractères qui distinguent ces trois classes. llous-.cs. Anthéridies cylindri- ques. Une vaginule, excepté Archidtum et An- ûreaea. Pas d'involucre mono- phylle. Capsule se dévelop- pant hors de l'arché- gone après l'allonge- ment du pédicelle, ex- cepté Andreaea. Capsule s' ouvrant par un opercule rarement par des déchirures ou des valves adhérentes au sommet. Presque toujours une columelle. Une sorte de spores. Spores non accompa- gnées d'élatères. Une sorte de cellules, très rarementdeuxfZ/ew- coibryum). Pas de cellules poreu- ses , (excepté Leuco- Irinim, mais ici sans libres spiralées). Prothalle filamenteux. Hphaig'iies. Anthéridies globuleu- ses. Pas de vaginule. Pas d'involucre mono- phylle. Capsule se dévelop- pant dans l'archégone avant l'allongement du pseudopode (faux pédi- celle). Capsule s' ouvrant par un opercule. Une columelle. Deux sortes de spores Spores non accompa- gnées d'élatères. Deux sortes de cellules ayant chacune des fonc- tions différentes. Des cellules poreuses munies de fibres spira- lées. Prothalle filamenteux dans l'eau, lobé hors de l'eau. Hépatiques. Anthéridies souvent globuleuses. Pas de vaginule. Souvent un involucre monophylle. Capsule se dévelop- pant dans l'archégone avant l'allongement du pédicelle. Capsule s'ouvrant par des valves. Pas de columelle, ex- cepté Anthoceros. Une sorte de spores. Spores accompagnées d'élatères. Une sorte de cellules. Pas de cellules po- reuses ? Prothalle lobé. INTRODUCTION. ANÀTOMIE ET PHYSIOLOGIE DES MOUSSES. CHAPITRE PREMIER. ORGANES DE VÉGÉTATION. Les organes de végétation sont : le prothalle appelé aussi proembryon ou protonéma, la racine, la tige et les feuilles. g ier # _ Prothalle. Le prothalle des Mousses est composé de filaments plus ou moins ramifiés et formés d'une série de cellules cylindriques séparées entre elles par des parois verticales. Ces cellules sont remplies d'un liquide mucilagineux et de grains de chloro- phylle. Il est facile de suivre le premier développement du prothalle en faisant germer des spores au contact de l'eau. On voit bientôt la membrane interne s'allonger en brisant la membrane externe de la spore et prendre la forme cylin- drique; puis apparaît une cloison qui partage la cellule en deux. La cellule formée en dernier lieu s'allonge et se cloisonne à son tour. Pendant que les cellules continuent à se cloisonner de la même manière, d'autres apparaissent latéralement au niveau des cloisons et constituent les rameaux qui s'allongent de même en se cloisonnant. Chaque prothalle produit ordinairement plusieurs plantes qui apparaissent sur différents points sous forme de bourgeons. Ceux-ci s'allongent et développent une tige et des feuilles. La persistance du prothalle pendant toute la durée de la plante jus- qu'à la maturité des fruits constitue un caractère très important; mais ce cas est le plus rare et ne se rencontre guère que chez «4 SOCIÉTÉ DELGE DE M1CROSCOP1E. 1rs Cléistocarpes annuelles. Le- plus souvent, le prothalle est remplacé par les racines. § 2. — Racines. La tige en s'allongeant développe aussitôt à sa base des ra- cines, qui se distinguent du prothalle par leurs cloisons transver- sales fortement obliques et les fines granulations qui ornent sou- vent leur surface. C'est dans les espèces annuelles que les racines s'observent le plus facilement. Cependant les espèces vivaces ont aussi des racines; mais elles disparaissent souvent de bonne heure et sont remplacées par des racines adventives (radicules) qui se développent le long de la tige et des rameaux et les gar- nissent d'un feutre plus ou moins épais (tomentum, feutre radi- culaire). Quelquefois elles ne se développent que par paquets sur les points en contact avec le support. Elles peuvent aussi être presque nulles aussi bien que les véritables racines, comme c'est le cas pour Hypnum purum, Hylocomium squarrosum, II. trique- trum, etc., qui empruntent directement par la tige et les feuilles leuralimentation au milieu ambiant et à l'humidité que maintient leur gazonnement. § 3. — Tige. La tige est presque toujours cylindrique , rarement trigone, comme dans quelques Polytrichum ou comprimée comme dans Hypnum Crista-caslrensis, Plagiothecium undulatum. Elle se compose de cellules allongées, presque fibreuses dans les espèces vivaces. Sur une coupe transversale, on distingue souvent deux ou trois couches ou zones concentriques passant insensible- ment de l'une à l'autre. La longueur de la tige est très-variable suivant les espèces. Elle peut être très courte, presque nulle, ou atteindre jusqu'à six décimètres {Polytrichum commune, Fontinalis antipyretica). La place des fleurs femelles, qui sont terminales ou latérales, a une grande influence sur la ramification de la tige. Lorsque la MÉMOIRES. »5 fleur femelle est terminale {Acrocarpes) , la plante périt après la dissémination des spores, si elle est annuelle; dans le cas con- traire, il se produit immédiatement au-dessous de la fleur un ou plusieurs rameaux appelés innovations, parce qu'ils renou- vellent la plante. A mesure que de nouvelles innovations se pro- duisent, la partie inférieurequi a fructifié, périt et les innovations constituent alors autant d'individus distincts. Dans les Acrocarpes, la tige et les innovations sont presque toujours dressées, ce qui donne un aspect particulier aux espèces de cette division. Lorsque la fleur femelle est latérale (Pleuro- rarpes), la tige est souvent couchée ou déeombante et les rameaux s'écartent suivant un angle plus ou moins ouvert. D'autre part, bien que la plante périsse après un temps plus ou moins long, la tige n'est pas limitée dans sa croissance et acquiert un développe- ment assez considérable. Il est donc facile de reconnaître, même à l'état stérile, les espèces qui rentrent dans l'une ou dans l'autre de ces deux divisions. § 4. — Feuilles. Les feuilles des Mousses sont formées d'une seule couche de cellules, rarement de plusieurs, comme dans le genre Leuco- bryum. Elles sont toujours sessiles, souvent décurrentes, et parfois munies d'oreillettes à la base. Ces oreillettes se distinguent du reste de la feuille, par un tissu formé de cellules plus grandes et ordinairement d'une autre couleur. Les feuilles sont disposées tout autour de la tige. Elles sont rarement placées sur deux rangs (distiques), plus rarement en- core sur trois (tristiques) Elles ne sont jamais opposées, ni ver- ticillées, ni perfoliées. Certaines feuilles paraissent engainantes, mais elles ne le sont pas en réalité, parce qu'elles n'embrassent jamais toute la tige. Elles sont souvent munies d'une nervure qui peut être très- courte et peu distincte (dans ce cas, elle est ordinairement dou- ble) ou s'avancer jusqu'au milieu de la feuille ou jusque sous le sommet (nervure évanouissante) ou jusqu'au sommet ou même 26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. le dépasser. Dans ce dernier cas, on dit que la nervure est excur- rente. Si la partie excurrente de la nervure est longue et déco- lorée, elle porte le nom de poil et la feuille est dite pilifère. La nervure peut être canaliculée , c'est-à-dire munie d'un large sillon sur la face interne ou sillonnée sur le dos ; si les sillons deviennent profonds, la nervure est alors couverte de la- melles étroites (Dicranum undulatum D. majus, etc.). Des la- melles existent aussi à la face ventrale sur la nervure dans les genres Pterigoneiirum, Atnchum et Oligotrichum ou sur presque toute la surface du même côté (Pogonalum , Polytri- chum). Plus rarement, on y trouve des filaments articulés (Tor- tilla), la face ventrale est celle qui touche la tige quand on re- dresse la feuille; l'autre face s'appelle dorsale. Le bord des feuilles présente aussi des modifications impor- tantes. Il peut être plan, involuté (roulé en dedans), révoluté (roulé en dehors), ou marginé (formé de cellules plus longues ou épaissies, ou d'une autre couleur que leurs voisines). Il est aussi quelquefois épaissi par plusieurs rangées de cellules. Il peut en outre être entier ou denté. Dans ce dernier cas, les dents sont le plus souvent placées sur un rang (unisériées), rarement sur deux rangs (bisériées), comme dans le genre Mnium. La surface des feuilles offre des variations qu'il est utile de noter. Elle peut être lisse ou papilleuse, plus rarement munie de dents (Atrichum). Les feuilles sont rarement planes, souvent concaves ou caré- nées, rarement cucullées (en capuchon = Trichostomum crispu- lum). Elles peuvent aussi être plissées ou sillonnées [Ilomalo- thecium, etc.) et quelquefois ondulées (Atrichum undulatum, Neckera crispa, etc.) Quant à la direction, elle varie suivant l'état sec ou humide. On dit que les feuilles sont homotropes ou homomalles quand eiles sont tournées du même côté. Souvent, par la dessiccation, elles se crispent ou se contournent de différentes manières ; mais il suffit de les humecter pour qu'elles reprennent l'apparence qu'elles avaient sur la plante vivante. Les feuilles des Mousses n'ont pas de stomates et ne sont que ra- rementmuniesde pores (Leucobryum) comme en ont lesSphaignes. MEMOIRES. 