iH|;|Ui)!|n;!;nymuuKlîît|it!!Pl^ m 1 _Boonc\ ^PlHb HARVARD UNIVERSITY LIBRARY OF THE MUSEUM OF COMPARATIVE ZOÔLOGY /^-s I s T O I R E NATURELLE DES QUADRUPÈDES OVIPARES ET DES SERPENS. TOME PREMIER. ~,.-ar-: i I s T V NATURELLE DES QUADRUPÈDES OVIPARES ET DES SERPENS. Par m. ls Comte DE LA CEPEDE^ Garde du Cabinet du Roi ; des Académies & Sociétés Royales de Dijon , Lyon , Bordeaux , Touloufe , Metz , Rome , Stockolm , Heflè-Hombourg , Hefle-CalTel , Munich , &c. TOME PREMIER, A PARIS, HOTEL DE THOU, RUE DES POiTEVINS. M. D C C. L X X X V I I I. Sous LE Privilège de l"* Académie Rovale des Sciences. C- .i»ji,iil.ii««i«jaM rj» Mij» «»M^^j ..»^fjJi3 3BTWyt»»«;-it ».j.u»vj> ^ ^,»»j«ifc aA.5r^^ AVERTISSEMENT. ^ LE Comte de Buffon travaillant, dans ce moment , à FHiftoire des Cétacées , ainfi qu'à compléter celle des Quadrupèdes Vivipares & des Oifeaux , defirant de voir terminer THiftoire Naturelle générale & particulière , & fa fanté ne lui permettant pas de s'occuper de tous les détails de cet Ouvrage immenfe dont fon génie a conçu le valle enfemble d'une manière fi fublime , & exécuté les principales parties avec tant de gloire , il a bien voulu m.e charger de travailler à l'Hifloire Naturelle des Quadrupèdes Ovipares & des Serpens , que je publie aujourd'hui. (O EXTRAIT DES REGISTRES DE L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES, Du 25 Juillet 1787, JN ous avons été nommés CommifTaires , M. Fougeroux, M. Brouflbnnet, & moi, par 1 Académie , pour lui faire le rapport d'un Ouvrage , qui a pour titre : Hijloire Naturelle des Quadrupèdes ovipares, par M, 1q Comte de la Cepède. L'Auteur préfente , à la tète de fon Ouvrage , une table méthodique de tous les Quadrupèdes ovipares dont il traite : il a choifi pour la compofer des carac- tères faillans , que les changemens de température , ou divers accidens , ne peuvent faire varier , qui fe trouvent dans le mâle, comme dans la femelle, dans les jeunes animaux^ comme dans les adultes, & qu'il a reconnus en examinant & en comparant attentivement un grand nombre dindividus de différentes efpèces de Quadru- pèdes ovipares j & les defcriptions d'un grand nombre d Auteurs. M. le Comte de la Cepède a divifé Tordre enîieï (7) des Quadrupèdes ovipares en deux grandes cîajfes ; \\ a placé dans la première tous les Quadrupèdes ovipares qui ont une queue, & dans la féconde ceux qui n'en ont point. H a établi deux genres dans la première clafle , celipi des Tortues, Si celui des Lézards, qui diffèrent lun de l'autre, en ce que les premiers ont le corps couvert d'une carapace offeufe & folide, que l'on ne tiouve fur aucun des féconds. Le genre des Tortues renfermant des efpèces dont la conformation & les habitudes préfentent des différences très-fenfibles, & M. le Comte de la Cepède , donnant la defcription de plufieurs efpèces nouvelles de ces ani- maux , il a cru devoir partager ce genre en deux divi- sons, pour îefquelles il a aflîgné des caradères conftans, aifés à faifir , & d'après lefquels on pourra diftinguer les efpèces d'une divilion d'avec celles d'une autre, même en ne voyant que le carapace & le plallron. Dans la première divifion , qui comprend les tortues marines, font placées iîx efpèces, dont deux n'avoient encore été que légèrement indiquées par les Voyageurs , M. de la Cepède a cru devoir les appeller \ Ècaille-vcrte , & la Naficorne, Dans la féconde divifion , font les Tor- tues d'eau douce & de terre, au nombre de dix huit efpèces , dont quatre étoient encore inconnues, &ont été (8) nommées par T Auteur, la Jaune ^ la Chagrinée, la Rouf^ f-itrey & ia Noirâtre. Le genre des Lézards étant 4)eaucoup plus nombreux que celui des Tortues, & leur conformation, ainfi que leurs habitudes, préfentant plus de différences, 1 Autour a cru devoir former huit divifions dans ce genre. La première , comprend le Crocodile , proprement dit , le Crocodile noir, le Gavial, ou Crocodile du Gange ^ qui éîoit à peine connu, <5c dont M. de ia Ce^ède montre les rapports de grandeur & de conformation avec les autres Crocodiles, ainfi que huit autres eipèces de Lézards. La féconde divifion renferme l'Iguane , le Bafilic, ÔL trois autres efpèces. Dans la troifième divilion , font rangés le Lézard gris ^ le Le\ard vert^ Si fix autres efpèces de Lézards. Dans la quatrième , l'on trouve le Caméléon, Si vingt autres eipèces, dont deux n'étoient point connues des Naturalides. M. de la Cepède leur a confervé les noms de Mabouja & de Roquet, qu'on leur a donnés en Amérique. L'Auteur a placé dans la cinquième divifion trois eipèces de Lézards, dont une étoit encore inconnue , & a été appelîée , par M. de la Cepède, Li-^ard à tête plate. La fixième divifion comprend le Seps à. le Chalcide. L'Auteur a cru devoir donner ce dernier nom à un Lézard remar- quable pa^ fa conformation j êi qui navoit été décrit, ni même (9) ni méfiie indiqué par aucun Naturalifte. Dans la feptième divifion eft placé le Dragon j & enfin les Salamandres, au nombre de fix , forment la huitième divifion. M. de la Cepède fait connoitre deux efpèces de ces Salaman- dres , dont perfonne n avoit encore parlé. M. de la Cepède paffe enfuite à la féconde clafTe des Quadrupèdes ovipares , c'eft à-dire ^ à ceux qui n'ont point de queue. Il les divife en trois genres , pour Icfqueîs il afligne des caraclères extérieurs , faciles à reconnoître , conilans , ôl qu'il a trouvés en comparant attentivement la conformation de ces animaux avec ce quil a pu connoître de la différence de leurs habitudes. Le premier genre , uniquement compofé des Gre- nouilles, en contient douze efpèces: le fécond genre, qui comprend la Raine-verte dEurope , & toutes les autres Raines, préfenîe fept efpèces i Ôi dans le troifième genre, qui termine fliifloire des Quadrupèdes ovipares, font placées quatorze efpèces de crapauds, L'Auteur ne s'efl; pas contenté d'avoir obfervé plu-* fieurs Quadrupèdes ovipares vivans, & d'avoir examiné avec foin pluiieurs individus de la plupart des efpèces dont il traite i il a recueilli les principales obfervations des divers Auteurs qui ont parlé des Quadrupèdes ovi- pares i il a d'ailleurs fait ufage d'un grand nombre de notes manufcrites , qui lui qnt été communiquées par Quadrupèdes ^ Tome /, B (lo) plufieurs Naturaliftes de divers pays, & dont la pîupait avoient voyagé dans les contrées où les Quadrupèdes ovipares font le plus communs. M. le Comte de la Cepède fait connoître près de vingt efpèces, dont aucun Auteur n'avoit fait mention, ou qui n'avoient été ni claffées, ni comparées avec foin. Il préfente en tout la defcription de cent -treize efpèces de Quadrupèdes ovipares. Mais il paroît s'être attaché principalement à amplifier la fcience , Si à diminuer le nombre des efpèces arbi- traires que l'on avoir admifes ; il a cherché avec foin l'influence du climat j de l'âge , du fexe & de la faifon fur les diverfes efpèces, pour ne regarder que comme des variétés les individus dont les différences ne font pas affez grandes , ou affez permanentes , pour conftituer une efpèces & il efl tel article oii l'Auteur a rapporté à la même efpèce cinq ou iix individus^ coniidérés par certains Naturalises comme autant d'efpèces diflinéles. Chaque article comprend la lifte , non-feulement des noms vulgaires attribués à l'animal dans les divers pays , Sl par les différens Voyageurs, mais encore des noms méthodiques qui lui ont été donnés par les Natura- îiftes. On trouve , dans l'Ouvrage de M. de îa Cepède , la mefure & les proportions des diverfes parties du corps^ (il) pour un grand nombre de Quadrupèdes ovipares. li a tâché, de plus, de joindre à la defcripiion de chaque efpèce , Thiftoire de fes habitudes i il traite de l'endroit où on la trouve, du tems de 1 accouplement, de celui de la ponte, du nombre & de la forme des œufs, de la durée de l'accroifTement , de la longueur de la vie, de k manière de fe nourrir , de fe défendre , &c. j & pour faire mieux connoître les Quadrupèdes ovipares , il montre les rapports de forme & d'habitudes que les diverfesefpèces ont les unes avec les autres, ôc même avec des animaux d'ordres plus ou moins diftérens Mais , pour éviter les répétitions , il ne traite d'une manière étendue que des principales efpèces de chaque divifion , & il ne parle que des différences que les autres préfent^nt. Ce qui concerne chaque genre eft précédé de l'ex- poiîtion des traits généraux qui le caradérifent. Si 1 Ou- vrage commence par un Difcours, oii la conformation extérieure , les principaux points de la conformation intérieure. Si les habitudes communes à tous les Qua- drupèdes ovipares, font préfentés & comparés avec ceux des autres animaux : c'eft le réfultat nénéral des ob(er- vations faites ou recueillies par M. de la Cepède, Si le tableau de leurs rapports. A la fuite de Ihiftoire des Quadrupèdes ovipares, M. de la Cepède donne la defcription de deux animaux. qu'il nomme B^cptlks bipèdes, qui n'ont en effet que deux jambes , au lieu de quatre , <& que l'Auteur croit devoir placer entre les Quadrupèdes ovipares & les Serpens , dont il fe propofe de préfenter inceffamment i'hifloire à l'Académie. Le premier de ces deux animaux n'a en- core été indiqué par aucun Auteur 3 on l'a envoyé du Mexique i le fécond a été décrit par M. Pallas. M. de îa Cepède fait voir qu'on ne peut pas regarder ces ani- maux comme des monilres , puifqu'iis font en très-grand nombre dans les pajs où on les trouve. D'ailleurs lAu- îeur, en comparant la conformation du Reptile bipède 5 qu'il a reçu du Mexique , avec celle des Lézards & des Serpens, montre qu'il diffère, par îa forme de fa queue, ainfi que par farrangement <3t la figure de fes écailles , de tous les lézards, & particulièrement du Seps & du Chalcide , avec lefquels il a le plus de rapports 3 & par conféquent il ne croit pas devoir le regarder comme un monilre par défaut , ou comme un lézard qui auroit perdu deux de fes jambes. Il ne croit pas non plus devoir le confidérer comme un monflre par excès , ou comme un Serpent^ qui, par une forte demonflruofîté,feroitné avec deuxjambes, parce que les jambes du Bipède du Mexique, fes pieds, fes doigts, les écailles qui les recouvrent, fes ongles, &c. préfentent la fymmétrie la plus régulière,& parce que ce Bipède diffère de tous les Serpens connus par ranange-» tnent de fes écaiîles. M. Paîîas a suffi prouvé que îe Bipède , dont il a donné la defcriprion dans les Mé- moires de PéterfLourg,ne pouvoir être regardé, ni comme un Lézard , ni comme un Serpent mondrueux. M. le Comte de la Cepède fait voir, dans l'article où il traite des Bipèdes, qu'excepté celui que M. PalIas a décrit , & celui qu'il a reçu du Mexique , tous les Reptiles bipèdes , mentionnés jufqu'à préfent par les Naturalises , ne font que des larves de Salamandres, ou de Lézards, tels que le Seps Si le Chalcide ^ nés monflrueux , ou privés de deux pattes par quelqu'accident. L'Auteur a joint à fon Ouvrage, le deffin des prin- cipales efpèces de chaque divifion, & fur -tout de celles qui ne font pas encore connues , ou qui ne le font qu'imparfaitement. Quant à î'exiftencedes Reptiles bipèdes, nous ne por- terons aucun Jugement à ce fujet. Nous croyons que, pour admettre ces animaux comme des efpèces confiantes , il faudroit avoir des obfervations ôl des preuves plus mul- tipliées. L'Ouvrage de M. îe Comte de îa Cepède, nous a paru fait avec autant de foin que d'intelligence. Il j a de ia clarté & de la précifion dans les defcriptîons j les ca- radères des clafles, des genres & des efpèces, font bien contraftés ; ia partie hiftorique, eft faite avec difcerne- (i4) ment. L'Auteur n'a pas négligé de rendre fon ftyîe agréable, pour donner queîqu attrait à des détails fafti- dieux, Si fouvent dégoûtans, par la nature de leur objet Nous penfons que cette Hiftoire Naturelle des Qua- drupèdes ovipares mérite d'être approuvée par TAcadé» mie, Si imprimée fous fon Privilège, Fait au Louvre, le 25 Juillet 1787, d'AubentoN;, FOLGEROUX DE BoNDAROY, BrOUSSONNET. Je certifie le préfent Extrait conforme à l'original , Si au jugement de TAcadémie. A Paris, le 2> Juillet 17 87* Signe' ^ Le Marquis de Condorcet, •^= 5 I ''.,' t.- .2Jll; 2iij. 15 TABLE DES ARTICLES Contenus dans ce Volume, llixPLicATioN de plufieurs planches de ce Volume. Table méthodique des Quadru- pèdes ovipares, en François. Table méthodique des Quadru- pèdes ovipares , en latin. Difcours fur la nature des Quadru- pèdes ovipares , Les Tortues , page i 45 Tortues de mer , 64 La Tortue franche. Idem. La Tortue Ecaille- verte. 9^ La Caouane, 95 La Tortue Naficorne , Î03 Le Caret, 10 S Le Luth , m Tortues d'eau douce Se de terre , îi8 La Bourbeufe j Idem. La Ronde, îz6 La Terrnpène , i%S La Serpentine , La Rougeâtre , La Tortue Scorpion j 131 13Z ^33 La Jaune, 235 La Molle, 2^7 La Grecque ou la Tortue de terre commune , Î4Z La Géométrique , La Raboteufe , 257 2 6'2 La Dentelée, 26'^ La Bombée, îê4 La Vermillon , La Courte-queue, La Chagrinée , La Rcuiï'âtre , La Noirâtre $ Des Lézards, Les Crocodiles î Le Crocodile, Le Crocodile noir ; Le Gavial, Le Fouette-queue s La Dragonne, Le Tupinambis, Le Sourcilleux, La Tête-fourchue, Le Large- doigt , Le Bimaculé , Le Silloné , L'Iguane , Le Bafilic, Le Porte- crête ^ Le Galéote , L'Agame, Le Lézard-gris J Le Lézard-vert 5 Le Cordyle, L'Hexagone 3 L'Améiva, Le Lion , Le Galonné*; Le Caméléon , La Queue-bleue 5 page iji ^75 176 î8z 2 88 ^33 ^36 2.40 ^43 ^57 aSi z^3 Z64 sl6G SiGy 5,84 S.87 %9z Z98 309 3^4 3-7 3z8 333 335 337 360 l6 TABLE DES MATIERES, L'Azuré , Le Grilcn , L'Umbre , Le Piiffé , L'AIgire , Le Stellion , Le Sein que. Le Mabouya , Le Doréj Le Tapaye, Le Strié , Le Marbré , Le Roquet, Le Rouge-gorge Le Goitreux , Le Téguixin, Le Triangulaire , La Double-raie , Le Sputateur^ Le Gecko , Le Geckotte , La Tête plate , Le Seps , Le Chalcide , Le Dragon , page ^6z 3^5 3^7 3^9 373 37^ 3H 390 393 394 397 401 402, 408 409 4^3 4Z0 4^6 433 443 447 La Salamandre terreftre, .^55 La Salamandre à queue plate , 47 z La Pon(5luée, ^gz La Quatre-raies , ^.^z Le Sarroubé , 4g q La Trois-doigts , 4^6 Des Quadrupèdes ovipares qui n'ont point de Queue, Ag8 Grenouilles, ao7 La Grenouille commune , Idem. La Roulle , ^zS La Pluviale , ^ j^ I/a Sonnante , />55 La Bordée , La Réticulaire, La patte-d'oie. L'épaule-armée, La Mugiffante, La Perlée , La Jackie, La Galonnée , Raines , La Raine-verte, La Bolïue , La Brune, La Couleur-de-lait i La Fluteufe , L'Orangée , La Rouge , Crapauds , Le Crapaud commun , Le Vert , Le Rayon vert. Le Brun , Le Calamité , Le Couleur de feu , Le Puftuleux , Le Crapaud goitreux. Le Boflu , Le Pipa , Le Cornu , L'Agua , Le Marbré , Le Criard , Reptiles Bipèdes^ Le Cannelé, Le Sheltopufik , page 5.?^ 637 03S 539 64^ 545 547 649 65^ Idem. 559 560 66t S6z 5^4 S66 ^68 Idem. S8S f,88 69(1 59^ 696 697 69^ 699 Goo 60^ 606 607 608 609 6i^ 6ij, Table alphabétique des noms donnés aux Quadrupèdes ovipares , Table des matières. 6zo ^^^è^ explication (17) *^i ^^ShS^QGiîàM. rr-ae ^ Explication de quelques Planches de ce Volume, VA TORTUE FRANCHE. Planche première j page 54. J_^E deflcin a été fait d'après une tres-]eane Tortue, très-bien con- fervée , à laquelle on a fuppofé une longueur de lix pieds, pour donner une idée de la grandeur de l'ani- mal adulte dont la tête eft moi is grolle en proportion du corps que dans la figure, & dont le dilque préfente communément une ou deux écailles de plus que celui des très-jeunes Tortues. LA TORTUE ROUSSATRE. Planche douiième , pag^; zjj. La Tortue eft reprcfentée fans queue, parce que cett;' partie n'avoit pas été conlervée dans 1 individu que nous avons fait deiîîner. L' A M É I V A. Planche s.z j page gzS. On a repréfenté à part le def- fous de la tête & d'une partie du corps, pour montrer le détaut de grandes écailles au-dellous du cou. LE SPUTATEUR. Planche z8 j page ^a.g. On peut voir dans cette Planche , Ovipares , Tome /. la figure du Lézard envoyé de Saint-Euftache avec le Sputateur, 8c que nous regard ms comme une variété de cette efpèce. LE GECKO. Planche zg , page 41 2' On a repréfenté à part 8c de grandeur de nature (^ dam le format in-^P ) le delfous des cuilfes , de l'origine de la queue & des pieds, ainfi que la partie antérieure de la langue. LA TETE-PLATE. Planche 50 ^ page 42,5. On a repréfenté de grandeur de nature (dans le format in-^^) un des pieds de devant du Lézard dont on a montré aulîi la tête de face. LE SEPS. Planche ^i j page 423- On a deffiné de grandeur de nature /dans le format in-à^P ) un tronçon de Seps vu par-deffus pour montrer la difpofition des couleurs que préfente le dos. ERRATA. P^ G s \j , ligne !S; fes vapeurs; liÇiX » ces vapcuLs. Page 30, ligne i de la note, M. de Tourchy; life^ , M. de Touchy. Page 80, dernière ligne, des grrjidesj 'fil, de grandes, -Piî^'ê 8S, //^;z« 5, immenfes cétacées ; Hfe^) énormes cétscées. Page 92, ligne j. trop de précaution; lipl , trop de précautions Page 99 , Z/|^«e ; , le jetter; l'pl, Te jeter. Page 106, ligne 15, recherchées, Hj^l t recherchés. Page 1 5-2 , ligne \ de. la note , glanures de l'hilloire natureHe ; lifei , glanures d'hiiloire naturelle. Page 1 3 g., ligne 1 2 , tané ; lifei , tanné. Page 146 , ligne 4 , celle ; lif:^ , la Tortue, Page 178, ligne iz, les Fouettes qaeue ; ïj-ff^ , les Fouette-queues. Page 1-79, Z;gn£ 13, garnis ; /i/t',^ , garni. Page 1S4, /j^vi£ 4, des crocodiles quej lifci , des crccodiles , que. Page 1S5 , ligne 8 , à celle ; ///i:7 , à celles. Page 189 , //^/2« 22 de la note , tom. 43; îifq, tab. 43, Piîgc 198» ligne II, les doigts 5 Ufeit les trois doigts. P-Tge 220, ligne 15 ^ reiTemblent; /'/f{, ïaffemblejît.. P nous nous en fommes Page 3i8, /;g;ie 9 ae /« nofe, caudi ; lift^f cauda. Pag« 3^T, /ïgne 15, revêtue n'eft point j. life\ , n'eft point revêtue. Page 35e, ligne 16, moIalTe ; life{l moHaffe. Pa^e 417, ligne I5, prêtes à; life-, prés de. Page 421, Zfg/ie 6, de Geckotte /'/q ,. de Geckottes. Pa(j« 477, ligne 14, diftinguer ; /'/^^ , admettre. Page 455 , Z'g"« 15 , leQuatre-raies ; Hfe^^ la Quatre-raies. P^j^ê j J» 3 , ligne J ij 5< à l'aide j Hfii , à l'aide^- HISTOIRE H I S TOI R E NATURELLE DES QUADRUPÈDES OVIPARES. DISCOURS Sur la nature des Quadrupèdes ovipareSc J-JORSQu'oN JETTE LES YEUX fur le nombre immenfa des êtres organifés &: vivans qui peuplent (Se animent le globe, les premiers objets qui attirent les regards, font les diverfes efpèces des Quadrupèdes vivipares , 6c des oifeaux, dont les formes, les qualités ôc les mœurs giit été repréfentées par le Génie daus un ouvrage 'wx^. Ovipares j Tome L A 2 Hl STOI RE Na TVÎIE lis mortel ; parmi les féconds objets qui arrêtent l'atten* tion 5 fe trouvent les Quadrupèdes ovipares , qui ap- prochent de très-près des plus nobles ES Ç^tTAGRÙPEDES OVîPARÈSo % &. déterminer s'il falloit les regarder comme des ré* fultats conllans de rorganifation d'une efpèce entière, ou comm.e des produits paffagers d'un inltinél: indi- viduel , perfeélionné ou afToibli par des caufes acci- dentelles. Mais , avant de nous occuper en détail des faits particuliers aux diverfes efpèces , confidérons fous les mêmes points de vue tous les Quadrupèdes ovipares ; repréfentons-nous ces climats favorifés du foleil , où les plus grands de ces animaux font animés par tôutfe la chaleur de f atmofphère , qui leur eft nécefîaire. Jetons les yeux fur l'antique Egypte, périodiquement arrofée par les eaux d'un fleuve immenfe, dont les jivages couverts au loin d'un limon humide , préfentent un féjour û analogue aux habitudes & à la nature de ces Quadrupèdes : fes arbres, fes forêts, fes monumens-, tout , jufqu'à fes orgueilleufes pyramides , nous en mon- treront quelques efpèces. Parcourons les côtes brûlantes de l'Afrique, les bords ardens du Sénégal, de la Gam- bie; les rivages noyés du nouveau monde, ces folitudes^ profondes, où les Quadrupèdes ovipares jouifîent de la chaleur, de l'humidité & de la paix; voyons ces belles contrées de l'Orient , que la Nature paroît avoir enri^ chies de toutes fes productions; n'oublions aucune des Illes baignées par les eaux chaudes des mers voifmes de la zone torride; appelions, par la penfée5tous les Qua- dmpèdes ovipares qui en peuplent les diverfes pîageS' 5, 6 Hl STO I RE N^ TU RE LLE ÔL rëuniiTons-les autour de nous pour les mieux coii- noître en les comparant. Obfervons d'abord les diverfes efpèces de tortues, comme plus fembiables aux vivipares par leur orga- nifation interne; confidérons celles qui habitent les bords des mers, celles qui préfèrent les eaux douces , & celles qui demeurent au milieu des bois fur les terres élevées ; voyons enfuite les énormes crocodiles qui peu- plent les eaux des grands fleuves, & qui paroilîent comme des géans démefurés à la tête des diverfes légions de lézards; jetons les yeux fur les différentes efpèces de ces animaux, qui réunifTent tant de nuances dans leurs couleurs , à tant de diverfités dans leurs organes , & qui préfentent tous les degrés de la grandeur depuis une longueur de quelques pouces , jufqu'à celle de vingt- cinq ou trente pieds ; portons enfin nos regards fur des efpèces plus petites; confidérons les Quadrupèdes ovi- pares, que la Nature paroît avoir confinés dans la fange des marais, afin d'imprimer par-tout l'image du mouve- ment & de la vie : malgré la diverfité de leur con- formation , tous ces Quadrupèdes fe reffemblent entre eux , 6l diffèrent de tous les autres animaux par des çaraélères & des qualités remarquables : examinons ces caraéi:ères diflinélifs, & voyons d'abord quel degré de vie ÔL d'aélivité a été départi à ces Quadrupèdes. Les animaux diffèrent des végétaux , art* de la Tortue de terre de Coromandel^ DSS QUu4 DRUPÈdE S OVIPARES, W d'écaillés dures, enveloppés dans une couverture ofTeufe, ou cachés fous des boucliers folides , ils doivent recevoir bien peu d'impreflions diitinéles par le toucher. Plufieurs ont les doigts réunis de manière à ne pouvoir être appli- qués qu'avec peine à la furface des corps, & fi quelques lézards ont des doigts très-longs ï abfolude plufieurs mois. »? {ColUciion académique , Tome VU, pages 3 20 (S* 121» DES Qî/ADRUPÈDSS OV I PARES, 2.C) furflice du corps ; mais au lieu de reparer une peau qui n'a prelque plus de communication avec l'intérieur, elle en forme une nouvelle qui ne celle de s'accroître au-deiîous de l'ancienne. Tous ces efforts détachent peu -à -peu cette vieille peau du corps de l'animal, achèvent d'ôter toute liaifon entre les parties intérieures 6c cette peau altérée, qui, de plus en plus privée de toute réparation , devient plus foumife aux caufes étran- gères qui tendent à la décompofer. Attaquée ainfi des deux côtés , elle cède , fe fend j & Tanimal revêtu d'une peau nouvelle fort de cette efpèce de fourreau , qui n'étoit plus pour lui qu'un corps embarralTant. C'eil: ainfi que le dépouillement annuel des Qua- drupèdes ovipares nous paroît devoir s'opérer ; mais il n'eft pas feulement produit par l'engourdilîement. lis quittent également leur première peau dans les pays où une température plus chaude les garantit du fom- meil de l'hiver. Quelques-uns la quittent auffi plufieurs fois pendant l'été des contrées tempérées ; le même effet eft produit par des caufes oppofées; la chaleur de l'at- mofphère équivaut au froid & au défaut de mouvement ;, elle delîeche également la peau, en dérange le tiffUj 6c en détruit l'organifation (x).. {x) La note fuivante m'a été communiquée par M. de Touchy^ Ecuyer , de Ja Société royale des Sciences de Montpellier , &:c. elle eft extraite d'un ouvrage que ce Naturalifte fe propofe de publier, & qui fera intitulé : Mémoires pourfcryir à l'HiJîom des foncïions d^ Fào- 30 Histoire N^tu re lie Des animaux d'ordres très-différens des Quadrupèdes ovipares éprouvent auïïi chaque année, &. même à plufieurs époques , une efpèce de dépouillement : ils perdent quelques-unes de leurs parties extérieures ; on peut particulièrement le remarquer dans les ferpens, nomie animale des oifeaux. "Je pris, le 4 Mai 1785 , dit M. de Toiir- ïj chy, un lézard vert à taches jaunes & bleuâtres, & de dix pouces »j de long : je le mis vi/ant dans une bouteille couverte d'une toile ï> à jour, & pofée far une table de marbre dans une falle fraîche au jî rez - de - chauiîée -, ce lézard vécut deux mois dans cette efpèce de >» prifon , fans prendre aucune nournture. Les premiers jours , il fit Jî des efîbrts pour en fortir , mais il fut affez tranquille le refte du »j tems. Vers le quarante - cinquième jour , je m'apperçus qu'il fe dif- >î pofoit à changer de peau, & fucceffivement je vis cette peau fc » fécher , fe racornir , fe détacher par parties finées & décolorées , lî pendant que la nouvelle peau qui fe découvroit avoit une belle »î couleur verte avec des taches bien nettes. Il mourut le foixante- »5 troilième jour , fans avoir achevé de muer , la vieille peau étant en- jî core attachée fur la tête, les pattes & la queue. Pendant le tems j> de la mue , & celui qui le précéda , il ne fut jama'is dans un état 15 de torpeur*, il marchoit dans fa bouteille, lorfqu'on la prenoit dans >5 les mains , & même fans cela &: de lui-même -, je lui vis quelquefois >j les yeux fermés j mais il les rouvroit bientôt, & avec vivacité. Il 53 étoit à demi-arrondi dans cette bouteille , dont le cul un peu relevé îî devoit ajouter à la gêne de fa pofition. Il avoit certainement mué i> avant d'être pris, comme font tous les lézards & les ferpens, lorfque 9î la chaleur du printems les fait fortir de leurs retraites. La fraîcheur j> de fes couleurs & la dclicateflc dç fa peau me l'avoient prouvé lorl- 9i que je le pris. » i>Es (Quadrupèdes ovipares, JI dans certains animaux à poils, (Se dans les oifeaux ;. les infecles vSc les végétaux ne font -ils pas fujcts aufTi à une forte de mue? Dans quelques êtres qu'on remarque ces grands changemens , on doit les rap- porter à la même caufe générale. Il faut toujours les attribuer au défiiuî d'équilibre entre les mouvemens intérieurs (Se les caufes externes : lorfque ces dernières font fupérieures, elles altèrent &l dépouillent j (Se lorf- que le principe vital l'emporte , il répare (Se renouvelle. Mais cet équilibre peut être rompu de mille (Se mille manières, ES QuJ DRUPÀDES OVIPARES, 43 de mer, d'eau douce &l de terre; nous confidérerons en- fuite les crocodiles 5j Jm,, vmi' LA TOllTUK FRANCHE DES (^VADRU PE DE S OVIPARES, 55 emploieroit avec bien moins d'avantage le grand art de la navigation , fi vers les rives éloignées , où fes delirs l'appellent , il ne trouvoit dans une nourriture aufTi agréable qu'abondante , un remède afîuré contre les fuites funeftes d'un long féjour dans un êfpaGe refferré, &: au milieu de fubftances à demi -putréfiées y que la chaleur &l l'humidité ne cefTent d'altérer (b)r Labatj tortue franche. Séba , mus. i. tab. jgtfig- 4i S* ^* The greeii turtle. Patrick Brown. Natural hijlory of Jamaica , p. ^6*5» Teftiido unguibus parmarum duobus , plantarum fingiilaribus. Hans Sloane. Voyage aux Ijles Madère , Ba-rbade , êv. ûyec l'Hifloir^ 'Naturelle de ces Ijles. Londres. î7Z£^ vol. z , page ^ji, Ojheck. it, zg^. Gefrier, Quadrup. ovip. page 10^. teiludo marina.- Aldrov. Quadrup. yzzj tab. ji^. Olear/mus. zi, tab. ij , fig- i^ Bradl. natur. tab. 4, fi g. 4. Catejby , Hifioire naturelle de la Caroline, vol. Zjpag. ^8 y Marcgrave. Brafil. z^t. Jiirucuja Brafîlienfîbus. Teftudo viridis. Hifi. natur. des Tortues ^ par M. Jean Schneider' j> à Leipfick, zjS^. (b) it On fait des boiiilions de tortues franches , que ron regarde comme excellens pour les puhiioniques, les cacheftiques , les fcorbu- m tiques , &c. La chair de cet animal renferme un fuc adouciflant , ce îîourriffant , incifif & diaphorétique , dont )'ai éprouvé de très-bons e<- effets. J> ^çte communiqués par M. de la Borde ^Médecin du Roi à Cayenri^ 5 6 Hl STOI RÈ Na ture lle Cet aliment précieux lui eft fourni par les tortues franches ; grand nombre eft au fond de l*cau & fur les côtes, on trouve entre »» plufieurs autres efpèces d'animaux marins, une prodigieufe quantité >j de tortues, i» Defiription de l'Ifîe Efpûgnole i Hijl. générale des voyages , partit ^> livre ^, feau DES QUu4 DRU PÈ D E S OV I PARES. ^J feau jufqu à l'extrémité de la queue , fur trois ou quatre de largeur & quatre pieds ou environ d'épaif- feur, dans l'endroit le plus gros du corps; elles pcfent alors près de 800 livres; elles font en li grand nombre qu'on feroit tenté de les regarder comme une efpèce de troupeau rafîemblé à deifein pour la nourriture &. le foulagement des Navigateurs qui abordent auprès de ces bas-fonds ; & les troupeaux marins qu'elles forment le cèdent d'autant moins à ceux qui paiiîent l'herbe de la furface sèche du globe , qu'ils joignent à un goût exquis 6c à une chair fucculente & fubftantielle , une vertu des plus actives & des plus falutaires. La tortue franche fe diftingue facilement des autres par la forme de fa carapace. Cette couverture fupé- rieure , qui a quelquefois quatre ou cinq pieds de long fur trois ou quatre de largeur , eit ovale &: entourée d'un bord compofé de lames , dont les plus grandes font les plus éloignées de la tête , (Se qui , terminées à l'extérieur par des lignes courbes , font paroitre ce même bord comme onde : le difque, ou le milieu de cette cou^ erture fupérieure , eft recouvert ordinaire- ment de quinze lames ou écailles, d'un roux plus ou- moins fombre , qui tombent fouvent ainfi que celles de la bordure , par l'effet d'une grande déification ou de quelqu'autre accident , 6c dont la forme 6c le nombre varient d'ailleurs fuivant l'âge ■6c peut-être fuivant le fexe ; nous nous en fommes affurés en exa- Gvipares y Tome L H 38 Histoire Natu relie minant des tortues de différentes tailles (e). Lorfque l'animal efi: dans f eau , la carapace paroît d'un brun clair tacheté de jaune (f). Le plaftron eft moins dur & plus court que la carapace ; il eil garni commu- nément de vingt-trois ou vingt-quatre lames , difpofées fur quatre rangs (g) ; &: c'eft à caufe des deux bou- [e) << Le nombre des lames dans les tortues franches , varie fui- vant les individus*, mais il paroît cependant relatif à l'âge, jj Note coni' muiiiqiiée par M. U Chevalier de Widerfpach j Officier au Bataillon de la Guyane j & Correfpondiint du Cabinet du Roi. (/) Mémoires manufcfits fur les tortues j rédigés par M. de Fouge- roux de Bondaroy j de l'Académie des Sciences , & que ce favant Aca- démicien a bien voulu me communiquer. (g) Nous croyons devoir rapporter ici les dimenlione d'une Jeune tortue franche , qui n'avoit pas encore atteint tout Ton développement , Se qui eft confervée au Cabinet du Roi. Dans cette tortue, ainfi que dans celles dont il fera queftion dans cet Ouvrage , nous avons mefuré la longueur totale de Tanimal , ainfi que h longueur & la largeur de la carapace , en fuivant la convexité de cette couverture fupérieure. Longueur, depuis le bout du nnifeau juf- qu à l'extrémité poilérieure de la cara- pace Longueur de la tête Largeur de la tête Longueur de la carapace Largeur de la carapace Longueur des pattes de devant Longueur des pattes de derrière I^ous avons corupté neuf cotes de chaque côté, dans cette jeune tortue» pieds. pouces. lign 3 7 8 I 3 II 9 6 I 10 7 I 2 II 3 DES (Quadrupèdes ovipares. 5c) cliers dont la tortue franche cft armée , qu'on lui a donné le nom de foldat dans certaines contrées (fi). Les pieds de la tortue franche font très-alongés^ les doigts en font réunis par une membrane ; ils ref- femblent beaucoup à de vraies nageoires; auffi lui fervent-ils à nager bien plus fouvent qu'à marcher , 6l lui donnent-ils une nouvelle conformité avec les poiiïbns & avec les phoques qui habitent comme elle au milieu des eaux. Sans cette conformation , elle abandonneroit un élément où elle auroit trop de peine à frapper l'eau avec des pieds qui , préfentant une trop petite furface, n'oppoferoient à ce fluide prefque aucune réliftance : elle habiteroit fur la terre sèche , où elle marcheroit avec facilité comme les tortues de terre que l'on trouve au milieu des bois. Dans les pieds de derrière , le premier doigt , qui eft le plus court , eft le feul qui foit garni d'un ongle aigu &L bien apparent ; le fécond doigt l'eft d'un ongle moins grand ôc plus arrondi , & les trois autres n'en préfentent que de membraneux & peu fenfibles , tandis qu'aux pieds de devant , les deux doigts intérieurs font terminés par des ongles aigus , (Se les trois autres par des ongles membraneux : au relie , il fe peut que la forme , le nombre 6l la pofition des ongles varient dans (h) Conrad Gefncr , Quadrup. ovip. Zurich. î^^^^, page lo^. H i] 6-0 Histoire N^tu re lie la tortue franche (i) ; mais il n'y en a jamais qu\m d'aigu aux pieds de derrière , &: c'eft un caradlère dif*- tindif de cette efpèce^ JL La tête , les pattes & la queue , font rc^rouvertes de petites écailles comme le corps des lézards, des fer- pens 6c des poiiîbns , &l de même que dans ces ani- maux , ces écailles font mr peu plus grandes fur le -fommet de la tête que fur le cou &l fur la queue. L'on a prétendu que , malgré la grandeur des tortues franches, leur cerveau n'étoit pas plus gros qu'une fève (k) ; ce qui confirmeroit ce que nous avons dit ^e la petitefle du cerveau dans les Quadrupèdes ovi- pares. La bouche , iituée au-defîbus de la partie anté- rieure de la tête, s'ouvre jufqu'au-delà des oreilles; les mâchoires ne font point armées de dents , mais elles font très-dures & très-fortes; & les os qui les compofent, font garnis de pointes ou d'afpérités. C'eft avec ces mâchoires puillantes que les tortues coupent l'herbe fur les tapis verts qui revêtent les bas- fonds de certaines côtes , & qu'elles peuvent brifer des pierres, & écrafer les coquillages dont elles fe nourrif-r fent quelquefois,. ( i ) Linn. amphib. rept. tejludo mydas. (k) Voyez les Mémoires pour fervir à l'Hiftoire naturelle des ani- maux , art, de la tortue de terre de Coi-omandel. . Î)ES Q^UADRU PEDES OVIPARES. 