27 Le lissu des feuilles mérite un examen spécial à cause de l'élé- gance et de la richesse qu'il présente et parce qu'il fournit un moyen de déterminer certaines espèces à l'état stérile. Il est parenchymaleux, lorsqu'il est formé de cellules presque aussi larges que longues, hexagones ou largement tronquées aux ex- trémités. Il est prosenckymateux, lorsque les cellules sont longues, ordi- nairement terminées en coin aux extrémités, ce qui leur donne une forme rhomboïdale. Cette forme se remarque surtout dans la moitié supérieure de la feuille. Dans les Hypnacées, les cel- lules sont souvent longues, étroites, légèrement courbées, arron- dies aux extrémités (tissu linéaire vermiculaire) ou aiguës (hexa- gones linéaires). La paroi cellulaire peut être mince ou épaisse. Le genre Rhacomilrium nous fournit le type des cellules à parois ondulées. § 5. — Paraphylles. On appelle paraphylles des feuilles très-petites, interposées entre les autres, de forme instable, entières ou plus ou moins laciniées, présentant quelquefois la forme de filaments ramifiés, mais distincts des radicules par la chlorophylle qu'ils renfer- ment. CHAPITRE II. ORGANES DE REPRODUCTION. § 1. — Fleur. Comme dans les Phanérogames, les fleurs des Mousses peuvent être unisexuelles ou hermaphrodites, monoïques ou dioïques ; elles sont rarement polygames. Fleur femelle {£). Elle est toujours gemmiforme, c'est-a-dire en forme de bourgeon, et peut être terminale (Acrocarpes) ou latérale (Pleiirocarpes). Dans ce dernier cas, elle est placée à l'aisselle d'une feuille. Les feuilles intérieures de la fleur femelle 28 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOI'IE. diffèrent notablement de celles de la lige par leur forme et leur consistance. Elles n'acquièrent tout leur développement qu'après la fécondation et prennent alors le nom de feuilles périchétiales. C'est à l'intérieurde ces feuilles et au sommet de l'axe floral que se trouvent les archégones (pistillidies, Kickx), organes qui cor- respondent aux pistils des Phanérogames par leur forme et leur fonction. Les archégones sont ordinairement accompagnés de paraphyses, filaments formés de plusieurs cellules placées bout à bout; quelquefois les paraphyses sont renflées au sommet. Les fleurs hermaphrodites sont aussi gemmiformes. Fleur mâle (a*). L'ensemble des feuilles qui constituent l'in- volucre des fleurs mâles s'appelle périgone et ces feuilles s'ap- pellent feuilles périgoniales. Les fleurs mâles varient plus que les fleurs femelles. On peut les rapporter à deux types. Les fleurs mâles gemmifonnes et les fleurs mâles discoïdes. Les fleurs mâles gemmiformes sont axillaires ou terminales. Les fleurs discoïdes sont toujours ter- minales. Les fleurs discoïdes sont bien caractérisées dans les genres Mniumel Polytrichum. Dans ce dernier genre, les feuilles périgoniales sont colorées et la fleur est. dite anlhoïde. Les organes essentiels de la fleur mâle sont les anthéridies. Elles sont ordinairement accompagnées de paraphyses. Les an- théridies des Mousses ont toujours la forme oblonguc ou cylin- drique et sont portées sur un pédicule plus ou moins long. Leur nombre est très variable. Les fleurs discoïdes en renferment plus que les fleurs gemmiformes. Quelquefois les anthéridies sont placées à l'aisselle des feuilles sans être accompagnées de feuilles périgoniales. Elles sont alors placées sous la fleur femelle, c'est pourquoi on les nomme aussi anthéridies hypogynes. L'inflores- cence dans ce cas est synoïque (Webera nutans, etc.) § 2. — FÉCONDATION. Parvenues à maturité, les anthéridies s'ouvrent au sommet et projettent, sous la forme d'un jet nuageux, une multitude de pe- tites cellules renfermant chacune un anthérozoïde. MÉMOIRES. 5J9 L'anthérozoïde est un filament renflé à une extrémité, roulé sur lui-même et muni à l'extrémité la plus mince de deux longs cils vibratiles. Les anlhérozoïdes sont doués de mouvement et, aussitôt libres de leur petite prison cellulaire, ils commencent à voyager dans l'eau ou dans l'humidité qui recouvre les plantes. C'est ainsi qu'ils rencontrent le sommet de l'archégone qui s'est ouvert, et dans lequel ils pénètrent et vont féconder la cellule germi native. § 3. — Fruit ou Sporogone. Après la fécondation, le développement du jeune fruit se fait dans deux directions opposées. H perfore d'abord la base de l'archégone et s'implante solidement dans le sommet de l'axe floral, puis son extrémité supérieure s'allonge en emportant à son sommet une partie de l'archégone qui se rompt transversa- lement au-dessus de sa base et devient la coiffe ou calyptre, or- gane protecteur de la jeune capsule. Cet accroissement de bas en haut s'arrête bientôt dans quelques espèces, mais, dans le plus grand nombre, il produit un long support grêle, ferme, élastique, appelé pédicelle. Ce n'est qu'après l'allongement du pédicelle et à son sommet que la capsule se développe. La base du pédicelle s'entoure aussi d'un bourrelet appelé vaginule. Dans les Schizocarpées, la capsule se forme dans l'archégone et reste incluse dans les feuilles périchétiales jusqu'à la maturité. Elle ne devient exserte que par l'allongement du réceptacle qui prend le nom de pseudopode. Le pédicelle, dont la texture rappelle beaucoup celle de l,i tige, peut être si court qu'on le considère comme nul; il peut aussi atteindre jusqu'à 10 à 12 centimètres et même plus. Il est ordinairement d'une couleur différente de celle de la capsule. Il peut être droit, tlexueux ou courbé. S'il est courbé dans son milieu (genouillé), la capsule est ordinairement renversée sur les feuilles ; si la courbure est au sommet, la capsule est inclinée ou pendante. 3Q SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Par l'action de la sécheresse, à l'époque de la maturité, le pédicellese tord surson axe; la torsion occupe tout le pédicelle ou seulement la partie supérieure. Elle peut se faire dans une direction (torsion simple) ou se faire dans une direction au som- met et dans une autre à la base (torsion double). Le pédicelle peut aussi être lisse, c'est le cas le plus ordinaire, ou papilleux (Buxbaumia, Brachythecium, Eurynchium). La calyptre ou coiffe n'est, comme il a été dit plus haut, que la partie supérieure de l'archégone emportée par l'allongement du pédicelle. Elle a souvent la forme d'un cornet posé sur le sommet de la capsule; on dit alors qu'elle est conique. Elle peut être lobée à sa base; si elle est bombée, on dit qu'elle est mitri- forme. Si, dans ce cas, elle descend en dessous de la capsule, elle est dite en éteignoir (Encalypta). Quand elle est fortement fendue d'un côté et déjetée de l'autre, on dit qu'elle est maillée ou dimidiée; elle peut aussi être vésieuleuse à sa base (Funaria). La calyptre peut être lisse, papilleuse ou épineuse à son som- met, ou plissée longitudinalement, très rarement tétragone (Pyramidula tetragona), nue ou munie de poils raides et dressés [Orthotrichum) ou crispés (Ulota), ou dirigés de haut en bas, comme dans les genres Polylrichum et Pogonatum. Dans ces deux derniers genres, les poils sont abondants et couvrent toute la capsule. Quelquefois ils sont peu abondants et sans direction bien déterminée (Homalothecium, Plerogonium). La capsule prend différentes formes suivant 'les genres. Elle peut être ovale, obovale, pyriforme, cylindrique, rarement ronde (Archidium) ou prismatique (Polylrichum). Elle est asymétrique, lorsqu'elle est plus développée d'un côté que de l'autre. Entre la capsule et le pédicelle, on distingue une partie inter- médiaire appelée col. Le col est souvent conique, quelquefois très long et brusquement atténué (Trematodon ambiguus, Funaria calcarea). Dans les Dicranellacerviculata, Cynodontiumpolycarpum, etc., le col présente un renflement d'un seul côté. On dit alors qu'il est strumeux ou goitreux. Lorsque le col présente un renflement circulaire, il prend le nom (Y apophyse comme chez certains Po- lytrichum et chez les Sptachuum. MÉMOIRES. 