6l Lorfque les tortues ont brouté Talguc au fond de la mer , elles vont à l'embouchure des grands fleuves chercher l'eau douce dans laquelle elles paroifîent fe plaire, i! y en a qui pondent en tout jufqii'à deux cens- cinquante œ.ifs '^ jj Ldùatj Ajr.qiie cccidcntcle ^vol. z. La ficondité de ces Quadrupède* ovip..res, eil quelquefois plus grande, sa DES Çu^ DRV PE DES OV I PARES, 6j choififlent prefque toujours le tems de la nuit pour aller dépofer leurs œufs, ôl c'eft apparemment d'après leurs petits voyages nodurnes , que les Anciens ont penfé qu'elles convoient pendant les ténèbres (x). Pour tous leurs petits foins , il leur faut un fable mobile; elles ont une forte d'afieélion marquée pour certains parages plus commodes , moins fréquentés , xSc par conféquent moins dangereux ; elles traverfent même des efpaces de mer très -étendus pour y par- venir. Celles qui pondent dans les Illes de Cayman (y)^ voifmes de la cote méridionale de Cuba , où elles trouvent l'efpèce de rivage qu'elles préfèrent, y arrivent de plus de cent lieues de dilîance. Celles qui pailent nne grande partie de l'année fur les bords des Illes Gallapagos , fituées fous la ligne & dans la mer du Sud, fe rendent pour leurs pontes fur les côtes occi- dentales de l'Amérique méridionale , qui en font éloignées de plus de deux cens lieues; & les tortues qui vont dépofer leurs œufs fur les bords de rille de l'Afcenfion, font encore plus de chemin, puifque les (x) Pline j Livre IX, Chapitre xii. ( y ) Les Ifles de Cayman ("ont à favorables aux tortues , que lorf- qu'elles furent découvertes , on leur donna le nom efpagnol de Las- Tortiigas , à caufe du grand nombre de tortues dont leurs bords ctoient couverts. Hijioire générale des voyages , III. Farde ^ Liv, V. Voyage de ChriJIophe & Barthélemi Colomb. 68 Histoire Natu relle terres les plus voifmes de cette Ifle, font à trois cens lieues de dillance (:^). La chaleur du foleil fuffit pour faire éclore les œufs des tortues dans les contrés qu'elles habitent ; vingt ou vingt-cinq jours après qu'ils ont été dépofés, on voit fortir du fable les petites tortues , qui pré- fentent tout au plus deux ou trois pouces de longueur, fur un peu moins de largeur, ainfi que nous nous en fommes aflurés par les mefures que nous avons prifes fur des tortues franches enlevées au moment où elles venoient d'éclore j elles font donc bien éloignées de la grandeur à laquelle elles peuvent parvenir. Au relie, le tems néceiîaire pour que les petites tortues puiiîent éclore , doit varier fuivant la température. Froger aiîure qu'à Saint-Vincent , Ifle du Cap-Vert , il ne faut que dix-fept jours pour qu'elles fortent de leurs œufs; mais elles ont befoin de neuf jours de plus pour de- venir capables de gagner la mer (a). L'inftinél dont elles font déjà pourvues , ou , pour mieux dire , la conformité de leur organifation avec celle de leurs père & mère , les conduifent vers les eaux voifines, «Il elles doivent trouver la sûreté & l'aliment de leur \ie. Elles s'y traînent avec lenteur, mais trop foibles {\) Dampier, tome I, (a) Froger j relation d'un voyage à la mer du Sud, page ^2^ DES (Quadrupèdes ovipares, 6() encore pour réfifler au clioc des vagues , elles font rejetées par les flots fur le fable du rivage , où les grands oifeaux de mer, les crocodiles , les tigres , ou les cougars, fe rallemblent pour les dévorer (h). Auffi n'en échappe-t-il que très-peu. L'homme en détruit d'ailleurs un grand nombre avant qu'elles ne foient développées. On recherche même dans les Illes où elles abondent , les œufs qu'elles laiflent fur le fable, & qui donnent une nourriture auffi agréable que faine. C'eft depuis le mois d'Avril jufqu'au mois de Sep- tembre, que dure la ponte des tortues franches fur les côtes des Illes de l'Amérique, voifmes du golfe du Mexique : mais le tems de leurs diverfes pontes varie fuivant les paysj fur la côte d'IJJini, en Afrique, les tortues viennent dépofer leurs œufs depuis le mois de Septembre jufqu'au mois de Janvier (c) • pendant toute la faifon des pontes , l'on va non -feulement à la re- cherche des œufs , mais encore à celle des petites tortues que l'on peut faifn* avec facilité ; lorfqu'on les a prifes, on les renferme dans des efpaces plus ou moins grands, entourés de pieux, (Se où la haute mer peut parvenir ; & c'eft dans ces efpèces de parcs qu'on les laifTe croître pour en avoir au befoin, fans courir les ( h ) Idem , ibidem. {c) Voyage de Loyer à IJJim fur la côte d'or.- *-jO Histoire Naturelle haiards d'une Dêche incertaine , & fans eDrouver les inconvéniens qui y font quelquefois attachés. Les Pécheurs choififfent aulfi cette faifon pour prendre les grandes tortues femelles qui leur échappent fur les rivages plus difficilement qu'à la mer , 6c dont la chair eil plus eftimée que celle des rnàles , fur-tout dans le tenis de la ponte (d). Malgré les ténèbres dont les tortues franches cher- chent , pour ainfi dire , à s'envelopper lorfqu'elies vont dépcfer leurs œufs , elles ne peuvent fe dérober à la pourfiiite de leurs ennemis. A l'entrée de la nuit , lur-tout lorfqu'il fait clair de lune , les Pécheurs fe tenant en flence fur la rive, attendent le moment cù les tortues fortent de l'eau ou reviennent à la mer après avoir pondu • ils les affomment à coups de maf- fue (e) , ou ils les retournent rapidement , fans leur donner le tems de fe défendre , & de les aveugler par le fable qu'elles font quelquefois rejaillir avec leurs nageoires. Lorfqu'elies font très-grandes, il faut que plu- fieurs hommes fe réunifient f/J, 6c quelquefois même fe fervent de pieux com.me d'autant de leviers pour les ren- {d) Sloane j à t endroit déjà cité, {e) Mémoires manufcrits fur les tortues , rédigés par M. de Fou- geroiLX. (/) Dcfsription des Ifîes du Cap- Vert. HiJI. générale des voyages j Livre V. DES Q^UAD RU PE DE S OVIPARES. 7! veiTer fur le dos. La tortue franche a la caraiDace troD plate pour pouvoir fe remettre fur fes paltes, lorfqueile a été ainfi chavirée, fuivant Texpreffion des Pécheurs. On a voulu rendre touchant le récit de cette manière de prendre les tortues; & l'on a dit que lorfqu'elles étoient retournées , hors d'état de fe défendre , & qu'elles ne pouvoient plus que s'épuifer en vains efforts , elles jetoient des cris plaintifs & verfoient un torrent de larmes (g)^ Plufieurs tortues, tant marines que ter- reflres (h) , font entendre fouvent un fuTicment plus ou moins fort, ôc même un gémifTement très-difdnél:, lorfqu'elles éprouvent avec vivacité ou l'amour ou la crainte. Il peut donc fe faire que la tortue franche jette des cris lorfqu'elle s'efforce envain de reprendre fa poiîtion naturelle &: que la frayeur commence à la faifir; mais on a exagéré fans doute les fignes de fa douleur. Pour peu que les matelots foient en nombre , ils peuvent, dans moins de trois heures, retourner qua- rante ou cinquante tortues qui renferment une grande quantité d'œufs. Ils paiïent le jour à mettre en pièces celles qu'ils ont priies pendant la nuit; ils en falent la chair, &. {g) Ray , Syncpjîs animcUara , pagz 0.55. [h] Voyez l'articie de la Caouane, ^2 Histoire Natu re lle même les œufs & les inteftins (i). Ils retirent quel-- quefois de la graifle des grandes tortues , jufqu'à trente- trois pintes d'une huile jaune ou verdâtre (k) , qui fert à brûler, que Ton emploie même dans les alimens lorf- qu'elle elt fraîche, 6c dont tous les os de ces animaux font pénétrés, ainfi que ceux des cétacées; ou bien ils les traînent renverfées fur leur carapace, jufques dans les parcs où ils veulent les conferver. Les Pêcheurs des Antilles & des Ifles de Bahamia, qui vont fur les côtes de Cuba , fur celles des Ifles voiiines , & principalement des Ifles de Cayman , ont achevé de charger leurs navires , ordinairement au bout de fix femaines ou de deux moisj ils rapportent dans leurs Ifles les produits de leur pêche (l) ; 6c cette chair de tortue falée, qui fert à la nourriture du peuple Il I II. I I I I I . ( / ) Mémoires manufcrits j rédigés & communiqués par jW. de Fow ^eroux de Bondaroy , de l'Académie des Sciences. ( k ) Mémoires manufcrits fur les tortues j rédigés par M. de Fow geroux. ( / ) Voyage de Hawkins à la mer du Sudj page z<). ( m ) Toutes les Nations qui ont des pofTefîiohs en Amérique , & particulièrement les Anglois , envoient de petits bâtimens fur la cote 4c la nouvelle Efpagne , & des Ifles délertes qui en font voifmes , pour On peut Dss (Quadrupèdes ovipares, 75 On peut auffi prendre les tortues franches au milieu des eaiLx (n) : on fe fert d'une varre, ou d'une forte de harpon , pour cette pêche , ainfi que pour celle de la baleine : on choiût une nuit calme , où la lune -éclaire une mer tranquille. Deux pêcheurs montent fur un petit canot que l'un d'eux conduit : ils recon- noifîent qu'ils font près de quelque grande tortue, à l'écume qu'elle produit lorfqu'elle monte vers la fur- face de l'eau; ils s'en approchent avec aflez de vîtelTe, pour que la tortue n'ait pas le tems de s'échapper : un des deux pécheurs lui lance auffi- tôt fon harpon avec tant de force , qu'il perce la couverture fupé- rieure , & pénètre jufqu'à la chair : la tortue bleffiée , fe précipite au fond de l'eau ; mais on lui lâche une corde, à laquelle tient le harpon; 3 vivres ne font pas toujours dans la même abondance, les Efpagnols 95 qui les habitent, aient pu fe perfuadcr que la chair de la tortues foit 35 mal- faine, & qu'ils la regardent comme une efpèce de poifon. II M Juge que c'eft à la figure fingulière de Tanimal, qu'il faut attribuer 95 ce préjugé. Les efclaves Indiens & nègres qui étoient à bord de ïjTefcadre, élevés dans la même opinion que leurs maîtres, parurent yjfurpris de la hardiefle des Anglois, qu'ils voy oient manger librement 93 de cette chair , & s'attendoient à leur en voir bientôt reiientir les «mauvais effets ; mais, reconnoiffant enfin qu'ils s'en portoient mieux, »> ils fuivirent leur exemple , & fe félicitèrent d'une expérience qui les Mafiiuroit à l'avenir de pouvoir faire, avec auiîî peu de frais que dé 95 peine, de meilleurs repas que leurs maîtres, jj Hijîoirt géaérak des iVoyûges ^ pûge 4^z, yol 41 j édit. in- il, z/fj. DES (Quadrupèdes ov i pares, 75 appellent moucou-moucou, (Se qui tient lieu de liège. On attache aulli au bas du filet quatre ou cinq grofles pierres, du poids de quarante ou cinquante livres, pour le tenir bien tendu. Aux deux bouts qui font à fleur-* d'eau, on met des bouées , c'eft-à-dire de gros morceaux de mcucou-moucou , qui fervent à marquer f endroit où eft le filet : on place ordinairement les foks fort près des Iflots , parce que les tortues vont brouter des ef-» pèces de fucus , qui croiflent fur les rochers, dont ces petites Ifles font bordées. Les Pêcheurs vifitent de tems en tems îes filets. Lorfque la foh commence à caler , fuivant leur lan- gage , c'eit-à-dire , lorfqu'elle s'enfonce d'un côté plus que de l'autre, on fe hâte de la retirer. Les tortues ne peuvent fe dégager aifément de cette forte de rets, parce que les lames d'eau, qui font aflez fortes près des Iflots , donnent aux deux bouts du filet un mou- vement continuel qui les étourdit, ou les embarraffe. Si l'on diffère de vifiter les filets , on trouve quelquefois les tortues noyées \ lorfque les requins & les efpadons rencontrent des tortues priles dans la. foie , es tempêtes ou d'autres caufes puiiïantes font aufli quelquefois def- cendre vers les zones tempérées & chaiTent des mers glaciales , lesimmenfes cétacées qui peuplent cet empire- du froid : le hafard pourroit donc faire rencontrer en- femhle les grandes tortues franches 6c ces immenfes animaux (l) \ &l l'on devroit voir avec intérêt fur ia furface de l'antique Océan , d'un côté les tortues de mer , ces animaux accoutumés à être plongés dans les rayons ardens du foleil fouverain dominateur des contrées torrides , & de l'autre , les grands cétacées qui , relégués dans un féjour de glaces &. de ténè- bres, n'ont prefque jamais reçu les douces influences (^) M. Bomare a publié, dans fon Diélionnaire d'Hiflcire naturelle,' une lettre qui lui fut adreflee, en 177 1 , par M. de Laborie- , Avocat au Confeil fupérieur du Cap, Ifle Saint-Domingue, d'après laquelle il paroît qu'une tortue pêchée,en 1754, dans le pertuis d'Antioche , étoit la même qu'une tortue embarquée fort Jeune à Saint-Domingue en 1742 , par M, de Laborie le père. Elle pefoit alors près de vingt-cinq livres ^ elle s'échappa dans ce même pertuis d'Antioche , au moment où la tempête brifa le vaideau qui Tavoit apportée, & elle acheva de croître fur les côtes de France. Diclionnain d'HiJIoire naturelle de M. Valmont de Bomare » art. des tortues de mer. (/) On a pris de grandes tortues auprès de l'embouchure de h Loire, & un grand nombre de cachalots ont été jetés fur les côtes de h Bretagne il n'y a que peu d'annéos. du pcre DES Q^UAD RU P ÈdES OVIPARES, Sf) du père de la lumière , & au lieu des beaux jours de la nature , n'eu ont prefque jamais connu que les tempêtes ôc les horreurs. On peut citer fur - tout à ce fujet deux exemples remarquables. En 1752, une tortue fut prife à Dieppe où elle avoit été jetée dans le port , par une tour- mente : elle pefoit de huit à neuf cens livres , 2 Histoire Natu re l ls LA TORTUE ÉCAILLE-YERTE («), ==3 JNous NE CONSERVONS PAS à la tortue, dont il elt ici quefiion , le nom de tortue-verte , qui lui a été donné par plufieurs Voyageurs , parce qu'on l'a appli- qué aufii à la tortue franche , & que nous ne faurions^ prendre trop de précaution pour éviter l'obfcurité de la nomenclature 3 nous ne lui donnons pas non plus^ celui de tortue Ama:^one qu'elle porte dans une grande partie de l'Amérique méridionale , & qui lui vient du grand fleuve des Amazones dont elle fréquente les- î)ords (h) , parce qu'il paroît que ce nom a été aufïï employé pour une tortue qui n'eft point de mer, &- (^) La tortue verte, Dampierj Tome L ( ^ ) La tortiie écaille - verte , n'eft pas la feule qui fréquente la:^ grande rivière de l'Amazone, u Les tortues de l'Amazone font fort î5 recherchées à Cayenne , comme les plus délicates ■-, ce fleuve en nourrit 55 de diverfes grandeurs & de diverfes efpèces en lî grande abondance^, »que, feules avec leurs œufs, elles pourroient fufïire à la nourriture des- babitans de (es bords, jj Jtli/loirc gén, des Voyages , Tome 53, JURS Q^UADRU PEDES OVIPARES, Ç^ par confeqiient qui eft très-diifércnte de celle -ei.Maî€ nous la nommons ccaille-verte , à caufe de la couleur de les écailles, plus vertes en efîetque celles des autres tortues j elles font d'ailleurs très-belles , très-tranfpa- rentes , très-minces , /ft. /. PI- Jf- /'J.i. ././ I,E l.UTH, DES Q^UAD RU PED ES OVIPARES, III LE LUTH (^). Ljk PLUPART DES TORTUES MARINES , dont IIOUS avons parlé, ne s'éloignent pas beaucoup des régions équatoriales ; la Caouane n'eft cependant pas la feule que l'on trouve dans une des mers qui baignent nos contrées ; on rencontre auffi dans la méditerranée , une efpèce de ces Quadrupèdes ovipares, qui furpaife même quelquefois par fa longueur les plus grandes tortues franches. On la nomme le Luth ; elle fréquente de préférence , au moins dans le tems de la ponte , les rivages déferts &: en partie fablonneux , qui avoifnient [a] En latin , lyr;?. Kat de msry & tortue à clin j par les pêcheurs de plufleurs contrées. Tortue luth. M. d'Aubenton , Encyclopédie méthodique. Teftudo Coriacea. i. Linn. amphibia reptilia. Tortue couverte comme de cuir , ou tortue mercuriale. Rondelet j> Bijîoire des poijfons. Lyon^ z^^S. Telluio coriacqa VandelL ad Linn. j Patav. îjGi. ^. Teftudo coriacea, Hijl. naîurdk des tortues , par M, Schneider, 112 Hl STO I RE Na tu RE LLB , . les Etats barbarefques ; elle s'avance peu dans la mer Adriatique , & fi elle parvient rarement jufqu'à la mer Noire , c^eft qu'elle doit craindre le froid des latimdes élevées. Elle elt diilinguée de toutes les autres tortues , tant marines que terreilres , en ce qu'elle n'a point de plafcron apparent. Sa carapace eft placée fur fon dos comme une forte de grande cuirafîe , mais qWq ne s'étend pas allez pardevant & parderrière pour que la tortue puifle mettre fa tête , fes pattes 6c fa queue à couvert fous cette forte d'arme dcfenfive. La tortue Luth paroît fe rapprocher par-là des croco- diles , & des autres grands Quadrupèdes ovipares qui peuplent les rivages des mers. La couverture fupérieure ell convexe , arrondie dans une partie de fon contour , mais terminée parderrière en pointe fi aiguë (Se û alongée, qu'on croiroit voir une féconde queue placée au-deiîus de la véritable queue de l'animal ; le long de cette carapace, s'étendent cinq arêtes affez élevées, &l dont celle du milieu ell fur-tout très-faillante ; quelques Naturalises ont compté fept arêtes , parce qu'ils ont compris dans ce nom^bre les deux lignes qui terminent la canipace de chaque côté. Cette couverture fupé- rieure nQ?i point garnie d'écaillés comme dans les autres tortues marines ; mais cette efpèce de cuirafîe ainfi que tout le corps , la tète , les pattes & la queue , eft revêtue d'une peau épaiffe , qui , par fa confillance DES Q^UAVRV PEDES OVIPARES» II3 6c fa couleur, reflembie à un cuir dur (Se noir. Aufîi Linné a-t-il appelle la tortue Luth , la tortue couverte de cuir; 6l a-t-elle plus de rapport que les autres tortues marines, avec les lamantins & les phoques dont les pieds font recouverts d'une peau noirâtre (Se dure ; le deflbus du corps eu aplati ; les pattes , ou plutôt les nageoires , de la tortue Luth , font dépourvues d^ongles, fuivant la plupart des Naturaliltes- mais j'ai remarqué une membrane en forme d'ongle aux pattes de der- rière de celle que l'on conferve dans le Cabinet du Roij la partie fupérieure du mufeau eft fendue de manière à recevoir la partie inférieure qui eft re- courbée en haut. Rondelet dit avoir vu une tortue de cette efpèce prife à Frontignan , fur les côtes du Lan- guedoc , longue de cinq coudées ^ large de deux , page îjo. Teftudo lutaria, 9. Schmidsn /. /"/. n:^y,u/.ii8. ^-^ J> O l K 131', us F, ,(^i;uuùu/ (/e Iroif ^?pafés , £ltU. ^J^- - . —» » « ■ A» ■ ■ '■— , T \ii ' ' " •>y^ ^rjl ^4r^r^ " -i ** « ' ■ ' .> -_:^j-!i. ^^ LA RONDE (^). C^*EST dans l'Europe méridionale, fuivant M. Linné, que l'on trouve cette tortue: fa carapace eft prefque entièrement ronde , 6c c'eft ce qui lui a fait donner le nom à!orbiculaire. Les bords de cette carapace font re- couverts de vingt - trois lames , dans deux individus confervés au Cabinet du: Roi, & le difque l'eft de treize. Ces lames font très-unies , & leur couleur , aflez claire , eft femée de très-petites taches rouffes, plus ou moins foncées. Le plaftron eft échancré parderrière, & recou- vert de douze lames. Le mufeau fe termine par une pointe forte & aiguë, en forme de très-petite corne. La queue eft très-courte. Les pieds font ramafles, arrondis , 6c les doigts réunis par une membrane com- mune , ne font , en quelque forte , fenfibles que par des ongles aflez forts 6c aflez longs. Ces ongles font { ^ ) La Ronde. M. d'Aubenton , Encyclopédie méthodique, Teftudo orbicularis , 5. Linn. amphib. repu Tefludo europxa, 5. Schneider. 1i>m.J. P/ - / " /^^7*/ ■ i'zb eStvt cjtl veu,oe Tsrduu Uc LA RONDE. (/ra/i(/e/t/- i/r //,/////^\ DBS Q^UADRUPkDES OVI PA RE S, l2J au nombre de cinq dans les pieds de devant, cSc de quatre dans les pieds de derrière. La tortue Ronde habite de préférence au milieu des rivières <5c des marais , ,i./. i?j5. >c ifeve M ■ JCui.- ,*'/i<\^f/i tC- LA tTAUNE , ^/7z/z<2^<'//- 5--2i!!Ai LA JAUNE. JNI ous Avons vu vivans plufîeurs individus de cette efpèce de tortue d'eau douce, qui n'a encore été décrite par aucun des Naturaliftes dont les ouvrages font le plus répandus. Onlesavoitfait venir d'Amérique dans des baquets remplis d'eau , pour les employer dans divers remèdes. Cette jolie tortue parvient ordinairement à une grandeur double de celle des tortues Bourbeufes, Une carapace qui avoit appartenu à un individu de cette efpèce, (Se qui fait partie de la colieélion du Roi, a fept pouces neuf lignes de longueur. La tortue jaune eft agréablement peinte d'un vert d'herbe un peu foncé, 6l d'un jaune qui imite la couleur de l'or. Ces couleurs régnent non -feulement fur fa carapace, mais encore fur fa tête , fes pattes , fa queue & tout fon corps. Le fond de la couleur eft vert, & c'eft fur ce fond agréable que font diftribuéesun très-grand nombre de très-petites taches d'un beau jaune , placées fort près les unes des autres, fe touchant en quelques endroits, imitant ailleurs des rayons par leur difjDofition , &l formant par -tout un mélange très-doux à la vue ; le difque eft ordinaire- ment recouvert de treize lames , & les bords de la 1^6 Histoire Nat va/. Si, Ovipares , 2 orne I. S 138 Hj STOI RE N^ TU RE L LE Une de celies que M. Garden avoit chez lui, pefoit de vingt-cinq à trente livres: ce Naturalise la ga.rda près de trois mois , pendant lefquels il ne s'apperçut pas qu'elle eut rien mangé d'un grand nombre de choies qu'on lui avoit prefentées. La carapace de cet individu avoit vingt pouces de long , & quatorze de large ; la couleur générale en cîoit d'un brun foncé, avec une teinte verdàtre; le milieu de cette couverture fupérieure , étoit dur, fort & olîeux; mais les bords, & particulièrement la partie pollérieure étoient cartilagineux, moux, plians, reffem- blant à un cuir tané , cédant aux impreffions dans tous les fens, mais cependant afiez épais & afîez forts , pour défendre & garantir l'animal. Cette carapace étoit cou^ verte vers la queue de petites élévations unies & ob- îongues , & vers la tête , d'élévations un peu plus grandes. Le plailron étoit d'une belle couleur blanchâtre; il étoit plui.avancé de deux à trois pouces que la carapace , de telle forte que, lorfque l'animal retiroit fa tète, il pouvoit la repofer fur la partie antérieure, qui étoit pliante oc cartilagineufe. La partie pollérieure du plaf- tron étoit dure , offeufe, relevée & conformée de manière à repréfenter , félon M. Garden , une /elle de cheval. La tête étoit un peu triangulaire &l petite, relati- vement à la grandeur de l'animal; elle s'élargiflbit du côté du cou , qui étoit épais , long de treize pouces & DES (Quadrupèdes ovipares, 13c) demi, & que la tortue pouvoit retirer facilement fous la carapace. Les yeux étoient placés dans la partie antérieure si7a.. 'En Langue do c ^ tourtuga de Garriga. En Japonais j îficame ou San'd. La Grecque. M. d'Aubenton , Encyclopédie méthodique. Ray, Synopjîs animaliuni , page 2.55^ Londres ^ i6g^. Tefaido terreftris viilgaris. Linn. Jyjlenia natures, /dit. XIII, page q^z. Tefludo gnrca pedibus fubdîgitatis, tefta poftice gibba , nnargine kterali obtuiîlîîrno fcutellis planiulciilis. Tcftudo grarca , 16. Schneider, om. /■ /y. /'/yTT/y,/ V- LA GRKCC^UH, , i/rim^/c/zf t/'u/i .jit.rrf^ ,/f //uAirt DES Q^UA D RV pi: D E S OVIPARES. 143 mens , îe pocle dans ïes images, le peuple dans ïes pro- verbes. La toitue grecque peut, en efi'et, paffer pour un des plus lents des Quadrupèdes ovipares. Elle emploie beau- coup dctems pour parcourir le plus petit efnace: mais il eViQ ne s'avance ciue lentement , les mouvemens des diverfes parties de fon corps font quelquefois allez agiles : nous lui avons vu remuer la tête , les pattes &: la queue , avec un peu de vivacité. Et même ne pourroit-on pas dire que la pefanteur de fon bouclier, îa lourdeur du poids dont elle eft chargée , ck la pc- fition de fes pattes placées trop à côté du corps , 6c trop écartées les unes des autres , produifent prefque feules la lenteur de fa ma.rche ? Elle- a en efiêt le fang aufTi chaud que plufieurs Quadrupèdes ovipares qui s'élancent avec promptitude jufques au fommet des arbres les plus éleyés \ & quoique fes doigts ne foient pas féparés , comme ceux des lézards qui courent avec vitelîe , ils ne font cependant pas conformés de manière à lui interdire une marche facile (Se prom.pte. Les tortues Grecques reffemblent, à beaucoup d'é- gards, aux tortues d'eau douce; leur taille varie beau- coup , fuivant leur âge ES Q^VADRV FEDES OV I PARES» I45 Les ongles des tortues Grecques font communément plus émoulles que ceux des tortues d'eau douce , parce que la Grecque les ufe par un frottement plus con- tinuel , 6c par ime prefTion plus forte. Lorfqu'elle marche , elle frotte les ongles des pieds de devant féparément p^ge 8, Ovipares, Tome I. T 14<î Histoire Natu rjb lle mtnl aux autres, elles font paroître dentelée la cir- conférence de la couverture fupérieure. Le plafcron jeH ordinairement revêtu de douze ou treize lames, il y en avoit treize dans celle que nous avons décrite. sLes lames, qui recouvrent la carapace , font marbrées de deux couleurs, Tune plus ou moins foncée, & l'autre blanchâtre. La couverture fupérieure de la Grecque elt très- 'bombée ; l'individu que nous avons décrit avoit quatre îpouces trois lignes d'épaiiîeur ; &: c'elt ce qui fait que iorfqu'elle eft renverfée fur le dos , elle peut reprendre fa première fituation , &. ne pas refter en proie à fcs ennemis , comme les tortues franches. Ce n'eil pas feulement à l'aide de ^es pattes qu'elle s'efforce de fe retourner; elle ne peut pas afîez les écarter pour atteindre jufqu'à terre : elle fe fert uniquement de fa tête & de fon cou , avec lefquels elle s'appuie forte- ment contre le terrain , cherchant , pour ainfi dire , à ie foulever, & f e balançant à droite 6l à gauche •jufqu'à ce qu'elle ait trouvé le côté du terrain qui eft le plus incliné, (Se qui lui oppofe le moins de ré-. Mance. Alors , au lieu de faire des efforts dans les deux fens , elle ne cherche plus qu'à fe renverfer du côté favorable , & à f e retourner afîez pour rencontrer la terre avec fes pattes, (Se fe remettre entièrement fur ÏQh pieds. Il parort qu'on peut diflinguer les mâles DES (Quadrupèdes ovipares, i^j d'avec les femelles , en ce que celles-ci ont leur plaltron prefque plat , au lieu que les mâles l'ont plus ou moins concave (c). L'élément dans lequel vivent les tortues de mer éc les tortues d'eau douce , rend leur cliarge plus lé- gère , car tout le monde fait qu'un corps plongé dans l'eau perd toujours de fon poids ; mais celle des tor- tues de terre n'eft pas ainfi diminuée. Le fardeau que la Grecque fupporte eft donc une preuve de la force dont elle jouit : cette force ell d'ailleurs confirmée par la grande facilité avec laquelle elle brife dans fa gueule des corps très- durs; fes mâchoires font mues par des mufcles 11 vivaces , que l'on a remarqué dans une petite tortue, dont la tète avoit été coupée une demi - heure auparavant , qu'elles claquoient encore avec un bruit affez fenfible; 6c, dès le tems a Ariilote, on regardoit la tortue comme l'animal qui avoit en proportion le plus de force dans les mâchoires. Mais ce fait n'eft pas le feul phénomène remarquable que les tortues Grecques préf entent relativement à la difficulté que l'on éprouve lorfqu'on veut ôter la vie aux Quadrupèdes ovipares. François Redi a fait à ce fujet, eu Tofcane, des expériences dont nous allons ra|> -^ ( c) HiJIoire naturelle des AmphiUes & des Poijfons de la Sardaign^, par M,. François Cette , page i o. T ï] 148 H J STOI RE Na TV RE LLS porter les principaux réfultats (d). Il prit une tortue Grecque au commencement du mois de Novembre ; il ïil une large ouverture dans le crâne , & en enleva la cervelle , îans en laiffer aucune portion dans la cavité qui la contenoit , &l qu'il nettoya , pour ainfi dire , avec foin. Dès le moment que la cervelle fut enlevée, les yeux de la tortue fe fermèrent pour ne plus fe rouvrir: mais l'animal ayant été mis en liberté , continua de fe mouvoir , & de marcher comme s'il n'a voit regu aucun mal. A la vérité il ne s'avan<^oit , en quelque forte, qu'en tâtonnant , parce qu'il ne voyoit plus. Après trois jours , une nouvelle peau couvrit l'ouverture du crâne , 6c la tortue vécut ainfi , en exécutant tous fes mouvemens ordinaires jufqu'au milieu du mois de Mai, c'eft-à-dire , à-peu-pres pendant fix miois. Lorfqu'elie fut morte, Redi examina la cavité du crâne d'où il avoit ôté la cervelle, & il n'y trouva qu'un petit grumeau de fang fec & noir ; il répéta cette expérience fur plulieurs tortues, tant terreftres que d'eau douce, & même de mer ; ^ote communiquée par M. Bruyère , de la Société royak de MonîveUier. DES Q^Jyî D RU PÎ: 3 E S 0VIF^4'RES. l XC) par îe nombre cSc ia difpoiition des rayons jaunes que préfentent les écailles, par l'élévation de ces mêmes pièces, par une couleur jaunâtre, plus ou moins uni- forme lur le piallron, 6l par le peu de faillie des lames qui garniîient cette couverture inférieure. Nous igno- rons fi ces variétés font confiantes ; û elles dépendent du fexe ou du Ciimat, 6cc. Quoi qu'il en foit, nous croyons devoir rapportera quelqu'une de ces variétés, jufqu'à ce eue de nouvelles obferva:tions fixent les idées à ce fujet, la tortue terreiire appellée hêcatc par Erovrn (cj. Cette dernière efc , fuivant ce Voyageur , naturelle au continent de f Amérique , mais cependant très - com- mune à la Jama.ïque où on en porte fréquemmient. Sa carapace eft épaiPfe & a fouvent un pied ^ demi de long : la furface de cette couverture eil divifée en hexauones oLIonp;s : des liones déliées partent de leurs circonférences 6c s'étendent jufqu'à leurs centres qui font jaunes. Nous penfons auffi que cette îiécate de Brown , ainfi que ia Géométrique font peut-être la même efpèce que la Terrapène de Dampier. Les Terrapènes de ce Navi- gateur font beaucoup moins '^roffes que les tortues qu'il nomm.e hécates , (Se qui font les Terrapènes de Brown, ainii que nous l'avons dit. Elles ont le dos plus (<:)Brov;n, H/jIoire tirdareUe dd la Jamaïque , page ^GG. I 6o Hl STO I R E Na TURE ZLE rond, quoique d'ailleurs elles leur refiembient beau- coup. Leur carapace eil comme naturellement taillée , dit ce Vovaseur: elles aiment les lieux humides 6c marécageux. On eftime leur chair ; il s'en trouve beau- coup fur les côtes de Tille des Pins, qui ell entre le continent de l'Amérique 6l celle de Cuba : elles pénè- trent dans les forets, où les cliaffeurs ont peu de peine à les prendre. Ils les portent à leurs cabanes ; cSc , après leur avoir fait une marque fur Ja carapace , ils les laiflènt aller dans les bois , bien allures de les retrou- ver à 11 peu de diftance , qu'après un mois de chaffe , chacun reconnoit les fiennes, & les emporte à Cuba (dj. Au reile , nous ne celîerons de le répéter , l'hiftoire des tortues demande encore un grand nombre d'obfer- vations pour être entièrement éclaircie j nous ne pou- vons qu'indiquer les places vides , montrer la manière de les remplir , & fixer les points principaux autour defquels il fera aifé d'arranger ce qui reile à découvrir. ( d ) Defcription de la nouvelle Efpagne. Hifoire générale des Voya- ges , troifième Partie j livre V, LA RABOTEUSE. Th/n ■ y IV. .r. />//./. ^àl LA IIABOTF.USE ETTE TORTUE n'eil coniîue que parce qu'en a rap- porté M. Linné; fes doigts, au nombre de cinq dans les pieds de devant, 6l de quatre dans ceux de derrière , ne font pas féparés les uns des autres ; ils fe réunifient de manière à former une patte ramafTée (Se arrondie, comme celles de beaucoup de tortues terreftres. La couverture fupérieure a un peu la forme d'un cœur; fon diamètre eft ordinairement d'un ou deux pouces ; les bords en font dentelés, f ^}>{'C ,■ %j'cil<'/t/ut^>' J\u/f}- X>£S Q^VADRU Pk D ES OriPA R£S. Î7I LA CHAGRINÉE. jNous donnons ce nom à une nouvelle efpèce de tortue apportée des grandes Indes au Cabinet du Roi, par M. Sonnerat. Elle ell très-remarquable par la con- formation de fa carapace qui ne refîemble à celle d'aucune tortue connue. Cette couverture fupérieure a trois pouces neuf lignes de longueur , fur trois pouces fix lignes de largeur j elle paroît compofée , pour ainfi dire, de deux carapaces placées l'une fur l'autre, 6c dont celle de deiTus feroit plus étroite 6c plus courte. Cette efpèce de féconde carapace , qui repréfente le- difque , ell longue de deux pouces huit lignes , large de deux pouces , un peu faillante , olTeufe , parfemée d'une grande quantité de petits points qui la font pa- roître Chagrinée ; 6c c'eft de-ià que nous avons tiré le. nom de l'animal. Ce difque eft compofé de vingt-trois pièces , qui ne font recouvertes d'aucune écaille. Seize de ces pièces, plus larges que les autres, font placées fur deux rangs féparés vers la tête par une troifième rangée de lix pièces plus petites ; 6c ces trois rangs fe réunirent à une dernière pièce , qui forme la partie Y ij Ijz Histoire NArvitEizE antérieure du difque. Les bords de la carapace font cartilagineux & à demi-tranfparens ; ils laiflent apper- cevoir les côtes de l'animal, le long defquelles cette partie cartilagineufe efl un peu relevée, (Se qui font au nombre de huit de chaque côté; ces bords font par- derrière prefque auffi larges que le difque. Le plallron eft plus avancé pardevant & parderrière que la couverture fupérieure ; il eft un peu échancré pardevant , cartilagineux , tranfparent &: garni de fept plaques ofîeufes , chagrinées , femblablcs aux pièces du difque, différentes entr'elles par leur grandeur font diftinguées des autres, en ce quelles ont trois ou quatre doigts aux pieds de devant , &. quatre ou cinq aux pieds de derrière. Nous iailîbns exclufivement à ces animaux , le nom de Salamandre^ qui a été fouvent attribué à plufienrs lézards, très =- difi ère ns des vraies Salamandres, & même très-différens les uns des autres; ils ont beaucoup de rapports avec les grenouilles (Se les autres Quadrupèdes ovipares qui n'ont pas de queue ; ils leur refiemblent non-feulement par leur peau dé- nuée d'écaillés apparentes, mais encore par leurs habi- tudes , par les efpèces de métamorphofes qu'ils fubif- fent avant de devenir adultes, ) ^ ÔL auxquels les Efpagnols ont donné également le nom de cayman. Mais il nous paroît que les Quadru- pèdes ovipares , défignés par Dampier fous les noms de crocodile & de cayman , font de l'efpèce des grands lézards que l'on a nommés Fouette-queue. Ils préfentent en efi'et le caraélère diilindlif de ces derniers ; lorf- qu'ils courent , ils portent, fuivant Dampier lui-même, leur queue retroufîee & repliée par le bout en forme d'arc , tandis que les vrais crocodiles ont toujours la queue prefque traînante. D'ailleurs les vrais crocodiles ont , dans tous les pa3/s 5 quatre glandes qui répandent une odeur de mufc bien feniible. Les grands lézards que Dampier a voulu comprendre parmi ces animaux, n'en ont point, fuivant lui ; nous avons donc une nouvelle preuve que ces lézards de Dampier ne forment pas une quatrième efpèce de crocodiles. Nous allons examiner de près les trois efpèces que {h) Dampier j Tome s ^ pages nSy & fuivantes. DES Ç^vaHrupedes ovipares, 187 nous croyons devoir compter parmi ces lézards géans, en commençant par celle qui habite les bords du Nil , ÔL qui elt la plus anciennement connue, Aa ij i88 TîisToinr J^Iatv'rszz'B LE CROCODILE^ ou LE CPvOCODILE PROPREMENT DIT {a). JLa Nature, en accordant à l'aigle les hautes- régions de ratmofphère , en donnant au lion , pour fon domaine , les valtes déferts des contrées ardentes, a abandonné au crocodile les rivages des mers (Se des grands fleuves des zones torrides. Cet animal énorme, {a) Kçoy.cjii^Q- & N£A5xpoxof:/A©-, en grec, Crocodilus , en latin. Alligator , /iir les côtes d'Afrique, Diafik , par les Nègres du Sénégal. Cayman , en Amérique. Takaie , par les Siamois. Lagartor , dans l'Inde , par les Portugais. Jacare , au Bréfil. Kimbuta , dans Fljîe de Ceylan , félon Ray. Leviathan de l'écriture, fuivant Scheuchzeï , phyfque de Joh» Champfan , en Egypte. Kimfak, en certaines provinces de la Turquie. Le crocodile. M. d'Aubenton , Encyclopédie méthodique, Laccrta crocodilus. i. Linn. amphib. reptil. 