31 La surface de la capsule est presque toujours lisse; elle est très rarement papilleuse (Pogonatum aloides et P. nanum) ; à la maturité, elle se couvre souvent de rides irrégulières, mais diri- gées longitudinalement, ou de sillons plus ou moins profonds, souvent droits, très rarement spirales (Encalypta slreptocarpa) . Ce n'est que sur la capsule qu'on rencontre des stomates chez les Mousses. Ces stomates sont de deux sortes : phanéropores, à ouverture allongée et placée entre deux cel- lules courbes ou percée dans une cellule spéciale; cryptopores, à ouverture ronde au centre de plusieurs cellules disposées en étoile. Les stomates sont surtout abondants sur le col et sur l'apo- physe. Dans le Funaria hygrometrica, ils sont tellement grands qu'on les distingue à l'œil nu. La manière dont la capsule s'ouvre pour l'émission des spores sert pour caractériser les Ordres. Elle se déchire d'une manière irrégulière (Cléistocarpes), ou bien elle s'ouvre sur les côtés par quatre valves qui restent adhérentes au sommet (Schizocarpes), ou enfin, et c'est le cas le plus fréquent, par la chute de son sommet qui prend le nom d'opercule {Slégocarpes). L'opercule peut être convexe, hémisphérique ou conique. Il est souvent mamelonné, ou terminé par un bec droit ou oblique. Les cellules qui le composent, sont disposées en séries droites ou obliques. La chute de l'opercule est souvent déterminée par un organe particulier appelé anneau formé d'une ou de plusieurs séries de cellules. L'anneau tombe par fragments ou bien il se roule cir- culairement en laissant l'opercule libre; plus rarement, il reste adhérent à l'opercule ou à la capsule. Lorsque l'anneau manque, la chute de l'opercule est déter- minée par diverses causes, notamment par la grande hygrosco- picité des dents qui ornent souvent l'ouverture de la capsule ou par l'allongement de la columelle, sorte de colonne qui occupe le centre de la capsule et qui tire son origine du pédicelle. Très- rarement la columelle est libre (Polytrichum, Splachnum vascu- losum, Funaria hygrometrica). Elle peut aussi être nulle (Ephe- merum, Archidium). 3« SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. L'espace libre entre la columelle et les parois de la capsule est occupé par les spores qui sont souvent renfermées dans une membrane particulière appelée sporange. Les spores sont le plus souvent globuleuses ou légèrement comprimées, rarement polyédriques (Archidium) , lisses ou pu- pilleuses, brunes ou verdâtres. Elles sont formées de deux membranes; l'externe est appelée exospore ; l'interne, endospore. Le nombre des spores est très considérable dans chaque capsule. Toutefois il ne dépasse guère 20 dans le genre Archi- dium. La dimension varie de \ à G centièmes de millimètres. Dans le genre Archidium, elles atteignent de \ à 2 dixièmes de millimètres. En germant, elles produisent un protballe sur lequel se développe la plante définitive. Péristome. — L'ouverture de la capsule peut être nue. Les espèces qui sont dans ce cas sont appelées gymnostomes {(>ym- nostomum, Hedwigia, etc.) ; mais le plus souvent elle est garnie d'appendices placés sur un ou deux rangs concentriques dont l'ensemble a reçu le nom de péristome. Le péristome est simple lorsque ces appendices sont placés sur un rang ; double lorsqu'ils sont placés sur deux rangs. On distingue alors le péristome externe dont les parties ont reçu le nom de dents et le péristome interne dans lequel on dis- tingue les processus ou lanières et les cils. Les dents sont au nombre de 4, 16, 32, 64. Les nombres 16 et 32 sont les plus fréquents. Los dents peuvent adbérer entre elles2 à 2(dents géminées: Tayloria, Splachnum, Anacamptodon) ou 4 à 4 (dents bigéminées) comme dans plusieurs espèces du genre Ortholrichum. Leur direction peut rester la même à l'état sec ou humide; mais souvent par la dessiccation elles s'étalent en dehors ou même se renversent sur les parois de la capsule ; rarement elles se courbent vers son intérieur. Dans les genres Tortilla, Barbula et Syntrichia, elles sont élégamment contournées en spirale. Leur forme peut aussi varier beaucoup suivant les génies et les espèces. Llles sont souvent lancéolées, acuminées, plus rare- ment obtuses ou tronquées. Dans les Barbula, Trichostomum,i>[e., elles sont filiformes. MÉMOIRES. 33 Elles peuvent aussi être divisées plus ou moins profondément en 2 ou 3 branches tout à fait libres ou adhérentes entre elles partiellement. Quelquefois, elles sont percées de trous disposés sans ordre. Leur surface peut être lisse ou papilleuse. Dans l'un ou l'autre de ces deux cas, elles peuvent, en outre, être sillonnées. Très- souvent les dents présentent des articulations transversales qui sont la ligne de jonction des cellules. On dit alors que les dents sont articulées. Chacune de ces articulations peut présenter un renflement ordinairement très prononcé à la face interne. Ces renflements prennent le nom de lamelles ou trabécules, et on dit alors que les dents sont trabéculées. Une autre ligne se remarque aussi dans le sens de la longueur des dents, elle est plus ou moins en zigzag et porte le nom de ligne dorsale ou divisurale. Elle manque rarement. Quand la couche interne des dents déborde sur les côtés, elle y forme une marge hyaline qui est quelquefois très apparente. Les dents sont rarement inarticulées (Tetraphis, Tetrodontiiim, Polytrichacées) ; alors la ligne dorsale manque ainsi que les tra- bécules. Les lanières ou processus du périslome interne rappellent la forme ordinaire des dents, mais ils sont plies en carène suivant leur longueur. La carène est souvent ouverte, c'est-à-dire que chaque moitié du processus s'écarte de l'autre suivant la ligne médiane. Les cils sont très étroits. Il y en a 2 ou 3 entre chaque pro- cessus. Lorsqu'ils portent sur les côtés de petits crochets, on dit qu'ils sont appendiculés. Les cils peuvent aussi manquer. Dans les genres CincUdium, Fontinalis, Dichelyma, le pé- ristome interne forme un dôme ou un cône élégamment grillagé. Il y a rarement adhérence entre les 2 péristomes, comme dans quelques espèces du genre Bryum. Les dents sont quelquefois réunies à la base par une mem- brane appelée membrane basilaire, qui est très développée dans le genre Syntrichia. Une autre membrane (épiphragme) se re- marque dans le genre Ilymenostomum et les Polytrichacées. Elle ferme horizontalement la capsule. 34 société belge de microscopie. § 4. — Moyens accessoires de reproduction. Les Mousses ne se propagent pas seulement par leurs spores; elles se multiplient, souvent même exclusivement, par des tu- bercules qui se développent sur les racines, par des bulbilles, par des propagules de diverses sortes et surtout par la transfor- mation des racines en prothalle, appelé prothalle radiculaire pour le distinguer de celui qui est issu de la spore et que l'on appelle prothalle proembryonnaire ou protonématique. Les tubercules qui se développent sur les racines de toutes les Mousses se transforment directement en jeunes plantes, ou bien ils produisent un prothalle semblable à celui qui dérive des spores. On rencontre aussi des tubercules sur les racines adventives. Ils sont assez fréquents et d'une belle couleur rouge sur le Bryum erythrocarpum . Les feuilles de certains Ulota et Orthotrichum portent des filaments bruns (Conferva castanea Dillw.), à articulations rap- prochées qui, au contact d'un support convenable, s'allongent en radicules et finissent par reproduire l'espèce (Ulota phyllan- tha, Orthotrichum Lyellii). Les bulbilles ne sont pas rares dans certaines espèces; elles existent presque toujours dans le Pohlia annotina qui fructifie rarement. Dans quelques espèces, l'extrémité de la tige s'allonge en pseu- dopode et porte à son sommet un amas de granules qui repro- duisent l'espèce (Tetraphis, Aulacomnium, Gymnocybe). Dans d'autres, l'extrémité de la tige et des rameaux s'enracine et est le point dé départ d'une végétation nouvelle. Des feuilles détachées peuvent même, dans certaines condi- tions, émettre des radicules qui produisent des plantes com- plètes. Les feuilles du Syntrichia papillosa, espèce stérile en Europe, portent des productions arrondies multicellulaires et vertes, que la plupart des auteurs appellent papilles, et qui peuvent proba- blement aussi multiplier l'espèce. MÉMOIRES. 