7o>n . /. yy.îZ/./'.A/. /,< y?.- j>z'.' ^'/. /l/u/ie cl /^<.v//i de LAi CKOL oJ)n.j:. DES Ô.VADRVPkDES OVÎPARlSS, 1 89 vivant fur les confins de la terre î dos. Le cœur étoit petit 3 le péricarde renfermoit une grande quan- »3tité d'eau. Le diaphragme paroilToit membraneux, ou plutôt tendi- ïjneux & nervii'ux. Le foie étoit long & triangulaire : il y avoit une » grande véficule du fiel, pleine d'une bile jaune & claire. Je n'obfervai »î point de rate (c'eft toujours Sloane qui parle) : les reins placés auprès ude l'anus, étoient larges 8c attachés à l'épine Ce crocodile n avoit i: point de langue ( ceci ne doit s'entendre que d'une langue libre & DES (Quadrupèdes ovipares. 203 La taille des crocodiles varie fuivant la tempéra- ture des diverfes contrées dans lefcruclles on les trouve, La longueur des plus grands ne palTe guère vingt-cinq ou vingt-fix pieds dans les climats qui leur convien- nent le mieux ; il paroît même que , dans certaines contrées qui leur font moins favorables, comme les côtes de la Guiane , leur longueur ordinaire ne s'étend pas au-delà de treize ou quatorze pieds (u). Un indi-: dégagée de toute membrane): l'eflomac, qui ctoit fort large & garni ^ Partis, ^l6 Hl STOI RE Na tu RE lie ■ que fi les Efpagnols qui l'accompagnoient ne lui eufTent crié de quitter le chemin battu, (Se de marcher en tournoyant, il auroit été la proie de ce terrible animal. Dans l'Amérique méridionale, fuivant M. de la Borde, les grands crocodiles fortent des fleuves plus rarement que les petits , Teau des lacs qu'ils fréquentent venant quelquefois à s'évaporer, ils demeurent fouvent pendant quelques mois à fec , fans pouvoir regagner aucune rivière, vivant de gibier, ou fe pafFant de nourriture, 5 fe bornent point à faire la guerre aux poifTons , s'affemblent quelque- ?jfois en troupes, & fe tiennent cachés au fond de l'eau, pour attendre sjle pafîâge des petits bâîimens. Us les arrêtent, & fe fervant de leur >7 queue comme d'un croc , ils les renverfent & fe jettent fur les hom- mes & les animaux, qu'ils entraînent dans leurs retraites.» Vejcription de tljïç Célehes ^ ou Macaffar. Bifl. générale des Voyages , tome ^9 1 tâtimens, DES Q_UAD RU PE DE S OVIPARES, 217 bâtîmens. Au relie, en comparant les relations des Voyageurs, il parok que la voracité & la hardiefle des crocodiles augmentent, diminuent, & même paiïent entièrement, fuivant le climat, la taille, lage, l'état de ces animaux , la nature , & fur-tout l'abondance de leurs alimens. La faim peut quelquefois les forcer à fe nourrir d'animaux de leur efpèce, ainfi que nous ' lavons dit; & lorfqi/un extrême befoin les domine, le plus foibie devient la vidime du plus fort; mais, d'après tout ce que nous avons expofe , l'on ne doit point penfer, avec quelques Naturalises, que la fe- jnelle du crocodile conduit à l'eau fes petits lorf-- qu'ils font éclos , & que le mâle & la femelle dévorent ceux qui ne peuvent pas fe traîner. Nous avons vu que la chaleur du foleil ou de l'atmofphère faifoit eclore leurs œufs ; que les petits alloient d'eux-mêmes a la mer; & les crocodiles n'étant jamais cruels que pour aiibuvir une faim plus cruelle , ne doivent point être accufés de l'efpèce de choix barbare qu'on leur a imputé. Malgré la diverfité des alimens que rerrherche le crocodile , la facilité que la lenteur de fa marche donne à plufieurs animaux pour l'éviter , le contraiiit quelquefois à demeurer beaucoup de tems & même pjufieurs mois fans manger ( o ) : il avale alors de ~ ■ ' ' ' (o) Brown dit que Ton a obfervé plufieurs fois des crocodiles qui Ovipares , Tome I, JE Ç 2i8 Histoire Nature ize petites pierres & de petits morceaux de bois capables d'empêcher fes inteflins de fe refTerrer (pj. îl paroît , par les récits des Voyageurs , que les croco- diles, qui vivent près de l'équateur, ne s'engourdiffent dans aucun tems de Tannée j mais ceux qui habitent vers les tropiques ou à des latitudes plus élevées, fe retirent 5 lorfque le froid arrive, dans des antres pro- fonds auprès des rivages , & y font pendant l'hiver dans un état de torpeur. Pline a écrit que les Crocodiles padbient quatre mois de l'hiver dans des cavernes , & fans nourriture , ce qui fuppofe que les crocodiles du nil qui étoient les mieux connus des anciens , s'en- gourdifîbient pendant la faifon du froid (q). En Amé- rique à une latitude auffi élevée que celle de TEgypte, 6c par conféquent fous une température moins chaude , le nouveau continent étant plus froid que l'ancien , les crocodiles font engourdis pendant Thiver. Ils fortent ont vécu plufieurs mois fans prendre de nourriture , & qu'on s'en eft afTuié, en leur liant le mufeau avec un fil de métal, & en les laiflant ainfi liés dans des étangs , oii ils venoient de tems en tems à la furface de l'eau pour refpirer. HiJIoire naturelle de la Jamaïque, page 461. (p) Brown, HiJIoire naturelle de la Jamaïgue j page ^€z. (q) Pline j Liv. VIII , Chap. xxxyiii. L'engourdifTement des crocodiles paroît encore indiqué par ce que dit Pline , Livre XI , Chapitre lci. J>SS QuADRUf)^: DES OF I PARES. 2 î 9 dans la Caroline de cet état de fommeil profond en faifant entendre , dit Catellay , des mugiffemens horri- bles qui retentiiTent au loin (r). Les rivages habités par ces animaux , peuvent être entourés d'échos qui rétléchiiTent les fons fourds formés par ces grands Qua- drupèdes ovipares & eii augmentent la force de ma- nière à juftiiier , jufqu à un certain point , le récit de Catefby. D'ailleurs M. de la Coudrenière dit que, dans la Louifiane , le cri de ces animaux n'efl jamais répété plufieurs fois de fuite , mais que leur voix ell aufTi forte que celle d'un taureau (s). Le Capitaine Jobfon affure aufîi que les crocodiles , qui font en grand nombre dans la rivière de Gambie en Afrique , même de plus grands. Il en avoit déjà vu un grand nombre, de ?3 douze , quinze pieds & plus , fur la rivière de Guyaquil. Comme ceux 55 de l'Amazone font moins chkiîés & moins pourfuivis, ils craignent jjpeu les hommes. Dans le teias des inondations, ils entrent quelque- pfois dans les cabanes des Indiens, jj HiJIoire générale des Voyages j tome ^^ i page /^^c) j édition in- zz. {b) On a découvert dans h province de Nortingam , le /quelette entier d'un crocodile. Bihliothèq^ue anglo'Jè j tome G , page ^oG. dant DES Quadrup£:des oyi pares, 225 dant quil eft endormi, ES ^VÀBRVPEDES OVIPARES, 2^0 fafTent lorfqu'il feroit tombé dans Teau. Il fat obligé d'attendre près de deux heures , après lefquelles les caymans s'éloignèrent , . 230 Histoire Naturelle elle ell imprégnée. M. Adanfon cependant dît qu^il goûta celle d'un jeune crocodile , tué fous fes yeux au Sénégal ;, & qu'il ne la trouva pas mauvaife. Aia refte , la faveur de cette chair doit varier beaucoup fuivant Tàge , la nourriture & l'état de l'animal. On trouve quelquefois des bézoards dans le corps des crocodiles, ainfi que dans celui de plulieurs autres lézards. Séba , avoit dans fa colleélion , plulieurs de ces bézoards qui lui avoient été envoyés d'Amboine & de Ceylan ; les plus grands étoient gros comme un œuf de canard , mais un peu plus longs , & leur furface préfentoit des éminences de la grolîeur des plus petits grains de poivre. Ces concrétions étoient compofées comme tous les bézoards , de couches placées au-deffus les unes des autres ; leur couleur étoit marbrée & d*ua cendré obfcur plus ou moins mêlé de blanc (k). Les anciens Romains ont été long-tems fans con- îîoître les crocodiles par eux-mêmes : ce n'eft que cin* quante-huit ans avant l'Ere chrétienne , que l'Edile Scaurus en montra cinq au peuple (l). Augufte lui en fit voir un grand nombre vivans , contre lefquels {k) Siba^ vol Zj page z^^, ii) F Une s Livre VIII, Chap. xz. DES Qu^ jyRU PEDES OVTP ARES. 2.31 il fit combattre des hommes. Hëîiogabale en noiirrîïlbit. Les tyrans du monde faifoient venir à grands frais de l'Afrique , des crocodiles , des tigres , àes liens : ils ç'emprelToient de réunir autour d'eux ce que la terre paroit nourrir de plus féroce. Les crocodiles étoient donc , pour les Romains & d'autres anciens peuples, des animaux très-redoutables: ils venoient de loin : il n'efl pas furprenant qu'on leur ait attribué des vertus extraordinaires. Il n'y a prei^ qu'aucune partie dans les crocodiles , à laquelle on n'ait attaché la vertu de guérir quelque maladie. Leurs dents (m) , leurs écailles, leur chair, leurs inteiiins, tout en étoit merveilleux (n). On fit plus dans leur pays natal. Ils y infpiroient une grande terreur ; ils y répan- doient quelquefois le ravage ; la crainte dégrada la raifon , on en fit des Dieux ; on leur donna des Prêtres ; îa ville d'Arcinoë leur fut confacrée (o) ; on renfer- {m) Pline j Livre XXVII Ij Chap. xxviii. {n) Voyez, dans le voyage en Palefline d'HalTelquifl , page 347 5 quelles propriétés vraies ou faulîes, les Egyptiens & les Arabes attri- buent encore au fiel , à la graille , & aux yeux des crocodiles. (o) Encyclopédie méthodique. Dicltonnaire d'antiquités j par M. l'ahbé Mongei Vrdné , Garde du Cabinet d'Antiques & d'HiJloire naturelle de Sainte-Genevièye j de l'Académie des Injcriptions , ôcc. ^32 Histoire Naturelle moit religieufement leurs cadavres dans de hautes Pyra* mides , auprès des tombeaux des Rois; 6c maintenant dans ce même pays , où on les adoroit il y a deux mille ans , on a mis leur tête à prix 3 ôc telle eft la viciffitude des opinions humaiiies. LE CROCODILE vas QuAHRi/ PÈDES orip^Rss. 235 LE CROCODILE NOIR. SECONDE ESPÈCE. =»' C>ETTE SECONDE ESPÈCE diffère de la première j en ce que fa couleur eft prefque noire au lieu d'être verdâtre ou bronzée comme celle des crocodiles du Nil ; c'eft M. Adanfon qui a fait connoître ces croco- diles noirs, qu'il a vus fur la grande rivière du Sénégal (a). Leurs mâchoires font plus alongées que celles des alli- gators ou crocodiles proprement dits. Ils font d'ailleurs plus carnaciers que ces derniers, & pourroient par con- féquent en différer auffi par des caradères intérieurs , îa diverfité des mœurs étant très-fouvent fondée fur celle de l'organifation interne. L'on ne peut pas dire qu'ils font de la même efpèce que le crocodile du Nil , qui auroit fubi dans fa couleur , A\ JAI. d:ss Ç^v ^ dru p Ides ovipares, 233 LE GAVIAL^ ou LE CROCODILE A MACHOIRES ALONGÉES. TROISIÈME ESPÈCE, Cette troisième espèce de crocodile fe trouve dans les grandes Indes : elle y habite les bords du Gange , où on Ta nommée Gavial ; elle reiTemble aux crocodiles du Nil par la couleur , & par les carac-« tères généraux 6c diftindlifs des crocodiles. Le Gavial a , comme les alligators , cinq doigts aux pieds de devant, & quatre doigts aux pieds de derrière; il n'a d'ongle qu'aux trois doigts intérieurs de chaque pied ; mais il diffère des crocodiles d'Egypte , par des carac- tères particuliers & très-fenfibles. Ses mâchoires font plus alongées (Se beaucoup plus étroites , au point de paroître comme une forte de long bec qui contrafte avec la grofTeur de la tête ; les dents ne font pas iné- gales en grolTeur. & en longueur comme celles des cro-» codiles proprement dits ; elles font plus nombreufes , & l'on conferve, au Cabinet du Roi, un individu de cette efpèce , qui a environ douze pieds de long , & qui a cinquante-huit dents à la mâchoire fupérieurCj & cinquante à la mâchoire inférieure. Le nombre des bandes tranfverfales au lieu d'avoir les pieds palmés, {es doigts, au nombre (a) La. Dragonne. M. d'Aubenton , Encyclopidtc méthodique. BIJ!, naturelle des Quadrupèdes ovipares. Lacerta Dracœna 3. Linnœus. Eay j Synopjîs Qiiadrupedum j page zyo. Laccrtus indiens. Seha, locupletiffimi rerum naturalium Thefauri accurata defcripdo l tome i y planche loi 3 fig. i. Lacerta raaxima caudi-verbera,cordylus. Mufœam JVormianum, Chap. xxii , page ^zj. -Lacertus indicus. (b) Note communiqua par M. le Chevalier de Widerjpach, Hlî 2 44 Histoire Natuhs lïe de cinq à chaque pied , font très-féparés les uns des autres, comme ceux de prefque tous les lézards. îîs font d'ailleurs tous garnis d'ongles aigus & crochus 3 la tête , aplatie pardeiïïis , ce comprimée par les côtés , a un peu la forme d'une pyramide à quatre faces, dont le mufeau feroit le fommet; elle reffemble par-là à celle de plufieurs ferpens, ainli que la langue, qui efî: fourchue , L à regard des dents molaires , il pourroit fe faire que fon erreur efl: venue de la méprife de ceux qui lui ont fourni des obfervations. Il fe peut en effet que la Dra- gonne habite dans les contrées orientales que les anciens connoiffoient ; que fes grofles dents aient été regardées comme des dents molaires , & que l'animal lui-même ait été pris pour un vrai crocodile. C'eit ainii que, dans des tems très-récens , la confufion que plufieurs voya- geurs ont faite des efpèces de grands lézards , voifmes de celles du crocodile , a produit plus d'une erreur , relativement à la forme ES (Quadrupèdes ovj p^ res, 255 qui en avoient mangé tant en Amérique qu'en Afrique , m'ont dit l'avoir trouvée délicate. Cet animal produit des bézoards , ainfi que le croco- dile 6c d'autres lézards , ces concrétions refîemblent aux bézoards des crocodiles, quant à leur forme extérieure; elles font de la grofléur d'un œuf de pigeon & d'une couleur cendrée claire tachetée de noir. On leur a attribué les mêmes vertus chimériques qu'aux autres Bézoards , & particulièrement à ceux du crocodile éc de l'iguane ( f)- La difette que le Tupinambis éprouve fréquemment ^ a dû altérer fes goûts , tant la faim 6c la mifère déna- turent les habitudes. Il fe nourrit fouvent de corps in- feéls 6c de fubilanccs à demi-pounâes ; 6c , lorfque cet aliment abject lui manque , il le remplace par desj mouches (Se par des fourmis. Il va chaffer ces infeéies au milieu des bois qu'il fréquente ainli que les bords des eaux : la conformation de fes pieds dont les doigts font très-féparés les uns des autres , lui donne une grande facilité de grimper fur les arbres où il cherche des œufs dans les nids , mais où il ne peut fouvent que vivre miférablement en pourfuivant avec fatigue des animaux bien plus agiles que lui. Le feul Quadrupède ovipare qu'on a cru devoir appeller Sauve-garde ^{ouÛYe if) Séba i vol Hjp^ge î^o. 2^5 H/ STO IRE Na tu RE lie donc une faim cruelle , ne peut fe procurer qu^avec peine 6c inquiétude la nourriture dégoûtante à laquelle il eft fréquemment réduit , (Se finit prefque toujours par être la viélime du plus fort. Le Tupinambis eft le même animal que le lézard du Brélil , appelle Téjuguacu 6l Temapara Tupinambis , LE B I M A C U L E. pfous DEVONS la coDnoîiïance de cette nou- velle efpèce de lézard à M. Sparrman , favant Aca- démicien de Stockôlm , qui en a décrit plufieurs individus envoyés de TAmérique feptentrionale , par M. le Doc- teur Acrélius , à M. le Baron de Géer (a) ; quelques- uns de ces individus avoient le defllis du corps femé de taches noires ; tous avoient deux grandes taches de la même couleur fur les épaules; & c'elt ce qui leur a fait donner, par M. Sparrman, le nom de Bimacuiis, La tête de ces lézards elt aplatie par les côtés ; la queue elt comprimée & deux fois plus longue que le corps. Tous les doigts des pieds de devant <5c de ceux de derrière , excepté les doigts extérieurs , font garnis de lobes ou de membranes qui en élargirent la fur- face , ôc qui donnent au Eimaculé un nouveau rapport avec le large-doigt. Suivant M. le Docleur Acrélius , le Eimaculé n'efl {a) Mémoires de l'Académie des Sciences de Stockôlm ^ année zjS^. J'roifième TrimeJIrej page zG^. point I>ES Ç^UADRUPknES OVIPARES, 2,6^ point méchant , il fe tient fouvent dans les bois , où il fait entendre un fifflement plus ou moins fréquent. On le prend facilement dans un piège fait avec de la paille, qu'on approche de lui en fifflant, (Se dans lequel il faute 6c s'engage de lui-même. La femelle dépofe fes œufs dans la terre. On le trouve à Saint-Euflache & dans la Penfilvanie. Le fond de fa couleur varie: il eft quelquefois d'un bleu noirâtre. Ovipares , lomo. 1, Ll 2,6() Histoire Naturelle L E S I L L N É (^)/ On trouve, dans les Indes, un aflez petit lézard gris dont nous plaçons ici la notice , parce qu'il a des écailles convexes en forme de tubercules fur les flancs, 6c parce que fa queue eft aplatie par les côtés comme celle du crocodile &l des autres lézards dont nous venons de donner l'hifloire. Son corps n'efi: point garni d'aiguillons 5 il n'a point de crête au - deflous du cou ; mais on voit fur fon dos deux llries très-fenfibles. Il a les deux côtés du corps comme plifles , & relevés en arête ; fon ventre préfente vingt-quatre rangées tranf- verfales d'écaillés ; chaque rangée eft compofée de fix pièces ; la queue , à peine plus longue que la moitié du corps , eft ftriée pardeftbus , lifîe par les côtés , & relevée en deflus par une double faillie» (a) Le Silloné. M. (T Aubenton , Encyclopédie méthodique, Lacerta bicarinata, 8. Lin. amphibia reptilia. \^ /Lf/Tt . /. 