35 Le développement de radicelles qui sortent de terre pour se transformer en prothalles radiculaires, est très fréquent. Ces prothalles forment souvent sur la terre de larges tapis d'une belle couleur verte, sur lesquels s'élève une génération de jeunes plantes. Ils s'observent surtout dons les espèces considérées comme annuelles, telles que les Ephemerum, Sphœrangium, Tortilla, Pogonatum aloides et P. nanum, Discelium mtdum, Splachnwm et tout particulièrement dons le Schistostega osmun- dacea, dont les filaments protonématiques, d'une belle couleur émeraude (Catoptridium smaragdinum Brid.), occupent souvent, dans les cavernes habitées par cette espèce, de grandes étendues et y répandent un reflet mogique. CHAPITRE III. UTILITÉ DES MOUSSES, LEUR ROLE DANS L'ÉCONOMIE DE LA NATURE. Autrefois assez en honneur dans la pratique de la médecine, les Mousses sont aujourd'hui hors d'usage. Cependant en 1823, les auteurs du Bryologia germanica, Nées ab Esenbeeck et Horn- schuch, ont encore cru devoir consacrer un chapitre spécial à ce sujet. Lf j s Mousses sont souvent utilisées pour l'emballage des plantes expédiées vivantes. Les peuples du Nord s'en servent pour calfeutrer leurs habi- tations. On les emploie aussi dans la construction des canaux sou- terrains pour remplacer le mortier. Plusieurs espèces servent dans la confection des fleurs arti- ficielles. Le Polytrichum commune sert à faire des brosses qui sont employées par les tisserands pour lisser, au moyen de l'empois, la chaîne de la toile. Le Fontinalis antipyretica est employé, dans le Nord, pour 36 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. préserver du feu certaines parties des habitations construites en bois. Le rôle des Mousses dans l'économie générale de la nature est de la plus haute importance. Elles s'établissent, en compagnie des Lichens, sur les corps les plus durs, dans les lieux les plus arides, et ne tardent pas à y accumuler assez d'humus pour permettre aux végétaux de plus grande taille de s'y installer. Elles préservent ceux-ci des ardeurs du soleil et des frimas de l'hiver, tout en leur distribuant l'humidité nécessaire. Dans les lieux humides ou marécageux, leur rôle n'est pas moins important. Là, avec laide des Sphaignes, auxquelles revient, il est vrai, la part la plus active, elles exhaussent le sol par la formation de la tourbe, combustible, précieux pour certaines contrées qui n'en ont pas d'autre. Les Mousses absorbent rapidement l'eau de pluie et la re- tiennent pour la répartir ensuite pendant les jours de sécheresse. M. Boulay, dans sa Flore cryptogamique de VEst, a calculé que les Mousses de l'arrondissement de St-Dié, sur une surface de 30,000 hectares, déduction faite des espaces vides, absorbe- raient, après quelques jours de sécheresse, au moins 1,500,000 mètres cubes d'eau ; ce qui remplirait un canal de 15 kilomètres de long sur 20 mètres de large et 5 de profondeur. Ces données suffisent pour se faire une idée de l'énorme masse d'eau que retiendraient nos plateaux et les pentes qui les bordent, si l'incurie administrative et l'imprévoyance des habi- tants ne les avaient en grande partie dépouillés de leurs forêts et de leurs tapis de Mousses. Puissent-elles aussi faire comprendre qu'il n'y a guère que deux moyens efficaces d'arrêter les inondations qui menacent à chaque instant nos malheureux riverains : le reboisement et la conservation ou plutôt la restauration de nos tourbières. Nous aurons du reste l'occasion de revenir sur ce sujet im- portant à propos de l'étude des Sphaignes, ces élégants végé- taux qui paraissent être organises spécialement en vue d'emma- gasiner l'eau dans leur tissu spongieux, en même temps qu'ils la purifient en la faisant passer rapidement a travers leurs cel- lules poreuses. MÉMOIRES. 37 CHAPITRE IV. RÉCOLTE DES MOUSSES. Pour la récolte des Mousses, la boîte classique et un bon cou- teau suffisent. Le couteau sert à détacher les espèces cortici- coles de petite taille. Quelques espèces saxicoies se détachent aussi à l'aide du couteau. Celui-ci sert encore pour les petites espèces qui végètent sur la terre et qu'on récolte en prenant une tranche de la terre qui les porte. Si l'excursion doit durer plus d'un jour, il est prudent de so munir d'un morceau de toile ou de lustrine pour vider la boite lorsqu'elle est remplie. Il est aussi nécessaire de se munir d'une provision de papier. Il servira pour envelopper les récoltes qui possèdent des organes fugaces (calyptre, opercule, etc.), et aussi pour inscrire certains détails tels que le nom de la localité, l'habitat, la nature siliceuse ou calcaire de la roche, etc., ou un numéro d'ordre, si l'on préfère reporter ces détails au calepin d'herborisation. La loupe et le crayon doivent être attachés pour les avoir toujours sous la main sans crainte de les perdre. Nous ne donnons pas ici l'indication des différentes stations ; ces détails seront consignés dans la suite du travail pour chaque espèce. Les meilleurs échantillons sont ceux qui sont fructifies. Il y a des espèces en fruits à toutes les saisons de l'année. Un grand nombre d'espèces commencent à fructifier en automne. C'est pendant l'hiver et au premier printemps qu'il faut chercher quelques petites espèces qu'on ne retrouverait plus pendant la sécheresse de l'été. Le printemps est l'époque de l'année où il y a le plus d'espèces en fruits. Mais l'été est encore très bon. C'est pendant cette saison qu'il faudra visiter les grands marais sans négliger les étangs desséchés. Quelques récoltes doivent être nettoyées sur place. Dt; ce nombre sont plusieurs Hypnum qui croissent dans la vase, les Philonotis, etc. On y procède en secouant dans l'eau la partie SS SOCIÉTÉ BELGE DE MICfiOSCOPlE. inférieure de la plante. On peut presser légèrement pour faire sortir le trop plein d'eau. CHAPITRE V. PRÉPARATION DES RÉCOLTES POUR L'HERRIER. Cette préparation diffère suivant la grandeur des espèces. Pour celles qu'on a dû récolter avec la terre 'qui les porte, à cause de leur petite taille, on se contente d'amincir la couche de terre autant que possible. Les espèces qui croissent en cous- sinets peu élevés peuvent rester sous cette forme. On peut aussi séparer en tronches ces coussinets ou seulement quelques-uns pour avoir des échantillons posés suivant la longueur des tiges. Toutes les espèces qui végètent en touffes plus ou moins élevées devront être de même séparées en tranches. La plupart des Acrocarpes sont dans ce cas. Pour les espèces de grande taille, il faudra souvent isoler chaque pied, pour voir plus facilement la ramification, la position des fleurs, etc. Mais il est utile de conserver aussi des échantillons sous forme de touffes pour montrer la manière de végéter. Les récoltes ainsi préparées sont pressées légèrement et des- séchées à la manière des Phanérogames. Après la dessiccation, chaque récolte est attachée sur un morceau de papier de forme rectangulaire ou carrée à l'aide d'un peu de gomme arabique. Chaque morceau de papier ne doit guère dépasser la grandeur des échantillons qu'il contient. Il faut avoir soin de laisser sous la plante une place pour inscrire le nom de l'espèce, la localité, l'habitat, la date de la récolte, etc. Les échantillons qui retien- nent trop de terre peuvent être placés dans une enveloppe. Toutes les récoltes qui se rapportent à la même espèce sont placées dans une feuille double de même format que la partie phanérogamique de l'herbier. Au bas de la feuille à gauche, on inscrit en dehors le nom de l'espèce. Les genres se séparent par des feuilles d'une couleur autre que les feuilles des espèces. Toutes les feuilles sont em- MÉMOIRES. 39 pilécs les unes sur les autres et serrées entre deux cartons. CHAPITRE VI. ÉTUDE DES MOUSSES. § 1 er . — Appareils. Beaucoup d'espèces peuvent être déterminées à vue ou à l'aide de la loupe, surtout si l'on possède un certain nombre de types bien nommés. Même dans ces conditions, un bon observateur pourra rendre à la science de réels services. Il pourra récolter et étudier les espèces de sa localité ou de son canton. Mais, dans plusieurs cas, il devra recourir aux lumières d'un spécia- liste. Les échantillons qu'il enverra pour être soumis à la revi- sion ou pour être déterminés, doivent porter un numéro d'ordre ainsi que le nom de la localité, la station et la date de récolte. Il conservera au moins un double de chaque numéro; de cette ma- nière, il ne sera pas obligé de demander le retour des spécimens qu'il envoie. Ajoutons que les communications de ce genre seront reçues avec reconnaissance au Jardin botanique de l'État et que les espèces envoyées seront conservées dans l'herbier cryptogamique belge avec le nom des donateurs. Mais celui qui voudra être à même de déterminer toutes les espèces et de contempler les merveilles que recèle la structure de ces petits végétaux, devra être mieux outillé. Il devra se pro- curer un bon microscope pourvu d'au moins deux objectifs dont l'un devra grossir environ 150 fois et l'autre au moins 400 fois. Pour la préparation des pièces qui devront être examinées au microscope, il lui faudra en outre : 1° Une loupe d'environ 4 centim. de diamètre, grossissant environ 6 fois, montée sur un pied et pourvu d'articulations pour la mise à point. 2° Deux ou trois bons scalpels. 3° Une pince dont les pointes doivent être très fines et poser exactement l'une contre l'autre. 40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICR0SC0P1E. 4° Un rasoir pour faire des coupes minces. 5° Une provision de lames de verre de 76 millim. de long sur 26 de large (porte- objets, slides) et d'autres lamelles de verre très mince denviron 1 8 millim. de côté {couvre-objets, covers) (■!). § 2. — Examen des feuilles. Pour étudier les feuilles au microscope, il faut les détacher de la tige. La manière suivante nous parait la plus pratique. Il faut d'abord mouiller la tige qui porte les feuilles que l'on veut exa- miner. Prenant ensuite la tige de la main gauche par l'extrémité supérieure, on détache les feuillesà l'aide de la pince en les tirant du haut vers le bas de la tige. On peut en détacher ainsi plusieurs à la fois. Si les feuilles sont trop petites on peut faire glisser entre les deux pointes de la pince la tige que l'on tire par l'extrémité supérieure. On dépose les feuilles ainsi détachées dans une goutte d'eau au milieu du porte-objet. Après les avoir écartées l'une de l'autre, on les recouvre d'une lamelle de verre mince. Si la goutte d'eau se trouve trop petite, il suffit d'en ajouter une nouvelle de manière qu'elle touche le bord du verre mince sous lequel elle pénètre aussitôt. Nous avons maintenant ce que l'on appelle une préparation. Il suffit de la porter sur la platine du microscope et de mettre au point. Il ne faudra pas se contenter d'examiner une seule feuille; il faut en examiner plusieurs, en choisissant de préfé- rence celles qui sont bien entières. § 3. — Examen des fleurs. Souvent les fleurs sont déjà visibles a l'œil nu. Si elles sont trop petites, il faudra les chercher à la loupe. (l) Pour ce qui concerne le microscope, voir l'excellent traite du D» Van HEURCK, intitulé : Le Microscope. — Pour toute acquisition d'in- struments on peut s'adresser à M. R. Dhosten, rue Woeringeo, \, à Bruxelles, représentant de Karl Zeiss d'iéna. MÉMOIRES. 41 Dans tous les cas, la plante que l'on examine doit être mouillée ou placée dans une soucoupe contenant de l'eau. Les fleurs se détachent avec la pince. On peut auparavant enlever les feuilles comme il a été dit précédemment. Après avoir placé une ou plusieurs fleurs dans la goutte d'eau du porte-objet, on les coupe transversalement vers la base, tandis qu'on les a en vue sous la loupe montée. Il ne reste plus qu'à écarter les feuilles avec des aiguilles et à couvrir d'un verre mince. L'examen au microscope se fera avec le faible objectif. Il sera facile de s'assurer si la fleur est mâle, femelle ou hermaphrodite, s'il y a des paraphyses et quelle en est la forme. Il ne faudra pas se contenter d'une seule observation, mais en faire plusieurs pour s'assurer si l'inflorescence est ou non polygame. Les fleurs mâles discoïdes sont facilement visibles à l'œil nu lorsque les feuilles sont étalées par l'humidité. Si l'on doit examiner une fleur qui est fructifiée, il faut cou- per la tige un peu au-dessous des feuilles périchétiales dans les Acrocarpes; dans les Pleurocarpes, les feuilles périchétiales suffi- sent. On détache ensuite les feuilles une à une, avec la pince, à la vue simple ou au foyer de la loupe montée. On examine en- suite au microscope la base du pédicelle ainsi dénudée et le fragment de tige qui l'accompagne. On pourra s'assurer de la sorte si la fleur est unisexuelle, hermaphrodite ou synoïque et constater la présence ou l'absence des paraphyses et leur forme. Il est nécessaire d'examiner plusieurs fleurs. § 4. — Examen du péristome. L'examen du péristome à l'œil nu ou à la loupe est souvent insuffisant, surtout lorsqu'il est double. Nous en dirons autant de l'examen à l'aide de l'objectif faible sur la capsule entière. Pour l'examen du péristome dans ses détails, il faudra procéder de la manière suivante. Tandis que la capsule est maintenue en place, de la main gauche, par pression dans la goutte d'eau du porte-objet au foyer de la lentille montée, on coupe à l'ouver- 42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. ture (le la capsule un cercle étroit portant le péristome. Ce cercle est ensuite partagé en deux moitiés que l'on place l'une sur sa courbure, l'autre en sens inverse. Pour le péristome double, il pourra être nécessaire de les séparer. On y parvient avec des aiguilles. C'est aussi par ce moyen qu'on s'assure s'il n'y a pas d'adhérence entre les deux péristomes. Si la capsule est remplie de spores, il faut d'abord la fendre longitudinalement. Par des secousses et en soufflant, on finit par la vider. Si l'opercule s'enlève difficilement, il faut plonger la capsule dans de l'eau bouillante. Les vapeurs en s'accumulant dans son intérieur finiront par écarter l'opercule. § 5. — Examen de l'anneau. L'anneau, dans quelques espèces, se voit à la loupe. Mais il faudra se méfier de ce mode d'observation qui peut induire en erreur celui qui n'a pas assez d'expérience, et ne saurait servir que pour constater la présence de l'organe en question, mais ne révèle en aucun cas le nombre des séries de cellules qui le forment. Il faut presque toujours recourir au microscope. Lors- que l'anneau paraît manquer, il faut examiner s'il n'est pas adhérent à l'opercule. Pour plus de certitude, il est préférable d'examiner une capsule encore munie de son opercule, soit entière en la pressant sous le couvre-objet, soit après en avoir enlevé une moitié par une section longitudinale. § 6. — Coupes transversales des feuilles. Les coupes transversales des feuilles sont très utiles, princi- palement dans les genres Camjnjlopus, Dioamtm, Grimmia, Polylricltum. Elles se font de la manière suivante. On coupe un morceau de moelle de sureau longitudinalement. Sur l'une des tranches on dépose quelques gouttes d'une solution de gomme sucrée. On introduit dans cette gomme les feuilles dont on veut obtenir des coupes. Après avoir remis l'autre moitié en place, on laisse sécher incomplètement. A l'aide du rasoir, on fait des MÉMOIRES. 