7Y. XFm. pa^ . 26j. sggggggSgg^TffggsMgJS^ A .i;wf i^'llV //////.'• ti'./l/^> DES Q^UAHRV P koBS OVIPARES. z6j SECONDE DIVISION. LÉZARDS Qui ont la queue ronde y cinq doigts à chaque pied^ & des écailles élevées fur le dos en forme de crête. L' I G U A N E ('^). Dans ces contrées de l'Amérique méridionale, où la Nature plus adlive fait defcendre à grands flots, du fommet des hautes cordilières, des fleuves immenfes , dont les eaux s'étendant en liberté , inon- dent au loin des campagnes nouvelles, &. où la maiu (a) Leguana. En anglais j the Guana. Senembi. Tamacolin , en Amérique , fiùvant Séha, L'Iguane. M. d'AubentoUj Encyclopédie m/thodique. L^c. Iguana , zS. Lin. amphib. rcptilia, Lï ij 2 68 Histoire 'Naturelle de l'homme n'a jamais oppofé aucun obftacîe à leur courfe ; fur les rives limonneufes de ces fleuves ra- pides , s'élèvent de vaftes 6l antiques forêts. L'hu- midité chaude & vivifiante qui les abreuve , de- "Ray ^ Synopjîs Quadrupedum , page zG^. Lacertus indiens Senembi & IgiL.na diélus. Iguana delicatiffima, 72. Iguana tuberculata , 72. Laurenti Jpecimen \medicum. Leguana. Dictionnaire d'Hifîoire naturelle , par M. Valmont ds Bomare. Seba , z. Table ^5 j figures i , %, table ^6 , figure 4 , table ^7 , figure jj table ^8 j figure z. The Giiana. Brown , Hifioire naturelle de la Jamaïque. Lacerta, I. Major fquamis dorli lanceolatis eredis è nucha ad extre- mitatem cauda: porreftis , Idem. Grand lézard ou Guanas. Catefi?y , Hifioire naturelle de la Caroline , volume 2. i page 6^f.. Grand lézard. Dutertre , page ^08. Gros lézard, nommé Iguane. Rockefortj page t^}^. Gros lézard. Labat , tome i ^ page ^z^, Guana. Sloane ^ vol. z. Iguana. Gronov mus. 2. ^ page 8z , N.'^ Sa. Marcgr. braf. %^6 y fîg. z^6. Senembi feu Iguana, Jonfi. Quadrup. 3 tab. jj j fig. 5. Olear. mas., tab. 6 jfig. i. Yvana. Bont. jay. ^6 , tab. ^6. Lacerta Leguan, Nieremberg nat. 272, tab» 272. IVorm. mujœum, 579. Clufi. exot. iî6, Yvana, DES Q^UA D RUPE D E S OVIPARES, 269 vient la fource intariflable d'une verdure toujours nouvelle pour ces bois touffus , images fans ceffe re-" naiilantes d'une fécondité fans bornes, (c) Principales dimendons d'un Iguane, confervc au Cabinet du Roi. Longueur totale Circonférence dans l'endroit le plus gros du corps Circonférence à l'origine de la queue. Contour de la mâchoire fupéricure. . Longueur de la plus grande éc.ille des côtés de la tête Longueur de la poche qui eft au-defîbus du cou Largeur de la poche Longueur des plus grandes écailles de la crête Longu ur de la queut* Longueur des pattes de devant , jufqu'à TexTémité d-s doigts Lo'^gueur des pattes de derrière. . . Longueur du plus grand ongle. , . . pieds. pouces. lignes. 4 I 4 5 9 3 3 I 3 4 I lO I ro 2 7 4 7 I 9 9 8 272 HiSTO I RE NatU R E LLE yeux, 6c le tour des mâchoires font garnis de larges écailles très-colorées, très-unies & très-luifantes; trois écailles plus larges que les autres , font placées de chaque côté de la tête , au-defîous des oreilles ; la plus grande des trois ell ovale , ôc fon éclat , fem- blable à celui des métaux polis , relève la beauté des couleurs de l'Iguane ; les yeux font gros ; l'ou- verture des oreilles ell grande 5 des tubercules qui ont la forme de pointes de diamans, font placés au-de(îus des narines, fur le fommet de la tête, Es (Quadrupèdes ovipares, ^^3 Les doigts font féparés les uns des autres , au nombre de cinq à chaque pied , (Se garnis d'ongles forts & crochus ; dans les pieds de devant , le premier doigt ^ ou le doigt intérieur, n'a qu'une phaiange ; le fécond en a deux , le troifième trois , le quatrième quatre , i (/j Catefoy , Hifioire naturelle de la Caroline. Mm ij 276 Hl STOI RE Na tu RE LLE ovipares, dont les doigts font divifés , nagent avec peine, ainfi que nous l'a.vons dil, & combien, cette con- formation iniliie fur la nature de leurs habitudes ? Dans le prinîems , les Iguanes mangent beaucoup de fleurs & de feuilles des arbres auxquels on a donné le nom de mahot^ &l qui croifîent le long des rivières: ils fe nourriiTent auiîi à'ajiones , ainfi que de plufieurs autres végétaux (g) ; & Catelby a remarqué que leur graiffe prend la couleur des fruits qu'ils ont mangés les derniers j ce qui confirme ce que j'ai dit des diverfes couleurs que donne à la chair des tortues de mer l'aliment qu'elles préfèrent. Les Iguanes defcendent fouvent des arbres, pour aller chercher des vers de terre , des mouches 6c d'au- très infectes (hj. Quoique pourvus de fortes mâchoires, ils avalent ce qu'ils mangent prefque fans le m.âcher fij. Ils fe retirent dans des creux de rochers , ou dans des trous d'arbres ( k J, On les voit s'élancer avec une agilité furprenante jufqu'au plus haut des branches, autour defquels ils s'entortillent, de manière ( g) Catefby , à fendrait déjà cité. {h) Not; communiquée par M. de la Borde.. ( i ) Caîejhy ^ à l'endroit déjà cité. {k) Catejhy , BiJIoire nfiturelU de la Caroline^ DES Ç^UAD RU PE T> E S OVIPARES. 277 à cacher Leur tête au milieu des replis de leur corps (l). Lorfqu'iîs font repus , ils vont fe repofer fur les rameaux qui avancent au-deiTus de l'eau. Cefl ce moment que l'on clioifit au Bréfii pour leur donner la chaffe. Leur douceur naturelle , jointe peut-être à l'efpèce de torpeur à laquelle les lézards font fujets, ainfi que les ferpens , lorsqu'ils ont avalé une grande quantité de nourriture, leur donne cette forte d'apathie & de tranquillité remarquée par les Voya geurs, ES Ç^UAD RU PE DE S OVI PARE S. 279 trompée , & qu'il fe fent pris , il a recours à la force , dont il n'avoit pas voulu ufer. Il s'agite avec violence; il ouvre la gueule; il roule des yeux étincelans ; il gonfle fa gorge: mais fes eirorts font inutiles; le chaf- feur , en le tenant fous fes pieds , &l en l'accablant du poids de tout fon corps, parvient bientôt à lui attacher les pattes , & à lui lier la gueule , de ma- nière que ce malheureux animal ne puifle ni fe dé- fendre , ni s'enfuir (^p ). On peut le garder plulleurs jours en vie fans lui don- ner aucune nourriture (q) ; la contrainte femble d'a- bord le révolter ; il eft fier ; il paroit méchant ; m.ais bientôt il s'apprivoife ; il demeure dans les jardins ; il {p ) Catefi'j , Hijîoirc naturelle de la Caroline. (q) Brown dit avoir garde chez lui un Iguane adulte pendant pîus âc deux mois. Dans le commencement il étoit fier Se méchant -, m;,is , au bout de quelques jours, il devint plus doux: à la fin, il palloit la plus grande partie du jour fur un lit , mais il couroit toujours pendant k nuit. c« Je n'ai jamais obfervé , continue ce Voyageur , que cet Iguane ait mangé autre chofe que les particules imperceptibles qu'il « lapoit dans l'air, (ces particules étoient fûrement de très-petits inicâ:es).<:« Quand il fe promenoit , il dardoit fréquemment fa langue, comme le et caméléon. La chair de Tlguane efc recherchée par beaucoup de gens ,«6 & lorfqu'elle eO: fervie en fricaffée , elle eft préférée à celle de la meil- et leure volaille. L'Iguane peut être aiiement apprivcifé , quand il eil«« jeune ; il eft alors un animai auiïi innocent que beau, jj Hijloire natu-z rdk de la Jamaïque par Brown , Lonirss , 1756 jf^ g' 46k. 280 Histoire Natu re lie paiîe même la plus grande partie du jour dans les ap- partemens;il court pendant la nuit, parce que fes yeux, comme ceux des chats, peuvent fe dilater de manière que la plus foible lumière lui fufîile , & parce qu'il prend aifément alors les infeéles dont il fe nourrit. Quand il fe promène , il darde fou vent fa langue , il vit tranquille , il devient familier (r). On ne doit pas être furpris de l'acliarnement avec lequel on pourfuit cet animal doux &: pacifique qui ne recherche que quelques feuilles inutiles , ou quelques infedles malfaifans , qui n'a befoin pour fon habitation que de quelques trous de rocher , ou de quelques bran- ches prefque fèches , & que la nature a placé dans les grandes forêts pour en faire l'ornement. Sa chair eft excellente à manger , fur-tout celle des femelles qui eft plus tendre & plus grafle (s) ; les habitans de Ba- hama en faifoient mêmie une efpèce de commerce , ils le portoient en vie à la Caroline &. dans d'autres con- trées , ou ils le faifoient faler pour leur ufage (t)y dans certaines liles où ils font rares , on les réferve pour Tes meilleures tables (u) ; 6l l'homme ne s'eil (r) Note communiquée par M. de la Borde. {s) On dit que la chair de Tlguane eft nuifible à ceux dont le fang n'eft point pur, & M. de la Borde la croit difficile à digérer. {t) Catefhy , Hijîoire naturelle de la Caroline, {u) Note communiquée par M. de la Borde, jamais DES Q^UA D RU P h DES OVIPARES, 28 I jamais tant exercé à détruire les animaux nuifibles, qu'à faire fa proie de ceux qui peu^Tnt flatter fon appétit. D'ailleurs on trouve quelquefois dans le corps de l'Iguane, ainfi que dans les crocodiles & dans les tupinambis , des concrétions femblables aux bézoards des Quadrupèdes vivipares, & particulièrement à ceux que l'on a nommés bézoards occidentaux. M. Dombey a apporté de l'Amé- rique méridionale au Cabinet du Roi , un de ces bé- zoards d'Iguane. Cette concrétion repréfente affez exac- '^ tement la moitié d'un ovoïde un peu creux ; elle eft compofée de couches polies , formées de petites aiguilles , &. qui préfentent comme d'autres bézoards , une efpèce de criftallifation. Elle eft convexe d'un côté 5 (Se concave de l'autre 3 elle ne doit cependant pas être regardée comme la moitié d'un bézoard plus con- fidérable , les couches qui la compofent étant placées les unes au-deiïus des autres fur les bords de la cavité ^ ainli que fur la partie convexe. Le noyau , qui a fervi à former ce bézoard , devoit donc avoir à-peu-près la même forme que cette concrétion. La furface de la cavité qu'elle préfente , n'eft point polie comme celle des parties relevées , qui ont pu fubir un frottement plus ou moins confidérabîe. Le grand diamètre de ce bézoard eft de quinze lignes, cSc le petit diamètre à- peu-près de quatorze. Séba avoit, dans fa colledion , plufieurs bézoards d'/- guanes , de la groffeur d'un œuf de pigeon , & d'un Ovipares, Tome I» Nn 282 Histoire Naturelle jaune cendré avec des taches foncées. Ces concrétions font appellées Beguan par les Indiens, qui les elliment plus que beaucoup d'autres bézoards (v). Elles peu- vent avoir été connues des Anciens, Tlguane habitant dan5 les Indes orientales , ainlî qu'en Amérique ; &. comme cet animal n'a point été particulièrement in- diqué par Ariflote ni par Pline, &l que les Anciens n'en ont viaifembiablement parlé que fous le nom de Li^ard" vert y ne pourroit-on pas croire que la pierre, appellée par Pline Sauritln, à caufe du mot Sauras ( Le:^ard ) ^ ÔL que l'on regardoit , du tems de ce Naturalifte , comme fe trouvant dans le corps d'un lézard-vert, n'eft autre chofe que le bézoard de l'Iguane , & qu elle ïi'étoit précieufe que par ce qu'on lui attribuoit les fauiïes propriétés des autres bézoards (x) ; ce qui con- firme notre opinion , à ce fujet , c'eft que ce mot Sauritin n'a été appliqué par les anciens , ni par les modernes à aucun autre corps , tant du règne animal que du règne minéral. Les Iguanes font très-communs à Surinam , ainfi que dans les bois de la Guiane, aux environs de Cayenne (y) j. {v) Séba j vol Zj page î^g. (x) Sauritin in ventre viridis hcerti ariindlre difTcrû tradiint hv/z-^ i. Pline, Livre XXX VII, Chap'itre lxvîi, ( jj IVcft communiquée par M. de la Borde^ DSS QxrJDRUPiviËS OVIPARES, aSj & dans la nouvelle Efpagne. Ils font afiez rares aux Antilles, parce qu^on y en a détruit un grand nombre, à caufe de la bonté de leur chair ( :^), On trouve aufîi 1 Iguane dans l'ancien continent en Afrique , ainfi qu'en Afie (a) ; il efl par-tout confiné dans les climats chauds ; fes couleurs varient fuivant le fexe , l'âge RisTOTRE Nature LIE arbres , comme prefque tous les lézards , qui ayant les doigts divifés peuvent y grimper avec facilité , & en fiiifir aifément les branches. Non-feulement il peut y courir affez vite , nïais rempliflant d'air fon efpèce de capuchon, déployant fa crête, augmentant fon volu- me , (Se devenant par-là plus léger , il faute & voltige , jDOur ainfi dire, avec agilité de branche en branche. Son féj our n'elt cependant pas borné au milieu des bois ; il va à l'eau fans peine , £s Quadrupèdes ovi pares. 287 LE PORTE-CRETE (^). JNous CONSERVONS à ce lézard le nom de Porte-*- crête , qui lui a été donné par M. d'Aubenton. Cet animai préfente en effet une crête qui s'étend depuis la tête juf- au'à l'extrémité de la queue. Le plus fouvent elle efl compofée fur le dos de foixante-dix petites écailles pla- tes, longues & pointues ;&, à l'origine de la queue, elle s'élève & repréfente une nageoire très-longue , très-large, formée de quatorze ou quinze rayons cartilagineux , :ige i^^o. 288 Histoire Natîtiiells parlé (c). Ce lézard ell dans l'Afie le repréfentant du Bafilic qui habite le nouveau continent ; il a aufli de grands rapports avec la Dragonne , page i^o. comme DES (Quadrupèdes ovipares. 280 comme une fcic. La queue eil près de trois fois plus longue que le corps. La couleur de la tête &: du collier eft verdâtre , avec de^ lignes blanches ; la crête Gcj. Idem j, Ibidem. Lacerta calotes , 27. Linn. amphib. repL Edwards, av. 74 , *. 2,45. /y.,rzr./w- -ip-^- •LJcj CtALE O te, yra/ii/iar t/<' Jcaa- fù'/\f Je /ia/i/rc DES Q^UADRVPEDES OV IPARES, 2p3 autres écailles qui revêtent le Galéote , préfentent une arête Taillante & aiguë , qui le fait paroître couvert 4l'une multitude de ftries difpofées dans le fens de fa longueur. La tête ell aplatie, très -large parderrière , & afTez femblable par-là 4 celle du caméléon; les yeux font gros ; les ouvertures des oreilles grandes ; la gorge eft un peu renflée , ce qui lui donne un petit trait de ref- femblance avec f Iguane ; les pattes font affez longues , ainfî que les doigts qui font très-féparés les uns des autres ; le dos des ongles ell noir. La queue eft ellilée , & plus de trois fois aufTi longue que le corps. L'indi- vidu que nous avons décrit , ^^^^^ que celui que Brown a dit être commun à la Jamaï- que , &. dont il fait une cinquième efpèce (c) , Nous (b) Lacertus majoré viridi cinereus , àorjo crifta breviori donato. Ce lézard fe trouve en très-grand nombre dans les bois de la Jamaïque j il difîcre très-peu du Guana (Iguane) -, mais il eft plus petit , fa cou- leur eft plus verte , & il a , le long du dos , une crête plus courte. Il pond des œufs moins gros que les œufs de pigeon. Sloane, vol. z^ P^S^ 333' ( c) Lacerta j ^ fninor viridis caudajquamis ereclis crifiata. The Guana lizard -, and blue lizard of Edwards. Ce lézard eft très-cornraun à la Jamaïque -, il paroît en général d'un beau vert > mais fa couleur change fuivant fa pofîtion , ainfi que celle des animaux de fon genre j il femble îiiçme qu'elle eft plus variable que celle des autres lézards, & qu'elle çroyoo3 DFS Q^VAffRUPEDES OVIPARES, 2.Ç)J croyons devoir encore regarder, comme un Agame, le lézard bleu d'Edwards (d) ; & ces trois lézards ne nous paroifîent être tout au plus que des variétés de celui dont il eft queflion dans cet article. prend plutôt les différentes nuances qu'elle préfente, fuivant l'endroit où il Te trouve. Son corps eft couvert d'écaillés légères; mais cel'es qui font au-deffus de la queue , font relevées & forment une petite crête quia quelques rapports avec celle du Guana (Iguane) j fa longueur excède rarement neuf ou dix pouces ; il eft très-doux. Brown ,page 4G3. {d) c< Le lézard bleu eft fort particulier, à caufe de la ftrudure de fes doigts, qui ont de petites membranes qui s'étendent de chaque ce c6té, non pas de la nature de celles que les oifeaux aquatiques ont et aux pattes-, mais plutôt comme certaines fortes de mouches en ont, ce qui agiffent par voie de fudion : ainfi , je conçois que ces membranes ce leur fervent à fe tenir & à marcher fur la furface unie d^s grandes ce feuilles des arbres & des plantes: il a une petite élévation fur le dos,c« en forme de fillon qui règne tout du long, jufqu'à la queue, où eîlecc devient dentelée : tout le deffus du corps eft bleuâtre, varié tranfver-ec falement de nuances plus claires & plus foncées: le deffous en eftcc d'une couleur de chair pâle. » Glanwes d'Hifloire naturelle .parEdwards, page 74 ^planche ^45. U lézard, décrie par Edwards, ayant été apporté dans de l'cfprit-de-vin , de fille de Nevis , dans les Indes occidentales , il ne feroit pas furpren.-int que fa couleur eût été alérée , & de vert© fut devenue bleue-, fai vu fouvent la couleur de plufieurs lézards coa, fervés dans de fefprit-de-vin , changer ainfi du vert au bleu. Ovipares ^ Tome L pp 2o8 Histoire Naturelle TROISIÈME DIVISION. LÉZARDS Dont la queue ejî ronde ^ qui ont cinq doigts aux pieds de devant y & des bandes écailkujes fous le ventre» LE LÉZARD GRIS ('^). JuE LÉZARD Gris paroît être le plus doux, le plus innocent (Se l'un des plus utiles des lézards. Ce joli petit animal li commun dans le pays où nous écri- [a) L:igani]a & Sargantana, enEjpagne. LangroLi , aux environs de Montpellier. Le lézard Gris. M. d'A'J.benton, Encyclopédie méthodique. Le lézard Gris , le lézard ordinaire ou commun , Laccrta terreftris, M. Valmont de Bomare ^ Dictionnaire d'HiJîoire naturelle, LactTta agilis, 15. Linn. amphih. rept. Gcor£es Edvard.\ Glanures d'HiJloire naturelle ^ Londres , ijG^. Seconde partie , Chapitre x y , planche zz^. The iittle Browu lizard» DES Q^UAD RU PE DE S OVIPARES, 2.Ç)Ç) VOUS, 6c avec lequel tant de perfonnes ont joué dans leur enfance , n'a pas reçu de la nature un vêtement aufll éclatant que plufieurs autres Quadrupèdes ovi- pares ; mais elle lui a donné une parure élégante ; ia petite taille eft fvelte; fon mouvement agile 5 fa courfe fi prompte qu'il échappe à l'œil , aufli rapidement que l'oifeau qui vole, il aime à recevoir la chaleur du foleil ; ayant befoin d'une température douce , il cher- che les abris ; & lorfque , dans un beau jour de prin- tems , une lumière pure éclaire vivement un gazon en pente , ou une muraille qui augmente la chaleur en la réfléchifîant, on le voit s'étendre fur ce mur, ou fur l'herbe nouvelle avec une efpèce de volupté. Il fe pénè- tre avec délices de cette chaleur bienfaifante ; il mar- que fon plaifir par de molles ondulations de fa queue déliée ; il fait briller fes yeux vifs 6c animés 5 il fe pré- cipite comme un trait pour faifir une petite proie , ou pour trouver un abriplus commode. Bien loin de s'enfuir à l'approche de l'homme , il paroît le regarder avec com^ plaifance : mais au moindre bruit qui l'effraie , à la chute feule d'une feuille , il fe roule , tombe ôc demeure Séba , ÇL. Table 7^ , figure 5. Lacerta agilis. Ichthyologia cum amph'ibiis regni BoruJJici. , â Joh, Chrlfi. Wulfi: Seps argus 105, Seps muralis 106, Seps terrefiiris 107, Seps caeru- lefcens 109. Laurcnti Jpecimen mcdicum, Pp i) 300 Histoire Natu rb lze pendant quelques inilans comme étourdi par fa chute ; ou bien , il s'tlance , difparoît , fe trouble, retient, fe cache de nouveau , reparoit encore , décrit en un inllant plufieurs circuits tortueux que l'œil a de la peine à fuivre , fe replie plufieurs fois fur lui-même, & fe retire enfin dans quelque afile jufqu'à ce que fa crainte foit diffipée (h). Sa tête eft triangulaire & aplatie ; le delTus efl couvert de grandes écailles , dont deux font ficuées au- defîus des yeux , de manière à repréfenter quelquefois des paupières fermées. Son petit mufeau arrondi pré- fente un contour gracieux ; les ouvertures des oreilles font affez grandes; les deux mâchoires égales & garnies de larges écailles; les dents fines, un peu crochues, &L tournées vers le golier. Il a à chaque pied cinq doigts déliés , & garnis d'ongles recourbés , qui lui fervent à grimper aifément fur les arbres & à courir avec agilité le long des murs; àc. ce qui ajoute à la vîtelîe avec laquelle il s'élance , même en montant , c'eft que les pattes de derrière , ainfi que dans tous les lézards , font un peu plus lon- gues que celles de devant. Le long de Fintérieur des cuifles , règne un petit cordon de tubercules , fembla- ( h ) C'en: principalement d.'.ns les pays chauds que le Iczard Gris eft ti-cs-agile , & qu'il exécute les divers mouveniens que nous venons de décrire. DES Q^UADRUPEDES OVIPARES. 30! bîes , par leur forme , à ceux que nous avons remar- qués fur l'Iguane : le nombre de ces petites éminences varie, & on en compte quelquefois plus de vingt. Tout cit délicat &. doux à la vue , dans ce petit lézard. La couleur grife que préfente le defîlis de fon corps , eil variée par un grand nombre de taches blan- châtres , eil par trois bandes prefque noires, qui par- courent la longueur du dos; celle du mJIieu eft plus étroite que les deux autres. Son ventre eil peint de vert , changeant en bleu ; il n'efc aucune de ^qs éc2L\l\es dont le refiet ne foit agréable ; cSc pour ajouter à cette fnnple , mais riante parure , le deifous du cou efî garni d'un collier comDofé d'écaillés , ordi- nairement au nombre de fept , un peu plus grandes que les voifmes , & qui réuniifent l'éclat & la cou- leur de l'or. Au refte , dans ce lézard comm.e dans tous les autres , les teintes cSc la diiinbulion des cou- leurs font fujettes à varier fuivant l'âge , le fexe & le pays : m.ais le fond de ces couleurs reile à-peu-près le même (c). Le ventre eil couvert d'écaillés beaucoup plus grandes que celles qui font au-deffus du corps; elles y forment des bandes tranfverfales , ainfi que dans tous les lézards que nous avons compris dans la troi- fième divifion. {c) Nous avo.ns décrit le lézard Gris, d'après des individu s vivans. :>02 Histoire Natu re lie j Il a ordinairement cinq ou fix pouces de long , & un demi-pouce de large : &: quelle différence entre ce petit animal ôc l'énorme crocodile ! Aufli ce pro- digieux Quadrupède ovipare n'elt-il prefque jamais apperçu qu'avec effroi; tandis qu'on voit avec intérêt le petit lézard Gris jouer innocemment parmi les fleurs avec ceux de fon efpèce , £S Q^UADRU PEDES OVIPARES. ^1% blanchâtre. Les teintes de ce Quadrupède ovipare font fujettes à varier; elles pâliflent dans certains tems de l'année , » Extrait des expériences faites i en Autriche, au mois d' Août j par M> Launnti^ fpecimen medicwn. Viennœ ^ 1768. [f) Gefner, ds Qiiad.up. ovip. j page ^j, {g) Ray j à l'endroit déjà citc\ ( h ) M. Linn4. Rr ij ^l6 Histoire Naturelle jugé fuperftitieux fait qu'ils infpirent reffroi. Les Kamfchadaies les regardent comme des envoyés des puilîlmces infernales ; aufFi s'emprellent-ils , lorfqu ils en rencontrent, de les couper par morceaux (i) j &: s'il les lailient échapper , ils redoutent fi fort le pouvoir des divinités dont ils les regardent comme les repré- fentans, qu'à chaque infiant ils croient qu'ils vont înourir, j éclatant , mais relevé par des taches noires , & par des raies de la préfume DES Q_Uyî D RU PÈ D E S OVIPARES, 3 21 préfume que ce tiligucrta cil une efpèce nouvelle , intermédiaire entre ces deux lézards ; il nous paroît même couleur, qui s'étendent le long du dos La face intérieure ec des cuifi'es préfente une rangée de tubercules , ninfi que dans le lézarde* Vertj il a cinq doigts & cinq ongles à chaque pied. Une diiiérencect remarquable le diftingue cependant d'avec le lézard Vert décrit parce les Auteurs \ ils attribuent, à ce dernier lézard, une queue de la ion-c« gueur du corps, mais le tiliguerta a la queue bien plus étendue-, elle ce eft deux fois auflî longue que le corps de l'animal j & c'eft ce que et j'ai trouvé dans tous les lézards de cette efpèce que j'ai niefurés. A la m vérité, les lézards Verts ont, pour ainfi dire, une grande vertu prc-cc du6lrice dans leur queue '-, s'ils la perdent, elle fe renouvelle, & fici elle cft partagée par quelqu'accident , chaque portion devient bientôt «« une queue entière. Il fe pourroit donc que l'excès de la queue du et tiliguerta fur celle du lézard Vert ordinaire, ne fût pas une marquent d'une diverfité d'efpèce , & dut être feulement attribué à l'influencée* du climat de la Sardaigne. Mais , d'un autre coté, comment regarder et la longueur de la queue du tiliguerta comme un attribut accidentel ,f« puifque les Naturalises font entrer dans les caradères fpécifiques des ce ditîérens lézards , la diverfe longueur de la queue relativement à et celle du corps.'' Ceux qui ont décrit, par exemple, le lîzard Vert et d'Europe j l'ont caradtérifé , ainfi que nous l'avons vu , en dilant queec fa oueue eft aufîi longue que le corps \ 8c ceux qui décrivent un lézard et d'Amérique, nommé A/rJivû par M. Linné, le caraélérifent par laetv longueur de ù queue , trois fois plus conlîdérable que celle du corps et du lézard Le tiliguerta n'eft donc pas un lézard Vert, quoiqu'il e* lui reflemble beaucoup y & ceux qui voudront le décrire, devrontee le défigner par la phrafe fuivante , le\ûrd à queue menue deux foisu plus longue que le corps. L'améiva a été défigné par les mêmes expref-e« Ovipares , Tome I. S f 32 2 Hl STOIRE Na tu RE LLE cependant 5 d'après ce qu'en dit cet habile Naturalise, quonpourroit le regarder comme une variété du lézard 55 lions dans les aménités Académiques — L'on pourroit donc foupçon- lî ner que le tiligiierta de Sardaigne eft de la même efpèce que l'Améiva Jîdu nouveau monde : il ne feroit pas furprenant en cftet de rencontrer^ »5 en Europe , un animal qu'on a cru particulier au continent de TAmé- î5 rique .... Mais , outre que Ton peut foupçonner d'après la defcriptioiT î5 de Gronovius , l'exadlitude de celle que l'on trouve dans les aménités ^i Académiques j on ne doit pas croire le tiliguerta de la même efpèce »5 que l'améiva , Ç\ l'on confidère le nombre des bandes écailleufes qui- sjgarniiTent le ventre de ce dernier lézard , ainfi que celui du tiliguerta. Le ï3 nombre de ces bandes n'cfl; pas en effet le même dans ces deux animaux. 35 Le tiliguerta reflemble donc beaucoup à l'améiva, ainfi qu'au lézard 55 Vert, quoiqu'il ne Toit ni l'un ni l'autre: c'efl: une efpèce particulière 55 dont il convient d'augmenter la lifte des lézards, & qu'il faut placer )5 parmi ceux que M. Linné a défignés par le caradère d'avoir la queue iiverticillée [cauda verticillata). 53 Le tiliguerta eft auffi innocent que le lézird Vert', il habite parmi- Jîlcs gazons, ainfi que fur les murailles que l'on trouve dans la cam- 55 pagne .... Il eft très-commun en Sardaigne j & il y eft même en beaucoup plus grand nombre que le lézard Vert en Italie. j5 Extrait de l'Hifioire naturelle des ampfiibies & des poijjbns de la Sardaigne j par M.François Cetti. Sajfari, ijj- , page 25. Il eft important d'obferver que la longueur de la qigeue des lézards ,. fa forme étagée ou verticillée , ainfi que le nombre des bandes écail- leufes qui recouvrent le ventre de ces animaux , font des caraftères. variables ou fans précifion -, nous en fommes convaincus par Tinfpedion- d'un grand nombre d'individus de plufieurs efpèces j aufll n'avons-nous pas cru devoir les employer pour diftinguer les divifions des lézards l'iiiie^ DES (Quadrupèdes ovipares. 323 Vert , s'il a , au-dcffous du cou , une efpèce de demi- collier compofé de grandes écailles , ou comme une variété de l'amélva, s'il n'a point ce demi-collier. d'avec l'autre -, nous ne nous en fommes fervis pour la diilinction des efpèces , que lorfqu'ils ont indiqué des différences trcs-conlîdérables j & d'ailleurs nous n'avons jamais afiîgné à la rigueur telle ou telle propor- tion , ni tel ou tel nombre pour une marque confiante d'une diverfité d'cfpèce , & nous avons déterminé au contraire rigoureufement & avec précihon , la forme & l'arrangement des écailles de la queue. S i i j :> -1 A Histoire Na t u r e l le j — r LE COR D Y LE ("). ;?xN' TROUVE en Afrique ôc en Afie, un lézard auquel M. Linné a appliqué exciuiivement le nom de Cordyle^ qui lui a été donné par quelques Voyageurs, mais dont on s'eii aufii lervi pour défigner la dragonne, ainii que nous l'avons dit. Il paroit qu'il habite quelcfuefois dans l'Europe méridionale, &: Ray dit l'avoir rencontré auprès de Montpellier (b). Nous allons le décrire , d'après les individus confervés au Cabinet du Roi.' La tète efl très-apîatie , élargie parderrière , & trian- gulaire j de grandes écailles en revêtent le defius & les côtés; les deux mâchoires font couvertes d'un double rang d'autres grandes écailles, (Se armées de très-petites dents égales, fortes 6c aiguës. {a) Le Cordyle. M. d'Aubenron, Encyclopédie méthodique. Lacerta Cordylus , 9. Linn. amph. rept. Cordyliis , Gronovi. muf'œum Zj page jq , N.' 55. Ray , Syncpfis Quadr. , page a,6^. Cordylus feu caiidi-vcrber.i Séba j mus. i. Table S^ , f^' j Rochefort j Hijloire dss Antilles j tome i , page joo> T t ij 3^2 Histoire Natv re llis des cigales. Comme ce nom ^ Anolis ou ^AnoUs a été donné à plufîeurs fortes de lézards, (Se que Ray ni Rochefort n'ont point décrit de manière à ôter toute équivoque , ceux dont ils ont fait mention, nous in- vitons les Voyageurs à obferver ces animaux, fur Tef- pèce defquels on ne peut encore rien dire. Nous devons ajouter feulement que Gronovius a décrit , fous le nom àiAnolls, un lézard de Surinam, évidemment de la même efpèce que l'Améiva de Cayenne, dont nous venons de donner la defcription. L'Améiva fe trouve non - feulement en Amérique, mais encore dans l'ancien continent. J'ai vu un indi- vidu de cette efpèce , qui a voit été apporté des grandes Indes par M. le Cor, &: dont la couleur étoit d'un très-beau vert plus ou moins mêlé de jaune. DES Quadrupèdes ovipares, 333 LE LION (^), Voici l'emblème de la force appliqué à la foi- blefîe 5 6c le nom du roi des animaux donné à un bien petit lézard : on peut cependant le lui conferver, parce que ce nom eft aufli fouvent pris pour le figne de la fierté que pour celui de la puiflance. Le lézard- Lion redrefle prefque toujours fa queue en la tour- nant en rond ; il a l'air de la hardiefle , &: c'eft appa- remment ce qui lui a fait donner par les Anglois le furnom de Lion , que plulieurs Naturaliltes lui ont con- fervé (b). Il fe trouve dans la Caroline : fon efpèce ne diffère pas beaucoup de celle de notre lézard gris : trois lignes blanches & autant de lignes noires régnent de chaque côté du dos , dont le milieu eft blanchâ- tre ; il a deux rides fous le cou ; le deflbus des cuiiîes eft garni d'un rang de petits tubercules, comme dans l'iguane , le lézard gris , le lézard vert , l'améiva , &c, la queue fe termine infenfiblement en pointe. [a) Le Lion. M. d'Aubentotij Encyclopédie métJiodiqHe, Lacerta fex-Iineata , iS. Linn. amph. rept. ( h ) Catejhy , Bifioirc naturelle de la Caroline , page 68. ^34 -^^ STOJRS Na tu RE ZZE Le lézard-Lion n'eft point dangereux ; il fe tient fouvent dans des creux de rochers, fur le bord de la mer; ce n'ell pas feulement dans la Caroline qu'on le rencontre , mais encore à Cuba , à Saint-Domingue , & dans d'autres Mes voifmes, Ayant les jambes alon- gées , il eft très-agile , comme le lézard gris , oc court avec une très-grande vîtefle ; mais ce joli & innocent lézard n'en eft pas moins la proie des grands oifeaux de mer , à la pourfuite defquels la rapidité de fa çourfe ne peut le dérober. DES Q^V ADRU P E DES OVIPARES, 33^ LE GALONNÉ {a). C>»E LÉZARD habite dans l'ancien Continent, où on le trouve aux Indes &. en Guinée. Il eit auffi en Amérique ; ——■■—■— III .1 ■ nu i !■■ ■■■■ ■■! I I —1— ^— — <— i^ii^wi ■!!<■ Il ■ rfl»^M^— ;— ^w iW^i— — — <^W»;aiJ {a) "Le Galonné. M. d'Aubenton j Encyclopédie méthodique. Lacerta lemnifcata, 39, Lifin. ainph. rept. Lacerta eadem. mus. ad. fr. z j page 47. Séba, mas. i j planche 59 , fig. g <& planche gz > fig. 4^ z j planche g , fig. 5, Seps Lemnifcatus , 103. Laurenti Jpccimen msdicuiru 3 3^ Histoire N^tu re ils Nous en avons compté neuf fur les deux individus, qui font au Cabinet du Roi. Les pattes font mouche- tées de blanc. li paroît que ce lézard eil fujet à varier par le nombre & la difpofition des raies qui régnent le long du dos. M. d'Amie a eu la bonté de nous faire voir un petit Quadrupède ovipare , qui lui a été envoyé de Saint-Bomingue , 6c qui ell une variété du Galonné. Ce lézard elt d'une couleur très-foncée. Il a fur le dos onze raies d'un jaune blanchâtre , qui fe réunifient de manière à n'en former que fept du côté de la tête , &L dix vers l'origine de la queue , fur laquelle ces raies fe perdent infenfiblement. Ce font là les feules diffé- rences qui le dillinguent du Galonné. Sa longueur totale eft de lix pouces, &: celle de la queue de quatre pouces une ligne. QUATRIEME T'ont . I. 7'/.XXlT./uu,. ô'dy. 7x- .i:yv ,// JJ- C AxMlsJ.l'', ON. .//-.//a/v//- ,/• ///,'///<■,/■ //.//wv (■•" //.«/••.«/i/.i.- ^SS QuADRVPÈDES OVIPARES. 33^ QUATraÈME DIVISION. g-XiL^JJ.JUI tr!C!g!ia 3*J,.HI,JW.TJ.-,-V Wl^y» u f -.1 yw» .! « t-.J.i^ -yrn»,»^?-'»^ i ' ■ I ■! U LÉZARDS Qui ont cinq doigts aux pieds de devant ^ fans bandes tranfverfales fous le corps. ,uî*ia«BBug.^a f /a*gfiiiMB.BjjiA a Kugayaa8«5 a! LE CAMÉLÉON {a). Le nom du Caméléon eft fameux. On l'emploie métaphoriquement , depuis long-tems , pour déligner la vile flatterie. Peu de gens favent cependant que le ( a ) "x.d.iJ.a.iKîCùv , en grec. Chamxlco , en latin. Taitah ou Bouiah, en Barbarie ^ Juivant M. Shaw. Caméléon. M. d'Aahenton , Encyclopédie méthodique. ConradiGefneri fîijîoriœ animalium j liber feçundus de Quadr. ovl Chamxleo. Jiay j Synopjis Quadr. , page %j6. Chamxleo , the Chameleon. Brown tpage 46'^. Chamxleon , en Anglais thc largegrey Chameleon» Lacerta Chanixîeon j 2.0. Linn. amph. rept. Ovipares , Tome I. V Y 338 Histoire Natu re lie Caméléon eft un lézard ; & moins de perfonnes encore connoiiîent les traits qu'il prcfente & les qualités qui le difliiiguent. On a dit que le Caméléon changeoit fou- vent de forme ; qu'il n'avoit point de couleur en propre ; qu'il prenoit celle de tous les objets dont il appro- choit j qu'il en étoit par-là une forte de miroir fidèle ; qu'il ne le nourrifToit que d'air. Les Anciens fe font plu à le répéter : ils ont cru voir, dans cet être qui n'étoit pas le Caméléon , mais un animal fantaftique produit HES Qv^DRUPàoSS OVIPARES. 