43 coupes aussi minces que possible. Elles sont déposées sur le porte-objet dans une goutte d'eau qui fond la gomme et détache les coupes. Celles-ci sont examinées après avoir ôté les tranches de moelle de sureau et placé un couvre-objet. Toutes les coupes ne sont pas également bonnes. Il faudra choisir celles qui sont assez minces et placées convenablement pour l'observation. On peut remplacer la gomme par la paraffine solide que l'on fait fondre par la chaleur. Pour l'observation, on dissout les coupes sur le porte-objet à l'aide d'une goutte d'essence de té- rébenthine. § 7. — Montage des préparations que l'on veut conserver. Avec un peu de pratique, on arrivera facilement à transformer les préparations dont il vient d'être question en préparations qui se conserveront indéfiniment, et ce point est très important pour celui qui ne peut se contenter d'une connaissance superficielle des genres et des espèces. Pour cela, il suffit de faire fondre au milieu du porte-objet un fragment de gélatine glycérinée où l'on introduit les pièces que l'on veut conserver, afin de les avoir toujours sous la main pour l'étude comparative des espèces. Si ce sont des feuilles, il faudra souvent attendre quelques minutes avant de mettre le couvre-objet, jusqu'à ce qu'elles soient bien étalées. Nous employons de préférence des couvre-objets ronds d'un diamètre de 18 millim. L'emploi d'une petite tablette en cuivre que l'on chauffe par la lampe à alcool est très-utile. On y dépose le porte-objet sur lequel il s'agit de faire fondre la gélatine glycérinée. Quant à la gélatine glycérinée, sa préparation n'est pas diffi- cile. Une lame de gélatine est plongée dans l'eau distillée ; lors- qu'elle est ramollie, elle est retirée et placée sans eau dans un vase et fondue au bain-marie. On y ajoute un volume égal de glycérine en agitant constamment. Il faut ajouter un peu d'acide phénique pour écarter les moisissures. On peut aussi l'obtenir toute préparée chez M. L.Coomans, pharmacien, rue du Poinçon, à Bruxelles. Pour la classification des préparations, on peut faire usage de 44 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOI'IE. plateaux de même dimension pouvant contenir chacun environ 20 préparations. Le fond peut être en carton solide avec bords en bois d'environ 12 millim. de large. Les plateaux sont empilés les uns sur les autres. Les noms des genres sont inscrits en-dehors. § 8. — Nombre des espèces. Dans la première édition du Synopsis MuscorumEuropœorum, Schimper évalue le nombre total des espèces à plus de 8,000. Jaeger et Sauerbeeck, dans leur Catalogue en deux volumes terminé récemment, ont relevé 7,422 espèces, réparties en 335 genres. Quant au nombre des espèces de notre Flore, il ne peut être indiqué que d'une manière approximative : le pays n'étant pas suffisamment exploré. Il dépassera notablement 400. PII EXPLICATION DES PLANCHES. Observation. — Les figures, sauf une, sont empruntées aux travaux de Schimper. PLANCHE I. Fig. 1. Plante entière : a, protonéma ; b, feuilles dentées au centre des- quelles se trouve la capsule : c, racines : Ephemerum serratum. 2. Jeune plante de Funaria hygrometrica ; a, protonéma; b, jeune tige; c, racines. 5. Fragment de tige de Pohtia annotina, avec bulbille. 4. Bulbille isolée. 5. Tubercules de Bnjum erythrocarpum. 6. Fragment d'une coupe transversale de feuille non papilleusc (lisse). 7. » » » » papilleuse. 8. Coupe transversale d'une feuille CCAlrichum undulatum pour montrer les lamelles qui couvrent la nervure. 9. Coupe transversale d'une feuille de Oligotrichum hercynicum. 10. » » » de Pogonalum aloides; les la- melles couvrent presque toute la face ventrale de la feuille. 11. Fragments de lamelles du Polytrichum formosum. 12. » » Polytrichum commune. 15. Coupe transversale d'une feuille de Tortula aloides pour montrer les filaments articulés. 14. Sommet d'une feuille marginée, dentée, à dents bisériées, ner- vure évanouissante de Mnium liornum. 15. Sommet d'une feuille marginée, entière, nervure excurrente de « Bryum. 16. Cellules à parois ondulées de Rhacomitrium lanuginosum. 17-18. Aréolalion parenchymateuse d'une feuille de Pottia truncata ; presque sans chlorophylle (fig. 17); chlorophylle abondante (fig. 18). 19-20. Aréolalion parenchymateuse, avec utricule primordiale con- tractée, feuille dWndreaea. 21. Aréolalion prosenchymateusc de la feuMle d'un Bryum. 22. Tissu linéaire vermiculaire de la feuille de ïlypuiim Sclireberi, 46 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. PLANCHE IL Fie. L Fleur mâle gemmiforme d'un Hypnum. 2. Fleur mâle discoïde d'un Mnïiim. 3. Fleur mâle de Funaria hygrometrica; anthéridies et paraphyses claviformes. 4. Fleur femelle de Dryum pseudotriquetrum; archégones et para- physes filiformes. 5. Fleur hermaphrodite de Bryum bimum. 6. Inflorescence synoique de Pohliu nutans, 7. Anthéridie et paraphyse isolées. 8. Paraphyse filiforme et claviforme. 9- Anthéridie émettant son contenu sous forme de jet nuageux, composé de petites cellules renfermant chacune un anthérozoïde. 10. Anthérozoïdes non encore libérés. 11. Anthérozoïde isolé fortement grossi. 12. Sommet d'un archégone au moment de la fécondation. 13. Coupe transversale du col de Farchégone. 14. Capsule d'Andreaea falcata. 15. Capsule prismatique, avec apophyse du Polytrichum juniperi- num. 16. Capsule avec apophyse pyriforme de Splachnum ampuliaceiun . 17. Stomates phanéropores. 18. Stomate cryptopore (dessin original). PI. II. pi. m MEMOIRES. 47 PLANCHE III. FiG; 1. Capsule gymnostome, opercule convexe du Schistostega osmun- dacea. 2. Péristome simple à quatre dents du Tetraphis pcllucida. 5. Fragment de péristome simple d'un Rhacomitrium ; a, dents; b, partie de l'anneau. 4. Péristome simple avec épiphragme de YAtriclium iindulatum. 5. Péristome simple; dents contournées en spirale avec large mem- brane basilaire à la base, genre Synlrichia. 6. Fragment de péristome double d'un Orthotrichum; a, dents dressées à l'état humide, a', dents recourbées, à l'état sec; b, cils. 7. Péristome double du Fontinalis antipyretica, l'intérieur en cône grillagé. 8. Capsule dressée, calyptre dimidiée, vésiculeuse à la base du Fu- naria fascicularis. 9. Capsule dressée, calyptre dimidiée, entière à la base. 10. Capsule avec col distinct, calyptre conique lobée à la base, oper- cule conique non rostre, genre Pliyscomitrium. 11. Capsule pendante d'un Bryum. 12. Capsule renversée par la courbure du pédicellc, calyptre dimidiée et ciliée à la base d'un Campylopus. 13. Partie d'une tige stérile de Schistostega osmundacca. Les feuilles sont insérées perpendiculairement et confluentes à la base. U. Diphyscium foliosum, plante entière. Les feuilles inférieures dif- fèrent des feuilles supérieures parleur forme et leur texture. 48 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. PLANCHE IV. Fig. 1. Buxbaumia apliyila; capsule et sommet du pédicelle papilleux. 2*. Campyloslelium saxicola; capsule et pédicelle recourbé ; 2b, ca- 1 y pire. â. Fanaria liygrometrica ; capsule asymétrique. 4. Trematodon ambiguns; capsule munie d'un long col, opercule conique rostre. 5. Dicranella cerviculata ; capsule à col goitreux, opercule conique, obliquement restré. 6. Encalypta ciliata ; capsule et calyptre milriforme, ciliée à la base. 7. Capsule d'une espèce de Bartramieœ. 8. Encalypta streptocarpa ; capsule sillonnée en spirale à la matu- rité, encore munie de son opercule. 9. Amblyodon dealbatus; capsule déoperculée; les cils sont plus long que les dents. 10. Bryum caespiticium ; fragment du péristome; fl, dent; b, lanières entre lesquelles il y a trois cils appendiculés. 11. Anacamptodon splachnoides ; capsule déoperculée; dents recour- bées en dehors; cils dressés. 12. Ortlwdontium gracile ; capsule et sommet du pédicelle. 13. » » inflorescence synoïque du même. 1 i. Ceratodon purpureus; capsule non déoperculée, sillonnée. 15. » » capsule déoperculée plus fortement sil- lonnée. 16. Homalot/iecium sericeum , capsule et calyptre pileuse à la base. 17. Climacium dendroides ; capsule et calyptre. 18. Discelium nudum; capsule et calyptre retenue au sommet du pédicelle. 19. Capsule de Brachylhecium. 20. Capsule du genre Eurynchium . 21. Feuille de Fissidens. 22. Coupe transversale de la même. PI. IV MÉMOIRES. 