3^5 & les réunit d'une manière qui eft encore particulière a ce lézard. Non-feulement cette peau attache les dcgts les uns aux autres, mais elle les enveloppe, & en forme comme deux paquets, l'un de trois doigts & 1 autre de deux : & il y a cette différence entre les pieds de devant <5c ceux de derrière, que, dans les premiers , le paquet extérieur eft celui qui ne contient que deux doigts, tandis que c'eft l'oppofé dans les pieds de derrière (h). Nous avons vu à l'article de la dragonne combien une membrane de moins entre les doigts , influoit fur les mœurs de ce lézard, &, en lui donnant la facilité de grimper fur les arbres , rendoit fes habitudes diffé- rentes de celles du crocodile , qui a les pieds palmés Nous avons obfervé en général , qu'un léger changement dans la conformation des pieds devroit produire de très- grandes diffemblances entre les mœurs des divers Qua- drupèdes. Si l'on confîdère, d'après cela, les pieds du Caméléon reunis d'une manière particulière , recouverts par une continuation de la peau des jambes, & divifés en deux paquets , où les doigts font rapprochés & (h) Quelques Auteurs ont écrit qu'il y avoit des efpèces de C- meleon . dont les cinq doigts de chaque pied ctoient féparis les uns des autres; ,Is «n-ont certainement pris pour des Caméléons dautres lézards, &. par exemple, des tapages dont la tête relTemble en effet un peu à celle du Caméléon. Ovipares , Tome I. X x 34^ ^TlSTOIRE NaTV RE LLE collés, pour ainfi dire, les uns contre les autres, on ne fera pas étonné de l'extrême différence qu'il y a entre les habitudes naturelles du Caméléon ôc celles de plufieurs lézards. Les pieds du Caméléon ne pouvant guère lui fervir de rame, ce n'eft pas dans l'eau qu'il fe plaît , mais les deux paquets de doigts alongés qu'ils préfentent font placés de manière à pouvoir faifir aifément les branches fur lefquels il aime à fe percher : il peut empoigner ces rameaux , en tenant un paquet de doigts devant tous lieux couvertes de Caméléons, & principalement le long des «rivages du Nil, en forte qu'en peu de tems nous en vîmes graud DES Q^UAD RU Pii D E S OVIPARES, ^ j^H Bélon prétend que les Caméléons fe tiennent ainfi perchés fur les haies pour échapper aux vipères & aux céraftes qui les avalent tout entiers , lorfqu'ils peuvent les atteindre. Mais ils ne peuvent pas fe dé- rober de même à la mangoulte , & aux oifeaux de proie qui les recherchent. Voilà donc le Caméléon , que l'on peut regarder comme l'analogue du fapajou , dans les Quadrupèdes ovipares. Mais fi fa conformation lui donne une ha- bitation femblable à celle de ce léger animal , s'il paiîe de même fa vie au milieu des forêts &l fur les fommets des arbres , il n'en a ni l'élégante agilité , ni l'aélivité pétulante. On ne le voit pas s'élancer comme un trait de branche en branche, &: imiter, par la vitefie de fa courfe cSc la grandeur de fes fauts , la rapidité du vol des oifeaux: mais c'eil toujours avec lenteur qu'il va d'un rameau à un autre ; & il eft plutôt dans les bois en embufcade fous les feuilles pour retenir les infectes ailés qui peuvent tomber fur fa langue gluante, qu'en mouvement de chafle pour aller les furprendre (k). nombre : car les vipères & les céraflcs les avalent entiers, quand elles is les peuvent prendre, jj Bélon , obfervations , Oc Livre II , C/zfl- pitre XXXIV. {k) Haffelquift a trouvé, dans l'cftomac d'un Caméléon , des relies Xx ij 34^ Histoire Naturelle La facilité avec laquelle il les faifit le rend utile aux Indiens, qui voient avec grand plaifir dans leurs maifons cet innocent lézard. Il eft en effet fi doux , qu'on peut , fuivant Alpin , lui mettre le doigt dans ia bouche , 6c l'enfoncer très-avant , fans qu'il cherche a mordre (l) , & M. Desfontaines , favant Profeileur du Jardin du Roi , qui a obfervé les Caméléons en Afrique , ôc qui en a nourri chez lui , leur attribue la même douceur qu'Alpin.. Soit que le Caméléon grimpe le long des arbres , foit que caché fous les feuilles il y attende paifible- ment les infecles dont il fe nourrit , foit enlin qu'il marche fur la terre , il paroît toujours affez laid : il n'offre pour plaire à la vue, ni proportions agréables, ni taille fvelte, ni mouvemens rapides. Ce n'eil qu'avec une forte de circonfpeélion qu'il ofe fe remuer. S'il ne peut pas embralfer les branches fur lefquelles il veut grimper, il s'affure , à chaque pas qu'il fait, que fes ongles font bien entrés dans les fentes de l'écorce; s'il ell à terre il tâtonne \ il ne lève un pied que lori^ qu'il eft sûr du point d'appui des autres trois ; par toutes ces précautions, il donne à fa démarche une forte de gravité, pour ainfi dire ridicule, tant elle contrafte de papillons & d'autres infedes. Hajfdq^uifi , Voyage en Palejïine , ii) Frojper Alpin 3 tome i , Chapitre v , p^g^ 2-75. DES Q^UADRV PE DE S OVIPARES. 349 avec la petitefîe de fa taille (Se l'agilité qu'on croit trouver dans un animal aflez femblable à des lézards fort leiles. Ce petit animal , dont l'enveloppe & la mobilité des yeux , la forme des pieds , & prefque toute la conformation , méritent l'attention des Phy- ficiens, n'arréteroit donc les regards de ceux qui ne jettent qu'un coup-d'œil fuperficiel , que pour faire naître le rire & une forte de mépris : il auroit été bien éloigné d'être l'objet chéri de tant de Voyageurs Ôc de tant de Poètes; fon nom n'auroit pas été répété par tant de bouches; & perdu fous les rameaux où il fe cache , il n'auroit été connu que des Naturaliftes ,. fi la faculté de préfenter, fuivant fes différens états, des couleurs plus ou moins variées n'avoit attiré fur lui , depuis long-tems , une attention particulière. Ces diverfes teintes changent en effet avec autant de fréquence que de rapidité ; elles paroiffent d'ailleurs dépendre du climat, de l'âge ou du fexe; il eft donc aflez difficile d'afligner quelle eft la couleur naturelle du Caméléon. Il paroît cependant qu'en général ce lézard eft d'un gris plus ou moins foncé (m) , ou plus ou moins livide. Lorfqu'il eft à l'ombre & en repos , depuis quelque tems j les petits grains de fa peau font quelquefois [m) LcBrayrif Voyages au Levant* 350 Histoire Nature lie d'un rouge pâle , & le deïïbus de fes pattes efl d'un blanc un peu jaunâtre. Mais, lorfqu'il elt expofé à la lumière du foleil , fa couleur change ; la partie de fon corps qui elt éclairée , devient fouvent d'un gris plus brun , & la partie fur laquelle les rayons du foleil ne tombent point direélement, offre des couleurs plus éclatantes, & des taches qui paroiifent ifabelles par le mélange du |aune pâle que préfentent alors les petites éminences , êc du rouge clair du fond de la peau. Dans les inter- valles des taches , les grains offrent du gris mêlé de verdâtre & de bleu ; & le fond de la peau eft rou- geâtre. D'autres fois le Caméléon eft d'un beau vert tacheté de jaune; lorfqu'on le touche il paroît fouvent couvert tout d'un coup de taches noirâtres affez grandes, mêlées d'un peu de vert : lorfqu'on l'enveloppe dans un linge , ou dans une étoffe de quelque couleur qu'elle foit , il devient quelquefois plus blanc qu'à l'ordinaire ; mais il eft démontré , par les obfervations les plus exaéles , qu'il ne prend point la couleur des objets qui f environnent , que celles qu'il montre acciden- tellement ne font point répandues fur tout fon corps, comme le penfoit Ariftote, & qu'il peut offrir la couleur blanche , ce qui eft contraire à l'opinion de Plutarque 6c de Solin (n). ( n ) Mémoires pour fervir à l'HiJ}. naturelle des animaux j art. an Caméléon , pages ^î & Jîiivantes. Dss (Quadrupèdes ovipares, 351 Il n'a reçu prefqu'aucune arme pour fe défendre, ne marchant que très - lentement , ne pouvant point échapper par la fuite à la pourluite de fes ennemis , il eft la proie de prefque tous les animaux qui cherchent à le dévorer ; il doit par conféquent être très-timide , fe troubler aifément, éprouver fouvent des agitations intérieures plus ou moins conlidérables. On croyoit, du tems de Pline , qu'aucun animal n'étoit aufTi craintif que le Caméléon , 6l que c'étoit à caufe de fa crainte ha'bituelle qu'il changeoit fouvent de couleur. Ce trouble fol 5:6". Caméléon^ 3 ES (Quadrupèdes ov i pares, 353 Caméléon , nous paroifTent donc les caufes des diverfes couleurs qu'il préfente, 6c qui ont été le fujet de tant de fables (q). Il jouit , à un degré très-éminent , du pouvoir d'en- fler les différentes parties de fon corps , de leur don- ner par-là un volume plus confidérable, 6c d'arrondir ainfi celles qui feroient naturellement comprimées. C'ell par des mouvemens lents 6c irréguliers , 6c non point par des ofcillations régulières 6c fréquentes, î Vc-'-jage: de Skaw , dans plujieurs Provinces de la Burbarie & du Levant j âî la H.2ye.y ij^o , volume i , page jzj. 353 Histoire Nat u re l le Il y a , au Cabinet du Roi , deux Caméléons , l'un du Sénégal , ôl l'autre du Cap de Bonne -efpérance, qui n'ont pas fur le derrière de la tête cette élévation triangulaire , cette forte de cafque , qui dillingue non- feulement les Caméléons d'Egypte (Se des grandes Indes , mais encore ceux du Mexique : les Caméléons diffèrent aulfi quelquefois les uns des autres, par le plus ou le moins de prolongation de la petite dentelure qui s'é- tend le long du dos (Se du defîbus du corps; on a d'après cela voulu féparer les uns des autres, comme autant d'efpèces diftinéles, les caméléons d'Egvpte, ceux d'A- rabie , ceux du Mexique (:^) , ceux de Ceylan , ceux du Cap de Bonne- efpérance , draîum. Videtur totnra dorfuni fquamis leucoph^cis -, lai.-ra caput, & î3 crura fufciSj cauda ver cîcruleis, Omnes amerieima: ipleadeat, &: ad tioqi DES Quadrupèdes ovipares. 361 tiou que Ray en donne , il eft long de deux pouces; fon dos eft couvert d'écaillés grifes cendrées ; fa tête , {es côtés , fes cuifles le font d'écaillés jaunes j & fa queue l'eft d'écaillés bleues; les Brafiliens le regardent comme venimeux. tadliim apprimc funt Ixves. Digit. in pedibus, inftar fetariim pord-«< narum. Venenofum animal cenfctur. ?> Ray , Synopjïs animalium y page 3,67. Cvipates , Jomc I, Zz itj2 Histoire t^ArvREziB L'AZURÉ {ay l_i' Azuré fe trouve en Afrique ; fes écailles poin- tues le font paroître hérifle de petits piquans : un ca- radère d'après lequel il efl aifé de le reconnoître , & qui lui a fait donner le nom qu'il porte , ell la cou- leur bleue dont le deffiis de fon corps eft peint , (Se qui forme une efpèce de manteau azuré. Sa queue eft courte. (û) L'Azuré. Af. d' Auhemon j Encyclopédie méthodiciue. Lacerta afiirea, 22. Linn. amph. rept. Séba, mus, z, tab, 6Zi fig. 6. DES QUA DRU P£ DES OVIPARES, 3(^3 LE G R I S O N (^). XL EST Aisé de diftinguer ce lézard, qui fe trouve dans les contrées Orientales, par des verrues qui font diftribuées , fans aucun ordre , fur fon corps j par fa couleur grife tachetée de rouflatre , t ; les écaiiles du dos relevées en carène , le font paroitre un peu hérilîc. Sa queue diminue de groiTcur jufqu'à l'extrémité qui le termine en pointe. Il eft jaune fous le corps , éc d'une couleur plus fombre fur le dos , le long duquel s'étendent quatre raies jaunes. Il n'a point fous le ventre de bandes tranfverfales. L'efpèce de l'Algire n'elî pas réduile à fes petites dimenfions, par défaut de chaleur, puifque c'ell danâ la Mauritanie (Se dans îa Barbarie qu'il habite. C'elt de ces contrées de l'Afrique qu'il fut envoyé par M. Brander à M. Linné qui l'a fait connoitre ; oc l'oii ne peut pas dire que les côtes feptentrionales de l'A- frique étant plus échauffées quliumides,f ardente féche- refîe àes contrées où l'on trouve l'Algire , infiue fur foil volume 5 & qu'il n'a une très-petite taille , que parce qu'il manque de cette humidité fi néceilaire à plu- fleurs Quadrupèdes ovipares , puifque l'on conferve ati {a) L'Algire. M. cT Aubenton ^Encyclopédie méthodiqn^^ Laeerta Algira , zé". hinn. a.mph, repu 3^3 Histoire Nature lie Cabinet du Roi un Algire entièrement femblable aux lézards de fon efpèce , P'^S^ 5-^4' ( c ) Supplément au Voyage de M. F allas. LE STELLION, DES Q_VADRU PEBES OVJ PA RE S, ^6() LE STELLION (-)• La: queue de ce lézard efl: communément affez courte, (Se diminue de grolîeur jufqu'à l'extrémité. Les écailles , qui la couvrent , font aiguës & difpofées par anneaux. D'autres écailles petites 6c pointues revêtent le deiïus & le defîbus du corps , qui d'ailleurs eft garni , ainli que la tête , de tubercules aigus ou de piquans plus ou moins grands ; bien loin d'avoir une forme agréable , le Stellion reflemble un peu au cra- paud , fur-tout par la tête , de même que le tapaye avec lequel il a beaucoup de rapports, 6l dont quel- ques Auteurs lui ont donné les divers noms. Mais 11 fes proportions déplaifent , fes couleurs charment ordi- ( a ) Stellione tarentole , en plufieurs endroits d'Italie. Piililloni , en plufieurs autres endroits du même Pays. Tapayaxin , en Afrique. Le Stellion. M. d'Aubenton, Encyclopédie méthodique. Lacerta Stellio,'7o. Linn. amphib. rept. II.ijrelquiJ} itin. ^oi. Lacerta Stellio. Tournefortj Voyag. i , page iig, t. zzo. CofTordilos. Séba , mus z , tab. 8 , fig. 6 & 7. Cordylus Stellio , 80. Laurenti Jpecimen medicum. Ovipares , Tome I. A a a 5 70 Histoire Natu r e lie nairement îa vue. Il préfente le plus fouvent un doux mélange de blanc , de noir , de gris &: quelquefois de vert , dont il eft comme marbré. Il habite l'Afrique , & il n'y efl pas confiné dans les régions les plus chaudes , puifqu'il efl: également au Cap de Bonne-efpérance & en Egypte (h). On le rencontre aulli dans les contrées Orientales & dans les liles de l'Archipel, ainfi qu'en Judée & en Syrie cù il paroit d'après Béîon, qu'il devient très-grand (c). M. François Cetti dit qu'il efl affez commun en Sar- daigne , & qu'il y habite dans les maifons ; on l'y nomme tarentole , ainfi que dans plufieurs provinces d'Italie (d) ; & c'efi: une nouvelle preuve de l'emploi qu'on a fait pour plufieûrs efpèces de lézards de ce nom de tarentole , donné, ainfi que nous l'avons dit, à une variété du lézard vert. Mais c'efi: fur - tout aux environs du Nil , que les Stellions font en grand nom- {b) L'individu, que nous avons décrit, a été apporté d'Egypte, au Cabinet du Roi. {c) «c I! Y a une manière de lézards noirs, nommés iStcIlions , quafî ïjauiïî gros CjiîVft une petite belette, leur ventre fort enflé & la tête grofle, dcfquels le pays de Judée & de Syrie eft bien gnrni. >? Béloriy obfervations , &c. Edlt. de Paris , ^SS4* Livre II, Chap. lxxix , page i^Q. {à) Hifloire naturelle des amphibies & des poijfons de la Sardaigne, SaJJhri , 1 777 , page zo. DES Q^U AD RU PII DES OVIPARES. ^Jl bre. On en trouve beaucoup autour des pyramides (Se des anciens tombeaux qui fubfiflcnt encore fur Tantique terre d'Egypte. Ils s'y logent dans les inter- valles que laiiïent les diiT. iens lits de pierres , 6l ils $y nourriflent de mouches 6l d'infedies ailes. On diroit que ces pyramides , ces éternels mo- numens de la puifîance (Se de la vanité humaines, ont été dellinées à préfenter des objets extraordinaires en plus d'un genre ; ç'çft en effet dans ces vaites mau- foIécS qu'on va recueillir avec foin les excrémens du petit lézard dont nous traitons dans cet article. Les Anciens qui en faifoieut ufage , ainli que les Orientaux modernes , leur donnoient le nom de crocodilea (e) , apparemment parce qu'ils penfoient qu'ils venoient du crocodile (f) ; (Se peut-être ces excrémens n'au- roient-ils pas été auffi recherchés , fi l'on avoit fu que l'animal qui les produit n'étoit ni le plus grand ni le plus petit des lézards , tant il eft vrai que les extrêmes en impofent prefque toujours à ceux dont les regards ne peuvent pas embrafler la chaîne entière des objets. Les modernes, mieux inftruits, ont rapporté ces {e) « Nous trouvions auflï des Stellions, defquels les Arabes re- cueillent les excrémens, quils portent vendre au Caire, nommés en ce grec crocodilea. De-Ià , les Marchands nous les apportent vendre. »> Bélon, Livre II » Chap. Lxr III j page t^z. if) Stcrcore fucattts crocodili» Horace. Aa a ij 272 Histoire Naturelle . excrëmens au Stellion, à un lézard qui n'a rien de très-remarquable ; mais déjà le fort de cette matière abjede étoit décidé; (Se fa valeur vraie ou fauffe étoit établie. Les Turcs en ont fait une grande confomma- tion , ils s'en fardoient le vifage ; & il faut que les Stellions aient été bien nombreux en Egypte, puifque^ pendant long-tems , on trouvoit prefque par-tout , du en très-grande abondance , cette matière que l'on nom- moix Jlerciis lac^rti ^ ainfi que crocodile a* % i(w. y. PLXXnr^a^. 0y3. J)e J'eve Del \A\ s C IN Q UE .^ .//-///-/•/// .A- M«E LÉZARD eft fameux , depuis long-tems , par la vertu remarquable qu'on lui a attribuée. On a pré- tendu que pris intérieurement , il pouvoit ranimer des forces éteintes, &. rallumer les feux de l'amour mal- gré les glaces de l'âge 6c les fuites funeftes des excès* AufTi lui a-t-on déclaré en plufieurs endroits, & lui fait-on encore une guerre cruelle. Les payfans d'Egypte prennent un grand nombre de Scinques, qu'ils portent (a) oKtyzoç ou 7-/tyyoi , en grec, ■ :^V;^j Scincus , en latin. Ray t Synopfis animalium , page nj i . Scincus. - Le Scitiquc. M. d' Aubenton , Encyclopédie méthodique* Lacerta Scincus , 2.2.. Linn. amphib. rept. Gron. mus. z j fol. jG j N." ^g. Scincus. Seb. mus. Zj fol. izz, tab. îo^,fig. ^. Imperat. nat. , ^06*. Lacerta Lybia. Olear. mus. g , tab. 8 , Jig. z. Aldr. ovip. , Livre I, Chap. xii. Lacertiis cyprius Sciucoidcfc HaJJelq. Itin. 905 , N." 55. Scincus officinalis , 8j. Laurmti Jpedmen medicum* 374 Histoire I