49 MOUSSES. Plantes vivaces, rarement annuelles ou bisannuelles, croissant sur la terre, les troncs d'arbres, les rochers, quelquefois flottant dans les eoux. Tige ronde, rarement trigone ou comprimée, formée de cellules allongées, les extérieures à parois épaisses, souvent colorées, et munies de racines et de radicules ramifiées et cloisonnées. Feuilles alternes, simples, entières, dentées ou ciliées, jamais lobées ni laciniées, rarement énerves, souvent munies d' unenervurc. Aréolation parenchymateuseou prosenchymateuse, souvent prosenchymateuse au sommet de la feuille et parenchymateuse à la base. Fleurs se développant sur la plante complète, synoïques, monoï- ques, dioïques ou polygames, souvent munies de paraphyses. Fleur 6* gemmiforme ou discoïde. Anthéridies brièvement pédicellées, ovoïdes, elliptiques ou cylindriques persistant longtemps et s'ouvrant au sommet par un pore pour l'émission des anthérozoïdes. Fleur $ ordinairement gemmiforme, terminale ou axillaire. Archégones plus ou moins nom- breux, lagéniformes, souvent colorés en brun ou en rouge, ouverts au sommet à la maturité. Capsule ne se développant qu'après la formation du pédicelle qui est raide, élastique, souvent coloré et entouré à la base d'un bourrelet appelé vaginule. La calyptre provient du sommet de l'archégone enlevé par le développement du pédicelle. La capsule est souvent réunie au pédicelle par un col plus ou moins long ou par un renflement (apophyse) ; les parois sont formées de plusieurs couches et souvent stomatifères ; columelle et sporange rarement nuls. A la maturité, la capsule s'ouvre par la chute d'un opercule, rarement par des valves adhérentes au sommet ou par la déchirure des parois. L'ouverture de la capsule est nue ou garnie de dents et de cils. Les spores ne sont pas accompagnées d'élatères et produisent en germant un prothalle ou proto- néma filamenteux sur lequel se développe la plante complète. 50 SOCIÉTÉ BELGE DE M1CROSCOPIE. Tableau de la classification. Observations. — Les genres qui n'ont pas encore été observés en Bel- gique n'ont pas de numéro d'ordre. DIVISION I. — ACROCARPEAE. Ordre 1. — Scbizocarpeae. Tribu 1. — Andreaeaceae. Fam. \. — Andreaeac : 1. Andreaea. Ordre 2. — Ceeistocarpeae. Tribu ït. — Physcomitrioideae. Fam. 2. — Ephemereae : 2. Ephemcrum. Fam. 5. — PliyscomitreUeae : 3. Physcomitrella. Tribu 3. — Pottioideae. Fam. -4. — Ephemerelleae : 4. Ephemerella. Fam. 5. — Phasceae : Microbryum, 5. Sphaerangium, 6. Phascum. Tribu 4. — Brucbiaceae. Fam. 6. — Archidieae : 7. Archidium. Fam. 1. — Pleur idieae : 8. Pleuridium. Fam. 8. — Bruchieae: Bruchia, 9. Sporledera. Ordre 5. — Stegocarpeae. Tribu 5. — Weisiaeeae. Fam. 9. — Weisieae : 10. Systegium, Anocclangium, 11. Hymeno- stomum, 12. Gymnostomum, 15. Eucladium, il. Weisia, 15. Dicranovveisia, 16. Bhabdo- weisia. Fam. 10. — Dicraneae : 17. Cynodontium, J8. Dichodoniium, Tre- matodon, Angstroemia, 19. Dicranella, 20. Dicranum, 21. Dicranodonlium , 22. Campylopus. Tribu 6. — L.eucobryaceae. Fam. 11. — Leucobrijeae : 23. Leucobryum. Tribu ï. — Fissideiitaceae. Fam. 12. — Fissidenteae : 21. Fissidcns, Oclodiccras. MÉMOIRES. 51 Tribu 8. — Seligeriaeeae. Fam. 15. — Seligerieac : Anodus, 25. Seligeria. Fam. 14. — Blindieae : Blindia. Fam. 15. — Brachyodonteue : 26. Brachyodus, 27. Campylostclium. Triba 9. — Ceratotlontaceae. Fam. 16. — Ceratodonteae : 28. Ceralodon, 29. Trichodon. Fam. 17. — Lcftlotriclieae : ."50. Leptotrichum. Fam. 18. — Disticlùeac : 31. Distichium. Tribu ÎO. — Pottiaceae. Fam. 19. — Pottieae : 52. Pterigoncurum, 55. Pottia. Fam. 20. — Triclwstomcae : 54. Didymodon, 55. Trichostomum , Leptobarbula, 56.Tortula,57. Barbula, 58. Syntrichia. Tribu 11. — Cirimmiaceae. Fam. 21. — Hedwigieae : 59. Hedwigia, Hedwigidium. Fam. 22. — Cinctidoteae : 40. Cinclidotus. Fam. 25. — Zygodonteae : 41. Amphoridium, 42. Zygodon. Fam. 24. — Grimmieae : 45. Grimmia, 44. Rhacomitrium. Fam. 25. — Encalypteae : 45. Encalypla. Fam. 26. — Ptychomitrieae : 46. Coscinodon, 47. Ptychomitrium. Fam. 27. — Orllwtriclieae : 48. Ulota, 49. Orthotrichum. Tribu 18. — Scbistostegaceae. Fam. 28. — Schisloslegeae : 50. Schistostcga. Tribu 13. — Splaelraaeeae. Fam. 29. — Taytorieae : Tayloria. Fam. 50. — Splaclmaceae : 51. Splachnum. Tribu 14. — Disceliaceae. Fam. 51. — Discelieae : 52. Discelium. Ti*ibu 15. — Funariaceae. Fam. 52. — Physcomitrieae : Pyramidula, 55. Physcomitrium, 54. Entosthodon. Fam. 55. — Funarieae : 55. Funaria. Tribu 16. — Bryaeeae. Fam. 51. — Bryeae : Orthodontium, 56. Leptobryum, 57. Pohlia, 58. Bryum , 59. Plagiobryum, 60. Mnium , 61. Cinclidium. Fam. 55. — Amblyodonteae : Amblyodon. Fam. 56. — Meeseae : 62. Catoscopium, 65. Meesia, Paludclla. 52 SOCIÉTÉ liELGE DE M1CR0SC0PIE. Fam. 57. — Timmieae : Timmia. Fam. 58. — Aulacomnieae : 64. Aulacomnium, 65. Gymnocybe. Fam. 59. — Bartramieae : 66. Bartramia, 67. Philonotis. Ti'ibu 17. — Tetraphïclaceae. Fam. 40. — Tetraphideae : 68. Telraphis, Tclrodontium. Tribu 18. — Polytrichaceae. Fam. 41. — Potytriclieae : 69. Atrichum, 70. Oligotiïchuni, 71. Po- gonatum, 72. Polytrichum. Tribu 19. — Buxbauuiiaceae. Fam. 42. — Buxbaumieae ; 75. Diphyscium, 74. Buxbaumia. DIVISION II. — PLEUROCARPEAE. Tribu 20. — Fontinalaccae. Fam. 45. — Fontinaleae : 75. Fonlinalis. Fam. 44. — Dickclymeae : Dichelyma. Tribu 21. — Neckeraceae. Fam. 45. — Cryphaceae : 76. Cryphaea. Fam. 46. — Leptodonteae : 77. Leptodon. Fam. 47. — Ncckereae : 78. Neckera, 79. Homalia. Fam. 48. — Lcucodonteae : 80. Lcucodon, 81. Antitrichia. Tribu 22. — llookeriaceae. Fam. 49. — Hookerieae : 82. Ptcrigophyllum. Tribu 23. — Pterogouiaceae. Fam. 50. — Pterogonieae : 85. Pterigynandrum, 84. Plerogonium. Tribu 24. — Leskcaceae. Fam. 51. — Leskcac : Myurella, 85. Lcskea, 86. Anomodon. Fam. 52. — Pscudolcskcae : 87. Pseudoleskca. Fam. 55. — Thuidieae : 88. Hetcrocladium, 89. Thuidium. Tribu 25. — Fabroniaccae. Fam. 54. — Fabronicac : Fabronia, Anacamptodon, Anisodon, Ha- brodon. Fam. 55. — Mijrinièae : Myrinia. Tribu 26. — Hypnaceac. Fam. 56. — Orthothccicae : 90. Orthothecium, Lcscuraca, 91. Homa- lothccium, 92. Climacium, 95. Cylindro- Ihecium. 94. Pylaisia, Platygyrium , 95. lsothccium. MEMOIRES. 53 Fam. 57. — Eurynchieae : 96. Thamnium, 97. Eurynchium, 98. Ra- phidostcgium. Fam. 58. — Camptolhccieae : 99. Camptothecium. Fam. 59. — Brachythecieae : 100. Brachythecium, 101. Hyocomium. Fam. 60. — Eypneae : 102. Isopterygium , 103. Plagiothecium , 104. Amblyslegium, 105. Hypnum, 106. Hy- locomium. 54 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOP1E. Analyse des Ordres et des Tribus. DIVISION I. — ACROCARPEAE. A. Fructification terminale a. Capsule sans opercule. c. S'ouvrant par 4 fentes longitudinales. Ordre L— Schizocarpeae. 1. Andreaeaceae. d. S'ouvrant par la déchirure irrégulière des parois Ordre II. — Cleistocarpeae. e. Plantes très petites ; feuilles lisses ou papill. g. Feuilles lisses souvent dentées; cellules du sommet égalant celles de la base. ». Piiyscomitrioideae. h. Feuilles plus ou moins papilleuses ordinai- rement entières; nervure excurrente; cellules plus petites au sommet qu'à la base . . 3. Pottioideae. /. Plante ayant une tige d'stincle; feuil. toujours lisses 4. Bruchiaceae. b. Capsule munie d'un opercule . . . Ordre III. — Stegocarpeae. c. Feuilles blanchâtres et fragiles formées de plu- sieurs couches de cellules, les 2 couches exter- nes formées de cellules sans chlorophylle et poreuses; nervure nulle G. L.eueobryaeeae. d. Feuilles formées d'une couche de cellules, rare- ment de plusieurs ; cellules jamais poreuses. e. Dents non articulées ou adhérentes à une membrane plissée en cône. g. Une membrane plissée .... 1». Buxbaumiaceae. lu Pas de membrane plissée. i. 4 dents libres; feuilles sans lamelles. 17- Tetrapbidaeeae. j. 52-64 dents réunies a leur sommet par une membrane ; des lamelles à la face ventrale des feuilles 18. Polytrlehaceae. /. Denis articulées rarement nulles. MEMOIRES. 55 g. Feuilles lisses. /'. Aréolalion lâche, souvent prosenchymateuse. k. pas de nervure. m. Feuilles distiques . . . i». Schistostegaceae. n. Feuilles non distiques ...... 14. Disceliaceae. /. Une nervure. m. Péristome double i«. Brjaeeae. n. Périst. simple rarement double. o. Capsule avec apophyse ou long col; dents courbées en dehors. 13. Splachnaceae. p. Capsule sans apophyse ; dents jamais recourbées en dehors . 15. Funarïaceae. ;'. Aréolation parenchymaleuse. k. Feuilles ailées sur le dos, distiques. 7. Fissiclentaeeae. /. Feuilles non ailées,, rarement disti- ques. m. Dents entières et lisses rarement nulles, calyptrc dimidiée; ou bien dents divisées et papilleuses et calyptre conique 8. Seligeriaceae. n. Dents divisées profondément et papilleuses; calyptre dimidiée. 9. Ceratodontaoeae. //. Feuilles papilleuses rarement lisses; aréo- lation parenchymateuse. i. Calyptre dimidiée rarement lobée; feuille avec reflet. k. Feuilles papilleuses rarement lisses; dents 16 sans membrane 5. lVeisiaceae. /. Feuilles toujours papilleuses; dents 16-52, filiformes; une membrane . . lo. Pottiaceae. ;'. Calyptre mitriforme rarement dimi- diée ; feuille sans reflet i i Griiumiaceae. DIVISION II. — PLEUROCARPEAE. lî. Fructification latérale. u. Péristome intérieur en cône grillagé; feuilles tristiques 20. Fontinalaceae. 5G SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. b. PérisLome intérieur non en cône grillagé; feuilles non trisliques. c. Feuil. papill. (excepté Pseudolcskca tectorum). e. Cellules du sommet de la feuille pro- senchymateuses; feuilles luisantes . . 23. Pterogoniaeeae. f. Cellules du sommet de la feuille parenchy- mateuses; feuilles non luisantes .... 24. Leskeaceae. d. Feuilles lisses. e. Dents articulées; capsule ordinairement dressée. g. Plantes robustes; rameau périchétial non radicant 21. Neckeraceae. h. Plantes très petites; rameau périché- tial radicant 25. Fabroniaceae. f. Dents trabéculées; capsules inclinées. g. Calyptre conique 22. Hookeriaceae. h. Calyptre dimidiée 26. Hypnaceae. MEMOIRES. 57 Analyse des Familles et des Genres. DIVISION I. — ACROCARPEAE. Tribu 1. — Andreaeaceae. Andreaeae. 1. Andreaeà. Ehrli. Tribu 2. — Physcomitrioideae. A. Protonéma persistant; capsule rouge; pédicelle court ; pas de columelle. Ephemereae. 2. Ephemerum Hampe. B. Protonéma non persistant; capsule pâle; pé- dicelle souvent allongé; une columelle. Physcomitrelleae. 3. PhyscomitrellaScIi. Tribu 3. — Pottioideae. A. Protonéma persistant; pas de columelle; calyp- tre dimidiée; feuilles lisses. EphemereUeae. 4. EphemerellaG. Miill B. Protonéma non persistant; une columelle; feuil. plus ou moins papilleuses. Phasceae. a. Calyptre mitriforme; plante annuelle très pe- tite (env. 1 millim.). c. Feuil. papill.; capsule ovale-arrondie, api- culée ; calyptre descendant jusqu'à la moitié de la capsule; spores lisses 5. Sphaerangium Sch. d. Feuil. peu papill.; capsule ronde, non api- culée; calyptre très petite, entière et fugace; spores papilleuses Microbryum Sch. b. Calyptre dimidiée ; plante plus robuste, pé- rennante, rarement annuelle G. Phascum L. 58 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE. Tribu 4. — Bruchiaceae. A. Calyptre incomplètement développée, déchirée, adhérente à la capsule par fragments; spores très-grosses ponctuées; caps, ronde, apiculée. Archidieae. 7. Archidium Brid. B. Calyptre bien développée; capsule ovale, apicu- lée; spores papilleuses. a. Calyptre dimidiée, base entière ; capsule lui- sante, obliquement apiculée. Pleur idieae. 8. Pleuridium Brid. b. Calyptre mitriforme, base lobée ou irrégulière- ment lacérée; caps, non luisante, apicule droit. Bruchieac. e. Calyptre lobée; capsule sans col . . . 9. Sporledera Hampe. cl. Calyptre irrégulièrement lacérée ; capsule avec long col Bruchia Schvv. Tribu 5. — Weïsiaceae. A. Plante depclite taille; feuil. papill., non luisantes; pas d'oreillettes; capsule dressée ou peu incli- née; péristome nul ou à 16 dents. Weisieae. a. Péristome nul. c. Capsule incluse; opercule bien conformé mais persistant 10. Systegium Sch. cl. Capsule exserte ; opercule caduc. e. Capsule axillaire; feuilles rendues opa- ques par des papilles bifurquées . . . Anoectangium B. S. f. Capsule terminale. g. Ouverture de la caps, fermée par une membrane ; norv. excurrente. . .11 Hymenostonum H. Br. h. Ouverture de la caps, libre; nerv. ordi- nairement évanouissante . . . .12. GYMNOSTOMUMSchrad. b. Un péristome. e. Capsule non sillonnée. MÉMOIRES. 59 e. Dents papilleuses. g. Feuil. dentées à la base .... 13. Eucladium B. S. h. Feuil. entières à la base . . . . 14. Weisia Hedw. f. Dents lisses a la base, striées ou non striées 15. DiCRANOWEisiALindb. d. Capsule sillonnée; dents lisses, indivises; trabécules obliques 16. Rhabdoweisia B. S. B. Plantes plus élevées; feuil. ordinairement lis- ses, souvent luisantes et munies d'oreillettes; capsule dressée ou peu inclinée; dents 16 pa- pil., sillonnées, trabéculées. . . Bicraneae. a. Feuilles papilleuses. c. Feuil. étroites; nerv. excurrente ; caps, sil- lonnée quelquefois goitreuse .... 17. Cynodontium B. S. d. Feuil. larges; nerv. évanouissante, dentée sur le dos; caps, lisse sans goitre ... 18 Dichodontium Sch. b. Feuilles lisses (excepté Dicramim spurium et D. montanam), c. Pas d'oreillettes a la base des feuilles. e. Feuil. longues, plus ou moins étalées. g. Capsule avec très-long col Trematodon Rich. h. Caps, avec col très-court ou indistinct 19. Dicranella Sch. f. Feuilles ovales ou ovales-lancéolées, étroi- tement apprimées Angstroemia B. S. d. Des oreillettes à la base des feuilles. e. Coiffe non ciliée à la base. g. Pédicelle droit; feuil. non caduques 20. Dicranum Hedw. //. Pédicelle courbé au milieu; feuilles caduques 21. Dicranodontium B.S. f. Coiffe ciliée à la base 22. Campylopus Brid. Tribu 6. — Lieucobryaceae. Leucobryeae. 23. Leucobryum Hampe. Tribu 7. — Fissiclentaceae. Fissidenleae . A. Capsule longuement pédiccllée .... 24. Fissidens Hedw. B. Capsule à pédicelle plus court que les feuilles. Ootodiceras Brid. eo SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOP1E. Tribu 8. — Seligeriaceae. A. Coiffe dimidiée; dents lisses; anneau nul ou pres- que nul. a. Pas d'oreillettes; plantes très petites. Seligerieae. c. Pas de péristome ni d'anneau Anodus B. S. cl. Un péristome; anneau très-incomplet . 2o. Seligeria B. S. b. Des oreillettes brunes; plantes plus robustes. Blindiae. Blindià B. S. B. Coiffe conique; dents papilleuses ; anneau large. Brachyodonteae. a. Pédicelle droit; dents très courtes . . .26. Brachyodus N. et H. b. Pédicelle courbé; dents longues, inégalement bifurquées 27. CampylosteliumB.S. Tribu 9. — Ceratodontaceae. A. Feuil. étalées de tous côtés. a. Capsule inclinée Ceratadonteae. c. Cellules de la partie supérieure de la feuille carrées; capsule sillonnée; une membrane basilaire 28. Ceratodon Brid. d. Cellules delà partie supérieure de la feuille linéaire; capsule lisse; pas de mcmb'-ane basilaire 29. Trichodon Sch. b. Capsule dressée, lisse; péristome de 32 dents filiformes; membrane basilaire. Leplotricheac. 30. Leptotrichum Haupe. B. Feuil. distiques, un peu papil., subulécs, un peu engainantes; dents 16 divisées jusqu'à la base. Distichieae. 31. Distichium B. S. Tribu ÎO. — Pottiaceae. A. Plantes souvent annuelles; dents nulles ou plus ou moins divisées Pottieae. MÉMOIRES. 61 a. Nervure portant des lamelles sur la face ven- trale; péristome incomplet ou nul . . .32. Pterigoneurum Jur b. Nervure sans lamelles; péristome nul ou plus ou moins développé 33. Pottia Ehrh. B. Plantes persistant longtemps, formant des touffes plus ou moins serrées; dents 16 divisées, ou 32 filiformes souvent contournées en spirales. Triclwstomeae. a. Dents du péristome très peu ou pas contour- nées ; cellules de l'opercule ordinairement en séries droites. c. Dents 16 plus ou moins divisées, iiliformes; membrane basilaire nulle 34. Didymodon Hedw. d. Dents 52, linéaires, noduleuses; membrane basilaire distincte 53. Trichostomum Hedw. b. Dents contournées; cellules de l'opercule en séries obliques. c. Plante basse à peine gazonnante ; feuilles très étroites Leptorarrula Sch. d. Plantes ordinairement robustes formant des touffes plus ou moins compactes. e. Feuil. portant à la face ventrale des fila- ments articulés 56. Tortula Hedw. f. Feuil. sans filaments articulés. g. Membrane basilaire étroite; feuille non pilifère (excepté Barbula muralis). 57. Barbula Hedw. h. Membrane basilaire large; feuilles sou- vent pilifères 58. Syntrichia Brid. Tribu 11. — Grimmiaceae. A. Feuil. énerves; caps, incluses; anneau et péris- tome nuls Hedwigieae. a, Feuil. blanches au sommet; pas de stolons. 59. Hedwigia Ehrh. b. Feuil. vertes au sommet; des stolons . . . Hedwigidium B. S. B. Feuil. nerviées